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« Les Extrêmes » de Christopher Priest

les-extremesDernière lecture de l’année, et dernière lecture pour le challenge ABC des Littératures de l’imaginaire ! Moi qui voulais vider ma PAL spéciale science-fiction, fantastique et fantasy, j’ai été servie cette année 😀
Je termine donc avec un des auteurs qui m’avait fait aimer la SF il y a quelques années avec Le monde inverti : Christopher Priest.

Après plusieurs dizaines d’années passées loin de l’Angleterre, Teresa Simons revient dans son pays natal. Elle est maintenant agent du FBI aux Etats-Unis, mais profite de son congé longue duré pour passer quelques semaines à Bulverton. Son choix n’a pas été fait au hasard : l’été précédent, un psychopathe, Gerry Grove, a tiré sur des dizaines de personnes dans cette bourgade tranquille. Pourquoi ? Et que ressentent les survivants de ce drame ? En enquêtant sur cette affaire, Teresa espère exorciser ses propres démons : son mari Andy est mort l’année précédente, tué par un preneur d’otage au Texas.
Outre son enquête sur le terrain, elle va tenter de découvrir ce que Gerry Grove a fait durant un laps de temps de deux heures entre deux sessions de fusillade, dans un centre ExEx… Et elle même se plonger dans les univers virtuels !

Les Extrêmes a été publié en 1998, et m’a tout de suite rappelé le film eXistenZ de David Cronenberg, sorti quelques mois plus tard : les explorateurs numériques comme Teresa ont une valve plantée dans la nuque qui leur permet de se connecter directement aux réalités virtuelles. Dans le roman se sont des injections de nanoparticules dans les centres ExEx qui permettent de s’immerger dans l’univers virtuel, qui oscille entre la simulation et le jeu.

L’intrigue met un peu de temps à se mettre en place, le récit étant au début vu de plusieurs point des vus, comme l’est un scénario ExEx, avant de focaliser sur les expériences de Teresa.
Il devient plus en plus difficile au fur et à mesure que la lecture de discerner la réalité et la fiction : est-ce que Teresa navigue dans les scénarios extrêmes de l’ExEx, ou est-elle elle-même un scénario proposé par un développeur ? Pourquoi rentre t-elle en quasi symbiose avec Gerry Grove ? Comment dépasser les limites du jeu, et gagner en liberté dans un univers virtuel programmé et « fini » ?
C’est sur ce jeu des limites entre le scénario, le réel et le virtuel… que Christopher Priest à voulu mettre son projecteur, en rajoutant en plus une dose d’ambiguïté sur le sujet des voyages dans le temps. Bref, des sujet pas simple, même quand on se pose pour y réfléchir !
Du coup je suis un peu dubitative sur cette lecture… L’écriture est fluide et agréable, le livre se lit bien… mais j’ai l’impression d’avoir été flouée sur la fin, avec tout ces mélanges, croisements des scénarios. Du coup j’ai le sentiment d’avoir été perdue et de ne pas avoir de réponses sur l’histoire de Gerry et Teresa !

Bon, je n’ai pas passé un mauvais moment avec ce roman, il aura l’avantage de m’avoir fait cogiter ! Mais tout de même, je ne sais pas si je le conseillerai à quelqu’un qui veut découvrir cet auteur, ou se lancer dans la SF.

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Ainsi naissent les fantômes » de Lisa Tuttle

Ainsi naissent les fantomesComme souvent ces derniers temps, mon partenariat avec Folio m’a surpris et m’a permis de faire une chouette découverte… Une auteure américaine que je ne connaissais absolument pas, Lisa Tuttle.
Ce recueil de nouvelles, datant des années 80 jusqu’au début des années 2000, m’ont donné un aperçu du style de cette écrivain… Et j’ai été emballée ! Une plume légère, des cadres poétiques, et la vie quotidienne des protagonistes qui basculent dans le fantastique. Tout ce qu’il faut pour m’accrocher et me donner envie d’en lire encore plus !

