Catégorie : Lectures

« Hôtel Olympia » d’Elisabeth Vonarburg

Quelle ne fut pas ma joie en voyant dans la bibliothèque Audible un ouvrage d’Elisabeth Vonarburg, une des références de la SF au féminin !
Moi qui avais adoré Chronique du Pays des Mères, je me suis empressée de le mettre dans ma liste d’envie… avec tout de même une petite crainte en lisant les commentaires pas très engageants. Bon après tout, chacun ses goût !

Olympia a disparu et personne ne peut dire où elle est… Danika sa fille va devoir reprendre la charge de directrice de son hôtel, l’Hôtel Olympia, alors qu’elle l’a quitté en même temps que sa mère il y a plus de trente ans.
Elle a presque tout oublié de ses souvenirs d’enfances, qui vont émerger très rapidement en revoyant les occupants de l’hôtel, pour la plupart des oncles, tantes, grands-parents… toute sa famille en somme ! Mais ces gens sont bizarres et ne semblent pas avoir vieillit, et ils lui parlent comme s’ils cachaient un secret.
Savent-ils où est Olympia finalement ? Il vaudrait mieux, car Danika n’a pas envie de faire de vieux os ici. Si elle se remémore de bons moments avec ses amis, elle sait qu’elle n’a pas toujours été heureuse ici… et elle se souvient aussi que parfois, l’hôtel rêve

L’intérêt de ce livre est assez simple : l’Hôtel Olympia, comme son nom l’indique, est la demeure de dieux grecs, qu’on peut d’ailleurs s’amuser à identifier : Hermès, Cassandre, Héra, Zeus…
Moi qui adore la mythologie, je me suis dit « Chouette ! ». Mais autant le dire tout de suite, j’ai été assez déçue par ce livre… Je n’ai rien compris au récit qui part dans tous les sens, et même avec du recul je n’ai pas réussi à m’embarquer dans cette histoire surréaliste. D’ailleurs de nombreuses références aux arts et à Magritte me suggèrent une apparenté entre ce courant artistique et la construction de ce livre, qui a tout d’un cadavre exquis. Mais je n’ai pas été touchée par cette poésie et le découpage en tableaux successifs.

Le côté audio n’a pas aidé… Grosse surprise lors des premières secondes : le livre est dicté en français québécois ! Normal quand on y réflechit, puisque l’auteure est québecoise. Ça donne une touche exotique et fun, qui ne m’a perturbé que les premières heures… ça et les expressions de nos cousins outre-Atlantique dans certains dialogues. Bref, c’est un détail peu bloquant…
Le souci majeur est celui que je reproche à pas mal de voix d’actrices : elle est tellement neutre et monocorde qu’elle semble presque artificielle.

Donc pas de coup de cœur pour ce livre très axé sur la nostalgie et les tribus familiales… les 17h de lecture m’ont parues bien longues, malgré les qualités d’écriture et d’imagination de l’auteure.

« Rétrograde » de Peter Cawdron

Pour le partenariat Denoël d’octobre j’ai suivi mes inclinations habituelles en choisissant un roman de SF… qui de plus me permet d’avancer sur mon challenge ABC 😉
Est-ce que cette aventure martienne est à la hauteur de ce qui est annoncé, c’est à dire une déclinaison de Seul sur Mars ?

Dans un avenir pas si lointain, une centaine de colons vivent sur Mars afin d’étudier la planète rouge. La base est divisée en 4 modules correspondants aux grandes nations impliquées dans l’exploration spatiale : les Etats-Unis, la Chine, la Russie, et l’Eurasie. Alors que la mission prévue pour durer 10 ans se déroule on ne peut mieux, une nouvelle terrifiante arrive de la Terre : une guerre nucléaire a débuté !
New-York, Chicago, Paris, Moscou… ont été rasées par des bombes atomiques, les moyens de communication et Internet ont été bloqués, peu d’informations fiable circulent… un black-out mondial !
Comment gérer cette information lorsqu’on est sur Mars et qu’on a aucune nouvelle de ses proches ? Quel pays a tiré le premier, et pourquoi ? Est-ce que la guerre terrienne aura des répercussions sur les relations entre les colons de différentes nationalités sur une planète lointaine ?

