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« Intérieur nuit » de Marisha Pessl

Intérieur nuitLe voilà de retour après quelques semaines de lecture et de vacances loin des réseaux numériques… j´ai passé une partie de cet été avec mon partenariat Folio de juin : Intérieur nuit de Marisha Pessl. Ce beau bébé de 800 et quelques pages m’a un peu effrayé de prime abord (encore un livre choisi au hasard…). Pour digérer et finir un volume pareil, il faut que le livre soit bon. Et j’ai de la chance, il l’est !
Un savant mélange de thriller journalistique et d’univers fantastique, assez dark, flirtant parfois avec les thèmes de films d’horreur… bref, un récit qui donne envie de tourner les pages les unes après les autres.

Scott Mc Grath est un journaliste honnit dans sa profession, à cause d’une enquête de trop, mal étayée, sur le célèbre cinéaste Stanislas Cordova. Il faut dire que Cordova est un vrai mystère… Ses films sont considérés des coups de poings au visage de la société depuis des décennies, bien qu’ils ne soient plus diffusés que dans des salles de projection undergrounds. De plus, Cordova vit en reclus dans sa propriété au milieu de la forêt et plus personne ne l’ai vu depuis des années.
Lorsqu’Ashley, la fille de Cordova, est retrouvée morte dans un quartier de New-York, l’attention de Scott se porte de nouveau sur ce réalisateur à qui il doit la destruction de sa carrière.
Est-ce grâce à l’enquête sur le suicide d’Ashley qu’il va pouvoir prouver qu’il avait raison aux autres journalistes et à sa famille … que Cordova a une vie qui s’approche dangereusement de l’horreur de ses films… jusqu’à faire du mal à des enfants ?

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le personnage central de Cordova est un vrai aimant… difficile de se dire qu’il n’existe pas réellement ! Je l’imagine dans un mélange de Kubrick, William Friedkin, Terrence Mallick et Cronenberg. Un personnage de fiction qui en est aussi un dans le récit, car celui-ci est un vrai fantôme : chaque personne qui l’a croisé à un avis différent sur lui, jusqu’à le transformer en créature mythique.
Avec un père pareil, Ashley a aussi une vie fascinante, qui oscille entre la réalité et la magie… parfois même le maléfice.
L’enquête est pleine de rebondissements, non linéaire tout en restant compréhensible. Scott et ses deux acolytes (une jeune actrice et un ami d’Ashley) vont naviguer entre le milieu des fans cordovistes qui n’ont rien à envier à une secte, les appartements de vieilles actrices ayant connu le maître, les boîtes de nuit privée louches, les magasins de magies new-yorkais,…

Une superbe découverte, que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire.
Merci à Folio pour ce partenariat !

Et au passage, une lecture pour le challenge ABC !

abclogoshadow

« Les vieilles filles » de Pagan Kennedy

Le vieilles fillesDe loin, une promesse de road-trip sur les routes des États-Unis des sixties avec ce roman issu du partenariat Denoël de mars (oui, je suis en retard… mais pour être franche je l’avais oublié sous un gros tas de livres). De plus près l’inévitable introspection inhérente au long voyage de la narratrice.

Deux sœurs d’une trentaine d’année, Frannie et Doris, vivent avec leur père malade dans une maison du New Hampshire. À la mort de ce dernier, les deux sœurs voient là une occasion de sortir et de voir le monde : une virée chez leur tante en Caroline se transforme vite en road trip jusqu’en Arizona, dans le grand ouest.
Doris déguste cette liberté avec avidité : flirt, shopping, cigarette… mais Frannie voit tout cela d’un mauvais œil. Elle voulait finir vieille fille dans sa maison du New Hampshire avec sa sœur, et voit son plan s’écrouler devant ses yeux.

