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« Contes à l’encre de la nuit » de Thomas Owen

Contes à l'encre de la nuitContes à l’encre de la nuit de Thomas Owen… ce livre doit être dans ma liste à lire depuis bien 3 ans. Des écrivains dans le domaine du fantastique, dont le nom commence par la lettre O, ça ne courent pas tant les rues que cela !
Enfin, voilà c’est fait ! J’ai acheté, lu et refermé ce recueil de nouvelles parues entre 1945 et 1966, qui oscillent entre fantastique et épouvante. Et je crois qu’il ne va pas me laisser un souvenir impérissable…

Pour faire simple, la majorité de ces courtes nouvelles tournent autour d’histoires de fantômes, du point de vue de témoins de ces phénomènes paranormaux. Dans leur quotidien, que ce soit lors de promenade ou dans une maison, ils vont faire une rencontre ou découvrir un fait perturbant… qui va s’avérer après enquête être un esprit en errance (surprise !).

Après avoir lu des monuments du fantastique et de l’horreur (Lovecraft, Edgar Alan Poe, Hawthorne, H. G. Wells…), où la tension monte crescendo dans une ambiance toujours plus sombre, et où les idées mêmes d’apparitions spectrales glacent le dos… Ben ici je suis restée sur ma faim ! C’est bien écrit, on sent une pointe d’humour et tout… mais franchement, quel ennui !

J’aurai du me fier à l’édition : Zone J de Mijade est la collection pour jeunes ados de 9 à 15 ans. Ben, voilà, tout s’explique ! Je suis tombée sur de la littérature pour enfants… Enfin je ne voudrais pas dire, mais à cet âge j’avais lu Le Horla et Les contes de la Bécasse de Maupassant, quand même plus flippants… de mémoire 😉

Bref, vite lu, vite oublié ! Pas franchement mauvais, mais vraiment pas essentiel pour moi !
Heureusement, il me permet de remplir mon objectif pour le Challenge ABC des Littératures de l’Imaginaire.

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Malpertuis » de Jean Ray

MalpertuisÇa faisait un moment que j’attendais une occasion de lire un roman du maître du fantastique belge, Jean Ray… Depuis 2010 pour être précise : j’avais découvert cet auteur lors du challenge belge, mais je n’avais pas pris le temps de lire une de ses œuvres. C’est chose faite maintenant, avec Malpertuis, roman édité en 1943, qui fais figure de classique dans le genre des histoires de maisons maudites ! Grâce au challenge ABC – Littératures de l’Imaginaire, j’avance enfin en profondeur dans ma PAL 😉

Le narrateur et éditeur de cet ouvrage a compilé plusieurs textes qu’il a retrouvé dans un monastère, et qui traitent de la maison de Malpertuis et des mystères qui l’entourent… Cette demeure semble être hantée par des créatures démoniaques !
Le coeur de ce recueil, c’est surtout le récit du jeune Jean-Jacques Grandsire… Et son histoire fait froid dans le dos ! Lui et sa famille élargie héritent du grand-oncle Cassave de la lugubre maison de Malpertuis… Mais a une condition : toute la famille doit venir vivre dans cette demeure. Le dernier couple vivant dans ces murs héritera de la fortune du richissime oncle… En revanche celui qui quittera la maisonnée n’aura le droit à rien !
Très rapidement, l’ambiance familiale devient pesante, et pour ne rien arranger des esprits malins effraient ses habitants : bruits dans le grenier, bougies qui s’éteignent toutes seules… D’où viennent ces créatures ? Qui seront les deux survivants de cette étrange famille ? Pourquoi Cassave a tant insisté pour que tous viennent vivre à Malpertuis ?

Si l’histoire peut sembler classique au premier abord, comme toute histoire de maison hantée, la manière dont le récit est construit par succession de témoignages et sa conclusion inattendue en font un roman clé du genre !
On est vite pris dans cette histoire sombre, et on essaye de deviner la nature de Malpertuis et de ses démons… Le passage d’un narrateur à l’autre permet de suivre l’histoire dans sa globalité, et rend le récit plus dynamique.
En bref, j’ai passé un bon moment avec ce livre, qui n’est pas sans rappeler l’ambiance gothique des romans de Edgar Alan Poe ou de H. P. Lovecraft !