Nous suivons ce drame au travers les yeux de Liz Anderson, une scientifique du module américain. On rentre très rapidement dans le cœur du sujet, et le côté hard SF qu’on s’attend à voir, avec tous les descriptifs des modules, de la surface martienne, des rovers… est assez bien dilué dans l’action.
J’ai apprécié l’intrigue construite en escalier tout du long du récit, ce qui nous permet de nous identifier à la situation des colons, à coup d’annonces successives qui aident à la recoller les morceaux de l’histoire qui a conduit à la guerre sur Terre. Pendant toute la première partie du livre on cherche à savoir quel pays a pu se lancer dans ce conflit en premier… et la réponse de l’auteur m’a assez surprise. Bien vu 😉
Si la fin est un peu brouillon pour justifier le tout (difficile d’être clair ici pour ne pas spoiler), il a l’avantage de nous questionner sur la nature de l’humanité…

Bref, au final, j’ai tout de même passé un bon moment !
Merci Denoël pour ce partenariat !

Rétrograde de Peter Cawdron
Traduit de l’anglais par Mathieu Prioux
Éditions Denoël, collection Lunes d’encre – 304 pages
Paru le 11 octobre 2018

« Le Pape, le Kid et l’Iroquois » d’Anonyme

Depuis le temps qu’on me vendait ce roman… Que ce soit mon conjoint, petit lecteur et fan des univers sanglants, ou encore La chèvre grise, lectrice aguerrie amatrice de récit déjantés (si si !)… il était temps que je prenne l’excuse du challenge ABC et sa fameuse lettre X pour me replonger dans la saga du Bourbon Kid.
Il faut dire que j’étais un peu frustrée ces derniers temps avec cette série de romans, car mon personnage favori, Elvis, avait disparu. Tristesse sans fin…
Psycho Killer, le spin-off de la saga,  était de très bonne facture avec son univers de série B hallucinant… Sans compter son le tueur dingue, l’Iroquois, qui sait faire pleuvoir l’hémoglobine aussi bien que le Kid. Mais voilà, on était ailleurs.
Il ne restait plus qu’à réunir ces deux univers pour obtenir un cocktail bien sanglant, rehaussé d’une grosse dose de « what the f*ck » !

Quelque part, quelques mois après les tueries de B Movie Hell, Bébé tente de commencer une vie normale auprès de son père Devon Pincent. Elle passe ses journées à penser à son grand amour, qui l’a sauvé du bordel où elle officiait… Joey Conrad, alias l’Iroquois, ce tueur psychopathe dissimulant son visage sous masque surmonté d’une crête. Elle refuse de croire ce qu’elle entend à son propos : il aurait tué de sang-froid une nonne dans un restaurant de la ville, et voudrait maintenant s’attaquer au pape !C’est cet assassinat que le gang des Dead Hunters souhaite éviter. Rodeo Rex, le Bourbon Kid, et Elvis (!!!) aidés par la magie de la Dame Mystique qui leur indique l’heure de la mort de l’Homme en Blanc, vont tout faire pour sauver le pape. Et justement, celui-ci doit venir tester un nouveau traitement contre le cancer de la peau… L’occasion idéale pour l’Iroquois de commettre son forfait.
Mais est-ce que notre tueur psychopathe favoris a bien programmé de tuer le pape ? Et si ce n’est pas lui, qui serait derrière tout cela ?

Comme toujours, l’univers du Bourbon Kid est un régal… Le mélange des deux séries marche très bien : le côté dark et très rock des Dead Hunter, associé au touches 80’s de Psycho Killer en fait un roman jubilatoire.
Et je l’ai souligné plus haut, je retrouve enfin Elvis, le tueur à gage le plus cool de la planète !

Ce que j’ai beaucoup aimé avec ce livre, c’est de voir à quel point il est scénarisé comme un film. L’enchaînement des scènes et des chapitres, la posture des personnages, les musiques qui apparaissent çà et là… D’ailleurs je me suis amusée à me faire une petite bande son année 80, à base de Prince ou Grease pour coller à certaines scènes 😉

Je ne peux que conseiller aux fans du Bourbon Kid et de l’Iroquois de lire ce cinquième tome de la saga. Reste maintenant à voir ce que donne le dernier en date, Bourbon Kid. Rendez-vous l’an prochain pour ma nouvelle lettre X du challenge ABC !

