Mots-clé : 50 états 50 billets

Récap’ des challenges terminés en 2012

Challenge 50 états, 50 billets

50 etats... 50 billets

51 lectures (avec le District de Columbia on à un état de plus ;)) en 1 an, uniquement autour des USA.
Challenge réussi, avec une très grande majorité de romans ! Là j’ai réussi à atteindre cet objectif de 2012 qui me tenait vraiment à coeur, et j’en suis fière 🙂
Il faut dire que depuis 6 mois je ne lis presque qu’exclusivement des livres pour ce challenge, pour dire à quel point je m’étais impliquée 🙂 !
Beaucoup de découvertes, de belles images en têtes, et en plus je me suis cultivée avec le volet « exposé » sur l’état traité… J’ai particulièrement aimé Le maître des illusions, Le facteur, Lumière d’Août, Les croassements de la nuit, Johnny s’en va-t-ten guerre, Dolores Claiborne… Quelques déceptions, comme L’hôtel New Hampshire ou L’histoire d’Egar Sawtelle, mais il en faut bien une ou deux pour que ce soit amusant 😉
Expérience extra, et vu que le challenge continue en 2013, je le conseille à tous ! 😀
Reste à voir si je vais me lancer dans le SWAP sur le même thème… je me donne quelques jours pour y réfléchir.

A noter ce petit tableau fait pour l’occasion sur Pinterest !

Challenge Petit BAC 2012

Challenge Petit BAC 2012

Pour cette nouvelle session du Petit BAC, je n’ai rempli qu’une seule grille… mais elle était un peu plus longue que celle de 2011 ! Et avec en parallèle le challenge « 50 états, 50 billets », il a fallut que j’optimise mes lectures !
A noter une découverte vraiment très sympa dans ce challenge : Des milliards de tapis de cheveux… un petit bijou de SF ! Les autres romans, essais et BD ont été très intéressants aussi… J’ai juste une petite réserve sur les romans de Paul C. Doherty qui ne m’ont pas transporté…
Seul déception : je n’ai pas trouvé de quoi remplir le mot bonus (facultatif), le gros mot 🙂

Je me lancerai en 2013 pour une nouvelle aventure Petit BAC… Quand on aime, on ne compte vraiment pas 🙂

Challenge Année de naissance (1980)

challenge anné de naissance

Challenge terminé avec succès ! Il faut dire que j’avais choisi le mode facile… En plus, deux belles découvertes avec ces romans. Bref, une réussite 🙂

Challenge Fruits et légumes littéraires

challenge fruits et légumes

Pour ce challenge, le résultat est beaucoup, beaucoup plus mitigé… Il faut dire que je notais les livres dans ce challenge uniquement si j’en lisais à l’occasion d’autres challenges / lectures. Bref, pas évident d’arriver au 10 titres (loin des 25 demandés !) sans m’imposer des lectures supplémentaires.
Mais sinon les livres cité dans cette liste ont tous été très bon. J’ai particulièrement apprécié Beignets de tomates vertes, et aussi L’arbre aux haricots.

Autres challenges

Le challenge Agatha Christie n’est pas terminé, et je vais y participer à l’occasion au gré de mes lectures.
Le challenge des livres à 2 euros… je ne l’ai jamais commencé, je crois donc qu’il est préférable de l’arrêter.
Le challenge Pandora au travail a eu un soubressaut mi 2012… mais n’a jamais repris. Je l’arrête donc aussi !

« Marionnettes humaines » de Robert Heinlein (Etat de l’Iowa)

Et nous y voilà enfin au dernier état de notre grand tour des Etats-Unis ! Un an après mon premier billet (à 3 jours près ;)), je termine l’excellent challenge « 50 états, 50 billets » ! Mais j’y reviendrai plus tard lors d’un post récapitulatif 🙂
L’Iowa, qui n’a pas été une mince affaire pour y trouver un livre s’y déroulant ! Il faut dire que c’est le genre d’état qu’on a du mal à situer sur une carte…
Heureusement, j’ai fini par tomber il y a une dizaine de jour sur cette référence qui m’a un peu sauvé la mise : Marionnettes humaines de Robert Heinlein, un des auteurs de l’Age d’Or de la Science-Fiction, avec Isaac Asimov, Clifford D. Simak, Arthur C. Clarke…
Ce roman a été écrit en 1951, dans la dernière décennie de cet Age d’Or, qui va de 1920 à la fin des années 50. Bref, un classique à lire assurément, qui me permet de me replonger dans ce genre que j’aime autant après une longue période d’abandon.

Sam est un agent secret aux services du gouvernement des Etats-Unis, en 2007. Il est habitué aux missions spéciales, mais celle qui l’attend va bouleverser sa vie et celle de tous les américains : une soucoupe volante a atterrit à Des Moines en IowaLe Patron des services secret part avec Sam et une nouvelle recrue, Mary, enquêter sur place… mais aucune trace de martiens, et l’engin spatial a disparu ! Entre interrogations et stupeurs, les dirigeants du pays ont du mal à croire dans la véracité d’une visite extra-terrestre
Mais bientôt l’amère réalité les rattrape : les visiteurs ne sont pas de gentils humanoïdes mais des larves parasites pouvant prendre le contrôle de n’importe quel être humain, et en faire son esclave… Vont-ils réussir à dominer toute l’humanité ?

On est dans le bon vieux classique de SF, avec une thématique vieille de la Guerre des Mondes de H. G. Wells ! Mais on pardonnera à Robert Heinlein les poncifs de la SF… puisque c’est presque lui qui les a inventés : envahisseurs malfaisants vulnérables à un petits trucs tout bête, les instances dirigeantes et l’armée régulières aveuglés par leurs schémas de combats ordinaire qui vont mener le pays à sa perte… mais heureusement un groupe réduit de héros sauvera le monde libre…
Et si on veut rester dans les trucs amusants, la vision du futur d’un homme des années 50 est pas mal non plus : l’histoire est très centré sur les USA, leader du monde civilisé. La Russie est toujours communiste et fermée aux communications extérieures, l’Europe compte à peine, les voitures volent, des pilules magiques permettent de rallonger sa perception du temps, l’homme à colonisé Vénus… En revanche point de réseaux de communication globale type Internet, ou d’instances politiques mondiales…

Sorti de ces petites anecdotes, le récit garde tout de même son intérêt : l’écriture est dynamique, l’histoire est riche, et on a pas mal d’humour et de petites surprises. Par exemple l’opération qui vise à ce que tous les gens se baladent à poils à Washington pour prouver qu’ils n’ont pas de parasites extra-terrestres sur eux 😉
En revanche on s’attache peu à la psychologie des personnages même s’ils ont un petit vernis qui les rend humains et sympathiques… On est vraiment à fond dans l’action. Par moment ça m’a un peu gêné : les situations évoluent vite parfois, et on saute un peu d’une scène à l’autre comme ça, en deux lignes !
Et côté message on ne tourne pas autour du pot : critique du communisme, appel pour le contrôle de tous le pays (communication, politique…), encensement de l’impérialisme US (par la négation même d’autres pays ailleurs…), responsabilité individuelle face à une crise (milices, sacrifices, vertus des « héros »)…
A voir pour le côté bourrin, mais Starship Troopers (le film de Paul Verhoeve) est tiré d’un autre de ses roman : Etoiles, garde-à-vous !… Heinlein, un auteur « velu » ? 🙂

Bon, ça n’est pas mon livre de SF favori, mais malgré la thématique assez classique, et surtout la fin légèrement attendu, je ne regrette pas ma lecture ! Peut-être parce que je l’ai prise au second degré ?
J’ai je crois un ou deux roman de cet auteur de côté… je risque de remettre le nez dedans assez rapidement pour confirmer ou non cet attrait 🙂

 

Une partie du roman se passe en Iowa, première région envahie par les visiteurs de l’espace.
Il s’agit d’un état du Middle-West, dont le nom « iowa » hérité de son fleuve signifie en amérindien « beau pays ». Les explorateurs français qui y faisaient commerce avec les tribus locales, et les premiers colons ne s’y sont donc pas trompés en s’y installant à partir de 1833.
En 1846 l’Iowa devient un état des USA, et se bat aux côté de l’Union lors de la guerre de Sécession. Après la guerre, l’immigration augmente nettement et l’Iowa atteint le million d’habitants. Aujourd’hui, il y a 3 millions d’âmes vivants sur ces terres.

