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« Danse de mort » de Douglas Preston et Lincoln Child

Chaque année qui s’écoule me voit lire des livres pour des challenges littéraires… et chaque année est aussi l’occasion d’avancer dans la saga Pendergast, qui nous narre les enquête de ce fameux inspecteur du FBI à New-York.

Nous avions laissé Pendergast dans Le violon du Diable pour mort, en Italie…
Le lieutenant d’Agosta est revenu à New-York et il reçoit comme mission, via un courrier d’outre-tombe de son ami Aloysius Pendergast, d’enquêter sur son frère Diogène. Celui-ci aurait prévu de semer le chaos à une date bien précise… qui se trouve être dans une poignée de jours ! Diogène est aussi intelligent que son frère, sauf qu’il met au service du mal son talent. Comment d’Agosta va bien pouvoir s’en sortir tout seul ?
Surtout qu’au même moment, une série de meurtres atroces débute à New-York… Est-ce que Diogène est derrière tout cela ?

Sans vraiment spoiler… Pendergast revient très rapidement sur le devant de la scène dans ce thriller. Et oui, il n’est pas vraiment mort en Italie, mais faisait profil bas pour mieux étudier les agissement de son frère : on est rassurés !

Le personnage de Diogène, le « dark » Aloysius, apporte un petit plus à cette saga qui semble un peu s’essouffler. Pourquoi déteste-t-il à ce point son frère ? Quel est son plan machiavélique ? Et existe-t-il vraiment ou est-il une personnalité refoulée de notre inspecteur albinos favori ?
Il a tout du vrai méchant « à la Scoubidou » : il est très malin et cultivé, adore la couleur du sang, est affublé d’un physique particulier (des yeux vairons…), prend plaisir depuis l’enfance à torturer des êtres vivants, n’avait pas d’amis à l’école.
Bref, on ne fait pas dans la subtilité, mais ça reste amusant 🙂

Comme je le disait, l’histoire est un peu plate quand même… Une fois notre héros ressuscité et le méchant identifié, ça roule sans trop de surprises, si ce ne sont les péripéties du journaliste Smithback enfermé pour le protéger dans un asile, ou encore les petites surprises au musée d’Histoire Naturel (encore !).

Même si ça n’est pas un chef d’œuvre, je pense qu’on pourra se donner rendez-vous l’an prochain pour la lecture d’un nouvel opus, le septième : Le livre des trépassés (tout un programme !)

A noter que cette année ce livre permettra de remplir la lettre « Q » du challenge ABC… « Q » comme « Quatre mains » 😉

« L’Ours et le Rossignol » de Katherine Arden

J’ai pris un grand retard sur mes lectures ces derniers temps, et surtout sur mes chroniques dans ce blog… Si grâces aux temps de transport en commun j’arrive à lire un peu, et écouter beaucoup d’audiolivres, concernant l’écriture d’articles, je ne trouve pas assez de temps pour m’y mettre.

Toutes mes excuses à Denoël, car je traite ici du partenariat de janvier… Je vais essayer de me rattraper en cours d’année 😉

Une fois de plus, j’ai choisi ce livre pour de basses raisons : il tombait bien pour le challenge ABC, pour la lettre A donc. Parfois il n’en faut pas plus pour tomber sur une perle !

Dans les temps ancien de la Rus’ (Russie), Vassia est la dernière fille d’un seigneur. Comme sa mère est morte à sa naissance, c’est la vieille servante Dounia qui a élevé les enfants… Pour passer les longues soirées d’hiver, dans cet endroit isolé près de la forêt, elle leur raconte d’anciens contes où les légendes sur les aïeux de la famille côtoient celle sur les dieux des temps reculé. Le plus notable est le dieu du froid et de la mort, Morozko.
En grandissant tout le monde peut constater que Vassia n’est pas vraiment comme toutes les autres petites filles… Eprise de liberté, elle a le don qu’avait sa grand-mère maternelle : elle peut voir les esprits familiers qui protège les maisons et les bois, et interagir avec eux.
Mais le pays connait de grands changements et la vie de la famille de Vassia aussi : son père doit se remarier avec la fille du roi, une femme folle et méchante… qui ramène avec elle une interprétation de la religion catholique assez extrême, en la personne d’un prêtre moscovite.
Que va devenir Vassia et les esprits du domaine, maintenant qu’ils sont perçus comme des démons tout droit sorti des enfers ?

