Catégorie : Lectures

Challenge ABC 2019

En décembre vient le bon temps de la préparation des challenges et des bonnes résolutions de faire le vide dans sa PAL… surtout quand le Père Noël a été généreux côté lecture 😉

Une fois de plus je vais tenter de relever le défi du Challenge ABC, pour l’année 2019 !

Voici ma liste, qui pourra évoluer en cours d’année, car j’ai choisi l’option A (la plus permissive en termes de changements). Côté stratégie je profite non seulement de l’habituel auteur anonyme pour le X… mais aussi de la nouvelle règle du Q qui peut être validé si le livre est écrit à quatre mains, donc par deux auteurs !

A : ASIMOV, Isaac – La fin de l’éternité – 353 pages – SF
B : BRIN, David – Les sphères de cristal – 320 pages – SF
C : CUTTER,Nick – Little Heaven – 576 pages – Policier
D : DHEE, Amandine – La femme brouillon – 144 pages – Contemporaine
E : ELLORY, R.J. – Un cœur sombre – 13h21mn – Policier
F : FERRANTE, Elena – L’amie prodigieuse tome 3 : Celle qui fuit et celle qui reste – 544 pages – Contemporaine
G : GAUDE, Laurent – La porte des enfers – 266 pages – Contemporaine
H : HOWEY, Hugh – Silo, tome 2 – 700 pages – SF
I : INDRIDASON, Arnaldur – La voix – 400 pages – Policier
J : JAWORSKI, Jean-Philippe – Chasse royale, partie 1 – 14h31mn – Fantasy
K : KING, Stephen – Mr Mercedes – 15h59mn – Thriller
L : LEMAITRE, Pierre – Au revoir là-haut – 17h01mn – Historique
M : MANZINI, Antonio – Maudit printemps – 292 pages – Policier
N : NOREK, Olivier – Entre deux mondes – 8h58mn – Thriller
O : OLIVER, Lauren – Delirium, tome 3 : Requiem – 480 pages – SF
P : PULLMAN, Philip – A la croisée des mondes tome 1 : Les royaumes du Nord – 464 pages – Fantasy Aventure
Q : PRESTON & CHILD, Douglas & Lincoln – Danse de mort – 14h36mn – Thriller
R : ROWLING, J.K. – Harry Potter, tome 4 : Harry Potter and the Goblet of Fire – 617 pages – Fantasy
S : STURGEON, Theodore – Cristal qui songe – 256 pages – SF
T : TARTT, Donna – Le chardonnet – 795 pages – Drame
U : UNGER, Lisa – L’appel du mal – 424 pages – Thriller
V : VONNEGUT, Kurt – Le berceau du chat – 254 pages – SF
W : WERBER, Bernard – L’empire des Anges – 13h43mn – SF
X : ANONYME – Bourbon Kid – 493 pages – Fantastique
Y : YOKOYAMA, Hidéo – Six-Quatre – 650 pages – Policier
Z : ZWEIG, Stephan – Marie-Antoinette – 18h33mn – Historique

« Comme un phare dans la tourmente » de Wendall Utroi

Encore un livre de plus dans mon challenge ABC, en mode express avant le 31 décembre !
Comme tous les ans le U est une vraie galère… il n’y a pas énormément d’auteur dont le nom commence par cette lettre. En regardant un peu sur le catalogue de prêt Amazon Prime pour Kindle, je suis tombée sur cet auteur : Wandall Utroi, un auteur français comme son nom ne l’indique pas. Comme un phare dans la tourmente était pas mal noté, et assez court. Aller hop, vient voir Loesha toi 😉

Dans les années 70, Martial vit a la campagne dans le Sud de la France. Alors qu’il n’avait plus de nouvelles de sa fille Mylène, partie à la capitale se marier des années auparavant, voilà qu’elle réapparaît ! Mais son retour n’annonce pas de bonnes nouvelles : hospitalisée, elle laisse à Martial la garde de son fils de 5 ans, Antoine. Il s’avère que Mylène et Antoine ont été battus par Alex, le mari de celle-ci et père du petit…
Ça Martial a du mal à le digérer… Avec l’aide d’Anne, son aide à la ferme et quasi fille adoptive, il va essayer de redonner de la joie de vivre à Antoine et de sortir Mylène des griffes de son mari violent.
Mais c’est peine perdu, Mylène n’a qu’une envie, retourner auprès de son époux.