Du fait de sa situation, de ses paysages de plaines et de son climat continental, l’Iowa vit surtout de ses revenus agricoles : maïs et soja, élevage, produits laitiers…
Mais ils ont aussi su faire une reconversion vers les secteurs de l’industrie, surtout après la Seconde Guerre mondiale : produits chimiques, appareils électriques…

La capitale Des Moines dont il est beaucoup question dans ce roman est la plus grande ville de l’état, mais abrite tout juste 200 000 citoyens ! Malgré son image de région agricole, la plupart des habitants quittent les campagnes pour la ville… voir même quittent l’état ! L’Iowa fait parti de ses endroits où la fuite des cerveaux cause quelques problèmes…

Bref un état dans la moyenne des USA que ce soit pour l’économie, la démographie… et pas vraiment une région touristique pour ce que j’en vois.
Je comprend que peu d’auteurs aient écrit dessus (je suis dure, je sais ;)). On ne terminera donc pas ce challenge sur un cri d’enthousiasme 😀

« Meurtres en bleu marine » de C. J. Box (Etat de l’Idaho)

Pas évident de trouver un livre pour parler de l’Idaho pour le challenge « 50 états, 50 billets »… Mais heureusement, Meurtres en bleu marine de C. J. Box m’a permis de remplir cette avant-dernière étape dans mon voyage culturel et littéraire aux USA ! Ambiance rurale assurée dans ce livre, lauréat aux Edgars du meilleur roman en 2009 (prix du meilleur roman policier)  !

En partant à leur partie de pêche dans le nord de l’Idaho, Annie, 12 ans, et son petit frère William ne pensaient pas se trouver confronté au pire : ils sont témoin d’un meurtre, et doivent s’échapper pour ne pas se faire assassiner à leur tour. Ils se retrouvent alors cachés chez Jess Rawling, fermier de la région, qui va les aider.
Mais il se trouve que les tueurs sont des policiers corrompus retraités, et qu’ils n’ont pas l’intention de voir leurs vie bouleversée par les deux enfants : ils plus n’ont qu’une solution, retrouver les enfants avant la police locale… et pourquoi pas la manipuler ?

Il n’y a pas à dire, on est directement plongés dans l’action avec ce roman, ça démarre sur les chapeaux de roues ! On s’attache ou on déteste vite les personnages qu’il faut, on est vite mis dans l’ambiance du nord de l’Idaho, très sylvestre et rural. Tout le monde se connait dans la petite ville de Kootenai Bay où se déroule l’action… les spéculations vont bons trains, tous le monde est sur le pied de guerre pour retrouver les enfants disparus… Surtout tous ces anciens flics californiens venus ici passer leur retraite !
De manière très stratège et machiavélique, les « méchants » flics, Singer, Newkirk, Gonzales et Swan vont échafauder un plan pour diviser les forces de la police et de la population locale, tout en douceur : faire penser à un enlèvement des enfants par un prédateur sexuel ou par l’ancien copain de la mère, isoler celle-ci en la retenant chez elle près du téléphone à attendre un potentiel coup de fil des kidnappeurs, prendre en main les recherche du fait de leur expertise, cacher les cadavres en les faisant manger aux cochons d’un des éleveur… Bref, sous couvert d’aider la police locale, ils brouillent les pistes et peuvent encore mieux chasser leurs deux jeunes proies !

Le style est simple et direct, dynamique grâce au découpage par dates et heures… bref le livre se lit bien. En plus on gravite dans des paysages plus que sympathiques : le nord sauvage de l’Idaho, où les fermiers chassent les ours et montent à cheval comme des cow-boys !
La simplicité vient aussi des personnages typiques du genre : Jess Rawling dans le rôle du cow-boy du cru, rude mais au coeur d’or ; les méchants flics corrompus et pourris par leurs actes passés ; Villatoro le bon flic californien retraité qui vient résoudre une ancienne affaire au péril de sa vie… Un peu manichéen peut-être, mais ça fait du bien parfois 😉

Une découverte assez sympa en tout cas, je conseille ce livre si vous aimez les romans policiers où les gentils gagnent à la fin 🙂

Situé entre le Montana, l’Etat de Washington et de l’Oregon, et le Canada… L’Idaho à tout de terres sauvages !
En plein sur les Rocheuses, l’état est composé principalement de montagnes, forêts, canyons, prairies… parcourus par des rivières et parsemé de lacs et points d’eau.
Si le nord est plutôt montagneux, le sud est composé de large plaines, où on trouve sa capitale Boise.

Tips amusant, le mot « Idaho » ne veut rien dire, que ce soit en amérindien ou dans une autre langue ! C’est George M. Willing, membre du Congrés qui à proposé ce mot  pour nommer le territoire, en faisant croire qu’il s’agissait d’un terme shoshone signifiant « diamant des montagnes »… et une fois que la blague à été découverte, il était trop tard !

Pourtant des indiens shoshone (entre autres) ont bien vécu en Idaho avant l’arrivée de l’homme blanc. C’est d’ailleurs dans cette région que certaines des plus vieilles trace de présence indiennes ont été découvertes.
Cette région faisait partie initialement de l’Oregon Country (de 1818 à 1846), qui comprenait le Nord-Est des actuels Etats-Unis et la Colombie Britannique. Avant cette date, les britanniques et les canadiens-français y chassaient pour le commerce de fourrure.
Après plusieurs conflits avec les Espagnols au Sud, puis les Anglais au Nord, l’Oregon Country est morcelé mais les Etats-Unis récupère garde définitivement l’Idaho sous le statut de territoire organisé des USA (1863 à 1890). En 1890 l’Idaho devient officiellement un état des USA.

Quand je dis que la région est sauvage, c’est pas peu dire : plus de 40% de la surface de l’Idaho est composé de forêts ! Et in imagine aisément la faune qui l’habite… Ours, lynx, castor, coyote… sont un petit échantillon de ceux qu’on peut y rencontrer.
Et cerise sur le gâteau, l’un des plus fameux parc des USA se trouvent en parti en Idaho  : le parc de Yellowstone (une petite partie de l’Ouest du parc) ! Il y a aussi une autre curiosité géologique : Crater of the Moon National Monument, anciennes traces de coulées de lave du rift, qui donne une réelle impression de paysages lunaires !

De part sa physionomie, l’Idaho est assez peu peuplé : 1,5 millions d’habitants… mais 30% de ceux-ci sont ruraux ! La population est très majoritairement blanche, comme l’avait remarqué le personnage Villatoro dans le roman. C’est aussi par endroit un « Paradis bleu », c’est à dire un endroit où d’anciens flics viennent prendre leur retraite, et c’est particulièrement le cas dans le nord de l’état.
De part son aspect centré sur lui même (50% des habitants descendent d’habitant de l’état par exemple, le côté rural…) l’Idaho à une forte réputation d’état d’extrême droite : milices para-militaires néo-nazis, groupes de survivalistes… Mais bien entendu, cela ne représente qu’une infime proportion de ses habitants…

En tout cas c’est exactement le genre d’état qui m’attire de part son côté naturel, et ses dimensions gigantesque .. Peut-être lors de mon prochain voyages qui sait, en passant du côté de Yellowstone ? 🙂

« Homo Disparitus » d’Alan Weisman (Etat du Dakote du Sud)

Pour traiter du Dakota du Sud dans le cadre du challenge « 50 états, 50 billets » j’ai un peu innové, en ne lisant pas un roman mais un essai : Homo Disparitus du professeur et journaliste Alan Weisman, édité en 2007. Biologie, géologie, histoire, astronomie… toutes ces sciences sont au service de la question que se pose l’auteur : que deviendrait la Terre si l’Homme disparaissait du jour au lendemain de sa surface ?

