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« Le coup de grâce » de Marguerite Yourcenar

Ca y est, la ligne d’arrivée du challenge ABC est visible, là, tout au fond !
Pour le Y j’ai été faire une petite balade dans une vraie librairie, ce qui ne m’arrive pour ainsi dire jamais… et c’est bien dommage ! Je suis allée à Mille pages, à Vincennes. Beaucoup de choix, des livres sur deux étages… à retester en 2019 !
Donc en regardant leurs auteurs en Y je suis tombée sur Yourcenar… je l’avais pour ainsi dire oubliée depuis ma lecture des Mémoires d’Hadrien. Là avec Le coup de Grâce je ne prend pas trop de risque, s’agissant d’une nouvelle d’une petite centaine de pages.
C’est donc en débutant ma lecture que j’ai découvert l’histoire de ce récit.

Eric se remémore les derniers mois du combat entre l’Allemagne et la Russie à la fin de la Première Guerre Mondiale, dans sa région natale situé à la frontière des deux belligérants, dans les Pays Baltes. Eric est un soldat allemand, et son objectif est de sécuriser une base stratégique, qui se trouve être le manoir de son ami Conrad, lui aussi soldat dans l’armée germanique. Au milieu de se détachement militaire la soeur de Conrad, Sophie, se retrouve bonne à tout faire pour la troupe de soldats. Les jours passant, la jeune femme tombe amoureuse d’Eric.

Le récit à la première personne donne tout son intérêt à cette histoire d’amour unilatérale. Sophie aime Eric d’un amour naïf et pur, mais elle ne s’est pas rendu compte qu’il n’aime que lui. La dureté des pensée et propos de cet homme, sa mauvaise foi, et tout simplement sa méchanceté pimente cette amourette en temps de guerre. Cela pourrait fort ressembler à une sorte de marivaudage si la guerre et l’attrocité des combats des bolchéviques contre les allemands ne ravageait pas le pays et ses hommes.

J’ai beaucoup aimé la plume de Marguerite Yourcenar, mais peut-être un peu moins le récit… Et forcément, vu le tableau que je vous en ai dressé, j’ai détesté tous les personnages, ce qui est certainement l’objectif de l’auteur (enfi du moins pour Eric…).

Une belle découverte, que je ne conseillerais peut-être pas, mais qui m’a enrichie.

« Passager 23 » de Sebastian Fitzek

Ces deux derniers mois de lecture de l’année ont l’allure d’un sprint, pour finir le challenge ABC avant le 31 décembre. L’optimisation est de mise pour passer la ligne d’arrivée avec toutes les lettres validée : lecture audio, choix de livres courts, changement d’auteurs…

C’est comme cela que j’en suis arrivée à lire Passager 23 : un livre audio court, dont l’auteur correspond à une lettre manquante dans le challenge, et qui n’était pas trop mal noté. Banco !

L’enquêteur Martin Schwartz est un drôle de personnage. Sur la brèche, il n’hésite pas à mettre sa vie en danger pour résoudre des enquêtes et infiltrer les milieux les plus sordides. Mais qu’on ne se trompe pas, ça n’est pas une marque de courage, mais de profonde dépression. Depuis que sa femme s’est suicidée en emportant son jeune fils en se jetant dans l’océan lors d’une croisière, Martin a perdu le goût de la vie.
Quand on l’invite sur le bateau où sa famille est morte pour lui délivrer des informations sur ce drame, il n’hésite pas un instant ! Les preuves retrouvées vont dans le sens de ce qu’il pensait : sa femme ne s’est pas suicidée, et elle n’aurait pas assassiné son fils ! Peut-être est il encore en vie ? Mais pour cela il devra faire entendre raison à l’équipage et au capitaine du bateau. 
Difficile, car cette fois la preuve est la personne d’une petite fille considérée disparue en mer, réapparue comme par enchantement

Ce livre audio a été très plaisant à écouter. Simple, dynamique, et sordide comme il faut… pour un thriller efficace. Un vrai page-turner ! Comme les commentaires le laisser présager, la fin et ses multiples rebondissements n’est pas à la hauteur des 95% du roman, c’est dommage mais pas réellement gênant.

Les thèmes apparaissant dans le l’œuvre sont originaux : c’est la première fois que je lis un thriller se déroulant sur un bateau de croisière, qui est pourtant un très bon lieu pour un huis clos de roman noir ! On y traite aussi de la pédophilie des mères sur leurs enfants. Je vous avais dit que c’était glauque !

