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« Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés » d’Arto Paasilinna

Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimésPour le partenariat Denoël du mois, nous partons en voyage dans les plus improbables dictatures du monde. Un moyen pour moi de découvrir Arto Paasilinna, prolifique auteur finlandais.

En plein milieu des années 80 en Finlande, Viljo Surunen est professeur de philologie et fréquente Immonen une musicienne, membre comme lui d’Amnesty International. Malgré leurs lettres de protestation auprès du dirigeant du Macabraguay, ce dernier refuse de relâcher leur filleul de combat, un professeur d’université, prisonnier politique depuis 6 ans.
Surunen va donc prendre les choses en main et se rendre en Amérique du Sud pour  aller libérer lui même le pauvre prisonnier. Son aventure va le conduire au Macaraguay, une sinistre dictature capitaliste soutenue par les Etats-Unis. Sur son chemin il passera aussi dans les territoires communistes tels Moscou et la Vachardoslavie. Combien d’opprimés Surunen pourra-t-il libérer ?

De part son humour à peine retenu et ses situations cocasses, voire surréalistes, ce livre m’a rappelé ceux de Tom Sharpe. Il faut par dessus cela rajouter une couche de critique sociales et politique, qui flirte parfois avec le symbolisme.
La trame de l’histoire n’est pas déplaisante. On s’amuse des situations folkloriques dans ces dictatures capitalistes et communistes… où forcément l’une n’est pas vraiment mieux que l’autre. Tout est une affaire de style  et de curseur !

Pas le gros coup de coeur, mais pas non plus une déception… je ne suis pas rentrée dans le délire du récit peut-être. Un bon livre pour passer le temps, qui ravive nos bons vieux souvenir des années 80 et des blocs idéologiques qui s’affrontaient en ce temps.

Merci Denoël pour cet envoi !

Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés d’Arto Paasilinna
Éditions Denoël & d’ailleurs
Traduction : Anne Colin du Terrail
2015 – 336 pages

« Flûte, flûte et flûtes ! » d’Isaac Asimov

flute, flute et flutePour la lettre A du challenge ABC j’ai fait dans le classique : un bon vieux recueil de nouvelles du pape de la SF. Il faut dire que ce n’est pas ce qui manque dans le genre, rien qu’en France il y a plus de vingt ouvrages de ce type écrits par Isaac Asimov !

Dans Flûte, flûte et flûte !, chaque nouvelle s’insère au milieu d’une explication de l’auteur lui-même, mêlant autobiographie et histoire de la conception de la nouvelle. C’est pour moi le gros intérêt de ce recueil : on en apprend un peu plus sur Asimov, ses relations avec ses éditeurs, sa vie familiale, son travail de professeur, l’écriture de ses livres de vulgarisation scientifique… Bref, on s’aperçoit qu’Isaac Asimov était un vrai chercheur doublé d’une personnalité d’artiste ! En plus ces petits textes d’introduction mettent bien en avant son sens de l’humour, et son esprit taquin.

Les nouvelles en revanche ont assez peu d’intérêt je trouve. Le concept du recueil est celui-ci : réunir des textes rarement publiés. Bon, on comprend un peu pourquoi il n’ont eu qu’une seule édition dans des magazines de science-fiction dans les années 50 ! Enfin j’exagère une peu : les nouvelles sont souvent bien écrites, plaisantes parfois… mais ça n’est pas du grand Asimov.
Il est tout de même intéressant de prendre du recul et de redécouvrir les questions que l’auteur se posait sur les technologies atomiques, comme dans La Pause où du jour au lendemain toute trace du nucléaire  disparaît de la Terre, que ce soit les gisement d’uranium, les textes sur la question, ou encore la mémoire humaine sur le sujet…
La nouvelle Tous des explorateurs est sympa aussi, car elle pose la question des voyages sur des autres planètes, et des motivations des extra-terrestres à nous accueillir sur leur sol…

Bref, une lecture pas désagréable mais pas inoubliable !

ABC-2015

 

« Lignes de vie » de Graham Joyce

Lignes de viePour le partenariat Folio de janvier, je n’ai pas fait de folies : un roman de la collection Folio SF, histoire de me plonger dans un monde un peu plus fantaisiste que celui dans lequel nous nous ébattons chaque jour.