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Les combustibles » d’Amélie Nothomb

Pour ne pas changer, entre deux vagues de gros livres ou pavés, un petit Amélie Nothomb histoire d’avancer ma PAL de cet auteur… J’ai tous ses romans à la maison, ça serait dommage de ne pas faire un carton plein sur cet auteur !

J’ai pris une fois encore un de ses livres au hasard dans mon étagère, Les combustibles, qui était suffisamment petit pour me durer un aller – retour en métro, histoire d’attendre ma livraison de lecture de challenge par Petite Fleur.

Il s’agit d’une pièce de théâtre, c’est la première fois que je lis ce format de livre chez Amélie Nothomb, et d’après ce que je sais, elle n’a rédigé qu’un seul texte dans cet optique. Les combustibles a été écrit en 1994, soit son 3ème livre paru.

C’est la guerre : les Barbares assiègent la ville depuis plus d’un an, bombardent la ville et tirent sur les civils qui sortent de chez eux, il n’y a presque plus rien à manger, et c’est l’hiver, il fait froid… C’est dans cette atmosphère plutôt sinistre que se dresse le tableau de la pièce. Elle se déroule dans un lieu unique, chez le personnage appelé « le professeur« . Parce que c’est la guerre, il a accueillit son assistant à l’université, Daniel, puis la petite amie de ce dernier, Marina… Dans ce huis clos, les tensions vont très vite s’installer. Marina ne supporte plus le froid, hors, il n’y plus rien à brûler pour faire chauffer le poêle, à part les livres du professeur
Vont ils brûler les livres ? Quels livres le professeur choisira t’il en premier pour ces autodafés ? Quels livre brûlera t’il en dernier ? Cela nous pose plein de questions sur l’humanité, la valeur de l’art, l’espoir…

Je ne suis pas fan de pièces de théâtre en lecture, je n’ai pas pris de plaisir particulier à lire ce livre. Il est intéressant néanmoins et nous soulève pas mal d’interrogations
A lire pour les fans d’Amélie Nothomb, mais il est clair que ça n’est pas le livre que je conseillerai à quelqu’un qui veut découvrir l’auteur.

« Le sabotage amoureux » d’Amélie Nothomb

Un Amélie Nothomb comme moyen de transition entre deux lecture… de quoi me confirmer que ses livres sont des objets de voyage, formaté pour un déplacement en train ou métro… Lu rapidement, parfois oubliés aussi vite, mais qui laissent toujours quelques traces dans l’esprit (à coup de « – Mais si, tu te souviens, c’est celui où elle parle de deux nanas », « – Ah ça n’est pas celui avec le mecs tueur à gage ? »…).

Tout cela pour dire qu’en attendant ma livraison de lecture obligatoire ce matin (La voie du sabre de Thomas Day, pour notre challenge littéraire au bureau), j’ai attaqué hier soir un petit livre, ce roman (pseudo ?) autobiographique qu’est Le sabotage amoureux. Il s’agit du second roman d’Amélie Nothomb, écrit en 1993.
Elle nous raconte un épisode que l’on voit plus rapidement dans la Biographie de la faim : son séjour entre 1972 et 1975 en Chine, alors qu’elle a environs 6 ans.
Dans cet épisode de sa vie, elle nous fait découvrir la vie de la bande d’enfants dont elle faisait parti dans le ghetto de San Li Tun à Pékin, où vivent les étrangers travaillant dans la Chine communiste.
Un peu en mode « guerre des boutons », il est question des combats épiques et hilarants entre les Alliés (enfants francophones du ghetto) contre les Allemand (enfants originaires d’Allemagne de l’Est)… Mais aussi de son premier coup de foudre pour une petite fille du ghetto, Elena, qui se fera un malin plaisir de la torturer…