Voilà donc on livre très sympa pour les transports en commun, bien lu en plus. A découvrir pour les amateurs du genre !

« La Vie secrète des arbres » de Peter Wohlleben

Dans mon dernier billet, je vous expliquais que j’avais longtemps hésité devant le best-seller Sapiens, et que j’avais été bien bête de ne pas me laisser tenter par cette lecture bien plus tôt.
J’ai donc décidé assez rapidement de me plonger dans cet autre gros succès en librairie, La Vie secrète des arbres, toujours en livre audio. Mais après Sapiens, était-ce une bonne idée de challenger un essai sur la sensibilité des plantes ?

Dans cet ouvrage, Peter Wohlleben, un ancien forestier passionné par son métier, nous expose ses découvertes sur les arbres qu’il aime tant. Dans les forêts qu’il a géré tout au long de sa carrière, que ce soit pour produire du bois pour une entreprise privée, ou pour la communauté d’Hummel dans une logique plus écoresponsable, l’auteur a pu noter des preuves qui laisseraient à penser que les arbres, comme les hommes et les animaux, ressentent des choses.

Ce livre est objectivement une mine d’informations qui m’ont permis de mieux comprendre les plantes en pot sur mon balcon. Saviez-vous que les arbres sont capables de communiquer entre eux pour se prévenir d’attaques d’insectes, via l’envoi de molécules dans les airs ? Ou encore qu’ils s’entre-aident lors des périodes de disettes en eau, en échangeant de la nourriture via leurs racines ?
Pas mal de tips intéressants… mais bon, objectivement, pas non plus transcendant.
Cela vient peut-être de la voix du narrateur, très monotone, mais je n’ai pas réussis à me passionner plus que ça sur le sujet… même s’il reste assez convaiquant.

Le livre va certainement plaire aux amoureux des arbres…  Perso, en tant que végétarienne, après cette lecture, je commence à me dire que je devrais arrêter de manger des végétaux sous peine d’entendre dans mes cauchemars le cri de la carotte !

Enfin, ça me fait une lecture deplus pour le challenge ABC 😉

« L’histoire des 3 Adolf » d’Osamu Tezuka

L'histoire des 3 adolf tome 1Voilà plusieurs années que j’avais dans ma liste à lire ce manga en quatre tomes. L’histoire des 3 Adolf fait figure de grand classique de la BD nippone parue en 1985. J’ai profité qu’un collègue me les prête pour les lire… non sans mal…

En 1936, Sohei Toge, journaliste sportif, est envoyé à Berlin pour suivre les Jeux Olympiques. Son frère qui vit sur place depuis plusieurs mois semble avoir des ennuis… au point d’être retrouvé assassiné ! Lors de son enquête personnelle, Sohei met la main sur des documents que son frère voulait lui transmettre : l’acte de naissance d’Adolf Hitler, qui met en lumière des origines juives ! A partir de ce moment, les services secrets allemands et japonais n’auront de cesse de vouloir mettre la main sur Sohei et ses précieux documents. En parallèle, trois Adolf vont rythmer en fond de toile les mésaventures de Sohei : Adolf Hitler, Adolf Kaufman, le fils d’un diplomate nazi et d’une japonaise, et Adolf Kamil, un juif expatrié au Japon.

Sur ce fond de Seconde Guerre mondiale, je me suis surtout intéressée à l’histoire des deux Adolf japonais. Les deux adolescents que tout oppose, Adolf Kaufman le fils de nazi et Adolf Kamil le juif deviennent amis, envers et contre tous. Le père Kaufman refuse de voir son fils se lier d’amitié avec un juif, et fait tout pour les séparer… jusqu’à l’envoyer dans une école allemande pour ensuite intégrer les Jeunesses Hitlériennes. A partir de là, on le suit une spirale d’horreur, où le jeune Kaufman va apprendre à devenir de plus en plus cruel et extrême… Déroutant et terrifiant.
J’ai moins accroché sur l’histoire de Sohei Toge, qui n’aura de cesse de retrouver puis conserver hors des mains de l’Allemagne les documents compromettants sur les origines juives d’Hitler. Le côté « polar » m’a moins intéressé somme toute que le côté historique.

