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« Wilt 2… » de Tom Sharpe

Lecture rafraichissante et pleine d’humour avec Wilt, Tome 2 : Comment se débarrasser d’un crocodile, de terroristes et d’une jeune fille au pair, de Tom Sharpe. J’avais beaucoup aimé le premier tome, c’est donc sans hésiter que j’ai rajouté ce roman à ma liste du challenge Petit BAC , dans la catégorie « métier« … pour jeune fille au pair, pas terroriste, hein 😉

Dans Wilt 2, Henry Wilt est dorénavant un heureux père de famille : 4 filles, quadruplées, de 5 ans, et pleines de vie ! Connaissant l’énergie débordante de leur mère, Eva, on ne peut que lui en souhaiter à ce pauvre Wilt, qui pour supporter la maisonnée c’est mis dans la confection de bibine maison (et leur dégustation). Eva quant à elle s’intéresse à l’écologie (et oui, même dans les années 80 c’était à la mode), maintenant que le nouveau travail d’Henry (responsable de département dans l’établissement de cours pour adultes) lui a permis d’emménager dans une beaucoup plus grande maison.  D’ailleurs la maison est si grande qu’il y a un studio vacant au dernier étage, qu’elle va louer à une jeune allemande, très jolie, qui se propose de faire fille au pair à ses heures perdues…
Henry, qui pourtant n’est pas d’un tempérament « brulant » va commencer à tomber amoureux de cette compatriote d’Hegel…

Et c’est là que les événements vont s’enchainer, la situation d’Henry va aller de mal en pis : entre un professeur anarchiste qui tourne des porno avec des crocodiles, une blessure à l’entre-jambe après une attaque de rosier, une prise d’otage de terroristes… Il faudra bien sa maitrise légendaire de l’absurde pour y survivre, en gardant toute sa tête !

Comme d’habitude, Tom Sharpe réussi à donner un rythme effréné à la situation qui échappe à tous ses personnages… aucun d’eux n’a la maitrise de ce qui lui arrive, et c’est ça qui est si agréable dans ses livres.
En revanche maintenant que je suis habituée à son style, entre Wilt 1 et Le bâtard récalcitrant… l’effet de surprise et les fou rire sont moins de mise.

Bref, un roman à lire pour suivre la série… bien entendu je compte lire le troisième volet des aventures de Wilt : il est si attachant 🙂

« Wilt 1… » de Tom Sharpe

Un titre qui dit tout ou presque : Wilt  1 : Comment se sortir d’une poupée gonflable et de beaucoup d’autres ennuis encore.

J’ai lu ce livre suite au dernier tirage au sort du Circle Challenge Pandora au boulot, sur une proposition de Petite Fleur. Elle m’avait déjà conseillé de Tom Sharpe Le bâtard récalcitrant qui m’avait beaucoup plu.

Pas de suprise avec ce nouveau roman empreint d’humour noir : je l’apprécie beaucoup 🙂
Un peu moins que Le bâtard récalcitrant peut être, qui est quand même un sommet du grand n’importe quoi, mais c’est tout de même quelque chose.

Côté histoire, il s’agit des déboire de Henry Wilt, professeur assistant qui donne des cours pour adultes professionnalisés, section culture générale… Entre cet emploi qui lui font côtoyer ce qu’il considère comme la lie de la société anglaise (ouvriers, secrétaires…), son patron qui lui refuse une promotion depuis des années, sa femme Eva une dominatrice qu’il déteste et qui vient de s’enticher d’un couple de libertins américains… il simule le meurtre de sa femme sur une poupée gonflable « avec vagin » qui lui a valu une aventure un peu bizarre…
Je ne peux pas en dire plus, car l’histoire part très vite, on rentre immédiatement dans ce roman dans lequel les évènements s’enchaînent à une vitesse folle !
Loin d’être un simple polard ou une tranche de vie rigolote, ce livre est un petit trésors d’humour et de surréalisme. Je me suis marrée toute seule en le lisant, ce qui est plutôt bon signe 😉

Bref, je le conseille !

Pour la suite, je compte bien aller me procurer bientôt le second tome de Wilt 😉

« Le bâtard récalcitrant » de Tom Sharpe

Première critique sur ce blog, avec un livre que m’a prêté Petite Fleur, en réponse de Cul-de-sac de Douglas Kennedy que je lui avais proposé il y a quelques semaines…
Je me suis donc retrouvée avec Le bâtard récalcitrant de Tom Sharpe entre les mains.