Difficile d’avoir un avis sur ce livre, je suis assez partagée. D’un côté je regrette que la route ait si peu d’importance, elle est juste une excuse pour faire évoluer les deux sœurs dans leur point de vue sur la vie. On passe d’un point à un autres du pays sans ressentir la longueur du voyage, les sensations de chaleurs ou le plaisir devant de beaux paysages…
Pendant cette virée Frannie forcément va s’assouplir, et Doris prendre un peu de plomb dans la cervelle. Mais ce ne sont pas tant les expériences sur la route que les souvenirs d’enfance et la relecture de ceux-ci qui vont les faire évoluer. Bref, on est vraiment dans l’introspection… il ne faut pas s’attendre à les voir vivre des expériences de folie lors de ce voyage. C’est peut être ça qui est gênant, ce réalisme
Les personnages ne sont pas attachants, et malgré leurs travers (toujours très réalistes), je n’avais l’énergie d’avoir envie de leur mettre des coups de pied au derrière.

L’intérêt pour moi a été de visiter une Amérique mythique, celle des années 60 : les belles voitures, les routes sans fin, les restaurants de bords de routes, les hippies, le changement de la condition de la femme… et ses cotés moins joyeux : la guerre du Viêt-Nam, les émeutes de Chicago…

Donc vous l’aurez compris, je n’ai pas été conquise par Les vieilles filles. Erreur de public ? Peut-être…

Une lecture qui me permet néanmoins d’avancer sur le challenge ABC 2017 !

abclogoshadow

Les vieilles filles de Pagan Kennedy
Traduit par Philippe Brossaud
Éditions Denoël & d’ailleurs – 223 pages
Paru le 24 février 2017

 

« Psycho Killer » d’Anonyme

Psycho Killer Retour dans l’univers du Bourbon Kid… mais sans le Bourbon Kid, pour une lecture plus que jamais emprunte de films de Série B. Un moment jubilatoire et sans prise de tête, comme le fait si bien l’auteur mystérieux de cette série de roman.

Dans la petite ville de B Movie Hell, un tueur portant un masque de tête de mort ornée d’une crête sème la terreur. Ses meurtres sont aussi violents qu’inattendus… La police locale le traque, et le magnat de la ville offre une belle récompense pour sa capture, mort ou vif.
Côté FBI, Milena Fonseca et Jack Munson sont mandatés en mission secrète pour enquêter sur cette affaire, qui aurait un lien avec des expériences menées pour créer une armée de soldats parfaits… Jack, alcoolique et désabusé n’a pas travaillé depuis longtemps, mais il est le seul qui puisse arrêter le tueur, grâce à ses méthodes peu conventionnelles…

Du sang, de la violence, des têtes coupées sur fond scato et sexy. Une vraie bouffée d’air frais pleine d’humour et de références des années 80 et 90, autant dans le monde des slasher movies que des films d’action ou des comédies romantiques.
J’ai retrouvé le style de l’auteur de la série des Bourbon Kid avec bonheur… et finalement c’est pas mal de lire quelques chose du même genre dans un autre univers, en changeant un peu de personnages.
Le Psycho Killer malgré ses travers est un personnage plutôt sympathique, comme le Bourbon Kid avant lui.

J’ai hâte de lire la suite qui à priori est un croisement du Bourbon Kid et de Psycho Killer : Le pape, le kid et l’iroquois !

Au passage, cette lecture me permet de valider la lettre X du challenge ABC 2017.

abclogoshadow

 

« Mars la Rouge » de Kim Stanley Robinson

Mars la rougeGros morceau, ce premier tome de la trilogie martienne, Mars la Rouge. Mais je ne pouvais pas passer à côté de ce classique, dans ma PAL depuis un moment, et ressorti fort justement pour le challenge ABC des littératures de l’imaginaire !

