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« Tu mourras moins bête » tomes 1 et 2 de Marion Montaigne

Tu mourras moins bête Grâce à l’évènement mis en place par PriceMinister, « La BD fait son festival« , je me suis fait un petit plaisir ce week-end : lire le tome 2 des aventures scientifiques du Professeure Moustache.

Je connais depuis plusieurs années le blog de Marion Montaigne, Tu mourras moins bête. Ses nouvelles publications de BD sur son site sont rares, mais je saute dessus dès qu’elles sortent ! Je suis fan de cet univers de vulgarisation scientifique mêlé à l’humour trash de cette auteure 🙂
Voilà pourquoi j’avais demandé au Père Noël de m’offrir le tome 1 de la BD… et que j’ai sauté sur l’occasion d’avoir le tome 2 avec PriceMinister 😀

Si le tome 1, sous-titré La science, c’est pas du cinéma traitait fort justement des sciences dans le cinéma, le tome 2, Quoi de neuf, Docteur Moustache, nous fait découvrir toutes les subtilités de notre corps… mais pas que ! On va apprendre comment un virus s’attaque à notre corps, comment le cerveau interprète les images, la différence entre les implants mammaires à gonfler ou en silicone… Mais on va aussi se plonger dans la psychologie et la sociologie : l’effet Barnum en astrologie (qui nous laisse à penser que les prédictions sont vraies), en quoi les hommes sont proches sexuellement des singes (et oui le sexe c’est vendeur ;)), la psychologie de la femme, pourquoi les amoureux se roulent des pelles…
Tout cela nous est expliqué par le Professeure Moustache (femme à moustache, donc, avatar de l’auteure), qui est souvent accompagné de ses habituels camarades : Natanaëlle, son chien Youki, … mais aussi l’expert de Miami Horacio Caine, Matt Lesgy le présentateur du dimanche sur M6, ou encore ses boucs émissaires favoris, les frères Bogdanoff, Nicolas Sarkozy, …
Bref, on se marre et on s’éduque ! Par exemple depuis que je sais que 80% de la poussière dans mon appartement provient de nos peaux mortes, je suis très tentée de vivre en combinaison intégrale chez moi :! 😀

Je ne peux que conseiller ce livre, qui regroupe des planches déjà parues dans le blog, mais aussi d’autres inédites.
Personnellement j’ai une petite préférence pour le premier volume, mais uniquement à cause du sujet qui m’amusait plus (le ciné et la science, il y a de quoi faire !)
Si vous ne connaissez pas cette BD, foncez, elle a tout pour plaire, et nous faire rire !

Ma note : 17/20 !

Et merci à PriceMinister et l’éditeur de la BD, Ankama, pour ce partenariat !

« Sept personnages » de Fred Duval et Florent Calvez

Sept personnagesJe lis assez peu de BD « belges », faute d’un format adapté à un de mes lieu de lecture de prédilection : le métro ! Mais comme j’ai commencé il y a quelques années la série des 7 (Sept clones, Sept survivants, …), je me fais un devoir de continuer tranquillement à les lire.
L’univers et les dessinateurs et scénaristes de chacune des BD de la série sont différents… et cette fois on plonge dans le Paris du 17ème siècle, auprès de compagnons de Molière.

En 1673, Molière meurt et est enterré en catimini… La thèse officielle veut qu’il soit mort des suite de la tuberculose, mais il aurait en réalité été empoisonné ! Un groupe se forme, composé de 7 personnages qui ont inspiré les pièces de Molière : Agnès, Alceste, Argan, Harpagon, Scapin, Tartuffe… et même Don Juan rappelé des enfers ! Leur mission il l’apprendront en mettant en commun ce qu’ils savent des derniers jours du comédien et écrivain : celui-ci aurait découvert un terrible secret où des puissants de ce monde seraient impliqués ! Tout serait expliqué dans son testament… mais encore faudrait-il le retrouver, en échappant aux hommes en noirs qui tentent de les en empêcher !

