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« Une autre idée du silence » de Robyn Cadwallader

Une autre idée du silenceC’est la rentrée des partenariats littéraires ! Pour commencer cette nouvelle saison avec Denoël, j’ai choisi Une autre idée du silence, un roman australien de Robyn Cadwallader paru cette année. Cette fiction historique nous plonge dans le quotidien d’une recluse anglaise au 13ème siècle, une période et thématique qui me sont complètement étrangères.

A 17 ans Sarah fait le choix de se donner entièrement à Dieu, non pas en entrant dans un couvent, mais en  devenant une recluse. Dorénavant, elle ne fait plus parti du monde des vivants : elle vivra jusqu’à la fin de ses jours dans une petite pièce attenantes à une église, scellée comme un tombeau. Ici elle pourra se consacrer à la prière et oublier son corps de femme, objet de péchés. Pour lui permettre de vivre son ermitage, elle a deux servantes, Louise et Anna… Et un confesseur, le seul homme à avoir le droit de lui parler. Nous allons découvrir avec Sarah les raisons qui l’ont poussé à vivre isolée du monde… Sa foi, et sa volonté à fuir un monde où les femmes ne semblent être nées que pour souffrir.

S’il est question de religion dans ce roman, il est aussi et surtout question de la place de la femme dans la société médiévale anglaise en 1255. Elles sont encore considérées comme de créatures faibles, porteuses du péché, tentatrices et lascives. Bref, elles ne sont bonnes qu’à porter des enfants, obéir aux hommes et travailler. En se retirant du mondé Sarah espère échapper à ce destin, que sa sœur morte en couche a connu. Mais en écoutant les prières des villageoises et en conseillant ces femmes, elle va comprendre que les choses ne sont pas si simples pour elles… Comment leur apporter de l’aide alors qu’elle est enfermée dans une cellule et n’a rien connu de la vie ?

Les personnages qui gravitent autour d’elle sont assez secondaires, bien qu’ils rythment sa vie. Logique, puisqu’elle ne peut pas les voir. Le seul sur lequel un focus est vraiment fait est Ranaulf, son nouveau confesseur, qui est aussi moine copiste. Son regard critique et mysogine en fait un parfait représentant de l’église de son époque…
Le méchant de l’histoire, Sire Thomas, est le protecteur de Sarah, c’est à dire le seigneur qui accepte de l’entretenir sur ses terres. On regretterai presque qu’il ne soit pas plus extrême et caricatural pour donner un peu de piquant !

Une lecture pas désagréable, même si elle manque un peu de rebondissements, à se vouloir trop réaliste. Nous ne somme pas dans un récit d’aventure historique comme dans Les piliers de la terre, mais dans quelque chose de plus contemplatif. Une parenthèse culturelle au milieu de mes lectures habituelles, qui a eu l’avantage de me faire me pencher sur l’architecture médiévale (mais qu’est-ce qu’un hagioscope ?) et sur les rites autour de la réclusion religieuse.

Une autre idée du silence de Robyn Cadwallader
Editions Denoël & d’ailleurs
Traduction : Perrine Chambon et Arnaud Baignot
2015 – 398 pages

Au passage, ce livre va me permettre  de valider l’entrée musique pour le challenge Petit BAC 2015.

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« Axiomatique » de Greg Egan

AxiomatiqueÇa faisait un bon moment que j’avais entendu parler de Greg Egan, un des papes de la « Hard Science-Fiction« … Rassurez vous, rien de sale la dessous 😉
Dans la Hard Science-Fiction, les théories scientifiques (biologie, physique, informatique, psychologie cognitive…) utilisées dans le récit correspondent bien à l’état actuel de nos connaissances… Ce qui rend ces histoire encore plus inquiétantes, car l’auteur joue vraiment avec les limites de notre savoir.
J’ai donc mis un peu de temps à me lancer, mais j’ai enfin lu un de ses livres ! Axiomatique, un recueil de nouvelles paru aux Etats-Unis en 1995, et en 2006 chez nous. Une lecture parfaite pour le challenge ABC des littératures de l’Imaginaire !

