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« Retour à Cold Mountain » de Charles Frazier (Etat de la Caroline du Nord)

Afin de continuer vaillamment le challenge « 50 états, 50 pays », je me suis lancée dans la lecture d’un livre que d’un premier abord, je n’aurai pas ouvert : Retour à Cold Mountain de Charles Frazier, dont a été tiré un film que je n’ai pas vu, mais qui ne m’attire pas plus que ça. Et bien j’aurai raté quelque chose en m’arrêtant à cela ! Ce roman n’est pas juste une histoire d’amour ou se mélange le drame de l’histoire, mais un vrai petit bijou de poésie et d’aventure !

Nous sommes en 1864 en Caroline du Nord. La guerre de Sécession qui oppose soldats Confédérés au sud à ceux de l’Union au nord dure depuis 4 ans et a tué bien des hommes des deux côté. Inman, soldat Confédéré originaire de la région de Cold Mountain a été gravement blessé lors d’un combat et se retrouve à l’hôpital, loin de chez lui…  en repensant aux tenants et aboutissant de cette guerre, il décide de déserter et de retourner à Cold Mountain, revoir ce pays qui est le sien, et la femme qu’il aime, Ada. Une longue route l’attend, un vrai voyage initiatique !
De son côté Ada est restée dans la maison de son père à Cold Mountain, pasteur récemment décédé. Il n’y a plus d’homme dans les villes et villages pour travailler. Ceux qui n’ont pas fui ont tous été envoyés au front, sans trop d’espoir de retour ! Elle va devoir apprendre à cultiver la terre, s’occuper des bêtes… si elle souhaite survivre à l’hiver. Et sa rencontre avec la jeune Ruby va bien l’aider !

Ce roman est comparé à l’Odyssée, et je dois avouer qu’on y pense immédiatement lorsqu’on lit les pérégrinations d’Inman, qui tente de revenir chez lui. Il va faire de nombreuses rencontres durant son voyage, bonnes et mauvaises. Tout cela va au fur et à mesure le réintégrer dans la société humaine (dans ce qu’elle a de meilleur et de pire), qu’il a presque oublié après 4 années de combats, de violence et d’horreur ! Ça sera à lui de choisir la conduite à tenir face à telle ou telle personne ou situation : continuer à avancer vers son objectif, ou s’arrêter… Tout s’enchaîne à partir de décisions prises plus ou moins longtemps avant, un peu comme un effet papillon…Cela est parfois assez ironique : le destin ne manque parfois pas d’humour !
Mais outre ce personnage masculin, il y a Ada qui n’est pas une simple Pénélope… Déjà ils ne vivent pas un amour fou, mais hésitant… Et la plus grande partie de son temps est désormais orientée vers la manière dont elle pourra survivre, maintenant qu’elle est seule. Il y a un contraste assez prononcé entre Ada et celle qui deviendra son amie, Ruby. Ada vient d’une famille de la petite bourgeoisie, son père était un pasteur, avait de l’argent, et a acheté une ferme pour son plaisir… et surtout l’a protégée comme une petite enfant de tous les problèmes de la vie. Mais aujourd’hui l’argent de son père ne vaut plus rien à cause de la guerre ! L’inflation est galopante dans les états du sud, et seul le troc va lui permettre de pouvoir manger. Ruby n’a jamais eu d’argent, et a été laissée à elle même par son père dès son plus jeune âge : elle a appris à chasser, cueillir, cultiver, troquer… et va aider Ada à grandir !
Je me suis assez attachée à ces personnages, qui sont profonds et intéressants dans leurs forces et leurs faiblesse…

L‘écriture en elle même a un rythme très lent et posé, ce qui me change des thriller ou romans de SF que je lis habituellement : on est dans un roman assez contemplatif, un hymne à la nature. Habituellement je me lasse vite de ce type de livre, mais là j’ai été transportée !
Le fond du récit m’a aussi beaucoup plu, et je l’interprète comme cela : la créativité et le bon sens priment sur l’éducation classique. Le savoir et l’art deviennent alors authentique… On a l’impression que ces habitants des tous jeunes Etats-Unis larguent peu à peu les amarres de la culture européenne (et surtout Ada qui a été élevée dans ce sens, avec les règles de bienséance et tout) pour créer leur propres repères et valeur : ont voit émerger une culture américaine !

La guerre et son côté inhumain m’ont rappelé Johnny s’en va-t-en guerre, et la grande question : pourquoi un homme doit il quitter sa terre et les siens pour se battre pour des généraux et des politiciens ?
Surtout que la guerre de Sécession parait être une introduction aux futures grandes guerres du 20ème siècle à lire ce roman, dans ce qu’elle ont eu d’horrible : premiers obus, armes à feu, vagues d’hommes utilisés comme pure chair à canon, guerres de tranchées… Les descriptions des grands combats narrés par Inman ou d’autres soldats rivalisent d’horreur ! Et ça n’est rien face aux déserteurs fusillés par les soldats de leurs propres camps, pour l’exemple, ou le plaisir…

Un roman que j’ai beaucoup aimé, et que je conseille donc, l’alternance chapitre après chapitre de l’histoire d’Inman et d’Ada est un vrai plaisir, et vous fera surement autant voyager que moi !

 

Je n’aurais jamais pu soupçonner que la Caroline du nord contenait tant de beauté, comme décrites dans ce roman ! Si certaines régions semblent grises et austères à Inman, les montagnes de cet état semblent fantastiques ! J’ai bien fait de commencer ce roman en revenant de mes vacances dans le Vercors, qui m’ont donné des images de paysages un peu plus vallonnés que la région parisienne… Bref, de quoi nourrir mon imaginaire 🙂

La Caroline du Nord est donc une région entre l’Océan Atlantique et les Appalache, cette grande chaîne de montagne à l’Est des USA, qui forme sa frontière à l’ouest avec le Tennessee.
Cold Mountain qui culmine à 1800m environs, est située dans la partie orientale des Appalaches, les Blue Ridge Mountain, et plus particulièrement les Great Balsam Mountain… Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ça n’est pas le point le plus haut de l’état, qui est le Mont Mitchell avec ses 2037m !
Plus bas, au pied de ces montagnes, les collines du Piedmont américain où est cultivé le coton, le soja, le melon et le tabac. L’industrie du tabac est assez importante aujourd’hui encore dans l’économie de la région.

Contrairement à ce que je croyais, cet état ne doit pas son nom à une jeune femme, reine ou princesse, mais au roi Charles Ier d’Angleterre… Et son histoire remonte presque aux origines de la colonisation du territoire américain : la Caroline est la seconde colonie britannique, bien que découverte par les Espagnols en 1512. La région va changer de main lorsque la reine Elisabeth Ière concède ce morceau de terre à Walter Raleigh, explorateur et courtisan anglais. Mais il échouera dans sa tâche d’établir une colonie durable dans cette région.
A noter qu’on doit à Raleigh le nom de la capitale de la Caroline du Nord et l’introduction du tabac en Angleterre… Et oui, il n’a pas fait que des bonne choses :s
Bref, les amérindiens ont pu pendant quelques années encore vivre tranquillement sur leurs terres (même si les Cherokee ont du prendre la route de la piste des larmes vers les années 1830)… Mais en 1663 le roi Charles II d’Angleterre envoi plusieurs émissaires hauts placés peupler et civiliser ces régions, avec l’aide d’esclaves. Ainsi, la Caroline devient une région où la culture du tabac permet l’essor de grandes plantations… et peut-être les précipiter plus facilement dans la guerre de Sécession de par leur dépendance à l’esclavagisme.
En 1729 la Caroline est divisée en deux : Caroline du Nord, et Caroline du Sud. A partir de cette période, une forte immigration écossaise va permettre de peupler les riches terres de Caroline du Nord.
En 1775, la Caroline du Nord est la 13ème des Treize colonies a se révolter contre l’Empire Britannique, et a rentrer dans la guerre d’Indépendance !
Pendant la guerre de Sécession, la Caroline du Nord est du côté des états Confédérés, à partir de 1861. Et à lire ce roman, on se dit qu’elle a payé un très lourd tribu en hommes pour cette guerre…

Aujourd’hui la ville la plus grande avec plus de 750 000 habitants est Charlotte, belle proportion de ses 9,5 millions d’habitant qui font de cet état le 10ème état des USA.

Bref, un état tentant du point de vu touristique, si ses montagnes sont à la hauteur du roman de Frazier !

 

« La vie secrète de E. Robert Pendleton » de Michael Collins (Etat de l’Indiana)

Après une très courte pause, me revoilà à l’assaut des USA avec le challenge « 50 états, 50 billets«  ! Cette fois nous partons en Indiana, avec le roman policier de Michael Collins paru en  2006, La vie secrète de E. Robert Pendleton. Tout un programme 🙂

Au milieu des années 1980, E. Robert Pendleton est enseignant de lettres dans une université de l’Indiana. Il se considère comme un écrivain raté, contrairement à son ancien camarade de fac, devenu son rival, qui débarque pour une conférence dans l’université où il travaille afin de parler de son best-seller.
Ne supportant plus la comparaison avec lui, et pour en finir avec le harcèlement de ses pairs et sa solitude, il décide de se suicider. Mais c’était sans compter sur la jeune doctorante Adi qui le retrouve avant qu’il trépasse. Sérieusement handicapé, Robert est devenu une sorte de légume… C’est alors qu’Adi découvre dans sa cave un livre qu’il n’a jamais diffusé, Le Cri. Un vrai chef d’oeuvre littéraire quasi autobiographique… si ce n’est cette scène de meurtre d’une jeune fille de 13 ans, qui ressemble étrangement à une affaire non élucidé s’étant déroulé à la période où il l’a écrit…
Robert a t-il vraiment tué cette jeune fille, ou s’est-il inspiré de ce crime pour écrire son roman ? D’autres personnes se poseront-elles la même question à la lecture de ce livre ?

