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« L’enfer en bouteille » de Suehiro Maruo

l-enfer_en_bouteilleJe suis plus que jamais fan de Suehiro Maruo et de son style érotico-grotesque (« ero guro » pour les intimes) qui est toujours sur la brèche de l’horreur pure, sans tomber dans le gore.
Dans ce manga, quatre nouvelles dessinées qui nous présentent des pans différents de son art.

L’enfer en bouteille est mon histoire favorite du recueil : érotisme et tension, dans un récit tiré d’une nouvelle de Kyusaku Yumeno.
Trois pages manuscrites sont retrouvées dans des bouteilles de bières jetées à la mer. On suit à la lecture de ces lignes les aventures d’enfants – un frère et une sœur – échoués sur une île déserte… Enfants qui deviendront bientôt des adolescents en pleine pubertés, tiraillés entre le désir et le tabou de l’inceste, qui se transforment alors en pulsion de mort. Le vert Eden de l’île se transforme bientôt en enfer pour ce couple…

Dans ce manga, on retrouve l’attrait de Maruo pour les récits traditionnels japonais, comme dans Les dix gâteaux de la fortune, qui reprend une histoire classique du théâtre japonais : un masseur aveugle a amassé une fortune qu’il cache et que tout le monde lui envie… son voisin va tenter de découvrir où, a ses risques et périls.
L’auteur s’intéresse aussi aux contes occidentaux, comme sa version de La tentation de Saint Antoine le prouve ! Les pérégrinations délirantes du moine sont pour lui l’occasion de revisiter ce mythe, dans un style que Dali ou Bruegel n’auraient pas renié !

L'enfer en bouteille

Surréalisme et art déco sont au rendez-vous, avec une touche de noirceur extrêmement esthétique dans ces quatre récits… Et son attrait pour le sordide, les monstres et les personnages en marge de la société se retrouve dans la dernière nouvelle illustrée : Pauvre grande sœur. Ici une jeune fille tente de survivre en se prostituant, accompagnée de son petit frère attardé… Elle fuit un père violent qui voulait la vendre et qui souhaitait couper les membres de son frère pour en faire un monstre de foire… Tout un programme !

Voici donc une très belle édition parue cette année, et préfacée d’un texte de Moebius datant des années 90, époque ou Maruo n’avait pas encore connu le succès en France. Cet incipit du pape de la BD française m’a ouvert les yeux sur ma passion pour cet auteur de manga ! Maruo tel un enfant en pleine crise de rage n’a pas peur de se faire mal, et par conséquent de faire mal au autres… et c’est cette authenticité, cette plaie qu’il nous force à regarder qui est si fascinante. Un petit texte court et très intéressants pour mieux comprendre l’œuvre transgressive de Maruo !

Comme d’habitude, je vous invite à découvrir Maruo, au delà des clichés ero-guro… Pour ma part il me reste encore quelques uns de ses mangas à étrenner… Youpi ! 😀

« Batman : Silence » de Jeph Loeb & Jim Lee

Batman : SilenceBatman : Silence, regroupe l’intégrale des comics sortis entre 2002 et 2003 sous le nom de Batman: Hush aux USA. Cette lecture m’a mis devant ma méconnaissance complète des comics, et plus particulièrement ceux de super-héros ! Quelle honte ! :s
Mais du coup j’ai pu me remettre à niveau avec cette histoire qui réunit la plupart des personnages récurrents de cette série, que ce soit les copains super-héros de Bruce Wayne / Batman, ou des super-vilains plus que connus !

A Gotham City, un jeune garçon est kidnappé par une créature mi-homme, mi-crocodile, Killer Croc. Alors que Batman vient le secourir, Catwoman s’empare de la valise contenant la rançon… Batman la prend en chasse, mais il va vite se retrouver dans une mauvaise posture : la corde de son grappin est coupée, et il tombe dans une ruelle au milieu d’un groupe de criminels. Il ne doit sa survie qu’à Huntress, mais est dans un sale état : il a une commotion cérébrale, que son valet Alfred ne peut pas soigner lui-même. Heureusement l’ami d’enfance de Bruce Wayne, Thomas Elliott, est un chirurgien de talent et il va faire un vrai miracle en le soignant…
A peine remis Batman ne chôme pas ! Après Killer Croc, c’est Poison Ivy qui fait des siennes, aidée de Superman qu’elle a envouté, puis c’est au tour de Harley Quinn et de son petit ami le Joker… Tous ces super-vilains surgissent de partout pour commettre des crimes qui ne leur ressemblent pas. Qui est derrière tout cela, à tous les manipuler ?