J’ai apprécié de retrouver ces personnages de la littérature classique, que j’avais laissé bien loin… La dernière fois que j’ai lu du Molière c’était au collège ou au lycée au mieux ! Et à l’époque, je n’était vraiment pas emballée par cet auteur ! Il faut dire qu’à 13 ans, quand un prof vous explique la portée humoristique de ses écrits, on a un peu de mal à le comprendre !
Bref, ces petites retrouvailles m’ont permis de réviser ces classiques, et surtout de les voir évoluer dans une enquête qui mêle histoire de France, ésotérisme, et théâtre.
Point positif, le respect du découpage classique en 3 actes, l’unité de temps… Et aussi les petits trucs qu’on retrouve dans le théâtre de Molière notamment, comme les apartés.

Sept personnages-planche

La chose qui m’a un peu gêné, se sont les dessins et couleurs… à force de lire des mangas la mise en couleur me pose problème peut-être ?
Les dessins ne sont pas mauvais, précis dans les décors et costumes… mais trop statiques je trouve, surtout dans les scènes de combats, où les plans ne mettent vraiment pas dans l’action.

Une petite lecture sympathique, mais sans plus
Cela ne va pas m’empêcher de continuer la série à l’occasion, même si j’ai pris pas mal de retard sur la sortie des 7 : Sept naufragés, Sept dragons, Sept détectives et Sept pistoleros… Et la saison 2 sera terminée ! 😀

« Ikigami » de Motorô Mase

La série de manga Ikigami de Motorô Mase, c’est pour moi la sortie numéro 1 de ces dernières années en France : on a commencé à le découvrir en 2009, bien que sa parution ait débutée au Japon en 2005. Seinen choc, le 10ème et dernier volume est enfin sorti il y a quelques semaines, et clôt parfaitement cette dystopie qui m’a tenu en haleine ces dernières années !

Dans un pays d’Asie, de nos jours, l’état a mis en place la « loi de prospérité nationale ». Encore enfants, les citoyens reçoivent une injection. 1 sur 1000 contient une capsule qui provoquera la mort de celui qui la reçoit entre ses 18 et 24 ans : cette procédure permet au peuple de se rendre compte de la valeur de la vie au travers d’une « mort honorable » pour le bien de la société. 24 heures avant sa mort programmée, celui qui décédera a la visite d’un membre de l’administration qui lui délivre son préavis de mort, l‘ikigami.
On suit l’histoire de Kengo Fujimoto, fonctionnaire chargé de délivrer les ikigamis, et celle des personnes à qui il apporte cette funeste nouvelle. A force de les côtoyer, Fujimoto va peu à peu avoir des doutes dans le système et la loi de prospérité nationale… ce qui va faire de lui insidieusement un traître à la nation.

Durant ces 10 tomes et 20 chapitres, on apprend à connaitre l’univers où évoluent ces personnages : une dictature certes, mais loin des clichés du type ex-URSS ou Corée du Nord. On pourrait être au Japon, dans un pays démilitarisé, très moderne… La population est maintenue par des lois comme celle de la prospérité nationale, mais aussi une propagande et manipulation médiatique, et une surveillance discrète par diverses administration des « dégénérés », ceux qui critiquent le système, et leurs remise en service après une rééducation.

L’intérêt de l’histoire est double, et est plutôt bien rendue par la structure narrative. A chaque épisode, on découvre le coeur de l’histoire : comment réagiriez-vous si on vous apprenez qu’il ne vous reste que 24 heures à vivre ? La plupart des personnages cherchent à revoir leurs famille, faire le bien autour d’eux… alors que d’autres craquent, cherchent à se venger d’injustice en tuant, commettant des attentats… au risques de jette la honte et le discrédit sur leur famille à leur mort. De beaux moment d’émotion, qui permet effectivement de se questionner sur la valeur de la vie, d’un point du vu personnel et global.
L’autre axe, c’est de voir comment le héros de l’histoire va prendre ses fonctions dans l’administration chargée de délivrer les préavis de mort, comment il va gérer ses premières livraisons, et au fur et a mesure que le temps passe et que les rencontres se font, les questions qu’il se pose sur l’intérêt de tuer 1 jeune sur 1000.

