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« L’histoire des 3 Adolf » d’Osamu Tezuka

L'histoire des 3 adolf tome 1Voilà plusieurs années que j’avais dans ma liste à lire ce manga en quatre tomes. L’histoire des 3 Adolf fait figure de grand classique de la BD nippone parue en 1985. J’ai profité qu’un collègue me les prête pour les lire… non sans mal…

En 1936, Sohei Toge, journaliste sportif, est envoyé à Berlin pour suivre les Jeux Olympiques. Son frère qui vit sur place depuis plusieurs mois semble avoir des ennuis… au point d’être retrouvé assassiné ! Lors de son enquête personnelle, Sohei met la main sur des documents que son frère voulait lui transmettre : l’acte de naissance d’Adolf Hitler, qui met en lumière des origines juives ! A partir de ce moment, les services secrets allemands et japonais n’auront de cesse de vouloir mettre la main sur Sohei et ses précieux documents. En parallèle, trois Adolf vont rythmer en fond de toile les mésaventures de Sohei : Adolf Hitler, Adolf Kaufman, le fils d’un diplomate nazi et d’une japonaise, et Adolf Kamil, un juif expatrié au Japon.

Sur ce fond de Seconde Guerre mondiale, je me suis surtout intéressée à l’histoire des deux Adolf japonais. Les deux adolescents que tout oppose, Adolf Kaufman le fils de nazi et Adolf Kamil le juif deviennent amis, envers et contre tous. Le père Kaufman refuse de voir son fils se lier d’amitié avec un juif, et fait tout pour les séparer… jusqu’à l’envoyer dans une école allemande pour ensuite intégrer les Jeunesses Hitlériennes. A partir de là, on le suit une spirale d’horreur, où le jeune Kaufman va apprendre à devenir de plus en plus cruel et extrême… Déroutant et terrifiant.
J’ai moins accroché sur l’histoire de Sohei Toge, qui n’aura de cesse de retrouver puis conserver hors des mains de l’Allemagne les documents compromettants sur les origines juives d’Hitler. Le côté « polar » m’a moins intéressé somme toute que le côté historique.

Côté scénario, je suis assez divisée… je me suis ennuyée par moment, j’ai buté sur la lecture plusieurs soirs. Beaucoup de textes, et des dessins pas vraiment au goût du jour.
En revanche j’ai apprécié de voir cette partie de l’histoire que l’on connait tant passée sous la plume d’un japonais… Ça change un peu notre point de vue !
Plongés au cœur des racines du mal et de la haine, on a un aperçu des méthodes employées pour transformer un individu lambda en tueur sans remords.
Avec la fin du récit qui nous mène bien au-delà de la période de la Seconde Guerre mondiale, en pleine guerre israelo-palestinnienne, on se rend aussi compte de l’effet ricochet des évènements historiques et des liens qui se créent entre eux.

Une lecture intéressante, mais je n’ai pas été hyper emballée quand même… Manque de rythme, dessins très moyens. Bref, je suis un peu déçue même si je comprend en quoi cette oeuvre est un monument !

« Le gourmet solitaire » de Jirō Taniguchi et Masayuki Kusumi

Le gourmet solitaireCa faisait un petit moment que je lorgnais sur ce manga… Et surprise ! La semaine dernière La chèvre grise me l’a offert ! Autant vous dire qu’il n’est pas resté très longtemps dans la zone « à lire » de ma bibliothèque.

Le gourmet solitaire que nous accompagnons dans les chapitres de ce manga est en fait un commercial, importateur d’objets au Japon. Son métier l’oblige à voyager dans le pays et dans les nombreux quartiers de Tokyo… et de fait de manger dans des restaurants et gargotes toujours différentes, à des heures parfois improbables. Ses découvertes, bonnes ou mauvaises, sont une invitation au voyage culinaire bien entendu. Mais ses pas dans la ville et ses séances de dégustation vont lui permettre de faire des rencontres, entendre des histoires et de se souvenir d’anecdotes de son passé.