Batman-Silence

Comme je le disais plus haut, on ne s’ennuie pas une seconde dans ce comics qui regroupe une bonne vingtaine de personnages récurrents de la série Batman. Ainsi je serais un peu moins niaise quand on m’apprendra qu’il y a eu trois Robin différents dans la série 😀
Côté scénario, chaque « chapitre » nous fait avancer dans la l’enquête de Batman, pour savoir qui a tenté de le piéger… et aussi de voir comment sa relation amoureuse avec Catwoman va évoluer ! Et oui, dans Batman : Silence, notre super-héros mystérieux se laisse tenter par l’amie des félins, habituée à passer du bord des méchants à celui des bons… Et c’est bien ce qui la rend si intéressante !
Côté dessins et couleurs, rien à redire… C’est extra, bourré de détails… De plus cette édition intégrale permet d’admirer à la fin du volume les crayonnés de certaines planches : terrible ! On peu aussi apprendre les secrets dissimulés dans certaines cases, dévoilés par les auteurs ! C’est amusant de voir a quel point une case peut cacher des indices ou des clins d’œil réservés aux vrais fans de comics, comme une boite de pizza provenant du restaurant ou travaillait tel ou tel personnage, ou encore la lampe de bureau d’Oracle qui est la réplique de celle de Jim Lee !

Une bonne lecture si on aime les histoires de super-héros, même si la fin m’a laissé un peu dubitative… Mais de toute façon n’importe quelle fin m’aurait laissée sur ma faim 😉
En tous cas, une lecture idéale pour continuer le challenge geek 🙂

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« Bride Stories tome 4  » de Kaoru Mori

Bride Stories 4 Ca fait bien longtemps que je n’avais pas lu un manga de la série des Bride Stories, qui pourtant m’avait bien plus à l’époque… Et c’est bien dommage, car cette BD et particulièrement ce tome, ont tout pour plaire : maîtrise du dessin et de l’univers dans lequel se déroule l’histoire, des personnages attachants, beaucoup d’humour… Bref, un bon bol d’air frais !

Nous avions laissé au dernier épisode l’ethnologue Smith seul avec son guide, Ali, sur la route d’Ankara.
Ils vont traverser un village de pêcheurs au bord de la mer d’Aral, où Smith va être pris pour un médecin, et se retrouver des jours durant à soigner les habitants du village… et bientôt tout ceux de la campagne aux alentours !
Ici vivent Layla et Leyli, deux jeunes jumelles qui débordent d’énergie ! Elles n’ont qu’une idée en tête : se trouver deux maris (un pour chacune), idéalement des frères pour pouvoir vivre ensemble… Et bien entendu, ces futurs époux devront être beaux, riches, posséder des centaines de têtes de bétail, proposer une belle dot à leur père, et surtout, supporter ces deux turbulentes jeunes femmes ! Leur père leur trouvera-t-il un parti à leur hauteur ?

Layla et Leyli

Ca fait du bien de quitter un peu le clan de Karluk et d’Amir pour voir un peu ce qui se passe dans d’autres contrée d’Asie Centrale ! Ici on est servi, on est dans un tout autre univers : un village de pêcheur, où le bétail à moins d’importance, avec de nouveaux modes de vie (vêtements, cuisine…). Mais comme partout, le mariage et donc les alliances entre familles sont essentiels !
Les deux jumelles, Layla et Leyli sont deux personnages très comiques, à leur insu : deux petites pestes montées sur ressorts qui ne pensent qu’à leur futur mariage. Elles montent plans sur plans pour essayer de se trouver des maris riches en les piégeant, au grand dam de leur parents. Cela donne des situations cocasses, comme la scène où elles essayent d’assommer un riche chef de tribu avec un poisson, au moment où il traverse la rivière, afin de le sauver et de peut-être se voir proposer ses fils en noce !
Heureusement, leur père va mettre fin à leurs stratégies délirantes pour se trouver un mari en leur choisissant des époux… Gare à la déception !