Conventry, en Angleterre, juste après la Seconde Guerre Mondiale. Cassie, jeune mère célibataire d’un tout petit bébé doit le faire adopter par une parfaite inconnue… Mais elle ne veut pas l’abandonner ! C’est donc elle, et sa famille composée de sa mère Martha et de ses six sœurs, qui élèveront le jeune Frank ! En effet, Cassie a des absences, ce qui la rend très imprévisible. Durant ces périodes de folies, elle voit entre autres les esprits des morts
Élevé tour à tour par ses différentes tantes et leurs maris, Frank va grandir dans une ferme, au milieu d’un cercle spirite, dans une maison communautaire, chez un embaumeur…
Mais la question que Martha se pose, c’est de savoir si Frank a hérité du don de Cassie… qu’elle a elle-même ! Les fantômes lui feront ils du mal ? Ou lui révèleront-ils l’avenir à l’aide de signes sibyllins, comme ils le font avec elle ?

Je m’attendais un peu au pire à voir les commentaires de certains sur les forums et blogs, mais finalement, ce livre n’est pas si désagréable. La vie de Frank est surréaliste, surtout à la vue de sa famille très hétéroclite ! A la limite un peu trop « Garpesque »… Après j’avoue, il y a pas mal de longueurs, et assez peu de rebondissement ou de suspense. Et le personnage de Cassie la mère nymphomane complètement hallucinée  m’a un peu laissée dubitative… Bref, une histoire de famille un peu pimenté par la présence de fantôme et d’épisodes maniaques.
Enfin l’avantage de ce roman, c’est aussi pour moi de me plonger dans un lieu et une période de l’histoire que je connaissais mal : la Guerre 39-45 en Angleterre, où les villes ont été bombardées sans relâche par les Allemands… J’avais plutôt une vision Franco-Française du drame, venant moi-même de Normandie, et de m’apercevoir des dommages sur cette île donne une autre ampleur à ce conflit…

Bon, c’est sûr, ce n’est pas le genre de lecture que je conseillerais à des fans du genre, mais franchement, ce livre m’a parfois fais passer de bons moments dans le métro !
Merci à Folio tout de même 🙂

 

« Ariosto furioso » de Chelsea Quinn Yarbro

Ariosto furiosoPas évident de trouver un auteur de fantasy ou SF dont le nom commence par un Y, afin de remplir le contrat du Challenge ABC des Littératures de l’imaginaire ! Mais finalement, en cherchant, on fini bien par trouver !
Je m’attendais à du très bon au vues des critiques sur Internet, mais je dois avouer que je ne sais pas du tout quoi penser de ma lecture ! Entre roman historique dans une Renaissance italienne alternative, fantasy, et drame romantique, ce livre édité aux Etats-Unis en 1981 mélange les genres mais ne m’a pas totalement emballée.

Firenze, en 1533 : Lodovico Ariosto est le poète et ami de Damiano de Medici, primero de l’Italia Federata. Dans la vie, il se trouve en plein milieu de conflits politiques et religieux visant son maître, et il doit aussi veiller sur sa famille…
Mais grâce à sa nouvelle œuvre, la suite de son Orlando furioso, il peut s’échapper d’un quotidien compliqué, où il n’est finalement pas grand chose. Dans sa « fantasia » il devient un guerrier héroïque ! Connu et adulé de tous, volant sur son hippogriffe, il part au secours de son amis Falcone et du peuple du Nouveau Monde, les Cerrochis, qui se battent contre un sorcier malfaisant et son armée de monstres.