Si dans les premiers volumes on s’intéresse au « comment » de la mise en place de la loi de prospérité nationale (vaccination dans les écoles, dossiers matchant injection et ikigami …), on découvre bien le « pourquoi » de la loi dans le 10ème tome, à mon grand bonheur ! Il y a des séries qui se terminent en queue de poisson, ou de manière très molle, faute de puissance narrative ou d’objectifs clairs de fin de l’auteur. On n’est clairement pas dans ce cas, la série est très bien construite… et pour ne rien enlever, bien dessinée ! Le trait de motorô Mase rend bien toute la tension et l’horreur de certaine scène, tout en étant clair et précis.
Forcément on pense à de grands classique de la contre-utopie, comme 1984 de George Orwell (surtout dans ce dernier volume axé sur la rééducation et la guerre), ou des romans plus récent comme la série des Hunger Games (en moins musclé)… Mais Ikigami ne fait pas que copier, il s’en inspire pour créer un univers original, qui nous permet de nous mettre en garde et de réfléchir par nous même sur le monde qui nous entoure.

Une série vraiment géniale, parfaite pour les fans de SF dystopique, qu’on soit branché manga ou pas !

« Le chien gardien d’étoiles » de Takashi Murakami

Dans la série « les histoires qui sont à deux doigts de me faire tirer une larme », bonne pioche avec Le chien gardien d’étoiles que Petite Fleur m’a prêté (et chroniqué ici).
Je suis passée à côté de ce manga lors de sa sortie française l’an dernier, ce qui est bien dommage vu la qualité de ce « one-shot » (histoire en un seul album) !

L’histoire commence comme ceci : les policiers retrouve dans un champ une voiture en mauvaise état, avec le cadavre d’un homme dedans, mort à priori depuis 12 à 18 mois… A côté de lui, un autre corps, celui d‘un chien, mort depuis 3 mois…
Qu’a t-il bien pu se passer dans cette voiture ?
Dans les deux chapitres qui composent ce livre, on va apprendre de quelle manière un homme et ce chien vont arriver dans ce champ : au travers les souvenirs du chien, et ensuite par l’enquête que va mener un employé  de l’assistance sociale chargé de découvrir l’identité de l’homme décédé.

Durant cette lecture, et plus particulièrement dans le premier chapitre, j’ai sans cesse été touchée par la fausse légèreté qui se dégage de l’histoire vu par le chien, qui va accompagner littéralement son maître jusqu’au bout de la route… On est dans le schéma classique mais toujours efficace du chien fidèle, à l’esprit pur car sans hypocrisie, dévoué à son maître , qui ne demande rien d’autre que l’attention de son « papa », et qui finalement vaut mieux que pas mal d’être humains. Simple, mais beau… et très triste… Le chaos qui va progressivement se créer dans la vie de son maître prend une autre dimension dans le regard du canidé, qui voit au fur et a mesure ses petites habitudes (promenade, gamelle…) changer au gré de l’évolution de la vie familiale. Un vraie critique sociale finalement, sur la société qui change, où quelqu’un peut disparaître sans que qui que ce soit s’en inquiète…
Ce genre d’histoire, à base de chien ou chaton, ça fonctionne du feu de dieu sur moi :'(. Cette partie du récit n’est pas sans me rappeler  Tombouctou de Paul Auster.

Le second chapitre a un peu plus de mal à se mettre en place (au début je pensais qu’il s’agissait d’une histoire différente), mais a l’intérêt de donner un autre point de vu, celui de l’assistant social, et de raconter l’histoire sous forme d’enquête, et souvenirs personnels à base de petit chien… Et ceux-ci sont presque aussi triste que la première histoire.

Bref, un superbe manga, très beau, aux dessins qui collent bien (surtout les bouilles kawaii des chiot… bouh !). Je comprend mieux pourquoi les lecteurs de Manga News l’ont élu comme meilleurs « one-shot » 2011 ! Enfin « one-shot »… attendez vous à voir un tome 2 paraître un de ces jours, puisqu’il y en a un déjà édité au Japon ! 🙂
Jetez-vous dessus si vous ne l’avez pas encore lu, amateurs de manga ou non !

