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« Des rapports étranges » de Philip José Farmer

des rapports étrangesEt je continue mon tour dans ma PAL de science-fiction et fantastique, pour le challenge ABC des littératures fantastiques. Je m’attaque a un classique méconnu pour moi, Philip José Farmer, pur produit de l’âge d’or de la SF américaine. Ce recueil de 5 nouvelles écrites entre 1953 et 1960 tournent autour des rapports familiaux… mais à la sauce alien !

5 nouvelles et 4 univers distincts.
Les 2 premières, La mère et La fille, qui m’ont beaucoup plu se passent sur une planète inconnue. Une mère et son fils adulte sont les seuls survivants d’un crash de navette spatiale. Alors qu’ils explorent les environs, ils sont chacun de leur côté happé par une sorte d’énorme rocher. Il s’avère que cet amas minéral est la coquille d’une énorme créature extra-terrestre, qui utilise une cavité interne pour élever et nourrir ses petits à l’abri des risques extérieurs. Nous suivons la vie du fils humain dans un de ces aliens, et de la manière dont il va rentrer en communication avec la créature mères, et ses filles.
Dans la seconde nouvelle, on suit une de ces créatures filles, qui raconte à sa propre progéniture comment son père humain lui a appris des trucs et astuces pour survivre.
La nouvelle Le Père, ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. Elle tourne beaucoup autour de la religion… et pour cause, une équipe de voyageurs voient leur navette s’écraser (encore !) sur une planète inconnue (pour changer), qui ressemble fort à l’Eden… et ou un humanoïde gigantesque avec des pouvoir mystérieux semble bien être un dieu. Est-ce « le » Dieu ? Ou un imposteur ?
La quatrième histoire Le fils narre la détention d’un marin dans les soutes d’un sous-marin d’attaque ennemi, doué d’une intelligence artificielle. Un petit côté oppressant dans ce récit qui n’est pas sans rappeler HAL de 2001, l’Odyssée de l’espace… Dans la dernière nouvelle, Le frère de ma sœur, le climat est un peu différent, dans le sens ou l’être humain en relation avec l’extra-terrestre n’a pas vraiment le beau rôle. Sur Mars, un homme part à la recherche de son équipe, qui a disparu lors d’une mission. Il se retrouve piégé dans une zone marécageuse, et est sauvé par une extra-terrestre humanoïde. Si leurs relations sont étranges, mais plutôt amicale, notre héros va finir par hésiter entre douter sur les bonnes intentions de son hôtesse ou se laisser aller à cette amitié inter-espèce. Quel penchant va-il suivre ? Un récit un peu trop en mode « découvrons les bestioles aliens » au début… mais qui s’avère être un conte sur la nature des hommes. Classique mais efficace.

La sexualité au service de l’exo-ethnologie ! Il est question de reproduction dans chacune des nouvelles, bien que le sexe soit quasi absent. La religion est en revanche assez présente… un signe de l’époque à laquelle ont été écrites ces nouvelles ? Le gros intérêt de ces nouvelles, par rapport à d’autres auteurs de  la même période, c’est le soucis du détail de Farmer sur la description biologique de ses aliens, leur mode de vie, de reproduction,  de communication, leur structure sociales…
Ses personnages sont assez curieux et intelligent, et analysent plutôt bien les situations, ce qui rend les échanges humain – extra-terrestres assez enrichissants. De plus, j’ai apprécié le style de l’auteur. Des descriptions, mais qui mettent dans l’ambiance plutôt que de nous assommer.

Bref, une bonne découverte. Je pense réitérer et placer dans ma PAL d’autre roman de Philip José Farmer !
Et mention spéciale pour la couverture érotique dans la pure tradition des années 70, qui n’a rien à voir avec le contenu du livre, bien entendu ! 😀

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« La musique du sang » de Greg Bear

La musique du sangVoici une lecture typique de challenge : pour la lettre B du challenge des littératures de l’imaginaire, je me suis décidée à piocher dans ma PAL à rallonge en science-fiction. Avis mitigé, sur ce roman de hard SF… mais au moins, je peux rayer un livre de ma liste de livre à lire !