Voilà donc une lecture quasi poétique et contemplative autour de deux sujets qui me passionnent : la bouffe et le Japon. Moi qui suis en plein questionnement sur mes vacances de cet hiver… Je dois avouer que ce livre me donne très envie de voyager au Japon pour goûter tous ces plats que le gourmet solitaire a pu manger ! Les brioches au barbecue, les bento auto-chauffant, les barbecues coréens, les sushis d’otoro, les soupes miso… Ca donne envie ! Outre cet aperçu de plats, j’en ai appris plus sur la façon de manger là bas : on picore au bar, des plats sans riz, puis on retourne chez soi ou dans un restaurant manger un plat avec du riz. On a l’impression que sans riz, un repas est raté… Pire, il en a même pas le nom ! La diversité des restaurants dans ce pays donne le tourni : chacun à sa spécialité, ses codes et usages. Mais certains les brisent… comment faire pour s’y retrouver alors ?

Le gourmet solitaire - planche

Je ne vais pas m’appesantir sur la qualité des dessin… C’est du Tanigushi, donc le trait et la structure des pages sont totalement maîtrisés. Les dessins des plats que mange notre héros, pourtant en noir et blanc, vibrent de couleur quand on les voit sur le papier et qu’on lit leurs descriptions.

Une seule déception, comme toujours avec les mangas édités par Casterman : le sens de lecture a été occidentalisé… Mais pourquoi ? Je trouve ça limite insultant pour les créateurs de ces œuvres… Et puis les lecteurs sont suffisamment habitués aux manga pour les lire dans le sens japonais maintenant non ?

Bref, une belle decouverte, intemporelle… Cette bande-dessinée a été écrite et dessinée en 1997 tout de même ! Il ne me reste plus qu’à prendre ma valise pour prolonger l’expérience, en allant à mon tour prendre le risque de pousser le rideau d’un de ces restaurant, et de voir ce qu’on y mange !

« Un océan d’amour » de Wilfrid Lupano et Grégory Panaccione

Un ocean d'amourSur les conseils de La chèvre grise, je me suis laissée tenter par cette BD de la sélection officielle du festival d’Angoulême, Un océan d’amour… Je ne suis pas trop au fait des sorties BD, surtout dans le domaine franco-belge, donc quand on me vend spontanément une BD, j’y vais gaiement ! Une fois de plus, j’ai bien fait de lui faire confiance : ce livre est un petit bijou de poésie, d’humour et d’amour, et ce sans un seul dialogue !

Comme tous les matin, un marin breton prend la mer pour aller pêcher. Sa femme, une solide bigoudène, lui a fait son petit déjeuner et lui a préparé sa gamelle, comme chaque jour… Mais aujourd’hui, le marin de ne va pas revenir ! Son petit bateau a été pris dans les filets d’un super-chalutier… et il s’en faut de peu pour qu’il puisse s’en libérer. Mais maintenant il est loin des côtes bretonnes, et sa femme l’attend désespérément au port !

C’est une vraie aventure autour du monde que le marin et son épouse vont nous faire vivre dans ces planches : l’homme est perdu en mer, avec comme seule subsistance les boîtes de sardines que sa femme préparait pour ses gamelles quotidiennes, et comme seul amie une mouette sauvées de l’inanition. La femme n’en pouvant plus d’attendre son époux au port, que tous croient mort, va suivre les conseil d’une diseuse de bonne aventure et essayer de le retrouver à Cuba.
Leurs rencontres sont souvent drôles, pleines de clin d’oeil… C’est un vrai plaisir de découvrir comment ils vont tomber de Charybde en Scylla, pour s’en sortir à chaque fois ! Devenir une star people, boire du rhum avec des pirates des Caraïbes, organiser un fest-noz avec Fidel Castro… Les marins bretons, dignes descendants d’Ulysse, n’ont aucune limite, et c’est tant mieux ! 😀
En filigrane, on vit aussi poindre un discours écologique plutôt bien amené sur la pollution des mers, la surpêche, les dégazages sauvages… Pas de tentative de moralisation, mais plutôt un constat bien illustré grâce au personnage de la mouette entre autre (rigolote cette bestiole :))

Un océan d'amour

Les personnages sont biens vus graphiquement et psychologiquement. En quelques traits on comprend parfaitement les liens d’amour, les chamailleries, le désarrois… C’est franchement bien foutu visuellement. Et que dire du scenario qui arrive à nous emmener dans une histoire où aucun mot n’est prononcé ? C’est peut être en cela que le premier truc qui m’est venu en tête en feuilletant les première pages, ce sont Les Triplettes de Belleville. Il y a de ça bien entendu, mais pas que… Il y a un optimisme supplémentaire dans cette histoire d’amour qui m’a donné le sourire, et ça, ça n’arrive pas souvent 🙂

Amateurs de BD, et les autres, n’hésitez pas : Un océan d’amour est certainement un des titre phare de 2014 !