Ah, et pour le coup, je vais utiliser ce livre pour le challenge « Petit BAC 2012« , catégorie « Métier ou fonction » (oui, gardien… :))

« Bride Stories » tomes 1 à 3 de Kaoru Mori

Un peu de beauté dans ce monde de brutes ne peut pas faire de mal… Et c’est là tout l’intérêt de cette série de manga dont la parution a débuté en 2009 au Japon, et mise sous le feu des projecteurs au Festival d’Angoulême 2012 ! Difficile de passer à côté en ce début d’année !

Bride Stories se passe en Asie Centrale à la fin du 19ème siècle, et concentre sur le personnage d’Amir. Âgée de 20 ans, et venant d’une tribu nomade, elle se retrouve mariée à un jeune homme d’un clan sédentaire, Karluk, alors qu’il a à peine 12 ans…
On suit sa vie quotidienne au sein de sa nouvelle famille : les repas, l’artisanat, la chasse, les relations avec la belle famille… Jusqu’au jour où le clan d’Amir décide de la reprendre pour la marier à une famille plus puissante !

Autant le dire tout de suite, malgré les petites guerres de clans très anecdotiques, l’histoire n’est pas super palpitante. Tout l’intérêt de Bride Stories pour moi se trouve dans le tableau peint de cette culture d’Asie Centrale. Avec une précision d’historienne ou de sociologue, Kaoru Mori rend vivants ses personnages, et nous aide à mieux comprendre leurs motivations, les villes qu’ils ont bâtit, leur art… On à l’impression sous sa plume de voir (re)naître un monde cohérent, et tout simplement beau.
Ils sont rares les mangas qui me touchent graphiquement parlant, et là, j’en tiens un ! 🙂
Les détails de certaines scènes sont époustouflants. En général les paysages, décors, costumes… sont de simples habillages de fonds, réalisé par les assistants du mangaka. Ici, ils sont au centre de l’histoire, et je ne serait pas étonnée que Kaoru les réalisent elle même ! De vrais morceaux de bravoure !

C’est d’autant plus dommage que l’histoire ne soit pas réellement à la hauteur, bien que le sens de la narration soit maîtrisé et qu’on lise les 3 tomes parus avec plaisir !
Enfin je suis peut être un peu dure… Si le premier volume était un peu trop shojo / shonen pour moi (les inévitables enfant trop « kawaii », Amir dans le rôle de la super chasseuse, l’arrivée des « méchants » vraiment trop dark…), le second et surtout le troisième se rattrapent un peu, en axant plus le récit sur le volet socio-historique de la région, les moeurs de ses habitants… Au travers le regard d’un chercheur européen venu dans la famille de Karluk pour étudier ces peuplades.

Bref, j’aime bien ce manga, et je lirai bien entendu la suite si elle reste à la hauteur des précédents (pourvu que la série ne traîne pas en longueur !)… Il fait rêver malgré tout, et reste très agréable à lire, et à contempler !

« Blast » tomes 1 et 2 de Manu Larcenet

Je connaissais Larcenet sur le le créneau de l’humour dans ses parutions dans Fluide Glacial, ou les BD du genre La ligne de Front, toujours surréaliste et drôle… avec un fond assez sombre.

Avec la série Blast, on est un cran au dessus, tant au niveau graphique qu’au niveau du scénario !

Polza Mancini est en garde à vue, interrogé par deux inspecteurs… on comprend qu’il a commis un acte grave et violent envers une jeune femme alors à l’hôpital. Mais hors de question pour les deux flics de braquer cet obèse de 38 ans : il faut l’amener doucement à avouer les faits, et expliquer comment il en est arrivé là.
Polza va commencer à raconter son histoire, qui débute le jour où son père meurt à l’hôpital… Ce jour là il se prend une cuite mémorable et vit son premier « Blast », état de conscience supérieur, entre l’hallucination et le délire mystique. C’est décidé, il quitte alors sa vie rangée d’écrivain culinaire, sa femme, son confort, et devient clochard. Son objectif, se faire une nouvelle vie et revivre ce Blast, en vivant loin de la société des hommes…