J’ai été happée dès la première nouvelle, Rêves captifs, si noire… L’histoire d’une petite fille kidnappée et enfermée dans un placard, qui va un jour réussir sortir de sa geôle telle Alice en ouvrant une trappe habituellement impraticable.
Le Remède est assez conceptuel, un virus qui annihile la possibilité de parler… Qui n’est pas sans me rappeler la bombe iconique de l’Anamnèse de Lady Star ! Décidément, je n’ai pas fini d’en parler, de ce roman !
Ma pathologie mêle ésotérisme, sciences et fantastique avec brio… et met en scène des situation de prégnation assez perturbantes.
Mine de rien, Le vieux Mr. Boudreaux m’a touché, pas tant pour la situation que pour sa principale protagoniste avec lequel je me suis senti en phase… C’est bizarre comme sensation, que de lire ligne après ligne la description et les pensées d’un personnage et de se dire « Tiens, j’aurais pu dire ça, ou être ça… ».

Certaine m’ont moins plu forcément, comme La fiancé du dragon, peut-être un peu trop symbolique. Le récit tourne autour des craintes d’une jeune femme de se voir retourner chez sa tante en Angleterre, car elle a eu un trou noir lors de sa dernière visite là bas quand elle était enfant… Forcément, il a du se passer des choses bizarres… mais peut-être trop étranges du coup !

J’aime beaucoup les différents personnages de ces nouvelles, qui devraient avoir peur de ce qu’ils voient et vivent, mais l’acceptent presque naturellement. En effet, les situations quotidiennes se trouvent mise en décalage à un moment… un truc bizarre arrive, et nous fait tout de suite rentrer dans un univers fantastique. Le format court est pas mal finalement, même si j’aurais parfois aimer en savoir plus ! La concision de nouvelle permet de moins tourner autour du pot, de vraiment voir quand se passe la cassure entre le monde « normal » et « irréel ».
J’ai noté une grande importance de la maison dans cette anthologie, ainsi que des rêves… et on ne voit pas de fantômes comme on peut l’imaginer (ces machins phosphorescents qui viennent embêter les vivants). Quand on y pense, c’est peut être effectivement l’addition de ces deux choses, le lieu de vie structuré pétri d’habitudes et notre imagination débridée, qui donne naissance à ces fameux fantômes que le titre nous livre, et que nous créons…

Bref, un excellent recueil de nouvelles fantastiques, qui me donnent envie d’en connaître plus de cette auteure… Et si je vous dit qu’elle a écrit avec George R. R. Martin Elle qui chevauche les tempêtes, ça ne peut présager que du bon 😀

En plus bonne nouvelle pour mon challenge ABC – Littératures de l’Imaginaire, je peux cocher la lettre T ! 🙂

Merci Folio pour cet excellent ouvrage !

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Le Faiseur d’histoire » de Stephen Fry

Le faiseur d'histoireL’année commence de la meilleure des manières avec cette lecture commune avec Petite Fleur, qui me permet de valider la lettre « F » du Challenge ABC – Littératures de l’Imaginaire.
Ce roman de Stephen Fry nous plonge dans une aventure qui mélange humour, science-fiction et uchronie d’une main de maître, avec une touche de délire à l’anglaise qui n’est pas pour me déplaire.
Bref, je n’ai plus qu’une envie, découvrir d’autres livres de Fry, ce touche à tout britannique connu Outre-Manche en tant qu’acteur, humoriste, réalisateur, scénariste, présentateur TV, voix de livres audios,… et aussi écrivain ! Un vrai monument national là bas !