Au risque de me faire des ennemis parmi les lecteurs qui ont adoré ce livre (19 de moyenne sur Livraddict tout de même, 4,9 sur Amazon…), je n’ai pas été plus emballée que ça.

Je trouve la psychologie des personnages pas assez fouillée, dans une ambiance très manichéenne.
Du coup oui, Alex le méchant père issu d’une famille bourgeoise on le déteste, le papy qui vient de la campagne on le trouve gentil… un peu cliché. Mais dommage, Mylène passe pour une cruche et le petit Antoine n’est pas intéressant…
Martial aurait mérité qu’on creuse un peu son passé, ou alors qu’il ait vraiment un côté plus sombre. C’est le seul personnage avec lequel j’ai eu un peu d’empathie…
Donc dommage, avec un thème pareil il y avait moyen de moins faire dans le pathos. Je m’attendais même à un thriller pour briser le rythme ! Mais non.

Côté écriture j’ai trouvé ça trop rapide, des répétitions de motifs et les dialogue pas toujours géniaux…
Sur la fin c’est un peu mieux, car on trouve enfin le cœur du récit : un hommage aux liens familiaux, la dénonciation de la société qui sépare les famille pour le travail, laisse les anciens seuls…

Bref, je suis très mitigée… mais sans nul doute qu’il plait à la majorité des lecteurs, vu les commentaires dithyrambiques qui circule sur son compte.

« La femme sous l’horizon » de Yann Queffélec

Une fois de plus, le challenge ABC et sa dernière ligne droite m’a engagé vers des lectures que je n’avais pas du tout anticipées. Après des recherches d’auteurs pour la lettre Q, j’ai redécouvert l’auteur Yann Queffélec. Il y a plus de vingt ans au lycée je lisais Les noces barbares, un vrai livre coup de poing qui ne peut que résonner dans l’esprit d’un adolescent…

Dans la Lorraine des années 80, une famille vit en huis clos dans un manoir perdu au milieu des bois. D’origine russe, ce clan est régit par la grand-mère Zinnaïde, et ses fils : l’alcoolique et violent Vladimir et Lev le prêtre défroqué complètement effacé. Vladimir a deux fille, Zenia et Tita, qu’il élève seul, sa femme Carmilla étant morte dans un accident.
Mais le fantôme de Carmilla plane toujours sur la famille. Vladimir ne s’étant jamais remis de la mort de son épouse, il se venge sur la bouteille et sur Tita, qu’il frappe et fait boire dès ses premiers mois. Zinnaïde défend à quiconque de rappeler son souvenir ou de citer son nom… Qu’est-ce que cette femme a fait de si terrible ? Et pour le plus grand malheur de tous, Tita en grandissant ressemble comme deux gouttes d’eau à sa mère défunte… Quel destin peut bien l’attendre ? Pourra-t-elle échapper à sa famille et à l’ambiance étouffante du manoir de Baba Yaga ?

Nous suivons particulièrement Tita dans ce récit tragique, qui est constamment sous le signe du double. Tita et Carmilla se ressemblent comme des jumelles, et la jeune jeune fille va finir par se confondre totalement avec sa propre mère, comme habitée par son âme. Carmilla, la femme sous l’horizon, qui rythme le malheur de tous. Car oui, personne n’est heureux… comme dans un roman russe !
Petit éclair d’espoir, l’amour et la venue d’un enfant pourraient être sauver Tita…  seulement si elle laisse sa haine et son doppleganger maternel derrière elle.
Dès les premières ligne on devine quel sera la fin, mais ce n’est pas grave, car c’est la manière dont la main du Destin va s’abattre sur cette famille dysfonctionnelle qui nous pousse à tourner les pages de ce livre.

Difficile de dire si Les noces barbares est mieux ou moins bien que La femme sous l’horizon… la thématique de l’enfance brisée et abusée est présente dans les deux livres pour les amateurs d’ambiances plombantes. Et aucun des personnages n’est appréciable… même si on comprend à tous leurs motivations ! Bref, une psychologie des personnages complexe et parfois déroutante.

Une très bonne lecture de mon point de vue, dans un univers à la fois dramatique et symbolique qui révolte et met parfois mal à l’aise.

« Escarmouche » de Clifford D. Simak

J’avais presque oublié que mon beau-frère, amateur de science-fiction classique, m’avait prêté ce recueil de nouvelles il y a fort fort longtemps (il y a bien 5 ou 6 ans… désolée…).

