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« Gagner la guerre » de Jean-Philippe Jaworski

Gagner la guerreDu lourd et du très volumineux pour commencer l’année, avec Gagner la guerre, une référence de la fantasy française. Pendant quelques semaines, je me suis plongée dans un univers et un récit d’aventure passionnant, qui fait une belle transition avec Janua Vera, le premier opus de la saga des Vieux Royaumes, qui était sous forme de nouvelles. Ici nous avons le droit à une histoire complète à la première personne, qui nous fera voyager dans quelques régions du monde imaginé par Jaworski.

La République vient de remporter une victoire fabuleuse contre son ennemi Ressine, et c’est Don Benvenuto  l’homme de main du Podestat, le chef de la République, qui doit parlementer avec le Shah vaincu pour organiser leur réédition. Passé à tabac et emprisonné, il finit par être libéré et accueilli en héros de la République à Ciudalia par son patron le Podestat Leonide Ducatore. Mais au milieu des manigances et des trahisons entre les politiciens de la ville, Benvenuto se retrouve dans la tourmente des sales boulots commandés par le Podestat, et bientôt la cible de la vindicte des hommes d’état… Comment l’assassin va-t-il se sortir de ce mauvais pas, entre le cynisme de son patron et ses spadassins, son maître en sorcellerie, et sa fille qui n’a pas sa langue dans sa poche…

J’ai adoré la plume de Jaworski, qui prend ici la voix de Benvenuto. L’univers des Vieux Royaumes est génial, avec son côté renaissance italienne mâtiné de Roma antique, et bien entendu de fantasy. Attention tout de même, le monde créé par l’auteur est tellement précis et tant raccrochés à des réalités historiques palpables (descriptions de villes qui ressemblent à Venise ou Florence, de paysages qui évoquent les bords de la Méditerranée…) qu’on a l’impression qu’il est véridique.

L’assassin est loin d’être un enfant de cœur, mais on s’attache vraiment à lui, même quand il commet les pires abominations. Cet ouvrage fait plus de 900 pages, mais on a envie de savoir ce qu’il pourrait se passer après cette longue histoire ! Car il n’y a pas que des conflits politiques et des petites manigances dans ce récit, il y a aussi des épopées pleines de sueur et de sang, mais aussi de la poésie, de l’humour… qui donnent très envie de se plonger dedans encore et encore.

Une très belle découverte, je pense me repencher sur cet auteur rapidement, avec Le sentiment du fer peut être, annoncé comme une suite de ce roman.
Au passage, une lecture pour le challenge ABC !

abclogoshadow

« Battle Royale » de Koushun Takami

Battle RoyaleAyant adoré Hunger Games de Suzanne Collins et apprécié Sa majesté des mouches de William Golding, il fallait que je lise ce que certains considèrent comme le chaînon entre ces deux œuvres : le roman japonais Battle Royale de Koushun Takami, écrit en 1999. Et bien, je regrette de ne pas avoir découvert plus tôt ce roman ! Même si la découverte précoce de ce livre aurait peut-être mis en sourdine mon adulation pour Hunger Games

Dans un Japon moderne sous le joug d’une dictature, des classes entières de 3ème sont envoyées chaque années sur des aires de combat, pour suivre le Programme organisé par le gouvernement. Ces adolescents doivent se battre sur une île, avec en leur possession une arme choisie au hasard par le superviseur du jeu. Et leurs ennemis ne sont autres qu’eux mêmes : un seul survivant sortira de l’île… Ils devront donc s’entre-tuer !
Cette année, c’est la classe de Shûya Nanahara qui se retrouve choisie pour le Programme. Mais comment des amis et camarades de classes pourront en arriver à se tuer les uns les autres, eux qui sont tellement soudés habituellement ? C’est ce que nous allons découvrir à grands renforts de combats et de sang !

Avec Battle Royale, on ne chipote pas ! Quarante-deux élèves à éliminer, de quoi laisser libre cours à l’imagination macabre de l’auteur… Et j’adore ça ! Pas mal de scènes trash et gore, mais ce n’est là que la surface du roman. En effet, son créateur cherche plutôt à nous questionner sur l’humanité de ses personnages et la notre. Jusqu’où serait- on prêt à aller pour notre propre survie ? Jusqu’au meurtre ? Serait-on capable de faire confiance réellement à un ami ? Et a une simple connaissance, voir un inconnu ? Devant chaque dilemne, chaque situation, on se demande ce qu’on aurait fait, dans ce grand jeu de la survie.

