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« Ce que cachait Archie Ferber » de Casey B. Dolan

Ce que cachait Archie FerberUn petit thriller juridique pour cette fin d’automne ça vous dit ?
C’est le choix que j’ai fait lors du partenariat Denoël du mois dernier.

Un procès hors norme s’ouvre en Afrique du Sud. Archie Ferber, citoyen américain, est accusé d’avoir assassiné la mère porteuse de sa fille adoptive, Hannah. Archie est marié avec Matthew, qui est originaire d’Afrique du Sud justement. Ils ont décidé d’avoir recours à cette méthode plutôt qu’à l’adoption, pour se donner plus de chance d’avoir un enfant… Mais une fois la petite fille née, les choses n’ont pas été comme ils l’espéraient : la mère porteuse est retrouvée morte et Hannah a disparu. Est-ce Matthew, plongé dans le coma depuis sa tentative de suicide qui a commis ce crime, ou Archie, un homme très intelligent et au caractère imprévisible ? Et où est passée la petite fille ?
Le psychologue judiciaire Felicity Sloane, experte lors de ce procès, va se retrouver plongée dans cette histoire, qui mêle au passé sombre d’Archie, une enquête sur le crime en lui-même.

J’ai beaucoup aimé ce livre, et cette auteure a été une découverte pour moi. Le style et simple et limpide, et on est vite plongé dans le climat étouffant de l’Afrique du Sud.
Les différents points de vue sur le procès et durant l’enquête, dynamise le récit, et brouillent parfois les pistes. Bref, une bonne lecture pour entamer la saison froide !

Merci Denoël pour cette découverte, qui me permet de valider une nouvelle lettre pour le challenge ABC !

Ce que cachait Archie Ferber de Casey B. Dolan
Traduit par par Arnaud Baignot et Perrine Chambon
Éditions Denoël collection Sueurs Froides – 448 pages
Paru le 19 octobre 2017

abclogoshadow

 

 

« Le pays des hommes blessés » d’Alexander Lester

Les pays des hommes blessésPour bien commencer la rentrée j’ai choisi un roman vraiment hors de ma zone de confort habituelle lors du partenariat Denoël… bonne ou mauvaise idée ? Je vous laisse juger 😉

Wayne Robert est élevé dans une ferme à tabac en Rodhesie dans les années 70, dans la pure tradition colonialiste anglaise. Depuis sa tendre enfance il suit son père dans les champs et se lève tôt pour travailler la terre… sa terre. Il sait que sa vie sera celle de fermier, car son amour pour cette ferme est plus forte que tout. Il n’en va pas de même pour son frère Patrick, qui préfère la lecture, à des idées progressistes sur les relations entre Blancs et Noirs et n’a aucune passion pour l’agriculture.
À peine sorti de l’adolescence, le destin choisira pour eux leur avenir : les nationalistes Noirs de la ZANLA ont déclaré la guerre aux fermiers Blancs, et le père de Wayne eSt torturé et tué, alors que Patrick est kidnappé…
Il n’y plus que le désir de vengeance qui anime Wayne et une haine dévorante contre les terroristes de la ZANLA.

Voici un livre déprimant, car très bien documenté et réaliste. Il ne m’en ressort qu’une idée : tous des pourris… Bon, je vais un peu vite en besogne.
Heureusement l’auteur ne s’en tient pas qu’à la question de la violence, mais pose aussi des questions sur le colonialisme et les mouvements de libération des pays sous joug occidentaux.
Au fil des pages, sans surprise, la répétion de l’histoire est omniprésente, qu’elle soit petite ou grande. Wayne eSt un clone de son père, les fermiers Blancs ont sans cesse les mêmes guerres contre les nationalistes Noirs, les hommes meurent, les femmes se font violer et les village brûlés… Et le seul héritage reste la vengeance.
Bref, après une bonne révolution, les opprimés restent finalement les mêmes, écrasés par des plus riches et plus puissants… la seule évolution est que le pouvoir a changé de main. Donc rien de neuf sous le soleil… Mais cette histoire a le mérite de montrer l’Afrique rurale depuis le regard des Blancs, dont l’Histoire se souvient uniquement comme des monstres colonialistes.
Côté personnage je n’ai aucune empathie pour les uns comme pour les autres. La manière dont le narrateur, Wayne, présente les faits met une vraie distance avec l’émotion, malgré des descriptions parfois glauques.

Pas de happy-end, assez peu de morale dans ce récit… et comme c’est loin d’être une fiction, cette histoire m’a bouffée pendant un certain nombre d’heure, même après avoir refermé le bouquin.

