« Berceuse » de Chuck Palahniuk (Etat du Nebraska)

Au départ, je m’étais intéressée à ce livre pour parler de l’Idaho pour le challenge « 50 états, 50 billets ». Un livre relativement court, un dimanche seule à la maison avec rien d’autres à faire… bref, le plan idéal pour une journée cocooning. Sauf que ce roman ne se passe pas du tout dans cet état ! Nouveau-Mexique, Washington, Oregon… au fur et à mesure de ma lecture, je déchante un peu. Mais heureusement pour mon avancée dans le challenge, les protagonistes de cette histoire font escale dans le Nebraska ! Donc, pas d’Idaho pour aujourd’hui, mais une balade dans le Middle-West 🙂

Carl Streator, la quarantaine, est journaliste dans une grande ville. Pour une série de reportages pour un magazine, il enquête sur les morts subites du nourrisson… en tentant de révéler une schéma commun à tout ces décès. La vérité va rapidement lui sauter au yeux : avant de mourir, tous les parents ou nounous ont lu aux enfants une berceuse, extraite du même recueil de comptines. Ce texte aurait-il le pouvoir d’ôter la vie ?
Afin de tester sa théorie, Carl va réciter cette berceuse à son rédacteur en chef avant que celui-ci rentre chez lui : sans grande surprise, Carl ne le revoit pas revenir le lendemain matin au bureau… Doté d’un pouvoir de vie et de mort sur autrui, Carl va bientôt perdre les pédales : même avec la meilleure volonté du monde, il est difficile de maîtriser ce don. Et surtout il s’interroge : combien de livres contenant cette berceuse sont en circulation, et combien de victimes vont-ils encore faire ?

Auteur de Fight Club oblige, on oscille à chaque page entre la paranoïa hyper-lucide et un monde excentrique et absurde : on plonge dans l’univers de la sorcellerie, où la berceuse est en fait un sort provenant d’un grand livre démoniaque. Rapidement, Carl va rencontrer Helen, riche agente immobilière initiée à la berceuse assassine, sa secrétaire Mona et son petit copain Oyster, bercés dans les cercles de la sorcellerie. Ensemble, ils vont littéralement sillonner les Etats-Unis à la recherche des derniers volume du livre de comptine, afin de cesser la propagation du chant d’élimination.
Entre ces quatre personnages principaux qui formeront la folle équipée, les luttes de pouvoir naissent et croissent pour obtenir le contrôle du monde au travers des sortilèges ! Rien que ça !

Le fond de l’histoire est assez original, et je pense que je vais y repenser assez souvent, à la même manière que The funniest joke in the world des Monty Python : la blague qui fait mourir littéralement de rire ceux qui l’entendent (dans un autre registre, certes… lien ici)  !
Donc, que ferait-on si quelques mots pouvaient tuer n’importe qui ? On peut aisément imaginer qu’on sortirait tous avec des bouchons d’oreilles pour ne pas être agressés par des sons non souhaités, qu’on empêcherait ses voisins de faire du bruit par peur d’entendre une chanson létale, que toute information sonore à la TV, à la radio, dans les salles de classe… seraient passées au crible des gouvernement pour les certifier sans danger. Bref, une dictature de la pensée en puissance verrait le jour, par crainte de mourir à cause de quelques mots ! Le silence serait la règle, on pourrait perdre l’usage de la parole, et on pourrait même imaginer des autodafé pour empêcher la propagation de textes potentiellement dangereux ! Plus aucune idée neuve ne verrai le jour, l’humanité stagnerait, le progrès ne serait plus qu’un lointain souvenir…
C’est donc pour empêcher ce cauchemar que le narrateur et héros de ce roman, Carl, va partir à la recherche des berceuses tueuses et de la source de ce texte.

Côté style, je dois avouer que j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l’histoire, qui est assez décousue sur ses premiers chapitres (fort heureusement courts). Si c’est écrit de manière rythmé et assez dynamique, je n’ai pas spécialement accroché… J’avais bien aimé Fight Club il y a 10 ans, et là j’ai eu l’impression de retrouver le même type de livre, mais pas d’un point vu si positif. Il faut dire que Berceuse est sorti en 2002, 6 ans après Fight Club, son premier roman primé par la critique.  En fait ce que j’aimais à l’époque, le côté anti-capitaliste américain, irrévérencieux, bizarre, névrosé, répétitif, bourré de leitmotiv… m’a un peu saoulé par moment. De même, le côté sorcière et compagnie m’a pas trop emballé… Bon, je l’excuse parce que l’histoire est quand même sympa 😉

Bref, pas la lecture du siècle, mais quand même un bon moment au final… et surtout pas mal d’axe de réflexion sur le sujet pour les semaines à venir 😉

Dans leur tour des USA pour enquêter sur des « miracles », Carl et le Sarge arrivent au Nebraska, dans la ville de Stone River (fictive), spécialisée dans l’abattage bovin… mais qui depuis le passage d’une vache qui parle est transformée en paradis pour les animaux.
Bizarrement, c’est un peu comme un réservoir bovin que j’imaginais le Nebraska : de grandes plaines, un climat qui permet de faire pousser de quoi les nourrir… Et finalement c’est bien ça ! Boeufs, porcs, volailles… Il y a de quoi faire dans cet état plutôt plat et pauvre en forêts où l’agriculture est la principale source de revenu.

Et du plat, il lui doit aussi son nom : Nebraska vient de l’amérindien « Ni Bthaska », pour la rivière Platte qui y coule. De nombreuses tribus indiennes vivaient dans le Nebraska : Sioux, Iowa, Omaha, Poncas… Ils devront attendre le milieu du 18ème siècle pour voir les premiers européens visiter leurs terres. Si le Nebraska fait parti alors de la Louisiane Française, elle est peu explorée et sert juste de point de passage pour Santa Fe. La région n’a été réellement colonisée qu’à partir de 1794. C’est cette année que le premier comptoir y est battit, pour le commerce des fourrures… et par conséquent ses premiers forts pour protéger les commerçant et habitant de la province.
En 1854, le Nebraska devient une région indépendante, mais sa forme sera définitive en 1867. Durant les années 1860, comme dans beaucoup d’autres états du Grand Ouest, la loi du « homestead act » permet au fermiers d’acquérir gratuitement des terres dans l’états, pour peu qu’il la travaille et y résident depuis 5 ans ! C’est la pleine période de la Conquête de l’Ouest ! Bien entendu, se sont les amérindiens qui vont pâtir de cette colonisation, leurs terres leur ayant été achetées une bouchée de pain, quand elles ne leurs ont pas été volées…
Après la guerre d’Indépendance, en 1867, le Nebraska devient un état à par entière, et prend Lincoln comme capitale.

Le moins qu’on puisse dire en voyant la physionomie de cet état, assez bas (le plus haut sommet culmine à 1600 m environ), c’est que ça n’est pas la destination touristique rêvée pour des randonnées ! Peu de parcs et monuments nationaux, peu de forêts, peu de montagnes, peu de cours d’eau, des dunes de sable… c’est le territoire des Grandes Plaines dédiées à l’agriculture et aux ranchs. Et Tornado Alley oblige, l’état est souvent victime de tornade très violente et d’orages !
Malgré tout cet espace, le Nebraska est assez peu peuplé : 1,8 millions d’habitants… et vu l’aridité de certaines zone, on comprendra que les zones les plus peuplées se trouve dans les grandes villes, situées au bord du fleuve Missouri ou de la rivière Platte.

Bref, un état typique pour moi de l‘immensité des Etats-Unis… mais qui malgré tout ne me tente pas plus que ça !

 

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