Comme je le disais plus haut, ce qui m’a un peu perturbé au début, c’est la ressemblance de ce roman avec Hunger Games : des ados qui doivent s’entre-tuer dans un état dictatorial, chacun possédant une arme reçue un peu au hasard, les dilemnes sur les alliances à créer ou non, les noms des morts diffusés par l’organisateur à heures régulières, des zones qui deviennent interdites ou dangereuses pour concentrer sur une zone les concurrents… Et j’en passe ! Tout cela finalement ne retire pas de la qualité à la trilogie americaine, qui surfe plus sur le créneau contemporain de l’hypermediatisation. Mais quand même… Je vais avoir du mal à ne pas comparer les deux encore quelques temps, et par conséquent revoir mon engouement pour la série de Suzanne Collins.

En tout cas je vous conseille ce roman plein d’énergie, qui ne laisse aucune seconde de répit, et ceux jusqu’aux dernières pages. Un grand classique c’est certain ! A l’occasion je me pencherai sur le film et les mangas… Apparement il prennent un angle légèrement différent.

Et voilà au passage une nouvelle lecture pour le challenge ABC, pour la lettre T !

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« Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés » d’Arto Paasilinna

Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimésPour le partenariat Denoël du mois, nous partons en voyage dans les plus improbables dictatures du monde. Un moyen pour moi de découvrir Arto Paasilinna, prolifique auteur finlandais.

En plein milieu des années 80 en Finlande, Viljo Surunen est professeur de philologie et fréquente Immonen une musicienne, membre comme lui d’Amnesty International. Malgré leurs lettres de protestation auprès du dirigeant du Macabraguay, ce dernier refuse de relâcher leur filleul de combat, un professeur d’université, prisonnier politique depuis 6 ans.
Surunen va donc prendre les choses en main et se rendre en Amérique du Sud pour  aller libérer lui même le pauvre prisonnier. Son aventure va le conduire au Macaraguay, une sinistre dictature capitaliste soutenue par les Etats-Unis. Sur son chemin il passera aussi dans les territoires communistes tels Moscou et la Vachardoslavie. Combien d’opprimés Surunen pourra-t-il libérer ?

De part son humour à peine retenu et ses situations cocasses, voire surréalistes, ce livre m’a rappelé ceux de Tom Sharpe. Il faut par dessus cela rajouter une couche de critique sociales et politique, qui flirte parfois avec le symbolisme.
La trame de l’histoire n’est pas déplaisante. On s’amuse des situations folkloriques dans ces dictatures capitalistes et communistes… où forcément l’une n’est pas vraiment mieux que l’autre. Tout est une affaire de style  et de curseur !

Pas le gros coup de coeur, mais pas non plus une déception… je ne suis pas rentrée dans le délire du récit peut-être. Un bon livre pour passer le temps, qui ravive nos bons vieux souvenir des années 80 et des blocs idéologiques qui s’affrontaient en ce temps.

Merci Denoël pour cet envoi !

Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés d’Arto Paasilinna
Éditions Denoël & d’ailleurs
Traduction : Anne Colin du Terrail
2015 – 336 pages

« La magnificence des oiseaux » de Barry Hughart

La magnificience des oiseaux

Bienvenue dans la Chine médiévale fantastique de l’univers de La magnificence des oiseaux, Une aventure de Maître Li et Boeuf Numéro Dix. Je me félicite une fois de plus de mon choix pour le partenariat Folio d’octobre : ce roman m’a fait plonger dans une grande aventure où on oscille entre fantasy, contes, mythologie… et surtout une belle dose d’humour !

Alors que tout le village de Kou-Fou est en plein préparatifs de la récolte de soie sur leurs élevage de vers, tous les enfants entre 8 et 13 ans tombent gravement maladesLou You, alias Boeuf Numéro Dix, âgé de 19 ans, est envoyé à Pékin pour embaucher un sage qui pourrait les aider à découvrir l’origine de ce mal. C’est comme cela qu’il rencontre Maître Li, un vieillard alcoolique assez spécial, qui le raccompagne jusqu’à Kou-Fou. Très rapidement, Maître Li va découvrir la source de la maladie des enfants : ils ont été empoisonnés… Mais une seule chose pourra peut-être les sauver : une racine de ginseng très puissante.
Boeuf Numéro Dix et Maître Li vont parcourir la Chine sans relâche pour découvrir le remède qui permettra de sauver le village, et vivre des dizaines d’aventures palpitantes !

Outre l’univers médiéval fantasy orientale qui m’a donné une bouffée d’exotisme, j’ai adoré les personnages ! Le couple Boeuf Numéro Dix et Maître Li fonctionne de manière classique mais très efficace ! Si Boeuf Numéro Dix est un jeune homme, au coeur pur, Maître Li est un vieux renard qui passe son temps libre à picoler et à arnaquer les autres. D’ailleurs il se présente lui même comme « un sage avec un léger défaut de personnalité »… Tout un programme ! Pendant toute cette histoire, Boeuf Numéro Dix va jouer les gros bras, les jolis coeurs et devenir les jambes de Maître Li, qui est quant à lui un cerveau hors pair !
Si l’enquête vire vraiment dans le domaine du fantastique, le récit n’en est pas moins très bien construit… les pistes se mêlent, se croisent… pour un final tout en couleur !