Je n’ai plus qu’une envie : courir m’acheter le tome 5 !!!

« Goliath » de Tom Gauld

GoliathJe n’en ai pas parlé le mois dernier, mais Price Minister a organisé cette année encore l’opération La BD fait son festival. Une BD de la sélection officielle du festival d’Angoulême au choix contre une chronique dans ce blog et une note pour ma lecture… Très bon deal ! 🙂

Comme je n’avais pas trop d’idées sur ce que j’allais choisir dans la liste proposée, je me suis fiée à mon instinct, et j’ai demandé Goliath de Tom Gauld. La seule raison : j’aimais bien la couverture 😉
Totale surprise donc sur le scénario et le dessin ! Et bien autant le dire tout de suite, j’ai passé un très bon moment ! Puisqu’il faut jouer le jeu des notes pour ce partenariat, je donnerai un 17 à cette BD.

C’est la guerre entre les Philistins et les Israélites. Goliath est dans l’armée philistine, et malgré sa taille imposante, il n’est pas un grand guerrier. Son truc, c’est la paperasse, et il fait très bien son métier de gratte-papier.
Jusqu’au jour où son capitaine décide d’en faire un héros, un élément central de sa stratégie contre le camp ennemi… Pour lui c’est une guerre psychologique qui devra se jouer entre les deux belligérants… et amener les Philistins à la victoire !
Affublé d’une armure d’apparat, accompagné d’un jeune porte bouclier, armé d’une lance gigantesque, Goliath doit aller chaque matin sur le champ de bataille désert et exiger un duel contre un guerrier Israélite. Si celui-ci le bat, les philistins se soumettront, et inversement. Le capitaine de l’armée philistine se dit que vu le morceau que représente Goliath, aucun Israélite ne pourra l’affronter !
Une terrible pression pèse sur les épaules pourtant massives de Goliath… Lui qui est un piètre combattant, il angoisse chaque matin à la perspective du combat qui pourrait venir…

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C’est donc un célèbre épisode de l’Ancien Testament qui nous est raconté là, David et Goliath, vu, revu et corrigé ! Cette version est loin des images qu’on peut avoir du fait d’arme original : on laisse le gentil David pour s’intéresser au « méchant », et encore, méchant est un grand mot… Goliath n’est pas un monstre assoiffé de sang et de victoire, c’est un intellectuel pas bon du tout à l’épée… On se prend tout de suite de sympathie pour ce bon gros géant. L’auteur sait jouer avec la poésie et l’humour pour rendre sensible et intelligent son propos. Les mythes sont parfois loin de la réalité, et tout est une histoire de point de vu !

J’aime beaucoup aussi le style de Tom Gauld, dessinateur et illustrateur britannique. D’abord le style simple et percutant, dans la tradition des comic strip, comme ceux qu’il fait pour le Guardian.
Le découpage de certaines pages, la manière dont il joue sur les répétitions de cases, la lumière, les ellipses temporelles… Tout cela donne bien l’impression des 40 jours d’attente de Goliath, et rajoute même au comique, voir au dramatique, de la situation dans laquelle le héros est empêtré. Je me suis vue sourire devant certain mise en scène, c’est pour dire !

Voilà donc une lecture que j’ai beaucoup apprécié et que je soutiens ! Merci à Price Minister et à l’Association, éditeur de cette superbe BD (l’objet est beau en plus !).

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« Walking dead, tome 19 : Ezéchiel » de Robert Kirkman & Charlie Adlard

Walking Dead tome19L’année commence bien avec la sortie du tome 19 de Walking Dead : Ezéchiel. Un épisode qui s’inscrit bien dans la suite du tome 18, mais où il se passe finalement assez peu de choses, comme d’habitude j’ai envie de dire 😉

Depuis que Rick a décidé de se soumettre à Negan,  une grande partie de la population de la communauté a décidé de courber l’échine. Ils travaillent dorénavant dans le but d’offrir son tribu régulier de vivres et d’équipement au groupe de ce chef psychopathe, armé d’une batte dénommée Lucille… Mais en secret, Rick et ses amis les plus proches mettent en place une alliance avec les deux autres communautés placée elles aussi sous le joug de la violence de Negan, celle de la Colline et du celle du Royaume dirigé par Ezéchiel. Grâce à Jésus dans le rôle de l’entremetteur, ils espèrent monter une véritable petite armée capable de tenir tête à Negan…