Un roman pas désagréable à lire, bien au dessus de Robert des noms propres qui m’avait pas mal refroidi la semaine dernière. C’est assez plaisant d’imaginer les bastons générales qui prennent des proportions de conflit mondial dans l’esprit des enfants : cuves d’urines en tant qu’arme secrète, vomisseurs sur commande en tant que bombardier, caisse en bois qui devient hopital de guerre… Lorsqu’on lit le plaisir qu’ils prennent à torturer, frapper, humilier… leurs ennemis, on se pose de sacrée questions sur la sacro-sainte innocence des enfants 😉
Au milieu de tout cela, la belle Elena dont Amélie est tombée follement amoureuse fait figure d’Hélène de Troie, inaccessible et glaciale…
C’est ce que j’apprécie avec Amélie Nothomb, elle ne cherche pas à être complaisante, ce qui fait de ces genres de roman des petits moment de plaisirs teintés d’humour noir.
Il y est aussi un peu question du communisme qui signifie « Pays des ventilateur », Pékin la ville triste et grise bétonnée, les chinois qui s’appellent tous et sans surprise « Chang », mais que l’on ne doit pas appeler Monsieur ou Madame, mais invariablement « camarade », … mais toutes ces questions politiques et sociologiques sont loin d’intéresser une enfant de 6 ans ! 😉

Une lecture très sympa pleine d’humour, de questions et surtout d’affirmations enfantines… Comme d’habitude je le conseille aux fans, même si je lui préfère un peu Biographie de la faim.

« Robert des noms propres » d’Amélie Nothomb

Premier livre pioché dans ma liste confectionnée pour le challenge petit Bac : Robert des noms propres d’Amélie Nothomb. Pourquoi ce roman plutôt qu’un autre ? Juste parce qu’il est dans ma PAL comme une demi douzaine de titre de cet auteur.

Le personnage principal de ce roman à tout pour mal commencer dans la vie : sa mère tue de plusieurs balles son père alors qu’elle est enceinte, et accouche en prison avant de se suicider. En guise de testament, elle lui laisse un prénom qui serait un fardeau pour plus d’un : Plectrude.
Élevé par sa tante et sa famille, ceux ci découvrent rapidement que l’enfant n’est pas vraiment comme les autres, du fait d’un charisme rare et d’un don pour la danse…
On va voir Plectrude grandir au milieu des siens, entre les cours de ballet qui la ravissent, l’école puis le collège qui lui font horreur, la découverte de l’amitié…

Ce roman reprend les bonnes recettes d’Amélie Nothomb, que j’évoquais dans le billet sur La biographie de la faim… on retrouve d’ailleurs quelques élément qu’elle y cite comme autobiographique. La danse et la grâce y ont la part belle, mais aussi la peur de grandir (encore l’age de 12 ans vécu comme la fin de l’enfance), l’amitié exclusive, l’anorexie, la volonté de se dépasser, l’envol et la chute, le destin, le regard des autres qui reflète l’amour ou l’aigreur …

Je ressort de cette lecture assez déçue. Je n’ai pas trop accroché contrairement à d’autres romans qui m’avaient plus émoustillé les neurones. Je n’ai surtout pas apprécié la fin que je trouve assez bâclée… Bref, pas un livre de cet auteur que je conseille particulièrement 😉

« Biographie de la faim » d’Amélie Nothomb

Une lecture rapide et gourmande pour passer le temps de transports lors de mon périple en Picardie pour le Nouvel An… avec un titre assez à propos avec l’orgie de cette fin d’année : Biographie de la faim, d’Amélie Nothomb, sorti en 2004. Je l’ai choisi un peu au hasard dans ma longue PAL de cette auteur… et je trouve que je devrais plus souvent laisser faire le hasard 😉

Très bonne lecture donc !
Cette fois, et contrairement à un roman comme Mercure , Amélie Nothomb nous propose un récit plus autobiographique (après je n’ai pas été voir si c’est une biographie avérée… je le considère plutôt comme un roman avec Amélie comme personnage central). Au niveau de la chronologie de la vie de l’auteur, ce livre s’intercalerait entre Métaphysique des tubes et Stupeur et tremblements. Il s’agit donc de la période entre ses 3 ans et ses 21 ans, où elle vivra dans différents pays.
Son père consul puis ambassadeur belge, doit changer d’affectation et de pays régulièrement. Toute la famille le suit donc : sa mère, Amélie la plus jeune de la fratrie, Juliette sa soeur de 2 ans son aînée, et son grand frère André. Suite au déchirement de quitter sa terre natale du Japon, Amélie va découvrir la vie sous la dictature chinoise, les fastes de New-York, la famine et la violence du Bangladesh, l’incompréhensible Belgique… pour retourner au Japon après ses études. La boucle est bouclée.