C’est une enquête assez intéressante devant laquelle on se retrouve, qui pose des questions sur l’art et l’écriture : où se situe la limite entre la fiction et la réalité. Au fur et à mesure des interprétations du roman de Pendleton, les experts littéraires y voient un récit génial, quasi-nietzschéen qui nie l’existence de Dieu… puis les policiers y trouvent les indices d’un meurtre, où la superbe fiction devient une autobiographie. Toute l’analyse artistique devient de plus en plus fumeuse, que ce soit du côté des universitaires, des critiques littéraire, ou du péquin moyen : l’auteur semble vouloir nous démontrer que ce domaine est une grande branlette intellectuelle ! Bref, j’ai eu l’impression d’être devant une critique du monde universitaire et littéraire, qui ont le « grand » pouvoir d’attribuer des prix, sortes de bons-points pour les grands…

Enfin si le concept est intéressant, je n’ai pas pris plus de plaisir que ça à le lire : le style est mou et rebutant ! Je ne sais pas de quoi ça vient, mais il y a un truc qui m’a gêné… Dans le rythme peut être, ou le découpage… De plus si je me suis questionnée au début du roman, j’ai rapidement découvert le coupable, vers le milieu du livre… Il suffit de faire attention aux recoupements et indices.
Pour ne rien arranger les personnages sont antipathiques… Enfin ça n’est peut être pas un mal 😀 Ils ont tous un truc à se reprocher, un trait de caractère ou des actions passées qui en font des personnages auxquels j’ai eu du mal à m’identifier.

Bref, ça n’est pas un grand roman policierPas désagréable à lire objectivement, mais vraiment pas un livre que je conseillerais spontanément !

Pas évident de trouve un roman se passant dans l‘Indiana… Et pourtant cet état du Midwest n’a rien qui pourrait faire peur à un écrivain je pense ! Preuve en est, un des musicien les plus connu de ces 50 dernières années est né là bas : Michael Jackson (et ses frères) 😉

Mais bien avant ces illustres habitants, cet état était peuplé d’Amérindiens (Potawatomis, Shawnees, Iroquois, Huran, Delaware, Mohican, …), comme son nom nous le rappelle : Indiana, terre des Indiens. C’est au 17ème siècle que les Français vont explorer la région, en passant par le Canada et le Saint-Laurent. Les Canadiens y fondent « Le pays de l’Ohio« , qui fait la jonction entre le Canada et la Louisiane Française. Les Britanniques en 1763, au terme de la Guerre de Sept ans, récupèrent ce territoire, mais le cède la même année aux États-Unis. L’Indiana et l’Ohio sont alors encore réunis, en il faudra attendre 1816 pour que l’Indiana devienne un état des USA à part entière.

Indianapolis est la capitale de l’état depuis 1825, choisie non pas pour son importance mais sa position centrale… Aujourd’hui c’est la première ville de l’Indiana, avec 1,7 millions d’habitants dans son agglomération, ce qui correspond à un joli pourcentage sur les 6,5 millions d’habitants de l’état.
Historiquement, l’état à été peuplé par des Anglais, des Allemand, des Irlandais… Ces habitants sont appelés les « Hoosiers » (1830), terme qui devient peu à peu péjoratif. Le Hoosier devient un synonyme de « bouseux », ou « redneck »… à moins qu’il puise finalement son origine dans cette dénomination ?
Quoiqu’il en soit, ce terme officiellement adopté par l’Indiana fait penser à un état agricole, ce qui est assez vrai : situé au sud des Grands Lacs, la terre est très riche en limon et un climat subtropical humide permet de faire pousser du soja, du maïs, du blé, mais aussi des fruits et légumes, et des fleurs…
Le gros de l’économie de l’état ne provient pourtant pas de l’agriculture, mais de l‘industrie : l’acier, les produits pharmaceutiques, automobiles… C’est un état industrialisé, assez urbain. Bref, peu de chemins de randonnées au milieu de la nature sauvage susceptibles de m’intéresser 😉

« Le facteur » de David Brin (Etat de l’Oregon)

Pour poursuivre ma découverte des USA avec le challenge « 50 états, 50 billets », je me suis dégottée ce roman de SF qui par chance, se déroule en Oregon ! Écrit en 1985 par David Brin, c’est à l’origine deux nouvelles parues dans un magazine de SF en 1982 et 1984, qui ont ensuite donné naissance à ce roman.
Au risque d’en décevoir certain à la vue de cette magnifique illustration de première de couverture, il n’y a pas d’extra-terrestre en peignoir bariolé dans ce récit. Encore une couverture de type « collection SF » des 80’s qui n’a rien a voir avec l’histoire… Je me demande l’image que les éditeurs avaient des lecteurs de ce type de littérature pour leur coller des gonzesses à moitié à poil ou des E.T. à tout bout de champs 😉

Dans les Etats-Unis post-apocalyptiques, Gordon Krantz lutte pour sa survie. Le monde est devenu dur, entre les rivalités des chefs de clans, les maladies, la faim, les radiations atomiques… Depuis 16 ans, il traverse le continent dans l’espoir de retrouver une bride de civilisation. Un beau jour en Oregon, il découvre un uniforme de facteur américain, l’enfile, et se sert de son nouveau statut pour gagner gîte et couvert auprès des campements et petits villages de survivants.
A son insu, et au fil des mensonges et histoires qu’il en vient à inventer pour asseoir sa position, il devient lui même un pourvoyeur d’espoir au travers des lettres qu’il accepte de distribuer ville après ville… Situation qui va l’entraîner dans une lutte pour la survie des habitants de ces territoires faces aux barbares survivalistes.

Première constations dès les premières lignes : on à l’impression d’être dans l’univers de La Route, mais en moins glauque. En 1995, une série d’événements a mené à la quasi disparition de l’humanité : guerre bactériologique, famines, bombardements atomiques, 3 années d’hiver… 16 ans après le grand chambardement, l’humanité essaye de s’organiser et de survivre. Différentes stratégies ont vue le jour : le survivalisme égoïste et sanglant, appelés les « holnistes » (en hommage à leur leader spirituel), qui a vu une bonne partie de sa population s’entre tuer pour la prise de bunker et réserves d’armes et de nourriture ; le néo-féodalisme, ville sous l’emprise de seigneurs, organisé par une classe dirigeante toute puissante ; les collectivités où l’entre-aide est reine mais au sein de très petits groupes ; la création de pseudo-religions dirigeant dans l’ombre la population… Partout la paranoïa guide les pas de chacun, que ce soit la peur d’être attaqué, celle des maladies contagieuses… brisant les lignes de communication et les échanges inter tribaux, et aggravant encore plus les problèmes de chacun !

L’un des intérêt de ce récit, c’est de voir comment le regard des gens que Gordon croisent a changé à partir du moment où il a trouvé son uniforme de facteur ! Les plus anciens, ceux qui sont né et ont vécu avant l’apocalypse, reconnaissent la figure familière du postier qui leur rappelle les temps anciens où la vie était douce… les plus jeunes le voient comme un être mythique, l’équivalent d’un demi-dieu venu leur porter la bonne parole ! Pour tous il devient le messager de l’espoir, le symbole des Etats-Unis disparus.
Mais cela lui pose bien des problèmes, les mêmes évoqués dans Johnny s’en va-t-en guerre : pourquoi se battre pour de grandes idées, comme la liberté, une notion d’état… quand se sont des individus bien vivants qui doivent se sacrifier pour celles-ci ? Ceux-ci sont prêt à combattre pour des choses immédiates et palpables : de la nourriture, leurs femmes et enfants, des médicaments, des terres… les biens qui leur permettent de survivre. Dans ce roman, notre héros et les personnages croisés dans l’histoire apportent chacun leur élément de réponse à cette question.

Autre truc amusant, c’est de s’apercevoir que le survivalisme ne date pas d’aujourd’hui, bien qu’on nous en rebatte bien les oreilles à l’approche de décembre 2012 ! Dans les années 80, certaines personnes pensaient déjà que les systèmes sociaux s’effondreraient, et construisaient des bunker, caches a armes et nourriture… en prévision de l’apocalypse. Les stages de survies, magazines spécialisés… faisaient aussi déjà recette ! 😀 Loin d’être un modèle, pour l’auteur les survivalistes sont l’incarnation de l’homme brutal et violent, ne pensant qu’à sa propre survie, et non celle du groupe.
Autre problématique venue des années 80 mais qui est extrêmement moderne :  le féminisme, qui est finalement au cœur du livre. Pour David Brin, la femme en tant que citoyenne a autant de devoir qu’un homme, et doit en assumer la responsabilité. Bel exemple d’émancipation et d’égalité des sexes, dans une société où la femme est un support et complément de l’hommeconduisant alors l’humanité à sa perte ! (Hein, les Tunisiens ?!)

Un très bon roman de SF dont on apprend beaucoup, et qui en plus nous questionne sur beaucoup de chose… J’ai passé un bon moment de lecture : je ne peux donc que le conseiller ! 😀

La découverte de l’Oregon, à l’Ouest des USA, sur la côté Pacifique, est assez tardive.
C’est lors de son troisième et dernier voyage que James Cook découvre cette région déjà habitée par des Amérindiens, en 1778… Alors qu’il est à la recherche d’un passage maritime entre l’Océan Pacifique et Atlantique. L’histoire voudra que l’année suivante celui-ci découvre Hawaï, et y trouve la mort.
En 1792 deux explorateurs sont en concurrence pour annexer l’Oregon : le Britannique George Vancouver et l’Américain Robert Gray. Du fait de sa position au Nord-Ouest du continent américain, pas très loin du Canada, la région aiguise l’appétit des deux pays…
Après la vente de la Louisiane Française aux USA, les expéditions en Oregon sont facilitées pour les Etats-Unis : Lewis et Clark sont envoyés en 1803 dans l’Ouest pour découvrir l’Oregon, à bord de canots, sur la rivière Columbia… Mais le temps de traverser les Etats-Unis depuis leur Pennsylvanie, point de départ de l’expédition, on est déjà en 1805 quand ils atteignent le Pacifique ! En 1811, les premiers camps de trappeurs voient le jour. Durant la décennie 1840-50, une piste est construite pour rattacher l’Oregon au reste des Etats-Unis, et sa frontière avec la Colombie-Britannique au Nord est tracée… La région est prête à recevoir ses premiers migrants, processus accéléré en 1859 avec son statut d’état, et en 1880 avec l’arrivée du chemin de fer ! A partir de cette époque, les missionnaires vont vouloir « civiliser » les Amérindiens, en les évangélisant, avec plus ou moins de difficultés.