Et je comprend bien où elle a pu trouver une similitude entre ces deux livres : histoire familiale tordues (kidnapping amoureux vs. mariages d’amours et d’argent), grands espaces sauvages (Australie vs. Ecosse), des tripes (de kangourou vs. …euh, ben plein de tripailles animales ou humaines)…

Difficile d’en parler trop sans dévoiler l’intrigue, mais en gros on se trouve face à la situation de deux couples qui vont essayer « d’améliorer leur quotidien » :
– Lockart Flawse et Jessica Sandicott, tout deux élevés dans l’ignorance du sexe opposé, et vivant dans un idéal romantique de chasteté. Lui a grandit dans la pampa écossaise au milieu des mouton, précepteur et au côté de son grand-père maternel… qui l’appelle à juste titre « le bâtard ». Elle, élevée dans des couvents, sous le regard inquisiteur de sa mère.
– Le vieux Flawse et  Mme Sandicott, qui s’arrange un mariage de convenance et d’argent. Lui est un obsédé sexuel sexagénaire (au moins !), grand-père de Lockart, qui vit dans sa demeure comme dans des conditions « moyen-âgeuse ». Elle  cherchait un époux riche qui pourrait passer rapidement l’arme à gauche…

J’ai aimé l’humour typiquement britannique de ce livre… j’ai souvent sourit, voir rit devant certaines situation plus que cocasses, trash, et irrespectueuses !

Bref, on est devant du lourd ! Un grand écart entre Candide et Machiavel… un roman hallucinant et halluciné au pays du whisky.

« Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés » d’Arto Paasilinna

Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimésPour le partenariat Denoël du mois, nous partons en voyage dans les plus improbables dictatures du monde. Un moyen pour moi de découvrir Arto Paasilinna, prolifique auteur finlandais.

En plein milieu des années 80 en Finlande, Viljo Surunen est professeur de philologie et fréquente Immonen une musicienne, membre comme lui d’Amnesty International. Malgré leurs lettres de protestation auprès du dirigeant du Macabraguay, ce dernier refuse de relâcher leur filleul de combat, un professeur d’université, prisonnier politique depuis 6 ans.
Surunen va donc prendre les choses en main et se rendre en Amérique du Sud pour  aller libérer lui même le pauvre prisonnier. Son aventure va le conduire au Macaraguay, une sinistre dictature capitaliste soutenue par les Etats-Unis. Sur son chemin il passera aussi dans les territoires communistes tels Moscou et la Vachardoslavie. Combien d’opprimés Surunen pourra-t-il libérer ?

De part son humour à peine retenu et ses situations cocasses, voire surréalistes, ce livre m’a rappelé ceux de Tom Sharpe. Il faut par dessus cela rajouter une couche de critique sociales et politique, qui flirte parfois avec le symbolisme.
La trame de l’histoire n’est pas déplaisante. On s’amuse des situations folkloriques dans ces dictatures capitalistes et communistes… où forcément l’une n’est pas vraiment mieux que l’autre. Tout est une affaire de style  et de curseur !

Pas le gros coup de coeur, mais pas non plus une déception… je ne suis pas rentrée dans le délire du récit peut-être. Un bon livre pour passer le temps, qui ravive nos bons vieux souvenir des années 80 et des blocs idéologiques qui s’affrontaient en ce temps.

Merci Denoël pour cet envoi !

Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés d’Arto Paasilinna
Éditions Denoël & d’ailleurs
Traduction : Anne Colin du Terrail
2015 – 336 pages

« La Chica zombie » de Laura Fernández

La chica zombieAh la bonne lecture jubilatoire ! En demandant ce livre aux Éditions Denoël pour le partenariat de novembre, je ne m’attendais pas à autant m’éclater en le lisant ! La Chica zombie, premier roman édité en France de l’auteur espagnole Laura Fernández, est un concentré de dynamisme qui m’a laissé sur le cul.
Contrairement à ce que je pensais, il ne s’agit pas réellement d’un roman sur les zombies… et pas plus de littérature pour ados malgré le fait que ses héros soient des profs et des lycéens ! A la croisée des genres, voici un roman contemporain sous perfusion de grandes œuvres de l’horreur, mâtiné de culture pop américaine… Un vrai coup de cœur !