 

« Magellan » de Stefan Zweig

Si je participe à des challenges de lecture, comme le Challenge ABC, c’est pour découvrir des auteurs et des bijoux comme ce Magellan ! La lecture sous contrainte a cet avantage, nous diriger vers des terres inconnues… Maintenant que j’ai goûté au charme de Stefan Zweig, je n’ai plus qu’un objectif, en faire un lieu de villégiature !

Nous avons tous entendu parler à l’école, de Magellan. On y apprend qu’il a fait le tour du monde… bien bien bien… Mais sait-on réellement quels étaient les enjeux d’un tel périple au 16ème siècle ?
Sous la plume de Stefan Zweig se dresse le portrait de Magellan tout en subtilité : un expert de la navigation portuguais, taciturne mais persévérant, de sang noble mais qui a servi comme combattant en Inde… Nous découvrons comment a émergé l’idée d’un voyage vers l’Ouest pour rejoindre l’Inde, les difficultés pour mettre en place un tel projet, les dangers qui jalonnent une telle odyssée…
Une biographie magnifique où un tableau de l’Europe de la fin du Moyen-Age côtoie l’odeur des épices de l’Inde, un récit de voyage où les passions des hommes se brise sur la rudesse de nature… et de leur propre orgueil.
Si à la sortie de ma lecture de Sapiens je maudissais le moment où les Hommes ont pris le chemin de mers pour asservir un peu plus la planète, l’aventure de ce Magellan contée par Zweig, m’a reconcilié avec l’humanité et ses oeuvres, et pourtant, l’auteur est loin de nous présenter dans cette expédition un idéal d’humanisme et de moralité.
En écoutant ce livre j’ai pensé aux paroles de Hegel, « Rien de grand ne s’est fait sans passion », ce qui est on ne peut plus vrai ici !

J’ai écouté ce livre sous format audio, et j’ajouterai que la voix du narrateur est très bien adaptée au texte, ce qui permet de se sentir transporté véritablement dans cet univers.

Un gros coup de coeur… et c’est sans hésitation que je vais me diriger vers d’autres ouvrages historiques de Zweig dans les mois à venir. Et oui, il faut bien que je prépare ma liste pour le challenge ABC 2019 😉

 

 

« Charlotte Impératrice tome 1 : La Princesse et l’Archiduc » de Fabien Nury et Matthieu Bonhomme

La chèvre grise m’a motivée cet été à participer à une Masse Critique de Babelio… voilà comment je me suis retrouvée un peu par hasard à lire Charlotte Impératrice.
Ca faisait bien longtemps que je n’avais pas ouvert une bande-dessiné, et d’autant plus une BD « belge »… A force de lire des mangas et des comics, j’en avais oublié la sensation d’ouvrir un grand album cartonné et de tourner les pages colorées.
Une bonne réconciliation avec le format ou non ?

A la fin du 19ème siècle, nous découvrons Charlotte, princesse de Belgique, qui doit choisir son futur époux. Le roi du Portugal ou l’archiduc d’Autriche ? Son choix s’arrête sur Ferdinand-Maximilien d’Autriche, le frère de l’empereur d’Autriche François-Joseph…
Si les prémices du mariage sont un véritable conte de fée, Charlotte s’aperçoit rapidement que derrière le faste de la cours autrichienne, se cachent des relations familiales compliquées qui ont un impact direct sur le caractère de son époux…
Max l’archiduc est en fait le vilain petit canard de la famille des Habsbourg, le looser de la tribu… ce que Charlotte va comprendre lorsqu’elle rencontrera l’impératrice Elisabeth, que nous connaissons mieux sous le surnom de Sissi… Le pauvre couple Max – Charlotte va aller de Charybde en Scylla, dans l’espoir de trouver une place digne de leur rang.