L’odyssée de Polza à un petit côté road-trip, à la Into the Wild… Vivre près de la nature et se confondre avec elle, vivre des expériences fortes, rencontrer à l’occasion des marginaux et partager un peu de temps avec eux, se caper de solitude… Sauf que pour Polza, la violence, la défonce et la misanthropie sont plutôt de mise !
Au cours de cette lectures des deux tomes, des images reviennent sans cesse : celle de son père mourant, des statues de l’île de Pâques, un éléphant… et cela surtout pendant ses Blasts. On essaye de reconstituer le pourquoi de ces images au court du récit, tout en se disant que ça prendra surement plus de sens dans le tome final. Les phases de récit des souvenirs de Polza, et celles de l’interrogatoires et des questions des inspecteurs entre eux donne encore plus envie de découvrir ce qui s’est passé, ce qui aurait amené Polza à commettre cet acte infâme qu’on lui reproche, mais qui nous est encore complètement caché. On imagine donc le pire… ce qui ajoute à la tension !
Je ne sais pas si Polza nous devient sympathique au fur et à mesure du récit : il a l’image d’un énorme personnage, qu’on qualifierait de « gros porc » dans la vie de tous les jours, se baffrant de barre chocolatée, et alcoolique…  Mais son histoire le rend plus humain, dans ses faiblesses, les coups qu’il a reçu, les blessures morale qu’on lui a infligées…

Côté graphisme, le trait est parfois crado, d’autre fois plus clair et précis, souvent en noir et blanc, de rare fois en couleur, des dessins d’enfants colorés illuminent les périodes de Blast… Le travail sur la plasticité des planches et leur structure fait de cette BD un objet beau à ouvrir et regarder… Même si certaines cases inspirent le dégoût !

Je ne peux donc que conseiller cette lecture que j’ai beaucoup aimé ! Je ne suis pas fan généralement des « BD belges » (problème de format et rapport qualité / prix), mais là j’adhère à 100% !
Vivement la suite… Mais vu que le tome 1 est sorti en 2009, le tome 2 en 2011, j’ai bien peur qu’il faille attendre l’an prochain pour pouvoir lire la suite :s

« Detroit Metal City » de Kiminori Wakasugi (Etat du Michigan)

A priori cette série de manga n’aurait rien à voir avec le challenge « 50 états 50 billets«  et l’état du Michigan, si ce n’est son titre, car l’intrigue se déroule au Japon… mais il est pour moi l’occasion de parler un peu d’un genre musical que j’aime, le métal justement, et de la ville de Detroit !

Detroit Metal City est une parodie et un réel hommage à la scène métal et au style shock rock (rock et métal où les paroles, prestations sont conçues pour choquer, comme des scène de pendaison ou masturbation en concert, gobage de chauve-souris…), type Alice Cooper, Kiss, Iggy Pop, Twisted Sisters, Marylin Manson, Rob Zombie… le tout à la sauce japonaise : c’est une série pas sérieuse du tout et totalement absurde! Et c’est tant mieux, on se marre vraiment en suivant les tribulations du groupe DMC…

On suit Sôichi, qui vit un véritable dilemme… Le jour il est un chanteur pop fan de mode qui essaye désespérément de percer avec des chansons mièvres. La nuit il devient Johannes Krauser II,  le leader ultra charismatique du groupe DMC, compose des textes trash et joue un métal brutal, grimés en noir et blanc et habillé en  armure d’opérette, cape et platform boots !
Et bien entendu, une face ou l’autre de son personnage surgissent aux moments les plus inattendues et inopportuns ! Pourtant le gentil Sôichi fait tout son possible pour cacher l’irrévérencieux métalleux qui l’habite, et bien entendu personne ne sait qu’il est le célèbre chanteur de métal… mais quand il est en difficulté, le Krauser en lui vient toujours à son secours ! Tel super-man, il revêt son costume de scèneet devient un autre homme !
Un classique de l’humour, ce côté Dr Jekyll et Mr Hyde, mais ça passe bien et on se prend des fous rires devant certaines situations ou jeu de mots à la con 🙂