Ce roman à donc la particularité d’alterner chapitres après chapitres la réalité et la fiction, le monde de Firenze et celui des Cerrochis.
J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans le récit… Au moins la moitié, et encore, je n’ai pas réussis à apprécier la partie fantasy du roman, très épique et grandiloquente. Même en le prenant au second degré je n’ai pas trouvé ça amusant… Bref, trop indigeste pour moi… même s’il peut parfois être amusant de relever dans la fiction les éléments issus de la réalité de Lodovico.
Pour la partie narrant la réalité, les querelles politiques entre les branches aînées et cadettes des Medici, les guerres de religions ente le pape et les anglais, les histoires d’espionnage… ne m’ont pas du tout intéressés. C’est pourtant le cœur de l’intrigue qui va naître sur la fin du roman : pourquoi et comment l’Italia Federata et Damiano vont être mis en porte-à-faux… et par conséquent Lodovico.
Sur la toute fin j’ai commencé à apprécier le roman, car l’histoire d’amitié entre Lodovico – faible et insignifiant poète au milieu des jeux de pouvoir – et Damiano – dirigeant vieillissant et acculé – devient vraiment touchante… avec une touche d’héroïsme un rien surfait, mais sincère.

Une découverte vraiment en demi-teinte… Je reconnais les qualités du roman, mais je ne suis pas totalement convaincue, car je n’ai pas pris de plaisir à le lire les trois quarts du temps. Peut-être parce que je ne connaissais pas du tout cette période de l’histoire ? Ou alors parce que je n’ai jamais lu Orlando Furioso ? « Bien mais pas top » en somme !

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Les plus qu’humains » de Theodore Sturgeon

Les plus qu'humainsNouvelle lecture d’un classique de la science-fiction pour le challenge ABC de littératures de l’imaginaire. Je me suis laissée tentée un peu par hasard par ce recueil de trois longues nouvelles éditées entre 1952 et 1953, Les plus qu’humain, de Theodore Sturgeon. .
Au final une lecture qui me laisse un peu perplexe… Mais qui est sans nul doute une œuvre majeure du genre.

L’Idiot vit seul dans les bois, se nourrit comme une bête, ne connaît pas les sentiments… Mais il peut hypnotiser d’un regard. Janis a 6 ans a des pouvoirs télékinésiques qui effraient sa mère, alors que les petites jumelles Beany et Bonnie peuvent se téléporter comme elles le souhaitent. Bébé, le petit dernier, est peut être un mongolien mais il est doté d’une intelligence qui dépasse tout ce que l’humanité a jamais imaginé.
Ce groupe de « monstres » va se retrouver sous la protection de l’Idiot dans sa cabane dans la forêt, et vivre comme un seul individu : l’« homo gestalt », l’homme de demain, le surhomme ! L’un est la tête, l’autre les bras, l’autre son cœur… Et ensemble ils peuvent réaliser de grandes choses !

Plus qu’un simple recueil de nouvelles, il me semble qu’il s’agit d’un roman sous forme d’un triptyque : le premier récit brosse le tableau et installe l’histoire des personnages, le second à la première personne raconte la psychothérapie du nouveau membre du gestalt, Gerry, et le troisième volet les relations entre cette entité et l’humanité.
Beaucoup de questions se posent en lisant ce livre… Loin d’être des super-héros, les membres de ce regroupement de freaks vit pour lui, sans s’inquiéter de la société humaine… et ils y arrivent très bien ! Mais a y regarder de près, ce type de relation symbiotique est assez effrayant. Chaque partie dépend des autres pour vivre : par exemple seule Janis comprend ce que Bébé pense, et sert de traductrice au reste du groupe. Sans elle, plus le reste du groupe n’a plus accès à l’intelligence de Bébé.
Lorsque l’homo gestalt vit en reclus, tout se passe bien… Mais si « sa tête » désire plus de pouvoir, c’est toute notre société qui est en danger. En effet, sans sens moral, il devient un être tout puissant pouvant nous écraser comme des cafards… Comment lui faire comprendre ce qu’est la moralité et l’éthique, lui qui a toujours vécu seul ?

Bref, si j’ai apprécié une partie des questionnements de cette SF, j’ai eu une lecture un peu en dents de scie. Je n’ai pas été emballée par la première partie qui m’a immédiatement fait penser à un conte de fée, dans sa structure et ses motifs. Par la suite, le côté très orienté psychologie, avec beaucoup de références techniques et scientifiques m’ont un peu laissé au bord du chemin. Un roman assez ardu à lire finalement !