Au 21ème siècle, des hommes et femmes américain, russes, français, japonais… partent coloniser Mars. Cent explorateurs, colons et scientifiques, dont l’objectif est de poser les premières pierres de bases martiennes, qui serviront à de plus large vagues migratoires. En effet, la Terre est noyée dans les guerres et la surpopulation. Mars est donc le nouveau territoire sauvage à apprivoiser, plein de promesses tant pour une existence sur place, que pour en exploiter les richesses : métaux précieux et rares, hydrocarbures…
Entre conflits politiques et amoureux, révolutions contre les multinationales et la création d’empires économiques, établissement de bases et prise du maquis pour certains… la vie sur Mars dans ces premières années n’est pas de tout repos. Surtout quand se pose la véritable question : doit-on terraformer Mars, en faire un monde vraiment vivable pour l’être humain, ou la laisser sauvage ?

Comme toujours avec Robinson, la précision de ses descriptions de paysages, l’imagination qu’il met dans les innovations qui permettent de poser le pied sur Mars et d’y survivre, nous permettent de complétement nous y voir. Un peu trop parfois : les tribulations politiques et économiques, les descriptions de paysages sans fin prennent largement le pas sur l’action… Mais cela donne un réel aperçu de ce que pourrait être la conquête martienne !

Moi qui regarde pas mal de documentaires sur le cosmos, les planètes habitables… Je me suis bien repérée dans ce livre. Nul doute que l’auteur a largement étudié les méthodes actuellement mise en place pour évoluer sur cette planète : entrainement dans des bases polaire, ergonomie des vêtements, types de transport, matériaux à utiliser sous de tels cieux… Tout y est ! Et quand on se dit que se roman date du début des années 90, on se dit que 25 ans ans plus tard, on y est presque, sur Mars !

Bref, un roman intéressant, mais avec quelques longueurs… C’est un peu dommage.
Mais il n’empêche : je vais tout de même mettre sur ma liste la suite de la saga, Mars la Verte, en espérant avoir des réponses aux questions restées en suspend à la fin de ce roman !

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« Un bébé pour Rosemary » d’Ira Levin

Un bébé pour RosemaryVoilà bien le genre de roman qu’on ne lit plus l’intrigue et son final, mais plutôt pour se remettre dans l’ambiance du célèbre film de Polanski, Rosemary’s Baby. J’avais mis cette lecture dans ma PAL il y a un petit moment, et le challenge ABC des littératures de l’imaginaire m’a enfin permis de me plonger dans la maternité satanique de Rosemary.

Rosemary et Guy Woodhouse emménagent dans l’immeuble de leurs rêves à New-York, le Bramford. La réputation sulfureuse du bâtiment, qui a un taux élevé de suicides, d’accidents mortels, et qui a hébergés des sorciers et des cannibales, ne les effrait pas. Pendant que Guy fait le tour des auditions pour trouver un rôle à la hauteur de son talent d’acteur, Rosemary redécore l’appartement, en rêvant d’enfants.
Le couple commence a côtoyer leurs voisins âgés et un peu bizarres, les Castevet, qui deviennent de plus en plus envahissants. C’est alors que la carrière d’acteur de Guy commence enfin à décoller, après que son concurrent le plus farouche devienne aveugle soudainement… ils vont enfin pouvoir mettre en route un bébé !
Rosemary tombe enceinte, et les Castevet et tous leurs amis deviennent un peu pressants, et sont toujours dans les parages, prêts à rendre service… Elle en est certaine, ça cache quelque chose ! Que lui veulent-ils, à elle et son enfant ?

La lecture de ce roman a été très agréable, malgré le fait que je connaissais déjà l’histoire. L’écriture d’Ira Levin, que j’avais déjà aimée dans Les femmes de Stepford et Un bonheur insoutenable, m’a encore enchantée. Les sensations, doutes, et craintes de Rosemary sont bien entendu plus détaillés que dans le film. On se plonge aussi plus dans la psychologie du personnage, tiraillé entre son rejet de sa famille religieuse, et son envie de revoir certains de ces membres, à l’approche de son accouchement… Et sans vouloir spoiler, la question de l’acceptation de sa maternité monstrueuse est aussi un point central dans l’intérêt de cette lecture.

