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« Les Geôliers » de Serge Brussolo

ILes Geoliersl y a quelques semaines, Folio m’a proposé de faire partie du Club des lecteurs SF… les statistiques ne mentent pas, je demande majoritairement des romans de science-fiction, d’horreur ou de fantasy lors des partenariats. Bref, pas facile de faire un choix sur le programme 2017 proposé par Folio… Mais s’il y a un Brussolo, je fonce !
J’avais bien aimé la série de l’Agence 13 (Les yeux jaunes du chat, Ceux d’en bas, Dortoir Interdit…), ainsi que ses nouvelles de SF comme Trajets et itinéraires de la mémoire. Les Geôliers est complétement dans cette veine, mi thriller, mi fantastique, un peu SF.

Il y a 15 dans la petite ville de Dipton, Debbie Fevertown commettait un crime qui défraya la chronique : elle assassinait son mari et ses deux fils, les coupait en morceaux et prenait la fuite pour disparaitre. Aujourd’hui, Jillian, scénariste, est embauchée par un enfant terrible du cinéma underground, Dieter Jürgen. Celui-ci veut réaliser un film sur le meurtre, sur le lieu même du crime à Dipton. Jillian va enquêter sur le carnage, et rapidement s’apercevoir que tout n’est pas si clair. Réputée folle et ayant un penchant pour la chasse aux extra-terrestre,  Debbie aurait été la tête de turc de la ville entière. Dipton serait en fait une ville-secte, ou le mari de Debbie y avait un rôle de leader… Aurait-elle agit pour se protéger ?

Cette petite mise en bouche ne représente en fait qu’un quart du roman. L’enquête est vite bouclée, pour laisser place à l’action : tournage à Dipton, relations tendues avec la population… et très rapidement, le fantastique prend toute la place. L’univers me rappelle beaucoup le concept de l’Agence 13 et de ses paradis inhabitables.
Dipton est une petite ville américaine coupée de tout, au milieu d’une grande forêt. La tradition veut que les habitants ne possèdent pas de technologie postérieure au début du 20ème siècle. Pas de télé, pas d’internet ni de réseau mobile… De plus à Dipton, les arbres sont vénérés, un peu comme dans la religion wikka. Et que penser du bucher érigé au milieu de la ville ? Bref, on sent que les habitants ne sont pas nets. Mais finalement, les choses ne seront pas si simples. Les diptonniens, vrais méchants ou des gentils incompris ?

Pour être honnête, j’étais très emballée par le début de ma lecture… mais le passage dans un monde totalement fantastique, limite psychadélique, m’a un peu laissée perplexe. Pourtant les personnages sont plutôt pas mal, et l’univers m’a assez plu. Mais la complexité du monde, qui ressemble par moment à une superposition d’élément SF et de fantasy, manque un peu de cohérence.

Un avis assez mitigé, mais j’ai globalement aimé ma lecture. Les fans de Serge Brussolo passeront un bon moment, j’en suis persuadée !

Au passage, une lecture pour le challenge ABC 2017 🙂

abclogoshadow

« La Panse » de Léo Henry

La PansePour le partenariat de janvier Folio, j’ai choisi La Panse… Un titre énigmatique, dans la collection SF, par auteur français… et une édition directement au format poche. Habituellement, ce détail me ferait peur. Il faut dire que dans le domaine de l’audiovisuel les sortie directement en DVD sans passer par la case cinéma laisse présager le pire. En va-t-il  aussi ainsi dans le domaine littéraire ?

Bastien Regnault, au chômage et vivant à Paris en 2016 n’a pas de nouvelles de sa sœur Diane depuis plusieurs mois. Militaire, elle a habitué sa famille à ne pas donner de nouvelles régulièrement, mais refait toujours surface au bout de quelques mois. Elle ne va plus travailler, son numéro de téléphone est désactivé… elle a disparu. En fouillant auprès de son dernier employeur et en piratant sa boite mail, Bastien retrace les dernières activités de Diane, et découvre par hasard l’existence de la Panse.
Il s’invite à un de leur événement à La Défense. La Panse de premier abord à tout d’une société secrète… mais alors, qu’y fait sa sœur ? Pour le découvrir, Bastien va devoir se fondre dans ce groupe