Mais bon, je ne peux pas dire que je n’ai pas aimée, mais je n’ai pas été totalement emballée. Ce roman fait donc parti de ces livres qu’il faut avoir lu et qu’on est content d’avoir parcouru… Mais que je suis bien contente d’avoir refermé 😉

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Citoyens au-dessus de tout soupçon… » de Raphaël Confiant

Citoyens au dessus de tous soupçon...Opération roman policier pour le partenariat Folio d’avril… Et pas n’importe quel roman policier ! Ici l’enquête se déroule en Martinique ! On est loin de l’ambiance sombre de nos villes… Mais rassurez-vous, l’atmosphère n’en est pas moins sordide, même sous le soleil des Antilles !

Jack Teddyson est détective privé à Fort-de-France, profession peu lucrative sur une île où tout le monde connaît tout le monde…  Ambiance insulaire oblige ! Mais une enquête peu commune va arriver sur son bureau : Irmine Ferdinand, veuve de Sésostris Ferdinand, lui demande de rechercher qui a tué son mari. Ce dernier a été retrouvé castré et assassiné chez une prostitué dominicaine… Et la police a fermé le dossier, faute de preuves. Crime crapuleux ? Vengeance du mac de la belle ? A moins que Sésostris ait baigné dans des affaires louches de jeux ? Et les symboles vaudou peint sur le mur de sa dernière chambre ont-ils un sens ?
Aidé par son ami l’inspecteur Maxence, Jack va devoir mener son enquête dans les milieux peu recommandables de la Martinique : ceux des jeux clandestins, de la prostitution, de la drogue, et de la politique !

Malgré l’utilisation de la langue créole, on est loin de l’image d’Épinal de la Martinique touristique !
Jack Teddyson parle le français assez alambiqué, qui m’a rappelé le terroir martiniquais que j’ai approché en décembre dernier lors de mes vacances dans la campagne de l’île… C’était assez sympa pour ça. L’utilisation du créole, toujours traduit, permet de faire encore plus « couleur locale ». On découvre aussi Fort-de-France d’une autre manière, même si la ville laisse rapidement percevoir « en vrai » tout ses travers quand on la visite.
Jack est un vrai cliché vivant du mâle antillais, qui ne veut pas se mettre en couple et qui tire à droite à gauche… A cause de ça peut être, j’ai eu assez peu de sympathie pour ce personnage et ses conquêtes, telle Francelise, qui semble avoir un popotin plus gros que son cerveau.
L’enquête en elle même rebondit un peu trop à mon goût, pour finir par atterrir là où on l’escomptait… Ça n’est donc pas le côté « policier » qui fait l’intérêt du roman pour moi.

Une lecture sympathique, mais pas inoubliable
Malgré tout, merci à Folio pour m’avoir permis de découvrir cet auteur !

« Le monde selon Garp » de John Irving

Le monde selon GarpIl fallait vraiment que j’apprécie La Chèvre Grise pour accepter cette lecture commune avec elle : Le monde selon Garp de John Irving, un livre qu’on a plus besoin de présenter à en croire son nombre de fans ! Je ne peux pas parler de ce livre sur Twitter ou au bureau sans que quelqu’un rapplique pour lancer « C’est mon roman favori ! », « J’adore cet auteur »… Et moi de répliquer que j’ai été traumatisée par  les ours de L’hôtel New Hampshire l’année dernière…

Dans ce roman nous suivons les pérégrinations et réflexions de S. T. Garp, depuis sa procréation… Sa mère Jenny Fields, infirmière célibataire endurcie, était déjà un personnage assez atypiques dans les années 40. Mais son fils Garp va avoir lui aussi une vie peu ordinaire !
Pour plaire à la fille de son entraineur de lutte au lycée, Helen, qui est une dévoreuse de livres, il décide de devenir écrivain. Et il y arrive ! Entre épopée familiale, drames, moment beaucoup plus légers, les affres de la création, le tout sur fond de luttes féministes et de problèmes de couples… et de bien d’autres choses encore. Garp va croiser toute une panoplie de personnages sympathiques ou antipathiques, qui vont rendre sa vie riche et pleine de rebondissements… et surtout lui inspirer ses romans.