 

 

 

« Beta… Civilisations, volume I » de Jens Harder 

Beta... CivilisationsQuatre ans après ma découverte passionnée avec Alpha… Directions, Jens Harder publie enfin un second tome à sa trilogie sur l’Histoire du Monde ! Grâce à l’opération de Priceminister « La BD fait son festival » (une chronique et une notation contre une BD sélectionnée à Angoulême), j’ai pu lire et admirer le travail de cet auteur de BD allemand, dont le travail s’apparente autant à de l’art graphique qu’à un travail d’historien.

Nous commençons Beta… Civilisations à l’ère Tertiaire, à la fin du règne des dinosaures. Les mammifères vont vite occuper l’espace laissé libre… Et c’est ainsi que les premiers primates vont évoluer pour devenir des homo sapiens et fonder les civilisations ! Je fais court, car cette BD est un tel monument que chaque chapitre pourrait être détaillé comme un récit autonome.

Je crois que c’est le travail de recherche et de compilation qui m’impressionne le plus dans le travail de cet auteur. Jens Harder se base sur l’histoire de la Terre et de l’humanité, qu’il illustre d’images faisant parti de notre inconscient collectif : œuvres d’art, artisanats préhistoriques, cases d’autres bandes-dessinées, meme Internet, films cultes, photos célèbres… C’est assez amusant de jouer au jeu du « mais d’où provient cette illustration » ? Ce mélange des genres de la peinture institutionnelle aux icônes populaires, donne un ton bien particulier à ce roman graphique.
Peu de textes : on est dans l’évocation et l’imaginaire, autant que dans l’analyse scientifique. En effet, beaucoup de cartes et de graphiques sont là pour nous expliquer cette histoire du monde. Chaque chapitre est séparé d’une petite chronologie, ce qui permet de nous y retrouver plus facilement (et éventuellement de réviser ;)).

Graphiquement, toutes les reproductions sont dessinées par l’auteur, ce qui donne une cohérence à toutes ces sources, en ce lieu réunis. On a donc pas un effet d’accumulation trop prégnant.
Au niveau du jeu des couleur, un ton domine par chapitre. Cela permet de bien séparer les périodes historiques, et surtout de ne pas sur-saturer notre cerveau déjà en effervescence ! Chapeau d’ailleurs pour cette édition, les couleurs argentées ou dorées son magnifiques. Selon la lumière ou l’orientation du livre, elles ont des reflets différents !

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Une superbe suite à Alpha… Directions, même si j’ai tendance à préférer ce premier volume, plus abstrait peut être… et puis j’ai toujours préféré les dinosaures au mammouths 🙂
En tous cas, vivement la suite qui devrait s’intéresser à l’histoire moderne, à partir de l’année 0 de notre ère ! J’espère juste ne pas avoir à attendre cinq ans !

Merci Priceminister pour ce partenariat ! Et une fois de plus, car je dois bien donner une note : 18/20 !

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« Démokratía, tome 1  » de Motorô Mase

Demokratia tome 1Il y a maintenant deux ans, les éditions Kazé mettaient un point final à la version française de la série de manga évènement de Motorô Mase, Ikigami. Grâce à cette série, les français avaient pu découvrir qu’un manga pouvaient être destiné aux adultes, proposer de bonnes histoires « sérieuses » tout en proposant des dessins maitrisés.
Du coup notre niveau d’exigence est forcément très haut pour la nouvelle série de l’auteur… Mais avec Démokratía, le challenge devrait être relevé sans trop de difficultés ! Ce premier tome offre un récit de science-fiction intelligent, qui laisse présager une série passionnante !

Étudiants en robotique et en informatique, Hisashi Iguma et Taku Maezawa s’associent pour créer une œuvre sans précédent : une femme robot, dirigée par une intelligence collective. Grâce au logiciel conçu par Taku Maezawa, un groupe d’internautes choisis au hasard peuvent décider ensemble, sous forme de votes, quels seront les actions du robot… Une entité mue par la démocratie en somme ! Si tout se déroule correctement dans le laboratoire des deux ingénieurs, qu’en sera-t-il quand leur création va partir seule à la découverte de la ville ?