Pas facile d’avoir 16 ans, que ce soit à Elron dans les années 90 que partout ailleurs et en tout temps… C’est l’amère expérience qu’Erin Fancher, élève au lycée Robert Mitchum, va faire.
Elle vient de se taper un 0,5 en grammaire à cause de la prof remplaçante Velma Ellis, sa meilleure amie Shirley la « force » à sucer Reeve dans les toilettes du lycée… Et pour ne rien arranger, ce matin elle se réveille morte, putréfiée… zombifiée en somme ! Le plus grave, c’est que ni ses parents, ni Shirley, ni Reeve ne semblent s’en apercevoir ! Le seul qui remarque les vers qui courent le long de ses plaies sous ses tonnes de maquillage, c’est le paria du lycée, le psychopathe Billy Servant.
Comment Erin a-t-elle bien pu se transformer en zombie ? Pourquoi certains feignent d’ignorer son état ? Quelle relations va t-elle maintenir avec ses anciens amis après ce coup du sort ?

Derrière cette histoire de zombie, vous l’aurez deviné, se cache – à moitié – une métaphore de l’adolescence, des relations de domination au lycée qui finissent par décérébrer et stéréotyper le plus gentil des adolescents. Dans ce contexte, chacun a sa méthode pour exister ou survivre : devenir populaire comme Shirley, invisible comme Billy, violent comme Kirby… Et ceux qui se cherchent encore comme Erin finissent souvent par être les marionnettes de leurs camarades de classe.
C’est même toute la société qui est égratignée par Laura Fernández, en pointant par exemple les pressions sociales exercées sur tout un chacun : la chasse à l’obésité, l’obligation de se marier, … Entre jugement et regrets, pas évident d’être adulte non plus à Elron.

Le style de l’auteur et la manière dont elle a traité l’histoire m’ont vraiment emballé. Sa plume est pleine d’humour (noir) et m’a rappelé le côté « what the fuck ? » de l’auteur anonyme du Livre sans nom, ou de Tom Sharpe dans un autre registre… Le côté « hommage aux maîtres du gore » m’a aussi rappelé Thomas Gunzig et ses 10000 litres d’horreur pure… Que du bon, je vous dit !
Les personnages sont inénarrables, oscillant entre le ridicule et le lyrisme… Les plans du directeur du lycée, Sanders, pour séduire la prof remplaçante Velma sont grotesques. Et ceux qu’elle met en place avec un type qui se prend pour le génie de la lampe sont carrément énormes ! Le clou pour moi, c’est le cercle de parole où se réunissent les patients du docteur Droster. Outre Velma qui est harcelée par une robe de mariée toutes les nuits, on retrouve un gars qui se prend pour super Mario… Et une femme qui a déconnecté en se transformant en loutre, engloutissant des kilos de poisson cru.

coup de coeurC’est pour moi à la fois une belle découverte, qui c’est bien vite transformée au fil des pages en coup de coeur ! Outre le fait d’enfin entrevoir un lycée criant de vérité (je ne vais pas dire que je j’y étais… mais presque), les touches surréalistes et trash ajoutées par l’auteur m’ont beaucoup plu. C’est très rock en somme !

Merci Denoël, j’espère bientôt pouvoir lire d’autres roman de cet auteur ! J’en veux plus !

La Chica zombie de Laura Fernández
Éditions Denoël
Traduction : Isabelle Gugnon
2014 – 368 pages

Challenges passés

Fin 2011

Challenge Balade en Italie (4/4)

Challenge littérature belge (3/3 – objectif 5)

Challenge nécrophile (4/4)

Challenge petit BAC (7/7)

  • Prénom : Robert des noms propres d’Amélie Nothomb (billet ici)
  • Objet : Death Note Black Edition 3 de Obha et Obata (billet ici)
  • Métier : Wilt, Tome 2 : Comment se débarrasser d’un crocodile, de terroristes et d’une jeune fille au pair de Tom Sharpe (billet ici)
  • Animal : Un chien de saison de Maurice Denuzière (billet ici)
  • Végétal : Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg (billet ici)
  • Sport et loisir : La Course au mouton sauvage de Haruki Murakami (billet ici)
  • Lieu : Métronome : L’histoire de France au rythme du métro parisien de Lorànt Deutsch (billet ici)

