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« Bride Stories tome 4  » de Kaoru Mori

Bride Stories 4 Ca fait bien longtemps que je n’avais pas lu un manga de la série des Bride Stories, qui pourtant m’avait bien plus à l’époque… Et c’est bien dommage, car cette BD et particulièrement ce tome, ont tout pour plaire : maîtrise du dessin et de l’univers dans lequel se déroule l’histoire, des personnages attachants, beaucoup d’humour… Bref, un bon bol d’air frais !

Nous avions laissé au dernier épisode l’ethnologue Smith seul avec son guide, Ali, sur la route d’Ankara.
Ils vont traverser un village de pêcheurs au bord de la mer d’Aral, où Smith va être pris pour un médecin, et se retrouver des jours durant à soigner les habitants du village… et bientôt tout ceux de la campagne aux alentours !
Ici vivent Layla et Leyli, deux jeunes jumelles qui débordent d’énergie ! Elles n’ont qu’une idée en tête : se trouver deux maris (un pour chacune), idéalement des frères pour pouvoir vivre ensemble… Et bien entendu, ces futurs époux devront être beaux, riches, posséder des centaines de têtes de bétail, proposer une belle dot à leur père, et surtout, supporter ces deux turbulentes jeunes femmes ! Leur père leur trouvera-t-il un parti à leur hauteur ?

Layla et Leyli

Ca fait du bien de quitter un peu le clan de Karluk et d’Amir pour voir un peu ce qui se passe dans d’autres contrée d’Asie Centrale ! Ici on est servi, on est dans un tout autre univers : un village de pêcheur, où le bétail à moins d’importance, avec de nouveaux modes de vie (vêtements, cuisine…). Mais comme partout, le mariage et donc les alliances entre familles sont essentiels !
Les deux jumelles, Layla et Leyli sont deux personnages très comiques, à leur insu : deux petites pestes montées sur ressorts qui ne pensent qu’à leur futur mariage. Elles montent plans sur plans pour essayer de se trouver des maris riches en les piégeant, au grand dam de leur parents. Cela donne des situations cocasses, comme la scène où elles essayent d’assommer un riche chef de tribu avec un poisson, au moment où il traverse la rivière, afin de le sauver et de peut-être se voir proposer ses fils en noce !
Heureusement, leur père va mettre fin à leurs stratégies délirantes pour se trouver un mari en leur choisissant des époux… Gare à la déception !

Je n’ai plus qu’une envie : courir m’acheter le tome 5 !!!

« Bride Stories » tomes 1 à 3 de Kaoru Mori

Un peu de beauté dans ce monde de brutes ne peut pas faire de mal… Et c’est là tout l’intérêt de cette série de manga dont la parution a débuté en 2009 au Japon, et mise sous le feu des projecteurs au Festival d’Angoulême 2012 ! Difficile de passer à côté en ce début d’année !

Bride Stories se passe en Asie Centrale à la fin du 19ème siècle, et concentre sur le personnage d’Amir. Âgée de 20 ans, et venant d’une tribu nomade, elle se retrouve mariée à un jeune homme d’un clan sédentaire, Karluk, alors qu’il a à peine 12 ans…
On suit sa vie quotidienne au sein de sa nouvelle famille : les repas, l’artisanat, la chasse, les relations avec la belle famille… Jusqu’au jour où le clan d’Amir décide de la reprendre pour la marier à une famille plus puissante !

Autant le dire tout de suite, malgré les petites guerres de clans très anecdotiques, l’histoire n’est pas super palpitante. Tout l’intérêt de Bride Stories pour moi se trouve dans le tableau peint de cette culture d’Asie Centrale. Avec une précision d’historienne ou de sociologue, Kaoru Mori rend vivants ses personnages, et nous aide à mieux comprendre leurs motivations, les villes qu’ils ont bâtit, leur art… On à l’impression sous sa plume de voir (re)naître un monde cohérent, et tout simplement beau.
Ils sont rares les mangas qui me touchent graphiquement parlant, et là, j’en tiens un ! 🙂
Les détails de certaines scènes sont époustouflants. En général les paysages, décors, costumes… sont de simples habillages de fonds, réalisé par les assistants du mangaka. Ici, ils sont au centre de l’histoire, et je ne serait pas étonnée que Kaoru les réalisent elle même ! De vrais morceaux de bravoure !

C’est d’autant plus dommage que l’histoire ne soit pas réellement à la hauteur, bien que le sens de la narration soit maîtrisé et qu’on lise les 3 tomes parus avec plaisir !
Enfin je suis peut être un peu dure… Si le premier volume était un peu trop shojo / shonen pour moi (les inévitables enfant trop « kawaii », Amir dans le rôle de la super chasseuse, l’arrivée des « méchants » vraiment trop dark…), le second et surtout le troisième se rattrapent un peu, en axant plus le récit sur le volet socio-historique de la région, les moeurs de ses habitants… Au travers le regard d’un chercheur européen venu dans la famille de Karluk pour étudier ces peuplades.

Bref, j’aime bien ce manga, et je lirai bien entendu la suite si elle reste à la hauteur des précédents (pourvu que la série ne traîne pas en longueur !)… Il fait rêver malgré tout, et reste très agréable à lire, et à contempler !