Le style de l’auteur (et la traduction) m’ont enchanté : ce livre se lit très facilement, on rentre vite dans l’histoire, et surtout on sourit souvent aux images de l’auteur.
On retrouve aussi les schémas classiques des contes, qui finalement sembles être universels : les jeunes femmes en détresse abusées par un esprit maléfique, les méchantes marâtres, les fantômes amoureux, les savants fous, les monstres sanguinaires qui protègent de magnifiques trésors… Bref, de quoi alimenter une épopée flamboyante !

Une belle découverte donc, et je pourrai prolonger le plaisir en lisant le second tome des aventures de nos deux héros dans La légende de la Pierre. A voir en 2014 !
Merci à Folio pour ce bon moment de lecture 🙂

« Ce qu’il advint du sauvage blanc » de François Garde

Ce qu'il advint du sauvage blancDifficile de choisir le roman du partenariat Folio dans la sélection de septembre, tellement ils me tentaient tous ! Entre Une fille comme les autres de Jack Ketchum qui avait l’air glauque à souhait, Les faucheurs sont des anges d’Alden Bell en mode zombie et survivalisme, ou encore une madeleine de Proust avec La guerre du feu de Rosny Aîné… Je me suis donc rabattue vers celui que je n’aurais pas acheté moi-même : le roman d’aventure tiré d’une histoire vraie : Ce qu’il advint du sauvage blanc de François Garde !
Je me félicite de ce choix, j’ai littéralement dévoré ce premier roman de cet auteur français, paru en 2012, et qui a déjà obtenu le prix Goncourt du Premier Roman !

Milieu du 19ème siècle, un jeune marin vendéen est oublié sur une plage déserte de la côte australienne par son équipage… Rien à manger, rien à boire, la chaleur accablante : Narcisse Pelletier désespère et crois voir venir sa dernière heure ! C’est alors qu’il est sauvé par une vieille femme noire comme le charbon ! Elle va lui donner de l’eau, de quoi manger, et le mener à sa tribu…
18 ans plus tard, un équipage anglais découvre sur une plage un homme blanc, nu, tatoué de la tête aux pieds et parlant une langue étrange. Narcisse est devenu un sauvage blanc !
Octave de Vallombrun, un riche scientifique et voyageur français prend Narcisse sous son aile et projette de le ramener à la civilisation… Que d’avancées scientifiques les récits de Narcisses vont lui permettre de découvrir ! Mais Narcisse est-il seulement encore un homme « civilisé » ?

Les chapitres alternent entre l’expérience de Narcisse lors de ses premiers jours en Australie et les lettres d’Octave contant ses découvertes à son père, le président de la Société de Géographie. On découvre donc petit à petit le Narcisse « d’avant » son abandon, et en parallèle celui « d’après »… Là où l’auteur est malin je trouve, c’est qu’il s’intéresse essentiellement à Narcisse, et non à son « double » et/ou lui-même sauvage nommé Amglo.
Un vrai page-turner pour moi ! On brûle de savoir comment il arrive à se faire aux deux situations qui peuvent paraître traumatisantes : quitter les siens et sa société pour s’intégrer complètement à une autre.
Durant tout ce roman on est dans l’univers des entre-deux : comment un marin blanc de Saint-Gilles-sur-Vie est devenu un aborigène d’Australie, et ensuite, comment le sauvage blanc est redevenu un sujet de Napoléon III. Finalement on sent qu’il n’est nulle part vraiment à sa place, mais acceptée grâce à son bon cœur…

On ne peut que ressentir de l’empathie pour Narcisse, surtout quand on sait que ce récit est tiré d’une histoire vraie ! Je suis fan du concept « histoire vraie », et celle ci m’a vraiment fait voyager… Qui n’a pas rêvé (ou cauchemardé) de se retrouver dans un pays inconnu, dans une culture qui n’a rien à voir avec la sienne ? De devoir réapprendre les gestes simples de la vie, de repartir de zéro ?
Mais attention, il s’agit bien là d’une version romancée de l’histoire de Narcisse Pelletier, et non d’une biographie ou étude ethnologique !

Très bien écris, facile à lire, prix Goncourt du Premier Roman qui n’est pas volé… Voilà là un livre que j’ai adoré et que j’ai déjà conseillé autour de moi !
Un grand merci Folio pour ce partenariat, une fois de plus j’ai fait une belle découverte à laquelle je ne m’attendais pas !