Seconde session (7/7)

Challenge épistolaire (à finir pour juillet 2011) (2/1)

  • Les liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos (billet ici)
  • Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattaeur (billet ici)

Le défi 1000 (1/1)

  • Les piliers de la terre (en 2 tomes) de Ken Follett (billet ici)

Circle Challenge ABC (10/26)

  • Tout sauf un homme de Isaac Asimov & Robert Silverberg (lu et critiqué)
  • Voyez-vous de Laetitia Bianchi (commencé… pas fini)
  • Chair électrique de Christophe Claro
  • Corpus Simsi : Incarnation virtuellement temporaire de Chloé Delaume (lu et critiqué)
  • Le Dahlia Noir de James Ellroy (lu et critiqué)
  • Neige de Maxence Fermine (lu et critiqué)
  • 10 000 Litres d’horreur pure : Modeste contribution à une sous-culture de Thomas Gunzig (lu et critiqué)
  • Fuck America : Les Aveux de Bronsky de Edgar Hilsenrath (lu et critiqué)
  • La Mariée était en noir de William Irish
  • La trilogie Morgenstern de Hervé Jubert
  • Epépé de Ferenc Karinthy
  • F.A.U.S.T. de Serge Lehman
  • Kaputt de Curzio Malaparte
  • Les Faux-saulniers, histoire de l’abbé de Bucquoy de Gérard de Nerval
  • La Tombe du tisserand de Seumas O’Kelly
  • Spinoza encule Hegel de Jean-Bernard Pouy (lu et critiqué)
  • Formage de Nathalie Quintane
  • The Book of Bunny Suicides de Andy Riley
  • Le visionnaire de Schiller
  • Economie Eskimo : Le rêve de Zappa de Pacôme Thiellement
  • L’Astrée de Honoré d’Urfé
  • Cinéma de Tanguy Viel
  • Le crime de Lord Arthur Savile d’Oscar Wilde (lu et critiqué)
  • Les Mauvaises humeurs de James et de la tête X
  • XXe ciel.com de Yslaire (pas trouvé à la médiathèque, je me suis rabattue sur la série Sambre du même auteur, critiquée ici)
  • Nous autres de Eugène Ivanovich Zamiatine (lu et critiqué)

Fin 2012

Challenge année de naissance (2)

Challenge fruits et légumes littéraires (4/10 – objectif 25)

  • Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg (aussi dans la liste du challenge petit BAC) (billet ici)
  • Poulet aux prune de Marjane Satrapi (aussi dans la liste du challenge petit BAC) (billet ici)
  • Bleue comme une orange de Norman Spinrad (PAL)
  • Les pommes d’or du Soleil de Ray Bradbury (PAL)
  • La fête du potiron d’Agatha Christie (PAL)
  • L’arbre aux haricots de Barbara Kingsolver (aussi pour le challenge « 50 états, 50 billets ») (billet ici)
  • La colère des aubergines de Bulbul Sharma (aussi dans la liste du challenge petit BAC) (billet ici)

Challenge 50 états, 50 billets (voir sur le blog de Sofynet) (51)

Challenge Petit BAC 2012 (10)

Les catégories obligatoires :

Le bonus (facultatif):

  • Gros mot

 

Fin 2013

Challenge ABC 2013 (catégorie A)