Ce que j’adore dans ce livre, c’est le concept même de logiciel qui permet à un panel de 3000 internautes d’influer sur les gestes du robot. Pour la faire mouvoir, parler… il suffit de proposer une action : les trois plus représentées sont soumises au vote, ainsi que deux propositions uniques… des petites « folies » qui empêchent un comportement trop formaté. De quoi créer une intelligence artificielle au comportement quasi-humain !
L’expérience n’est pas sans rappeler le Twitch Plays Pokemon (des milliers de joueurs dirigeant un seul personnage dans le jeu Pokémon), mais avec plus d’intelligence derrière, et moins de trolls pour la faire échouer !
Le test sociologique présenté est aussi très intéressant : est-ce que 3000 cerveaux valent mieux qu’un ? Est-ce que le robot prendra des décisions meilleures, voire plus humaines qu’un seul être de chair et de sang ? Est-ce qu’on pourra voir émerger un surhomme ?

planche demokratia

Une histoire qui s’annonce géniale donc… la seule crainte serait de voir celle-ci tourner en rond ou devenir trop idéaliste… ce qui à mon avis ne devrait pas être le cas, si on voit comment Ikigami a été développé ! Vivement la suite ! 😀

« Batman : Killing Joke » d’Alan Moore et Brian Bolland

Killing jokePour retrouver un comics en France en magasin, avec le jeu des éditions françaises ayant une traduction un peu aléatoire ou des rééditions par deux voir trois éditeurs, c’est parfois la galère… Rien que cette BD a connu en France cinq éditions (avec comme titre Souriez, Rire et mourir, The killing joke, et finalement Killing Joke…).
Enfin, on fini quand même par mettre la main dessus (merci Internet !). Cette dernière édition d’Urban Comics (filiale de Dargaud qui édite DC comics en France) a presque le même titre que l’originale de 1988 (The killing joke) et bénéficie de la re-colorisation de l’édition américaine de 2007.

Le Joker s’est encore enfui de l’asile d’Arkham, et Batman va devoir remettre la main sur ce dangereux psychopathe.
Pendant que l’homme chauve-souris se pose des questions sur le combat qui les oppose depuis des dizaines d’années, le Joker prépare sa petite fête… Une vengeance contre la normalité, qui aura lieu dans un parc d’attraction désaffecté !

Cet épisode en one-shot de Batman nous présente sur une quarantaine de pages la dichotomie entre Batman et le Joker, mais aussi ce qui les rapprochent. Le récit est entre-coupé de flashback sur les origines du Joker : pourquoi il a basculé dans le crime, comment il est devenu Red Hood le voleur masqué, puis le Joker.
Donc il n’y a pas à se tromper, il s’agit bien d’une BD où le personnage central est le Joker, et Batman un personnage secondaire… Ce qui n’est pas pour me déplaire !
C’est d’ailleurs pour moi le principal intérêt du livre avec le dessin de Bolland et ses nouvelles couleurs ! Son Joker est ultra expressif, on en vient à l’apprécier par moment… avant de le revoir plonger dans son habituelle folie !
Dans cet épisode, se sont James et Barbara Gordon (l’ancien inspecteur et Batgirl) qui vont faire les frais de la vengeance du Joker, dans une scène digne d’un freak-show sous acides !

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A noter en bonus une autre histoire autour de l’univers de Batman par Brian Bolland au scénario et au dessin : Un homme parfait, qui questionne sur la possibilité de faire le bien si on a jamais tenté de faire le mal…

Une album sympa et rapide à lire… Alan Moore, le génial scénariste de The Watchmen, From Hell, Swamp Thing pour ne citer que ceux-là, l’a souvent renié. Mais franchement je ne le trouve pas si mal !
A découvrir pour les fans de super-vilains et de Batman !

Je vais profiter de cette lecture pour remplir ma première case du challenge Petit BAC 2015, catégorie « mort » !

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« Bakuman, tome 20  » de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata

bakuman20Petit focus sur le dernier volume d’un des manga phare de ces dernières année en France ! Le shonen Bakuman nous dévoile les dessous de la création des manga depuis 2009… J’en avais parlé il y a quelques années, et j’ai suivi assidument depuis la sortie des BD !
Gros point fort de ce manga : il était annoncé depuis le début que la série serait bouclée en 20 tomes. Voilà quelque chose de positif par rapport à des séries fleuve comme One Piece ou Berserk !