Voici une enquête contemporaine bien ficelée et assez réaliste. Je ne suis pas du tout habituée à lire des roman français et contemporain, du coup c’était amusant de revoir des lieux de mon quotidien parisien : La Défense, la Place des Fêtes…
La première moitié du roman est assez intéressante, lorsque Bastien enquête sur la disparition de sa soeur, et rentre dans le système de la Panse, pour découvrir ce qui ressemble à une secte. Vie en communauté, travail harassant, séances de méditation de groupe, usage de drogues…
La seconde partie rentre un peu plus en profondeur dans les rouages de cette institution, et c’est malheureusement là que ça dérapeLe final m’a assez déçu, à la fois attendu et à la fois « what the fuck? ». Mais je ne vais pas en dire plus !

Bref, un livre qui se lit très vite, assez prenant, vite avalé en un gros voyage en train. Pas exceptionnel, mais correct pour nous tenir en haleine quelques heures.

Un roman pour le challenge ABC !

abclogoshadow

 

« La musique du sang » de Greg Bear

La musique du sangVoici une lecture typique de challenge : pour la lettre B du challenge des littératures de l’imaginaire, je me suis décidée à piocher dans ma PAL à rallonge en science-fiction. Avis mitigé, sur ce roman de hard SF… mais au moins, je peux rayer un livre de ma liste de livre à lire !

Chercheur en biologie dans une firme pharmaceutique de pointe en Californie, Vergil Ulam ne peut pas se résoudre à ne travailler que sur les projets de son entreprise. Pour lui, l’avenir n’est pas dans les nano-puces qui pourront soigner le corps humain, mais dans les cellules humaines transformées en micro-ordinateurs. Et ses expériences interdites marchent tellement bien qu’il arrive à créer des cellules intelligentes, des supers leucocytes, qu’il se voit contraint de s’auto-injecter pour ne pas les voir détruites lorsqu’il est licencié.
Contrairement à ce qu’il pensait, les leucocytes manipulés par ses soins survivent dans son organisme, et commencent à modifier son corps, ses goûts et envies… jusqu’à lui parler ! Devient-il fou ? Ces cellules vont-elles agir comme des virus, et tenter de se reproduire pour explorer l’univers hors de son corps ? Qu’est ce qui pourrait arrêter ces cellules intelligentes, capable d’agir de concert et de s’adapter à toutes les situations ?

Si ce pitch de départ est très alléchant, un brin branché sciences dures, mais tout de même compréhensible… il m’a semblé beaucoup moins attrayant au bout d’un moment. Un quart du livre est dédié à la découverte des cellules intelligentes, à comment Vergil va appréhender la chose, essayer d’en parler à des collègues… Ensuite, on perd de vue cet aspect mystérieux pour attaquer vraiment des concepts de hard SF qui m’ont un peu laissé de côté, tout en évoluant dans un univers très fantastiques, difficilement concevable. Seul le concept de cellule comme porteuse de mémoire de nos aieux m’a un peu fait rêver, mais n’est pas assez exploité à mon goût.
Bref, je n’ai pas vraiment apprécié les trois quart du livre
Sans être détestable, ou ennuyeux, il a manqué quelque chose pour m’emballer. Sous certains aspects, ce roman m’a rappelé L’œuf du dragon de Robert L. Forward : une plongé dans le monde de l’incroyablement petit, la découverte de civilisations là où on ne les attend pas, les tentatives de communication avec elles… Sauf que ce dernier était plus axé story-telling, accessible, et avait une touche d’humour qui manque totalement à La musique de sang.

Un roman que j’aurai du mal à conseiller, sauf aux amateurs du genre. Un avis mi-figue, mi-raisin… typique des roman qui partent super bien, et s’essouflent avant la fin. Dommage !