Les personnages secondaires sont excellents aussi ! La manageuse de leur label Death Record, les autres du membre du groupe Jagi et Camus, avec une mention spéciale pour ce dernier qui est un véritable pervers. On notera aussi au passage Yuri, avec qui Sôichi essaye de flirter, mais s’en prend toujours plein la poire par Krauser ^^
Autre personnage récurrent terrible, l’homme-porc, un masochiste en sous-vêtements féminin et talon haut qui aime à se faire maltraiter par les membres de DMC sur scène…
Sans oublier les autres groupes de métal, parfois amis ou ennemis, qui ont chacuns leur petit trucs sur scène pour se distinguer de leurs concurrents dans le cœur de fans (le groupe spécialisé dans la coprophilie, le groupe de punkette, les méga brutaux…).

Côté dessin, en revanche, ce n’est pas du grand art, mais finalement ça s’améliore un peu dans le temps, et ça ne colle pas mal avec le côté grand guignol de la série !
Saluont la traduction, qui à réussi a garder le côté comique de certains jeu de mots, sans tomber dans le pur franchouille (garder les anglicisme et tout) 🙂

Je conseille donc cette série aux amateurs de métal : les clins d’œil aux grands groupes font vraiment plaisir 🙂
La série n’est pas trop longue, 10 tomes, de quoi maintenir à peu près le rythme de bout en bout (il y a un petit coup de mou sur les tome 4-5 je dirais, mais rien de grave).

Mais revenons au Michigan ! Le nom du groupe DMC est une directe référence à sa scène métal et rock  de Detroit : elle est inspiré de la chanson de Kiss Detroit Rock City… Il faut dire que cette ville a été un tremplin pour par mal de groupe de métal classiques : Alice Cooper, Iggy & The Stooges, Kiss…

Alice Cooper

Detroit semble être l’endroit idéal pour le shock rock… elle a tout pour mettre la haine :x. Située avantageusement auprès des Grands Lacs du nord des USA, elle devient une grande ville industrielle au court du XXème siècle, et devient la capitale de l’industrie automobile. Sa population explose, mais au détriment de la qualité de vie : création de banlieue pauvres, pollution… Dans les années 70 des émeutes enflamment la ville et son particulièrement meurtrières. Aujourd’hui encore, le seuil de pauvreté est deux fois plus élevé à Detroit que dans les autres villes du pays… Et l’Etat du Michigan ne s’en sort pas mieux : celui-ci est en récession continue depuis 2001, et un des taux de chômage les plus élevé du pays.

Bref, le Michigan et Detroit, c’est pas particulièrement la destination vacances rêvée

« Sept clones » de Louis et Stéphane De Caneva

On est habitué depuis quelques années au cahier des charges de la série 7 : un univers, un objectif, un seul album, le tout mené par 7 personnages !

Cette fois ci on plonge en plein univers SF avec Sept clones !
Notre récit commence par un grand jour : celui de l‘élection du Président de l’Humanité ! Dans un monde futuriste où tous le système solaire (ou presque) est colonisée par les humains, ceux-ci doivent voter pour désigner pour la première fois de l’Histoire leur représentant global. En effet, une race extra-terrestre à pris contact avec la Terre pour lui proposer de rejoindre une l’Assemblée des intelligences supérieures de l’univers… Mais pour cela, les humains doivent prouver qu’ils sont unis en une même voix, qu’ils peuvent vivre en paix, bref, qu’ils sont civilisés. La tâche est rude, mais c’est peu de chose en comparaison des progrès sociologiques, scientifiques et technologiques que les extra-terrestres pourront apporter aux êtres humains !
Nous suivons 7 personnages, 7 clones ne connaissant pas l’existence les uns des autres, qui se retrouve tout à coup tous en contact  mental à l’approche de l’élection… Et pour cause, ils ont une mission : ces 7 clones ont été conçu pour tuer le Président et sauvegarder l’indépendance des humains !