Sous cette trame biographique, une vraie question qui m’a emballée dès les première page : comment la faim construit en tant qu’individu. Pas seulement la faim alimentaire, mais aussi la faim de connaître, la faim de plaisir, la faim du contact des autres… et comment cette faim crée un appétit de la vie, une énergie bien spécifique, qui est une recherche du bon et du beau ! (ce qui est bien loin des concepts judéo-chrétien, où le bon est considéré comme mauvais… heureusement qu’Amélie à vécu sa jeunesse dans un pays shinto / bouddhiste).
On avait vu Amélie chocophile dans la Métaphysique des tubes, on lui découvre d’autres passion gustatives dans ce roman, qui s’inscrivent dans un schéma mystique et sensuel : les bonbons et gâteaux chapardés et dégustés en cachette devant un miroir, sa potomanie qui lui fait boire des litres et des litres d’eau, son alcoolisme infantile qui lui vient en finissant les verres de champagne lors de réceptions,… Avec l’adolescence, viendra l’anorexie et le désir de fragmentation de soi…
Outre ces anecdotes amusantes ou plus angoissantes, on découvre d’une certaine manière les traits qui donneront corps à ses fictions : la notion de couple au féminin comme celui qu’elle forme avec Juliette, l’enfermement vécu dans des bunkers lui ayant servi de foyer dans certains pays, la fragmentation de l’esprit, le rejet d’un corps considéré difforme, …
C’est ce qui plait à certains, et horripilent d’autres avec les romans d’Amélie Nothomb. Avec cette partition de sentiments, allant du bonheur à la dépression intense, elle arrive à composer de nouvelles histoire reprenant les mêmes lignes d’accords… Quand on le sait et qu’on l’accepte, je trouve ça assez agréable 😉

Côté style d’écriture, j’ai été surprise de prendre un peu de recul… en fait elle ne s’appesantit pas sur les faits négatifs pour les analyser dans tous les sens et voir de quelle manière ça a pu la changer (je pense en particulier à une sorte de viol qu’elle a subit). Ils sont livrés bruts, ce qui est assez troublant…
En revanche, elle peut détailler de quelle manière elle a pris goût à l’eau à 3 ans au Japon, en buvant à la louche en bois d’un temple, l’impression qu’elle à eu, le plaisir que cela lui a procuré.

Biographie de la faim est pour moi un livre passionnant sur la notion de plaisir, et sur la vie peut être, tout simplement.
Je dirait aussi que ça serait bien un de mes roman préférés d’Amélie Nothomb, car il porte en lui tout ce que j’aime dans ses autres récits autobiographique ou de fiction. Bref, je le conseille vivement à tous les amateur de cet auteur 🙂

« Mort d’un parfait bilingue » de Thomas Gunzig

Troisième livre du challenge de littérature belge, qui me permet d’accéder au statut de « Petit Belge »… mais je compte bien continuer pour accéder au statut de « Gros Belge » 😀

En cherchant mes auteurs belges, j’ai été heureusement surprise en voyant que Thomas Gunzig est belge ! J’ai découvert et adoré cet auteur avec 10 000 litres d’horreur pure : Modeste contribution à une sous-culture, lors d’une lecture pour le Circle challenge ABC.
Thomas Gunzig est né en 1970 à Bruxelles, et y vit et travaille encore en tant que chroniqueur d’une émission radio. Un vrai belge, en somme 😉