L’Oregon est un état tout en relief, où l’altitude moyenne est de 1000m. D’Est en Ouest, c’est une succession de chaines de montagnes et de vallées qui constituent sa géographie : chaine côtière de moyenne altitude, vallée de Willamette (qui doit son nom à sa rivière éponyme), chaîne des Cascades très haute, et a l’Est l’outback désertique… Que des noms qui nous rappellent le voyage du personnage du roman cité ci-dessus !
Historiquement, ce relief si particulier, l’Oregon le doit à une activité tellurique importante, comme les anciens volcans sur la chaine des Cascades le laisse entre-apercevoir, comme le sublime Crater Lake qui est en fait une caldeira innondée. Ses vallées, comme dans le Montana, ont été marquée par les inondations de la rivière Columbia, dont celle provoquée par la fonte des barrages de glace des super-lacs au nord de la région il y a 15 000 ans.

De part de ces différents terrains et des nombreux climats sur ce grand territoire, l‘agriculture est assez performante : la vallée de Willamette est très fertile, et les habitants l’ont bien compris en installant les villes les plus grandes dans ce secteur : Portland,  Salem (la capitale de l’état), Eugene, Corvallis… ! L’Oregon est par exemple le plus grand producteur de noisettes des USA. On y cultive aussi du raisin pour faire du vin (cépages d’Alsace et de Bourgogne), des cranberries… et on y élève des bovins, des mouton, de la volaille… et des saumons.
Il y a aussi beaucoup de forêts en Oregon, et pas seulement celle de sequoia géant comme on en voit aussi dans les états de Washington ou de Californie ! De ce fait, l’industrie du bois est assez développée .
Mais depuis les années 1970, c’est l’industrie et les hautes technologies qui donne son dynamisme économique à l’Oregon… et surtout la Silicon Forest, pendant sylvestre de la Silicon Valley, où les entreprises informatiques fleurissent : Google, Intel, Amazon…

Bref un état où il a l’air de faire bon vivre, entre les espaces naturel et la civilisation 🙂

« Les croassements de la nuit » de Douglas Preston & Lincoln Child (Etat du Kansas)

Pour traiter du Kansas pour le challenge « 50 états, 50 billets », il a fallu que je me creuse un peu la cervelle… A la base à part Le magicien d’Oz, je n’avais pas grand chose à me mettre sous la dent. Mais fort heureusement en cherchant un peu, je suis tombée sur ce thriller dont je n’avais jamais entendu parler : Les croassements de la nuit de Douglas Preston & Lincoln Child, qui s’avère être le 4ème tome de la saga des enquêtes de l’inspecteur Pendergast… héros de la série que j’ai appris à connaître, et à apprécier 😀

Nous somme en 2003, à Medecine Creek,  petit village perdu au milieu des champs de maïs du Kansas… Un meurtre pour le moins étrange a été perpétré, dans cette bourgade où tout le monde se connait et ou il ne se passe jamais rien : une femme est retrouvée complètement mutilée et dépecée, au milieu d’un champ de maïs. La mise en scène, composée de corbeaux morts et de flèches indiennes anciennes, fait ressurgir les vieilles peurs ancrées dans l’inconscient collectif du village : la malédiction des Quarante-Cinq, un groupe de bandits assassinés par des Cheyennes à la fin du 19ème siècle et qui hanteraient encore les terres de Medecine Creek. Il n’en faut pas plus pour faire sombrer dans l’angoisse les habitants du village !
Le sheriff Hazen et son assistant, chargés de l’enquête, se demandent à qui il ont a faire, entre mythe et paranormal, œuvre d’un fou furieux, ou un coup monté. Pour l‘inspecteur Pendergast, agent du FBI qui passe ses vacances dans le coin, les choses sont claires : ils ont en face d’eux un serial killer, originaire du village

Une fois de plus une excellente surprise grâce à ce challenge : j’ai été happée par l’histoire, et je l’ai vraiment dévoré… surtout sur la fin où la tension monte crescendo !
On a un bon mélange de thriller, roman policier, et aussi d’horreur ! Si les scènes de crimes sont vraiment gores et totalement surréalistes, la course poursuite pour retrouver le tueur est digne d’un très bon film d’épouvante… Une sorte de mélange du film The Descent, du mythe de la caverne de Platon au milieu de La Tempête de Shakespeare. J’arrête là les comparaisons, car les auteurs empruntent énormément aux classiques du genre, tout en le renouvelant de manière très intéressante… Même si on devine un peu la fin si on est habitué aux roman du genre, il n’en reste pas moins un thriller haletant !

Si l’écriture rend le roman palpitant, son intérêt réside aussi dans son héros, l’inspecteur Pendergast, qui est un peu un OVNI au milieu de ce village du Middwest profond : habillé d’un costume de tailleur, de chaussures sur mesure, habillé en noir par 40°C, le teint très pâle et les cheveux très blond, grand et maigre… il a un physique qui se remarque. Et son caractère est tout aussi « spécial » ! Très courtois et poli, esthète, très intelligent, obstiné… il est en plus un combattant courageux ! Son aura mystérieuse donne envie de le découvrir, de savoir pourquoi cet agent du FBI de New-York vient passer ses vacances à traquer des criminel à la campagne… Un personnage comme j’aime !
Son acolyte féminine dans cet épisode, pour une fois, m’a beaucoup plu… En général dans ce genre de livre, il s’agit de bombes athlétiques qui s’amourachent du héros… Et bien là pas du tout : une ado paumée de Medecine Creek qui ne rêve que de partir de cette ville, au look gothico-punk et aux cheveux mauves, qui écoute du Nine Inch Nail en conduisant une vieille bagnole et à des idées trop libertaire pour l’inertie générale de la ville. On dirait moi au même âge 😀

Un roman que je conseille, et même si ça n’est pas le premier volume de la saga, on comprend très bien l’histoire puisque le seul fil rouge est Pendergast. Bien entendu, je vais me jeter sur les débuts de la série : Relic, dont a été tire le célèbre film !

 

Entre mes rêves, le livre, et mes recherches sur le Kansas, pour une fois, les images coïncident… Le royaume de l’agriculture et des champs de maïs à perte de vue !
Grâce à sa position en plein milieu des Etats-Unis, dont le centre géographique se situe près de Lebanon, le Kansas a un climat continental tout à fait adapté à différentes cultures : le blé (1ers producteurs des USA), le maïs, le soja, le tournesol, les plantes à fourrages… Et bien entendu les élevages sont aussi importants, dont celle des bovins qui est le premier en matière de rendement dans ce secteur. Avec tout cela, le Kansas se situe en 3ème position dans l’économie agricole américaine !
Mais depuis quelques années, l’agriculture n’est plus la principale source de revenue de l’état : l’industrie aéronautique,  le pétrole et le gaz ont pris sa place. Malgré cela, le Kansas n’est pas un état très riche, le 31ème sur 50…

Des étés très chauds, comme on le voit dans le roman, cela sous entend aussi de violents orages… et aussi des tornades. Le Kansas se trouve sur la fameuse Tornado Alley et est traversé par une 50aine de celles-ci chaque année. C’est après le Texas la région qui déclare le plus de tornades !

Et du vent, il doit aussi son nom ! « Kansa » en sioux signifie « peuple du vent du sud« … tout un programme 😉
A l’origine le Kansas faisait parti de la Louisiane française, et a été vendu aux jeunes Etats-Unis en 1803, qui le rattache d’abord au territoire du Missouri. Malgré sa séparation avec la France, les colons français continueront à s’installer dans la région au milieu du 19ème siècle, suivis par les allemands, anglais, irlandais… En 1854, le Kansas est séparé du Missouri, mais aussi du Nebraska auquel il était rattaché. Arbitrairement, c’est le 40ème parallèle nord qui sépare aujourd’hui le Kansas du Nebraska.
Pendant la guerre de Sécession, cette région a été au cœur des conflits pro contre anti-esclavagistes, qui se sont souvent résolu de manière sanglante. En plein milieu des USA du Nord et du Sud, divisés sur la question, le Kansas devient le théâtre de tous les combats en ce nom.
En 1861 le Kansas devient le 34ème état des USA… Et en 1881 le premier à prohiber la vente et consommation d’alcool, afin de tempérer la violence des cow-boys !

Sur ses 2,8 millions d’habitants, un peu moins de 40% vivent en zone rurale : l’exode rural, des campagnes vers les grandes villes de l’état, se fait ressentir ici comme ailleurs. Plus de 600 000 personnes vivent dans le plus grand pôle urbain, la métropole de Wichita. La capitale Topeka est un peu moins habitée, avec ses 226 000 citoyens.

Un état que j’aimerai visiter pour ses espaces ruraux et sauvages 😉

 

« Johnny s’en va-t-en guerre » de Dalton Trumbo (Etat du Colorado)

Lecture coup de poing et coup de coeur : Johnny s’en va-t-en guerre de Dalton Trumbo est une histoire que j’avais très envie de découvrir depuis quelques mois, sous la forme du livre ou du film qui en est tiré… Inclinaison personnelle oblige, j’ai préféré m’attaquer d’abord le livre, avant d’essayer de le trouver peut être en DVD, ou autre.