Moritaka Mashiro et Akito Takagi, alias Muto Ashirogi, est un duo de jeunes mangakas édités dans le Shonen Jump… Après plusieurs séries à succès, il sont désormais en confrontation directe avec leur rival, le petit génie Eiji Niizuma. Vont-il devenir les numéros un du magazine ?
Dans ce dernier épisode, nos héros peuvent enfin réaliser le rêve du dessinateur, Mashiro : avoir un dessin-animé basé sur leur dernière série ! Mais sa petite amie Miho Azuki sera-t-elle la doubleuse vedette de l’anime ? Si c’est le cas, est-ce qu’ils se marieront, comme ils se l’étaient promis en quittant l’école ?

Plus que dans d’autres tomes, j’ai été surprise par les biais du milieu de l’édition : c’est avant tout un métier qui génère du business, et pas juste une activité de loisir ou artistique. La pression des fans est aussi particulièrement mise en avant, avec son lot de harcèlement via les médias traditionnels, les trolls sur Internet…
Voilà une bonne occasion pour nos héros de se surpasser et de se battre contre l’adversité ! Mais bon, ne vous méprenez pas, si les propos sont un petit peu critiques sur l’envers du décors, il ne dénonce pas réellement le système. Dommage ?
On retrouve aussi des motifs typiques du manga jeunesse, emprunts de culture japonaise : mise au pinacle des valeurs d’efforts, de chance et de vanité ; le travail au delà des limite physique ; le combat de la sincérité contre l’injustice ; le respect de la hiérarchie ; et surtout l’abnégation qui flirte avec le masochisme… Au milieu de cet univers réaliste, tout cela est assez intéressant d’un point de vu sociologique, quand on prend un peu de recul !
Quand on suit les aventures et déboires (jamais trop longs !) du couple de mangakas, on ne peut pas s’empêcher de penser aux autres œuvres d’Ohba et Obata, à qui on doit Death Note ! Par exemple, la question de faire durer ou pas une série de manga à succès en créant un second arc narratif (gros point faible de Death Note pour moi)…

Un dernier tome qui sonne comme un happy end, forcément ! Il n’y a pas trop de surprises, mais ce livre conclu parfaitement et efficacement une série que j’ai suivi avec plaisir !

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« Tu mourras moins bête tome 3 : Science un jour, science toujours ! » de Marion Montaigne

Tu mourras moins bete tome 3Changement d’éditeur pour la série de vulgarisation scientifique humoristique de Marion Montaigne ! Après deux premiers volumes sorties sous les couleurs d’Ankama, c’est maintenant Delcourt -qui comme souvent- reprend le flambeau de Tu mourras moins bête !
Heureusement, le changement d’éditeur ne modifie en rien la qualité de la BD (toujours des planches sorties de son blog)… Et surtout le format de l’album est le même que les deux précédents (sur les étagères, c’est mieux quand même !).

Dans ce tome il est beaucoup question de biologie humaine ou animale. Ainsi on en apprendra plus sur la sexualité des acariens, des drosophiles… mais aussi la notre ! On découvrira que la plupart des animaux ont des pratiques homosexuelles, que les insectes sont des pervers, que les pingouins sont des maquereaux… Pour mon plus grand bonheur, j’ai aussi compris pourquoi les ados sont aussi insupportables ! On saupoudre le tout d’un peu de scatologie (une valeur sûre), par exemple en expliquant le mode opératoire de miction des femmes aux WC, ou comment soigner l’embonpoint avec des selles… Il y a aussi quelques pages sur les robots, les turbulences en avion, la cryogénie. Bref, un album éclectique !

Inutile de vous dire que cette saga me fait autant rire qu’elle ne m’étonne… car j’ai l’impression de vraiment sortir moins bête de ma lecture ! J’ai pu briller en société encore ce soir en expliquant comment le mâle alpha d’un groupe de poissons-clown devient à la mort de la femelle dominante… la nouvelle femelle leader ! La classe, non ? 😉

Pour vos cadeaux de Noël, foncez sur cette BD, une valeur sûre !

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« Blast, tome 4 : Pourvu que les bouddhistes se trompent » de Manu Larcenet

blast4Il n’y a pas à dire, Manu Larcenet est vraiment  un auteur phare de la BD française… peut-être mon préféré.
Le quatrième et dernier tome de sa série Blast clos parfaitement une histoire, qui n’a pas du être toujours simple à écrire et dessiner ! Mais pour la lectrice que je suis, ça a été un plaisir du début à la fin (voir mes avis sur les tomes précédents ici et ) !