Chercheur en biologie dans une firme pharmaceutique de pointe en Californie, Vergil Ulam ne peut pas se résoudre à ne travailler que sur les projets de son entreprise. Pour lui, l’avenir n’est pas dans les nano-puces qui pourront soigner le corps humain, mais dans les cellules humaines transformées en micro-ordinateurs. Et ses expériences interdites marchent tellement bien qu’il arrive à créer des cellules intelligentes, des supers leucocytes, qu’il se voit contraint de s’auto-injecter pour ne pas les voir détruites lorsqu’il est licencié.
Contrairement à ce qu’il pensait, les leucocytes manipulés par ses soins survivent dans son organisme, et commencent à modifier son corps, ses goûts et envies… jusqu’à lui parler ! Devient-il fou ? Ces cellules vont-elles agir comme des virus, et tenter de se reproduire pour explorer l’univers hors de son corps ? Qu’est ce qui pourrait arrêter ces cellules intelligentes, capable d’agir de concert et de s’adapter à toutes les situations ?

Si ce pitch de départ est très alléchant, un brin branché sciences dures, mais tout de même compréhensible… il m’a semblé beaucoup moins attrayant au bout d’un moment. Un quart du livre est dédié à la découverte des cellules intelligentes, à comment Vergil va appréhender la chose, essayer d’en parler à des collègues… Ensuite, on perd de vue cet aspect mystérieux pour attaquer vraiment des concepts de hard SF qui m’ont un peu laissé de côté, tout en évoluant dans un univers très fantastiques, difficilement concevable. Seul le concept de cellule comme porteuse de mémoire de nos aieux m’a un peu fait rêver, mais n’est pas assez exploité à mon goût.
Bref, je n’ai pas vraiment apprécié les trois quart du livre
Sans être détestable, ou ennuyeux, il a manqué quelque chose pour m’emballer. Sous certains aspects, ce roman m’a rappelé L’œuf du dragon de Robert L. Forward : une plongé dans le monde de l’incroyablement petit, la découverte de civilisations là où on ne les attend pas, les tentatives de communication avec elles… Sauf que ce dernier était plus axé story-telling, accessible, et avait une touche d’humour qui manque totalement à La musique de sang.

Un roman que j’aurai du mal à conseiller, sauf aux amateurs du genre. Un avis mi-figue, mi-raisin… typique des roman qui partent super bien, et s’essouflent avant la fin. Dommage !

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« Les Brillants » de Marcus Sakey

Les brillantsPour la sélection Folio du mois dernier, je me suis laissé tenter par Les Brillants, de Marcus Sakey, présenté comme le croisement entre la série Heroes et des X-Men. Chouette, j’adore les super-héros ! Il n’en fallait pas plus pour me donner envie de lire ce livre ! Je suis passé outre le fait qu’il soit édité dans la catégorie Policier chez Folio… et non en Science-Fiction. Pour tout dire, ce livre me laisse un peu un goût amer… un peu dystopique, un peu policier, beaucoup thriller

Dans un monde qui pourrait être le nôtre, les brillants, ou « anormaux », sont des êtres-humains ayant le potentiel d’Albert Einstein, dans des disciplines variées : stratégie, lecture de schémas corporels, anticipation de trajectoires… Ces génies peuvent donc facilement devenir des maîtres de guerre, de fins psychologue lisant dans les pensées, ou des passes-murailles. Depuis les années 80, 1% de la population qui naît est composée d’anormaux.
L’agent fédéral Nick Cooper, lui-même anormal, travaille dans un service qui a pour objectif de contrôler cette minorité. En effet, des terroristes anormaux, menés par John Smith, sèment le chaos, liguant normaux et anormaux les uns contre les autres. Mais c’est quand celui-ci fait sauter la place du marché mondial, et 1000 civils innocents, que l’affaire va prendre une autre tournure pour Cooper.
Pour arrêter ce monstre, Cooper doit abandonner son statut d’agent fédéral, et infiltrer le réseau terroriste en se faisant passer pour l’un d’eux…
Mais quelle vérité découvrira-t-il lors de sa traque ?