Mais pourquoi cette volonté de le lire, me demanderez-vous ? C’est parfois difficile de retracer ce qui vous ammène à une lecture… Mais cette fois je sais parfaitement comment ça c’est passé.
Comme certain le savent, j’aime beaucoup le métal. En faisant un petit tour des clips sur Youtube, alors que je lisais Fargo Rock City, un titre m’a interpellé : One de Metallica, le clip original de 1988 sorti sur l’album And justice for all. Je connaissais la version studio, mais ce clip m’a fait l’effet d’une gifle, en samplant la musique géniale de Metallica à des extraits d’un film que je ne connaissais pas : Johnny got his gun. Les paroles de la chanson prennent alors une dimension autres, la vidéo étant ponctuée par les images noir et blanc montrant Joe sur sont lit, des images de guerre… avec les dialogues du film, comme sortis d’outre-tombe…  J’en ai les poils qui se hérissent sur tout le corps rien que d’y repenser !
Je me suis donc dit que si j’aimais tant son traitement dans le clip, je risquais aussi d’apprécier le livre. Et en cherchant bien, j’ai aussi découvert qu’une partie de l’histoire se passe au Colorado, état qui je n’avais pas encore traité pour le challenge « 50 états, 50 billets ».

C’est donc avec beaucoup d’appréhension que je voulais me lancer dans cette lecture. Il y a des livres comme ça qu’on attend, et qu’on ouvre un jour avec un recueillement quasi religieux… en espérant ne pas être déçu par la barre qu’on a mise si haute de l’avoir tant fantasmé.

Johnny s’en va-t-en guerre raconte histoire de Joe Bonham, soldat américain envoyé au Front durant la Première Guerre Mondiale. Il se réveille dans un lit d’hopital, et au fur et a mesure de sa sortie de l’inconscience, il réalise avec horreur qu’il est non seulement blessé, mais aussi amputé des 4 membres, sourd, aveugle, muet, sous respirateur artificiel… Et surtout seul au monde, coupé du reste de l’humanité. Il se remémore sa jeunesse, les instants avant son départ pour la Grande Guerre, et se pose des questions sur le sens à donner à tout ça… et surtout comment essayer de redevenir un être humain.

Son auteur, Donal Trumbo, est un pacifiste reconnu, un des « Dix d’Hollywood » dans les années 40-50 qui n’a pas voulu se soumettre au pouvoir durant la fameuse période de la « chasse aux sorcières » de McCarthy aux USA. Il faisait figure de traître gauchiste, et fut incarcéré pour avoir refusé de témoigner devant une commission du Congrès des activités anti-américaines, à une époque où les citoyens se vendaient les uns les autres par peur d’être accusés d’être communistes. Il est aussi connu pour être le scénariste de films, comme Spartacus de Kubrick, après son exil. Il va porter à l’écran lui-même son roman Johnny s’en va-t-en guerre en 1971.
Ce récit a été écrit en 1938 et est paru en 1939, à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale. Mais c’est pendant la guerre du Viet-Nam qu’il va connaitre un second souffle, le texte ayant été lu à plusieurs regroupement pour la paix. C’est comme cela que l’auteur de la préface de l’édition française, Ron Kovic, va découvrir ce roman. Si son nom vous est inconnu, je pense que comme moi vous le connaissez déjà, ce Ron Kovic : c’est le héros et auteur du film et roman Né un 4 juillet : Johnny s’en va-t-en guerre a changé sa vie, et lui a donné la force de s’engager dans l’activisme politique après des années d’errance.
Si après ça on doute encore d’être face à un grand livre

La Première Guerre Mondiale, ça parait très très loin, mais grêce à cette histoire on se rend compte de ce qu’était cette époque : l’aube du millénaire, où les gens nourissaient plein d’espoirs sur les technologies comme l’aviation pour apporter la paix… Mais en même temps c’est le temps de la dernière guerre où on partait la fleur au fusil, une « guerre romantique » comme dit Trumbo… mais qui avec le recul s’avère la guerre la plus atroce jamais menée.

Ce qui est agréable et assez surprenant, c’est la manière dont est écrit le livre : l’unique narrateur est Johnny, nous n’avons que son point de vue… il raconte son histoire et ses pensées avec des mots simples (c’est un gars « normal », un ouvrier californien). Le rythme des phrases, le découpage des chapitres, est très moderne… Il permet de s’identifier à Joe, de comprendre sa frustration, sa colère, sa tristesse, son incompréhension, mais aussi sa volonté de faire quelques chose de ce qu’il lui reste de vie, de ne pas s’apitoyer sur lui même ! Tout cela en fait un livre assez dur quand on y réflechi, mais pas du tout glauque ou trash… on relève même des pointe d’humour par moment !

Cette histoire me fait forcément penser à La chenille de Suehiro Maruo, manga extrait du roman de Ranpo… paru 10 ans avant le roman de Trumbo : on y traite des mêmes problématiques, arrivées à des milliers de kilomètres des USA. Mais outre le rapport aux gueules-cassées, la ressemblance s’arrête là tant leur traitement est différent.
Dans La chenille on est dans « l’eroguro » pur et dur, sexuel, violent, chaotique, surréaliste et grotesque (dans le sens grand guignolesque du terme, attention), et surtout vécu en couple et par de là bien par un homme bien vivant… Le rapport aux sens et au sensuel est bien différent dans ce roman où  Joe est seul, entre deux mondes, dans les limbes de sa pensée. Le discours est plus intérieur, plus solitaire : son sort est véritable annihilation de l’être humain, comme une déchirure, provoqué par une guerre qui a balayé tout ce qu’a été Joe, tout ce qu’il est et pourrait être.

Comme vous l’avez compris, je suis emballée par ce livre… au point où je pense qu’on devrait le faire lire à l’école ! Ça serait utile pour le sens de la critique sociale des futures générations ! Même si une oeuvre à la portée de celle-ci devrait faire serrer les fesses de tous nos dirigeants, tant la critique de Johnny envers le pouvoir est dur et plutôt bien vu…
Par exemple, sa réflexion sur l’intêret d’aller se battre pour des principes et des idées (liberté, démocratie…) mal définies, sur les gouvernements qui en envoient leurs citoyens à la mort en ce nom alors qu’eux même ne mettent pas leurs propres vies en jeu, et quand bien même, qu’en étant mort ces principes ne permettront pas à d’autres de les faire fructifier… Il remet en cause l’absence de contrat social et idéologique entre les ceux qui partent se battre et ceux qui veulent qu’ils se battent : quel intérêt, pour qui, à quel prix ? Il dénonce le mensonge  de la mort « noble », qui de toute façon ne l’est pas, car quand on est mort on n’est plus rien… Même si aujourd’hui ce discours n’a rien de provoquant, ça fait toujours du bien de l’entendre, et de le dire (surtout quand on voit les guerres « de principes » qui ont encore et toujours lieu) !

Un coup de coeur donc : c’est le genre de livre que j’aimerai distribuer dans le métro, dans la rue… tant il est bien écrit et que son message est important. Mais plutôt que de dévaliser les librairies, je vais me contenter de le prêter autour de moi !

Comme beaucoup d’état, le Colorado a initialement fait parti de la Louisiane française, du moins sa partie orientale… L’occident appartenant alors à la Nouvelle-Espagne, à qui il doit son nom d’origine hispanique signifiant « de couleur rouge », du fait de la couleur de la Rivière Colorado. Il faudra attendre 1803 pour que la partie française soit vendu aux Etats-Unis. Après l’indépendance du Mexique, le Colorado appartient a ce nouvel état. Le Colorado fera parti de Etats-Unis qu’en 1848 après le traité de Guadalupe Hidalgo qui fait céder au Mexique ses territoire du nord au profit des USA. Il faudra tout de même attendre 1876 pour que le Colorado devienne le 38ème état des Etats-Unis.
Avant et pendant les période de colonisation des Européens, les Amérindiens vivaient nombreux sur ce territoire : Apaches, Cheyennes, Shoshones… mais furent chassés les uns après les autres, et il reste très peu de descendants de ceux-ci aujourd’hui.

Le Colorado doit son expansion démographique en premier lieu au commerce des fourrures, mais aussi et surtout à la ruée vers l’or et l’argent à partir de la moitié du 19ème siècle… C’est ainsi que Denver c’est agrandi et est devenu la capitale de l’état. Aujourd’hui encore, la moitié de ses 5 millions d’habitants vit à Denver et dans son agglomération.

Etat de montagnes, haut plateaux, terres arides… le Colorado est l’état le plus haut des USA : son point le plus bas est situé à 1000 mètres d’altitudes ! En plein sur le sud des Montagnes Rocheuses, il possède plusieurs 10aines de pics et monts, dont le plus haut de la chaîne, le Mont Elbert qui culmine à 4401 mètres. Une manne pour le tourisme et les stations de ski en hiver !
C’est donc un paysage rêvé pour les amoureux des grands espaces sauvages et les parcs naturels : Mesa Verde, Black Canyon, Dinosaur Monument (riche en fossiles),  Great Sand Dunes, Rocky Mountain… qui jouissent de climats très différent, et ont donc des physionomies très différentes climat sec ou aride, humide, où passent des tornades (le Colorado est en parti situé sur la Tornado Alley) ou des orages violents…
Mais ces espaces sont aussi problématiques, comme on l’a vu en juin avec le grand incendie qui a ravagé des 10aines de milliers d’hectares de végétations, mais aussi d’habitations !