Personnellement , ça n’est pas ma came mais d’autres lecteurs apprécieront peut être ce genre de roman historique au goût acide
Merci Denoël pour ce partenariat.

Le pays des hommes blessés d’Alexander Lester
Traduit de l’anglais par Vincent Raynaud
Édition Denoël & d’ailleurs – 496 pages
Paru le 14 septembre 2017

Et puis au passage, il me permet de faire le challenge ABC pour la lettre L

abclogoshadow

« Kirinyaga » de Mike Resnick

KirinyagaQuand un livre de science-fiction est présenté comme un chef d’œuvre équivalent à Demain les chiens de Clifford D. Simak ou aux Chroniques martiennes de Ray Bradbury, on est en droit d’être un peu dubitatif… mais curieux ! Je ne pouvais donc pas passer à côté de ce recueil de nouvelles ultra primé (prix Hugo, prix Locus…) lors du partenariat Denoël de juin.

Dans un futur pas si lointain, le Kenya est devenu un pays riche et très industrialisé. Si la population s’en réjoui globalement, certains comme le Koriba ne se sentent pas ici à leur place : avec le progrès et l’occidentalisation des mœurs, le Kenya à perdu son âme. Il part donc pour une planète terraformé accompagné d’autres membres de la tribu des Kikuyu, eux aussi à la recherche de retour aux essentiels. Ici ils vont construire leur monde utopique kikuyu !
Nommé comme leur montagne sacrée sur terre, Kirinyaga, cet astre artificiel est le sosie du Kenya d’avant l’arrivée des blancs.
Ici Koriba va devenir le gardien des traditions kikuyus, le « mundugumu« … Et il ne sera pas toujours simple pour lui de garder son peuple sur le chemin tracé par leur dieu Ngai.

Ce livre est assez simple et rapide à lire, mais est assez complexe et puissant quand on y réfléchit. Si la quête de Kiruba et des créateurs initiaux du monde de Kirinyaga est assez compréhensible et plaisante au début, on voit vite les limites de cette utopie : sans progrès, elle ne reste une utopie que pour une poignée d’habitants.
Les relations hommes et femmes, la santé, l’éducation… sont des domaines dans lesquels les individus ont toujours l’envie de s’améliorer, et c’est tant mieux ! Finalement est-ce que Kiruba avec ses bonnes intentions de figer la société kikuyu dans un instant idéal éternel, ne la conduit pas à sa perte ?

Si ce recueil est sorti en 1998, la première nouvelle, Kirinyaga, a été écrite en 1987 pour un recueil d’un autre auteur Orson Scott Card, Eutopia. Son concept était de présenter la vision de plusieurs mondes utopiques bâtis sur une planète.
Juste après a voir fini cette nouvelle, Mike Resnick a du s’apercevoir du potentiel de son univers, et a commencé à écrire les neuf autres nouvelles de la série, formant un tout cohérent avec un prologue et un épilogue ouvrant et refermant l’histoire. Techniquement et stylistiquement rien à redire, j’ai été emballé par le récit, son rythme, ses personnages…
Si je devais avoir une nouvelle favorite, ça serait je pense Toucher le ciel, l’histoire d’une petite fille kikuyu assoiffée de connaissance… mais malheureusement pour elle, dans la société traditionnelle seul les garçons peuvent un jour espérer apprendre quoique ce soit de leur mundugumu…

Dans cette édition, un second recueil de nouvelle plus petit, Kilimanjaro, reprend la même hypothèse de monde utopique, mais cette fois mis en place par des masaïs. Ils s’appuient sur l’échec de la tentative kikuyu pour réussir leur propre expérience de monde idéal. Dans cette partie j’ai découvert des clés pour mieux comprendre Kirinyaga et les sources du fiasco de cette utopie… un excellent catalyseur donc.

coup de coeurUne belle découverte, que je vais agrémenter d’un coup de cœur ! Je pense lire d’autres livre de cet auteur, car j’ai vraiment apprécié cette expérience. Un livre qui vous fait réfléchir sur la société actuelle, ses extrémismes, les solutions pour évoluer, les écueil à éviter… je ne peux que l’aimer et le conseiller !

Sinon cette lecture me permet de remplir la mission titre en un seul mot du Petit BAC 2015 🙂

Kirinyaga. Une utopie africaine de Mike Resnick
Editions Denoël – Collection Présence
Traduction : Olivier Deparis
1998 – 336 pages

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