C’est un véritable monde post-humain que nous décrit l’auteur. On se préoccupe finalement assez peu de ce qui pourrait nous faire disparaître (maladie, guerre, enlèvement OVNI…), mais on a ce parti pris de départ : les êtres humains ne vivent plus sur Terre, mais les animaux et les plantes restent dans l’état dans lequel nous les abandonnerions.
Est-ce que la nature arriverait à reprendre ses droits ? Retrouverait-on certaines régions dans l’état dans lesquelles nous les avions découvertes ? L’homme est-il naturellement un pourvoyeur naturel de grand cataclysmes ? Quel impact ont les produits chimiques que nous utilisons depuis la moitié du 19ème siècle et pendant combien de temps en retrouvera-t-on des traces ? Les animaux pourront-ils vivre sans nous ? Restera-t-il une trace de nos grandes constructions et de nos oeuvres d’art ?…

Que de questions, et que de réponses ou tentatives d’analyses ! Je lis assez peu d’essais ou de textes de ce type, et celui-ci m’avait beaucoup intéressé par son concept d’un monde sans hommes, comme dans les récits de SF tels Demain, les Chiens de Clifford D. Simak, les Chroniques Martiennes de Ray Bradbury, Les enfants d’Icare d’Arthur C. Clarke… Je retrouve aussi ce que j’avais beaucoup aimé dans l’essai / catalogue d’expo de l’archéologue suisse Laurent Flutsch, Futur antérieur, qui réinterprète les objets de notre quotidien au travers le regard d’un archéologue de l’année 4002.
En nous parlant de ce que la Terre sera demain, Alan Weisman nous explique où on en est aujourd’hui (et c’est pas toujours super joli…)

Au delà de cela, on est bien dans un livre à vocation écologique, qui a su tout de même renouveler ma vision écolo-catastrophique : pour faire simple, la nature de toute façon gagnera toujours, elle s’adapte, et finira par effacer les trace de l’humanité… Cela a au moins l’avantage de replacer l’humain dans ce contexte, où les échelles de temps géologique remettent tous les compteurs à zéro, et où la vie a souvent connu des quasi extinctions pour repartir de plus belle, comme je l’avais déjà appris dans Alpha… Directions de Jens Harder .
Ces propos sont étayés d’exemples historiques (l’extinction des Mayas, la destructions des Merveilles du Monde…), d’analyses par des experts dans différentes sciences naturelles ou physiques. Bref, de quoi donner corps et du crédit à ses thèses.

Une découverte et lecture sympathique si je puis dire… Forcément après un livre comme ça on se pose beaucoup de questions sur notre consommation énergétique, alimentaire… et on se dit qu’on fil un bien mauvais coton !
Un essai très interessant qui pronne la décroissance globale qui m’est si chère 🙂

Nous faisons un très rapide passage par le Dakota du Sud dans cet essai, lorsque l’auteur s’intéresse au sort futur du Mont Rushmore qui se trouve dans cet état.

Monument symbole des Etats-Unis, tous le monde a déjà vu des images cette montagne sculptée à l’effigie de quatre grands présidents américains : George Washington (père de la nation), Thomas Jefferson (rédacteur de sa Déclaration d’Indépendance et des Droits), Abraham Lincoln (émancipateur et unificateur) et Théodore Roosevelt (qui, on l’apprend dans Homo Disparitus, a fait creuser le canal du Panama qui relie deux océan… et a fait du coup des USA le centre de l’économie mondiale).
C’est le sculpteur Gutzon Borglum qui a eu le privilège de s’atteler à la tâche dès 1923, et de produire cette oeuvre monumentale qui survivra à l’humanité : haute de 18 m sur un mont de 1745 m d’altitude, couvrant une superficie de 5 km², et scupté dans une montagne de granit… L’érosion aura fort à faire pour effacer le visage de ces icônes des Etats-Unis : d’après les géologue, le Mont Rushmore ne s’érode que de 2 cm tous les 10 000 ans… ce qui fait que le monument résistera 7,2 millions d’années !

Le Mont Rushmore se trouve près des parcs des Badlands et des Black Hills,  célèbres pour leurs prairies, cavernes gravées de pétroglyphes et troupeaux de bisons américains… Cette région assez sauvage et naturelle possède d’ailleurs beaucoup de parcs nationaux. Il n’en faut pas plus pour me faire rêver de belles balades et randonnées 😉

Une des célébrité de l’état (que j’ai hésité à lire pour cette étape du challenge) est Laura Ingalls Wilder ! Et oui, la petite fille de La petite maison dans la prairie qui avant d’être une série à succès est une série de roman pour enfants, racontant l’épopée de la famille Ingalls… qui vivent un moment dans le Dakota du Sud (on peut le découvrir dans les romans La petite ville dans la prairie et Un hiver sans fin). D’ailleurs sa maison d’enfance existe encore et peut être visitée… Avis aux amateurs 🙂

Le Dakota du Sud a été habité assez tôt par les amérindiens, dès 5000 avant J.C. ! Bien entendus, différents peuples et tribus se sont succédés sur ces terres…. et lorsque les Européens arrivent en 1743, se sont les Sioux qui dominent ce territoire. Comme bien souvent, se sont des explorateurs français qui ont annexé ces terres au profit de la Louisiane française. En 1803, la France vend la région aux Etats-Unis… et se sont Lewis et Clark qui lors de leur fameuse expédition vont commencer à vraiment explorer le Dakota du Sud. Le premier poste commercial de fourrures installé à Fort Pierre en 1817 lancent le signal pour la colonisation de la région, qui comprend alors les deux Dakota, et un peu du Montana et du Wyoming.
Les spéculateurs commencent bâtir des villes, à racheter des terres aux Sioux… Puis vient le chemin de fer, et une ruée vers l’or dans les Black Hills. De quoi mener à d’inévitables conflits entres Indiens et Européens… voir des massacres purs et simples de population Sioux par l’armée. Après sa séparation avec le Dakota du Nord, le Dakota du Sud rejoint l’Union en 1889.
En 1930, le Dakota du Sud subit le Dust Bowl : plusieurs mauvaises récoltes, les champs envahis de poussière du à l’agriculture intensive et une mauvaise météo… Les fermes ensevelies sont abandonnées, les agriculteurs sont ruinés, les banques ferment… Il faudra attendre la Seconde Guerre Mondiale pour redresser la barre de l’état !
Heureusement aujourd’hui le Dakota du Sud s’en sort plutôt bien entre les revenus touristiques, ceux issus de l’agriculture et les compagnies financières qui s’y sont installées.

Situé à cheval entre l’Ouest et le Middwest, le Dakota du Sud est aussi entre deux fuseaux horaires ! La séparation se fait vers Pierre, la capitale de l’état.
Le climat et les paysages suivent aussi cette séparation : l’est bas et plus pluvieux, et aussi plus fertile, l’ouest plus haut, est composé de reliefs accidentés et arides.

Voilà donc un état qui ne paye pas de mine avec ses 814 000 habitants, mais qui à une richesse de paysages qui me donne envie de le découvrir… D’ailleurs je l’ai mis sur ma future « route touristique » américaine, entre le Colorado un peu plus au sud et Yellowstone à l’ouest 😉

« L’hôtel New Hampshire » de John Irving (Etat du New Hampshire)

Il a fallut que je prenne mon courage à deux mains pour me réattaquer à ce roman que j’avais très rapidement abandonné il y a 4 ans, lorsqu’on me l’avait offert. Mais challenge « 50 états, 50 billets » et New Hampshire oblige, il a bien fallu que je me lance… Surtout qu’il ne me restait plus rien à me mettre sous la dent pour le challenge !!! Bref, ce livre je l’ai vraiment gardé pour la fin, ou presque 😀
Avant de le lire, je ne sais pas pourquoi, je pensais que j’aurai à faire à un livre assez drôle et cynique, « un conte de fée loufoque » (dixit la quatrième de couv’), un peu comme La conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole. Autant vous le dire tout de suite, ça n’est pas le cas. On est bien face à un conte de fée, mais qui tient moins du rêve que d’une analyse freudienne de celui-ci… et là…

Ambiance familiale dans ce roman ! Le narrateur, John, nous raconte sa vie et celle de sa famille depuis la rencontre de ses parents dans un hôtel du Maine. C’est ici que ces jeunes adultes Winslow Berry et Mary Bates tombent amoureux l’un de l’autre, et rencontrent Freud, un dresseur d’ours itinérant. Il va vendre son vieil ours à Winslow… et c’est là que les aventures commencent pour la famille Berry ! Tour à tour montreur d’ours, militaire, étudiant, professeur, propriétaire d’hôtel… Winslow va avoir 5 enfants avec Mary : Frank, Franny, John, Lilly et Eggs. Et comme on peut le soupçonner, leur vie sera pleine de fantaisies, mais aussi de parts plus sombres.