Michael Young est étudiant en histoire à Cambridge, à la veille de remettre sa thèse à son professeur. Après tant d’années de travail et de recherche, il est persuadé de réussir haut la main cette dernière étape de ses études… et il se voit déjà lui même professeur, sa thèse éditée, avec un avenir radieux pavé de gloire.
Mais cette journée où il doit rendre sa thèse se passe mal : sa petite amie Jane le quitte en emportant la voiture, il reçoit du courrier qui ne lui est pas destiné, il fait tomber sa thèse non reliée dans le jardin du campus… Une occasion pour lui de rencontrer le vieux professeur Leo Zuckermann, spécialisé dans la physique. Celui-ci l’aide à ramasser les feuillets et semble très intéressé par le sujet de la thèse de Michael : les jeunes années d’Adolf Hitler. Leo est lui même obsédé par le génocide des Juifs et la Seconde Guerre Mondiale. Quel secret cache-t-il ?

Nous voilà donc devant un sujet sérieux, traité d’un point de vu original avec un ton très fun et décalé.
Que serait le monde si Hitler n’étais jamais venu au monde ? Voici bien une question qu’on a tous du se poser au moins une fois dans sa vie… Notre société serait-elle meilleure ou pire ? La technologie serait-elle plus en avance ? Quelle chemin aurait pris l’humanité sans la présence de ce « monstre » pour pervertir l’histoire ?
Ou alors, un être encore plus intelligent, ou plus malin, ou plus stratège, ou plus fort… aurait-il pu émerger ? Et si ce leader qui n’a jamais vu son sacre avait été moralement pire que Hitler ?
Et si, finalement, un seul homme ne change pas profondément le cours de l’histoire ? Si la volonté d’un peuple et d’une société à un temps T créait son destin pour les années à venir ? Et si les passions des hommes mettaient  l’histoire d’une nation sur des rails,  tel un train en marche, et peut importe qui en est le conducteur ? En gros, que dans une Allemagne antisémite et humiliée par la défaite de 1918, n’importe qui ou presque aurait pu remplir le vide…
En revisitant l’histoire comme il l’a fait, Fry nous offre sa réponse, mais comme dans toute bonne histoire de SF, nous permet de nous poser des tonnes de questions !

Outre le fond philosophique du roman, j’ai beaucoup aimé le personnage de Michael, plein d’humour, très contemporain… Et le style de Fry est un vrai régal ! Le petit truc sympa dans la structure, c’est la manière dont l’auteur a alterné ses chapitres : l’histoire de Michael, celle de la jeunesse de Hitler… puis ça change un peu 😉

coup de coeurUn vrai coup de coeur, que je vous conseille cette lecture même si vous n’êtes pas branché science-fiction ! Maintenant il va falloir que je me trouve d’autres romans de Fry à mettre dans ma PAL ou ma wish-list !

challenge de l'imaginaire ABC 2014

 

 

« The Country of the Blind » et « The Star » de H.G. Wells

H. G. Wells
H. G. Wells

Suite et fin des lectures de Herbert George Wells pour les cours Coursera de littérature fantasy… Pfffffiou ! La semaine a été bien chargée et j’ai terminé sur le fil ces deux nouvelles en anglais : The Country of the Blind et The Star. Un peu « blonde » (et peut être blind *humour*), je n’avais pas vu que la version française existait au moins pour l’un de ces texte : Le pays des aveugles. Mais bon, qu’est ce que je ne ferai pas pour bosser mon anglais moi ! 😉

The Country of the Blind
Dans une région de la Cordillère des Andes, Nuñez est en pleine ascension d’un sommet… Mais il tombe  dans une crevasse, dévale des falaises et se retrouve au milieu d’un pays légendaire, perdu et protégé par les massifs depuis des générations : « Le pays des aveugles« . Depuis des siècles ses habitants vivent reclus et sont tous devenus aveugles depuis des siècle. Voir est tout bonnement pour eux un mythe ! Nuñez, qui connait parfaitement ses citations et poncifs, sait qu' »au pays des aveugles les borgnes sont rois« , et décide donc de conquérir à lui seul cette contrée. Mais les choses ne vont pas se passer comme il l’entend…

The Country of the Blind m’a vraiment beaucoup plu. Au début je me suis dit : « Tiens, la version inversée de L’homme invisible« . Mais en fait c’est plus fort que ça, et beaucoup plus intéressant en mon sens que les aventures de Griffin l’homme invisible.
Dans un pays où ne vivent que des aveugles, et cela depuis des générations, le fait de ne pas voir n’est pas un handicap. Ils vont d’ailleurs prendre Nuñez pour un fou quand il leur expliquera ce que c’est, de voir ! Les rôles s’inversent entre la normalité et le handicap, ou aucun des protagonistes ne peut se mettre à la place de l’autre de fait : ils sont tellement différents à cause de leur perception du monde, qu’ils ne peuvent pas se comprendre.
Une très belle histoire sur la discrimination et les préjudices que je vous conseille de lire dès que vous avez quelques heures devant vous !