Depuis quelques tomes déjà il est plus question de survie et de guerre entre les communautés que de baston contre les zombies finalement… Et quand on y pense on est vraiment au centre de la problématique de cette histoire post-apocalyptique : à savoir qui aura le pouvoir et de quelle manière. Certains chefs de clan ont choisi la peur et la violence, d’autre la politique, d’autre le dévouement quasi-religieux
Si Ezéchiel se montre pour le moment comme un leader charismatique un peu timbré avec ses rastas blanches et son tigre, il n’en reste pas moins qu’il a l’air très intelligent. Il a bien mené sa barque pour devenir roi de sa communauté, il est courageux et n’hésite pas à s’opposer à Negan quand le moment vient, et il voit très bien l’intérêt de se lier à Rick… A mon avis on va réentendre parler d’Ezéchiel dans quelques tome, mais je parie qu’il sera opposé à Rick et ses amis !

Ezechiel

On voit un peu moins Negan, mon super-méchant préféré, mais il m’éclate toujours autant 😀
Les autres personnages comme Michonne sont assez anecdotiques… on les voit tous un tout petit peu, mais sans vraiment rentrer dans les détails. Dommage, mais en même temps on ne peut pas se concentrer sur de nouvelles figures comme Ezéchiel, et traiter en même temps du quotidien des nombreux protagonistes de Walking Dead.

Un tome de transition, une fois de plus j’ai envie de dire, mais qui n’enlève pas l’attrait que j’ai pour cet univers sombre !

J’en profite pour mettre cette BD dans mon challenge Geek… Des zombies, un univers post-apocalyptique, ça colle plutôt pas mal 🙂

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« Fables tome 1 : Légendes en exil » de Bill Willingham et Lan Medina

Fables tome1Je me suis prise de passion pour la série Once Upon a Time l’an dernier, et en me baladant sur Internet j’ai entendu parler de la série de comics Fables de Bill Willingham, qui reprendrait le même principe : moderniser les contes que nous connaissons tous en intégrant leurs héros dans notre monde contemporain…  Moi qui aime le mélange des genres, j’ai été emballée par le concept, et j’ai finalement commandé le tome 1 de Fables, Légendes en exil en début d’année !

A Fableville, état dans l’état situé dans la ville de New-York, des personnages de contes vivent une existence presque comme la nôtre… Ils ont été chassés de leurs royaumes par un puissant Adversaire, et ont tenté de recréer au cœur de la ville un monde qui leur convient, tout en cachant leur nature enchantée aux êtres humains.
Blanche-Neige, bras droit du maire le Roi Cole, dirige la ville et fait en sorte que tous puissent  coexister… Les Trois Petits Cochons et le Grand méchant Loup, la Belle qui se dispute avec la Bête… et aussi gérer son ex-mari volage, le Prince Charmant.
Mais un drame advint : la sœur de Blanche-Neige, Rose-Rouge a disparu, et son appartement est retrouvé sans dessus-dessous, aspergé de litres de sang… est-elle encore en vie ? Et qui lui aurait fait du mal ? Son petit ami Jack ? Ou bien Barbe Bleu qu’elle aurait fréquenté ? Le Grand Méchant Loup, qui a maintenant une apparence humaine grâce à quelques sortilèges, est devenu enquêteur au service de Fableville, et va tenter de découvrir ce qui a bien pu arriver à Rose-Rouge.

Si le pitch me semblait sympa, dans les faits, j’ai été un peu déçue… L’histoire est sympa, mais le suspense ne prend vraiment pas. L’enquête reprend des poncifs et ficelles des histoires policières, avec toutes les fausses pistes, retournements de situations auxquels on ne peut que s’attendre. Pas de surprises quoi… Est-ce parce que ce premier volume à maintenant 11 ans ? En gros il ne faut vraiment pas lire cette BD pour l’intrigue policière.