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« Sans parler du chien » de Connie Willis

Sans parler du chienS’il y a un roman de science-fiction contemporain qui fait office de classique, c’est bien Sans parler du chien, écrit en 1997 par Connie Willis. Prix Hugo et Locus, des commentaires dytirembiques sur les forums et sites de lecture… Je ne pouvais pas passer à côté plus longtemps !
Voilà pourquoi il était dans ma liste du challenge ABC cette année. Au passage La chèvre grise qui en avait aussi entendu que du bien avait envie de le lire et m’a proposé une lecture commune.
Si bien que ça alors ? Et bien peut être pas 🙁

Ned Henry est historien à Oxford dans un futur proche. Dorénavant les historien ne font pas qu’étudier les traces du passé : ils voyagent dans le temps pour les constater de visu !  Pour le compte de Lady Shrapnel, Ned va parcourir le passé, afin de réaliser le rêve de celle-ci :   reconstruire à l’identique la cathédrale de Coventry, détruite par un bombardement lors de la Seconde Guerre Mondiale. Pour que le bâtiment soit parfait pour son inauguration, il ne manque que la potiche de l’évêque, disparue sous les bombes. Cette mission va conduire Ned a voyager dans l’Angleterre de la fin du 19eme siècle. Il devra faire tout son possible pour mettre la main sur la potiche, et essayer de réparer le futur en jouant les marieurs auprès de jeunes gens de la bonne société victorienne.

Ce roman fait parti d’une saga autour de l’université d’Oxford et de ses historiens voyageurs temporels, et en est le deuxième tome. C’est peut être pour cela que j’ai eu du mal à tout caler lors du premier quart du roman… Mais comme j’ai aussi trouvé le dernier quart assez brouillon, je me dis que c’est peut être tout simplement le livre qui est un peu brumeux.
Pourtant une fois dans le coeur de l’intrigue, dans la partie au 19eme siècle, j’ai vraiment bien accroché à l’histoire et ses personnages, que j’ai trouvé très amusants. Il faut dire qu’avec comme adjuvants un bouledogue et une chatte, je ne pouvais qu’aimer 😉
Mais tous le récit qui tourne autour de la réfection de la cathédrale de Coventry m’a beaucoup ennuyée. Les discours scientifiques autour des voyages dans le temps et leurs les décallages temporels m’ont été difficile à appréhender. D’où ce sentiment de chaos au début et à la fin du roman…

Bref, j’ai du mal comprendre l’engouement pour ce roman. Il n’est pas désagréable mais c’est pas un chef d’œuvre ultime non plus… Le mélange des genres, les références à la littérature anglaise à tout bout de champ doit jouer à son succès. Mais je suis tout de même déçue.

ABC-2015

« Les animaux dénaturés » de Vercors

Les animaux dénaturés Petite incursion dans la littérature française moderne pour le challenge ABC avec ce livre paru en 1952, de Vercors. Un classique si on peut dire, qui se situe entre l’ouvrage philosophique et le roman judiciaire… Interessant, mais un poil longuet malgré son faible volume.

En Grande-Bretagne, le journaliste Douglas Templemore se retrouve au coeur d’une des aventure anthropologique du siècle : des scientifiques ont découvert en Asie la mâchoire d’un hominidés qui semble être le chaînon manquant entre le singe et l’homme… Et il s’avère que ces êtres foulent encore le sol des forêts sauvages ! Nommés Parenthropus, et surnommés « Tropis« , il deviennent rapidement le centre d’intérêt des anthropologues, hommes de foi, et aussi d’industriels en mal de mains d’oeuvre. Car ces Tropis semblent avoir un semblant d’intelligence, et surtout une dextérité manuelle indéniable, derrière leur air animal. Sont-ils des hommes ou des singes ? Qui pourra répondre à cette question, et comment ? Surtout quand l’équipe d’étude des Tropis découvre que les croisements entre ces créatures et l’être humain sont possibles

Un roman sympathique dans le sens où il nous questionne sur notre humanité. Difficile en effet de dire nous-même ce qui est humain, et où cela s’arrête, au vu des arguments amenés dans le livre. On retrouve beaucoup d’idées énoncés par Freud, Levis Strauss,… dans la réflexion de Vercors. L’homme est-il déterminé par son âme, son amour de l’art, ses passions pour se hisser au dessus de la nature… ?