Lors de ma recherche des livres courts dont le nom de l’auteur correspond à mes lettres manquantes pour le challenge ABC, j’ai exhumé cette relique d’un des rois de la SF. Un vieux bouquin comme on en trouve plus, aux pages jaunies, la tranche orange foncée et surtout à la couverture ornée d’une magnifique illustration représentant une femme à moitié dénudée (qui bien sûre n’a rien à voir avec le contenu de l’ouvrage). Bref, le bon vieux temps de la SF !
Nous sommes ici devant un recueil de nouvelles classique comme on en faisait dans le temps : quelques nouvelles du maître, préfacée par celui-ci. Pas du grand Simak à mon humble avis, mais quelques nouvelles m’ont tout de même interpellées ou amusées. 
Car c’est là le style de l’âge d’or de la SF : faire rêver, réfléchir mais aussi amuser son lecteur.

La thématique centrale tourne autour des premières rencontres entre humains et extra-terrestres, et ce pour les trois quarts des nouvelles. Il y a de quoi faire ! Surtout quand les aliens viennent tenter de conquérir notre planète…

La plus sympa en prend le contre-pied, Gros Coup. Ici c’est une bande de baroudeurs de l’espace, sans foi ni lois, qui cherchent à se faire de l’argent avec tout ce qu’ils trouvent sur les planètes sur lesquelles ils accostent. Sur l’une d’elle, ils découvrent une machine qui permet de lire des enregistrements qui vous propulsent littéralement dans une réalité virtuelle. L’idéal pour apprendre des choses… mais aussi pour faire voyager de riches clients terriens ! Ici les extra-terrestres font preuve de finesse pour éviter une mauvaise utilisation de leur université ambulante…

Un recueil pas vraiment nécessaire pour votre connaissance du maître, mais pas désagréable à lire… 

« Passager 23 » de Sebastian Fitzek

Ces deux derniers mois de lecture de l’année ont l’allure d’un sprint, pour finir le challenge ABC avant le 31 décembre. L’optimisation est de mise pour passer la ligne d’arrivée avec toutes les lettres validée : lecture audio, choix de livres courts, changement d’auteurs…

C’est comme cela que j’en suis arrivée à lire Passager 23 : un livre audio court, dont l’auteur correspond à une lettre manquante dans le challenge, et qui n’était pas trop mal noté. Banco !

L’enquêteur Martin Schwartz est un drôle de personnage. Sur la brèche, il n’hésite pas à mettre sa vie en danger pour résoudre des enquêtes et infiltrer les milieux les plus sordides. Mais qu’on ne se trompe pas, ça n’est pas une marque de courage, mais de profonde dépression. Depuis que sa femme s’est suicidée en emportant son jeune fils en se jetant dans l’océan lors d’une croisière, Martin a perdu le goût de la vie.
Quand on l’invite sur le bateau où sa famille est morte pour lui délivrer des informations sur ce drame, il n’hésite pas un instant ! Les preuves retrouvées vont dans le sens de ce qu’il pensait : sa femme ne s’est pas suicidée, et elle n’aurait pas assassiné son fils ! Peut-être est il encore en vie ? Mais pour cela il devra faire entendre raison à l’équipage et au capitaine du bateau. 
Difficile, car cette fois la preuve est la personne d’une petite fille considérée disparue en mer, réapparue comme par enchantement

Ce livre audio a été très plaisant à écouter. Simple, dynamique, et sordide comme il faut… pour un thriller efficace. Un vrai page-turner ! Comme les commentaires le laisser présager, la fin et ses multiples rebondissements n’est pas à la hauteur des 95% du roman, c’est dommage mais pas réellement gênant.

Les thèmes apparaissant dans le l’œuvre sont originaux : c’est la première fois que je lis un thriller se déroulant sur un bateau de croisière, qui est pourtant un très bon lieu pour un huis clos de roman noir ! On y traite aussi de la pédophilie des mères sur leurs enfants. Je vous avais dit que c’était glauque !

Voilà donc on livre très sympa pour les transports en commun, bien lu en plus. A découvrir pour les amateurs du genre !

« Hôtel Olympia » d’Elisabeth Vonarburg

Quelle ne fut pas ma joie en voyant dans la bibliothèque Audible un ouvrage d’Elisabeth Vonarburg, une des références de la SF au féminin !
Moi qui avais adoré Chronique du Pays des Mères, je me suis empressée de le mettre dans ma liste d’envie… avec tout de même une petite crainte en lisant les commentaires pas très engageants. Bon après tout, chacun ses goût !