Un bon classique à découvrir ou redécouvrir, qui a un petit côté suranné des années 60 (femmes au foyer, déco pop…), mais qui passe encore très bien aujourd’hui.

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« Les clans de la lune alphane » de Philip K. Dick

Ples clans de lune alphaneour la lettre D du challenge ABC des Littératures de l’imaginaire, la lecture d’un roman de Philip K. Dick s’imposait. Problème, avec cet auteur, j’oscille souvent entre l’intérêt (Le maître du Haut Château ) et l’ennui (Ubik). C’est donc avec attention que j’ai choisi Les clans de la lune alphane… de bonnes notes sur les sites littéraires, de quoi présager un bon moment de lecture.
Chuck Rittersdorf, programmateur pour la CIA, se sépare de sa femme Mary, psychologue. Celle-ci le harcèle depuis des années pour qu’il trouve un métier plus rémunérateur. Fatiguée et déçue, elle demande le divorce et compte bien le laisser sur la paille. Chuck va se retrouver à vivre dans un appartement voisin de parias de l’humanité, et surtout d’extra-terrestres. Après une tentative de suicide avortée, Chuck  va devenir ami avec un fongus de Ganymède, un alien qui lit dans les pensées. Ce dernier veut l’aider, et va le conduire sans le vouloir à changer sa vie si bien réglée.
Ainsi, Chuck va se retrouver au centre d’un conflit géo-politique entre une lune alphane et la Terre.
Il y a 25 ans, les habitants de cette lune étaient des malades mentaux exilés pour être traité loin de la Terre. Mais depuis, l’hôpital a fermé, et les malades se sont organisés en clans et en cités : les Mans (les maniaques), les Heebs (les hébéphrènes), les Pares (les paranoïaques), les Deps (les dépressifs)…
Aujourd’hui, la Terre veut récupérer cette lune… quitte à obliger ses habitants à se soigner. Pour auditer sur le bienfondé de laisser le contrôle de la lune à ses habitants, la CIA y envoit l’ex-femme de Chuck… Mary.

Cette lecture a été assez plaisante, car les univers construits par Philip K. Dick sont riches et accessibles. Voir les clans de la lune alphane évoluer est assez amusant. Chacun de ses représentants est un archétype de la maladie dont il est atteint. On se croirait parfois dans un seul et même esprit dérangé !
Au-dessus de cela, le volet thriller avec les aventures de Chuck Ritttersdorf, qui hésite entre se suicider et tuer sa femme… cette dernière pulsion va l’amener à se plonger dans les ennuis, pour notre plus grand bonheur !

Un roman de SF très dickien: une vision de la femme comme un castratrice, voir même un danger mortel. Cela sur fond de maladies mentales, dont l’écrivain n’était pas exempt : paranoïa, dépression… Justement, l’année où sort Les clans de la lune alphane, Philip K. Dick divorce pour la seconde fois, plonge dans une dépression, après avoir mal vécu sa vie de couple où il se sentait déconsidéré… Doit-on voir le roman comme une autobiographie déguisée, ou comme une catharsis ?

Une bonne lecture pour qui veut découvrir l’univers de l’auteur, et qui me réconcilie un peu avec lui !

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« Des rapports étranges » de Philip José Farmer

des rapports étrangesEt je continue mon tour dans ma PAL de science-fiction et fantastique, pour le challenge ABC des littératures fantastiques. Je m’attaque a un classique méconnu pour moi, Philip José Farmer, pur produit de l’âge d’or de la SF américaine. Ce recueil de 5 nouvelles écrites entre 1953 et 1960 tournent autour des rapports familiaux… mais à la sauce alien !