The Star
A l’orée de la nouvelle année, une étoile apparait dans le ciel nocturne… jour après jour, heure après heure, elle grossit, grossit… Certain sur Terre sont heureux et voient cela comme un bon présage, d’autres en revanche son effrayés et se demande déjà si les Cavaliers de l’Apocalypse ne sont pas en route pour faucher l’humanité.
Mais qu’est ce que cette étoile qui approche, devient de plus en plus chaude, et risque de ravager la Terre ?

The Star ressemblerait presque une nouvelle écologique, presque prophétique quand on voit noter situation actuelle… Il nous montre comment un événement de portée mondiale est interprétée par les terriens et surtout les impacts que cela peut avoir sur la planète. Un petit changement vu de loin, mais une catastrophe majeure si on y regarde de plus près (fonte des neige, tsunamis…).
Une histoire amusante et intéressante qui vaut le coup d’œil, et qui n’est pas sans faire penser à La guerre des Mondes.

Voilà deux courts récits très sympa… et plus particulièrement The Country of the Blind qui m’a vraiment emballé ! Un bon point pour H. G. Wells, dont je lirai les autres nouvelles dès que j’aurai un peu de temps ! 😉

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« L’homme invisible » de H. G. Wells

L'homme invisiblePour continuer sur la vague H. G. Wells des cours Coursera sur la littérature fantasy et SF, je me suis collée à la lecture du très célèbre roman L’homme invisible. Quoique comme la plupart des créatures de SF et fantasy (Frankenstein, Dracula…), je connaissais mieux la version TV ou ciné que l’originale !
Une découverte une fois de plus, donc…

Un homme étrange arrive dans une auberge d’un village anglais, emmitouflé, avec un comportement peu commun… et demande une chambre pour entreposer son matériel scientifique et y loger. Ses manières de plus en plus intolérantes et violentes vont mettre la puce à l’oreille des propriétaires. Et si c’était un dangereux criminel en fuite ? Les choses s’enveniment, et l’étranger se dévoile : c’est un homme invisible !
Obligé de fuir, on va en apprendre plus l’homme invisible, Griffin… Scientifique ruiné ayant découvert la formule de l’invisibilité, il l’a utilisé sur lui pour échapper à ses créanciers et disparaître du monde. S’en suit sa découverte des bienfaits de sa nouvelle forme… mais surtout de tout ses inconvénients ! Rejeté, banni, Griffin tombe peu à peu dans le crime

Un grand classique certes, mais quel ennui 🙁
Je n’ai absolument pas accroché à cette histoire, contant la descente en enfer d’un scientifique (forcement) perverti par sa volonté de vouloir jouer avec les lois de la Nature. Mauvais et violent, que se soit dans son passé d’homme « normal » ou celui d’homme invisible, il manque totalement de moralité. Classique dans la SF avec les « savants fous » vous me direz ? 😉
Mais là je ne sais pas pourquoi (peut être à cause de la traduction), je n’ai vraiment pas aimé le style, l’humour old-school (blagouilles d’homme invisible), les scènes d’action que j’ai eu du mal à suivre, la moralité un peu éculée…

Bon, tout n’est pas à jeter, surtout quand on parle de monuments littéraires comme celui-ci ! Effectivement il fait réfléchir sur le sens du devoir et des responsabilités des scientifiques : avec un tel pouvoir, doit-on penser directement à verser dans le vol et le crime ?
La fin en revanche est assez amusante, mais je n’en dirait pas plus 😉

Bref, bien mais pas top… et heureusement gratuit en version ebook, car le roman est tombé dans le domaine public !