Pour finir, j’ai choisi ce très bon roman pour la lettre G de mon challenge ABC !

challenge ABC

« La Princesse de Mars » d’Edgar Rice Burroughs

princesse_marsSuite de mes lectures pour le cours Coursera sur la littérature SF et fantasy… Autant dire que je ne lis plus que pour ça en se moment !
Une fois de plus, une superbe découverte, avec ce classique de la SF qui m’était totalement inconnu : le premier volet du Cycle de Mars, La Princesse de Mars, d’Edgar Rice Burroughs. Je l’ignorais, mais c’est cet auteur qui est le créateur de Tarzan ! Donc vous vous en douterez, ces romans ne sont pas très récents : 1912 pour ces deux créations… Mais la modernité de son roman fait qu’il pourrait très bien pu être écrit un demi siècle plus tard en mon sens !

John Carter, ancien soldat américain confédéré vivant en Arizona, se retrouve suite à un mauvais coup du sort poursuivi par des Apaches jusque dans une caverne. Laissé pour mort, il est pourtant bien vivant mais ne peut plus bouger… et se retrouve bientôt nu à contempler son propre corps. Il se retrouve alors projeté à travers l’espace pour se retrouver sur Mars, au milieu d’œufs énormes… bientôt rejoint par leurs parents : des créatures humanoïdes vertes, laides et immenses ! John va bientôt apprendre à connaître ces martiens Verts… et même à vivre des aventures palpitantes sur cette planète pour les beaux yeux d’une princesse martienne Rouge

Même si l’histoire frise parfois le cliché, avec John Carte le super-héros doté de capacités dignes de Chuck Norris, j’ai vraiment beaucoup aimé cette histoire !
On ne s’ennuie pas un instant, les personnages sont bien décrit, les gentils nous sont sympathiques et on a envie de voir les méchants souffrir… Et les animaux extra-terrestre sont vraiment délirants ! Bref, un très bon roman ! Et en plus on a le droit à une histoire d’amour un peu fleur bleu mais pas gnangnan 🙂
On est pas du tout dans un roman intellectuel par contre, il ne faut pas s’attendre à se poser des milliers de question quand on le lit ou après. Mais l’action est bien menée, et même si on sait que les gentils vont gagner, je me suis prise au jeu pour le simple plaisir de vivres des aventures dans le monde fantastique de Mars !

Avec ce livre je commence à comprendre d’où provient l’imagerie fantasy à base d’homme baraqué en string en fourrure et aux guerrières dénudées, rendues si célèbres par des illustrateurs comme Boris Vallejo, Frank Frazetta ou Luis Royo… Un romancier qui fait vivre ses héros a moitié à poil, comme John Carter ou Tarzan, en 1912, j’applaudis !

Seul bémol, la traduction de la version française que j’ai lu… pour commencer à rédiger mon essai je me suis penchée un peu sur la version originale, et il y a plus que des nuances qui sont mal interprétées, et notamment sur le dernier chapitre ! Je ne sais pas si les autres versions sont du même traducteur, mais privilégiez peut être celles-ci ?

Je suis donc très emballée et je vous conseille fortement cette lecture si vous êtes fans de SF ou fantasy : c’est une des bases du genre pour moi, qui va me permettre de lire et regarder différemment ce type d’oeuvres !  Heureusement pour moi, il y a 11 volumes qui composent le Cycle de Mars… j’ai de quoi voir venir pour les longues soirées d’hiver 😉

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« Azteca » de Gary Jennings

AztecaJ’ai peu écrit de revue de lecture sur ce blog ces dernières semaines et pour cause : j’étais plongée dans le pavé qu’est Azteca ! Plus de 1000 pages d’aventures et d’émotions, bref, du pur bonheur 🙂
Le challenge ABC m’a permis de me motiver à m’y attaquer… les livres longs me font parfois peur, dans le sens où il y a souvent un moment de mou dans la narration. Mais au vu des notes et commentaires élogieux sur ce roman sur toutes les sites de lecture, je me suis lancée, et je suis loin de regretter ce tête à tête qui a bien duré trois semaines 🙂

Nous sommes au 16ème siècle à Mexico, Nouvelle-Espagne, dans cette ville conquise par les Espagnol au profit de leur roi Carlos.
Mixtli, vieil homme Aztèque qui a survécu à l’invasion occidentale, raconte son histoire et à travers celle-ci l’histoire de son peuple et de son pays.
Il se souvient de sa jeunesse dans la province du Monde Unique, son ascension auprès des nobles de ce monde, ses victoires en tant que soldats, ses aventures en tant que commerçant itinérant, son émerveillement devant les beauté du monde, son bonheur auprès de sa famille… Derrière tous cela, on rencontre non seulement le peuple de Tenochtitlan, mais aussi tout ceux qui étaient leurs alliés ou ennemis, leurs us et coutumes, leur religion, leurs systèmes politique et militaire… et surtout on s’imprègne de ce qu’étaient les villes de cette époque, dont il ne reste presque plus rien ! Tenochtitlan semblait être une capitale qui n’avait rien a envier à Rome, avec son architecture monumentale, ses peintures et sculptures tout en couleur et finesse, le standing de ses habitants, les jardins suspendus, les canaux au milieu de la Cité posée sur une île… et aujourd’hui elle a disparu au profit de Mexico.