Mort d’un parfait bilingue se déroule dans un pays et une époque qui ressemble presque à nos contrées européennes contemporaines… j’ai donc envie de dire que c’est une contre-utopie.
Le narrateur est un paumé qui vit au milieu d’une faune peu recommandable : Moktar l’ancien soldat slovène, Dao Min combattant vietnamien survivant d’une sale guerre, Mme Scapone veuve d’un ouvrier militaire, Suzy la soeur de Moktar fraîchement arrivée du pays tombée amoureuse d’un vendeur de TV, … qui vont le conduire à se salir les mains plus d’une fois…
Rien qu’en présentant les personnages, tout est dit : dans cette société, tout tourne autour de la TV et de la guerre… et justement, la guerre est très bonne pour le business audiovisuel ! Notre héros va se retrouver à crapahuter devant les caméra de reporter dans un corps militaire très spécial, où les uniformes servent plus de panneaux d’affichage pour les annonceurs que de camouflage… Et que dire des missions humanitaires scénarisées à souhait ?! Bref, de la télé-réalité, des faux documentaires, des peoples pour faire monter la mayo… La TV quoi…

J’ai retrouvé ici le cynisme et l’humour de Thomas Gunzig que j’avais commencé à percevoir dans le roman cité précédemment. Ce roman est du grand n’importe quoi, mais bien mis en forme 😉
C’est un livre qui se dévore, et m’a beaucoup plu dans sa critique de la société de consommation de biens et d’images. Il m’a rappelé dans le même thème Acide Sulfurique d’Amélie Nothomb, mais en moins moral peut-être…
Tout les personnages ont un côté obscur, mais aussi des traits qui nous les rendent sympathiques… Tous ont été traumatisés par la guerre qui semble omniprésente à la TV mais éloigné du quotidien.  C’est cette guerre qui les rapproche tous, et les construits… mais surtout les lient dans une haine de l’armée qui joue avec leurs vies !

Bref, un livre que j’ai beaucoup aimé, et me donne envie de lire de nouveaux romans de Thomas Gunzig !

« Murena » de Jean Dufaux et Philippe Delaby

Après des années de collection album après album de cette série de 8 BD, j’ai enfin lu l’intégralité ce week-end de la série Murena de Jean Dufaux et Philippe Delaby…
J’ai profité du challenge Balade en Italie pour m’y mettre sérieusement et rapidement… et aussi d’être encore sous le coup de la lecture des Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar.

Murena nous raconte l’histoire du règne de Néron, en suivant principalement le personnage de Lucius Murena, patricien romain et ami de Néron depuis l’enfance. On va découvrir de quelle manière ils vont se rapprocher, se séparer et se déchirer au fur et à mesure de son règne, sachant que pour Murena le combat contre un Empereur tout puissant est inégal…
Basé sur des écris d’auteurs ayant vécu ce règne, on apprend de quelle manière Néron succède à l’Empereur Claude dont il est le fils adoptif, comment Aggripine sa mère a contribuée à son accession au trône, comment le fils légitime de Claude, Britanicus, a été mis sur la touche… et ensuite, de quelle manière Néron a régné, entre trahisons, intrigues, meurtre et viols, manipulation de la part de courtisans, mariages arrangés…, et cela jusqu’au célèbre incendie de Rome en 64 ap. JC.

Une série très interessante, car elle romance un épisode de l’histoire que je connaissais mal, en prenant parfois des libertées (chose que les auteurs indiquent, lorsqu’il privilégient une piste plutôt qu’une autre : un vrai parti pris et un travail d’historien que j’apprécie). On en apprend aussi beaucoup sur la vie à cette époque (religions, libertée sexuelle, politique, arts…) la BD étant extrèmement bien documentée.
Pour moi, avant de lire Murena,  Néron était un tyran sanguinaire qui a fini par mettre le feu à Rome pour la « nettoyer » de ses opposants et lui permettre d’utiliser les chrétiens comme boucs émissaires… Ce que nous montre  cette BD est un peu différent et plus nuancé.
Néron, à la base amoureux des arts, aurait été plutôt propulsé sur le trône par une mère assoiffée de pouvoir à coup d’intrigues et pire encore… Il aurait été les premières années de son pouvoir très apprécié du peuple, et lui rendait bien. Néron avait pour ambition de construire une Rome nouvelle, certe pour sa gloire, mais aussi pour son peuple. L’incendie de Rome, qu’on lui a attribué, semble donc être pour lui une occasion rêvée de mener à bien son projet sur les cendres de la ville…
Parrallèlement à cela, l’égo devenu démesuré de cet Empereur se considérant comme un dieu, et sa paranoïa grandissante, en on fait un tyran pour ceux qui s’opposent à lui : double matricide, exils, meurtre,… et le pire de tout dans l’esprit du peuple romain : le viol d’une Vestale, prêtresse vierge de la Déesse Vesta, présidant au foyer et à la famille, qui a dans l’esprit de la population jetté une malédiction sur l’Empire.