Fables tome 1

Autre point assez décevant, le dessin très classique et les couleurs criardes… C’est très comic, ces aplats et ces formes très tranchées, mais ça m’a tout de suite déplut ! On est loin du style de la couverture, qui me plaisait beaucoup. En fait comme souvent, la couverture et les planches ne sont pas du même auteur : James Jean pour la première, et Lan Medina pour les secondes.
A priori le dessinateur Lan Medina c’est occupé que des 5 premiers tomes…  Mais aurais-je le courage d’aller plus loin ?

Bon sinon l’univers est intéressant, même si un seul tome ne suffit pas à rentrer dans la psychologie des personnages ou à découvrir les détails de cet univers.
Mais vu que je suis peu emballée par ce premier tome, je me demande si je dois investir dans la suite… Il y a tout de même 21 tomes sortis en France, et la série n’est pas terminée d’après ce que j’ai compris !

En bref, je crois que j’avais mis trop d’espoir dans cette BD, dont l’idée me paraissait très intéressante : mélanger les contes et personnages de notre enfance avec notre quotidien urbain. Comme quoi une bonne idée ne suffit pas… Si je venais à trouver le tome 2 d’occasion, je l’achèterai peut être pour confirmer ou infirmer mon avis !
En attendant je vais retourner à Once Upon a Time ! 😀

« Le mort amoureux » de Junji Ito

Le mort amoureuxMon année de challenge commence enfin ! Doucement certes, avec un manga d’un auteur que j’aime beaucoup, Junji Ito, le maître de l’horreur japonais ! J’ai lu quelques mangas de cet auteur ces dernières années, et je n’ai pas le souvenir d’avoir été déçu. Avec Le mort amoureux, on retrouve l’intensité dramatique de Tomié, un de ses chef d’œuvre. Du très bon donc, avec cette histoire parue au Japon en 1996 !

Ryûsuke, un adolescent japonais, revient vivre dans sa ville natale avec ses parents. Ça fait plusieurs années qu’il n’a pas remis les pieds dans cette ville, mais il arrive tout de même à retrouver des amis d’enfance, dont la jolie Midori. Il oscille entre la joie de retrouver ce premier amour d’enfance et le poids de la culpabilité : Ryûsuke pense être à l’origine de la mort de la tante de Midori, alors qu’ils avaient 6 ans.
Il faut dire que la ville a une coutume étrange due au brouillard quasi permanent qui envahit les rues. Pour connaître son avenir il suffit d’attendre à un carrefour et de demander au premier inconnu qui s’approche se que le futur nous réservera. Beaucoup de jeunes femmes utilisent ce moyen comme météo de leur vie amoureuse et comme aide à la prise de décision…
C’est ce qui est arrivé à Ryûsuke alors qu’il était enfant : il a refusé une réponse compatissante à une jeune femme qui lui posait une question sur sa vie amoureuse… Et croyant son avenir sentimental détruit elle a décidé de se suicider dans la rue… Cette femme c’est avérée être la tante de Midori, et cette dernière ignore que son ami d’enfance est mêlé à cette mort.
Mais ces derniers temps dans la ville les choses ne s’arrangent pas : un jeune homme grand, beau et vêtu de noir pousse les femmes aux suicide en leur brisant le cœur, en répondant à leurs questions de manière brutale… Qui cet homme ? Est-il lié à Ryûsuke ? Pourquoi s’amuse-t-il a manipuler ces jeunes femmes ?

Comme dans les précédents mangas de l’auteur, on plonge dans un monde qui part à la dérive… Une ville un peu étrange se transforme vite en piège mortel, les adolescentes transies d’amours finissent égorgée et leurs fantômes reviennent hanter les vivants, et tout cela ne va pas en s’arrangeant au cours des 4 chapitres ! Par dessus cela, le drame psychologique de la relation entre les deux jeunes amoureux : Ryûsuke qui aime éperdument Midori mais ne peux pas lui avouer son crime, et elle qui ne comprend pas pourquoi il est distant avec elle…

Le Mort amoureux

J’ai passé un très bon moment en lisant cette histoire, les dessins sont comme d’habitude assez réalistes, un peu glauque voir carrément trash quand il le faut. Junji Ito arrive parfaitement à rendre l’horreur ou la résignation dans un visage… Un grand maître ! Le côté film d’horreur classique n’est pas pour me déplaire non plus : des histoires d’esprits, de folies meurtrières, de superstitions et de légendes urbaines… un régal.