A : Asimov, Isaac –  Au prix du papyrus – 211 pages – SF / Nouvelles
B : Brown, Fredric – Martiens, go home ! – 216 pages – Humoristique / SF
C : Collins , W. Wilkie – L’hôtel hanté – 277 pages – Policier
D : Dugain, Marc – Avenue des géants – 361 pages – Thriller
E : Ellis, Bret Easton – American psycho – 513 pages – Contemporaine
F : Faulkner, William – Le bruit et la fureur – 384 pages – Drame
G : Garde, François –  Ce qu’il advint du sauvage blanc – 384 pages – Aventure
H : Hobb, Robin – L’Assassin Royal, tome 01 : L’Apprenti assassin – 510 pages – Fantasy
I : Indridason, Arnaldur – La Cité des jarres – 327 pages – Policier
J :  Jennings, Gary – Azteca – 1047 pages – Historique
K  : Koontz, Dean – La cache du diable – 433 pages – Horreur
L : La Fayette, Madame de – La Princesse de Clèves – 157 pages – Classique
M : Marion, Isaac – Vivants – 318 pages – Romance / Fantastique
N : Nothomb, Amélie – Le Fait du prince – 169 pages – Contemporain
O : Orwell, George – Animal Farm – 113 pages – SF / Classique
P : Preston, Douglas & Child, Lincoln – Relic – 543 pages – Thriller
Q : Qiu, Xiaolong – Les courants fourbes du lac Tai  – 320 pages – Policier
R : Ragde , Anne B. – La Terre des mensonges – 350 pages – Contemporain
S : Silverberg, Robert – Les monades urbaines – 253 pages – SF
T : Teulé, Jean – Charly 9  – 232 pages – Contemporain
U : Udall, Brady – Lâchons les chiens – 248 pages – Contemporain
V : Vonarburg, Elizabeth – Chroniques du Pays des Mères – 640 pages – SF
W : Wilson, Robert Charles – Les Chronolithes – 437 pages – SF
X : (Collectif) – Histoires d’envahisseurs – 445 pages – SF / Nouvelles
Y : Yoshimoto, Banana – Kitchen  – 181 pages – Contemporain
Z : Zelazny, Roger & K. Dick, Philip – Deus Irae – 255 pages – SF

 

Challenge Petit BAC 2013

 Challenge Geek

Défi Challenge Geek

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Défi Films et Séries

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Fin 2014

Challenge ABC – Littératures de l’Imaginaire

Challenge Petit BAC 2014

Challenge Geek 2014

Fin 2015

Challenge ABC 2015 (19/26)

Challenge Petit BAC 2015

Fin 2016

Challenge ABC des littératures de l’imaginaire (15/26)

Ma liste pour le challenge petit BAC

Voici ma liste pour le challenge petit BAC … j’ai essayé de choisir des livres qui n’étaient pas dans un autre challenge, ce qui m’a rendu la tâche assez laborieuse 😀 (et surtout j’ai été obligée d’augmenter encore ma PAL… ahlala) :

« La vie en sourdine » de David Lodge

J’avais beaucoup aimé Un tout petit monde de David Lodge, je me suis donc posée peu de questions en achetant le dernier roman de cet auteur… J’aimais beaucoup son côté intello anglais, dont les histoires tournent autour du milieu universitaire, de la linguistique… mais aussi le côté improbable du voyage initiatique de ses personnages dans Un tout petit monde, qui n’est pas sans me rappeler Tom Sharpe sous certains aspect (en moins barré certes).

Pour La vie en sourdine, ma lecture a été plus ardue…
Je dois avouer que je me suis un peu faite chier au début du bouquin. Je me vois encore dire à Petite Fleur qui me posait la question de la qualité de l’ouvrage, que je lui offrais le bénéfice du doute jusqu’à la 150ème page (pour un livre de 450 pages, je trouve ça correct). J’avais l’intention de le finir en diagonale, voir pas du tout, si rien ne me donnait envie d’aller plus loin d’ici là.
Et voilà, forcement, à la page 150 pile poil… il se passe un truc qui a réveillé mon intérêt ! Et par la suite, la lecture est relativement intéressante.

Côté histoire, il s’agit d’un journal d’un professeur de linguistique, qui devient sourd depuis plusieurs années.
Durant la première partie du livre, il présente son handicap, comment cela l’a poussé à arrêter son ancienne profession en choisissant la retraite, les difficulté à communiquer avec son entourage, ses voyages à Londres pour voir son père à moitié sourd lui aussi, les relations avec sa femme qui ramollissent…
Sa routine est bousculée lorsqu’une étudiante en linguistique lui demande de l’aide pour suivre sa thèse, sur les lettres de suicidés.
Et je n’en dirait pas plus !

La lecture de ce livre est agréable finalement. J’ai apprécié aussi la manière de dépeindre une pathologie difficilement compréhensible. La surdité, surtout partielle, est peu considérée comme un handicap dans notre société (contrairement aux aveugle par exemple). Peu visible, elle est surtout sujette aux situations comiques (mots compris de travers), aux incompréhension, à l’impatience des personnes qui essayent d’échanger avec un sourd…
Ayant moi même quelques personne souffrant de surdité dans ma famille, j’ai un petit peu aperçu avec ce livre à quel point cela complique vraiment la vie, et à quel point on peut en souffrir.