Mais le Colorado n’est pas composé que d’espaces naturels : l’agriculture et l’élevage sont les secteurs clés de l’état, ainsi que les mines d’or, d’argent, et d’uranium. Les secteurs secondaires et tertiaires ne sont pas en reste : administrations, armée, énergies, produits agro-alimentaires… Un des 3 états leader pour mettre en place une entreprise, bien placé dans la richesse moyenne des habitants
La population, composée de descendant de Mexicains, Espagnols, Allemands, Anglais… mais aussi d’Afro-Américains, est une de celle en plus bonne santé aux USA ! C’est au Colorado qu’est la plus basse proportion d’obèses aux USA… Un pays de sportifs, proches de leurs grands espaces ? A moins que cela vienne de leur cuisine du Sud Ouest et des Rocky Mountains : des ingrédients locaux comme le boeuf et le bison, des viandes saisies, des légumes, ainsi que des inspirations mexicaines avec les épices, le maïs…

Un état que j’aimerai beaucoup visiter, pour ses grands parc et sa cuisine… Même si la récente fusillade d’Aurora durant la projection du dernier film de la série des Dark Knight à valu la vie de 58 personnes, et rend un peu moins sympathique la région…
Un jour peut être ?

« Un dernier verre avant la guerre » de Dennis Lehane (Etat du Massachusetts)

Une fois de plus, une jolie découverte grâce au challenge « 50 états, 50 billet » : pour traiter du Massachusetts, je me suis attaquée à la saga de thriller « Kenzie et Gennaro » de Dennis Lehane en lisant leur premier volet de la série Un dernier verre avant la guerre, paru en 1994.
J’ai été tentée par ce roman noir car j’avais adoré le film Gone, baby gone, de Ben Affleck, qui est en fait une adaptation du 4ème épisode de cette série ! Et je n’ai pas été déçue 🙂

Nous somme dans les banlieues sud de Boston, au début des années 1990. Patrick Kenzie et Angela Gennaro, amis depuis l’enfance, ont fondé leur cabinet de détectives privés, et les choses roulent plutôt pas mal pour eux. Ils se voient proposer un contrat assez simple par deux politiciens : retrouver la femme de ménage de l’un d’eux, qui a disparu en emportant des documents officiels très importants… Juste la retrouver.
Mais les évènements vont se précipiter : ils vont vite s’apercevoir que cette femme de ménage Noire, Joanna, n’est pas une simple voleuse, et que les document en sa possession pourraient faire tomber bien des têtes hautes placées. Et pour ne rien arranger, ils vont aussi s’apercevoir qu’ils ont mis les pieds au plein milieu d’une lutte  entre des gangs rivaux

Un thriller assez dur, qui oscille entre violence ordinaire et combats urbain : femmes battues, racisme ordinaire, enfants maltraités… jusqu’à l’apogée où chacun veut faire sa lois et que les querelles finissent en véritable bataille de rues. Il y a donc beaucoup de baston, de coup de flingue, de morts et de blessés… mais aussi un certain sens de l’humour, mais on rit jaune.
La plume de l’auteur, cinglante, précise, prend de l’ampleur en faisant de Kenzie son narrateur : un excellent enquêteur qui cache un gamin traumatisé par son père « le Héros » qui en avait fait son puching-ball. Angie, au caractère bien trempé, n’a pas une vie rose non plus : marié a un homme violent qu’elle se répugne à quitter, elle est régulièrement battue, au grand désespoir de Kenzie qui craque pour elle. J’ai vraiment appréciés ces personnages, pour leur faiblesses qui les rends plus humains, mais aussi leurs forces qui rend leurs aventures palpitantes ! Et autour d’eux, le monde parait bien sombre aussi, ce qui donne une sacrée impression de réalisme à ce récit.
Le focus est mis sur les problèmes raciaux : Noirs contre Blanc, les pourquoi et comment du racisme dans les rues des banlieues de Boston, qui a beaucoup à voir avec la colère et la peur, avant de comprendre qui tire profits de ces batailles rangées.
On a vraiment l’impression d’être plongé dans les bas fonds d’une grande ville américaine, à grand renfort de détails sur la ville et les gens qui y habitent : la musique, l’architecture, les magasins, les looks de l’époque, … Un vrai voyage, glauque, mais passionnant !

Encore une série à continuer donc, j’ai adoré ce roman et l’ai dévoré ! Rendez-vous donc bientôt avec le second volume de la saga Ténèbres, prenez-moi la main !

Avec le Massachusetts, qui tiens son nom d’un tribus amérindienne éponyme signifiant « lieu de la grande colline », nous refaisons une incursions dans les états du nord est des USA, dans la région de la Nouvelle Angleterre.

De la Grande-Bretagne, le territoire a hérité de ses premiers habitants : des colons puritains, les Pères pèlerins, arrivé dans le fameux Mayflower en 1620, et considéré comme les pères fondateurs des futurs Etats-Unis ! Un sacré morceau d’histoire des USA c’est donc déroulé dans le Massachusetts.
Et ce n’est pas tout : la tradition veut que la Thanksgiving ait été fêtée pour la première fois aux USA dans cette toute jeune colonie ! Perdus dans un territoire inconnus, affamés, les Père pèlerins n’ont du leur salut qu’à l’aide d’une tribus locale, les Wampanoag, qui leur ont offert à manger, et appris à se débrouiller tout seul en pêche et chasse. La Thanksgiving, l’Action de grâce, est une fêtes plus importante que Noël dans pas mal de familles américaine aujourd’hui encore : c’est à ce moment là qu’on mange la fameuse dinde en famille. Outre sa valeur religieuse, elle symbolise le bonheur d’avoir trouvé des terres accueillantes. Bien entendu pour les Amérindiens, cette fête est plutôt un symbole de la destructions de leurs coutumes et traditions…
Repus, les Père pèlerins fondent Plymouth, et d’autres immigrés suivront rapidement pour coloniser la baie du Massachusetts.
Si les pasteurs fraîchement arrivés tentent d’alphabétiser et d’évangéliser les Amérindiens vivants sur ce terres, ce geste restera sans conséquences : les guerres entre Blancs et Indiens font rage malgré des débuts encourageant, ce qui laissera peu de représentant des tribus de natifs américains vivants…
Très religieux et « un peu » superstitieux, les habitants du jeune Massachusetts lancent la célèbre chasse au sorcières de Salem en 1692 : une vingtaine de personnes sont alors exécutées pour sorcellerie.
En 1763, le Massachusetts fait parti des 13 états se révoltant contre la Grande-Bretagne, devenant alors les premiers états des USA.
Les vagues d’immigrations suivante amèneront bien entendu des Anglais, mais aussi beaucoup d’Irlandais (25% des origines ethniques actuelles), des Italiens, Afro-américains…

Si l’état a pour lui d’être à cheval entre montagnes, forêts, fleuves, océan Atlantique… qui offrent de jolis paysages, le Massachusetts est surtout connu pour sa capitale, Boston, la plus européenne des villes des Etats-Unis. Sur ses 6,5 millions d’habitants, 4,5 vivent dans la ville et sa métropole.
Malgré ce fort taux d’urbanisation, l’agriculture est un secteur économique important, avec notamment la culture de canneberges et leur transformation (jus, conserves…).
L’état jouit aussi d’un très haut revenu moyen par habitant, le second des USA, bien que le taux de pauvreté flirte avec les 10%…
Malgré son passé puritain le Massachusetts est assez progressiste : bien que la peine de mort soit encore en vigueur, elle n’est plus appliquée.

A Cambridge, on retrouve la très connue Université d’Harvard, la plus ancienne et riche des universités des USA. Fondé en 1636, l’université est aussi aujourd’hui reconnu pour la qualité de son éducation. Pas moins de 45 Prix Nobel sont sortis de Harvard, et 8 Présidents américains ! Outre les salles de cours, résidences universitaires… Harvard possède une des bibliothèques les plus importante du monde, et des musées d’art dont certains possèdent des oeuvres de Poussin, Monet, Rodin… Un vrai centre culturel orienté vers l’élite !

Voici donc un état qui à l’air agréable à vivre, même si le roman donne de Boston et de sa région une vision un peu moins rose 😉

« L’Accusé » de John Grisham (Etat de l’Oklahoma)

Je n’avais jamais lu de romans de John Grisham avant celui-ci, mais sa réputation le précédant, j’ai tout de suite sauté sur l’occasion quand je me suis aperçue que L’Accusé se déroulait en Oklahoma ! Parfait pour le challenge « 50 états, 50 billets » ! Basé sur des faits réels, ce livre me donne aussi l’occasion de découvrir un genre dont je suis peu coutumière : le thriller judiciaire, thème cher à Grisham, qui a lui même été avocat au début de sa carrière !
L’Accusé est loin d’être son premier roman : on lui doit La Firme, L’affaire Pélican, … mais L’Accusé édité en 2006 est son premier livre enquêtant sur un procès ayant eu réellement eu lieu.

En 1982, à Ada, Oklahoma, Debbie Carter est découverte morte, violée, battue… dans son appartement. Dès lors, la police d’Ada prend l’affaire en main pour découvrir qui aurait bien pu commettre ces atrocités… Et assez rapidement, un suspect semble attirer leur attention : Ron Williamson, ex-étoile du base-ball local, fêtard devenu alcoolique et ayant quelques problèmes psychologiques… et vu la violence relevée sur la scène de crime, la police pense qu’ils étaient deux tueurs. Le compagnon de viré de Ron, Dennis Fritz, fera tout à fait l’affaire ! Mais les deux hommes ont beau clamer leur innocence, rien n’arrêtera la machine judiciaire !
Le livre revient sur l’enquête bâclée, orientée pour faire accuser deux suspects plutôt que de découvrir le vrai coupable, le procès à charge mené par un procurer arrogant et un juge incompétent.