Bon, il faut l’avouer, je ne suis pas une grande fan de roman de ce genre : action, pseudo-enquête, infiltration et espionnage… je pensais que le côté science-fiction prendrait le pas, mais non, pas vraiment. Les pouvoirs des « anormaux » sont un peu trop réalistes : finalement ce ne sont que des génies (ok, c’est déjà ça…). Pas de mecs qui tirent des lasers avec ses yeux ou qui arrête le temps ici.
On voit un peu comment a tournée la société grâce (ou à cause) des anormaux : des avancées technologiques incroyables, un monde sans guerre de religions mais en pleine guerre de castes… Intéressant, mais trop léger pour vraiment m’accrocher.

En ce qui concerne le style, je n’ai vraiment pas été conquise. Pas d’humour ni de second degré… C’est du sérieux ! Entre action et drame, peu de place pour la légèreté ! Mais malgré ça je n’ai pas ressenti l’excitation ou le suspense entre les lignes.

A vouloir faire trop réaliste, sans tomber dans le sordide des romans noirs, l’auteur a créé des personnages sans saveur… Son héros, Cooper, est vraiment trop lisse : bon père de famille divorcé, mais encore proche de son ex-femme, qui est loyal à sa hiérarchie, prêt à se sacrifier pour une cause, un super combattant, intelligent, sensible… Tout pour plaire… ou exaspérer !

Bref, je ne lirais pas le tome 2 de cette série… et oui, un seul roman ne suffisait pas !
Je me suis ennuyée ferme… Après il faut avouer que je ne suis vraiment pas une adepte des roman policier / action… D’autres trouveront peut-être leur compte ? A priori oui vu les commentaires élogieux sur d’autres sites 😉

Enfin cette lecture me permet tout de même d’avancer dans le challenge ABC des Littératures de l’imaginaire !

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« Delirium, tome 1 » de Lauren Oliver

DeliriumLes joies de la recherche d’auteurs à lettre exotique pour les challenges ABC… Voilà comment je me suis retrouvée à ajouter Lauren Oliver à ma liste de lecture pour le challenge des littératures de l’imaginaire. Je n’attendais pas grand chose de ce livre, dont j’avais trouvé la référence sur Livraddict. Littérature pour ado, un fond de dystopie… Et bien finalement grand bien m’a pris de suivre les conseils des autres lecteurs, car j’ai passé un agréable moment durant cette lecture !

A 17 ans, Lena n’attend qu’un seule chose : fêter enfin ses 18 ans pour pouvoir subir son Protocole. A partir de ce jour là, elle ne sera plus vulnérable à la terrible maladie qui a fait des ravages des siècles durant : l’amor deliria nervosa, en d’autre terme, l’amour. En effet, dans les Etats-Unis post blitz, l’amour est interdit… Pire, c’est un fléau reconnu qui conduit à toutes les dérives. Grâce au Protocole, les citoyens sont libérés de toutes passions, et deviennent de parfaits habitants : un mariage arrangé par statistiques, une vie tracée par la réussites à des examens… Bref, le bonheur. Sauf que la route de Lena va croiser celle d’Alex, qui fait naître en elle un sentiment étrange…

Si la lecture de ce roman est facile et agréable, il faut avouer que sa construction et les thèmes traités ne sont pas très originaux. Les fans de Hunger Games et de classiques de la science-fiction verront venir les évènements de très loin. Mais n’empêche, ça fonctionne ! Faire de l’amour une maladie est plutôt bien vu, et j’ai trouvé le traitement du récit autour de cette dictature de l’indifférence assez bien faite. J’ai été captée par l’histoire de Lena, d’Alex et de leur amie Hana… et je n’avais qu’une envie : savoir comment ils allaient s’en sortir ! Même si je me doutais un peu de la fin, je n’ai pas pu m’empêcher de me passionner pour cette histoire d’amour

Une réussite, ce roman ! Je ne sais pas si je lirai les tomes suivants, car je trouve que ce volume se termine correctement et proprement… Et puis on se doute un peu de ce que pourrait être la suite : révolution, destruction du régime totalitaire, les futures générations pouvant vivre comme de bon sauvages sans Protocole… Je préfère en attendant reste sur cette bonne impression 🙂

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« Méthode 15-33 » de Shannon Kirk

Méthode 15-33Rarement avant de lire un roman je n’avais eu une mise en bouche pareille ! Durant trois semaines, j’ai reçu dans ma boite au lettres des courriers étranges, provenant du FBI ou signés par une jeune fille captive… Une lecture plus attentionnée m’a mise sur la piste des Éditions Denoël, et de la parution à venir d’un thriller américain, Method 15-33. Ça c’est du teaser ! Je n’en pouvais plus d’attendre, et la semaine dernière j’ai enfin reçu le dernier courrier… ainsi que le roman tant attendu ! Je me suis jetée dessus. L’attente valait le coup, ce livre est un vrai page-turner !

