Mots-clé : bit-lit

« Vivants » d’Isaac Marion

Vivants

Vivants, c’est un peu le livre que j’aurai voulu écrire… Non pas que c’est le roman du siècle, mais parce qu’il y a 3 ans je me suis intéressée aux romans Harlequin et leurs diverses collections, et que je me suis dit qu’un Harlequin zombie ça serait quand même super classe … et que ça serait marrant de l’écrire 🙂
Mais bon, je n’ai pas écrit mon histoire d’amour de zombies, et Isaac Marion a en revanche édité la sienne en 2011, après avoir été débusqué sur Internet où il avait déjà écrit la trame de cette histoire (ahlala, on en trouve des choses sur le Web :)).

R. est un zombie qui erre dans un aéroport, au milieu d’un horde d’autres zombies… Une existence de grognements, air hagard, teint blafard et décomposition lente.
En allant chasser avec ses camarades zombies, R. tombe sur un petit groupe d’humains, et dévore Perry. En mangeant son cerveau, il est assaillit par les souvenirs de ce dernier, et surtout par l’image de Julie, sa petite-amie. Et cette Julie est là, dans ce groupe prêt à être exterminé ! R. sauve Julie, la cache à l’aéroport… et essaye de comprendre ce qui lui arrive.
Les pensées de Perry surgissent dans ses rêves, il devient plus loquace, et surtout Julie, la jolie jeune humaine semble ne pas avoir peur de lui… Où cette histoire va t’elle le mener, lui qui n’attend plus rien de la vie (ou de la mort, en l’occurrence) ?

Une petite lecture sympathique, dans le pur style bit-lit, mais un peu plus décalé !
R. n’est pas aussi sexy qu’un vampire… surtout il a une odeur assez prégnante. Mais l’amour va le changer : il va arrêter de manger des humains, se laver, … et on commence à avoir un beau-gosse mort-vivant 😉
Bref, on est pas loin des vampires végétariens de Twilight qui me font tant rire 😀
Mais là je ne sais pas pourquoi, l’humour et les bons sentiments qui parsèment ce roman rendent finalement ces petits clichés assez légers !

Le truc sympa dans ce roman, c’est la manière dont les zombies peuvent absorber les pensées de leur victime en mangeant leur cerveau… ça donne une dimension plus « humaine » au récit, et permet ici de switcher de la vision de R. à celle de Perry avec élégance.
Et du même coup on sort un peu de l’esprit torturé de R., zombie qui n’apprécie pas vraiment sa condition, est un peu en marge de sa horde, et regrette de ne pas se souvenir de son propre prénom, relique d’un temps révolu. Un rebelle en somme !

Le choix de l’univers zombie permet à l’auteur de se poser pas mal de questions très pertinentes, inhérent au genre même… En cette période de crise, le zombie a le vent en poupe, comme le succès de The Walking Dead le prouve ! Crise économique, guerres, extrémismes, problèmes écologiques, morosité ambiante… et ces temps de grands changements, les zombies incarnent parfaitement notre peur du monde instable dans lequel nous vivons.

Voilà, une lecture pas compliqué, qui fait passer un bon moment, même si beaucoup de scènes et la fin sont assez convenues
Pour les fans, où ceux qui voudraient découvrir l’histoire sans lire le roman, sachez qu’un film est sorti début 2013Warm Bodies, et devrait être dans les salles française en mars.

Une lecture qui me permet de valider ma lettre M pour le challenge ABC ! Ça avance, ça avance 😉

challenge ABC

« Comment se débarrasser d’un vampire amoureux » de Beth Fantaskey (Etat de Pennsylvanie)

Interlude bit-lit pour passer mon dimanche… Je n’avais jamais flirté avec ce genre, n’ayant jamais ouvert la série Twilight, et n’en éprouvant pas particulièrement l’envie. Mais je ne sais pas trop pourquoi, le titre de ce roman, Comment se débarrasser d’un vampire amoureux m’avait paru amusant quand je l’avais vu à la FNAC et j’ai eu envie de le lire. Il n’en fallait pas plus pour que Petite Fleur me le prête !
Et bonne surprise pour mon challenge « 50 états, 50 billet », l’histoire se passe en Pennsylvanie !