Comme beaucoup de récits qui mettent en scène des innocents injustement accusés, ce livre est révoltant ! A se dire qu’aux USA, les gens doivent bien flipper lorsqu’ils sont emmenés pour être interrogé dans le cadre d’une enquête, vu les échantillons corrompus que Grisham nous présente ici ! Surtout avec la peine de mort au bout comme ici !
John Grisham n’y va pas de main morte pour pointer les dysfonctionnement dans la ville d’Ada, surtout quand on apprend que tous les noms sont les vrais noms des protagonistes, sauf ceux de quelques victimes. De quoi mettre l’ambiance dans la ville lors de procès, ou dans les cellules de prisons en ce qui concerne les mouchards ayant menti sur l’affaire et les deux accusés.

Ce livre est vraiment prenant et palpitant, même si au final on sort plus avec une grosse bouffées d’angoisse sur le thème de l’injustice ! Jusqu’au bout on se demande si Ron et Dennis vont s’en sortir, ainsi que quelques compagnons d’infortune dans le même cas qu’eux : accusés à tort.
Grisham détaille bien les faits, rend le vocabulaire juridique accessible, organise le récit  pour nous les rendre plus clairs, comme si nous étions assis au milieu du jury chargé de statuer une fois de plus sur le sort des deux accusés. De quoi se sentir bien impliqué !

Une lecture sympa, si je puis dire, qui a le mérite de montrer un autre visage des USA… Pour découvrir un peu mieux Grisham, je pense que je me tournerai vers un autre de ses best-seller, une fiction cette fois, comme L’associé !

A lire ce roman, on aurait tendance à croire que l’Oklahoma est un repère d‘ultra catholique fans de sports et de picole,  incompétents dans les domaines judiciaires et dont la police est totalement corrompue… Une vraie Amérique de série TV quoi !
Bien entendu ce n’est pas totalement cela, mais en tirant sur les ficelles on trouve quelques vérités ! 😉

Comme son nom l’indique,  « okla » et « humma », signifiant « peuple rouge », l’Oklahoma est l’état qui compte le plus d’Amérindiens (8%), et de personne parlant une de ces langues indiennes (25 langues au total !).
En effet, après que les français aient annexé ce territoire au 18ème siècle au profit de la Louisiane Française, puis vendu aux USA au début du 19ème siècle, l’Oklahoma a vu la moitié de ses terres de l’est utilisées pour les réfugiés Amérindiens, appelé alors Territoire Indien. C’est cette période appelé « Piste des Larmes », qui est la grande déportation des indiens de toutes les régions à l’est de l’Oklahoma : Cherokees, Seminoles,  Chickasaws… Des milliers et des milliers d’indiens arrachés à leurs terres par les colons, et envoyés dans des réserves loin de chez eux…
Malgré le fait que plus de 30 tribus se partagent déjà ces espaces, les colons sont tout de même invités à s’installer dans la région : vers 1890 ils viennent s’y installer massivement. Pour booster l’économie de la région et la valorisation des terres, c’est la période des « Land runs », courses à la terre, où le premier arrivé est le premier servi pour fonder son exploitation… Amérindiens et colons ont pu profiter de cette lois pour s’installer et grands espaces aidant, vont développer des ranchs et les métiers de l’élevage bovin : c’est l’ère des cow-boy !  Durant la dernière décennie du 19ème siècle, la découverte de pétrole en Oklahoma va encore plus encourager l’arrivée de nouveaux migrants… En 1907, l’Oklahoma devient le 46ème état des USA, et regroupe à lui le Territoire Indien.
Par la suite, les Noirs libérés de l’esclavage vont aussi s’installer dans la région pour fuir le racisme, et former des communautés et petites villes, dont certaines existent encore.
Jusque dans les années 1920-30, l’économie se porte bien, jusqu’au drame du « Dust Bowl », dont on juge l’importance dans Les raisins de la colère de Steinbeck : pendant 10 ans, des tempêtes de poussière ont anéantis l’agriculture en Oklahoma et ensevelis maisons, matériels, cours d’eau… Alors que la crise de 1929 a rendu exsangue l’économie du pays, ces catastrophes naturelles achèvent l’Oklahoma : c’est la période des grande migration de la population (près de 300000 !), les Okies, vers la Californie. Mis en cause : les vents violents et brûlants en été, bien connus dans la région (l’Oklahoma est en plein sur la Tornado Alley, et a une bonne partie de ses terres en zone aride), mais aussi le surlabourage, rendant les sols plus friables.
Les fermiers ont donc du apprendre l’écologie bien avant tout le monde : terres en jachère, plantations d’arbres pour freiner les vents et maintenir la terre… Dans les années 50-60, l’économie et l’immigration repartent grâce à ces changements, avec notamment la constructions de grandes zones d’eau artificielles pour alimenter les cultures : l’Oklahoma est aujourd’hui l’état qui a le plus de points d’eau artificiels aux USA.

Son passé agricole, l’Oklahoma l’a préservé : c’est un des leader dans l’élevage de bovin dans le pays, mais aussi un grand producteur de céréales, dont le blé.
Mais le pétrole et les industries de l’énergie sont les fers de lance de son économie : forages pétroliers, raffineries, mais aussi barrages hydroéléctriques, éoliennes, gaz naturels… Les secteurs de l’aérospatiale et produits manufacturés sont aussi générateur d’emploi… ainsi que la logistique.

En effet, l’Oklahoma présente l’intérêt d’être au milieu des USA ! Et vu la taille du pays, c’est une étape appréciable et quasi obligatoire pour qui veut le traverser d’est en ouest ! A la grande époque de la Route 66 qui relie Chicago à Los Angeles, celle-ci passait par Tulsa. Aujourd’hui encore de nombreuse autoroutes Interstate traversent l’Oklahoma, et l’état possède plus de 150 aéroports. L’une des voies navigable les plus active au monde se trouvent aussi dans cet état, reliant les ports de Tulsa et Muskogee au fleuve Mississippi.

Mais malgré tout ces avantages, l’Oklahoma n’est pas très attirant socialement
Situé dans la Bible Belt, la religion a une importance extrême, quand on le suppose dans le roman. Forcement conservateurs, les questions sur l’avortement, les mariages gays, la théorie de l’évolution,… ne se pose pour ainsi dire pas.
Bien entendu la peine de mort est pratiquée, mais dans leur grande bonté toute chrétienne, l’Oklahoma a été le premier état à adopter l’injection létale en 1976 comme mode opératoire pour passer leurs condamnés de vie à trépas, méthode moins cruelle que la chaise électrique ou la pendaison… Depuis l’Oklahoma est le super champion des USA quant à l‘application de la peine de mort, et surpasse même le Texas dans ce domaine !
Un hasard peut-être, c’est l’état qui dépense le moins pour ses étudiants… mais pas le plus mauvais dans le domaine de l’éducation tout de même.
Côté santé, ça n’est pas beaucoup mieux : peu de médecins, 25% de la population sans assurance maladie, un taux d’obésité record (30 %, mais ils ne sont que 5ème). Mais le tableau n’est pas si noir : les hôpitaux fonctionnent plutôt biens, et certain sont même très réputés aux USA.
Comme pas mal d’états du Sud, la vie est peu chère, mais le taux de pauvreté est plus haut que dans le reste du pays.
Malgré les grands espace, sur ses 3,7 millions d’habitant, plus de 58% vivent en ville, notamment à Oklahoma City, la capitale de l’état. Cette ville est funestement connue pour l’attentat de 1995 qui tua 169 personnes, et qui en fait le second acte terroriste le plus destructeur après le 11 septembre 2001.

Là où l’Oklahoma se distingue, c’est pour son attrait pour le sport, universitaire et pro, comme le roman l’indique. Basket-ball, base-ball, soccer, football américain, golf… Leurs supporter en sont fous !
Autre sport plus atypique : le rodéo, qui est populaire dans l’état, et dénote bien de la volonté de l’Oklahoma de continuer à sauvegarder des traditions, et pas uniquement pour le folklore et le tourisme. Les Amérindiens, du fait de leur concentration dans ces territoires, peuvent organiser des rassemblements colossaux pour des festivités comme des pow-wows, mais aussi continuer leurs activités artistiques, musicales, artisanales…

Voilà donc un état assez tentant, malgré ses petits (gros ?) « moins » sociaux… L’image même des Etats-Unis par son folklore, mais aussi ses paysages, la faune et la flore. L’Oklahoma a de nombreuses zones protégées et parcs, où on peut retrouver des bisons, chiens de prairies, ours noirs… que ce soit dans les steppes, prairies, montagnes, forêts…

« Les femmes de Stepford » d’Ira Levin (Etat du Connecticut)

Opération Connecticut pour le challenge « 50 états, 50 billets »… En fouillant un peu j’ai découvert que Les femmes de Stepford  écrit en 1974 par Ira Levin, celui là même qui écrit le rendu célèbre par le cinéma Rosemary’s baby, se déroulait dans cet étatJe m’attendais donc à de la top-qualité pour ce thriller qui oscille entre SF et fantastique, et je n’ai pas été déçue 😀

Lorsqu’ils viennent s’installer à Stepford, Connecticut, la famille Eberhart rêve d’une nouvelle vie équilibrée dans un cadre sublime, loin de la folie de New-York. C’est un grand changement pour Joanna, mère de deux enfants, plus habituée aux sorties entre amis et actions du MLF qu’à jouer les femmes au foyer dans une lointaine banlieue.
Et au fur et à mesure de ses rencontre avec les habitants de Stepford, elle va déchanter : si son mari peu sociabiliser au « Club des Hommes« , les femmes se sont cantonnées à leur intérieur à l’extrême : cuisine, ménage, bon soin de leurs époux… Joanna a du mal a en revenir, elle qui milite pour l’égalité des sexes avec son époux ! A force de chercher une femme comme elle pour se faire enfin une amie, elle rencontre Bobbie et Chermaine, toute deux fraîchement arrivée en ville.
Mais les choses vont prendre un tour étrange et glaçant lorsque Chermaine va devenir à son tour une bonne ménagère, changeant du tout au tout son caractère… Qu’est ce qui transforme à ce point les femmes de Stepford en épouses modèles ?

