« Un enfant de Dieu » de Cormac McCarthy (Etat du Tennessee)

Pour parler du Tennessee dans le cadre du challenge « 50 états, 50 billets », on a l’embarras du choix dans la bibliographie de Cormac McCarthy, qui a vécu toute son enfance dans cet état. J’ai choisi Un enfant de Dieu un peu pour le titre, un peu parce qu’il est relativement court, et aussi parce qu’il a une sale note (4/10) sur Livraddict… Je me demandais ce qui déplaisait autant dans ce livre, et je me pose encore cette question après sa lecture !

Le récit se déroule dans le comté de Sevier au Tennessee, dans les années 60. Lester Ballard est marginal, squattant des granges ou fermes abandonnées, des grottes… Il vit en parallèle de la société et de la ville la plus proche. S’il a quelques « amis », la police locale le tient à l’oeil… et il y a de quoi, il a une mauvaise réputation, qu’il tient autant de légendes sur ses aïeux, que de ses fréquentations, ses actes répréhensibles, ou son côté bizarre. C’est un être sombre, dont on ne sait pas trop s’il sait différencier le bien du mal… et ce livre-portrait de cet « enfant de Dieu » va peut être nous amener à douter du bon sens de son Créateur, lorsque Ballard se trouve confronté à son premier cadavre

Si on a bien une histoire, ce livre dresse le portrait de Ballard, sombre et glauque, une sorte d’image de certains « monstres » sortis de films d’horreurs se déroulant dans les coins les plus pommés des USA. Ce livre, écrit en 1973, n’est pas sans me rappeler Le démon de Hubert Selby paru en 1976 : deux récit qui parlent de la manière dont deux hommes deviennent des assassins, juste pour leur plaisir, laissant émerger la Bête en eux. Si Ballard est un bouseux, le héros de Selby est un business-man new-yorkais… mais leur passion est la même. Entre Dieu et le Démon, les titres des romans se répondent même, comme des miroirs déformants.

Bref, j’ai du mal à voir en quoi ce roman serait si mauvais d’après les critiques de lecteurs : on retrouve vraiment le style d’écriture de La route, pessimiste, dans un monde en noir et blanc où juste des nuances de rouge viennent étoffer le tableau, comme des coups de couteau. Une histoire dure, une écriture lapidaire… Perso j’aime 🙂

Le Tennessee est à l’origine un territoire amérindien où vivaient des Creeks et Cherokee. Ce territoire leur doit son nom tirée du village Cherokee de Tanasi.
Au 16ème siècle les Espagnols explorent la région, puis les Français au 17ème siècle… Mais se sont les Anglais qui coloniseront le Tennessee après l’avoir gagné lors du Traité de Paris en 1763. Après la guerre d’Indépendance, les tous jeunes Etats-Unis offrent une partie des terres du Tennessee à la Caroline du Nord, afin de combler ses dettes suite à la guerre.
La partie restante du territoire deviendra indépendant en 1784 : l’état de Franklin. Dans la mouvance des révolutions américaines, cet état subsistera 4 ans, avec à sa tête John Sevier. En 1785, l’état de Franklin demande même à faire parti de l’Union des Etats-Unis… chose qui échouera de très peu de voix ! Sans l’aide de l’armée fédérale, ni une économie suffisamment stable, la Caroline du Nord eu très peu de difficulté à reprendre ces terres, et n’eu presque pas eu à se battre. Les tribus indiennes en revanche profitèrent de l’instabilité pour attaquer quelques fermes et colons de Franklin ! En 1788, la Caroline du Nord récupère donc les terres de l’état de Franklin.
En 1796, la Caroline du Nord rend ses terres au Tennessee, qui deviendra alors le 16ème état des Etats-Unis  !
En 1843 Nashville devient la capitale de l’état, et rassemble autour d’elle de grandes zones dédiées à la culture du coton et du tabac… des plantations qui demandent beaucoup de main d’oeuvre d’esclaves. Par conséquent, le Tennessee se tourne du côté des états du sud Confédérés lors de la guerre de Sécession. De violents combats auront alors lieu sur ces terres. Dernier état à rejoindre les Confédérés, il sera le premier à réintégrer l’Union en 1866. Mais malgré cela, c’est au Tennessee que le Ku Klux Klan, tristement célèbre, verra le jour en 1865.

Quand on entend parler du Tennessee plusieurs images me viennent en tête, petite française élevée au sein de la culture populaire : David Crockett le fameux trappeur né dans cet état selon la chanson ; Elvis Presley qui à vécu et est mort à Memphis, et a enregistré dans les studios de Nashville comme bien d’autres : de Bob Dylan aux White Stripes ; la musique country qui à vu le jour dans ces contrées ; la fabrication du whiskey Jack Daniel’s… Bref, l’image de l’Amérique rêvée !

De quoi rendre fiers ces 6 millions d’habitants qui vivent certes de l‘industrie musicale, mais aussi et surtout de ses ressources minières : charbon, fer… Le Tennessee est ainsi dans la moyenne économique du pays.

De plus, comme on le soupçonne dans le roman, l’état bénéficie de territoires sauvages : montagnes, parcs, forêts…  dont la région de Big Frog Mountain, dont il est question dans le livre, et qui se situe dans le sud du Tennessee.

3 commentaires

  1. Aaliz

    Coucou toi ! 🙂
    J’espère que tu vas bien !

    J’aime beaucoup ton billet et ta comparaison avec « Le Démon ». Perso, autant j’ai adoré « Le Démon » que « Un enfant de Dieu » m’a plutôt déçue. Je pense que c’est surtout parce que je savais déjà qu’on avait affaire à un tueur en série et que du coup j’attendais une surprise qui n’est pas venue. Or qu’avec « Le Démon » je ne savais pas du tout ce qui allait advenir de Harry et pour le coup là j’ai été surprise.
    Je n’ai toujours pas lu « La route » par contre, il faudrait que j’y pense !
    Bises !

    • Loesha

      Quelle rapidité, à peine je publie mon billet que pof, tu viens me laisser un petit mot 🙂
      C’est marrant, en fait c’est le contraire que j’ai vécu : on m’a conseillé « Le Démon » en me vantant le côté serial-killer… qui arrive assez tard en fait. « Un enfant de Dieu », je n’ai pas lu les critiques à la vue de la note sur Livraddict, donc je ne m’attendais à rien !

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