Une jeune fille de 16 ans enceinte est kidnappée et se retrouve séquestrée. Ses ravisseurs veulent lui voler son bébé à naître pour le vendre. Loin d’être terrifiée, Lisa met au point un plan d’évasion. Elle a du temps et des nerfs d’acier… Plus quelques items glanés au cours de sa détention. Et elle compte bien mettre son plan à exécution pour se sauver elle et son bébé, mais aussi se venger !

Un fille sans empathie, voire sociopathe, doublée d’une génie des sciences, qui décide non seulement de prendre sa libération en main mais en plus de se venger, voilà un personnage qui me plait ! On se demande comment Lisa va se sauver avec le peu d’objets qu’elle récupère… Surtout lorsque, cerise sur la gâteau de la communication de Denoël, j’ai reçu le jour où j’ai commencé ma lecture une trousse remplies des items qui vont servir à Lisa : des punaises, de la laine, un taille crayon… Difficile de deviner comment elle les utilisera !

Cette petite catharsis est agréable il faut bien l’avouer. On regrette presque qu’elle n’aille pas encore plus loin ! En tout cas on est vite pris dans le récit, qui alterne les points de vue de Lisa et de Roger Liu, un agent du FBI qui enquête sur la disparition de filles enceintes. Son coéquipier Lola m’a assez plue : elle mange comme cinq, est assez « nature » et est douée d’un flair -au sens littéral- exceptionnel. Apres ça reste un thriller assez simple dans la psychologie des personnages et dans la structure du récit, mais il est tout de même efficace.

Bref, un récit dynamique, une histoire pas désagréable, des personnages intéressants, et surtout l’attente de savoir ce qui se passe dans les dernières pages ! Une réussite dans le genre, que je ne serais pas étonnée de voir sortir en film dans pas longtemps.

Méthode 15-33 de Shannon Kirk
Traduit par Laurent Barucq
Éditions Denoël Sueurs Froides – 304
A paraître le 11 février 2016

« Le destin miraculeux d’Edgar Mint » de Brady Udall

Le destin miraculeux d'Edgar MintC’est sans grande conviction que j’ai ouvert il y a trois semaine Le destin miraculeux d’Edgar Mint de Brady Udall, l’entrée idéale pour la lettre U du challenge ABC. J’avais déjà lu un recueil de nouvelles de cet auteur, Lâchons les chiens, que j’avais apprécié pour son style direct, son humour et sa référence aux grands espaces américains. Malgré les commentaires positifs lu à droite et à gauche sur le roman dont il est ici question, j’avais un doute… Allais-je découvrir un récit du même type que celle d’un autre Edgar, L’histoire d’Edgar Sawtelle, qui m’avait moyennement emballé ? Trouver un récit larmoyant sur la condition des orphelins natif américains ?

A l’âge de 7 ans, Edgar Mint, un jeune métis Apache se fait rouler sur la tête par un facteur dans sa voiture. Laissé pour mort et abandonné par sa mère alcoolique, il est pourtant ramené à la vie par un médecin zélé. Après quelques mois de coma, l’enfant-miracle ouvre les yeux, mais à tout oublié de sa vie d’avant l’accident. Il va passer son enfance et son adolescence à naviguer entre différents univers, peuplé de figures plus ou moins bienveillantes : l’hôpital où il est couvé par les pensionnaires et les infirmières ; un pensionnat pour indiens où il apprendra la dureté de la vie ; une famille d’adoption mormon pleine de bon sentiments ; … Et pour lier tout cela, une machine à écrire. En effet, si Edgar a survécu à son crâne écrasé, il a eu des séquelles : il peut lire mais ne sais pas écrire autrement qu’avec une machine. Se sont donc des kilos et des kilos de feuillets qui vont jalonner son existence, où il couche ses joies et ses peines.