Difficile de résumer ce livre, car il part un peu dans tous les sens, comme tout bon conte de fée qui se mérite ! Mais en gros on est entre l’univers de Big Fish (en moins poétique) et celui du roman de Gunter Grass Le Tambour (en moins cynique). 
Autant le dire tout de suite, je n’ai vraiment pas apprécié cette lecture… On n’arrête pas de me dire du bien de cet auteur, mais franchement je n’accroche pas du tout.
Le côté onirique ne m’a pas trop gêné. Que ce soit dans la structure du récit ou dans les thèmes traité, on a vraiment l’impression d’être dans le rêve du narrateur… d’ailleurs il en est toujours question, du rêve. Ce qui m’a plus gêné, c’est le côté analyse freudienne des rêves. Je ne suis pas une freudienne… sans être une spécialiste, je suis du genre à penser que ce monsieur, pape de la psychanalyse, a raconté plus d’ânerie en projetant ses propres névroses et fantasmes sur ses patients que vraiment décrypter le fond de leurs problèmes… Bref… Donc le symbolisme à tout va qui transpire ligne après ligne, quel calvaire ! L’ours qui est un symbole sexuel non dissimulé, le labrador empaillé qui représente la douleur et la mort… Au bout de 571 pages, pitié !

Les thèmes traité font bien référence au domaine du conte de fée, loin des versions édulcorées de Disney : la mort, le viol, la différence, la violence, le sexe… On retrouve schémas récurrents des contes, dont le plus percutant pour moi est celui du Petit Chaperon Rouge, ses bois obscurs et le grand méchant loup, qui prennent l’aspect d’un viol collectif derrière le lycée pour Franny… C’est d’ailleurs là le centre du drame familial qui va se jouer ! Mais là encore, tout est fantasmes misogynes ou freudiens (j’hésite ;)), comme son histoire d’amour incestueuse avec son frère John… Encore un truc qui m’a laissée pantoise…

Bref, je l’ai trouvé très très moyen ce roman… Même s’il y a de réelles pépites de réflexion cachées dans quelques pages, sur des thématiques comme celle du viol et de son traitement subjectif, ou encore sur le terrorisme qui s’attache en réalité plus au moyen qu’à la finalité de ses actes. Pour ces quelques pistes de réflexion, ce livre a trouvé quelques grâces à mes yeux

Pour le meilleur ou pour le pire, j’ai promis à Petite Fleur une lecture commune du premier roman de John Irving, Le monde selon Garp (L’hôtel New Hampshire est le second, écrit en 1981). Donc oui, je vais m’y recoller, mais pas vraiment par plaisir…

 

Dans ce roman, vaste sujet que le New Hampshire, puisque c’est l’état où les parents du narrateur naissent et fondent une famille, puis le nom de leurs trois hôtels successifs aux Etats-Unis puis à Vienne en Autriche.

Le New Hampshire est situé en Nouvelle-Angleterre, entre le Maine et le Vermont, et sous le Québec. C’est comme la plupart des états de cette région un tout petit état (tout est relatif bien entendu, aux Etats Unis rien n’est vraiment petit !).

C’est en 1623 que les britanniques posent le pied dans ce futur état et y fonde une première colonie… D’autres les suivront en 1638 pour fonder Exeter, dont les colons donneront naissance à l' »Exeter Compact« , charte qui leur donne une constitution indépendante de celle de la Grande-Bretagne… La première du genre dans le Nouveau Monde ! En 1679 le New Hampshire quitte le giron du Massachusetts pour devenir une province royale, puis devient le premier état à se déclarer indépendant de la Grande-Bretagne en 1774 ! Par conséquent il fait parti des Treize états fondateurs des USA !
Vers les années 1850, l’industrialisation attire de nombreux migrants pour travailler dans les usines de textiles : Canadiens francophones, Irlandais… Après les années 1960, se sont les services et les nouvelles technologies qui permettent à l’état de rester compétitif.

Malgré sa longue histoire avec l’Empire Britannique, se sont des descendants de français que l’ont trouve majoritairement au New Hampshire ! En effet, le Québec n’est pas loin, et les habitants ayant une origine française ou québécoise représentent plus de 25% de la population. 16% de la population parle encore français, ce qui fait de la langue de Molière la seconde langue du New Hampshire !
Peut-être est-ce pour cela que des sondages désignaient cet état comme endroit où il faisait le plus bon vivre ? 🙂
Peut-être aussi parce que cet état est assez modéré au niveau religieux, ou alors parce qu’il n’y a pas de taxes et d’impôt ?!
Ou alors est-ce le climat et le paysage qui rend ses habitants si heureux ? Entre l’océan Atlantique, les montagnes et leurs stations de ski, les forêts, ses nombreux spots de randonnée ou d’escalade…  D’ailleurs les touristes ne s’y trompent pas depuis des années : Cette activité est une des plus importantes de l’état.

La ville de Dairy où se trouve le premier Hôtel New Hampshire dans le roman est une ancienne ville industrielle, en désuétude. Située dans la région de Squamscott, elle n’est pas proche de la mer comme Hampton, ni proche des montagnes et de ses pistes de ski. Bref, un endroit plutôt terne qui semble un peu ennuyeux pour les ados qu’étais ceux de la famille Berry !

« L’Histoire d’Edgar Sawtelle » de David Wroblewski (Etat du Wisconsin)

Me revoilà avec une nouvelle étape dans le challenge « 50 états, 50 billets » ! Cette fois nous partons dans le Wisconsin, un des états où je n’avais pas vraiment le choix de la lecture, puisque je n’avais trouvé qu’un seul roman à lire ! Je me suis donc lancée dans la lecture de ce petit pavé, sans savoir du tout de quoi il en retournait… Heureusement peut-être, le prix « Oprah’s Book Club 2008 » m’aurait peut-être rebuté 🙂

Depuis que le grand-père a acheté cette ferme dans la campagne, près de Mellen au Wisconsin, les Sawtelle élèvent des chiens… et pas n’importe quels chiens : ils créent leur propre race, emmenés par le rêve familial de produire le chien de compagnie idéal, à la fois beau et intelligent.
Lorsque qu’Edgar née dans les années 50, son père Gar et sa mère Trudy sont plus que proche du but : leurs chiens sont réputés dans la région tant ils sont exceptionnels. Et comme pour le prouver, Almondine, la chienne de la famille, va se révéler être une véritable mère pour le bébé Edgar qui se révèle être muet.

Loin d’être un handicap, le mutisme d’Edgar va lui permettre au fur et à mesure des années de créer une relation spéciale avec les chiens Sawtelle… Le chenil est le coeur du foyer, où chacun a sa place : Gar élève les chiots, Trudy les éduque, Edgar leur trouve des noms… La vie est douce chez les Sawtelle, jusqu’au jour où le frère de Gar, Claude, revient de l’armée et va bouleverser la vie familiale

Un petit mélange du Livre de la jungle et de Demain, les chiens de Simak: l’enfant-sauvage qui ne communique plus avec les hommes mais avec ses chiens, et les chiens qui doué d’une intelligence et sensibilité hors du commun semble devenir un véritable peuple à la recherche de son royaume… Il faut avouer que ces chiens si spéciaux ont tout du canidé qu’on a toujours rêvé d’avoir, fans des boules de poil ou non ! Malins, élégants, énergiques, curieux, ils comprennent un ordre d’un seul regard ! Ils ont tout d’un animal mythique !