Polza est toujours interrogé par les deux enquêteurs, suite à ce qu’il aurait fait à Carole.
Il leur raconte l’hiver qu’il a passé auprès de Carole et de son père Rolland, dans une ferme éloignée de tout.
Rolland est en conditionnelle et passe ses journées à faire des découpages et dessins pornographiques… il est donc tout à fait disposé à cacher son nouvel ami Polza, marginal tout juste évadé de l’hôpital ! Mais cette amitié va conduire ce gentil hurluberlu à arrêter son traitement… et devenir de plus en plus instable. Polza et Carole vont rapidement basculer dans la folie à vouloir protéger Rolland… et se protéger de ses crises !

L’avantage de ce dernier tome, c’est que Larcenet ne nous laisse pas en plan… Après la fin du récit de son voyage raconté par Polza, il arrive à amener intelligemment le point de vu des deux enquêteurs sur cette affaire, avec d’autres preuves à l’appui.
Comme il le dit si bien dans cette bande-dessinée, il faut se méfier des choses écrites, car elles ne donnent que le point de vu de celui qui tient le crayon. Un double avertissement pour nous, lecteur ? Si la vérité ne vient pas de Polza, ni des policiers… Elle doit peut être se trouver quelque part entre les deux ?

planche blast 4

Un dernier tome très réussi je trouve, tant au niveau scénario que dessins, et surtout toujours aussi puissant. J’adore le traitement expressionniste, de certaines cases, comme par exemple celle des collage de Rolland (voir ci-dessus), qui oscillent entre le trash et le ridicule. Inséré dans une planche en noir et blanc tout en ombres et lumières, c’est très surprenant !
L’histoire se clos comme il se doit, pas de déception comme c’est souvent le cas à la fin d’une saga… Mon objectif l’an prochain, relire les quatre à la suite pour voir ce que ça fait, si on voit plus de choses !

Au passage, je profite de cette lecture pour remplir l’objectif « verbe » pour le challenge Petit BAC 2014 !

Challenge petit bac 2014

« Prophecy, tome 1  » de Tetsuya Tsutsui

Prophecy tome 1Suite de mes lectures sponsorisées par La chèvre grise, avec un manga seinen que je voulais lire depuis très longtemps, Prophecy ! En 2012 on ne pouvait pas rater la sortie de ce titre à Paris : des affiches gigantesques dans les stations de métro, des extraits offerts dans les librairies… Mais bon, je n’avais pas pris le temps de l’acheter. Peur d’être déçue par cette sortie en fanfare, comme je l’ai été un peu par Doubt par exemple ?
Finalement j’ai découvert une histoire bien menée, à mi-chemin entre la SF et le thriller… De quoi m’inciter à courir dans la librairie la plus proche pour m’offrir les deux autres volumes de la série 😀

A Tokyo, pour lutter contre la cybercriminalité une section spéciale de la Police a été mise en place. Son rôle ? Traquer les criminels du Net, tels les super-téléchargeurs de logiciels et de vidéos… De vrais dangers pour les industries du loisir, mais représentant peu de risques pour la population…
Mais un jour sur un site de diffusion de vidéo, un homme au visage camouflé sous un masque en papier journal commence à faire de drôles de prédictions : il annonce les tabassages, viols, incendies… à l’encontre de citoyens qui ont fautés d’une manière ou une autre. Et le pire, c’est que le lendemain, ces prophéties se réalisent !
Qui est ce vengeur masqué à la morale plus ou moins douteuse ? Agit-il seul ? Pourquoi fait-il cela ? La section anti-cybercriminalité mettra-t-elle la main sur lui ?

Prophecy

On est plongé dans une enquête haletante, où on découvre tour à tour les avancées de la Police, puis la stratégie de Paperboy, l’homme masqué… Pour finalement découvrir les origines de son combat !
J’ai tout de suite accroché à cette histoire, qui commence par l’intervention musclée chez un geek qui télécharge illégalement des jeux vidéo. Moi qui suis farouchement contre la manière dont sont condamnés les pirates numériques de basse envergure, les lois à la Hadopi… Ça m’a tout de suite captée !
Les dessins sont vraiment pas mal et collent bien à l’histoire… Un très bon point donc.
Reste à voir comment cela va évoluer ensuite… et c’est souvent là que je commence à avoir peur :s
Mais comme je le disais plus haut, je n’ai qu’une hâte, me procurer les deux derniers tomes… Car bonne surprise, Prophecy est une série courte ! Trois épisodes, de quoi espérer que le scénario ne s’écroule pas sur lui-même en route !
Une bonne entrée pour le challenge Geek au passage, non ? 😉

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