Difficile de rendre compte de la force de ce roman, tant il est bercé par la sensualité, l’humour, l’action, la réflexion, l’émotion…
Le truc intéressant qu’a trouvé l’auteur et qui donne une profondeur de lecture au roman, c’est le style épistolaire : Mixtli raconte son histoire à l’évêque de Mexico et à ses moines, pour le compte du roi d’Espagne qui en fait la demande expresse. On n’est pas loin de se sentir dans les botte du roi, recevant des missives du Nouveau Monde, et on ressent bien la surprise ou le dégout qu’on pu avoir des habitants de la vieille Europe face à la vie des Aztèques avant leur colonisation. De plus les « lettres » de l’Aztèque sont préfacées en guise d’avertissement par celle de l’évêque, qui joue très bien son rôle de moralisateur, ne comprenant rien aux coutumes étrangères.

Malgré le fait que je sache bien que l’invasion du Mexique par Cortés a été une boucherie, que des milliers d’indigènes ont vu leur traditions abolies par les mœurs des chrétiens, que leur religion et monuments ont été détruits, que leurs objets d’art en or ont fondus, que les Blancs leurs ont apporté des maladies inconnues qui ont décimé plus de la moitié de la population… Je n’ai étonnamment pas ressenti de manichéisme dans ces lignes… même si les Européens sont décrits comme sales, bêtes et vérolés.
Cela vient peut être du fait que les Aztèques étaient eux aussi un peuple de conquérants, et que leur religion basée sur des sacrifices humains massifs est loin d’être en phase avec notre moralité occidentale.
On découvre aussi très simplement que chez les Aztèque, comme dans tous les peuples de la Terre, il y avait des gens bien, intelligents, ouverts,… et d’autres agressifs, bêtes et méchants. On apprend d’ailleurs que c’est plus la bêtises des dirigeants Aztèques qui à conduit à leur perte, plutôt que la puissance de feu d’une poignée de soldats Espagnols.

Outre ces réflexions sur l’histoire de ce pays, on se retrouve dans un vrai roman d’aventure qui me fait penser par moment aux voyages de Gulliver ! Mixtli fait le tour de son pays, rencontre des tribus et des populations de toutes sortes avec des habitudes parfois très étranges, parlant parfois des langages exotiques, suivant des modes bizarres,… Partout où il va, il essaye de se faire accepter, d’apprendre les usages en vigueur, et reçoit en retour un nom différent… Ce qui est bien en adéquations avec sa bougeotte !

Voici donc une très bonne lecture qui m’a permis d’en apprendre plus sur les Aztèques, et surtout des commencer à comprendre cette civilisation, dont il ne reste plus grand chose.
L’histoire est vraiment captivante et pleine de poésie… mais aussi de drames ! Bref, on ne s’ennuie pas ! Je ne peut donc que vous le conseiller !

challenge ABC

« L’assassin Royal tome 1 : L’apprenti assassin » de Robin Hobb

L'apprenti assassin Le challenge ABC que de vais tenter d’accomplir cette année m’aura au moins permis cela : lire ce roman que m’a offert Petite Fleur au SWAP « Noël en hiver » l’an dernier ! Il était temps 😀
Et cerise sur le gâteau, j’ai été happée par l’univers fantastique et la plume de Robin Hobb dans L’apprenti assassin, écrit en 1998. Je n’ai plus qu’une hâte : lire le second tome de la série que j’ai d’ores et déjà acheté 🙂

L’histoire se déroule dans le royaume des Six-Duchés, dirigé par le roi Subtil. Celui-ci à 3 fils, Chevalerie, Vérité et Royal… Chevalerie, prince et futur roi, renonce à son trône le jour où un enfant de 6 ans, son bâtard, lui est annoncé à la capitale, Castlecerf.
Nous découvrons au fur et à mesure du récit de la vie du narrateur, Fitz, fils illégitime de Chevalerie : sa place dans le royaume, les intrigues du château et du pouvoir, sa vie auprès de son « éducateurs » Burrich… Si Fitz est d’abord élevé comme un moins que rien, un palefrenier, le roi Subtil voit bientôt un avantage en sa présence : un bâtard loyal ferait un très bon assassin. Aussi il parfait son éducation en lui donnant comme professeur Umbre, vieil homme sage, secret et étrange, rompu aux techniques d’empoisonnements et de meurtres discrets…
Par son statut de bâtard royal, Fitz va attirer pitié ou haine, amitié ou envie… et c’est par ses dons bien particuliers, un peu paranormaux, son intelligence et son instinct qu’il va se sortir de bien des aventures…
Mais en un temps où les Pirates Rouges mettent les côtes à feu et à sang, ses talents seront-ils vraiment nécessaires à la couronne ?