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« Animal farm » de George Orwell

animal farmVoici encore un classique que je traîne dans ma PAL depuis quelques années… Ça doit bien faire 10 ans qu’on m’a donné ce livre, Animal farm dans sa langue originale, afin de me permettre de travailler un peu mon anglais. Heureusement, le challenge ABC est là pour m’aider à faire le ménage 😉
Ce court roman de George Orwell est surement aussi connue que son chef-d’oeuvre 1984. Il a été écrit en 1945, à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, en réaction au régime communiste en URSS. Le mouvement passa selon lui de douce utopie égalitaire après les révolutions de 1917 à celle d’une dictature brutale dirigée par Staline.
Pour nous expliquer la manière dont ce changement de cap s’est effectué, Orwell prend le parti pris de l’allégorie : ses protagonistes sont des animaux, et le territoire des événements une ferme en Angleterre.

Mr Jones est un fermier anglais et possède la Manor Farm, où il fait son travail d’agriculteur : semer, récolter, élever des animaux pour leur viande, leurs œufs… Il a juste un petit problème avec la boisson et est ivre la moitié du temps.
Les animaux travaillent dur au service du fermier, mais profitent de leur soirées pour se réunir et écouter Old Major, un vieux cochon qui a des rêves pour tous les animaux : égalité pour tous, plus d’abattoir, plus de travail exténuant au profit d’un seul maître… Tous l’écoutent avec attention : les verrat Squealer, Snowball et Napoleon, les chevaux Boxer et Clover, l’âne Benjamin, la chèvre Murielle, les poules, les canards, le chat, les oiseaux…
Un jour Mr Joner, trop saoul, oublie de nourrir les animaux : c’en est trop ! Ils se révoltent et chassent le mauvais fermier de ses terres ! Maintenant, la ferme sera auto-gérée par les animaux : ils seront tous égaux, et feront tout pour ne pas ressembler à des humains ! 7 Commandements sont créés pour donner une base à cette société : pas d’alcool, interdiction de tuer ou d’utiliser de l’argent,… Un nouveau monde est en marche, dans la toute récemment renommée Animal Farm !
Mais malheureusement pour ces animaux, si les idées sont toujours bonnes, c’est leur exécution qui pose parfois problème : rapidement, l’utopie d’Animal Farm devient une tyrannie dirigée par les cochons, et leur leader Napoleon

Ce roman va nous permettre de découvrir comment l‘idéal de la révolution animale va se transformer en un asservissement pire (ou du moins pas meilleurs) qui existait au temps des humains.
Il nous explique très bien comment une excellente idées de liberté et de partage peut se transformer en dictature si une minorité prend le pouvoir par la manipulations et la violence, pour son unique profit.
Pour bien symboliser les choses, la ferme est divisée en 3 grands groupes : d’abord les cochons qui sont très intelligents et qui font dès le début office de cadres (ils savent lires et écrire, ils gèrent la fermes…), les moutons qui forment le gros de la force de production, auquel on peut joindre les vaches, chevaux, poules… se sont les suiveurs, le peuple. Et pour finir les chiens, élevés pour être le bras armé des cochons : ils grognent au moindre signe de protestation, mordent et tuent au besoin pour étouffer les envies de rebellions…

Le focus est souvent donné sur des techniques de manipulation , dont ont pu user et abuser les dictateurs dans « la vraie vie ».
Une des manière les plus frappante dans le livre est l’utilisation des masses, comme les moutons, trop bêtes pour apprendre les 7 Commandements. Pour eux on doit simplifier la pensée de base à « Four legs good, two legs bad », qui deviendra leur leitmotiv bêlant,…Cela n’est pas sans rappeler la novlangue de 1984, qui est plus un instrument d’asservissement que de culture.
La propagande est bien entendue utilisée et est dirigée par le cochon Squealer, qui donne de magnifiques exemples de contre-information, révisionnisme… Chaque privilège que les cochons souhaitent s’octroyer est savamment passé à la loupe de ce porte-parole, afin de monter un plan de communication, de manière à faire passer la pilule aux autres animaux.