En revanche j’ai moins accroché sur plusieurs aspects. Déjà les longueurs… Ok on est bercé dans l’univers de l’élevage canin et celui de la nature, où l’homme apprend la patience avant toute chose, mais quand même… Par moment ça se traîne sévère.
Ensuite le coeur du roman, le meurtre qui va tout précipiter… (désolée pour la surprise). Si dès les première pages on sait qu’un poison sera utilisé pour faire du mal à quelqu’un, il tarde à apparaître, et l’affaire tarde aussi à se voire résolue, si je puis dire. Très frustrant. En plus on comprend mal pourquoi l’assassin passe à l’acte. Moi je n’aime pas les actes gratuits, surtout s’ils ne sont même pas complètement amoraux !
D’ailleurs les relations entre les personnages ne sont pas claires… Par exemple la relation Trudy – Claude : elle le déteste les trois quarts du temps mais fini avec lui… Mouais… De même la relation mère – fils après une phase intense devient très évasive, juste quand cela sert la narration. Je veux bien que ce soit de la fiction, mais changer la psychologie des personnages à ce point…
Autre flop, le côté fantastique avec les apparitions fantomatiques qu’Edgar voit de temps en temps. Je veux bien que son mutisme lui a permis d’affiner d’autres sens ou moyens de communication, à moins que ce soit le travail quotidien avec les chien… Mais voir des fantômes, et cela de manière si anecdotique !!! Nul, on dirait du mauvais Stephen King ! C’est tellement mal amené que je me suis demandé si Edgar n’était pas schizophrène finalement, et avait inventé toute une partie de l’histoire. Ce n’est malheureusement pas le cas… ce qui aurait pu être une bonne excuse à cette arrivée inopinée des spectres dans le roman.

A part ça il faut quand même avouer que ça n’est pas si mal construit, avec des passages en passant par les points de vue d’Edgar, Trudy, Claude, Almondine… En plus il y a plein de bons sentiments et d’amour canin, ce qui est assez positif et remonte un peu le moral quand l’histoire devient un peu plus glauque 🙂

Le voyage initiatique d’Edgar, sa fugue, est au final la partie qui m’a le plus plu (même si elle n’arrive qu’au second tier du livre), quand il part avec trois de ses chiens vers la frontière Canadienne, apprend à se débrouiller, voler, trouver à manger, dormir dehors, pour finalement rencontrer Henry l’homme « banal » qui devient son ami… et lui redonne confiance dans le genre humain. Un apprentissage assez touchant, sans être larmoyant 🙂

Voilà donc un livre qui aurait été pour moi un objet de culte lorsque j’étais jeune adolescente, et que les chiens représentaient pour moi le meilleur de ce bas monde (oui, j’étais déjà un peu misanthrope :p). Aujourd’hui je ne peux pas dire que j’ai détesté, mais je n’ai pas vraiment adhéré non plus… Bof bof, si ce n’est quelques passages qui auraient mérités d’être plus développés !

J’ai du mal à comprendre l’engouement pour ce livre, ou du moins le teaser sur mon édition du livre : « Le roman qui a fait pleurer toute l’Amérique ». Mouais… faut pas charrier non plus hein 😀

De par sa position sur la carte des Etats-Unis, on peut aisément imaginer que cet état est un véritable paradis de nature sauvage, entre les Grands Lacs et le Canada pas très loin… Et en lisant ce roman on est transporté dans ces paysages de forêts, marais, lacs, … sous un ciel tantôt clair et clément, et d’autre fois orageux, tempétueux…

La région n’est pas très montagneuse contrairement à ce que je pensais : le mont le plus haut culmine à 603m… On est vraiment dans une région de plaines et de plateaux ! Et même si on est encore dans la « Corn Belt« , le sol du Wisconsin est assez pauvre, surtout quand on remonte vers le nord. L’état est à presque à moitié recouvert de forêts d’érables, chênes, pin, bouleau… ce qui est forcément une manne financière non négligeable pour l’économie locale : c’est le premier producteur de bois des USA !
Malgré tout cet espace boisé, les agriculteurs ont trouvé la place pour installer des élevages bovins, porcins, et même de visons ! Et là aussi le Wisconsin se distingue, en étant le premier producteur laitier de l’état ! On retrouve aussi des productions de céréales : maïs, soja, pommes de terre, fruits et légumes… et tabac. Petite anecdote amusante, le Wisconsin doit son nom à l’indien Chippewa « Ouisconsin » : « lieu où il y a de l’herbe à fumer« . Tout un programme 🙂
Enfin même dans la culture, le Wisconsin est numéro un : premier pour les cranberries, ginseng,…. !

Par sa proximité avec les Grands Lacs, l’industrie est assez bien développées, surtout près de Milwaukee et Madison, sa capitale : papier et bois, produits laitiers, chimie, automobile…  Le tourisme et la culture ne sont pas en reste avec plusieurs musées, parcs, l’Université du Wisconsin… Mais l’état a une réputation qui lui colle dur à la peau, celle d’un état rural ! Mais avec des rendements tels dans le domaine, on comprend pourquoi…

Au niveau historique, le Wisconsin fait partie des états découverts par la France. En 1634, Jean Nicolet est le premier Blanc à explorer la région, venant de la région de Québec. Il croit alors se diriger vers la Chine…  Il y fonde la première colonie de la région, Baie Verte, au profit de la Nouvelle-France. Malgré cela, ce sont surtout des allemands, scandinaves et suisses qui peupleront ce qui deviendra la Wisconsin.
En 1763, les Britanniques obtiennent la région de la France, puis la cède aux Etats-Unis tout justes formés en 1783… Mais elle restera sous gouvernance britannique jusqu’en 1812. En 1848, le Wisconsin devient le 30ème état de l’Union.

Quelques fait intéressant de la culture du Wisconsin : c’est l’état le plus « alcoolisé », où la consommation par habitant est la plus élevée… ce qu’on peut peut-être mettre sur le compte de la germanisation du territoire ?
C’est aussi au Wisconsin qu’est né et a fait jouer sa créativité le grand architecte Frank Loyd Wright, connu pour son architecture organique du début du 20ème siècle… Ses maisons sont réputées pour son ergonomie, et son attachement au mélange entre l’espace construit et l’espace naturel.

« L’histoire de Bone » de Dorothy Allison (Etat de la Caroline du Sud)

Une nouvelle étape dans le challenge « 50 états, 50 billets », avec la lecture de L’histoire de Bone de Dorothy Allison, qui me permet de traiter de la Caroline du Sud !

Ruth Anne, alias Bone, née dans les années 1950 en Caroline du Sud, dans un milieu pauvre… ces gens qu’on appelle à l’époque la racaille. Sa mère l’a eu très jeune, à quinze ans, d’un père « inconnu ». Bone nous raconte son enfance, auprès de sa mère, mariée deux fois, qui lui donne une petite sœur, mais aussi un beau-père très violent et incestueux. Heureusement ses tantes et ses oncles sont là pour la soutenir, même si elle garde en secret le sentiment d’effroi que son « papa Glen » lui fait éprouver.

Voici un livre que j’ai autant aimé que détesté : c’est un grand cri de haine, de rage, de désespoir… Qui me fait ressortir le pire qu’il y en a en moi. J’ai eu du mal a déceler la parcelle d’humanité si ce n’est dans la chair meurtrie et la peur de Bone, martyr de son beau-père Glen, sous les yeux accablé (car amoureux) de sa mère, indigne et incapable de protéger sa propre fille…
On est face à la lie de l’humanité, après une lecture comme ça je deviens plus que misanthrope et limite eugéniste !
Une seule moralité : la douleur engendre la douleur, il n’y a pas de rédemption possible dans ce monde de misère…
Il y a tout de même des scènes sympathiques, quand Bone échange et joue avec ses cousins, se fait raconter les frasques familiale par ses tante… mais il y a toujours derrière cela une forme de Mal bouillonnant, caché par l’humour de certaines situation ou les rêves que la fillette construit.
Tout est incompréhension, apathie, fatalisme… Où le fait de croire que le temps arrangera peut être les choses est un opium à la volonté d’un véritable changement.

