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« Les animaux dénaturés » de Vercors

Les animaux dénaturés Petite incursion dans la littérature française moderne pour le challenge ABC avec ce livre paru en 1952, de Vercors. Un classique si on peut dire, qui se situe entre l’ouvrage philosophique et le roman judiciaire… Interessant, mais un poil longuet malgré son faible volume.

En Grande-Bretagne, le journaliste Douglas Templemore se retrouve au coeur d’une des aventure anthropologique du siècle : des scientifiques ont découvert en Asie la mâchoire d’un hominidés qui semble être le chaînon manquant entre le singe et l’homme… Et il s’avère que ces êtres foulent encore le sol des forêts sauvages ! Nommés Parenthropus, et surnommés « Tropis« , il deviennent rapidement le centre d’intérêt des anthropologues, hommes de foi, et aussi d’industriels en mal de mains d’oeuvre. Car ces Tropis semblent avoir un semblant d’intelligence, et surtout une dextérité manuelle indéniable, derrière leur air animal. Sont-ils des hommes ou des singes ? Qui pourra répondre à cette question, et comment ? Surtout quand l’équipe d’étude des Tropis découvre que les croisements entre ces créatures et l’être humain sont possibles

Un roman sympathique dans le sens où il nous questionne sur notre humanité. Difficile en effet de dire nous-même ce qui est humain, et où cela s’arrête, au vu des arguments amenés dans le livre. On retrouve beaucoup d’idées énoncés par Freud, Levis Strauss,… dans la réflexion de Vercors. L’homme est-il déterminé par son âme, son amour de l’art, ses passions pour se hisser au dessus de la nature… ?

Bref, une lecture humaniste intéressante mais sans plus. Courte, fort heureusement !

ABC-2015

 

« L’histoire des 3 Adolf » d’Osamu Tezuka

L'histoire des 3 adolf tome 1Voilà plusieurs années que j’avais dans ma liste à lire ce manga en quatre tomes. L’histoire des 3 Adolf fait figure de grand classique de la BD nippone parue en 1985. J’ai profité qu’un collègue me les prête pour les lire… non sans mal…

En 1936, Sohei Toge, journaliste sportif, est envoyé à Berlin pour suivre les Jeux Olympiques. Son frère qui vit sur place depuis plusieurs mois semble avoir des ennuis… au point d’être retrouvé assassiné ! Lors de son enquête personnelle, Sohei met la main sur des documents que son frère voulait lui transmettre : l’acte de naissance d’Adolf Hitler, qui met en lumière des origines juives ! A partir de ce moment, les services secrets allemands et japonais n’auront de cesse de vouloir mettre la main sur Sohei et ses précieux documents. En parallèle, trois Adolf vont rythmer en fond de toile les mésaventures de Sohei : Adolf Hitler, Adolf Kaufman, le fils d’un diplomate nazi et d’une japonaise, et Adolf Kamil, un juif expatrié au Japon.

Sur ce fond de Seconde Guerre mondiale, je me suis surtout intéressée à l’histoire des deux Adolf japonais. Les deux adolescents que tout oppose, Adolf Kaufman le fils de nazi et Adolf Kamil le juif deviennent amis, envers et contre tous. Le père Kaufman refuse de voir son fils se lier d’amitié avec un juif, et fait tout pour les séparer… jusqu’à l’envoyer dans une école allemande pour ensuite intégrer les Jeunesses Hitlériennes. A partir de là, on le suit une spirale d’horreur, où le jeune Kaufman va apprendre à devenir de plus en plus cruel et extrême… Déroutant et terrifiant.
J’ai moins accroché sur l’histoire de Sohei Toge, qui n’aura de cesse de retrouver puis conserver hors des mains de l’Allemagne les documents compromettants sur les origines juives d’Hitler. Le côté « polar » m’a moins intéressé somme toute que le côté historique.

Côté scénario, je suis assez divisée… je me suis ennuyée par moment, j’ai buté sur la lecture plusieurs soirs. Beaucoup de textes, et des dessins pas vraiment au goût du jour.
En revanche j’ai apprécié de voir cette partie de l’histoire que l’on connait tant passée sous la plume d’un japonais… Ça change un peu notre point de vue !
Plongés au cœur des racines du mal et de la haine, on a un aperçu des méthodes employées pour transformer un individu lambda en tueur sans remords.
Avec la fin du récit qui nous mène bien au-delà de la période de la Seconde Guerre mondiale, en pleine guerre israelo-palestinnienne, on se rend aussi compte de l’effet ricochet des évènements historiques et des liens qui se créent entre eux.