La plus grande partie de l’histoire met en place l’intrigue, présente les personnages… et ça n’est pas évident : les 7 clones sont présentés comme 7 personnes souffrant d’une certaine manière de personnalités multiples. Pas évident de retranscrire ça en image et texte !
Heureusement, des procédés graphiques comme des pictogrammes pour symboliser ces personnalités, des codes couleur pour définir chaque personnage permet de s’y retrouver un peu plus facilement. Le découpage des pages, l’agencement des cases est aussi bien trouvé pour rendre ce récit lisible. En plus pour ne rien enlever, le dessin est plutôt pas mal, et la mise en couleur assez réussie !
Même côté scénario, des petits jeux de passage entre l’univers réel / l’univers mental où une main géante guide ces 7 personnalités permet de mieux comprendre les dialogues et débats entre les 7 clones… Pas évident à expliquer tout ça 🙂

Le côté SF classique en trame de fond, qui n’est pas sans me rappeler l’univers du roman Les enfants d’Icare d’Arthur C. Clarke est bien fichu et emballe tout de suite les fans du genre je pense…
Du début à la fin que de bonnes idées !

Mais le gros point noir pour moi, qui fait que je n’ai pas été emballée à 100% malgré toutes ces éloges, c’est la profusion de personnages et la complexité due à une histoire trop condensée
Ok, 7 personnages ce n’est pas énorme, mais avec la double lecture monde réel / monde mental, les personnalités multiples et compagnie, et bien on s’y perd un peu je trouve. Surtout que comme je le disais, plus de la moitié de la BD est consacrée à la présentation des personnages, et à la  mise en place des objectifs des clones… L’action à moins de place finalement, ainsi que l’approfondissement des personnalités de chacun des clones.

En gros je suis déçue car j’aurais aimé en avoir plus… que cette histoire ait le temps de se développer, sur 2 ou 3 tomes, pour vraiment me faire pénétrer dans cet univers, apprendre à connaitre les personnages (un peu sur un mode Hypérion où chacun raconterai son histoire ?).
Bref, j’ai presque envie de dire que c’est un bon draft et qu’on en veut plus !

« The Walking Dead » de Robert Kirkman et Charlie Adlard

Attention, comic légendaire en vue !
Cette série est une des meilleures réponse à la question « Mais pourquoi les zombies ont autant la cote ces dernières années ?« … et cela depuis sa date de première parution en 2003 aux États-Unis.

Rick Grimes est policier dans une ville de la région d’Atlanta. Alors qu’il est en service, il reçoit une balle lors d’une course poursuite et se retrouve dans le coma.
A son réveil à l’hôpital, il est seul : plus de médecins, d’infirmières, d’autres patients… En visitant les locaux à la recherche d’aide, il tombe sur une pièce remplie de zombies !
Il réussi à s’échapper et se retrouve dans les rues de la ville, vidées de présence humaine. Il rencontre un duo de survivants, Morgan et son fils, qui lui apprennent tout ce qui c’est passé pendant qu’il était dans le coma : les morts ont commencé à se réveiller et à attaquer les vivants. Un humain mordu se transforme rapidement en zombie, et la seule chose qui achève vraiment un zombie, c’est de détruire son cerveau. Affolée, la population à suivi les conseils du gouvernement : se rassembler dans les grandes villes en attendant l’armée. C’est donc à Atlanta que Rick va se diriger, afin de retrouver sa femme et son fils, qui selon lui ont dû suivre les conseils dictés par les médias.

