« Les monades urbaines » de Robert Silverberg

Les monades urbainesLe challenge ABC est une parfaite excuse pour me lancer dans la lecture de grands classiques que je n’ai pas encore lu… Et Les monades urbainesédité en 1971, du pape de la SF, Robert Silverberg est de ceux là ! Je dois même avouer que j’ai un peu honte de ne pas l’avoir lu plus tôt, tellement ce livre m’a semblé génial !

Dans un monde où les hommes vivent dans des tours de 1000 étages faisant office de pays, et sont plus de 75 milliards sur terre, les problèmes démographiques n’existent plus. Par un système social et structurel très spécifique, la surnatalité est maintenant encouragée !
Les hommes vivent heureux, sans jamais sortir de leur bâtiment, les monades, vivant en autarcie complète… Mais sont-ils tous complètement satisfaits de leur existence dans ce paradis grouillant de vie ?
L’auteur nous présente ce monde au travers 7 nouvelles offrant le point de vue de 6 personnages vivant dans la monade 116.

Difficile de ne pas aimer ce chef d’œuvre, tant il regroupe des problématiques contemporaines, et rappelle d’autres romans de SF tel Le meilleurs des mondes d’Aldous Huxley, ou Le monde inverti de Christopher Priest… Sauf que pour moi, il est encore bien au dessus 🙂
Il faut dire que tout ce qui touche la décroissance globale m’intéresse, l’écologie, le bien être social… Et cette dystopie qu’est l’univers des monades est tout l’inverse de cela ! Et ce qui est très bon, c’est que ce monde et la réflexion autour de celui ci se tient parfaitement !

D’abord on se demande comment les hommes font pour supporter de vivre littéralement les uns sur les autres… Pour éviter les frustrations sources de conflits qui pourrait faire chavirer les monades, on a aboli les biens : faute d’espace, les espaces de vie intime sont petits… mais chacun peut aller librement chez les uns ou les autres. Et les drogues sont aussi là pour faire passer ce sentiment de promiscuité… Troublant, même son propre corps n’appartient plus à l’individu : l’échangisme est un usage commun (voir recommandé), une femme ou un homme ne peut se refuser à qui que ce soit, mariée ou non…  ! On se croirait dans un groupe de bonobos, où le sexe est l’élément central de la paix sociale !
Le culte de leur dieu les pousse à se reproduire à qui mieux mieux : il faut faire beaucoup d’enfant pour être envié, et surtout faire plaisir à leur divinité de la vie !
Si les monades s’élancent comme des aiguilles de 3000 mètres de haut dans le ciel, le reste des terre est uniquement vouée à l’agriculture : plus de forêts, ni de sites anciens… des villages de « primitifs » nourrissent les monades, à l’aide de machines gigantesques et de robots. Bref, la verticalité est devenu le paradigme dominant

Tous les détails de cet univers sont aussi fascinants que répugnants… Une tyrannie du bonheur et du don de soi, où la plus grande qualité est d’être « onctueux » avec son voisin. Et gare à ceux qui sont névrosés ou dépressifs, se refusent aux autres, et font preuve de comportement anti-sociaux : si un lavage de cerveau ne suffit pas, c’est « la chute » qui attend les déviants ! Balancé dans les conduits de la monade, ils finissent littéralement comme bois de chauffage dans les entrailles du bâtiment…

coup de coeurUn coup de coeur ! Je ne suis pas prête d’oublier cet univers dans lequel Silverberg m’a plongé… et surtout quand je le rapporte à des faits actuels sur l’organisation de l’espace, les relations humaines en ville… j’en reste songeuse 🙂
Je le conseille à tous, fans de SF ou non ! Il y a forcement quelque chose à retenir dans ce conte moderne !

challenge ABC

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