Côté dessins, le graphisme est à l’image de l’histoire : détaillé, élégant, les couleurs sont belles… Bref, de la « BD belge » comme j’aime, moi qui en lit assez peu ! 🙂

Bref, une BD à lire et relire, qui fourmille de références historiques, mais à aussi une vrai trame narrative pleine d’aventures, d’action et de rebondissements lorsqu’on suit Lucius Murena…
Le seul hic, c’est que le tome 8 se termine un peu abruptement, ce qui me laisse supposer qu’il s’agit de la fin d’un cycle (il y a 2 cycles de 4 tomes), et non de la fin de la série (je l’espère !).
Une série vraiment excellente, que je vous conseille vivement !

« Mémoires d’Hadrien » de Marguerite Yourcenar

Nouvelle lecture pour le challenge de littérature belge organisé par Reka. J’aurais presque pu mettre ce livre dans le challenge « Balade en Italie » aussi… mais non… un livre, un challenge, n’en déplaise aux optimisateurs (je ne dirai peut être plus ça l’an prochain quand je serais dépassée par la quantité de lectures ;)).

Marguerite Yourcenar est une écrivain aux multiples nationalités, née en Belgique à Bruxelles, en 1903. Son père étant français, elle passe sa jeunesse dans le Nord de la France, et a donc la nationalité française.
Plus tard, elle voyagera beaucoup en Europe, mais finira par partir vivre aux Etats-Unis en 1939, et endossera la citoyenneté américaine en 1947. Elle finira ses jours dans le Maine en 1987.
Pour plus d’info, la biographique de Marguerite Yourcenar sur la Wikipédia.

Mémoires d’Hadrien, édité en 1951, est un véritable monument de la littérature… dans tous les sens du terme.
Pour moi c’est un classique, mais aussi un livre très dense, au style d’écriture agréable… mais pas toujours simple à appréhender.
Marguerite Yourcenar a mis plusieurs dizaines d’années à écrire ce livre, le temps de se documenter sur l’époque d’Hadrien (Ier-IIème siècle ap. JC) et de trouver la bonne manière de concevoir ce roman… Il ne s’agit pas d’une biographie d’Hadrien, mais la réalité des faits laissent supposer une certaine vérité dans ce roman, qui laisserai presque apercevoir la subjectivité de l’auteur.

Dans ce livre, l’Empereur romain Hadrien écrit à son petit-fils adoptif, Marc-Aurèle, ses mémoires sous forme de lettres. Sentant la mort approcher, il revient sur les moment fort de sa vie : sa jeunesse entre l’Espagne et Rome, son apprentissage à Athène, son début dans l’administration romaine ou comme chef de guerre… jusqu’à son adoption par Trajan, qui lui permet d’accéder au statut d’Empereur. Entre les trahisons, la politique, les guerres mais aussi la paix, les voyages dans les terres d’Orient, le choc des religions et des cultures… on voit se brosser le monde romain vu par Hadrien.
Mais ce qui m’a touché plus que cette vision historique, c’est le point de vu philosophique d’Hadrien sur la vie qui rend cette lecture très intéressante… j’ai parfois relu deux fois une page pour bien comprendre la portée d’un de ses messages.
Le plus touchant, c’est son rapport à l’amour… ce n’est pas pour rien qu’il a bâtit près du Mont Palatin le temple de Vénus et de Rome. Si Hadrien délaissait sa femme, il a vécu de grandes histoires sensuelle et sentimentales avec ses amants… Mais son grand amour est le jeune et magnifique Antinoüs, mort à 20 ans dans des conditions étranges, et qu’Hadrien élèvera au statut de dieu en mettant en place un culte en son honneur, la construction d’une ville à sa gloire en Egypte… et qu’on reconnait sur beaucoup d’oeuvres d’arts de cette époque, incarnant différents dieux (Hermès, Osiris…).