On pourrait disserter des heures sur ce petit livre, au vue des grandes idées qu’il véhicule… J’ai bien entendu beaucoup apprécié cette lecture, surtout dans sa langue originale : je ne maîtrise pas l’anglais, mais une fois le vocabulaire de la ferme compris, ça va tout seul.
Un livre à lire ou relire en ces temps troublés où on entend des appels à « la guerre civile » et au « sang », qui nous rappelle de garder notre sens critique, et de ne surtout jamais rentrer dans le jeu des moutons, des cochons et des chiens !

challenge ABC

« L’hôtel hanté » de William Wilkie Collins

L'hôtel hanté

Pour la lecture de ce roman dans le cadre du challenge ABC, j’ai surmonté ma première mauvaise impression avec W. Wilkie Collins, qui m’avait un peu déçue avec Profondeurs glacées il y a un an… Mais bon, j’entends tellement de bien de cet auteur de la période victorienne, que j’ai décidé de retenter le coup avec L’hôtel hanté paru en 1878… Ce livre étant tombé dans le domaine public, on peut se le procurer gratuitement légalement et facilement sur Internet ! Une bonne occasion de lire un auteur classique 🙂

Lord Montbarry étonne le tout Londres, et plus particulièrement sa famille, en choisissant d’épouser la comtesse Narona, rencontrée lors d’un voyage… Celle-ci jouit d’une réputation sulfureuse dans toute l’Europe. Pire encore, il a rompu ses fiançailles avec Agnès Lockwood,  jolie et vertueuse jeune femme, pour s’unir à la comtesse. Mais un pressentiment étreint cette dernière : elle sent qu’Agnès la conduira à sa perte, malgré sa bonté et gentillesse naturelle.
Quelques mois plus tard, la famille Montbarry apprend que le lord à trouvé la mort à Venise, dans le palais qu’il louait avec sa nouvelle épouse et son beau-frère le baron Rivar, bien connu dans le monde du jeu pour ses dettes… Si sa mort est due à une pneumonie, la disparition de son laquais et la prime touchée par l’assurance vie du lord par la comtesse laisse soupçonner que sa mort n’était peut-être pas si naturelle

On mélange ici un peu les genres : une histoire d’amours déçues, où une jeune femme se retrouve bafouée et aveuglée par le chagrin ; une enquête sur la mort du lord et toutes les bizarreries l’entourant de la part d’Henry, le frère du lord, éperdument amoureux d’Agnès ; et aussi une touche de fantastique lorsqu’on s’aperçoit que le palais où est mort le lord est en fait hanté par un esprit !
Un mélange qui passe plutôt pas mal : j’ai lu rapidement ce livre, tant je voulait savoir comment la comtesse avait fait passer de vie à trépas son époux ! Car là pas de surprise, même en essayant de prendre du recul, au vu de son caractère détestable et de la prime d’assurance vie qu’elle touche à la mort du lord : tout l’accuse ! Du coup on ne cherche pas à savoir ni pourquoi ni qui, mais plutôt comment ! Et là j’ai été bien surprise 🙂

Un roman court, agréable, qui me réconcilie avec Wilkie Collins… Que demander de plus ?

challenge ABC

« La couronne dans les ténèbres » de Paul C.Doherty

Et revoilà Hugh Corbett, le clerc de Londres du 13ème siècle qui revient pour de nouvelles aventures ! Avec ce deuxième tome de la saga de Paul C. Doherty, La couronne dans les ténèbres, je rempli un objectif pour mon challenge Petit BAC 2012 : l’objet.