Ce roman à été un vraie découverte, je ne connaissais pas du tout l’univers des contes russes, et j’ai passé un excellent moment avec ce livre.
Le monde fantastique est très bien décrit, poétique et sombre à la fois, il y a de l’action, des rebondissements… tout en utilisant une trame classique du conte.
Bref, une très bonne expérience ! Et la bonne nouvelle, c’est qu’en fait ce roman est le premier d’une trilogie 😀

Merci Denoël pour ce roman !

L’Ours et le Rossignol de Katherine Arden
Traduit par Jacques Collin
Editions Denoël – Collection Lune d’Encre – 368 pages
Paru le 17 janvier 2019

« Little Heaven » de Nick Cutter

Pour le partenariat de fin 2018 de Denoel j’ai immédiatement sauté sur l’occasion de relire un livre de Nick Cutter. J’ai beaucoup aimé Troupe 52 il y a deux ans, et j’avais envie de transformer l’essai.

Début des années 80, la jeune Perry, fille de Micah disparaît. Il devine immédiatement ce qu’il se passe. C’est une entité maléfique qui ressurgit du passé et lui réclame son dû.
Pour aller chercher sa fille il va frapper à la porte de ses deux acolytes d’antan, Minerva et Ebenezer. Ils ont tous vieillit depuis leur première rencontre dans les années 60 avec cette bête démoniaque, à Little Heaven.
A l’époque, ces chasseurs de prime avait été embauchés pour enquêter sur une communauté catholique perdues dans une forêt des Badlands… et ils ne sont pas vraiment revenus de cette expédition comme ils étaient arrivés.

La couleur est vite donnée, on est ici sur un pur roman d’horreur, prenant corps dans un univers fantastique où les créatures de la nuit et les démons existent.
C’est peut être pour cela que j’ai moins apprécié cet opus que dans Troupe 52, qui était peut être un peu plus SF avec sa maladie bizarre qui attaquait des scouts en balade…
Ce roman m’a paru avoir quelques longueurs, et c’est dommage, car les personnages sont plutôt pas mal. Micah le mercenaire borgne, Ebenezer le chasseur de prime black à l’accent anglais, ou Minerva la tueuse débutante cherchant la vengeance. Même les méchants sont crédibles comme le révérant porté sur l’onanisme et le sadisme…
En revanche les créatures démoniaques bof bof. On a pas assez peur finalement en lisant ce livre. Parfois c’est un peu cracra et ça fait un peu mal… mais rien de plus. Bref, il manque un climat glauque qui nous pousse à nous questionner tout en nous donnant la chair de poule.

C’est dommage car tout est là, les personnages comme on l’a vu, l’ambiance de communauté reculée dans les grandes forêts américaines, l’écriture qui fait des aller-retours entre les années 80 et 60, nous rapprochant de plus en plus du cœur du mal

Point positif l’édition est vraiment sympa, avec des illustrations du dessinateur de comics Adam Gorham. Ça rajoute un petit plus agréable je trouve.

Bref, je suis un peu déçue je dois bien l’avouer… Même si ce roman a des qualités.

Little Heaven de Nick Cutter
Traduit par Éric Fontaine
Editions Denoël – Collection Sueurs Froides – 592 pages
Paru le 1er novembre 2018

« Escarmouche » de Clifford D. Simak

J’avais presque oublié que mon beau-frère, amateur de science-fiction classique, m’avait prêté ce recueil de nouvelles il y a fort fort longtemps (il y a bien 5 ou 6 ans… désolée…).