Je me rend compte qu’en écrivant ces quelques lignes pour résumer ce livres, qu’il est difficile d’en représenter la richesse ! Il se passe tellement de petites choses, derrière la trame de l’apprentissage de Fitz, et plus particulièrement son utilisation du Vif, le don de lire dans les pensées des animaux, peu avouable, et celle hérité de son père, l’Art, sorte de transmission de pensée entres humain possédants ce même don.

On dit souvent que l’écriture « féminine » de Robin Hobb se ressent dans ses lignes… je ne sais pas si on peut dire qu’une femme écrit d’une manière plus subtile qu’un homme…
mais au je dois avouer que le rythme lents mais soutenu de la narration, la manière dont l’auteur nous montre les paysages, ambiances, relations entre les choses et le gens… donne un tableaux précis et riche des situations, où l’action a peut être un peu moins de place, et ou la psychologie est peut être plus présente que dans un roman de fantasy classique ? Enfin je vous rassure, on a pas le temps de s’ennuyer : il se passe beaucoup de chose à Castlecerf !
Mais en effet, il y a pas mal d’affect : Fitz, et d’autres personnages, sont souvent tiraillés par des émotions contradictoire, écartelés entre loyauté et leurs propres conviction… ce qui bien entendu donne de la profondeur au roman, mais surtout nous investi émotionnellement dans l’histoire ! Plusieurs fois je me suis indignée devant la conduite détestable de personnages arrogants comme le prince Royal, ou mauvais comme le maître d’Art Galen…
Et puis son lien avec les animaux, son amitié avec les gens du peuple, son envie de bien faire,… fait de Fitz un personnage plutôt sympathique. Et sa profession d’assassin lui donne un peu de « dark attitude« , pour le sortir d’un portrait de super-gentil trop lisse 🙂

Je me serais bien plongée dans la lecture du tome 2 de la série, L’assassin du Roi, mais je vais laisser reposer un peu cette expérience, histoire de ne pas m’en lasser trop vite : il y  a quand même 13 romans dans cette série ! Et puis j’ai des challenges sur lesquels avancer 😉
En tous cas je ne peux que vous conseiller cette lecture que j’ai vraiment apprécié 🙂

challenge ABC

« Le nouvel Angyo Onshi » de In-Wan Youn & Kyung-il Yang

Le nouvel Angyo OnshiJ’ai profité de la dernière Masse Critique de Babelio pour me faire un petit plaisir et relire un manga que j’ai découvert et dévoré il y a 2 ou 3 ans : Le nouvel Angyo Onshi du duo sud-coréen In-Wan Youn et Kyung-il Yang. Et bien qu’il soit créé par des coréens, il ne s’agit pas d’un manhwa, mais bien d’un manga seinen : cette série de BD à été d’abord publiée au Japon dans un magazine spécialisé, Sunday GX.
Un ami me les avaient prêté dans leur édition française originale… épuisée depuis un petit moment. Heureusement Pika Edition les réédite en version « 2 tomes en 1 ». L’idéal pour commencer cette collection perso, moi qui ai toujours hésité à me les acheter d’un bloc sur le marché d’occasion.

Le nouvel Angyo Onshi nous emmène dans un monde en proie au chaos : l’empire Jushin a sombré avec la mort de son Empereur. Mun-Su, un homme seul et déterminé à faire respecter la justice parcourt ces contrées à la recherche de gouverneur corrompus.
Grâce à ses pouvoirs d’Angyo Onshi et son mahai à trois chevaux (une sorte de médaille enchantée), il peut invoquer une armée composée des soldats morts de Jushin, qui l’aident à combattre ses ennemis.
Au cour d’une de ses aventures, il rencontre son Sando (son garde du corps) en la personne de la jeune, jolie et très dangereuse Chun-Hyang… Qui va apprendre en même temps que nous à connaître et faire confiance à Mun-Su.