Mais au-delà de cela, se pose la vrai question de la parole des victimes, de l’amour d’une fille à sa mère, et réciproquement… une vraie leçon de vie pas vraiment rose !

Quand on sait que ce roman est largement autobiographique, on ne peut qu’admirer la force vitale de l’auteur, qui a réussi à exprimer violement les souffrances de son enfance pour en faire une véritable oeuvre ! Contrairement à la plupart des personnages croisés dans son roman, elle a décidé de changer les choses en allant à l’université, en s’intéressants aux groupe féministes… puis en écrivant !
Car si ce livre m’a autant troublé, c’est qu’il est vraiment bien écrit… au début je me demandais si un roman racontant l’histoire d’une petite fille maltraité aller suffisamment m’intéresser, si on n’allait pas sombrer dans le pathos premier degré. Et bien non, j’ai vraiment été happée par l’histoire, bon gré mal gré !

Un livre que j’ai aimé quand même, et que je recommande si vous n’êtes pas trop sensible au sujet de l’enfance maltraitée… On comprend pourquoi ce roman à été finaliste au National Book Award en 1992 !

Comme on peut facilement s’en douter, la Caroline du Sud ne formait qu’un seul territoire avec la Caroline du Nord. Avant que les britanniques ne débarquent en 1670 pour créer le grand territoire des deux Carolines, Virginie et Georgie, la région où se trouve l’actuelle Caroline du Sud fût d’abord colonisé par des français ! Dès 1562, des Huguenots y fondent une colonie, qui s’avérera bien éphémère. En 1565, ils doivent abandonner ces terres, vaincus par l’ennemi espagnol.

C’est donc en 1670 que les britanniques annexent la région, et en font une colonie royale baptisée Caroline en l’hommage du roi Charles 1er d’Angleterre. En 1729, la Caroline se scinde en deux : la Caroline du Nord et la Caroline du Sud, qui inclut alors la Georgie. Comme en Caroline du Nord, les plantations de tabac font alors la richesse de la région… mais nécessite beaucoup de main d’œuvre, et donc d’esclaves. Pour se donner une idée, en 1732, il y avait 32000 esclaves Noirs pour 14000 Blancs !
En 1776 la Caroline du Sud se révolte et fonde son propre gouvernement, à l’orée de la Guerre d’Indépendance. En 1778 c’est le premier état révolté à ratifier une Constitution commune avec 8 autres états… Constitution que sera finalement signée par les fameuses Treize colonies rebelles en 1787, origine des Etats-Unis. En 1788, la Caroline du Sud devient le 8ème état des USA… mais ça sera le premier état à quitter l’Union en 1860 ! C’est à Fort Sumter, à côté de Charleston en Caroline du Sud que les bombardements confédérés déclenchent la guerre de Sécession ! L’Union occupe alors la région, et met en place à Charleston un programme de libération des esclaves. Malgré ces débuts tonitruant, la guerre à relativement épargné la Caroline du Sud… si ce n’est  sa capitale, Columbia, détruite par un général de l’Union en 1865 !

La physionomie de la Caroline du Sud est assez proche de celle de la Caroline du Nord : à l’est l’Océan Atlantique, avec un littoral parsemé de baies, d’estuaires… puis vers le nord ouest une région de Piedmont assez boisée, où les fleuves et rivière permettent encore de naviguer jusqu’à la mer… et ensuite la région montagneuse des Appalaches, l’Upstat, où se trouvent les Blue Ridge Mountain.
Le climat en Caroline du Sud est subtropical humide : chaud et humide, des températures flirtent avec les 33°C l’été, et descendent rarement en dessous de 15°C en hiver. De part ce climat, la région est souvent touchée par des cyclones tropicaux
Ce climat est tout de même une aubaine pour l’agriculture : tabac, soja… et élevages de porc, volaille… même si les industries sont très importante (papier, textile, produits chimiques…), ainsi que le tourisme.

Avec ses 4,3 millions d’habitants, l’état est dans la moyenne démographique nationale. De part son passé esclavagiste, aujourd’hui la population Noire représente 30% des personnes qui vivent en Caroline du Sud. Si la situation semble ne pas poser de problème aujourd’hui, ces populations ont subit les actions violentes du Ku Klux Klan à partir de la création de ce groupe dans les années 1870.
Comme on le suppose à la lecture du roman, c’est un état très religieux : s’il ne remporte pas la palme de l’état le plus religieux, il n’en est pas loin : il n’y a que 7% d’habitants qui sont athées !
Dans cette mouvance, si la prohibition a disparu, certains comtés de Caroline du Sud légifèrent sur les heures et jour de vente d’alcool ! Il est par exemple courant que la vente de produits alcoolisé soient interdits le dimanche…
Les droits de la femme ont mis du temps à évoluer dans cet état : si un amendement permettait aux femmes de voter aux Etats-Unis en 1920, elles devront attendre 1969 pour le faire en Caroline du Sud !
L’attachement au drapeau Confédéré fait encore débat dans cet état, s’il est encore besoin de prouver son « traditionalisme »… Il flottait vaillamment sur le Capitole à Columbia jusqu’en 2000
Mais malgré cela, l’état a été tout de même avant-gardiste : c’est à l’Université de Columbia que les premiers diplômés afro-américains ont été licenciés !

Voilà donc un état riche en histoire… mais assez peu tentant. Je crois que ma lecture du roman m’a un peu refroidie sur l’ambiance sociale là bas !

« L’Arbre aux haricots » de Barbara Kingsolver (Etat du Kentucky)

Opération challenge « 50 états, 50 billets » une fois de plus… Je tiens le bon bout, et je pense être dans les temps pour lire ou voir tout ce qu’il faut pour terminer ce challenge avant la fin de l’année ! Pour traiter le cas du Kentucky,  j’ai décidé de lire ce roman qui m’étais inconnu mais dont j’ai entendu beaucoup de bien sur les forums et blogs : L’arbre aux haricots, premier roman de Barbara Kingsolver paru en 1988 aux Etats-Unis et en 1996 chez nous. Un beau voyage en perspective entre le Kentucky, l’Oklahoma et l’Arizona ! 🙂

A la fin du lycée, dans les années 1980, Taylor n’a qu’une envie : quitter son Kentucky natal, où son horizon est bouché par la pauvreté dans tous les sens du terme : pas d’avenir, pas de challenge, pas d’attrait… Elle prend sa voiture, dit au revoir à sa mère et prend la route vers l’Ouest avec ses économies en poche ! En Oklahoma, dans un bar où elle s’arrête boire un café, elle se retrouve face à une situation peu banale qui va bouleverser sa vie : une femme Cherokee lui donne un bébé, celui de sa soeur disparue, et s’enfuie ! Sans avoir le temps de dire quoique ce soit, Taylor se retrouve avec cette petite fille… Et ne peut se résoudre à abandonner cet enfant maltraité, et va l’emmener avec elle jusqu’à Tucson en Arizona où sa voiture rend l’âme… Comment vont s’en sortir Taylor et la petite fille qu’elle a nommé Turtle ?