Lors de ma recherche des livres courts dont le nom de l’auteur correspond à mes lettres manquantes pour le challenge ABC, j’ai exhumé cette relique d’un des rois de la SF. Un vieux bouquin comme on en trouve plus, aux pages jaunies, la tranche orange foncée et surtout à la couverture ornée d’une magnifique illustration représentant une femme à moitié dénudée (qui bien sûre n’a rien à voir avec le contenu de l’ouvrage). Bref, le bon vieux temps de la SF !
Nous sommes ici devant un recueil de nouvelles classique comme on en faisait dans le temps : quelques nouvelles du maître, préfacée par celui-ci. Pas du grand Simak à mon humble avis, mais quelques nouvelles m’ont tout de même interpellées ou amusées. 
Car c’est là le style de l’âge d’or de la SF : faire rêver, réfléchir mais aussi amuser son lecteur.

La thématique centrale tourne autour des premières rencontres entre humains et extra-terrestres, et ce pour les trois quarts des nouvelles. Il y a de quoi faire ! Surtout quand les aliens viennent tenter de conquérir notre planète…

La plus sympa en prend le contre-pied, Gros Coup. Ici c’est une bande de baroudeurs de l’espace, sans foi ni lois, qui cherchent à se faire de l’argent avec tout ce qu’ils trouvent sur les planètes sur lesquelles ils accostent. Sur l’une d’elle, ils découvrent une machine qui permet de lire des enregistrements qui vous propulsent littéralement dans une réalité virtuelle. L’idéal pour apprendre des choses… mais aussi pour faire voyager de riches clients terriens ! Ici les extra-terrestres font preuve de finesse pour éviter une mauvaise utilisation de leur université ambulante…

Un recueil pas vraiment nécessaire pour votre connaissance du maître, mais pas désagréable à lire… 

« Autonome » d’Annalee Newitz

Une fois n’est pas coutume mon choix pour le partenariat Denoël s’est porté sur de la science-fiction ! Mais là je m’éloigne un peu de mes univers de prédilection, car il est beaucoup question de robots pour une fois… mais pas dans un univers asimovien, mais une réalité aussi cruelle et cynique que la nôtre. Bienvenue au 22ème siècle !

2144, Jack est une pirate dans tous les sens dans lesquels on pourrait l’entendre : elle vit dans un sous-marin pour échapper aux autorités, car elle gagne sa vie en copiant des médicaments brevetés qu’elle revend au marché noir.
Mais un jour, un de ses médicament piraté -du Zacuity- mène à la folie et à la mort des personnes qui l’ont pris. Est-ce sa recette qui pose problème ? Non, c’est bien la version du labo pharmaceutique qui est létale !
Elle doit trouver un moyen de le faire savoir au monde avant que le Zacuity soit répandu, et trouver un remède pour sauver les consommateurs de ces pilules enfermés dans leur folie.
Au même moment, le bureau des brevets, sur les ordre du laboratoire pharmaceutique, lance deux agents à la recherche de Jack pour la faire taire définitivement : Eliasz et le biobot Paladin, dont c’est la première mission.

L’intérêt de ce roman est qu’il rend accessible la réflexion sur les brevets dans le secteur de la biologie, la pharmaceutique etc… et nous met en garde contre le fait de donner le plein pouvoir sur la santé de l’humanité à quelques entreprises.
En parallèle les histoires croisée de Troized l’esclave libéré par Jack et Paladin la biobot de combat sont aussi intéressante.
La création des robots a posé des questions sur la possibilité d’asservir ou non des humains, et la grosse différence entre les deux reste que les humains ne peuvent être esclaves à la naissance… mais peuvent le devenir. Les réflexions de Paladin sur le monde, les humains, la liberté sont assez amusantes parfois… comme toute intelligence artificielle elle tente de mieux comprendre son monde pour s’améliorer, et surtout Eliasz.
Là où j’ai moins adhéré c’est sur l’histoire d’amour entre Paladin et Eliasz… mais bon, pourquoi pas…

Bref, une lecture pas désagréable mais pas exceptionnelle non plus…
Merci Denoël pour le partenariat, qui me permet d’avancer dans mon challenge ABC !