Bref, une lecture humaniste intéressante mais sans plus. Courte, fort heureusement !

ABC-2015

 

« L’histoire des 3 Adolf » d’Osamu Tezuka

L'histoire des 3 adolf tome 1Voilà plusieurs années que j’avais dans ma liste à lire ce manga en quatre tomes. L’histoire des 3 Adolf fait figure de grand classique de la BD nippone parue en 1985. J’ai profité qu’un collègue me les prête pour les lire… non sans mal…

En 1936, Sohei Toge, journaliste sportif, est envoyé à Berlin pour suivre les Jeux Olympiques. Son frère qui vit sur place depuis plusieurs mois semble avoir des ennuis… au point d’être retrouvé assassiné ! Lors de son enquête personnelle, Sohei met la main sur des documents que son frère voulait lui transmettre : l’acte de naissance d’Adolf Hitler, qui met en lumière des origines juives ! A partir de ce moment, les services secrets allemands et japonais n’auront de cesse de vouloir mettre la main sur Sohei et ses précieux documents. En parallèle, trois Adolf vont rythmer en fond de toile les mésaventures de Sohei : Adolf Hitler, Adolf Kaufman, le fils d’un diplomate nazi et d’une japonaise, et Adolf Kamil, un juif expatrié au Japon.

Sur ce fond de Seconde Guerre mondiale, je me suis surtout intéressée à l’histoire des deux Adolf japonais. Les deux adolescents que tout oppose, Adolf Kaufman le fils de nazi et Adolf Kamil le juif deviennent amis, envers et contre tous. Le père Kaufman refuse de voir son fils se lier d’amitié avec un juif, et fait tout pour les séparer… jusqu’à l’envoyer dans une école allemande pour ensuite intégrer les Jeunesses Hitlériennes. A partir de là, on le suit une spirale d’horreur, où le jeune Kaufman va apprendre à devenir de plus en plus cruel et extrême… Déroutant et terrifiant.
J’ai moins accroché sur l’histoire de Sohei Toge, qui n’aura de cesse de retrouver puis conserver hors des mains de l’Allemagne les documents compromettants sur les origines juives d’Hitler. Le côté « polar » m’a moins intéressé somme toute que le côté historique.

Côté scénario, je suis assez divisée… je me suis ennuyée par moment, j’ai buté sur la lecture plusieurs soirs. Beaucoup de textes, et des dessins pas vraiment au goût du jour.
En revanche j’ai apprécié de voir cette partie de l’histoire que l’on connait tant passée sous la plume d’un japonais… Ça change un peu notre point de vue !
Plongés au cœur des racines du mal et de la haine, on a un aperçu des méthodes employées pour transformer un individu lambda en tueur sans remords.
Avec la fin du récit qui nous mène bien au-delà de la période de la Seconde Guerre mondiale, en pleine guerre israelo-palestinnienne, on se rend aussi compte de l’effet ricochet des évènements historiques et des liens qui se créent entre eux.

Une lecture intéressante, mais je n’ai pas été hyper emballée quand même… Manque de rythme, dessins très moyens. Bref, je suis un peu déçue même si je comprend en quoi cette oeuvre est un monument !

« Dans les eaux du lac interdit » d’Hamid Ismaïlov

Dans les eaux du lac interditAvec ce court roman, je suis partie bien loin de mes habitudes de lecture, grâce au partenariat Denoël de l’été ! Entre conte et histoire contemporaine, nous voyageons aujourd’hui dans les steppes du Kazakhstan, avec ce roman écrit en 2011 par l’ouzbek Hamid Ismaïlov.

Alors qu’il voyage en train depuis des jours au milieu des plaines du Kazakhstan, le narrateur de cette histoire rencontre dans son wagon un jeune musicien de génie. Alors qu’il ne semble avoir que douze ans, il joue des airs classiques au violon qui ravissent tous les voyageurs. Mais ce garçon n’est plus un enfant, même s’il semble encore l’être… Il a vingt-sept ans et s’appelle Yerzhan, et va raconter au narrateur son histoire : sa naissance accidentelle, son enfance dans un relais de chemin de fer où ne vive que trois familles, son amour pour sa voisine Aisulu… et son don pour la musique ! Tout cela semblerait paradisiaque si ces steppes du sud de l’URSS n’étaient pas secouées par des essais de bombes atomiques, dans le but de surpasser en puissance les Etats-Unis !