J’ai aimé le rapport à la réalité historique : ayant visité Rome fin octobre, et je me suis retrouvée par moment dans cette ville en lisant ce roman…  Le temple de Vénus et de Rome, le Colisée, le Panthéon, le temple d’Hadrien, mais surtout les sculptures d’Antinoüs… en lisant les descriptions de l’amant d’Hadrien dans ses lettres, je me suis souvenue des bustes et statues en marbre du musée du Vatican, qui représentaient un jeune homme magnifique.
Tout cela a renforcé mon envie de ne pas lire ce livre en diagonale, même dans les passages un peu ardus (paragraphes assez longs dans le style des textes de l’époque de l’Empire romain, où il vaut mieux ne pas rater une phrase…  et où les sujets politiques ou stratégiques ne sont pas toujours passionnant de mon point de vu).

Pour conclure sur les Mémoires d’Hadrien a été une lecture enrichissante, que j’ai apprécié… Je le conseille aux amoureux de l’histoire romaine, des idées et des beaux textes.

Temple d'Hadrien à Rome

Mausolé d'Hadrien, devenu le chateau Saint-Ange, près du Vatican
Buste d'Antinoüs au musée du Vatican

« Mercure » d’Amélie Nothomb

Une lecture rapide pour le fameux challenge de littérature belge de Reka… Des romans d’Amélie Nothomb, ce n’est pas ce qui manque chez moi, mon compagnon étant un grand fan de cette auteur,  j’avais l’embarras du choix !

Pour moi il y a deux grandes tendances dans les romans de Nothomb : ceux inspirés de faits autobiographiques, et ceux qui font une plus grand place à la fiction. Préférant ce dernier genre, je me suis orienté vers Mercure, vu que j’ai déjà lu la plupart des autres (Hygiène de l’assassin, Cosmétique de l’ennemi, Attentat, Acide sulfurique, Le journal d’Hirondelle, …).

L’histoire se déroule dans la Manche, dans les environs de Cherbourg, après la Première Guerre Mondiale. Françoise, infirmière, doit aller soigner une jeune fille de 23 ans, Hazel, qui vit sur une petite île avec comme seule compagnie un vieillard qui la considère comme sa fille. Celui ci interdit à Françoise toute questions déplacées à Hazel dans l’intimité de sa chambre. En effet, elle aurait été défigurée par un obus à la fin de la guerre, et supporterait très mal sa laideur… et c’est même pour cela que tout dans la maison est fait pour qu’elle évite de voir son visage qui la traumatise !
Va se nouer au fil des séances de soins une amitié entre Hazel et Françoise… qui au gré des confidences va en apprendre un peu plus sur les liens qui unissent le vieillard à la jeune fille…

Pas de surprise en somme, Mercure est bien un Amélie Nothomb pur jus !
On y parle des limites de l’amour et de la perversion, de la manière dont on fait forcement souffrir ceux qu’on aime réellement, des rôles de martyrs et bourreaux, des mystères du passé qui une fois dévoilés expliquent les comportements les plus extrémistes, de l’amitié comme un miroir, de la vie dans un huis clos qui se transforme en prison ou terreau pour s’affirmer…  A mettre en relation avec la pièce de Sarthre, Huis clos…  j’ai souvent pensé à ce texte en lisant Mercure.
Comme beaucoup de roman de cet auteur, la narration est construite sur un jeu de dialogue et de questions – réponses.
A noter qu’il existe deux fins pour ce livre, qui donnent chacune un éclaircissement différent sur cette histoire.

Côté relation à la Belgique, n’ayant pas vraiment de référent, j’aurais du mal à dire si le style Nothomb est typiquement belge.
Pour le petit topo Wikipédia, sachez juste qu’elle est bien belge, même si elle est née à Kobe au Japon, et vit la plupart du temps à Paris (fille d’un ambassadeur belge, c’est presque un sceau d’authenticité). D’après ce que j’ai lu de l’article, elle ne se sent pas vraiment intégrée en Belgique… Mais pourquoi donc oserais-je  demander aux belges qui passeront par là ?

Pour conclure, un roman de Nothomb sympa à lire, court et pas prise de tête. Si vous aimez le genre, vous ne serez pas déçus !