Olympia a disparu et personne ne peut dire où elle est… Danika sa fille va devoir reprendre la charge de directrice de son hôtel, l’Hôtel Olympia, alors qu’elle l’a quitté en même temps que sa mère il y a plus de trente ans.
Elle a presque tout oublié de ses souvenirs d’enfances, qui vont émerger très rapidement en revoyant les occupants de l’hôtel, pour la plupart des oncles, tantes, grands-parents… toute sa famille en somme ! Mais ces gens sont bizarres et ne semblent pas avoir vieillit, et ils lui parlent comme s’ils cachaient un secret.
Savent-ils où est Olympia finalement ? Il vaudrait mieux, car Danika n’a pas envie de faire de vieux os ici. Si elle se remémore de bons moments avec ses amis, elle sait qu’elle n’a pas toujours été heureuse ici… et elle se souvient aussi que parfois, l’hôtel rêve

L’intérêt de ce livre est assez simple : l’Hôtel Olympia, comme son nom l’indique, est la demeure de dieux grecs, qu’on peut d’ailleurs s’amuser à identifier : Hermès, Cassandre, Héra, Zeus…
Moi qui adore la mythologie, je me suis dit « Chouette ! ». Mais autant le dire tout de suite, j’ai été assez déçue par ce livre… Je n’ai rien compris au récit qui part dans tous les sens, et même avec du recul je n’ai pas réussi à m’embarquer dans cette histoire surréaliste. D’ailleurs de nombreuses références aux arts et à Magritte me suggèrent une apparenté entre ce courant artistique et la construction de ce livre, qui a tout d’un cadavre exquis. Mais je n’ai pas été touchée par cette poésie et le découpage en tableaux successifs.

Le côté audio n’a pas aidé… Grosse surprise lors des premières secondes : le livre est dicté en français québécois ! Normal quand on y réflechit, puisque l’auteure est québecoise. Ça donne une touche exotique et fun, qui ne m’a perturbé que les premières heures… ça et les expressions de nos cousins outre-Atlantique dans certains dialogues. Bref, c’est un détail peu bloquant…
Le souci majeur est celui que je reproche à pas mal de voix d’actrices : elle est tellement neutre et monocorde qu’elle semble presque artificielle.

Donc pas de coup de cœur pour ce livre très axé sur la nostalgie et les tribus familiales… les 17h de lecture m’ont parues bien longues, malgré les qualités d’écriture et d’imagination de l’auteure.

« Rétrograde » de Peter Cawdron

Pour le partenariat Denoël d’octobre j’ai suivi mes inclinations habituelles en choisissant un roman de SF… qui de plus me permet d’avancer sur mon challenge ABC 😉
Est-ce que cette aventure martienne est à la hauteur de ce qui est annoncé, c’est à dire une déclinaison de Seul sur Mars ?

Dans un avenir pas si lointain, une centaine de colons vivent sur Mars afin d’étudier la planète rouge. La base est divisée en 4 modules correspondants aux grandes nations impliquées dans l’exploration spatiale : les Etats-Unis, la Chine, la Russie, et l’Eurasie. Alors que la mission prévue pour durer 10 ans se déroule on ne peut mieux, une nouvelle terrifiante arrive de la Terre : une guerre nucléaire a débuté !
New-York, Chicago, Paris, Moscou… ont été rasées par des bombes atomiques, les moyens de communication et Internet ont été bloqués, peu d’informations fiable circulent… un black-out mondial !
Comment gérer cette information lorsqu’on est sur Mars et qu’on a aucune nouvelle de ses proches ? Quel pays a tiré le premier, et pourquoi ? Est-ce que la guerre terrienne aura des répercussions sur les relations entre les colons de différentes nationalités sur une planète lointaine ?

Nous suivons ce drame au travers les yeux de Liz Anderson, une scientifique du module américain. On rentre très rapidement dans le cœur du sujet, et le côté hard SF qu’on s’attend à voir, avec tous les descriptifs des modules, de la surface martienne, des rovers… est assez bien dilué dans l’action.
J’ai apprécié l’intrigue construite en escalier tout du long du récit, ce qui nous permet de nous identifier à la situation des colons, à coup d’annonces successives qui aident à la recoller les morceaux de l’histoire qui a conduit à la guerre sur Terre. Pendant toute la première partie du livre on cherche à savoir quel pays a pu se lancer dans ce conflit en premier… et la réponse de l’auteur m’a assez surprise. Bien vu 😉
Si la fin est un peu brouillon pour justifier le tout (difficile d’être clair ici pour ne pas spoiler), il a l’avantage de nous questionner sur la nature de l’humanité…

Bref, au final, j’ai tout de même passé un bon moment !
Merci Denoël pour ce partenariat !