Autonome d’Annalee Newitz
Traduit de l’anglais par Gilles Goullet
Éditions Denoël, collection Lunes d’encre – 336 pages
Paru le 7 juin 2018

« 22/11/63 » de Stephen King

Mes rendez-vous avec Stephen King deviennent rares, même si j’apprécie son univers depuis mon adolescence.
Avec mon crédit Audible de Mai, je me suis laissée séduire par les commentaires dithyrambiques autour de 22/22/63, paru en 2011, autant dire il y a un sacré moment. Aux premières secondes d’écoute, je me suis même aperçue que j’avais regardé une série TV il y a quelques années tiré de ce roman !
Bref, 22/11/63 est-il bien le monument du maître King de ces dernières années ?

Dans le Maine des années 2000, Jake Epping est un professeur de lettres travaillant dans un lycée de Lisbon Fall. En plus d’enseigner l’anglais à des adolescents, il s’occupe d’une classe pour adulte souhaitant passer leur diplôme de fin de secondaire. C’est en lisant la rédaction d’un de ses élève âgé de plus de 50 ans, Harry, qu’il découvre son histoire : dans les années 50, le père de celui-ci a assassiné toute sa famille et l’a blessé et handicapé à vie. Si ce drame n’avait pas eu lieu, Harry ne serait certainement pas si « lent », ne boiterait pas, et ferait surement un autre métier qu’homme à tout faire du lycée…
C’est alors que le propriétaire du restaurant à burger local contacte Jake. Très malade, il doit avant de ne plus pouvoir le faire lui montrer sa grande découverte : dans son arrière-boutique se trouve un « trou » lui permettant de retourner dans le passé… en 1958 uniquement. Et il a un grand projet pour Jake, celui d’empêcher l’assassinat de Kennedy !

Il n’y a pas à dire, nous sommes ici devant du grand Stephen King ! Entre fantastique, science-fiction et roman historique, nous suivons les aventures de Jake dans le passé. Après quelques tâtonnements, il apprend à utiliser le portail temporel pour améliorer le futur… sachant que le trou ne peut l’envoyer qu’en 1958, et que chaque nouvelle arrivée dans le passé remet tous les compteurs à zéro. Il va donc essayer de changer la petite histoire en sauvant la vie de la famille d’Harry, avant de s’attaquer à la filature de Lee Harvey Oswald… Mais en 5 ans on imagine bien qu’il va faire des rencontres !
Toute une partie du roman tourne autour de la vie de Jake au Texas, où il travaille dans un lycée et rencontre une jeune femme… et finalement il leur arrive plus d’aventures dans la campagne texanne que lors de ses enquêtes autour de la famille de l’assassin du président.

Bref, une très  belle découverte… Le roman est un peu long tout de même (36 heures d’écoute !), mais ça passe pas trop mal pour nous mettre dans l’ambiance des années 50. On voit les Etats-Unis autrement après ça 😉

Et au passage, une lecture pour le challenge ABC !

« Silo, tome 1 » de Hugh Howey

Ce qui est sympa avec Audible, c’est de pouvoir envoyer son premier livre à un ami lorsque vous vous créez un compte. C’est comme cela que j’ai reçu de la part de Mickael le premier tome de Silo, dont je n’avais jamais entendu parler (et rétrospectivement, honte à moi).