A lire à l’occasion, si vous aimez cet auteur !


« La conjuration des imbéciles » de John Kennedy Toole (Etat de la Louisiane)

Double combo pour mes lectures de challenge : La conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole me permet de remplir mon contrat depuis longtemps prévu du challenge « Année de naissance » (1980), pour lequel j’avais acheté ce livre, et le challenge « 50 états, 50 billets » (Louisiane).

Ignatius J. Reilly, ancien étudiant en histoire médiévale, vit avec sa mère à la Nouvelle-Orléans… Philosophe et écrivain méconnu, obèse, vierge et hypocondriaque, il sort rarement de chez lui, ne travaille pas, et coule des jours heureux. Jusqu’au jour où un quiproquo pas possible va l’obliger à devoir aller travailler pour aider sa mère à rembourser un milliers de dollars. Stupeur, tremblements : comment cet handicapé social très intelligent va-t’il réussir à trouver et garder un emploi ? Pour lui même, ça sera un exploit !
On suit Ignatius dans ses aventures dans le milieu du travail américain des années 60, mais aussi une dizaine de personnages qui ont croisé sa route au cours de ses pérégrinations.
Humour, quiproquos, le tout passé au filtre du regard critique et cynique d’Ignatius, qui semble tout droit sorti d’un autre siècle ! Il aurait plus eu sa place dans un monastère à écrire ses mémoires tel un ermite, que dans les Etats-Unis de la surconsommation, dans un climats social qui hésite entre ultra-politisation et médias de masses.

Une lecture bizarre, il n’y a pas à dire… Mais j’ai le sentiment que je vais m’en souvenir un petit moment !
Ignatius m’a fait pensé à quelques personnes que je connais sous certains aspects… et pourtant, c’est un personnage exécrable à bien des niveau : il vit au crochets de sa mère, refuse d’aller travailler ou de sortir de la Nouvelle-Orléans, est hypocondriaques et souffre continuellement de « son anneau pylorique », mange comme 10, rejette la faute de tout ses malheurs et échecs sur les autres, regarde les émissions TV ou films au ciné non par plaisir mais pour cracher dessus… Bref, méprise tout ce qui l’entoure ! Mais en même temps il a une philosophie de la vie qui s’entend : il refuse de faire comme tous le monde, veut vivre libre à sa façon, et préfère vivre en dehors de la société américaine plutôt que de se corrompre. Finalement, en quoi serait-il moins dans le vrai que nous ? Mais une chose est sûre, là où il passe, se créent un maximum de problèmes…
Histoire d’enquiquiner son ancienne copine de fac Mirna, qui s’engage dans la politique et les arts à New-York, il se lance à son tour dans les morceaux de bravoures politisés ! Hésitant entre royalisme, piquets de grève avec des employés de couleur, cause homosexuelle… il brosse un tableau de la ville et de ses quartiers au travers son regards et son esprit si cinglant.
La phrase d’intro de Swift nous renseigne rapidement sur le fond du livre : « Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on le peut reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui ». Et on passe son temps à se remémorer cette phrase… Ignatius est-il un génie incompris, ou le roi des imbéciles, ou encore les deux à la fois … ? Un vaste sujet, qu’on peut resservir dans les dîners mondains à propos de tout et n’importe qui 🙂

Mais ce qui donne encore plus d’intensité au livre, c’est de savoir comment il en est venu à être édité… C’est la mère de John Kennedy Toole qui l’a amené à être publié en 1980. Son fils avait initialement écrit ce livre dans les années 60, mais désespéré de ne jamais se faire publier, se suicide en 1969. Le parallèle Toole / Ignatius est peut être facile, mais il m’a trotté dans la tête durant ma lecture. Et quand on sait que le romancier a reçu un prix Pulitzer à titre posthume, on ne peut réfléchir à cette histoire de génie et d’imbécile sans se gratter la tête…

Bref, il y en a des choses à dire sur ce livre, que j’ai vraiment beaucoup aimé, et qui m’a d’hors et déjà marqué. Au début je le comparait à un Wilt américain, mais c’est encore plus que cela : un vrai hymne à un mode de vie hors des sentier battu, qui peut générer des heures de réflexions, et le tout dans un langage parfois très soutenu, parfois des rues… Un roman bien construit, intéressant, drôle, enrichissant sans être prise de tête. Une photographie de la société américaine, et occidentale, qui est toujours d’actualité !