Comme l’histoire est courte, un livre de 200 pages, je le conseille à tout ceux qui voudraient découvrir cet auteur !

Une très bonne lecture pour débuter le challenge ABC Littératures de l’Imaginaire 🙂

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Walking Dead tome 18 : Lucille… » de Robert Kirkman et Charlie Adlard

Walking Dead 18Depuis quelques semaines le dernier tome de Walking Dead traînait à la maison. Honte à moi, je ne me suis pas jetée dessus comme une zombie affamée ! Mais après la fin du tome 17, un volume si riche en événements et si palpitant, j’avais peur que ce nouvel opus soit un peu mou du genou. Il faut dire que les Walking Dead c’est souvent comme ça, il y a des hauts et des bas…
Et bien si Lucille… n’est pas complètement à la hauteur de son prédécesseur (qui était vraiment terrible, je le répète !), il en reste néanmoins un très bon tome de la série : une nouvelle situation apocalyptique, de nouvelles communautés avec leurs règles bien à elles, et surtout un super méchant qui m’éclate !

Dans cet épisode, la communauté de Rick fait connaissance avec le groupe des Sauveurs, dirigé par Negan et de Lucille. Cette dernière n’est pas une femme, mais une batte de base-ball garnie de fil barbelé… Ça donne tout de suite l’ambiance ! Suite au meurtre de Glenn par Negan et Lucille dans le dernier tome, Rick a décidé de se soumettre aux Sauveurs, tout comme les autres communautés des environs. Comme eux, ils doivent donner la moitié de tous leurs biens aux Sauveurs, qui ne se gènes pas pour venir se servir.
Refusant ce nouvel ordre établi, Carl, le fils de Rick, se cache dans le camion des Sauveurs avec une arme, bien décidé à abattre Negan
Va-t-il parvenir à ses fins ? Comment sera-t-il puni ? Comment le groupe de Rick gère cette nouvelle crise ?

Pour moi le clou de l’album, c’est Negan ! Ce personnage de psychopathe m’amuse au plus haut point ! C’est un vrai méchant, instable, mais avec une certaine logique qui lui permet de maintenir sa communauté et ses privilèges. Il fait des blagues de merde, est fasciné par l’œil énucléé de Carl et son courage (ou sa bêtise ?), et surtout à une chérie atypique en plus de son harem : Lucille, à qui il a donné une vraie personnalité encore plus barrée que la sienne.
J’espère juste que les scénaristes ne vont pas l’éliminer trop vite du tableau dans les prochains albums ! Ou alors qu’il parte vraiment en fanfare !
En tout cas ça laisse présager un bon combat final entre Negan et Rick… Vivement la suite en février 2014 🙂

Sinon le reste de l’histoire reste du Walking Dead classique : conflits entres groupes de survivants, alliances entre communautés, poutrage de zombies, et bien entendu les petites tensions entre les différents membre de la communauté de Rick.

Un bon épisode pour moi, qui en plus me permet de régler son compte à la case « Prénom » du challenge Petit BAC 2013 ! Merci Lucille ! 😀

Challenge Petit BAC 2013

« Blast tome 3 : La tête la première » de Manu Larcenet

Blast 3J’ai un peu pris mon temps pour lire ce troisième opus de la saga Blast, ce dernier étant sorti en octobre 2012… Mais après tout, il faut être en bonne condition pour lire ce qui s’annonce déjà comme la série phare de cette décennie, et qui me permet de me réconcilier avec la BD européenne (et française en particulier :)) !

En même temps il faut avouer que Manu Larcenet n’est pas un auteur comme les autres pour moi : c’était déjà mon chouchou dans le magazine Fluide  Glacial que je lisais quand j’étais ado il y a quelques années (hum hum… une grosse décennie).
J’aime beaucoup son style graphique, son humour noir et acide, son regard tout de même lumineux sur la vie… Et le peu de fois où je l’ai vu en interview (sur No Life en l’occurrence), il m’a semblé être un mec très bien doublé d’un artiste complet.