Bonne nouvelle, j’ai apprécié les aventures de Garp, même si le personnage en lui-même m’exaspère. Grosse avancée par rapport à mon dégout de la famille de L’hôtel New Hampshire ! Mais un ou deux trucs me gênent tout de même…
D’abord le côté auto-fiction ou autobiographique de Garp par rapport à Irving… Je ne savait pas si Garp était son « avatar » dans ce récit, mais le choix d’utiliser des motifs déjà vus dans L’hôtel New Hampshire m’ont fortement laissé penser cela : Vienne, les ours, les prostituées, les relations hommes / femmes, le viol, les morts accidentelles… En plus Garp est écrivain, si ça n’est pas une projection 😉
Dans les faits ce récit semble effectivement mêler la réalité de la vie d’Irving et fiction. Comme Garp, Irving romance son quotidien, et se sert peut-être de cette histoire pour exorciser ses craintes et ses doutes.
Finalement j’ai souvent eu l’impression de lire un livre avec pour thème l’égocentrisme, que ce soit celui de Garp ou en poussant plus loin celui de John Irving…

Autre point qui m’a gêné, c’est que j’ai trouvé certains passages longs, voir trèèèès longs. Certes ce roman ne se lit pas vite, et la plume et l’humour de l’auteur s’apprécient lentement… 2 semaines et demie pour le lire, pour moi c’est rare ! Mais ce qui me dérange c’est d’avoir eu l’impression de buter et d’être embourbée dans des pans énorme du livre. En fait j’ai eu l’impression de vraiment commencer à l’apprécier à la moitié.

Bilan en demi-teinte pour moi… Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé ce roman, qui est très bien écrit, parfois drôle, parfois dramatique… et l’auteur saute de l’un à l’autre en un clin d’oeil ! Je comprends que beaucoup de lecteurs aiment cet auteur aussi, qui a une imagination débordante et fascinante… un rien baroque et excessif ! Mais le temps m’a parfois semblé long tout de même en compagnie de ces personnages… Bref, John Irving n’est peut être pas fait pour moi !

Au passage, je vais utiliser ce titre pour valider l’entrée « Prénom » du challenge Petit BAC 2014 ! 😉

Challenge petit bac 2014

« Fables tome 1 : Légendes en exil » de Bill Willingham et Lan Medina

Fables tome1Je me suis prise de passion pour la série Once Upon a Time l’an dernier, et en me baladant sur Internet j’ai entendu parler de la série de comics Fables de Bill Willingham, qui reprendrait le même principe : moderniser les contes que nous connaissons tous en intégrant leurs héros dans notre monde contemporain…  Moi qui aime le mélange des genres, j’ai été emballée par le concept, et j’ai finalement commandé le tome 1 de Fables, Légendes en exil en début d’année !

A Fableville, état dans l’état situé dans la ville de New-York, des personnages de contes vivent une existence presque comme la nôtre… Ils ont été chassés de leurs royaumes par un puissant Adversaire, et ont tenté de recréer au cœur de la ville un monde qui leur convient, tout en cachant leur nature enchantée aux êtres humains.
Blanche-Neige, bras droit du maire le Roi Cole, dirige la ville et fait en sorte que tous puissent  coexister… Les Trois Petits Cochons et le Grand méchant Loup, la Belle qui se dispute avec la Bête… et aussi gérer son ex-mari volage, le Prince Charmant.
Mais un drame advint : la sœur de Blanche-Neige, Rose-Rouge a disparu, et son appartement est retrouvé sans dessus-dessous, aspergé de litres de sang… est-elle encore en vie ? Et qui lui aurait fait du mal ? Son petit ami Jack ? Ou bien Barbe Bleu qu’elle aurait fréquenté ? Le Grand Méchant Loup, qui a maintenant une apparence humaine grâce à quelques sortilèges, est devenu enquêteur au service de Fableville, et va tenter de découvrir ce qui a bien pu arriver à Rose-Rouge.

Si le pitch me semblait sympa, dans les faits, j’ai été un peu déçue… L’histoire est sympa, mais le suspense ne prend vraiment pas. L’enquête reprend des poncifs et ficelles des histoires policières, avec toutes les fausses pistes, retournements de situations auxquels on ne peut que s’attendre. Pas de surprises quoi… Est-ce parce que ce premier volume à maintenant 11 ans ? En gros il ne faut vraiment pas lire cette BD pour l’intrigue policière.