Dans un monde post-apocalyptique qui ressemble beaucoup au notre, une communauté d’humains vit dans un  silo sous terre.
Le sherif Holston attend dans sa cellule d’être envoyé « au nettoyage », c’est à dire banni du silo, pour avoir dit des mots interdits. Sortir du silo, alors que l’air est pollué de toxines, c’est signer son arrêt de mort. Heureusement, grâce à une combinaison spéciale, il pourra vivre assez longtemps pour nettoyer les caméras qui permettent de surveiller les alentours.
Désormais privée de shérif, Marie Jahn, la mairesse du silo, va aller nommer un candidat choisi avec l’adjoint au shérif Marnes : Juliette Nichols. La route pour lui faire passer un entretien d’embauche va être longue, 144 étages à descendre pour atteindre celui où vit Juliette, l’étage le plus profond, celui des machines… Là où l’électricité est fabriquée…

Difficile de résumer ce long ouvrage de SF contre-utopique et post-apocalyptique.
Le monde du silo est très bien détaillé. Chaque étage à sa fonction : l’administration et les services dans le tiers supérieur, l’agriculture au milieu, et tout en bas l’industrie. Chaque habitant du silo à une place définie, de la naissance -réglementée- jusqu’à sa mort.
Malgré la modernité des machineries et de certains outils informatiques, certaines fonctions sont archaïques. Par exemple les messages électroniques sont tellement chers à envoyer que les habitants passent plutôt par des porteurs à pied, dont la tache est de transiter les produits d’un étage à un autre…

Côté récit, on est pris par cette histoire complexe et riche. On déteste les méchants et on a de la sympathie pour les gentils… mais de manière nuancé. On comprend bien les motivations qui poussent les antagonistes à agir comme ils le font et de la même manière, les bons ont parfois des comportement qui mènent au désastre.
En échangeant avec Mickael, celui-ci me disait trouver dans ce livre des longueurs dues à la foule de détails. C’est peut être là la force et la faiblesse de ce récit !

Dans la lignée du chef d’oeuvre de Robert Silverberg, Les Monades Urbaines, avec une teinte de survivalisme… je le conseille !

Cette lecture est parfaite pour remplir une case du challenge ABC, pour la lettre H 😉

« Le violon du diable » de Douglas Preston et Lincoln Child

Ça faisait un bon moment que je n’avais pas lu un roman de la série des Pendergast… et je l’avais quasiment oublié pour tout dire. Alors que je cherche mon premier roman Audible dans la bibliothèque de l’appli, je tombe presque directement sur Le violon du Diable, le 5 tome de la saga ! C’est un signe : il sera mon premier livre audio !

Southampton, état de New-York, au début des années 2000. Le corps sans vie d’un critique d’art, Jeremy Grove, est retrouvé dans sa luxueuse maison. Tout cela pourrait paraître anodin, si le corps de l’homme n’avait pas été retrouvé brulé, alors que le reste de la pièce est intact et qu’elle est fermée de l’intérieur. Au sol, une empreinte de pied fourchu semble avoir marqué de parquet… et c’est sans compter l’odeur de souffre qui empeste la pièce.
Lorsqu’un second corps assassiné selon le même procédé est découvert à New-York, le doute commence à s’insinuer dans l’esprit de la population. Est-ce que le Diable est à l’œuvre dans cette histoire ?
Qui peut-être l’assassin, et surtout comment a-t-il procédé ? C’est ce que Pendergast et le sergent D’Agosta vont essayer de découvrir, dans un voyage qui les mènera de New-York jusqu’à la région de Florence en Italie, où les légendes et les superstitions prennent corps devant leurs yeux…

C’est le sergent D’Agosta de retour du Canada que nous retrouvons sur cette enquête, lui que nous avions déjà croisé sur les deux premières enquête new-yorkaise de Pendergast, Relic et Le grenier des enfers.
Pendergast est égal à lui-même : en tant qu’électron libre du FBI, il mène son enquête comme bon lui chante, enfreignant parfois les lois, mais toute en souplesse et avec le meilleur des goût.