Le pouvoir du mahai

Les thèmes de ce manga oscillent entre légendes coréenne dont les auteurs se sont inspirés pour leurs personnages et situations, les mondes fantastiques orientaux et occidentaux, teinté d’un brin de steam-punk… Le tout dans un univers assez sombre et oppressant, où vivent esprits, démons, maîtres de illusions… mais aussi des chauves-souris velues kawaii comme celle qui s’entiche du héros 😉
Ce mélange donne un cocktail assez original finalement, et on se plonge très rapidement dans l’histoire… Et le dessin sert parfaitement le récit par son dynamisme et sa finesse !
Dans ce premier volume Mun-Su vit différentes aventures, qui vont poser les bases du récit : comment il récupère son fameux serre-tête et du même coup les services de Chun-Hyang ; la présentation de son gros point faible : ses problèmes respiratoires qui le rendent peu endurant ; mais aussi celle de son super pouvoir donnés par son mahai ! En le brandissant et en criant « Voici venir l’Angyo Onshi », c’est une véritable armé des morts qui vient le servir !

Chun-HyangIl faudra attendre le prochain volume pour découvrir mon personnage préféré dans l’histoire, L’Écuyer  qui par son humour dédramatisera un peu les situations, qui dans ce premier volumes peuvent paraître assez dramatiques.
Il faut avouer que Mun-Su à un sacré caractère… On se demande souvent de quel côté il est : celui du Bien ou du Mal ? Dans tous les cas, il est du côté de la justice… ou du moins la sienne ! Il n’hésite pas à menacer de mort les paysans qu’il vient « sauver », les exhortant à se défendre seul contre les persécuteurs, et de ne rien attendre de personne. Bref, un personnage de héros assez atypique, nuancé et assez qui promet des moments intéressants.
Ce caractère d’anti-héros crée quelques hésitations du côté de Chun-Hyang qui elle semble plus manichéenne dans sa perception du bien et du mal… Je ne dirai pas qu’elle parait niaise par moment, mais presque 🙂 (il faut dire que dans le délire « je me bat au trois quart à poil » n’est pas là pour aider à la rendre plus profonde…).

Une série à découvrir d’urgence si vous ne l’avez pas encore lue !
De mon côté je vais continuer tranquillement cette nouvelle collection… c’est du bon du début à la fin ! Et finalement, j’avais oublié pas mal de détails de l’histoire, c’est donc un plaisir de le relire !
Et merci à Babelio et à Pika Edition pour cette lecture !

Babelio Masse Critique

 

« Les aventures de Huckleberry Finn » de Mark Twain (Etat de l’Arkansas)

Opération fond de tiroir des PDF libres de droits pour trouver de quoi remplir l’objectif Arkansas pour le challenge « 50 états, 50 billets » : le classique de la littérature d’aventure américaine, plutôt orienté jeunesseLes aventures de Huckleberry Finn de Mark Twain, écrit en 1884. Ce roman est la suite du premier opus Les aventures de Tom Sawyer, écrit en 1876, dont j’ai fait l’impasse.

L’histoire commence dans le village fictif de Saint-Peterbourg dans le Missouri, au bord du fleuve Mississippi. Depuis ses dernières aventures avec Tom Sawyer,  Huckleberry Finn, jeune adolescent qui vivaient seul dans la forêt, a été adopté par Miss Watson qui a décidé de s’occuper de lui, de le civiliser. Dans leurs précédentes aventures, les deux amis avaient découvert un trésors, et avaient ainsi chacun obtenu 6000 dollars !
Mais le père de Huck apprend cela et décide de récupérer son fils… et l’argent ! Violent, alcoolique, menteur… il fini par le kidnapper et l’enfermer dans une cabane dans les bois. Mais Huck arrive à s’échapper, et utilise un canots pour descendre le Mississippi pour aller se cacher dans une petite île déserte.
Là, il découvrira que Jim, l’esclave noir de Miss Watson, s’est aussi échappé : il pense que sa maitresse veut le vendre à une plantation, et effrayé, il cherche à rejoindre l’état de l’Ohio, anti-esclavagiste, où il pourra vivre libre… Tous les deux en fuite, ils vont ensemble descendre le Mississippi et vivre des aventures !

Pour le coup on voit du pays dans ce roman : entre le Missouri, l’Illinois, et finalement l’Arkansas, on a un joli florilège des états bordant le Mississippi ! A chaque étape ils rencontreront des personnes parfois bonnes, parfois mauvaises… Mais à chaque fois tout fini bien ! Huck est un personnage sympa : de bonne composition, il ne se prend pas la tête, aime vivre seul dans la nature sans contraintes, a le sens pratique, sait chasser, pêcher, naviguer sur un radeau, en somme il vit au jour le jour… L’idéal de la liberté !
Si la première partie du roman m’a pas déplu : la descente du fleuve sur un radeau des deux fugitifs, la seconde partie m’a beaucoup moins branchée… Huck retrouve par hasard Tom Sawyer chez sa tante Sally dans l’Arkansas, et je me suis souvenue que ce personnage m’insupporte au plus haut point (même au temps de la série TV !). L’image même de la tête à claque, qui vit dans ses rêve et ses roman d’aventure (il bovaryse à fond), complètement égocentrique, et attire une foule de faux problèmes à Huck et Jim. Bref, un emmerdeur. Donc cette seconde partie m’a semblé plus brouillonne, j’ai pas du tout accroché.