Amusant de voir dans cette bande dessinée des conflits et névroses familiales transposées à la cours. Jalousie, perte de l’estime de soi, auto-destruction, traitrise…  Les têtes couronnées ne valent pas mieux que le dernier de leur sujet dans ce domaine. Mais ils peuvent aussi s’aimer, ce qui donne du courage à notre Charlotte.
Forcément, en tant que lecteur on focalise un peu sur la star autrichienne Sissi, qu’on nous a tellement servie au cinéma et à la TV comme l’archétype de la princesse souriante. Ici c’est une vraie garce revêche, sûre de son rang et manipulatrice. Et pourtant elle ne doit pas apparaitre plus de deux pages. Il ne fallait pas mieux que cette Nemesis pour motiver Charlotte à combattre son infortune et gagner un titre digne de son rang, puisqu’on ne lui offrira pas sur un plateau d’argent… Elle a épousé l’homme qu’elle aime, mais ça n’est pas pour autant qu’elle ne veut pas porter à son tour une couronne, et d’impératrice tant qu’à faire.
Un récit passionnant servi par une scénarisation et une construction des pages impeccable
Bref, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir cette histoire, et je prends sur moi de ne pas aller regarder sur Wikipédia quel a été le destin – forcement tragique – de ce couple.
Les dessins m’ont plu (dieu sait que je suis difficile dans ce domaine,) et la mise en couleur est subtile, vivante… pour un univers tout en clair-obscur.

Bref, vivement la suite 🙂

 

« La Vie secrète des arbres » de Peter Wohlleben

Dans mon dernier billet, je vous expliquais que j’avais longtemps hésité devant le best-seller Sapiens, et que j’avais été bien bête de ne pas me laisser tenter par cette lecture bien plus tôt.
J’ai donc décidé assez rapidement de me plonger dans cet autre gros succès en librairie, La Vie secrète des arbres, toujours en livre audio. Mais après Sapiens, était-ce une bonne idée de challenger un essai sur la sensibilité des plantes ?

Dans cet ouvrage, Peter Wohlleben, un ancien forestier passionné par son métier, nous expose ses découvertes sur les arbres qu’il aime tant. Dans les forêts qu’il a géré tout au long de sa carrière, que ce soit pour produire du bois pour une entreprise privée, ou pour la communauté d’Hummel dans une logique plus écoresponsable, l’auteur a pu noter des preuves qui laisseraient à penser que les arbres, comme les hommes et les animaux, ressentent des choses.

Ce livre est objectivement une mine d’informations qui m’ont permis de mieux comprendre les plantes en pot sur mon balcon. Saviez-vous que les arbres sont capables de communiquer entre eux pour se prévenir d’attaques d’insectes, via l’envoi de molécules dans les airs ? Ou encore qu’ils s’entre-aident lors des périodes de disettes en eau, en échangeant de la nourriture via leurs racines ?
Pas mal de tips intéressants… mais bon, objectivement, pas non plus transcendant.
Cela vient peut-être de la voix du narrateur, très monotone, mais je n’ai pas réussis à me passionner plus que ça sur le sujet… même s’il reste assez convaiquant.

Le livre va certainement plaire aux amoureux des arbres…  Perso, en tant que végétarienne, après cette lecture, je commence à me dire que je devrais arrêter de manger des végétaux sous peine d’entendre dans mes cauchemars le cri de la carotte !

Enfin, ça me fait une lecture deplus pour le challenge ABC 😉

« Sapiens : Une brève histoire de l’humanité » de Yuval Noah Harari

A force d’en entendre parler sous des termes élogieux par mes collègues, amis etc… j’ai fini par céder cet été : j’ai téléchargé la version Audible de Sapiens ! Je ne généralement pas tentées par les best-sellers, par pur snobisme je l’avoue… c’est surtout que j’avais très peur d’être déçue vue tout le bien que j’en en entendais. Pour mes congés de fin août je me suis laissée tentée. Et j’ai bien fait !

Difficile de décrire ce livre, un essai qui oscille entre histoire de l’Humanité, sociologie, philosophie, religion, prospective et j’en passe…
Depuis les débuts des premiers homo sapiens, jusqu’à l’humain d’aujourd’hui, nous voyageons à travers les grandes ères de notre histoire.

J’ai eu l’impression de pouvoir centraliser dans cet ouvrage des choses que j’avais déjà entendues à gauche ou à droite, ou retrouver des théories que j’avais de mon côté échafaudée sans vraiment les formaliser. Mais j’ai aussi pu découvrir des principes et des idées dont je n’avais pas connaissance…. Pour une vision sommes toutes assez pessimiste de ce que sont l’Homme et ses créations sur notre pauvre planète Terre.