Rétrograde de Peter Cawdron
Traduit de l’anglais par Mathieu Prioux
Éditions Denoël, collection Lunes d’encre – 304 pages
Paru le 11 octobre 2018

« Le Pape, le Kid et l’Iroquois » d’Anonyme

Depuis le temps qu’on me vendait ce roman… Que ce soit mon conjoint, petit lecteur et fan des univers sanglants, ou encore La chèvre grise, lectrice aguerrie amatrice de récit déjantés (si si !)… il était temps que je prenne l’excuse du challenge ABC et sa fameuse lettre X pour me replonger dans la saga du Bourbon Kid.
Il faut dire que j’étais un peu frustrée ces derniers temps avec cette série de romans, car mon personnage favori, Elvis, avait disparu. Tristesse sans fin…
Psycho Killer, le spin-off de la saga,  était de très bonne facture avec son univers de série B hallucinant… Sans compter son le tueur dingue, l’Iroquois, qui sait faire pleuvoir l’hémoglobine aussi bien que le Kid. Mais voilà, on était ailleurs.
Il ne restait plus qu’à réunir ces deux univers pour obtenir un cocktail bien sanglant, rehaussé d’une grosse dose de « what the f*ck » !

Quelque part, quelques mois après les tueries de B Movie Hell, Bébé tente de commencer une vie normale auprès de son père Devon Pincent. Elle passe ses journées à penser à son grand amour, qui l’a sauvé du bordel où elle officiait… Joey Conrad, alias l’Iroquois, ce tueur psychopathe dissimulant son visage sous masque surmonté d’une crête. Elle refuse de croire ce qu’elle entend à son propos : il aurait tué de sang-froid une nonne dans un restaurant de la ville, et voudrait maintenant s’attaquer au pape !C’est cet assassinat que le gang des Dead Hunters souhaite éviter. Rodeo Rex, le Bourbon Kid, et Elvis (!!!) aidés par la magie de la Dame Mystique qui leur indique l’heure de la mort de l’Homme en Blanc, vont tout faire pour sauver le pape. Et justement, celui-ci doit venir tester un nouveau traitement contre le cancer de la peau… L’occasion idéale pour l’Iroquois de commettre son forfait.
Mais est-ce que notre tueur psychopathe favoris a bien programmé de tuer le pape ? Et si ce n’est pas lui, qui serait derrière tout cela ?

Comme toujours, l’univers du Bourbon Kid est un régal… Le mélange des deux séries marche très bien : le côté dark et très rock des Dead Hunter, associé au touches 80’s de Psycho Killer en fait un roman jubilatoire.
Et je l’ai souligné plus haut, je retrouve enfin Elvis, le tueur à gage le plus cool de la planète !

Ce que j’ai beaucoup aimé avec ce livre, c’est de voir à quel point il est scénarisé comme un film. L’enchaînement des scènes et des chapitres, la posture des personnages, les musiques qui apparaissent çà et là… D’ailleurs je me suis amusée à me faire une petite bande son année 80, à base de Prince ou Grease pour coller à certaines scènes 😉

Je ne peux que conseiller aux fans du Bourbon Kid et de l’Iroquois de lire ce cinquième tome de la saga. Reste maintenant à voir ce que donne le dernier en date, Bourbon Kid. Rendez-vous l’an prochain pour ma nouvelle lettre X du challenge ABC !

 

« Magellan » de Stefan Zweig

Si je participe à des challenges de lecture, comme le Challenge ABC, c’est pour découvrir des auteurs et des bijoux comme ce Magellan ! La lecture sous contrainte a cet avantage, nous diriger vers des terres inconnues… Maintenant que j’ai goûté au charme de Stefan Zweig, je n’ai plus qu’un objectif, en faire un lieu de villégiature !