Nous voilà face à une situation d‘abandon peu banal, et voyage initiatique qui ne l’est pas moins ! Taylor va rencontrer une quantité de personnages très intéressants, et tous très « humains » : Matty la réparatrice de pneus qui aide les sans-papiers d’Amérique du Sud à passer la frontière, Estevan le professeur d’anglais guatémaltèque, … et Lou Ann, chez qui elle s’installe en colocation, qui deviendra son amie et sa famille en Arizona, avec son fils. Des personnages pleins de blessures, mais qui savent s’entraider dans cette ville au milieu du désert !
Mais attention, on n’est pas dans un monde idéal : tout le discours du livre est basé sur le fait que le monde est injuste, aride comme un désert, mais qu’il suffit d’un peu d’espoir et d’amour pour faire ressortir le meilleur des gens, comme il faut juste un peu de pluie pour que le désert fleurisse et se remplisse de vie

La relation entre Taylor et la petite Turtle est assez atypique : Taylor a quitté le Kentucky où, elle le répète, les ados tombent enceinte comme un rien, et se retrouvent enchaînées à leurs obligations et à cette région qu’elle déteste tant… Et pourtant elle aussi se retrouve mère sans vraiment le souhaiter, mais se sera en position de choisir si elle veut garder Turtle ou non. Bref, on est dans un roman sur le destin et le choix, les choix qu’on fait pour soi

Un beau roman qui à une suite, Les cochons au paradis, que je lirai je pense à l’occasion : on est face à une histoire bien écrite et agréable à lire, une fable assez philosophique, où le monde n’est pas tout blanc ou tout noir… En plus les descriptions de la nature, des plantes, des paysages sont sublimes et me replonge dans les images de mon voyage en Arizona… et me redonne envie d’y aller 🙂

Ce roman débute au Kentucky, où Taylor et sa colocataire de Tucson Lou Ann ont vécu toute leur enfance… Il en sera fait référence très souvent ensuite, parfois pour le mettre en opposition avec l’Arizona.
Dès les premières pages, le climat social est posé : une région d’agriculteurs et d’employés, où les filles tombent enceinte avant la fin du collège, où finir ses études secondaires tiens du miracle et où les drames familiaux sont légion… Bref, ça n’est vraiment pas l’endroit rêvé pour vivre !

Ce contexte s’explique assez bien par la position du Kentucky sur la carte des Etats-Unis : entre le Sud assez pauvre et conservateur et le Mid-West très agricole. Mais sa physionomie est plus complexe.
De part sa position entre les Appalaches, le Mississippi et les Grandes Plaines, et de son climat subtropical humide, le Kentucky bénéficie d’une pluralité de ressources : agriculture certes, mais aussi et surtout une spécialité d’élevage de chevaux. Les montagnes de l’est lui fournissent des mines de charbon, et les fleuves des moyens de communication et de transport qui ont poussé la croissance de villes et d’industries, telle celle de l’automobile.

Si le Kentucky est connu chez nous, il ne faut pas se le cacher, c’est aussi grâce à la franchise KFC – Kentucky Fried Chicken ! Harland Sanders, son créateur, est né dans l’Indiana, mais ouvrira son premier restaurant / station service dans le Kentucky où il servira ses propres recettes. Après cela, il ouvrira le tout premier restaurant sous le label KFC en 1952 à Salt Lake City dans l’Utah. Depuis 1991, la chaîne connait en France une réussite fulgurante grâce à ses menus à base de poulet.

Au niveau culturel, le Kentucky est connu pour son style de country, le bluegrass, immortalisé dans le film O’Brother des frère Cohen.
C’est aussi ici que le bourbon aurait été créé, par des colons irlandais ou écossais qui cherchaient à créer un whisky… Ce nom « bourbon » est en fait le nom du comté Bourbon au Kentucky, baptisé ainsi en hommage à la France (les rois de la lignée des Bourbon) qui a joué un grand rôle dans l’indépendance des USA. La différence entre le bourbon et le whisky se situe principalement dans le vieillissement de l’alcool : dans des fûts de bois toujours neufs pour le bourbon, et anciens pour le whisky… Cela permet au bourbon d’obtenir un goût de bois plus rapidement, ce qui suppose un vieillissement moins long.

Intéressons nous maintenant à l’histoire de cet état, réserve de chasse historique des indiens Cherokee, Shawnee et Iroquois. Après l’arrivée des premiers européens sur le territoire américain, les britanniques prennent possession de cette région qu’ils rattachent à la Virginie… Dans les faits, ce qui deviendra le Kentucky ne sera pas exploré de si tôt ! A partir de 1750, la colonisation va commencer progressivement… surtout pour ouvrir des route vers les territoires de l’Ouest. Les Cherokee et Shawnee acceptent assez mal cette intrusion sur leurs territoire, et déclareront la guerre aux envahisseurs. Par jeux politiques, ces amérindiens se lieront aux anglais lorsque la guerre d’Indépendance éclatera, afin de faire bloc contre les américains. La population du Kentucky souffrira de cette guerre, au point de demander la scission avec la Virginie à laquelle elle est encore rattaché : le Kentucky et la Virginie sont séparés par les Appalaches, difficilement franchissable, ce qui a isolé la région pendant la guerre. En 1792, le Kentucky devient un état à part entière, le premier de l’Ouest (ouest des Appalaches), et choisis la ville de Frankfort comme capitale. A noter que c’est aussi un des trois Commonwealth des Etats-Unis.
Durant la guerre de Sécession, le Kentucky ne prendra pas position, et reste neutre… mais sera tout de même le théâtre de nombreux combats.

Un état plein d’histoire et de références culturelles, qui montre bien que malgré l’image qu’en a l’héroïne du roman, il y a bien des choses à garder dans cet région 🙂

Edit du 15 octobre : je n’avais pas fait attention, mais ce livre avec ses haricots fait une fabuleuse entrée pour le challenge des fruits et légumes littéraires !

« La prophétie des ombres » de John A. Keel (Etat de Virginie-Occidentale)

Pour traiter de la Virginie-Occidentale dans le cadre du challenge « 50 états, 50 billets« , je me suis penchée sur un genre que je lis très très peu : le témoignage dans le monde du paranormal, avec La prophétie des ombres du journaliste John Keel, écrit en 1975. Les OVNIs sont à l’honneur avec cette lecture !
Je lis rarement ces genres de livres, alors que je suis plutôt fan de tout ce qui touche à l’inexpliqué et à l’étrange. Dès que je le peux, je regarde les émissions TV sur la cryptozoologie, les extra-terrestres, les fantômes… Un peu de bizarrerie dans notre monde si cartésien me fait autant rêver que frémir 🙂

1966, Point Pleasant est une agréable petite ville de Virginie-Occidentale, jusqu’au moment où des phénomènes plus qu’étranges se déclarent pendant plus d’un an : OVNIs, poltergeists, apparition d’homme-phalène, disparition d’animaux, visites d’hommes en noir (Men in Black), appareils électroniques et téléphones qui débloquent… Peu d’habitant de la ville ne semble épargné par ces phénomènes paranormaux ! Mais le pire arrive lorsque le Silver Bridge qui traverse l’Ohio s’effondre subitement à la veille de Noël, tuant 46 personnes. Les signes perçus lors des mois précédents ce drame étaient-ils une prophétie obscure ? C’est sur cela que John Keel va enquêter, avant et après le drame !

Cette histoire est d’autant plus effrayante qu’elle est basée sur des faits réel : des témoignages vus et vécu par des habitants de Point Pleasant, ainsi que des choses vues et vécues par John Keel ; ce livre donnent un autre point de vu sur les évènements paranormaux qui se déroulent en Virginie-Occidentale mais aussi partout dans le monde, et qui va à l’encontre du discours habituel des UFOlogues et chasseurs de petits hommes verts.
Loin d’être un pur sceptique, Keel pense qu’il y a bien quelque chose derrière ces phénomènes, puisque les personnes qui les ont vécus ont ressentis des émotions (peur en général) en y étant confrontés, et même eux parfois des réactions physiques… Il y a donc bien quelque chose ! Ce qui est intéressant  c’est que Keel met la personne qui à vu au centre du témoignage, et non le phénomène en lui même, comme le font les UFOlogistes.
Pour l’auteur, ces phénomènes ne sont pas le fait d’extra-terrestres, mais proviennent d’entités déjà présentes sur terre, et ceux depuis plusieurs millénaires. Il ne nous donne pas de réponses ferme sur la provenance de ces lumières bizarres qui apparaissent dans le ciel de Virginie-Occidentale, ni qui sont les hommes-phalènes, mais élargit les pistes de réflexion (certainement plus analysées dans le pendant de ce livre avec lequel il forme un dytique, The Eighth Tower), et nous offre des témoignages qui semblent criants de vérité ! Et finalement, cette étude du journaliste Keel n’est pas pour nous rassurer !

Après qu’on y croit ou pas, ce livre est tout de même intéressant, et on est vite pris par le mystère qui entoure la petite ville… En cela, j’ai apprécié ce livre, même si on tourne vite en rond avec l’accumulation des témoignages souvent semblables, qui donnent certaines longueurs à certains chapitres. Mais bon, cela permet de renforcer le climat oppressant de l’époque, et l’impression qu’on finissait par nager en pleine 4ème dimension !

