« Goliath » de Tom Gauld

GoliathJe n’en ai pas parlé le mois dernier, mais Price Minister a organisé cette année encore l’opération La BD fait son festival. Une BD de la sélection officielle du festival d’Angoulême au choix contre une chronique dans ce blog et une note pour ma lecture… Très bon deal ! 🙂

Comme je n’avais pas trop d’idées sur ce que j’allais choisir dans la liste proposée, je me suis fiée à mon instinct, et j’ai demandé Goliath de Tom Gauld. La seule raison : j’aimais bien la couverture 😉
Totale surprise donc sur le scénario et le dessin ! Et bien autant le dire tout de suite, j’ai passé un très bon moment ! Puisqu’il faut jouer le jeu des notes pour ce partenariat, je donnerai un 17 à cette BD.

C’est la guerre entre les Philistins et les Israélites. Goliath est dans l’armée philistine, et malgré sa taille imposante, il n’est pas un grand guerrier. Son truc, c’est la paperasse, et il fait très bien son métier de gratte-papier.
Jusqu’au jour où son capitaine décide d’en faire un héros, un élément central de sa stratégie contre le camp ennemi… Pour lui c’est une guerre psychologique qui devra se jouer entre les deux belligérants… et amener les Philistins à la victoire !
Affublé d’une armure d’apparat, accompagné d’un jeune porte bouclier, armé d’une lance gigantesque, Goliath doit aller chaque matin sur le champ de bataille désert et exiger un duel contre un guerrier Israélite. Si celui-ci le bat, les philistins se soumettront, et inversement. Le capitaine de l’armée philistine se dit que vu le morceau que représente Goliath, aucun Israélite ne pourra l’affronter !
Une terrible pression pèse sur les épaules pourtant massives de Goliath… Lui qui est un piètre combattant, il angoisse chaque matin à la perspective du combat qui pourrait venir…

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C’est donc un célèbre épisode de l’Ancien Testament qui nous est raconté là, David et Goliath, vu, revu et corrigé ! Cette version est loin des images qu’on peut avoir du fait d’arme original : on laisse le gentil David pour s’intéresser au « méchant », et encore, méchant est un grand mot… Goliath n’est pas un monstre assoiffé de sang et de victoire, c’est un intellectuel pas bon du tout à l’épée… On se prend tout de suite de sympathie pour ce bon gros géant. L’auteur sait jouer avec la poésie et l’humour pour rendre sensible et intelligent son propos. Les mythes sont parfois loin de la réalité, et tout est une histoire de point de vu !

J’aime beaucoup aussi le style de Tom Gauld, dessinateur et illustrateur britannique. D’abord le style simple et percutant, dans la tradition des comic strip, comme ceux qu’il fait pour le Guardian.
Le découpage de certaines pages, la manière dont il joue sur les répétitions de cases, la lumière, les ellipses temporelles… Tout cela donne bien l’impression des 40 jours d’attente de Goliath, et rajoute même au comique, voir au dramatique, de la situation dans laquelle le héros est empêtré. Je me suis vue sourire devant certain mise en scène, c’est pour dire !

Voilà donc une lecture que j’ai beaucoup apprécié et que je soutiens ! Merci à Price Minister et à l’Association, éditeur de cette superbe BD (l’objet est beau en plus !).

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Un commentaire

  1. La chèvre grise

    Je l’avais pas vu passer celle-ci, tu me donnes envie !
    De mon côté, j’ai pu découvrir « Mauvais genre » de Chloé Cruchaudet (billet bientôt) et j’ai beaucoup aimé le traitement d’un double sujet d’actualité : traumatisme de guerre et quête d’identité.

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