C’est un véritable voyage initiatique que nous suivons entre ces lignes, condensé en 8 années de la vie du jeune Edgar. Le style du livre est étonnamment plein d’humour, limite garpien par ses situations rocambolesques… Mais aussi parfois très violent. Le mélange d’utilisation de la troisième et de la première personne donne une sensation étrange mais pas désagréable : un recul comme dans un rêve ou un film, mâtiné d’auto-biographie.

On espère toujours qu’Edgar va s’en sortir, car ce héros est réellement attachant. Les autres personnages sont aussi riches et nuancés. J’ai une préférence pour Art, le voisin de lit d’Edgar, alcoolique à ses heures, et un peu bougon… mans plein d’attentions et de bons conseils pour le petit métis. Bizarrement, en pointillé dans la vie d’Edgar, on ne retrouve pas l’image d’un père. Celui-ci est définitivement oublié et parti loin de l’enfant bien avant sa naissance.  On trouve à la place le médecin qui l’a sauvé : Barry. Très protecteur avec Edgar, il devient vite envahissant et de plus en plus malsain. On fini par craindre ses apparitions, bien qu’il soit plein d’amour pour l’enfant… Tous ces personnages ont une part positive et aussi une part sombre… Et Edgar autant que les autres !

C’est donc une très agréable surprise que cette lecture, qui une fois refermé me laisse un sourire sur le visage. Je ne regrette pas de m’être lancée dans l’aventure pour finir l’année. Un roman amusant, beau sans être gnangnan… J’aime et je recommande !

ABC-2015

« Gorilla Man » de Robert Graysmith

Gorilla manVoilà un petit moment que je n’ai pas publié de post, vacances obligent ! Avant de partir j’ai reçu pour le partenariat Denoël Gorilla Man, de Robert Graysmith… Celui là même qui a écrit Zodiac. Comme j’aime bien les histoires de serial-killer, je ne me suis pas posée de questions en choisissant ce livre, qUi m’a donc accompagné en vacances au Japon !

Dans les années 20 et 30, un homme à l’allure de gorille, sème la mort à San Francisco. Ses bras longs, ses mains immenses, son dos voûté, et son rire nerveux inoubliable vont hanter la cité californienne, puis le reste des Etats-Unis. Malgrè les meilleurs policiers et technologies pour le traquer, il va rester de longues années en liberté pour commettre ses crimes. Les choses deviennent plus difficile quand on s’aperçoit que le Gorille a fait des petits : plusieurs hommes correspondants à la description physique du Gorille surgissent et laissent derrière eux des victimes, toutes tuées de manière effroyable. Dans une ville rongée par la corruption de la Police, les forces de l’ordre arriveront-elles à résoudre l’énigme de l’identité du Gorille ?

Pas de doute, on est bien dans une enquête ultra documentée, comme Zodiac (que je n’ai pas lu). Histoire de me remette l’histoire en tête, je l’ai regardé dans l’avion à mon retour de vacances : malgré un fond passionnant, je lui trouve les mêmes défauts que Gorilla Man et j’ai un peu mieux compris ce qui me gênais dans ce livre.

Le problème majeur est que même s’il est en parti construit et traité comme tel,  cet ouvrage n’est définitivement pas un roman. Par exemple les personnages sont un peu travaillés pour nous les rendre sympathiques, comme l’enquêteur principal Dullea, mais ils ne sont pas spécialement des protagonistes centraux. Ils vont en viennent. Par moment on commence à accrocher sur l’histoire et les traits d’un tueur… mais c’est fugace, car ils défilent à une vitesse écoeurante. Bref, dans le récit on tarde à avoir l’apogée, le climax. On croit que ça arrive… mais non. Et puis sans vouloir trop en dévoiler, j’ai aussi été assez déçue de la fin, qui tombe un peu comme ça.

L’auteur est exigeant avec ses lecteurs, il faut rester concentrer sur les dates, les recoupements… Pas évident quand on a pas des heures devant nous pour lire d’une traite. Il nous brosse un tableau du San Franciscso des années 20 avec les meurtres qui ont fait les gros titres de l’époque, les systèmes de corruption mis en place dans la police, le plan du quartier du port quand la ville n’était pas reliée au continent… C’est bien pour se mettre dans le bain, mais très long, surtout au début de la lecture du livre. Ca m’a donné comme un effet de trame décousue.  J’ai donc eu beaucoup de mal à avancer, et il m’a fallut la perspectives de dizaines d’heures de voyage pour enfin terminer ce livre.