Une suite de la saga agréable, même si ça n’est pas le meilleur opus selon moi. En revanche il donne une ouverture vers de nouvelles aventures que j’espère palpitantes, ce qui me donne très envie de lire la suite. Je pense pouvoir vous dire sans spoiler que Pendergast a un frère maléfique, qui va sûrement faire parler de lui bientôt. Chouette 🙂

Et cette première expérience de livre audio, me direz vous. C’est en échangeant avec Mickael sur le sujet que je me dit que je ratais peut-être quelque chose en n’ayant pas encore tenté d’écouter des livre, plutôt que de les lire. Les avantages sont multiples : possibilité de « lire » dans les transports en commun bondés, sur le chemin du boulot, ou encore pour s’endormir le soir, en mode « raconte moi une histoire »… Quelques inconvénient aussi forcément : il faut être concentré, ce qui n’est pas toujours facile dans la rue quand on essaye d’éviter les voitures. Du coup, la fonction de retour en arrière est bien pratique… mais impossible de scanner visuellement le livre pour retrouver le passage où on a lâché, ce qui rend la tâche parfois fastidieuse. Mais j’ai quand même bien accroché, et je vais continuer mon test avec mon nouvel abonnement Audible. Du coup j’ai le droit à un livre par mois… ce qui est suffisant avec les partenariats à côté !

A noter que cette lecture compte pour le challenge ABC, Nanet dans sa grande bonté autorise les livre audio 🙂

« Que le diable soit avec nous » d’Ania Ahlborn

Que le diable soit avec nousPetite virée en enfer, loin des chaudrons du Diable et des souterrains enflammés, mais dans un coin paumé des Etats-Unis au milieu de bois… Un décors parfait pour une histoire d’horreur, n’est-ce pas ? Voilà mon choix pour le partenariat Denoël du mois de février, un voyage dans le monde de la terreur, remplis de coins sombres et de monstres dans les placards.

Steve vit avec sa famille dans une petite ville d’Oregon, Deer Valley. Steve n’a pas la côte auprès des autres enfants d’une dizaine d’années : il bégaye, il a les idées confuses, et pour ne rien arranger il lui arrive d’avoir des hallucinations et a deux doigts en moins à une de ses main. Et côté familial ça n’est pas la joie : son père les a abandonnés, son beau-père, Le Tyran, lui mène la vie dure, son ado de frère l’évite comme la peste et sa mère fait ce qu’elle peut pour le considérer comme un enfant normal… Heureusement, il a un meilleur ami, qui se trouve être son cousin et voisin, Jude ! Ensemble ils passent des heures à construire une cabane dans les bois, pendant les vacances d’été.
Mais un jour, le malheur frappe tante Mandy et le reste de la famille : Jude a disparu ! Fan d’enquêtes policières et ne pouvant pas vivre sans son ami, Steve va tout faire pour le retrouver… mais les pistes qu’il découvre laissent présager le pire. Est-ce que Jude aurait été dans les bois travailler sur la cabane sans lui ? A moins qu’il ne se soit trop approché de cette maison abandonnée près de la route des bucherons ?
Mais le plus étrange, c’est lorsque quelques jours plus tard, Jude réapparait, l’air de rien… Mais Stevie n’est pas dupe, quelque chose en Jude a changé. Que lui est-il arrivé pendant son absence ?

Voilà un bon roman d’horreur classique, mais bien construit et efficace. Nous voyons l’histoire se dérouler via le regard de Steve, jeune garçon schizophrène… ce qui laisse parfois planer un doute sur la véracité de ce qu’il dit et ce qu’il voit. Est-ce que Jude a vraiment changé ? A-t-il vraiment vu un monstre près de la maison abandonnée, se déplacer dans l’ombre et le poursuivre jusqu’à la ville ?
La seconde partie du roman introduit Rosie, qui justement a vécu dans cette maison… Et l’imbrication des deux histoires laisse apparaitre ce qui est arrivé à Jude.
Le gros intérêt de cette histoire, c’est le flirte entre le thriller psychologique et le fantastique. La frontière entre la folie et le paranormal est ici suffisamment floue pour laisser libre cours à notre imagination et notre interprétation de l’histoire.