Hugh Corbett est envoyé avec Ranulf en Ecosse pour enquêter pour le compte du roi d’Angleterre,  sur la mort du roi d’Ecosse, Alexandre III. Celui-ci aurait chuté à cheval du haut d’une falaise, lors d’une cavalcade nocturne pour retrouver sa reine, Yolande… Est-ce réellement un accident ? C’est ce que Hugh Corbett va essayer de découvrir !

Lecture un brin ennuyante, même si j’ai apprécié de m’intéresser une fois de plus à cette période de l’histoire que je connaissais mal. L’enquête suit le même schéma que le même opus, on retrouve les mêmes thématiques… sauf que là on voyage un peu dans les paysages écossais…

Un gros bof, donc… Mais je vais tenir bon, et m’attaquer tout de même au 3ème volet de la saga un de ces jours, vu que je les ai sous la main 😉

« Satan à St Mary-le-Bow » de Paul C.Doherty

Ambiance roman policier historique avec cette lecture, qui m’a emmenée en Angleterre en plein Moyen-âge, période et lieux que je connais assez mal, si ce n’est grâce au roman de Ken Follet Les piliers de la Terre.
Je profite de ma découverte de cette série des « Hugh Corbett » pour remplir une ligne dans le challenge Petit Bac 2012, catégorie personnage connu… Satan fera bien l’affaire pour cela !

En 1284, Hugh Corbett, ancien combattant devenu clerc à Londres, à pour mission d’enquêter sur un suicide inquiétant sur ordres du roi Edouard Ier…
Duket, orfèvre sans histoire, se retrouve à tuer l’usurier Crepyn. Pour échapper à la justice, il demande asile dans l’église de St Mary-le-Bow, où il sera retrouvé pendu.
Pourquoi Duket a t-il tué Crepyn ? Pourquoi a t-il choisi de se suicider ? Etait-il vraiment seul dans l’église quand le drame est arrivé ? Et que penser des rumeurs à propos de l’attachement des deux protagonistes au parti rebelle « Populares » ? Est-ce que le satanisme aurait aussi quelque chose à voir la dedans ?
Toutes ces questions, et bien d’autres encore, l’enquêteur Hugh Corbett devra y répondre pour remplir sa mission envers le roi, et découvrir ce qui se trame dans le ventre de Londres !

Une plongée assez agréable et pas trop prise de tête dans l’univers médiéval londonien… Le personnage de Hugh est assez humain, avec ses qualités et défauts. Heureusement, il est rapidement accompagné de Ranulf, un adolescent manquant cruellement de bonnes manières, qu’il a extirpé d’une geôle pour devenir son guide dans les bas-fonds de la capitale anglaise. Si le couple est assez typique (l’homme de loi et le voleur qui à quand même bon coeur), ça fonctionne pas mal et on passe un bon moment.
Les conclusions de l’enquête sont relativement prévisibles, mais la lecture laisse quand même la place à quelques surprises.

Bref, un roman pas désagréable même si ça n’est pas le roman du siècle ! En même temps j’ai envie d’en découvrir d’autres  de temps en temps, sachant que je les ai tous récupéré pour le Kindle… Je verrai comment la sauce prend sur les différents volumes !

« Profondeurs glacées » de William Wilkie Collins

Vu la météo dehors, en ce neigeux dimanche de février, j’ai eu envie de me plonger dans une histoire courte et se tenant dans un univers glacial… J’aime bien contextualiser mes lecture 😀
Il y a quelques mois, je me suis achetée un livre de William Wilkie Collins, auteur anglais du XIXème siècle, dont on entend beaucoup parler sur les forums littéraires, mais qui semble assez méconnu en France.