 

Ce roman dépeint la Nouvelle-Orléans, ville la plus peuplée de l’état de Louisiane, dont la capitale est Bâton-Rouge (où Ignatius va effectuer son seul de sa vie voyage en bus…).
Le lecteur des plus averti remarquera dans le roman et sur la carte de l’état une avalanche de nom d’origine française ! Et bien c’est normal, car la Louisiane a une longue histoire avec la France… et ça n’est pas pour rien que nous pouvons appeler les Cajuns « nos cousins » du Nouveau Monde 😉

A l’origine, la région de la Louisiane, située à l’ouest du fleuve Mississippi, est habitée par diverses tribus amérindiennes. Après l’arrivé des premiers explorateurs, ils seront rapidement colonisés, comme partout ailleurs dans le nord de l’Amérique…
C’est René Robert Cavelier de La Salle, explorateur français venu du territoire de la Nouvelle France, qui en 1682, descend le Mississippi et annexe la Louisiane. Il nomme cette région autour du Mississippi « Louisiane », en hommage au roi Louis XIV. Elle se retrouve donc rattaché au grand territoire français : la Nouvelle France occupe tout le Middle West, le sud des futurs USA et l’Est du Canada… et toute la partie se trouvant hors du Canada est alors la Louisiane, divisé en Haute et Basse Louisiane. Un territoire gigantesque et sauvage !
La Louisiane est rapidement revendue à des notables et riches commerçant français pour devenir un centre d’échange commerciaux important dans cet endroit du globe. Il devient aussi un point de départ pour l’exploration d’autres parties de l’Amérique. Avec cette économie qui commence à devenir florissante, les premiers esclaves débarquent en Louisiane en 1713, accompagnant une grande vague d’immigration. La Nouvelle-Orléans est fondée en 1718, en l’honneur du régent Philippe d’Orléans.
Mais les compagnies commerciales ont du mal à garder la Louisiane, et la couronne française récupère ces terres en 1731, avant de les perdre au profit des espagnols en 1762. En 1800 la France la re-récupère, mais Napoléon Bonaparte la vendra en 1803 aux tout jeunes Etats-Unis, un peu pour réparer les dégats générés par les pirates français contre les navires de commerce américains… Une fois en leur possession, ils réduiront la taille de l’Etat à celle d’aujourd’hui.
En 1812, la Louisiane rejoint l’Union, bien que peuplé majoritairement de Cadien ou Cajuns (descendant français), de Créoles, de Français et d’Espagnols. Etat esclavagiste, la Louisiane sera du côté des états Confédérés lors de la Guerre de Sécession.
L’anglais est loin d’être la langue la plus parlée alors, et à partir de la moitié du 19ème siècle, le gouvernement des Etats-Unis fera tout sont possible pour imposer l’anglais comme langue officielle, avec l’interdiction de parler français dans les écoles et administrations. Mais l’état et ses habitants n’ont pas oublié leurs origines francophone : 5% des habitants parlent encore français (ou plutôt un dialecte français). A partir de 1968, poussé par la volonté de sauvegarder cette particularité linguistique et culturelle, le gouvernement de Louisiane rend au français ses droits : la langue française devient seconde langue officielle de l’état.

Aujourd’hui, la Louisiane est un état du Dixieland, comme l’Alabama ou la Géorgie, et est plutôt conservateur.
Cela peut paraître surprenant, vu les multiples influences culturelles de ses habitants… un vrai melting-pot ! La Nouvelle-Orléans est la ville des Etats-Unis ayant la plus grande communauté noire : 67% de la population !
Il suffit de voir la réputation de leur cuisine pour être invité au voyage et à la découverte : écrevisses, jumbalaya, épices, …  Sans oublier que la région de la Nouvelle-Orléans est célèbre pour son histoire musicale : jazz, country, blues…
Enfin cela n’empêche pas la ville de la Nouvelle-Orléans de bénéficier d’un record moins réjouissant, celui d’un des plus fort taux d’homicide du pays…

Bref, un état pour moi à visiter de toute urgence, entre autre pour sa cuisine que ses lointaines relation à la France 🙂