Difficile de se focaliser sur quelques une des dix-huit nouvelles de ce livre pour résumer le style de l’auteur. Celles qui m’ont le plus marquées sont celles où l’auteur nous brosse un portrait de l’humanité futuretoutes les prouesses scientifiques sont possibles… Pour le meilleur, mais aussi pour le pire quand elles touches à l’eugénisme ou au désirs névrotiques.

Par exemple dans Le P´tit-Mignon un homme cherche à combler ses besoins de paternité en faisant commandant un bébé synthétique, censé vivre 4 ans et ne jamais dépasser l’âge mental d’un nouveau né. Mais a-t-il bien fait d’acheter une version taïwanaise contrefaite du P´tit-Mignon, pour économiser quelques dollars ?
Un amour approprié est vraiment flippant… Pour sauver la vie de son mari victime d’un grave accident, et en attendant que son corps cloné soit prêt, une femme doit le porter le cerveau de son conjoint dans son ventre deux ans, comme un foetus. Tout cela à cause d’un contrat d’assurance au rabais… Une histoire très perturbante, où on en vient à se poser des questions sur ce qu’on serait prêt à faire pour sa tendre moitié…
D’autres histoires sont plus positives, comme Eugène, où un super enfant censé être le joyau de la manipulation génétique revient dans le passé pour empêcher sa propre conception !
Le coffre-fort est assez troublant, l’histoire d’un homme qui « glisse » d’un corps à l’autre dans sa ville depuis son enfance. Il n’a pas d’identité propre, pas de vie à lui… Il emprunte celle de ses hôtes pour une journée, et glisse dans un nouveau corps le lendemain. Qui est-il en réalité ? A-t-il jamais été humain ? D’où vient cette malédiction ?

Globalement, ces nouvelles tournant autour de la présence de l’autre, de l’image de soi… m’ont beaucoup plu. Les concepts scientifiques manipulés par Egan sont pointus, cohérents, et c’est ce qui fait la force et l’intérêt de ses histoires. Entre la manipulation des gènes, les voyages dans le temps, l’immortalité grâces à des cerveaux synthétiques, les implants neuronaux pour changer les comportements… Il y a des dizaines de concepts avec lesquels s’amuser !
Personnellement j’ai eu plus de mal à comprendre et apprécier des récits avec des altérations de l’espace-temps, comme L’assassin infini où des villes entières glissent de dimensions en dimensions…

Globalement, voici un très bon ouvrage de science-fiction, très riche, avec un humanisme assez présent derrière les théories scientifiques… Contrairement à ce qu’on peut entendre sur la hard science-fiction qui s’attacherait plus aux sciences qu’au personnages dans les romans.
Je le conseillerai donc volontiers aux amateurs de SF et de formats courts !

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« La Vengeance du wombat et autres histoires du bush » de Kenneth Cook

La vengeance du wombat et autres histoires du bushPetite pause sous le soleil de l’outback et du bush australien avec Kenneth Cook, que je retrouve dans un recueil de nouvelles une fois encore ! Après Le koala tueur et autres histoires du bush, il nous régale de nouvelles histoires où les animaux sauvages et les habitants de ces contrées (tout aussi sauvages ? ;)) on la part belle !
La Vengeance du wombat et autres histoires du bush me permet en outre de remplir ma première case dans le challenge Petit BAC 2013… catégorie animaux bien entendu !

On suit les aventures de l’auteur (légèrement ventripotent) au travers de l’Australie, dans une douzaine de nouvelles. A chaque fois, cela commence par une rencontre avec un autochtone à un bar paumé ou dans les immensités désertiques : Aborigène, étudiant en goguette, habitant du cru… On est loin de Sydney et de ses civilités !
Dans ce monde, il est mal vu de refuser un coup à boire et de ne pas payer sa tournée en retour, on est toujours prêt à parier sur quelque chose, et surtout, les choses les plus invraisemblables sont d’une relative banalité. Que ce soit un mec qui débarque pour vendre des grenades dans un pub, des concours de castration de cochons sauvages, le rapt de buffles, crocodiles géants, serpent venimeux ou wombat, la chasse au requin… Tout cela n’est que très naturel. Sauf peut-être pour Kenneth Cook qui se retrouve plus ou moins à son insu embringué dans ces aventures, mais s’en sort généralement sans trop de mal (quelques cicatrices au pire) 🙂