Bref, dans ce tome 3, nous retrouvons Polza comme à chaque fois au commissariat, interrogé par les deux mêmes policiers… Si à la fin du tome 2 nous nous étions arrêtés sur Saint Jacky et le meurtre sous le pont d’une junkie, il n’en est plus question : l’heure tourne et il y a urgence… On imagine bien que les policiers n’ont plus que quelques heures pour faire cracher le « gros » morceau à Polza : ce qu’il a fait à Carole.
Dans ce tome il revient sur la trame principale de ses aventures de vagabond : comment il se retrouve en hôpital psychiatrique, s’en échappe et rencontre Carole. Le tout est ponctué de crises de manques, d’éveil à la nature, de visions de statues de l’Ile de Pâque, de rencontres bénéfiques et d’autres très destructrices… On en apprendra aussi plus sur son père, ses sentiments envers lui, sur la mort de son frère.
J’ai eu le sentiment qu’on dépassait ici les apparences de Polza : un être gros et gras, drogué et alcoolique, à la marge de la folie et de la société,et  à la recherche permanente du « Blast ».
On rentre vraiment dans son vécu, ses sentiments, ses souvenirs, ses peurs, ses souffrances… D’ailleurs j’ai trouvé ce volume beaucoup plus sur à lire que les deux précédents : il est beaucoup plus glauque, et certaines scènes m’ont vraiment marqué !
On commence à le comprendre d’une certaine manière… et on perçoit mieux les doubles facettes de sa personnalité : contemplatif et destructeur, mais reste tout de même une énigme

Maintenant que Carole est rentrée sur scène, je m’attend à ce que la série se termine rapidement… Encore un tome ou deux que j’attends avec impatience !
En attendant, prenez le train en marche ! Je vous conseille vivement cette série, sombre et pleine d’esprit !

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« Tu mourras moins bête » tomes 1 et 2 de Marion Montaigne

Tu mourras moins bête Grâce à l’évènement mis en place par PriceMinister, « La BD fait son festival« , je me suis fait un petit plaisir ce week-end : lire le tome 2 des aventures scientifiques du Professeure Moustache.

Je connais depuis plusieurs années le blog de Marion Montaigne, Tu mourras moins bête. Ses nouvelles publications de BD sur son site sont rares, mais je saute dessus dès qu’elles sortent ! Je suis fan de cet univers de vulgarisation scientifique mêlé à l’humour trash de cette auteure 🙂
Voilà pourquoi j’avais demandé au Père Noël de m’offrir le tome 1 de la BD… et que j’ai sauté sur l’occasion d’avoir le tome 2 avec PriceMinister 😀

Si le tome 1, sous-titré La science, c’est pas du cinéma traitait fort justement des sciences dans le cinéma, le tome 2, Quoi de neuf, Docteur Moustache, nous fait découvrir toutes les subtilités de notre corps… mais pas que ! On va apprendre comment un virus s’attaque à notre corps, comment le cerveau interprète les images, la différence entre les implants mammaires à gonfler ou en silicone… Mais on va aussi se plonger dans la psychologie et la sociologie : l’effet Barnum en astrologie (qui nous laisse à penser que les prédictions sont vraies), en quoi les hommes sont proches sexuellement des singes (et oui le sexe c’est vendeur ;)), la psychologie de la femme, pourquoi les amoureux se roulent des pelles…
Tout cela nous est expliqué par le Professeure Moustache (femme à moustache, donc, avatar de l’auteure), qui est souvent accompagné de ses habituels camarades : Natanaëlle, son chien Youki, … mais aussi l’expert de Miami Horacio Caine, Matt Lesgy le présentateur du dimanche sur M6, ou encore ses boucs émissaires favoris, les frères Bogdanoff, Nicolas Sarkozy, …
Bref, on se marre et on s’éduque ! Par exemple depuis que je sais que 80% de la poussière dans mon appartement provient de nos peaux mortes, je suis très tentée de vivre en combinaison intégrale chez moi :! 😀

Je ne peux que conseiller ce livre, qui regroupe des planches déjà parues dans le blog, mais aussi d’autres inédites.
Personnellement j’ai une petite préférence pour le premier volume, mais uniquement à cause du sujet qui m’amusait plus (le ciné et la science, il y a de quoi faire !)
Si vous ne connaissez pas cette BD, foncez, elle a tout pour plaire, et nous faire rire !

Ma note : 17/20 !

Et merci à PriceMinister et l’éditeur de la BD, Ankama, pour ce partenariat !