J’ai beaucoup aimé cette lecture, et je lui décerne même un coup de coeur ! Je pense que comme mes collègues et amis, je vais en parler largement autour de moi 😉
Et concernant la qualité de lecture, j’ai adoré la prestation du narrateur de la version Audible, Philippe Sollier. Un grand bravo, car le livre était si bien lu qu’on aurait pu croire que c’est l’auteur lui-même qui s’en était chargé !
Reste à voir ce que donne la suite (si je peux la qualifier ainsi) de ce livre, Homo Deus

« Dust » de Sonja Delzongle

Été étouffant avec ce thriller d’une auteure française, Sonja Delzongle, découverte au détour de ce partenariat estival avec Folio.
Direction Nairobi au Kenya, pour découvrir la face la plus sombre de l’Afrique, sur les trace d’un serial killer.

Hannah Baxter, profileuse d’origine française vivant à New-York, est contactée par le CID de Nairobi afin de les aider sur une nouvelle affaire de meurtre.
Effectivement, ces assassinats n’ont rien de commun, puisqu’ils sont executés sans laisser trace de corps, si ce n’est des litres de sang formant une croix au sol. Des dizaines de croix sanglantes ont ainsi été répertoriées, sans possibilité de les associer à un criminel… ni à une victime.
Hannah se rend donc au Kenya en tant que consultante pour aider Collin, le responsable de l’équipe sur l’enquête. Les méthodes de la jeune femme sont peu conventionnelles, puisqu’elle utilise un pendule l’aider dans sa tâche. C’est grâce à cela qu’elle découvre que les corps des victimes sont bien là, au même endroit que les croix de sang… pulvérisés en poudre si fine qu’elle en est invisible.
Comment le tueur s’y prend-il pour réduire les corps en poussière ? Pourquoi assassine-t-il ses victime ? Qui est-il ? Et surtout, cette affaire a-t-elle un lien avec les mutilations et les meurtres des albinos de la région ?

Finalement en lisant ce livre, ce n’est pas le serial-killer « Dust » qui nous paraît inhumain, mais toute un réseau qui s’appuie sur l’ignorance d’un peuple : celui des tueurs d’albinos. La tradition veut que les albinos et les morceaux de leurs corps aient de grands pouvoirs magiques, utilisés par les sorciers locaux dans des potions pouvant apporter pouvoir et richesse… ainsi, les albinos africains sont des cibles ambulantes, attaqué et dépecés en pleine rue, pour récupérer leurs membres qui valent une fortune.
Ça m’a mis la puce à l’oreille, car l’auteure va loin… même très loin dans l’horreur à ce sujet, je me suis douté qu’il y a un fond de de vérité. Et malheureusement c’est le cas. Je vous laisse chercher sur Google, mais ça fait froid dans le dos

Revenons à notre récit… Beaucoup d’horreur, une enquête bien menée… quoique qu’un peu précipité sur la fin.
Les personnages m’ont moyennement plus, car assez caricaturaux selon moi. Mention spéciale pour le vrai méchant, qui ne pouvait être qu’un nazi… Bof…
Je retiendrai surtout un portrait sans aucune concession de l’Afrique, embourbée dans la violence et l’archaïsme. Je n’avais déjà pas très envie de le visiter (à cause des insectes qui volent et qui rampent !), mais la j’en suis épouvantée ! 

Bref, une lecture de RER idéale, qui se lit facilement et m’a ouvert les yeux sur la place des albinos en Afrique sub-saharienne… L’enquête ne m’a pas plus emballé que ça, mais la lecture reste rythmée et exotique.

« Même pas mort  » de Jean-Philippe Jaworski

En choisissant un roman de Jean-Philippe Jaworski sur Audible le mois dernier je ne prenais pas trop de risque… Le maître de la fantasy a encore frappé avec ce récit qui est dicté avec brio par Jean-Christophe Lebert.
Ce roman est le premier d’une saga : Les Rois du Monde. Une entrée en matière palpitante qui donne immédiatement envie de lire (ou écouter) la suite !