Une lecture intéressante, mais je n’ai pas été hyper emballée quand même… Manque de rythme, dessins très moyens. Bref, je suis un peu déçue même si je comprend en quoi cette oeuvre est un monument !

« Dans les eaux du lac interdit » d’Hamid Ismaïlov

Dans les eaux du lac interditAvec ce court roman, je suis partie bien loin de mes habitudes de lecture, grâce au partenariat Denoël de l’été ! Entre conte et histoire contemporaine, nous voyageons aujourd’hui dans les steppes du Kazakhstan, avec ce roman écrit en 2011 par l’ouzbek Hamid Ismaïlov.

Alors qu’il voyage en train depuis des jours au milieu des plaines du Kazakhstan, le narrateur de cette histoire rencontre dans son wagon un jeune musicien de génie. Alors qu’il ne semble avoir que douze ans, il joue des airs classiques au violon qui ravissent tous les voyageurs. Mais ce garçon n’est plus un enfant, même s’il semble encore l’être… Il a vingt-sept ans et s’appelle Yerzhan, et va raconter au narrateur son histoire : sa naissance accidentelle, son enfance dans un relais de chemin de fer où ne vive que trois familles, son amour pour sa voisine Aisulu… et son don pour la musique ! Tout cela semblerait paradisiaque si ces steppes du sud de l’URSS n’étaient pas secouées par des essais de bombes atomiques, dans le but de surpasser en puissance les Etats-Unis !

Voici donc une lecture rapide, onirique sans être trop surréaliste… Et même parfois amusante quand on imagine l’envie de vaincre les USA que pouvaient avoir les soviétiques de toutes les provinces d’URSS. Mais à quel prix ? La steppe desséchée où règne un silence de mort après chaque essai de bombe, les villes pulvérisées, les lac rendus stériles, les zones interdites… et des familles entière décimées par des cancers et autres maladies. Ici si rien n’est explicitement décrit, on sent l’odeur de la mort et de la maladie, que nient ou ne ne voient pas objectivement les protagonistes de cette histoire… ce qui donne une petite impression de malaise. Et les bombes ne sont finalement qu’un secret entre tant d’autres, comme notre jeune héros le découvrira. Une famille où tous vivent les uns à côté des autres à forcément des zones d’ombre…

Ces petits désagréments sont cachés par la bonne humeur des enfants Yerzhan et Aisulu, leurs jeux, leurs trajet jusqu’à l’école avec leur mule… Ce portrait d’une famille à cheval entre tradition et modernité est assez intéressante, même si on reste sur des impressions, comme des touches de couleurs brossées ça et là.

Un court roman interessant, mais qui ne m’a pas plus emballé que ça. Trop court peut être ? Où alors je n’ai pas été séduite  par la poésie des plaines kazakhes ?

En tous cas, ce roman va me permettre d’avancer un peu dans le challenge Petit BAC pour la ligne lieu !

Dans les eaux du lac interdit d’Hamid Ismaïlov
Éditions Denoël
Traduction : Heloïse Esquié
2015 – 126 pages

petit-bac-2015

« Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés » d’Arto Paasilinna

Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimésPour le partenariat Denoël du mois, nous partons en voyage dans les plus improbables dictatures du monde. Un moyen pour moi de découvrir Arto Paasilinna, prolifique auteur finlandais.

En plein milieu des années 80 en Finlande, Viljo Surunen est professeur de philologie et fréquente Immonen une musicienne, membre comme lui d’Amnesty International. Malgré leurs lettres de protestation auprès du dirigeant du Macabraguay, ce dernier refuse de relâcher leur filleul de combat, un professeur d’université, prisonnier politique depuis 6 ans.
Surunen va donc prendre les choses en main et se rendre en Amérique du Sud pour  aller libérer lui même le pauvre prisonnier. Son aventure va le conduire au Macaraguay, une sinistre dictature capitaliste soutenue par les Etats-Unis. Sur son chemin il passera aussi dans les territoires communistes tels Moscou et la Vachardoslavie. Combien d’opprimés Surunen pourra-t-il libérer ?