Côté scénario, je suis assez divisée… je me suis ennuyée par moment, j’ai buté sur la lecture plusieurs soirs. Beaucoup de textes, et des dessins pas vraiment au goût du jour.
En revanche j’ai apprécié de voir cette partie de l’histoire que l’on connait tant passée sous la plume d’un japonais… Ça change un peu notre point de vue !
Plongés au cœur des racines du mal et de la haine, on a un aperçu des méthodes employées pour transformer un individu lambda en tueur sans remords.
Avec la fin du récit qui nous mène bien au-delà de la période de la Seconde Guerre mondiale, en pleine guerre israelo-palestinnienne, on se rend aussi compte de l’effet ricochet des évènements historiques et des liens qui se créent entre eux.

Une lecture intéressante, mais je n’ai pas été hyper emballée quand même… Manque de rythme, dessins très moyens. Bref, je suis un peu déçue même si je comprend en quoi cette oeuvre est un monument !

« Le Faiseur d’histoire » de Stephen Fry

Le faiseur d'histoireL’année commence de la meilleure des manières avec cette lecture commune avec Petite Fleur, qui me permet de valider la lettre « F » du Challenge ABC – Littératures de l’Imaginaire.
Ce roman de Stephen Fry nous plonge dans une aventure qui mélange humour, science-fiction et uchronie d’une main de maître, avec une touche de délire à l’anglaise qui n’est pas pour me déplaire.
Bref, je n’ai plus qu’une envie, découvrir d’autres livres de Fry, ce touche à tout britannique connu Outre-Manche en tant qu’acteur, humoriste, réalisateur, scénariste, présentateur TV, voix de livres audios,… et aussi écrivain ! Un vrai monument national là bas !

Michael Young est étudiant en histoire à Cambridge, à la veille de remettre sa thèse à son professeur. Après tant d’années de travail et de recherche, il est persuadé de réussir haut la main cette dernière étape de ses études… et il se voit déjà lui même professeur, sa thèse éditée, avec un avenir radieux pavé de gloire.
Mais cette journée où il doit rendre sa thèse se passe mal : sa petite amie Jane le quitte en emportant la voiture, il reçoit du courrier qui ne lui est pas destiné, il fait tomber sa thèse non reliée dans le jardin du campus… Une occasion pour lui de rencontrer le vieux professeur Leo Zuckermann, spécialisé dans la physique. Celui-ci l’aide à ramasser les feuillets et semble très intéressé par le sujet de la thèse de Michael : les jeunes années d’Adolf Hitler. Leo est lui même obsédé par le génocide des Juifs et la Seconde Guerre Mondiale. Quel secret cache-t-il ?

Nous voilà donc devant un sujet sérieux, traité d’un point de vu original avec un ton très fun et décalé.
Que serait le monde si Hitler n’étais jamais venu au monde ? Voici bien une question qu’on a tous du se poser au moins une fois dans sa vie… Notre société serait-elle meilleure ou pire ? La technologie serait-elle plus en avance ? Quelle chemin aurait pris l’humanité sans la présence de ce « monstre » pour pervertir l’histoire ?
Ou alors, un être encore plus intelligent, ou plus malin, ou plus stratège, ou plus fort… aurait-il pu émerger ? Et si ce leader qui n’a jamais vu son sacre avait été moralement pire que Hitler ?
Et si, finalement, un seul homme ne change pas profondément le cours de l’histoire ? Si la volonté d’un peuple et d’une société à un temps T créait son destin pour les années à venir ? Et si les passions des hommes mettaient  l’histoire d’une nation sur des rails,  tel un train en marche, et peut importe qui en est le conducteur ? En gros, que dans une Allemagne antisémite et humiliée par la défaite de 1918, n’importe qui ou presque aurait pu remplir le vide…
En revisitant l’histoire comme il l’a fait, Fry nous offre sa réponse, mais comme dans toute bonne histoire de SF, nous permet de nous poser des tonnes de questions !

Outre le fond philosophique du roman, j’ai beaucoup aimé le personnage de Michael, plein d’humour, très contemporain… Et le style de Fry est un vrai régal ! Le petit truc sympa dans la structure, c’est la manière dont l’auteur a alterné ses chapitres : l’histoire de Michael, celle de la jeunesse de Hitler… puis ça change un peu 😉

coup de coeurUn vrai coup de coeur, que je vous conseille cette lecture même si vous n’êtes pas branché science-fiction ! Maintenant il va falloir que je me trouve d’autres romans de Fry à mettre dans ma PAL ou ma wish-list !

challenge de l'imaginaire ABC 2014