En pleine période du combat pour les droits des femmes et l’égalité des sexes, ce roman est une véritable gifle à la vision traditionnelle de la famille américaine, toute droit sortie d’une publicité pour une lessive : des femmes tirées à 4 épingles, prenant soin de leurs enfants et mari en ayant la maison la plus propre possible, faisant leurs courses avec beaucoup d’attention… Un vrai cauchemars qui rappelle presque les meilleurs films de zombies ! 😀
Au milieu de tout ça, l‘enquête de Joanna sur les femmes de Stepford : ont-elles toujours été comme ça, ou le sont elle devenue ? Et si oui, comment ? Et ce Club des Hommes, où les femmes sont bannies, que peut-il bien s’y tramer ?
On ressent bien la pression qui monte au fur et à mesure, la peur qui monte au fur et à mesure que les questions que Joanna se pose trouvent des débuts de réponse… On est pas juste dans de la SF comme la collection de l’édition le laisse supposer, mais bien dans un thriller je trouve !

Une lecture palpitante, un roman très court, bref, un vrai plaisir et une histoire qui risque de me trotter dans la tête un bon moment ! Je le conseille, tant aux homme qu’aux femmes ! 😀

 

Au milieu de la Nouvelle-Angleterre, nous retrouvons le Connecticut. Idéalement placé au bord de l’Atlantique, entre l’état de New-York et sa grande ville éponyme, et le Massachusetts et sa capitale Boston, ce petit état (le 3ème plus petit des USA)  a tout pour attirer de nombreux habitants ! A lire le roman d’Ira Levin, c’est même une banlieu new-yorkaise, du fait de ses moyen d’accès aux grands pôles urbains…

Ce sont les Hollandais qui arrivèrent les premiers dans la région, profitant de la présence d’Améridien pour faire fleurir des commerces de fourrures… Ils ont d’ailleurs adopté le nom du territoire tiré de l’Algonquin, « quinatucquet« , signifiant « près de la grande rivière ».
Mais les puritains Anglais venus du Massachusetts  s’installent rapidement, dès 1633, fondant dans la foulé la capitale Hartford en 1636. Une autre colonie anglaise puritaine fonde New Haven (au nom évocateur…) en 1637, l’autre grande ville du Connecticut. Il alors devient le 5ème état fondateur des USA, parmis les 13 originaux.
Après la guerre d’Indépendance où les Britanniques incendie plusieurs de ses villes, le Connecticut se relève et se tourne vers le commerce, avec plus ou moins d’honnêteté… C’est à cette période que les vagues d’immigration européennes vont faire exploser la démographie du Connecticut : Irlandais, Italien, Polonais, Grecs…
Au début du 20ème siècle se sont les afro-américains et les porto-ricains qui arrivent pour compléter ce melting-pot. A une époque où les Guerre Mondiale font rage, le Connecticut devient un des états centraux pour la fabrications d’armes et les services en assurance !

Le Connecticut est donc un territoire très peuplé, de 3,5 millions d’habitants, ce qui en fait un des état ayant la plus haute densité de population. Pourtant ses plus grandes villes n’excèdent pas les 500 000 habitants, comme New Haven, ou encore Hartford sa capitale qui doit compter sur la totalité de son agglomération pour atteindre le million.
C’est aussi l’état ayant le plus haut revenu moyen par habitant, donnée à relativiser car le gap entre les plus riches et les plus pauvres est assez élevé.

Proximité des grandes villes dynamiques aidant, le Connecticut est assez ouvert au changement, malgré son passé puritain : c’est le second état qui a légalisé l’union civil homosexuel, puis le mariage entre personnes du même sexe. Autre preuve de leur ouverture : ils ont même aboli la peine de mort en 2012 ! Difficile à imaginer quand on sait que les Bush ont été sénateur dans cet état !
Mais cela s’explique peut être par son surnom : « Constitution State ». C’est en effet le premier état a avoir adopté une constitution en 1638.

Comme on le peut le deviner en lisant le roman, c’est sur le secteur industriel et tertiaire que le Connecticut doit sa prospérité : services, recherche, enseignement (on y retrouve Yale par exemple), assurances…
Mais même si le sol rocheux de la région est peu propice à l’agriculture, ont y cultive tout de même du maïs, des tomates, du tabac… mais aussi des poules pour les oeufs, des huîtres sur le littoral…
Le tourisme a aussi le vent en poupe : casinos, résidences secondaires et service attenants… Le Connecticut à encore des espace sauvages : forêts, plages… qui permettent aux habitant des grandes ville de se ressourcer le temps d’un week-end !

« 50° au-dessous de zéro » de Kim Stanley Robinson (District de Columbia)

50° au-dessous de zéro, second volume de la saga « Capital Code » écrit en 2005, après Les 40 signes de la pluie, me paraît bien de saison en ces périodes de réchauffement climatique, fonte de la calotte glacière au Groenland et été biens pourris un peu partout dans le monde, entre pluie et sécheresses… Scénario catastrophe climatique avec ce roman qui me permet une fois de plus de remplir une mission pour mon challenge « 50 états, 50 billets », avec le District de Columbia aujourd’hui !

On retrouve donc les personnages du premier volume, après les scènes d’inondation de Washington et de ses banlieues : le couple Quibler et Frank, ainsi que la délégation Kembalaise. Sauf qu’après le grand déluge, la capitale des USA n’a plus vraiment la même physionomie… Si les Quibler suivent leur train-train quotidien, Frank a connu un choc spirituel en écoutant le chaman Kembalais Rudra lors d’une conférence, puis en ayant le coup de foudre pour Caroline dans un ascenseur bloqué. Il décide de changer de vie, tout en obtenant une promotion à la NSF : vivre dans le parc de Rock Creek au coeur de Washington, dans les arbres, auprès des animaux échappé du Zoo national lors de l’inondation, et les marginaux au ban de la société.
Et il lui faudra s’accrocher, car  l’hiver s’annonce difficile : le réchauffement climatique fait fondre les glaces au Pôle Nord, et les pluies diluviennes ont réduit la salinité de l’Océan Atlantique… Le Gulf Stream va ralentir, lui qui permet d’avoir un climat tempéré en Europe et à l’Est des USA… Une nouvelle ère glaciaire s’annonce, à commencer par un hiver des plus rigoureux !

Ce roman m’a paru moins ennuyeux que le précédent, car on se focalise plus sur Frank et moins sur les Quibler et leur vie de famille. Il devient un héros auquel j’ai pu m’identifier : son attrait pour l’anthropologie et la sociologie, son désir de changer sa vie, d’aider les autres avec ses moyens, ses doutes, son combat pour l’écologie sans être un militant… Il décide de vivre en mode survivaliste dans un arbre alors qu’il a de quoi louer un apart’ : ce côté freegan, qui choisi le minimum par plaisir d’être libre et non par contrainte m’a emballé ! Sa relation aux animaux du zoo qu’il cherche à pister, aux autres groupes d’individus comme les joueurs de freesbee, ou les clochards du parc… en font un humain qui gagne à être connu. Il est l’homme qui change, l’homme qui marche !
En ce qui concerne le couple Quibler, on les voit heureusement moins, leur rôle est presque cantonné à être le lien social de Frank avec le reste de ses concitoyens. Leurs apparitions me paraissent toujours aussi ineptes… Anna est là pour mettre en avant le côté d' »homme qui change » de Frank, elle qui vit dans les habitude de la famille installée.

Il y a quand même quelques scène bizarres, comme le coup du voyage des Quibler et de Frank et de la délégation Kembalaise sur l’ile de Khembalung : je ne vois pas trop l’utilité de celle-ci, si ce n’est pour montrer rapidement une île qui se fait engloutir, et se servir des habitants comme excuse pour faire de Joe (le gamin hyperactif des Quibler) une sorte de réincarnation divine Bof bof… Décidément j’ai vraiment beaucoup de mal avec les personnages de la famille Quibler, tant ils sont artificiels. Charlie en père mou, Anna trop flegmatique et « positive » à l’américaine, le fils Nick qui n’a que 6 ou 7 ans mais qui a des répliques d’un jeune homme, et Joe qui me fait décidément dire que les enfants en bas âges, c’est vraiment pas pour moi 🙂
D’autres trucs sont assez obscurs pour moi, comme les débats scientifiques ou administratifs, même s’il y en a beaucoup moins que dans le premier roman de la série. Dans la même veine, le coup des agences « hyper-secrètes » pour qui Caroline, la muse de Frank, travaille, fait un peu gros… Mais bon, cela pimente un peu l’histoire, avec des histoires de puces dans les vêtements, poursuites par ondes radios interposées, traçage des personnes grâce à leurs achats par cartes de paiement… Amis paranos, bienvenue ! 😀

Bref, un gros mieux par rapport au premier roman, même si je ne me suis pas plongé entièrement dans ce roman. Le côté catastrophique n’est pas poussé à l’extrême, et semble finalement assez réaliste. Et en plus, par rapport au premier volume, on a de l’action ! Entre les dégâts dus à l’inondation, l’hiver glacial, les courses poursuites… On a de quoi frémir ! La réflexion de Frank sur la situation est aussi assez enrichissante… Bref, j’ai hâte de connaître la fin de l’histoire, avec 60 jours et après !

 

Finalement le District de Columbia n’est pas un  « simple » état : c’est Washington, la capitale des Etats-Unis, un territoire supplémentaire aux 50 états existants. On l’appelle donc Washington DC en référence au District de Columbia.
En tant que capitale, il regroupe les grandes administrations du pays : la Maison Blanche (bureau et résidence du Président), le Capitole (siège du Congrès, pouvoir législatif du pays), la Cour Suprême (pouvoir judiciaire)… Bref, c’est bel et bien le coeur des USA !
Du fait de sa spécificité, c’est un tout petit territoire de 177km² qui abbrite un peu plus de 600 000 habitants.