De part son humour à peine retenu et ses situations cocasses, voire surréalistes, ce livre m’a rappelé ceux de Tom Sharpe. Il faut par dessus cela rajouter une couche de critique sociales et politique, qui flirte parfois avec le symbolisme.
La trame de l’histoire n’est pas déplaisante. On s’amuse des situations folkloriques dans ces dictatures capitalistes et communistes… où forcément l’une n’est pas vraiment mieux que l’autre. Tout est une affaire de style  et de curseur !

Pas le gros coup de coeur, mais pas non plus une déception… je ne suis pas rentrée dans le délire du récit peut-être. Un bon livre pour passer le temps, qui ravive nos bons vieux souvenir des années 80 et des blocs idéologiques qui s’affrontaient en ce temps.

Merci Denoël pour cet envoi !

Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés d’Arto Paasilinna
Éditions Denoël & d’ailleurs
Traduction : Anne Colin du Terrail
2015 – 336 pages

« Flûte, flûte et flûtes ! » d’Isaac Asimov

flute, flute et flutePour la lettre A du challenge ABC j’ai fait dans le classique : un bon vieux recueil de nouvelles du pape de la SF. Il faut dire que ce n’est pas ce qui manque dans le genre, rien qu’en France il y a plus de vingt ouvrages de ce type écrits par Isaac Asimov !

Dans Flûte, flûte et flûte !, chaque nouvelle s’insère au milieu d’une explication de l’auteur lui-même, mêlant autobiographie et histoire de la conception de la nouvelle. C’est pour moi le gros intérêt de ce recueil : on en apprend un peu plus sur Asimov, ses relations avec ses éditeurs, sa vie familiale, son travail de professeur, l’écriture de ses livres de vulgarisation scientifique… Bref, on s’aperçoit qu’Isaac Asimov était un vrai chercheur doublé d’une personnalité d’artiste ! En plus ces petits textes d’introduction mettent bien en avant son sens de l’humour, et son esprit taquin.

Les nouvelles en revanche ont assez peu d’intérêt je trouve. Le concept du recueil est celui-ci : réunir des textes rarement publiés. Bon, on comprend un peu pourquoi il n’ont eu qu’une seule édition dans des magazines de science-fiction dans les années 50 ! Enfin j’exagère une peu : les nouvelles sont souvent bien écrites, plaisantes parfois… mais ça n’est pas du grand Asimov.
Il est tout de même intéressant de prendre du recul et de redécouvrir les questions que l’auteur se posait sur les technologies atomiques, comme dans La Pause où du jour au lendemain toute trace du nucléaire  disparaît de la Terre, que ce soit les gisement d’uranium, les textes sur la question, ou encore la mémoire humaine sur le sujet…
La nouvelle Tous des explorateurs est sympa aussi, car elle pose la question des voyages sur des autres planètes, et des motivations des extra-terrestres à nous accueillir sur leur sol…

Bref, une lecture pas désagréable mais pas inoubliable !

ABC-2015

 

« Lignes de vie » de Graham Joyce

Lignes de viePour le partenariat Folio de janvier, je n’ai pas fait de folies : un roman de la collection Folio SF, histoire de me plonger dans un monde un peu plus fantaisiste que celui dans lequel nous nous ébattons chaque jour.

Conventry, en Angleterre, juste après la Seconde Guerre Mondiale. Cassie, jeune mère célibataire d’un tout petit bébé doit le faire adopter par une parfaite inconnue… Mais elle ne veut pas l’abandonner ! C’est donc elle, et sa famille composée de sa mère Martha et de ses six sœurs, qui élèveront le jeune Frank ! En effet, Cassie a des absences, ce qui la rend très imprévisible. Durant ces périodes de folies, elle voit entre autres les esprits des morts
Élevé tour à tour par ses différentes tantes et leurs maris, Frank va grandir dans une ferme, au milieu d’un cercle spirite, dans une maison communautaire, chez un embaumeur…
Mais la question que Martha se pose, c’est de savoir si Frank a hérité du don de Cassie… qu’elle a elle-même ! Les fantômes lui feront ils du mal ? Ou lui révèleront-ils l’avenir à l’aide de signes sibyllins, comme ils le font avec elle ?