Un voyage sympa et amusant dans ce pays, si éloigné de nous géographiquement, mais aussi culturellement !
J’aime assez ce format court : on n’a pas le temps de s’ennuyer ! Les différents récits ont un petit goût de contes ou légendes urbaines racontés au coin du feu en camping ou dans un rade… Des histoires excessives et extraordinaires, mais qui font sourire ou étonnent !
Bref, j’ai aimé, et je le conseille pour ceux qui ont une envie « d’ailleurs » 😀
Et merci à Petite Fleur pour ce prêt ! 🙂

Challenge Petit BAC 2013

« Le koala tueur et autres histoires du bush » de Kenneth Cook

Les raisons pour lesquelles je me suis retrouvée avec ce livre dans ma liste de livres à lire est presque digne des nouvelles qui s’y trouvent : j’ai eu le malheur au bureau de déclarer à Petite Fleur que je n’aimais pas les koalas, parce que je les trouvais laid. Une touffe de poil avec des oreilles qui ne ressemble à une explosion de moumoute et un nez énorme en forme de kiwi, ça ne me fait pas du tout craquer. En plus je lui assurais que cet animal devait cacher un tempérament sournois et fourbe…
C’est là qu’elle m’a demandée si j’avais lu la nouvelle de l’auteur australien Kenneth Cook, Le koala tueur, car nos points de vues sur le koala, à l’auteur et moi, étaient plutôt semblables.
Et en effet, on a le même point de vu, sauf que lui l’a testé douloureusement 😉

Le koala tueur : et autres histoires du bush est un recueil de 15 nouvelles assez courtes, qui tournent autour de l’outback en Australie. L’auteur nous les présentent comme des histoires vraies, et se retrouve toujours au centre de péripéties pas possible dans ces territoires semi-sauvages. Entre les animaux sauvage ou domestiques, les habitants eux aussi sauvages ou domestique (selon leur taux d’alcoolémie), le désert ou les marécages, les aborigènes ou les touristes… Kenneth Cook passe rarement des moments tranquilles dans le bush. Il est souvent plongé dans ces histoires suite à un reportage ou ses travaux d’écriture personnels, ou tout bêtement parce qu’il a croisé un type sympa dans un pub pommé. En plus il ne cherche que rarement l’aventure, il se décrit lui même comme un homme d’âge moyen plutôt corpulent, le contraire même du héros de la série TV Man vs. Wild 😉

Ces histoires sont incroyables, à se demander comment il a fait pour vivre aussi longtemps ! Incroyables mais aussi très amusantes, je me suis souvent surprise à sourire voir rire en lisant certaines de ces nouvelles ! Le style d’écriture est simple et léger, sans prise de tête. Il nous raconte son histoire comme il le ferait face à un ami devant une bière… très agréable à lire, on s’y croirait !
Bizarrement, ça donne envie de visite d’Australie ^^. En plus j’ai appris quelques trucs sur les animaux Australiens, qui me feront peut être un jour briller en société 😉

Côté nouvelles, j’ai particulièrement appréciées celles avec des animaux domestiques qui semblent rendu fous par leur vie en Australie (comme leurs maitres ?)  : Cédric le chat, le félin qui se prend pour un chien de garde et étripe sur tout ce qui voudrait faire du mal à son propriétaire, Actifs liquides, l’histoire de l’éléphant constipé, Le chien qui aimait les animaux, labrador qui a son insu à terrorisé un pub au milieu du désert… Mais celles qui tournent autours des habitants, des animaux sauvages, n’en sont pas moins captivantes comme Le mineur fou qui nous plonge littéralement dans une mine d’opale, ou Cent canettes qui nous raconte une concours de boisson…

Un livre que j’ai aimé et je conseille vivement… je vais d’ailleurs essayer de trouver d’autres roman ou nouvelles de cet auteur 🙂