Fables tome 1

Autre point assez décevant, le dessin très classique et les couleurs criardes… C’est très comic, ces aplats et ces formes très tranchées, mais ça m’a tout de suite déplut ! On est loin du style de la couverture, qui me plaisait beaucoup. En fait comme souvent, la couverture et les planches ne sont pas du même auteur : James Jean pour la première, et Lan Medina pour les secondes.
A priori le dessinateur Lan Medina c’est occupé que des 5 premiers tomes…  Mais aurais-je le courage d’aller plus loin ?

Bon sinon l’univers est intéressant, même si un seul tome ne suffit pas à rentrer dans la psychologie des personnages ou à découvrir les détails de cet univers.
Mais vu que je suis peu emballée par ce premier tome, je me demande si je dois investir dans la suite… Il y a tout de même 21 tomes sortis en France, et la série n’est pas terminée d’après ce que j’ai compris !

En bref, je crois que j’avais mis trop d’espoir dans cette BD, dont l’idée me paraissait très intéressante : mélanger les contes et personnages de notre enfance avec notre quotidien urbain. Comme quoi une bonne idée ne suffit pas… Si je venais à trouver le tome 2 d’occasion, je l’achèterai peut être pour confirmer ou infirmer mon avis !
En attendant je vais retourner à Once Upon a Time ! 😀

« American psycho » de Bret Easton Ellis

American PsychoJe me suis fait vraiment violence pour me replonger dans ce roman acheté à l’époque du franc (l’étiquette indiquant le prix dur la quatrième de couverture le prouve… 49,40F) et abandonné au bout de 30 pages… Presque 15 ans plus tard, après des années à me dire régulièrement qu’il faudrait bien que je lise ce monument de la littérature américaine, j’ai décidé de profiter du challenge ABC pour enfin le lire !

A 26 ans Patrick Bateman a tout du golden boy des années 80 : des costumes de grands couturiers, des cartes de visites très chics, une collections de produits de beauté anti-âges décadente, ses entrées dans tous les bars et restaurants hype de New-York, un métiers dans une entreprise cotée de Wall Street, une admiration sans borne pour Donald Trump… Sa vie n’est que luxe, luxure, entraînements au club de gym, coke, alcool, fête et un peu de travail pour la forme. Que ce soit lui ou ses amis, tout est dans l’apparence : on flambe, on ne discute surtout pas de sujets de fond… Comme pour exorciser cela, Patrick à une passion qui le dévore peu à peu : torturer et tuer.

Mon avis est assez mitigé je dois dire… Je comprend que lors de sa sortie en 1991 ce roman à fait scandale et est devenu de fait un best-seller. Mais aujourd’hui, je trouve qu’il a un peu vieillit malgré la plume élégante de son auteur.

En positif, forcément, l’écriturej’ai aimé le style de Bret Easton Ellis. Même si le concept du livre veut que ce soit répétitif, axé sur la description, parfois lourd… La plume de l’auteur rend tout ça compréhensible, et nous plonge dans la folie de son personnage de manière intelligente. Malheureusement avec la traduction on doit perdre énormément des jeux de mots et allitérations qu’on devine au détour des méandres des pensée de Patrick Bateman… De plus il est a noté de nombreuses coquilles dans cette édition du roman.
La plongé dans l’esprit pervers et complètement dérangé du héros est aussi intéressante, car sa monomanie est assez amusante à la longue. Le coup de la sueur froide devant les cartes de visites de diverses nuances de blanc est une référence en terme de blagues au boulot, une private joke entre « ceux qui connaissent » via le film ou le livre.
Le personnage en lui même, ainsi que son entourage, est encore plus écœurant que les crimes les plus outrageants de Bateman : s’amuser des larmes des clochards en leurs faisant miroiter des billet d’un dollar, traiter les femmes comme des jouets sans cervelles (et de fait, elle n’en on vraiment pas dans le livre), considérer la classe populaire comme de la merde… Une population nombriliste qu’on est bien content d’avoir disparaître ces dernières années (en tout cas on les montre moins comme des exemples de réussite).