Je m’attendais un peu au pire à voir les commentaires de certains sur les forums et blogs, mais finalement, ce livre n’est pas si désagréable. La vie de Frank est surréaliste, surtout à la vue de sa famille très hétéroclite ! A la limite un peu trop « Garpesque »… Après j’avoue, il y a pas mal de longueurs, et assez peu de rebondissement ou de suspense. Et le personnage de Cassie la mère nymphomane complètement hallucinée  m’a un peu laissée dubitative… Bref, une histoire de famille un peu pimenté par la présence de fantôme et d’épisodes maniaques.
Enfin l’avantage de ce roman, c’est aussi pour moi de me plonger dans un lieu et une période de l’histoire que je connaissais mal : la Guerre 39-45 en Angleterre, où les villes ont été bombardées sans relâche par les Allemands… J’avais plutôt une vision Franco-Française du drame, venant moi-même de Normandie, et de m’apercevoir des dommages sur cette île donne une autre ampleur à ce conflit…

Bon, c’est sûr, ce n’est pas le genre de lecture que je conseillerais à des fans du genre, mais franchement, ce livre m’a parfois fais passer de bons moments dans le métro !
Merci à Folio tout de même 🙂

 

« Ariosto furioso » de Chelsea Quinn Yarbro

Ariosto furiosoPas évident de trouver un auteur de fantasy ou SF dont le nom commence par un Y, afin de remplir le contrat du Challenge ABC des Littératures de l’imaginaire ! Mais finalement, en cherchant, on fini bien par trouver !
Je m’attendais à du très bon au vues des critiques sur Internet, mais je dois avouer que je ne sais pas du tout quoi penser de ma lecture ! Entre roman historique dans une Renaissance italienne alternative, fantasy, et drame romantique, ce livre édité aux Etats-Unis en 1981 mélange les genres mais ne m’a pas totalement emballée.

Firenze, en 1533 : Lodovico Ariosto est le poète et ami de Damiano de Medici, primero de l’Italia Federata. Dans la vie, il se trouve en plein milieu de conflits politiques et religieux visant son maître, et il doit aussi veiller sur sa famille…
Mais grâce à sa nouvelle œuvre, la suite de son Orlando furioso, il peut s’échapper d’un quotidien compliqué, où il n’est finalement pas grand chose. Dans sa « fantasia » il devient un guerrier héroïque ! Connu et adulé de tous, volant sur son hippogriffe, il part au secours de son amis Falcone et du peuple du Nouveau Monde, les Cerrochis, qui se battent contre un sorcier malfaisant et son armée de monstres.

Ce roman à donc la particularité d’alterner chapitres après chapitres la réalité et la fiction, le monde de Firenze et celui des Cerrochis.
J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans le récit… Au moins la moitié, et encore, je n’ai pas réussis à apprécier la partie fantasy du roman, très épique et grandiloquente. Même en le prenant au second degré je n’ai pas trouvé ça amusant… Bref, trop indigeste pour moi… même s’il peut parfois être amusant de relever dans la fiction les éléments issus de la réalité de Lodovico.
Pour la partie narrant la réalité, les querelles politiques entre les branches aînées et cadettes des Medici, les guerres de religions ente le pape et les anglais, les histoires d’espionnage… ne m’ont pas du tout intéressés. C’est pourtant le cœur de l’intrigue qui va naître sur la fin du roman : pourquoi et comment l’Italia Federata et Damiano vont être mis en porte-à-faux… et par conséquent Lodovico.
Sur la toute fin j’ai commencé à apprécier le roman, car l’histoire d’amitié entre Lodovico – faible et insignifiant poète au milieu des jeux de pouvoir – et Damiano – dirigeant vieillissant et acculé – devient vraiment touchante… avec une touche d’héroïsme un rien surfait, mais sincère.

Une découverte vraiment en demi-teinte… Je reconnais les qualités du roman, mais je ne suis pas totalement convaincue, car je n’ai pas pris de plaisir à le lire les trois quarts du temps. Peut-être parce que je ne connaissais pas du tout cette période de l’histoire ? Ou alors parce que je n’ai jamais lu Orlando Furioso ? « Bien mais pas top » en somme !

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Les plus qu’humains » de Theodore Sturgeon

Les plus qu'humainsNouvelle lecture d’un classique de la science-fiction pour le challenge ABC de littératures de l’imaginaire. Je me suis laissée tentée un peu par hasard par ce recueil de trois longues nouvelles éditées entre 1952 et 1953, Les plus qu’humain, de Theodore Sturgeon. .
Au final une lecture qui me laisse un peu perplexe… Mais qui est sans nul doute une œuvre majeure du genre.