Même si ce roman m’a pas emballé des masses, il est très intéressant par son point de vue sur l’esclavagisme aux USA au milieu du 19ème siècle (l’histoire est censée se passer dans les années 1860 je crois). La manière dont sont décrits les « nègres » par l’auteur est aussi surprenante : bête, paresseux, peureux, superstitieux… Les américains ont donc aussi leur équivalent de Tintin au Congo alors : il y a eu beaucoup de controverses quant à la lecture de ce roman dans les écoles et lycées ces dernières années, jugé raciste. Enfin, en recontextualisant, ça donne un éclairage sur l’époque !
Il est amusant de voir les problèmes idéologiques de Huck Finn, rapport à sa fuite avec Jim : à la fois il apprécie Jim, cherche à l’aider, s’excuse même quand il le vexe, et fini par le considérer comme un ami (bien que cela lui fasse honte)… mais il ne veut pas être considéré comme un abolitionniste, ou comme quelqu’un qui aide un esclave à s’enfuir (un esclave en fuite, c’est du vol envers son propriétaire). Pour un habitant du Missouri, être abolitionniste semble être la pire des insultes ! Ce grand écart entre le caractère de Huck le garçon libre, et Huck le garçon qui considère l’esclavage comme un fait normal, sans le remettre en cause est assez perturbant pour un lecteur de notre époque… Une autre mise en perspective pas dénuée d’intérêt dans ce roman de Mark Twain !

Un classique à connaître je pense, même si ça n’a pas été vraiment ma tasse thé… En revanche je pense que je garderai un souvenir de ces aventures, surtout la partie sur un radeau du Mississippi, qui finalement fait voyager et donne des envies d’évasion 😉

L’Arkansas est un état du Dixie, du sud des Etats-Unis, et fait aussi partie de la Bible Belt. Avec le Mississippi qui le borde à l’est et forme sa frontière avec le Tenessee, l’Arkansas doit son nom au mot amérindien signifiant « lieu en aval » : akakaze, réinterprété par les français qui détenaient cette région. Si vous voulez briller en société, notez que le « s » à la fin d’Arkansas ne se prononce pas en anglais !

L’Arkansas faisait donc parti de la Louisiane Française, bien que les espagnols au 16ème siècle y aient cherché les cités d’or… Il a donc été vendu par Napoléon Bonaparte aux USA en 1803. Le jeune territoire devient un état à part entière en 1836 en rejoignant l’Union, mais reste un état esclavagiste : les bords du Mississippi et le climat sub-tropical humide est idéal pour l’essor et la prospérité des grandes plantations de coton, et cela demande beaucoup d’esclaves ! Et de ce fait, quand la Guerre de Sécession commence, les esclaves noirs représentent 25% de la population ! L’Arkansas rejoint donc les états Confédérés en 1861, puis l’Union après la guerre en 1868… Mais les temps ne seront pas cléments pour tout le monde lors de cette période de reconstruction, entre les milices Républicaines et le Ku Klux Klan.
Après la reconstruction, l’immigration bat son plein et attire des familles venants de toutes contrées : chinois, italiens, syriens, slovaques, irlandais, allemands… Pour travailler dans les fermes ou dans les villes, en plein essor grâce au chemin de fer.
En 1957 l’Arkansas est au centre des attentions, avec l’affaire de Little Rock, la capitale de l’état : un groupe de 9 étudiants Noirs qu’un groupe de ségrégationnistes a empêché d’aller étudier dans le lycée, alors que la ségrégation est abolie depuis l’année précédente. C’est un des évènements marquants du mouvement afro-américain pour les Droits Civiques, ou le Président Eisenhower lui même à du intervenir pour appliquer la loi. Au final, les étudiants finissent escortés par des militaires, pour éviter leur lynchage. Les écoles de Little Rock entameront une bataille politique et judiciaire pour empêcher cette mixité, lutte qu’ils perdront en 1958… Pas évident de faire changer les mentalités !

L’Arkansas a gardé sa culture agricole, et aujourd’hui ce secteur fait marcher l’économie de la région et lui permet d’être dans la moyenne du pays : volaille, riz, coton, soja, aquaculture… Mais on trouve aussi des industries du type construction automobile, fabriques de papier…

Le tourisme a une part non négligeable dans l’économie de l’Arkansas, lui-même s’autoproclamant « Arkansas is A natural« . On peut notamment y pêcher : truites, bars, poissons-chats, écrevisses… Tout ce qu’il faut pour élaborer les recettes de cuisine familiales du Sud des USA !