Nous avons tous entendu parler à l’école, de Magellan. On y apprend qu’il a fait le tour du monde… bien bien bien… Mais sait-on réellement quels étaient les enjeux d’un tel périple au 16ème siècle ?
Sous la plume de Stefan Zweig se dresse le portrait de Magellan tout en subtilité : un expert de la navigation portuguais, taciturne mais persévérant, de sang noble mais qui a servi comme combattant en Inde… Nous découvrons comment a émergé l’idée d’un voyage vers l’Ouest pour rejoindre l’Inde, les difficultés pour mettre en place un tel projet, les dangers qui jalonnent une telle odyssée…
Une biographie magnifique où un tableau de l’Europe de la fin du Moyen-Age côtoie l’odeur des épices de l’Inde, un récit de voyage où les passions des hommes se brise sur la rudesse de nature… et de leur propre orgueil.
Si à la sortie de ma lecture de Sapiens je maudissais le moment où les Hommes ont pris le chemin de mers pour asservir un peu plus la planète, l’aventure de ce Magellan contée par Zweig, m’a reconcilié avec l’humanité et ses oeuvres, et pourtant, l’auteur est loin de nous présenter dans cette expédition un idéal d’humanisme et de moralité.
En écoutant ce livre j’ai pensé aux paroles de Hegel, « Rien de grand ne s’est fait sans passion », ce qui est on ne peut plus vrai ici !

J’ai écouté ce livre sous format audio, et j’ajouterai que la voix du narrateur est très bien adaptée au texte, ce qui permet de se sentir transporté véritablement dans cet univers.

Un gros coup de coeur… et c’est sans hésitation que je vais me diriger vers d’autres ouvrages historiques de Zweig dans les mois à venir. Et oui, il faut bien que je prépare ma liste pour le challenge ABC 2019 😉

 

 

« Charlotte Impératrice tome 1 : La Princesse et l’Archiduc » de Fabien Nury et Matthieu Bonhomme

La chèvre grise m’a motivée cet été à participer à une Masse Critique de Babelio… voilà comment je me suis retrouvée un peu par hasard à lire Charlotte Impératrice.
Ca faisait bien longtemps que je n’avais pas ouvert une bande-dessiné, et d’autant plus une BD « belge »… A force de lire des mangas et des comics, j’en avais oublié la sensation d’ouvrir un grand album cartonné et de tourner les pages colorées.
Une bonne réconciliation avec le format ou non ?

A la fin du 19ème siècle, nous découvrons Charlotte, princesse de Belgique, qui doit choisir son futur époux. Le roi du Portugal ou l’archiduc d’Autriche ? Son choix s’arrête sur Ferdinand-Maximilien d’Autriche, le frère de l’empereur d’Autriche François-Joseph…
Si les prémices du mariage sont un véritable conte de fée, Charlotte s’aperçoit rapidement que derrière le faste de la cours autrichienne, se cachent des relations familiales compliquées qui ont un impact direct sur le caractère de son époux…
Max l’archiduc est en fait le vilain petit canard de la famille des Habsbourg, le looser de la tribu… ce que Charlotte va comprendre lorsqu’elle rencontrera l’impératrice Elisabeth, que nous connaissons mieux sous le surnom de Sissi… Le pauvre couple Max – Charlotte va aller de Charybde en Scylla, dans l’espoir de trouver une place digne de leur rang.

Amusant de voir dans cette bande dessinée des conflits et névroses familiales transposées à la cours. Jalousie, perte de l’estime de soi, auto-destruction, traitrise…  Les têtes couronnées ne valent pas mieux que le dernier de leur sujet dans ce domaine. Mais ils peuvent aussi s’aimer, ce qui donne du courage à notre Charlotte.
Forcément, en tant que lecteur on focalise un peu sur la star autrichienne Sissi, qu’on nous a tellement servie au cinéma et à la TV comme l’archétype de la princesse souriante. Ici c’est une vraie garce revêche, sûre de son rang et manipulatrice. Et pourtant elle ne doit pas apparaitre plus de deux pages. Il ne fallait pas mieux que cette Nemesis pour motiver Charlotte à combattre son infortune et gagner un titre digne de son rang, puisqu’on ne lui offrira pas sur un plateau d’argent… Elle a épousé l’homme qu’elle aime, mais ça n’est pas pour autant qu’elle ne veut pas porter à son tour une couronne, et d’impératrice tant qu’à faire.
Un récit passionnant servi par une scénarisation et une construction des pages impeccable
Bref, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir cette histoire, et je prends sur moi de ne pas aller regarder sur Wikipédia quel a été le destin – forcement tragique – de ce couple.
Les dessins m’ont plu (dieu sait que je suis difficile dans ce domaine,) et la mise en couleur est subtile, vivante… pour un univers tout en clair-obscur.

Bref, vivement la suite 🙂