J’ai été intrigué par ce livre car il se base sur une histoire vraie qui m’a intéressée à ce moment là : l’expédition Franklin.
Cette expédition débuté en 1845 et commandée par le capitaine anglais John Franklin, avait pour objectif de découvrir un passage Est – Ouest au Nord du continent américain, afin de rejoindre l’océan Pacifique par de nouvelles voies : celle de l’océan Arctique. 128 hommes embarquent sur deux navires de la Royal Navy, le HMS Erebus et le HSM Terror… on ne devra plus jamais les revoir vivants ! Un mystère plane toujours autour de la disparition des vaisseaux et de l’équipage, même si de nombreuses missions de recherche envoyées depuis 1848 jusqu’à nos jours ont fini par retracer le court des évènements : pris dans les glaces, les bateaux ont été coincés au nord du Canada, loin de toute terres habitées. Une parti des hommes sont morts au campement, de froid et de faim, et ceux qui ont essayé de prendre la route pour retrouver la civilisation sont tous décédés et disparus les uns après les autres. Détails sordides, les marins seraient devenus cannibales pour survivre…
Si cette histoire vous intéresse, la Wikipédia a un article assez fourni sur le sujet !

Dans cette version de Wilkie Collins, on se focalise plus sur un groupe de personnages inventés que sur la réalité des faits.
Dans les années 1840, deux bateaux de l’armé anglaise doivent partir en expédition pour découvrir le fameux passage Est-Ouest : le Wanderer et le Sea-Mew.
Clara Burnham vit un véritable dilemme au bal donné la veille du départ de l’expédition : un officier, Richard Wardour, épris d’elle depuis des années, revient d’une expédition en Afrique, et veut demander sa main, alors qu’elle ne l’aime pas… Elle est amoureuse d’un jeune officier, Frank Aldersley, qui doit monter sur un des navire le lendemain, et à qui elle s’est promise. En apprenant qu’elle se refuse à lui sans qu’elle lui dise pour quoi et pour qui, Richard Wardour voit rouge, et promet de découvrir qui est celui qui lui a volé son amour, afin de lui faire payer de sa vie !
Le jour du départ vers le grand Nord, les hommes appareillent… mais une recrue de dernière minute insiste pour prendre part au voyage : Richard Wardour, dépité et le coeur brisé, souhaite reprendre la mer pour oublier son amour perdu…
Dans l’esprit de Clara, dotée d’un don de « seconde vue » qui lui permet de voir l’avenir, tout est clair : Richard va finir par découvrir qu’elle est fiancée à Frank et va essayer de le tuer !

Donc, Wilkie Collins, contemporain de l’expédition Franklin, se base sur cette histoire pour nous livrer une version des faits… assez édulcoré, même si ce récit devait faire frissonner dans les chaumières ! Il est considéré par certain avec ce court roman comme un des père fondateur du roman noir ! Il faut avouer que tous les éléments sont réunis pour créer une certaine tension : une rivalité amoureuse, des hasard malheureux, un drame humain qui pousse tous les protagonistes dans leurs retranchements, un peu de surnaturel… Ici l’accident vécu par l’équipage est présenté comme une trame de fond originale pour cette histoire de vengeance. Dans un milieu aussi extrême, comment Richard va découvrir que Frank est son rival, et comment va t-il le tuer ?

A noter que la première version de Profondeurs glacé a été écrite à 4 mains avec Charles Dickens en 1856, pour devenir une pièce de théatre qui a connu son petit succès… Plusieurs années plus tard, en 1866, alors que Wilkie Collins a pris des distances avec Dickens, il remanie l’histoire et en fait une nouvelle, qui garde tout de même des consonances stylistiques de la pièce originale (didascalies, rythme des dialogues, découpe des chapitres…).

Une nouvelle pas désagréable à lire… Assez courte, on ne tourne pas en rond. Plus long, je pense que cette histoire d’amour et les craintes de Clara m’auraient un peu ennuyées… Là ou je suis un peu déçue, c’est que je m’attendais a ce que l’auteur se concentre plus sur la manière dont l’accident des bateaux c’est produit, le ressenti des marins et des officiers, les détails moins ragoutants aussi : la fin, le froid, la maladie…  De plus la fin très happy-end pleine de moralité est assez déroutante… On en peut pas se tromper, on n’est pas dans un roman noir moderne 😀

Enfin maintenant que j’ai goûté à la version « classique » de l’expédition Franklin, je suis prête pour lire la version « contemporaine », avec Terreur de Dan Simmons !