Bref, je suis pas hyper emballée même si je reconnais à l’ouvrages des qualités d’écriture, de documentation, d’enquête… Mais je pense que ce genre n’est pas fait pour moi ! Merci tout de même à Denoël pour le partenariat !

Gorilla Man de Robert Graysmith
Traduit par Emmanuel Scavée
Collection True Crime – 464 pages
Paru le 15 octobre 2015

« Le prince des marées » de Pat Conroy

Le prince des marées Gros morceau auquel je me suis attaquée pour le Challenge ABC, dans tous les sens du terme ! Depuis trois ans, ce pavé me narguait dans ma PAL… Je ne savais pas vraiment si j’avais envie de le lire, malgré les commentaires dithyrambiques à propos de cet ouvrage sur Internet. Je m’attendais à une saga familiale un peu chiante, un Garp sudiste… Mais fort heureusement il en est rien !

Tom Wingo, trentenaire, prof de lettre et coach sportif au chomage doit quitter sa Caroline du Sud pour New-York. Sa sœur jumelle Savannah a fait une nouvelle tentative de suicide. Il va tenter de l’aider en trouvant les clées de son mal-être avec sa psychiatre, Susan Lowenstein, en lui racontant l’histoire de sa famille. De leur naissance à l’âge adulte, on plonge dans la vie des Wingo. Henry le père violent, pêcheur de crevettes, la mère Lila qui les contraint au silence, et au milieu, trois enfants : Luke l’aîné et Tom et Savannah. Au fil des pages, nous allons découvrir les racines de la folie, douce ou destructrice, de cette famille.

Grosse claque que ce livre. Sous ses airs de descente en enfer, il s’agit d’un monument d’humanité, où la beauté, le pardon et l’amour ont plus leurs places que la vulgarité et la haine. Et pourtant, les personnages auraient de quoi sombrer dans la misanthropie la plus sombre…
Au début je me demandais un peu où cette lecture aller m’emmener. Les traits de cynisme et les envolées lyriques de Tom, le narrateur, sont un peu lourdes au début… Mais elles prennent leur place et du sens au fil des pages. Tout comme la névrose de Savannah qu’on suppose être une crise de new-yorkaise en mal de psy… Son fondement prendra sens rapidement.
J’ai été même été choquée par certain passages, tout simplement terribles, imaginés par l’auteur… Les protagonistes semblent tomber de Charybde en Scylla, mais sans jamais tomber dans le pathos dégoulinant.

Chaque élément du livre, chaque anecdote, chaque trait de caractère d’un personnage prend une dimension supplémentaire plus tard dans ce livre. Rien ne semble laissé au hasard sous la plume de Conroy… ce qui en fait très certainement une œuvre complète, recherchée, et vraiment bien écrite (même si j’ai tiqué sur la traduction par moment dans ma très vieillie édition).

Une superbe découverte, loin de mes lectures habituelles. Je le conseille vivement, pour son caractère poétique, fabuleux, drôle, émouvant… Entrecoupé des pires images d’horreur que peut générer l’humanité.

ABC-2015

 

« L’assassin royal tome 3 : La nef du crépuscule » de Robin Hobb

L'assassin royal 3 La nef du crépuscule Décidément, à lire un tome de la saga de L’assassin royal par an, on y sera encore en 2025… Il y a plus d’un an je fermais le tome 2 de la série. Comme le temps passe vite ! Heureusement, les challenge littéraires sont là pour me pousser à me remettre dans cette série de fantasy… voici donc ma lecture pour la lettre H du challenge ABC !

Les Pirates Rouges sèment toujours la confusion sur les côtes des Six-Duchés, entre leurs pillages et la « forgisation » des habitants. Pour essayer d’endiguer leur progression, le roi-servant Vérité à construit des navires rapides et puissants. Avec FitzChevalerie à leur bord, devenu maintenant un guerrier maniant l’épée et la hache, les Pirates ont du soucis à se faire !
Mais malgré l’utilisation de l’Art pour prévoir les attaques pirates, la stratégie de Vérité semblent ne pas fonctionner aussi bien que prévu… Sa seule solution pour sauver le royaume : retrouver les Anciens par delà les montagnes, un peuple légendaire, et leur demander de les aider à vaincre les Pirates Rouges. Et en tant que prince du royaume, c’est Vérité lui-même qui se charge de cette périlleuse tâche. Pendant son absence, FitzChevalerie va être englouti par les intrigues du château