Voici donc une lecture rapide, onirique sans être trop surréaliste… Et même parfois amusante quand on imagine l’envie de vaincre les USA que pouvaient avoir les soviétiques de toutes les provinces d’URSS. Mais à quel prix ? La steppe desséchée où règne un silence de mort après chaque essai de bombe, les villes pulvérisées, les lac rendus stériles, les zones interdites… et des familles entière décimées par des cancers et autres maladies. Ici si rien n’est explicitement décrit, on sent l’odeur de la mort et de la maladie, que nient ou ne ne voient pas objectivement les protagonistes de cette histoire… ce qui donne une petite impression de malaise. Et les bombes ne sont finalement qu’un secret entre tant d’autres, comme notre jeune héros le découvrira. Une famille où tous vivent les uns à côté des autres à forcément des zones d’ombre…

Ces petits désagréments sont cachés par la bonne humeur des enfants Yerzhan et Aisulu, leurs jeux, leurs trajet jusqu’à l’école avec leur mule… Ce portrait d’une famille à cheval entre tradition et modernité est assez intéressante, même si on reste sur des impressions, comme des touches de couleurs brossées ça et là.

Un court roman interessant, mais qui ne m’a pas plus emballé que ça. Trop court peut être ? Où alors je n’ai pas été séduite  par la poésie des plaines kazakhes ?

En tous cas, ce roman va me permettre d’avancer un peu dans le challenge Petit BAC pour la ligne lieu !

Dans les eaux du lac interdit d’Hamid Ismaïlov
Éditions Denoël
Traduction : Heloïse Esquié
2015 – 126 pages

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« Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés » d’Arto Paasilinna

Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimésPour le partenariat Denoël du mois, nous partons en voyage dans les plus improbables dictatures du monde. Un moyen pour moi de découvrir Arto Paasilinna, prolifique auteur finlandais.

En plein milieu des années 80 en Finlande, Viljo Surunen est professeur de philologie et fréquente Immonen une musicienne, membre comme lui d’Amnesty International. Malgré leurs lettres de protestation auprès du dirigeant du Macabraguay, ce dernier refuse de relâcher leur filleul de combat, un professeur d’université, prisonnier politique depuis 6 ans.
Surunen va donc prendre les choses en main et se rendre en Amérique du Sud pour  aller libérer lui même le pauvre prisonnier. Son aventure va le conduire au Macaraguay, une sinistre dictature capitaliste soutenue par les Etats-Unis. Sur son chemin il passera aussi dans les territoires communistes tels Moscou et la Vachardoslavie. Combien d’opprimés Surunen pourra-t-il libérer ?

De part son humour à peine retenu et ses situations cocasses, voire surréalistes, ce livre m’a rappelé ceux de Tom Sharpe. Il faut par dessus cela rajouter une couche de critique sociales et politique, qui flirte parfois avec le symbolisme.
La trame de l’histoire n’est pas déplaisante. On s’amuse des situations folkloriques dans ces dictatures capitalistes et communistes… où forcément l’une n’est pas vraiment mieux que l’autre. Tout est une affaire de style  et de curseur !

Pas le gros coup de coeur, mais pas non plus une déception… je ne suis pas rentrée dans le délire du récit peut-être. Un bon livre pour passer le temps, qui ravive nos bons vieux souvenir des années 80 et des blocs idéologiques qui s’affrontaient en ce temps.

Merci Denoël pour cet envoi !

Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés d’Arto Paasilinna
Éditions Denoël & d’ailleurs
Traduction : Anne Colin du Terrail
2015 – 336 pages

« Flûte, flûte et flûtes ! » d’Isaac Asimov

flute, flute et flutePour la lettre A du challenge ABC j’ai fait dans le classique : un bon vieux recueil de nouvelles du pape de la SF. Il faut dire que ce n’est pas ce qui manque dans le genre, rien qu’en France il y a plus de vingt ouvrages de ce type écrits par Isaac Asimov !