L’Idiot vit seul dans les bois, se nourrit comme une bête, ne connaît pas les sentiments… Mais il peut hypnotiser d’un regard. Janis a 6 ans a des pouvoirs télékinésiques qui effraient sa mère, alors que les petites jumelles Beany et Bonnie peuvent se téléporter comme elles le souhaitent. Bébé, le petit dernier, est peut être un mongolien mais il est doté d’une intelligence qui dépasse tout ce que l’humanité a jamais imaginé.
Ce groupe de « monstres » va se retrouver sous la protection de l’Idiot dans sa cabane dans la forêt, et vivre comme un seul individu : l’« homo gestalt », l’homme de demain, le surhomme ! L’un est la tête, l’autre les bras, l’autre son cœur… Et ensemble ils peuvent réaliser de grandes choses !

Plus qu’un simple recueil de nouvelles, il me semble qu’il s’agit d’un roman sous forme d’un triptyque : le premier récit brosse le tableau et installe l’histoire des personnages, le second à la première personne raconte la psychothérapie du nouveau membre du gestalt, Gerry, et le troisième volet les relations entre cette entité et l’humanité.
Beaucoup de questions se posent en lisant ce livre… Loin d’être des super-héros, les membres de ce regroupement de freaks vit pour lui, sans s’inquiéter de la société humaine… et ils y arrivent très bien ! Mais a y regarder de près, ce type de relation symbiotique est assez effrayant. Chaque partie dépend des autres pour vivre : par exemple seule Janis comprend ce que Bébé pense, et sert de traductrice au reste du groupe. Sans elle, plus le reste du groupe n’a plus accès à l’intelligence de Bébé.
Lorsque l’homo gestalt vit en reclus, tout se passe bien… Mais si « sa tête » désire plus de pouvoir, c’est toute notre société qui est en danger. En effet, sans sens moral, il devient un être tout puissant pouvant nous écraser comme des cafards… Comment lui faire comprendre ce qu’est la moralité et l’éthique, lui qui a toujours vécu seul ?

Bref, si j’ai apprécié une partie des questionnements de cette SF, j’ai eu une lecture un peu en dents de scie. Je n’ai pas été emballée par la première partie qui m’a immédiatement fait penser à un conte de fée, dans sa structure et ses motifs. Par la suite, le côté très orienté psychologie, avec beaucoup de références techniques et scientifiques m’ont un peu laissé au bord du chemin. Un roman assez ardu à lire finalement !

Mais bon, je ne peux pas dire que je n’ai pas aimée, mais je n’ai pas été totalement emballée. Ce roman fait donc parti de ces livres qu’il faut avoir lu et qu’on est content d’avoir parcouru… Mais que je suis bien contente d’avoir refermé 😉

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Citoyens au-dessus de tout soupçon… » de Raphaël Confiant

Citoyens au dessus de tous soupçon...Opération roman policier pour le partenariat Folio d’avril… Et pas n’importe quel roman policier ! Ici l’enquête se déroule en Martinique ! On est loin de l’ambiance sombre de nos villes… Mais rassurez-vous, l’atmosphère n’en est pas moins sordide, même sous le soleil des Antilles !

Jack Teddyson est détective privé à Fort-de-France, profession peu lucrative sur une île où tout le monde connaît tout le monde…  Ambiance insulaire oblige ! Mais une enquête peu commune va arriver sur son bureau : Irmine Ferdinand, veuve de Sésostris Ferdinand, lui demande de rechercher qui a tué son mari. Ce dernier a été retrouvé castré et assassiné chez une prostitué dominicaine… Et la police a fermé le dossier, faute de preuves. Crime crapuleux ? Vengeance du mac de la belle ? A moins que Sésostris ait baigné dans des affaires louches de jeux ? Et les symboles vaudou peint sur le mur de sa dernière chambre ont-ils un sens ?
Aidé par son ami l’inspecteur Maxence, Jack va devoir mener son enquête dans les milieux peu recommandables de la Martinique : ceux des jeux clandestins, de la prostitution, de la drogue, et de la politique !