On va suivre pendant les 13 tomes déjà parus en France les aventures de Rick et de groupes de survivants qu’il rencontre. Chacun trouve sa solution de survie, souvent en groupe reproduisant de micro-sociétés. Mais pour tous, le monde est devenu une jungle, entre les zombie imperturbables qui viennent dévorer les vivants à la moindre occasion, et les groupes d’humains sans scrupules qui viennent pour voler nourritures, femmes, armes, véhicules… Bref, les longs mois passés sur la route à bivouaquer, ou dans des structures plus structurée qui leur permettent de se sédentarisée, auront vite raison de la santé mentale des survivants…

Tout y est : ambiance tendue, images gore, humour noir, baston, survivalisme… Côté ambiance, on est entre Romero et La route de Cormac McCarthy : du fantastique, de la critique sociale, et une bonne dose d’insanité… Ça ne pouvait que me plaire 🙂
Les grandes réflexions sur la fin du monde ont aussi leurs places : qu’est-on prêt à faire pour sa survie et celle de ses proches ?  Est ce que la compassion et la moralité ont encore leurs places après l’apocalypse ? Est ce que la mort et la violence doivent être banalisés dans un univers où la société est en ruine ?
Les personnages sont loin d’être de super héros, même si Rick fait figure de leader charismatique : ils ont tous une part d’ombre.

Côté dessin, je ne dirais pas qu’au début j’étais emballée à 100%, je trouvais le trais un peu grossier (surtout sur les enfants, le trait doit être trop tranché pour faire des visages d’enfants convaincants ?)… Mais en fait il colle tout à fait avec le style de la BD : énergique et sombre, très pictural. Ça change des mangas en tout cas ! Le découpage des cases est bien foutu aussi, c’est un plaisir à lire ! Heureusement, le comic est en noir et blanc : pas d’avalanche de couleurs moches comme on y a souvent le droit avec les BD américaines ! Ouf !

Le seul problème, c’est que j’ai fini les 13 volumes… Tome 14 prévu en septembre… et après, il faudra attendre… Snif :'(

Pour patienter, une série TV commencé en 2010 aux USA a vu le jour. La première saison est composée de 6 épisodes de 45 minutes. Pas mal pour patienter un peu, en attendant la suite de la BD, et la saison 2 prévue pour octobre 2011 !

Un coup de cœur pour moi, j’attends la suite avec impatience et espère surtout qu’elle va rester à cet excellent niveau encore longtemps ! Et aussi qu’au passage que ses auteurs nous offres une fin correcte (oui, faut avouer, les fins de séries longues c’est jamais trop ça :-/)

« L’île Panorama » de Suehiro Maruo

L’île Panorama est un manga paru au Japon entre 2007 et 2008 et édité en France en 2010. Comme pour La chenille, le scénario est tiré d’un roman de Edogawa Ranpo du même nom, paru en 1926.

L’histoire se déroule dans le Japon du début du XXème siècle. Hirosuke Hitomi est un écrivain sans le sou, fan d’Edgar Alan Poe (comme l’est son créateur Ranpo), qui a quelques difficulté à publier son roman, L’histoire de Ra… Ce récit expose le monde idéal dont rêve l’auteur, un paradis sur Terre, un vrai jardin des délices… C’est alors qu’il apprend que son ami d’université, Genzaburô Komoda, qu’il n’a pas vu depuis 20 ans, est mort. Celui-ci lui ressemblait comme un frère jumeau, mais était l’héritier d’une immense fortune.
Un plan insensé prend forme dans l’esprit d’Hirosuke : faire croire à tous que Komoda n’est pas mort et a été enterré vivant, usurper son identité et profiter de sa fortune pour créer son île paradisiaque…et vivre pleinement son rêve !

Un petit bijou empreint d’Art Nouveau que ce manga… je suis déjà fan du trait et de l’univers de Suehiro Maruo, mais ces références directe à ce style me rendent cet ouvrage particulièrement sympathique !
Certaines de ses cases sont comme des fenêtres ouvertes sur un monde onirique autant grâce à la forme qu’au fond, mais on va dire que c’est habituel chez lui. Cette fois c’est très visible je trouve car on est assez loin des univers glauques et de l’aspect eroguro de Vampyre ou de La chenille
Un monde en apparence plus positif, même si l’Ile-Panorama imaginé par Hosuke peut aussi être une malédiction caché sous une forme attrayante…

On comprend à cette lecture pourquoi il a remporté le Prix Tezuka de 2009 avec ce manga 🙂
Bref, je ne peux que conseiller, même si Vampyre reste mon petit préféré 😉