Dans Flûte, flûte et flûte !, chaque nouvelle s’insère au milieu d’une explication de l’auteur lui-même, mêlant autobiographie et histoire de la conception de la nouvelle. C’est pour moi le gros intérêt de ce recueil : on en apprend un peu plus sur Asimov, ses relations avec ses éditeurs, sa vie familiale, son travail de professeur, l’écriture de ses livres de vulgarisation scientifique… Bref, on s’aperçoit qu’Isaac Asimov était un vrai chercheur doublé d’une personnalité d’artiste ! En plus ces petits textes d’introduction mettent bien en avant son sens de l’humour, et son esprit taquin.

Les nouvelles en revanche ont assez peu d’intérêt je trouve. Le concept du recueil est celui-ci : réunir des textes rarement publiés. Bon, on comprend un peu pourquoi il n’ont eu qu’une seule édition dans des magazines de science-fiction dans les années 50 ! Enfin j’exagère une peu : les nouvelles sont souvent bien écrites, plaisantes parfois… mais ça n’est pas du grand Asimov.
Il est tout de même intéressant de prendre du recul et de redécouvrir les questions que l’auteur se posait sur les technologies atomiques, comme dans La Pause où du jour au lendemain toute trace du nucléaire  disparaît de la Terre, que ce soit les gisement d’uranium, les textes sur la question, ou encore la mémoire humaine sur le sujet…
La nouvelle Tous des explorateurs est sympa aussi, car elle pose la question des voyages sur des autres planètes, et des motivations des extra-terrestres à nous accueillir sur leur sol…

Bref, une lecture pas désagréable mais pas inoubliable !

ABC-2015

 

« Lignes de vie » de Graham Joyce

Lignes de viePour le partenariat Folio de janvier, je n’ai pas fait de folies : un roman de la collection Folio SF, histoire de me plonger dans un monde un peu plus fantaisiste que celui dans lequel nous nous ébattons chaque jour.

Conventry, en Angleterre, juste après la Seconde Guerre Mondiale. Cassie, jeune mère célibataire d’un tout petit bébé doit le faire adopter par une parfaite inconnue… Mais elle ne veut pas l’abandonner ! C’est donc elle, et sa famille composée de sa mère Martha et de ses six sœurs, qui élèveront le jeune Frank ! En effet, Cassie a des absences, ce qui la rend très imprévisible. Durant ces périodes de folies, elle voit entre autres les esprits des morts
Élevé tour à tour par ses différentes tantes et leurs maris, Frank va grandir dans une ferme, au milieu d’un cercle spirite, dans une maison communautaire, chez un embaumeur…
Mais la question que Martha se pose, c’est de savoir si Frank a hérité du don de Cassie… qu’elle a elle-même ! Les fantômes lui feront ils du mal ? Ou lui révèleront-ils l’avenir à l’aide de signes sibyllins, comme ils le font avec elle ?

Je m’attendais un peu au pire à voir les commentaires de certains sur les forums et blogs, mais finalement, ce livre n’est pas si désagréable. La vie de Frank est surréaliste, surtout à la vue de sa famille très hétéroclite ! A la limite un peu trop « Garpesque »… Après j’avoue, il y a pas mal de longueurs, et assez peu de rebondissement ou de suspense. Et le personnage de Cassie la mère nymphomane complètement hallucinée  m’a un peu laissée dubitative… Bref, une histoire de famille un peu pimenté par la présence de fantôme et d’épisodes maniaques.
Enfin l’avantage de ce roman, c’est aussi pour moi de me plonger dans un lieu et une période de l’histoire que je connaissais mal : la Guerre 39-45 en Angleterre, où les villes ont été bombardées sans relâche par les Allemands… J’avais plutôt une vision Franco-Française du drame, venant moi-même de Normandie, et de m’apercevoir des dommages sur cette île donne une autre ampleur à ce conflit…

Bon, c’est sûr, ce n’est pas le genre de lecture que je conseillerais à des fans du genre, mais franchement, ce livre m’a parfois fais passer de bons moments dans le métro !
Merci à Folio tout de même 🙂