Je vois aussi dans ce roman une sorte d’hommage aux lectures d’horreur et fantastiques classiques… On n’est pas loin de Stephen King avec ses personnages assez archétypaux : le beau-père violent et odieux, les gamins à la sortie de l’enfance, le vieil homme sympa et mystérieux comme Ras, le propriétaire de la maison d’hôte où Rosie vient se ressourcer dans sa jeunesse, avant de s’apercevoir qu’elle est enceinte. D’ailleurs le personnage de Rosie me fait naturellement penser à un autre personnage féminin : Rosemary, du roman quasi-éponyme d’Ira Levin. Et quand on sait comment se termine sa maternité… Je ne dirais rien de plus !
Il pose aussi la question de la monstruosité et de la normalité… Jusqu’où une mère est prête à fermer les yeux par amour pour sa progéniture ?

Bref, un bon roman pour les amateurs du genre, qui me permet au passage de valider la lettre A du challenge ABC 2018 !

abc2018

Que le diable soit avec nous  d’Ania Ahlborn
Traduit de l’anglais par Samuel Sfez
Editions Denoël  Sueurs Froides – 352 pages
Paru le 8 février 2018

« Guide de survie pour le voyageur du temps amateur » de Charles Yu

Guide de survie pour le voyageur du temps amateurPour le club SF Folio de cette fin d’année je me suis laissée tentée par une thématique on ne peut plus classique de la science-fiction : celle des voyages dans le temps !
Un thème simple… mais si difficile à traiter tant il fait rêver les auteurs et leurs lecteurs ! Alors, pari réussi pour le jeune auteur Charles Yu ?

Le protagoniste de cette histoire, Charles Yu, vit dans un univers réduit à la fusion de deux mégapoles, où n’importe qui peut prendre une une machine à remonter le temps pour partir en promenade… Son rôle est de les dépanner quand ils tombent en panne dans le passé. Il habite dans sa machine à remonter le temps avec le système d’exploitation de la machine, TAMMY et Ed, un chien qui n’existe pas.
Au fur et à mesure de ses voyages, il va se retrouver confronté à des événements liés à la construction de sa vie et à sa jeunesse, et plus particulièrement à la disparition de son père, chercheur amateur qui a œuvré pour la réalisation des voyages dans le temps.

Bonne surprise en lisant le roman, qui se laisse présuer en lisant son titre original (How to Live Safely in a Science Fictional Universe). Charles Yu ne joue pas seulement avec l’idée de voyage dans le temps mais bien celui de la science-fiction dans son ensemble, et je dirais même avec celui de l’univers du roman et de la fiction, dans la manière dont l’écrit se forme… Il nous offre une réflexion sur la construction du « moi » par rapport à ses souvenirs… Se plonger dans le passée dans ses pensée, n’est-ce pas voyager dans le temps, ou du moins une première étape ?

Les débuts du livre sont prenants et parfois humoristique, quand par exemple Charles rencontre Linus Skywalker, le fils de Luke qui essaye d’éliminer son père pour exister un peu. La seconde moitié est plus mélancolique. Le héros se retrouve face à sa mère qui vit dans une boucle infinie d’une heure, dans sa cuisine, à préparer des plats et attendre son fils… et se questionne sur ses relations avec son père depuis son enfance, tout en se demandant où celui ci à bien pu disparaître.
Les concepts des voyages dans le temps son très poussés par moment, et je dois bien avoué que j’ai décroché par moment… Mais globalement le livre est bien construit et offre un voyage intelligent et intriguant.

Bref, un roman bien fichu, même si je regrette le changement de ton en cours de récit.
Merci Folio pour cette bonne découverte !