Les petit moins… l’ennui et la monotonie, qui est je pense voulue par l’auteur. Des descriptions sans fin de ce que portent tels ou tels personnages, à coup de marques de luxe (que je ne connais pas), ou encore le portrait par le menu des fonctionnalité de la meilleure chaîne Hi-Fi… et pour tout c’est comme ça. Sur le même ton, le rapport détaillé de ses parties de jambes en l’air, suivies de séances de tortures et de meurtres. On comprend bien comme ça que Bateman est un sacré sociopathe, mais à la longue on s’emmerde un peu quand même :-/
Et puis le fait qu’il me semble très surestimé aussi ce roman. Mais cela peut venir à mon avis de plusieurs choses.
D’abord que j’ai vu le film à sa sortie au cinéma… du coup je me souvenais un peu de la fin, beaucoup plus claire que dans le livre, et du coup la chute de cette histoire tombe un peu à plat.
Et aussi parce que beaucoup de gens autour de moi font l’éloge de ce livre en mode intello fans de psycho, bardé de petit commentaires sur les scènes de cul ou les moment gores « trop dégueulasses » dont les images seraient indélébiles… Bof :s
Comme me le disait Petite Fleur, on est peut être plus insensibilisés à ce genre d’images que dans le début des années 90, après des décennies de thriller reprenant cette recette… Mais ces scènes sont assez aseptisées finalement et m’ont assez peu marquées.

Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé, mais j’ai un petit arrière goût amer de déception tout de même… Je n’ai pas eu la « claque » que certains ont reçu en le lisant. Enfin au moins, cette fois, je l’ai ouvert et terminé !

challenge ABC

« Le fait du prince » d’Amélie Nothomb

Le fait du princeÇa faisait bien longtemps que je n’avais pas lu un roman d’Amélie Nothomb, après une quasi indigestions ces dernières années.
Bonne nouvelle, Le fait du prince, édité en 2008, est assez plaisant à lire. On est pas dans une autobiographie de l’auteur, mais dans une fiction qui reprend ses motifs classiques : le mensonge, les secrets et les complots, l’usurpation d’identité, la femme rédemptrice sans identité, et bien entendu la mort.

Baptiste Bordave voit sa vie changer lorsqu’un homme sonne à sa porte et lui demande d’utiliser son téléphone pour appeler quelqu’un pour dépanner sa voiture… Cet homme qu’il n’a jamais vu s’effondre, mort. Baptiste a peur d’appeler les secours : un inconnu décédé chez lui, c’est louche, et il pourrait être accusé de meurtre.
Pour lui la solution s’impose d’elle même : cet homme, nommé Olaf, à la même taille que lui, la même couleur de cheveux, et le même âge. Et s’ils échangeaient leurs vies ? Baptiste serait libéré de son existence sans saveur et sans attaches, et pourrait prendre la place d’Olaf qui à l’air riche.
Baptiste-Olaf va donc partir à Versailles, et prendre pied doucement dans la vie fastueuse d’Olaf… Existence rehaussée par une superbe femme qui s’étonne à peine de voir cet inconnu chez elle.

Un Amélie Nothomb assez classique, très court, dans une ambiance de huis clos qu’on lui connait bien maintenant. Mais bon, sans être exceptionnel il n’est pas désagréable à lire, même si je n’ai pas trop adhéré aux personnagesBaptiste s’impose, et ne manque pas de culot… toujours à la limite de l’arrogance et de l’insolence. La femme d’Olaf, surnommée Sigrid, passe pour une alcoolique et anorexique, avec un fort penchant pour l’indolence et le champagne glacé.
Bref, comme d’habitude, c’est plus la situation pleine de mystères et de secrets, qui joue le premier rôle pour moi…

Une lecture idéale pour les dimanche gris ou les trajets en train… vite fermé, vite oublié j’en ai bien peur… Mais après tout, les œuvres servent aussi à cela, passer le temps.
En tout cas une lecture de plus pour mon challenge ABC ! La fin est proche !

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