5 nouvelles et 4 univers distincts.
Les 2 premières, La mère et La fille, qui m’ont beaucoup plu se passent sur une planète inconnue. Une mère et son fils adulte sont les seuls survivants d’un crash de navette spatiale. Alors qu’ils explorent les environs, ils sont chacun de leur côté happé par une sorte d’énorme rocher. Il s’avère que cet amas minéral est la coquille d’une énorme créature extra-terrestre, qui utilise une cavité interne pour élever et nourrir ses petits à l’abri des risques extérieurs. Nous suivons la vie du fils humain dans un de ces aliens, et de la manière dont il va rentrer en communication avec la créature mères, et ses filles.
Dans la seconde nouvelle, on suit une de ces créatures filles, qui raconte à sa propre progéniture comment son père humain lui a appris des trucs et astuces pour survivre.
La nouvelle Le Père, ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. Elle tourne beaucoup autour de la religion… et pour cause, une équipe de voyageurs voient leur navette s’écraser (encore !) sur une planète inconnue (pour changer), qui ressemble fort à l’Eden… et ou un humanoïde gigantesque avec des pouvoir mystérieux semble bien être un dieu. Est-ce « le » Dieu ? Ou un imposteur ?
La quatrième histoire Le fils narre la détention d’un marin dans les soutes d’un sous-marin d’attaque ennemi, doué d’une intelligence artificielle. Un petit côté oppressant dans ce récit qui n’est pas sans rappeler HAL de 2001, l’Odyssée de l’espace… Dans la dernière nouvelle, Le frère de ma sœur, le climat est un peu différent, dans le sens ou l’être humain en relation avec l’extra-terrestre n’a pas vraiment le beau rôle. Sur Mars, un homme part à la recherche de son équipe, qui a disparu lors d’une mission. Il se retrouve piégé dans une zone marécageuse, et est sauvé par une extra-terrestre humanoïde. Si leurs relations sont étranges, mais plutôt amicale, notre héros va finir par hésiter entre douter sur les bonnes intentions de son hôtesse ou se laisser aller à cette amitié inter-espèce. Quel penchant va-il suivre ? Un récit un peu trop en mode « découvrons les bestioles aliens » au début… mais qui s’avère être un conte sur la nature des hommes. Classique mais efficace.

La sexualité au service de l’exo-ethnologie ! Il est question de reproduction dans chacune des nouvelles, bien que le sexe soit quasi absent. La religion est en revanche assez présente… un signe de l’époque à laquelle ont été écrites ces nouvelles ? Le gros intérêt de ces nouvelles, par rapport à d’autres auteurs de  la même période, c’est le soucis du détail de Farmer sur la description biologique de ses aliens, leur mode de vie, de reproduction,  de communication, leur structure sociales…
Ses personnages sont assez curieux et intelligent, et analysent plutôt bien les situations, ce qui rend les échanges humain – extra-terrestres assez enrichissants. De plus, j’ai apprécié le style de l’auteur. Des descriptions, mais qui mettent dans l’ambiance plutôt que de nous assommer.

Bref, une bonne découverte. Je pense réitérer et placer dans ma PAL d’autre roman de Philip José Farmer !
Et mention spéciale pour la couverture érotique dans la pure tradition des années 70, qui n’a rien à voir avec le contenu du livre, bien entendu ! 😀

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« La musique du sang » de Greg Bear

La musique du sangVoici une lecture typique de challenge : pour la lettre B du challenge des littératures de l’imaginaire, je me suis décidée à piocher dans ma PAL à rallonge en science-fiction. Avis mitigé, sur ce roman de hard SF… mais au moins, je peux rayer un livre de ma liste de livre à lire !

