« Le monde selon Garp » de John Irving

Le monde selon GarpIl fallait vraiment que j’apprécie La Chèvre Grise pour accepter cette lecture commune avec elle : Le monde selon Garp de John Irving, un livre qu’on a plus besoin de présenter à en croire son nombre de fans ! Je ne peux pas parler de ce livre sur Twitter ou au bureau sans que quelqu’un rapplique pour lancer « C’est mon roman favori ! », « J’adore cet auteur »… Et moi de répliquer que j’ai été traumatisée par  les ours de L’hôtel New Hampshire l’année dernière…

Dans ce roman nous suivons les pérégrinations et réflexions de S. T. Garp, depuis sa procréation… Sa mère Jenny Fields, infirmière célibataire endurcie, était déjà un personnage assez atypiques dans les années 40. Mais son fils Garp va avoir lui aussi une vie peu ordinaire !
Pour plaire à la fille de son entraineur de lutte au lycée, Helen, qui est une dévoreuse de livres, il décide de devenir écrivain. Et il y arrive ! Entre épopée familiale, drames, moment beaucoup plus légers, les affres de la création, le tout sur fond de luttes féministes et de problèmes de couples… et de bien d’autres choses encore. Garp va croiser toute une panoplie de personnages sympathiques ou antipathiques, qui vont rendre sa vie riche et pleine de rebondissements… et surtout lui inspirer ses romans.

Bonne nouvelle, j’ai apprécié les aventures de Garp, même si le personnage en lui-même m’exaspère. Grosse avancée par rapport à mon dégout de la famille de L’hôtel New Hampshire ! Mais un ou deux trucs me gênent tout de même…
D’abord le côté auto-fiction ou autobiographique de Garp par rapport à Irving… Je ne savait pas si Garp était son « avatar » dans ce récit, mais le choix d’utiliser des motifs déjà vus dans L’hôtel New Hampshire m’ont fortement laissé penser cela : Vienne, les ours, les prostituées, les relations hommes / femmes, le viol, les morts accidentelles… En plus Garp est écrivain, si ça n’est pas une projection 😉
Dans les faits ce récit semble effectivement mêler la réalité de la vie d’Irving et fiction. Comme Garp, Irving romance son quotidien, et se sert peut-être de cette histoire pour exorciser ses craintes et ses doutes.
Finalement j’ai souvent eu l’impression de lire un livre avec pour thème l’égocentrisme, que ce soit celui de Garp ou en poussant plus loin celui de John Irving…

Autre point qui m’a gêné, c’est que j’ai trouvé certains passages longs, voir trèèèès longs. Certes ce roman ne se lit pas vite, et la plume et l’humour de l’auteur s’apprécient lentement… 2 semaines et demie pour le lire, pour moi c’est rare ! Mais ce qui me dérange c’est d’avoir eu l’impression de buter et d’être embourbée dans des pans énorme du livre. En fait j’ai eu l’impression de vraiment commencer à l’apprécier à la moitié.

Bilan en demi-teinte pour moi… Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé ce roman, qui est très bien écrit, parfois drôle, parfois dramatique… et l’auteur saute de l’un à l’autre en un clin d’oeil ! Je comprends que beaucoup de lecteurs aiment cet auteur aussi, qui a une imagination débordante et fascinante… un rien baroque et excessif ! Mais le temps m’a parfois semblé long tout de même en compagnie de ces personnages… Bref, John Irving n’est peut être pas fait pour moi !

Au passage, je vais utiliser ce titre pour valider l’entrée « Prénom » du challenge Petit BAC 2014 ! 😉

Challenge petit bac 2014

5 commentaires

  1. La chèvre grise

    Bon, donc Irving n’est pas pour toi. Pas moyen de t’embarquer sur une lecture commune de son dernier où, parait-il, il n’y a pas d’ours ? 🙂
    Je te rejoins sur les longueurs. Et c’est vrai que, comme j’avais vu le film, forcément plus condensé, je connaissais l’histoire et j’étais tenue d’avance puisque je l’avais aimée. Après, de mon côté, je n’ai pas vu le roman comme une projection égocentrique mais plus comme un travail de réflexion sur le métier d ‘écrivain.

    • Loesha

      Franchement, non, plus de Irving pour moi pour le moment… Reviens dans 3-4 ans, mais là, non !

      Comme tu le dis c’est peut être effectivement un travail sur le travail de création et d’écriture… Mais à ce moment là les jugements de valeur me gênent encore plus : les romans populaire comme celui de Jenny ou son roman gore sont considéré artistiquement médiocres, et ceux inconnus comme ses meilleures œuvres… Un peu facile je trouve.

  2. WC, le meilleur endroit pour lire

    Arf, j’ai fait une tentative de lecture de ce roman, il y a quelques années. J’ai cédé aux sables mouvants, je m’y suis embourbée, et je l’ai abandonné pour plus tard. Il me regarde toujours de travers dans ma pile à lire… Mais je tiens bon ^^ Enfin, je crois qu’il m’aura un jour quand même!

    • Loesha

      Bah si un jour tu as 2 semaines devant toi, et que tu ne sais pas quoi lire… Pourquoi pas retenter l’aventure… Après je critique peut être un peu durement, mais c’est indéniablement un classique à avoir lu (au moins pour pouvoir se la péter au café :))

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