J’ai toujours un peu peur de me lancer dans la lecture d’un tome de cette saga, car c’est finalement un livre assez dense malgré le fait qu’il s’agisse de fantasy. Il se passe beaucoup de petites choses, les situations évoluent doucement… Enfin comme la dernière fois je suis vite rentrée dans l’histoire et remis les noms sur les personnages.
L’histoire de FitzChevalerie prend progressivement une nouvelle direction durant ce récit, mais dans la logique des tomes précédant. Garçon d’écurie, assassin, apprenti Artiseur, porteur du Vif… Maintenant il est un guerrier en plus de tout cela ! Pour l’aider, il a Oeil-de-nuit son loup qui lui confère une force incroyable lors de combats, et Vérité qui arrive à communiquer avec lui avec l’art. Bref, plus que jamais FitzChevalerie oscille entre le monde animal et celui des humains. Côté coeur, il est Maintenant avec Molly, même s’il doit cacher leur relation.
Royal, le dernier fils du roi Subtil, est plus que jamais le personnage détestable du roman : l’archétype du prince envieux, perfide et couard. On espère bien que FitzChevalerie va lui faire sa fête à l’occasion !

Une lecture agréable, encore plus palpitante et dramatique je trouve que les tomes précédents. Rendez vous l’année prochaine pour le quatrième volume 🙂

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« Mauvaise étoile » de R. J. Ellory

Mauvaise etoileVoici le second roman que je lis de R. J. Ellory, la star du roman noir. J’avais beaucoup aimé Seul le silence, et  j’attendais le bon moment pour retenter l’aventure. Le hasard à bien fait les choses puisqu’on m’a donné Mauvaise étoile, écrit en 2011Un petit challenge ABC pour me mettre le pied à l’étrier, et c’est parti ! Mais si on voyage bien avec ce roman, je ne promet pas que celui-ci soit toujours très agréable et bucolique en revanche…

Clay Luckman ne mérite pas vraiment son nom « d’homme chanceux »… À 17 ans il n’a connu que les orphelinats et les maisons de correction, après avoir assisté à l’assassinat de sa propre mère. Son demi-frère à peine plus âgé que lui, Digger Danziger, le protège pendant toute cette période… Jusqu’au jour où ils se retrouvent tous les deux kidnappés par Earl Sheridan, un condamné à mort en fuite.
Si Clay est terrorisé par la violence et le sadisme d’Earl, qui n’hésite pas à violer et assassiner dès que l’occasion se présente, Digger est quant à lui fasciné. Le destin va vouloir que Clay puisse fuir de son côté avec une jeune fille, Bailey, échappée d’un des massacre du nouveau duo de tueurs : Earl et Digger. Combien de temps ce couple d’assassin va-t-il sévir ? Est-ce que Clay va pouvoir leur échapper ? Et que fait la police dans tout ça ?

Une chose est certaine, ce roman noir est palpitant comme un thriller… On a pas le temps de s’ennuyer malgré la densité de ce livre. Par contre il est tellement sombre que j’appréhendais de l’ouvrir, jour après jour… Je crois que c’est la première fois qu’un livre me fait ça, et je ne sais pas trop si on peut dire que c’est agréable comme sensation. En tout cas je pense que c’est un signe de qualité pour ce genre de roman. Des meurtres gratuits en pagaille, qui ne sont à la fois violents et un peu gore… Le pire, c’est que l’auteur arrive à nous rendre sympathique en 3 pages un parfait inconnu, qui sera dezingué en quelques lignes… Triste. Que dire donc du suspense durant ces 535 pages : nos héros Clay et Bailey se feront-ils torturer et massacrer ? Une tension de chaque instant ! On sait que la mauvaise étoile de Clay, si souvent citée, va forcément le remettre sur la route de son psychopathe de demi-frère…

Un très bon roman, que je recommande de lire quand tout va bien dans votre vie ! Il y a quoi devenir sacrément pessimiste quand on resort de ces séances de lecture… Mais je le conseille pour les fans du genre, et je sais qu’ils sont nombreux 😉

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