Chercheur en biologie dans une firme pharmaceutique de pointe en Californie, Vergil Ulam ne peut pas se résoudre à ne travailler que sur les projets de son entreprise. Pour lui, l’avenir n’est pas dans les nano-puces qui pourront soigner le corps humain, mais dans les cellules humaines transformées en micro-ordinateurs. Et ses expériences interdites marchent tellement bien qu’il arrive à créer des cellules intelligentes, des supers leucocytes, qu’il se voit contraint de s’auto-injecter pour ne pas les voir détruites lorsqu’il est licencié.
Contrairement à ce qu’il pensait, les leucocytes manipulés par ses soins survivent dans son organisme, et commencent à modifier son corps, ses goûts et envies… jusqu’à lui parler ! Devient-il fou ? Ces cellules vont-elles agir comme des virus, et tenter de se reproduire pour explorer l’univers hors de son corps ? Qu’est ce qui pourrait arrêter ces cellules intelligentes, capable d’agir de concert et de s’adapter à toutes les situations ?

Si ce pitch de départ est très alléchant, un brin branché sciences dures, mais tout de même compréhensible… il m’a semblé beaucoup moins attrayant au bout d’un moment. Un quart du livre est dédié à la découverte des cellules intelligentes, à comment Vergil va appréhender la chose, essayer d’en parler à des collègues… Ensuite, on perd de vue cet aspect mystérieux pour attaquer vraiment des concepts de hard SF qui m’ont un peu laissé de côté, tout en évoluant dans un univers très fantastiques, difficilement concevable. Seul le concept de cellule comme porteuse de mémoire de nos aieux m’a un peu fait rêver, mais n’est pas assez exploité à mon goût.
Bref, je n’ai pas vraiment apprécié les trois quart du livre
Sans être détestable, ou ennuyeux, il a manqué quelque chose pour m’emballer. Sous certains aspects, ce roman m’a rappelé L’œuf du dragon de Robert L. Forward : une plongé dans le monde de l’incroyablement petit, la découverte de civilisations là où on ne les attend pas, les tentatives de communication avec elles… Sauf que ce dernier était plus axé story-telling, accessible, et avait une touche d’humour qui manque totalement à La musique de sang.

Un roman que j’aurai du mal à conseiller, sauf aux amateurs du genre. Un avis mi-figue, mi-raisin… typique des roman qui partent super bien, et s’essouflent avant la fin. Dommage !

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« Les Brillants » de Marcus Sakey

Les brillantsPour la sélection Folio du mois dernier, je me suis laissé tenter par Les Brillants, de Marcus Sakey, présenté comme le croisement entre la série Heroes et des X-Men. Chouette, j’adore les super-héros ! Il n’en fallait pas plus pour me donner envie de lire ce livre ! Je suis passé outre le fait qu’il soit édité dans la catégorie Policier chez Folio… et non en Science-Fiction. Pour tout dire, ce livre me laisse un peu un goût amer… un peu dystopique, un peu policier, beaucoup thriller

Dans un monde qui pourrait être le nôtre, les brillants, ou « anormaux », sont des êtres-humains ayant le potentiel d’Albert Einstein, dans des disciplines variées : stratégie, lecture de schémas corporels, anticipation de trajectoires… Ces génies peuvent donc facilement devenir des maîtres de guerre, de fins psychologue lisant dans les pensées, ou des passes-murailles. Depuis les années 80, 1% de la population qui naît est composée d’anormaux.
L’agent fédéral Nick Cooper, lui-même anormal, travaille dans un service qui a pour objectif de contrôler cette minorité. En effet, des terroristes anormaux, menés par John Smith, sèment le chaos, liguant normaux et anormaux les uns contre les autres. Mais c’est quand celui-ci fait sauter la place du marché mondial, et 1000 civils innocents, que l’affaire va prendre une autre tournure pour Cooper.
Pour arrêter ce monstre, Cooper doit abandonner son statut d’agent fédéral, et infiltrer le réseau terroriste en se faisant passer pour l’un d’eux…
Mais quelle vérité découvrira-t-il lors de sa traque ?