Bellovèse, fils de Sacrovèse, vit dans le Royaume Biturige avec son frère et sa mère. Déchus du pouvoir, ils vivent comme des exilés loin de la cour. En effet, leur oncle Ambigat a tué le roi Sacrovèse lors de la Guerre des Sanglier, il y a une dizaine d’années de cela.
Maintenant que les fils de Sacrovèse touchent à l’âge adulte, leur oncle devenu Haut Roi veut les voir combattre dans son armée…  Une manière comme une autre de ne pas se salir les mains et de faire disparaître la progéniture de son ennemi, eux qui sont les véritables prétendants du trône. Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu… Si Bellovèse a bien été tué lors de la guerre, il est revenu du monde des morts.

Une épopée incroyable construite en couche narrative successives, qui nous permet de découvrir le passé de Bellovèse et les origines de la haine qui envenime la famille du jeune prince. La construction de l’histoire, où plusieurs trames sont enchevêtrées, permet de dévoiler les pans du récit un a un, des faire des hypothèses, et surtout d’avoir des surprises jusqu’à la dernière ligne.
Entre roman historique se déroulant dans la Gaule antique et légendes celtiques, j’ai voyagé dans l’espace et le temps comme je l’avais rarement fait. Un véritable émerveillement !

Un vrai coup de cœur que je conseille fortement aux fans de fantasy et aux autres. On se laisse happer par cet univers, ses personnages, ses légendes… tout en plongeant dans le passé de nos cher « ancêtres gaulois » 😉
Et je n’ai plus qu’une envie : me précipiter sur la suite !

Et au passage, une lecture pour le Challenge ABC !

 

 

« Autonome » d’Annalee Newitz

Une fois n’est pas coutume mon choix pour le partenariat Denoël s’est porté sur de la science-fiction ! Mais là je m’éloigne un peu de mes univers de prédilection, car il est beaucoup question de robots pour une fois… mais pas dans un univers asimovien, mais une réalité aussi cruelle et cynique que la nôtre. Bienvenue au 22ème siècle !

2144, Jack est une pirate dans tous les sens dans lesquels on pourrait l’entendre : elle vit dans un sous-marin pour échapper aux autorités, car elle gagne sa vie en copiant des médicaments brevetés qu’elle revend au marché noir.
Mais un jour, un de ses médicament piraté -du Zacuity- mène à la folie et à la mort des personnes qui l’ont pris. Est-ce sa recette qui pose problème ? Non, c’est bien la version du labo pharmaceutique qui est létale !
Elle doit trouver un moyen de le faire savoir au monde avant que le Zacuity soit répandu, et trouver un remède pour sauver les consommateurs de ces pilules enfermés dans leur folie.
Au même moment, le bureau des brevets, sur les ordre du laboratoire pharmaceutique, lance deux agents à la recherche de Jack pour la faire taire définitivement : Eliasz et le biobot Paladin, dont c’est la première mission.

L’intérêt de ce roman est qu’il rend accessible la réflexion sur les brevets dans le secteur de la biologie, la pharmaceutique etc… et nous met en garde contre le fait de donner le plein pouvoir sur la santé de l’humanité à quelques entreprises.
En parallèle les histoires croisée de Troized l’esclave libéré par Jack et Paladin la biobot de combat sont aussi intéressante.
La création des robots a posé des questions sur la possibilité d’asservir ou non des humains, et la grosse différence entre les deux reste que les humains ne peuvent être esclaves à la naissance… mais peuvent le devenir. Les réflexions de Paladin sur le monde, les humains, la liberté sont assez amusantes parfois… comme toute intelligence artificielle elle tente de mieux comprendre son monde pour s’améliorer, et surtout Eliasz.
Là où j’ai moins adhéré c’est sur l’histoire d’amour entre Paladin et Eliasz… mais bon, pourquoi pas…

Bref, une lecture pas désagréable mais pas exceptionnelle non plus…
Merci Denoël pour le partenariat, qui me permet d’avancer dans mon challenge ABC !

Autonome d’Annalee Newitz
Traduit de l’anglais par Gilles Goullet
Éditions Denoël, collection Lunes d’encre – 336 pages
Paru le 7 juin 2018