Bref, une lecture sympa, qui m’intriguait assez, depuis le film tiré du livre en 2002, La prophétie des ombres, avec Richard Geere.

Heureusement pour nous, la Virginie-Occidentale n’est pas habitées que par des entités extra-terrestres ou autres bizarreries parapsychologiques ! Ses 1,8 millions d’habitants sont tous à priori ce qu’il y a de plus humain 🙂

Malgré ce qui est suggéré dans le livre (que les amérindiens évitaient la région à cause des phénomènes étranges se déroulant là bas), la Virginie-Occidentale était bel est bien le lieu de villégiature de plusieurs tribus amérindiennes, comme les Iroquois ou les Adena, qui sont à l’origine d’énormes tumulus dans la région.
Après l’arrivée des premiers colons européens, la région est initialement rattachée à la Virginie, britannique… même si des allemands de Pennsylvanie installent quelques villages dans la région.
Alors que la guerre de Sécession débute, la partie occidentale de la Virginie, attachée à l’esclavagisme décide de rejoindre les états du Sud. La Virginie-Occidentale fait donc sécession en 1861 pour rejoindre les Confédérés, alors que la Virginie reste dans l’Union. En 1863, la Virginie-Occidentale rejoint l’Union comme nouvel état, et l’année suivante aboli l’esclavage. Il est intéressant de voir comment la guerre de Sécession à conduit à séparer en deux un état, avec ses conflits fratricides qu’on peut aisément imaginer, que ce soit avant, pendant ou après la séparation. En 1877, Charleston est désignée comme capitale de l’état, et est aujourd’hui la ville la plus peuplée de Virginie-Occidentale.

La chanson Take me home, Country road de John Denver, dans le pur style country, célèbre la beautés des paysages de la Virginie Occidentale… Et il y a de quoi faire entre les montagnes Appalaches, les vallées creusées par les fleuves tels l’Ohio, les forêts, les réserves animalières. De quoi donner envie de visiter cette région 🙂

Mais la Virginie-Occidentale est aussi et avant tout une région d’industrie minière :  charbon, salpêtre, houille, gaz naturel, pétrole… L’industrie du bois bénéficie des énormes zones forestières de l’état et des différentes essences qu’on y trouve (chêne, cerisier, pin…).
Actuellement, si l’électricité produite en Virginie-Occidentale est essentiellement produite par les centrales au charbon, des technologies plus écologiques se développent, comme les éoliennes ou les panneaux photovoltaïques.

Point Pleasant dont il est question dans le livre existe réellement, témoignage oblige… Aujourd’hui c’est une ville de 4600 habitants, implantée au bord de l’Ohio, et situé au milieu d’une réserve naturelle sous laquelle se trouvent les tunnels d’une ancienne réserve de TNT, dont il est notamment question dans les apparition d’entités étranges.

« Un enfant de Dieu » de Cormac McCarthy (Etat du Tennessee)

Pour parler du Tennessee dans le cadre du challenge « 50 états, 50 billets », on a l’embarras du choix dans la bibliographie de Cormac McCarthy, qui a vécu toute son enfance dans cet état. J’ai choisi Un enfant de Dieu un peu pour le titre, un peu parce qu’il est relativement court, et aussi parce qu’il a une sale note (4/10) sur Livraddict… Je me demandais ce qui déplaisait autant dans ce livre, et je me pose encore cette question après sa lecture !

Le récit se déroule dans le comté de Sevier au Tennessee, dans les années 60. Lester Ballard est marginal, squattant des granges ou fermes abandonnées, des grottes… Il vit en parallèle de la société et de la ville la plus proche. S’il a quelques « amis », la police locale le tient à l’oeil… et il y a de quoi, il a une mauvaise réputation, qu’il tient autant de légendes sur ses aïeux, que de ses fréquentations, ses actes répréhensibles, ou son côté bizarre. C’est un être sombre, dont on ne sait pas trop s’il sait différencier le bien du mal… et ce livre-portrait de cet « enfant de Dieu » va peut être nous amener à douter du bon sens de son Créateur, lorsque Ballard se trouve confronté à son premier cadavre

Si on a bien une histoire, ce livre dresse le portrait de Ballard, sombre et glauque, une sorte d’image de certains « monstres » sortis de films d’horreurs se déroulant dans les coins les plus pommés des USA. Ce livre, écrit en 1973, n’est pas sans me rappeler Le démon de Hubert Selby paru en 1976 : deux récit qui parlent de la manière dont deux hommes deviennent des assassins, juste pour leur plaisir, laissant émerger la Bête en eux. Si Ballard est un bouseux, le héros de Selby est un business-man new-yorkais… mais leur passion est la même. Entre Dieu et le Démon, les titres des romans se répondent même, comme des miroirs déformants.

Bref, j’ai du mal à voir en quoi ce roman serait si mauvais d’après les critiques de lecteurs : on retrouve vraiment le style d’écriture de La route, pessimiste, dans un monde en noir et blanc où juste des nuances de rouge viennent étoffer le tableau, comme des coups de couteau. Une histoire dure, une écriture lapidaire… Perso j’aime 🙂

Le Tennessee est à l’origine un territoire amérindien où vivaient des Creeks et Cherokee. Ce territoire leur doit son nom tirée du village Cherokee de Tanasi.
Au 16ème siècle les Espagnols explorent la région, puis les Français au 17ème siècle… Mais se sont les Anglais qui coloniseront le Tennessee après l’avoir gagné lors du Traité de Paris en 1763. Après la guerre d’Indépendance, les tous jeunes Etats-Unis offrent une partie des terres du Tennessee à la Caroline du Nord, afin de combler ses dettes suite à la guerre.
La partie restante du territoire deviendra indépendant en 1784 : l’état de Franklin. Dans la mouvance des révolutions américaines, cet état subsistera 4 ans, avec à sa tête John Sevier. En 1785, l’état de Franklin demande même à faire parti de l’Union des Etats-Unis… chose qui échouera de très peu de voix ! Sans l’aide de l’armée fédérale, ni une économie suffisamment stable, la Caroline du Nord eu très peu de difficulté à reprendre ces terres, et n’eu presque pas eu à se battre. Les tribus indiennes en revanche profitèrent de l’instabilité pour attaquer quelques fermes et colons de Franklin ! En 1788, la Caroline du Nord récupère donc les terres de l’état de Franklin.
En 1796, la Caroline du Nord rend ses terres au Tennessee, qui deviendra alors le 16ème état des Etats-Unis  !
En 1843 Nashville devient la capitale de l’état, et rassemble autour d’elle de grandes zones dédiées à la culture du coton et du tabac… des plantations qui demandent beaucoup de main d’oeuvre d’esclaves. Par conséquent, le Tennessee se tourne du côté des états du sud Confédérés lors de la guerre de Sécession. De violents combats auront alors lieu sur ces terres. Dernier état à rejoindre les Confédérés, il sera le premier à réintégrer l’Union en 1866. Mais malgré cela, c’est au Tennessee que le Ku Klux Klan, tristement célèbre, verra le jour en 1865.

Quand on entend parler du Tennessee plusieurs images me viennent en tête, petite française élevée au sein de la culture populaire : David Crockett le fameux trappeur né dans cet état selon la chanson ; Elvis Presley qui à vécu et est mort à Memphis, et a enregistré dans les studios de Nashville comme bien d’autres : de Bob Dylan aux White Stripes ; la musique country qui à vu le jour dans ces contrées ; la fabrication du whiskey Jack Daniel’s… Bref, l’image de l’Amérique rêvée !

De quoi rendre fiers ces 6 millions d’habitants qui vivent certes de l‘industrie musicale, mais aussi et surtout de ses ressources minières : charbon, fer… Le Tennessee est ainsi dans la moyenne économique du pays.

De plus, comme on le soupçonne dans le roman, l’état bénéficie de territoires sauvages : montagnes, parcs, forêts…  dont la région de Big Frog Mountain, dont il est question dans le livre, et qui se situe dans le sud du Tennessee.