Du point de vu architecturale et géographique, le District de Columbia est assez original : un territoire carré posé près de la rivière Potomac, entre les états de Virginie et du Maryland. C’est à Pierre Charles L’Enfant, architecte français, que l’on doit la réalisation des plans de la ville.
La structure générale des rues est en forme de damier, orienté Nord/Sud et Est/Ouest, d’où peuvent partir des avenues en diagonales. Le centre « fonctionnel » de la ville, Le Capitole, permet de diviser en 4 quartiers Washigton DC en secteurs NW, NE, SE et SW. Cet agencement très cartesien lui donne un air très néo-classique, surtout avec ses bâtiments historiques de couleur blanche, qui inspirent la beauté et le calme. Contrairement aux autres grandes villes américaines, point de buiding et hautes tours : la hauteur des batiments est limitée à 6m, ce qui donne une cohérence à l’ensemble architectural. Il faut aussi noter de nombreux parcs et espaces verts qui jalonnent la ville, et dont il est beaucoup question dans le roman.
Tout cela a aussi pour conséquence d’alléger la densité de population dans la ville. De fait, les banlieues de la ville font réellement office de zones résidentielles ! Avec les habitants de banlieues qui viennent travailler à Washington, sa population croit de 72% chaque matin !

Avec toutes les images de la ville qui nous ont bercé à la TV ou au cinéma, on pense tout de suite aux grandes allées herbeuses du parc du National Mall, qui regroupe des dizaines de monuments célèbres comme l’obélisque Washington Monument (construit en l’honneur de George Washington le premier Président des Etats-Unis), Le Capitole, le Lincoln Memorial (où on voit la célèbre sculpture de ce Président assis), des musées d’arts et d’histoire naturelle…

Mais la nature n’est pas que civilisée et raisonnée dans les jardins de Washington DC : le parc de Rock Creek par exemple est un vrai parc national, avec une rivières et des rapides, des zones d’escalade, des forêts où vivent des animaux…

Cette urbanisation particulière, les divers ingénieurs qui se sont penché sur l’architecture de la ville ont eu le temps de la penser… La ville étant créée par une volonté du tout jeune pays des Etats-Unis, par le biais de sa nouvelle Constitution (en 1787). Washington a été créée de toute pièce sur un ancien marais, territoire cédé après plusieurs tractations par le Maryland et la Virginie. Bien que le terrain soit peu confortable et ait demandé des travaux d’assainissement, Washington présente l’intéret d’être au bord d’un grand fleuve qui débouche sur l’Océan Atlantique, le Potomac ! En partant de zéro sur un espace tout neuf, les architecte ont pu bien raisonner sur la manière donc fonctionnerait la ville. Au tout début du 19ème siècle, Washington et ses premiers batiments administratif voient le jour. Mais la guerre contre les anglais va avoir des conséquence : les britanniques détruisent une grande partie de la ville en 1814, mais en 1815, les américains la reconstruisent !
Dans les faits, la capitale n’est pas vraiment un pôle d’attraction à cette époque… Mais quand commence la guerre de Sécession, où l’esclavage était une question centrale dans le conflit, les esclaves Noirs échappés se tournèrent naturellement vers Washington, capitale-symbole de la liberté des états de l’Union !

Mais malgrès ce cadre qui peut sembler idyllique, il y a tout de même de la délinquance à Washington, et plus particulièrement dans les quartiers pauvres : il faut dire que le taux de pauvreté est supérieur au reste des USA dans cette ville, bien que le revenu moyen soit plus élevéDes très riche et des très pauvres on dirait bien… et les très riches préfèrent s’exiler dans les banlieues aisées comme Bethesda. A noter une très forte population Noire dans la ville : s’ils représente une moyenne de 13% aux USA, ils sont 57% à Washington !
En tant que centre administratif, la ville accueille aussi bien évidement beaucoup d’étrangers, pour le tourisme ou le travail.

Bref, une ville à visiter sans aucun doutes, pour sa portée culturelle : des espaces architecturaux uniques, et surtout, beaucoup de musées ! 🙂

« Les 40 signes de la pluie » de Kim Stanley Robinson (Etat du Maryland)

Et on continue notre découverte des Etats-Unis avec mon challenge favoris de l’année : « 50 billets, 50 états » ! Aujourd’hui le Maryland grâce au roman de Kim Stanley RobinsonLes 40 signes de la pluie, écrit en 2004, premier opus de sa saga « Capital Code », qui m’avait l’air d’être de la bonne SF

Entre Washington DC, le Maryland, la Virginie, et même la Californie… nous suivons sur plusieurs semaines la vie quotidienne de plusieurs personnages qui travaillent dans le domaine de sciences et de la politique autour de la capitale américaine, Washington DC. Et il va y avoir du boulot : le réchauffement climatique est une réalité et ses effets se font ressentir au fur et à mesure. Les politiciens et les lobbyistes vont-ils pouvoir (ou vouloir) faire passer des lois vitales pour l’environnement et l’avenir de l’humanité ? Le climat va t-il continuer à se dégrader ? Que fera la population le jour du grand bouleversement climatique ?

L’avantage de ce roman, c’est qu’il est très bien documenté que ce soit pour ses aspects scientifiques, géographiques, historiques… Un vrai documentaire sur les changements climatiques et ce qui pourrait nous attendre dans les prochaines années ! On se sent rapidement dans un vrai roman d’anticipation !
Le fait de remettre dans le contexte des USA hyper modernes, contemporain, des catastrophes climatiques qui aujourd’hui même se produisent dans des pays loin de chez nous, et très intéressant.
Un peu trop bien documenté peut-être, et pas assez dans l’action…  Je me suis ennuyée ferme pendant les deux tiers du livres : trop de stratégie politique, trop de théories scientifiques détaillées… On est loin du feuilleton catastrophe ! Le côté ultra-scientifique rentre trop dans les détails, supposant que les lecteurs comme moi sont plus calés qu’ils ne le sont véritablement ?
C’est dommage car sans vraiment m’emballer, l’histoire est tout de même assez intrigante ! On se doute bien qu’il va se passer un truc, un bouleversement (en rapport avec la pluie puisqu’on a bien lu le titre du livre :)), mais ça tarde

Pour contrecarrer ce côté trop technique, je pense que l’auteur essaye de nous attacher à ses personnages, comme le couple Quibler, Anna et Charlie et leurs deux enfants : détails de la vie de famille de tous les jours, scène où maman utilise un tire-lait (mon dieu…) pendant que papa va au parc en se posant des question sur sa place d’homme dans la cellule familiale… Chiant.
Globalement le volet humain ne m’a pas du tout plongé dans l’empathie, ni émue, ni faite rêver. Mais peut-être cela était voulu, de ne pas nous attacher aux personnages, pour nous montrer en quoi les rapports naturels entre humains sont maintenant corrompus ?

Bref, vous aurez compris que ce qui m’a intéressé dans ce roman, c’est qu’il me permet de faire avancer mon challenge américain… Je vais tout de même lire le deuxième volume de la saga50° au-dessous de zéro, qui me semble un peu plus prometteur. Vu que la catastrophe à lieu à la fin du premier volet, il y a peut-être de bonne chance d’avoir un peu plus d’action dans le second ? 😀

 

Nous découvrons donc le Maryland dans ce roman, et plus particulièrement Bethesda, banlieue aisée à la main d’œuvre hautement qualifiée de Washington DC, ce qui laisse aisément penser qu’une bonne partie du Maryland fait office de zones résidentielles pour la capitale des USA.
Cela peut s’expliquer par l’histoire même de la ville de Washington, qui a en croire l’auteur est une portion de territoire inexploité, des marécages, donné par le Maryland et la Virginie aux tout jeunes Etats-Unis à la fin du 18ème siècle.

A l’origine, le Maryland est une province anglaise, colonisé par eux au profit des persécutés catholiques en 1632. Elle fut nommée « Maryland » en l’honneur de la fille d’Henry IV, Henriette-Marie de France. Mais colonie anglaise oblige, la région devient vite protestante !
La colonie prospère grâce au tabac, et accueille plus de 200 000 habitants en 1775. Après la guerre d’Indépendance, le Maryland devient un des états fondateur des USA, le 8ème.

Aujourd’hui le Maryland compte plus de 5 millions d’habitants. Sa ville la plus connue est Baltimore, mais comme souvent, ce n’est pas la plus célèbre qui fait office de capitale, qui pour le coup est Annapolis, sur les bords de la baie de Chesapeake. Cette baie donne sur l’Océan Atlantique, ainsi que sur l’embouchure de la rivière Potomac qui sépare le Maryland de la Virginie.
Malheureusement, cet accès à la mer n’est pas des plus sain, et si les crab cake et autres clam chowders sont les plats typiques de la région, j’hésiterai à y goûter là bas… La pollution est très importante dans la baie, même si les espèces de poissons et oiseaux y vivent : c’est notamment dans le Maryland qu’on a retrouvé des cas de poissons hermaphrodites due aux engrais et autres perturbateurs endocriniens (un peu comme dans la baie de Seine chez nous…).

Malgré ça, il faut avouer que le Maryland est autre chose qu’une énorme banlieue un peu polluée. Les zones urbaines sont surtout à la périphérie de Washington et des côtes, le reste de l’état offre de larges zone champêtres : une grande partie de son économie repose sur l’agriculture, et le climat subtropical humide et océanique permet de cultiver des légumes qu’on voit plutôt dans le sud de l’Europe : concombres, melons, tomates…
Elle est tout de même appelée « America in miniature », pour signifier la variété de ses sites : forêts, montagnes, collines, rivière, dunes… Et si son côté sauvage vous échappe, sachez que Le projet Blair Witch se déroule dans le Maryland 😉