Bon, il faut l’avouer, je ne suis pas une grande fan de roman de ce genre : action, pseudo-enquête, infiltration et espionnage… je pensais que le côté science-fiction prendrait le pas, mais non, pas vraiment. Les pouvoirs des « anormaux » sont un peu trop réalistes : finalement ce ne sont que des génies (ok, c’est déjà ça…). Pas de mecs qui tirent des lasers avec ses yeux ou qui arrête le temps ici.
On voit un peu comment a tournée la société grâce (ou à cause) des anormaux : des avancées technologiques incroyables, un monde sans guerre de religions mais en pleine guerre de castes… Intéressant, mais trop léger pour vraiment m’accrocher.

En ce qui concerne le style, je n’ai vraiment pas été conquise. Pas d’humour ni de second degré… C’est du sérieux ! Entre action et drame, peu de place pour la légèreté ! Mais malgré ça je n’ai pas ressenti l’excitation ou le suspense entre les lignes.

A vouloir faire trop réaliste, sans tomber dans le sordide des romans noirs, l’auteur a créé des personnages sans saveur… Son héros, Cooper, est vraiment trop lisse : bon père de famille divorcé, mais encore proche de son ex-femme, qui est loyal à sa hiérarchie, prêt à se sacrifier pour une cause, un super combattant, intelligent, sensible… Tout pour plaire… ou exaspérer !

Bref, je ne lirais pas le tome 2 de cette série… et oui, un seul roman ne suffisait pas !
Je me suis ennuyée ferme… Après il faut avouer que je ne suis vraiment pas une adepte des roman policier / action… D’autres trouveront peut-être leur compte ? A priori oui vu les commentaires élogieux sur d’autres sites 😉

Enfin cette lecture me permet tout de même d’avancer dans le challenge ABC des Littératures de l’imaginaire !

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« Delirium, tome 1 » de Lauren Oliver

DeliriumLes joies de la recherche d’auteurs à lettre exotique pour les challenges ABC… Voilà comment je me suis retrouvée à ajouter Lauren Oliver à ma liste de lecture pour le challenge des littératures de l’imaginaire. Je n’attendais pas grand chose de ce livre, dont j’avais trouvé la référence sur Livraddict. Littérature pour ado, un fond de dystopie… Et bien finalement grand bien m’a pris de suivre les conseils des autres lecteurs, car j’ai passé un agréable moment durant cette lecture !

A 17 ans, Lena n’attend qu’un seule chose : fêter enfin ses 18 ans pour pouvoir subir son Protocole. A partir de ce jour là, elle ne sera plus vulnérable à la terrible maladie qui a fait des ravages des siècles durant : l’amor deliria nervosa, en d’autre terme, l’amour. En effet, dans les Etats-Unis post blitz, l’amour est interdit… Pire, c’est un fléau reconnu qui conduit à toutes les dérives. Grâce au Protocole, les citoyens sont libérés de toutes passions, et deviennent de parfaits habitants : un mariage arrangé par statistiques, une vie tracée par la réussites à des examens… Bref, le bonheur. Sauf que la route de Lena va croiser celle d’Alex, qui fait naître en elle un sentiment étrange…

Si la lecture de ce roman est facile et agréable, il faut avouer que sa construction et les thèmes traités ne sont pas très originaux. Les fans de Hunger Games et de classiques de la science-fiction verront venir les évènements de très loin. Mais n’empêche, ça fonctionne ! Faire de l’amour une maladie est plutôt bien vu, et j’ai trouvé le traitement du récit autour de cette dictature de l’indifférence assez bien faite. J’ai été captée par l’histoire de Lena, d’Alex et de leur amie Hana… et je n’avais qu’une envie : savoir comment ils allaient s’en sortir ! Même si je me doutais un peu de la fin, je n’ai pas pu m’empêcher de me passionner pour cette histoire d’amour

Une réussite, ce roman ! Je ne sais pas si je lirai les tomes suivants, car je trouve que ce volume se termine correctement et proprement… Et puis on se doute un peu de ce que pourrait être la suite : révolution, destruction du régime totalitaire, les futures générations pouvant vivre comme de bon sauvages sans Protocole… Je préfère en attendant reste sur cette bonne impression 🙂

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