Malgré l’utilisation de la langue créole, on est loin de l’image d’Épinal de la Martinique touristique !
Jack Teddyson parle le français assez alambiqué, qui m’a rappelé le terroir martiniquais que j’ai approché en décembre dernier lors de mes vacances dans la campagne de l’île… C’était assez sympa pour ça. L’utilisation du créole, toujours traduit, permet de faire encore plus « couleur locale ». On découvre aussi Fort-de-France d’une autre manière, même si la ville laisse rapidement percevoir « en vrai » tout ses travers quand on la visite.
Jack est un vrai cliché vivant du mâle antillais, qui ne veut pas se mettre en couple et qui tire à droite à gauche… A cause de ça peut être, j’ai eu assez peu de sympathie pour ce personnage et ses conquêtes, telle Francelise, qui semble avoir un popotin plus gros que son cerveau.
L’enquête en elle même rebondit un peu trop à mon goût, pour finir par atterrir là où on l’escomptait… Ça n’est donc pas le côté « policier » qui fait l’intérêt du roman pour moi.

Une lecture sympathique, mais pas inoubliable
Malgré tout, merci à Folio pour m’avoir permis de découvrir cet auteur !

« Le monde selon Garp » de John Irving

Le monde selon GarpIl fallait vraiment que j’apprécie La Chèvre Grise pour accepter cette lecture commune avec elle : Le monde selon Garp de John Irving, un livre qu’on a plus besoin de présenter à en croire son nombre de fans ! Je ne peux pas parler de ce livre sur Twitter ou au bureau sans que quelqu’un rapplique pour lancer « C’est mon roman favori ! », « J’adore cet auteur »… Et moi de répliquer que j’ai été traumatisée par  les ours de L’hôtel New Hampshire l’année dernière…

Dans ce roman nous suivons les pérégrinations et réflexions de S. T. Garp, depuis sa procréation… Sa mère Jenny Fields, infirmière célibataire endurcie, était déjà un personnage assez atypiques dans les années 40. Mais son fils Garp va avoir lui aussi une vie peu ordinaire !
Pour plaire à la fille de son entraineur de lutte au lycée, Helen, qui est une dévoreuse de livres, il décide de devenir écrivain. Et il y arrive ! Entre épopée familiale, drames, moment beaucoup plus légers, les affres de la création, le tout sur fond de luttes féministes et de problèmes de couples… et de bien d’autres choses encore. Garp va croiser toute une panoplie de personnages sympathiques ou antipathiques, qui vont rendre sa vie riche et pleine de rebondissements… et surtout lui inspirer ses romans.

Bonne nouvelle, j’ai apprécié les aventures de Garp, même si le personnage en lui-même m’exaspère. Grosse avancée par rapport à mon dégout de la famille de L’hôtel New Hampshire ! Mais un ou deux trucs me gênent tout de même…
D’abord le côté auto-fiction ou autobiographique de Garp par rapport à Irving… Je ne savait pas si Garp était son « avatar » dans ce récit, mais le choix d’utiliser des motifs déjà vus dans L’hôtel New Hampshire m’ont fortement laissé penser cela : Vienne, les ours, les prostituées, les relations hommes / femmes, le viol, les morts accidentelles… En plus Garp est écrivain, si ça n’est pas une projection 😉
Dans les faits ce récit semble effectivement mêler la réalité de la vie d’Irving et fiction. Comme Garp, Irving romance son quotidien, et se sert peut-être de cette histoire pour exorciser ses craintes et ses doutes.
Finalement j’ai souvent eu l’impression de lire un livre avec pour thème l’égocentrisme, que ce soit celui de Garp ou en poussant plus loin celui de John Irving…

Autre point qui m’a gêné, c’est que j’ai trouvé certains passages longs, voir trèèèès longs. Certes ce roman ne se lit pas vite, et la plume et l’humour de l’auteur s’apprécient lentement… 2 semaines et demie pour le lire, pour moi c’est rare ! Mais ce qui me dérange c’est d’avoir eu l’impression de buter et d’être embourbée dans des pans énorme du livre. En fait j’ai eu l’impression de vraiment commencer à l’apprécier à la moitié.

Bilan en demi-teinte pour moi… Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé ce roman, qui est très bien écrit, parfois drôle, parfois dramatique… et l’auteur saute de l’un à l’autre en un clin d’oeil ! Je comprends que beaucoup de lecteurs aiment cet auteur aussi, qui a une imagination débordante et fascinante… un rien baroque et excessif ! Mais le temps m’a parfois semblé long tout de même en compagnie de ces personnages… Bref, John Irving n’est peut être pas fait pour moi !

Au passage, je vais utiliser ce titre pour valider l’entrée « Prénom » du challenge Petit BAC 2014 ! 😉

Challenge petit bac 2014