Jessica, 17 ans, vit dans une petite ville de Pennsylvanie. Elle rentre en Terminale, c’est sa dernière année de lycée, la grande année des changements, où tout est possible ! C’était sans compter l’arrivée dans sa classe d’un nouvel élève très spécial, Lucius Vladescu, venu tout droit de Roumanie ! Il a non seulement un look étrange à base de cheveux long et cape flottant dans le vent, mais il a aussi un comportement bizarre : hautain, imbu de lui même, il se prend pour un prince des Carpates… Et surtout, il est redoutablement collant envers Jessica ! Loin d’être impressionnée par ce beau brun ténébreux, elle n’a qu’une envie : s’en débarrasser !
Mais les choses ne vont pas être si simple : Jessica apprend alors par ses parents adoptif qu’il est un vampire, et qu’elle est fiancée avec lui depuis leur naissance ! Lucius a traversé l’océan pour venir chercher sa promise, et compte bien la ramener en Roumanie pour faire d’elle une princesse vampire !
Mais Lucius a de l’éducation, il ne veut pas l’enlever ou la prendre de force : il va rester auprès de sa belle pour la séduire, et la mener à l’épouser… Mais est-ce bien lui qui va mener la danse ?

Avant de lire ce livre, je pensais avoir à faire à une parodie de bit-lit, vu le titre…  Après lecture, je crois que je me suis un peu trompée, ou quel titre n’est pas approprié (une fois de plus, le titre américain nous dit tout le contraire : Jessica’s guide to dating on the dark side…) et que j’ai vraiment lu mon premier roman de bit-lit finalement 😀
Bon, il faut avouer, il y a des moments bien amusants, particulièrement lorsqu’on lit la correspondance de Lucius à son oncle resté en Roumanie : on le voit se moquer de la culture américaines, de la famille bobo-bio de Jessica, des lycéens,… D’un point de vu européen, c’est assez drôle. Mais bien entendu, Lucius va rapidement succomber aux sirènes de la vie américaine, et particulièrement la liberté ! Ca et le basket-ball 😉
Bon, je suis un peu déçue quand même que ce côté cynique et la touche humoristique assez présente au début du roman s’estompe rapidement, pour laisser place à la romance… mais bon, un peu de tendresse ne peut pas faire de mal ! L’histoire d’amour est assez classique, en mode « tu me suis, je te fuis » et vice versa…

Bref, pour le reste on est dans de la littérature jeunesse, et plus particulièrement destinée aux jeunes filles : l’action démarre dès la première page, narration de Jessica à la première personne, portrait de cette adolescente entre deux mondes et deux ages, mais qui se considère « normale »Pas de la grande littérature, mais un livre parfait pour passer un bon dimanche après-midi 🙂
En gros, j’ai bien aimé, mais la bit-lit, à petite dose pour moi ! 😀

La Pennsylvanie décrite dans ce roman est celle des espaces ruraux, et en effet, l’agriculture tiens une part importante dans cette province. Mais en tant qu’état limitrophe de celui de New-York, des régions des Grands Lacs et des région du sud-est des USA… c’est aussi un état très industrialisé. Si l’état n’a pas d’accès à l’Océan Atlantique, il bénéficie néanmoins du fleuve Delaware.

On y trouve des grandes villes très dynamiques, comme Philadelphie ou Pittsburgh… ou encore sa capitale moins connue, Harrisburg. Mais dans le même temps c’est un des états comptant le plus de membres de la communautés Amish et Mennonites. Comme on l’imagine assez bien grâce aux images véhiculées par les films et séries TV, leur mode de vie est assez simple, proche de celle de nos ancêtres de la période pré-industrialisation : ils travaillent la terre, n’utilisent pas de voitures mais des attelages, ni les moyens modernes de communication… et vivent dans des communautés fermée au monde moderne.

C’est d’ailleurs en Pennsylvanie que les Amish débuteront leur vie en Amériques à partir de 1681, accueillis par William Penn, à qui appartenait alors cette région et celle du Delaware.
A noter que le nom de l’état vient de la contraction du nom de son ancien propriétaire, et du mot forêt en allemand : SylvaniaPenn-Sylvania : Pennsylvanie !
La colonisation de la région débute dès le début du 17ème siècle, et entre les anglais protestants, luthériens des Pays-Bas ou de Suède, immigrés Amish allemands, alsaciens et suisses… on se rend compte que la Pennsylvanie est un condensé d’Europe du Nord. L’allemand est encore parlé par une petite partie de la population, ou du moins un dialecte germanique.

La cuisine locale  a hérité aussi de cette inspiration allemande : Dutch Sticky Roll (roulés à la cannelle et aux noix), Shoofly Pie (tarte à la mélasse), poulets farcis, soupes aux salsifis, Boova Shenkel (beignets de pommes de terre)…

Bref, un état dynamique, et une fois n’est pas coutume aux USA, aux forts contrastes de populations et de paysages !