« Un dernier verre avant la guerre » de Dennis Lehane (Etat du Massachusetts)

Une fois de plus, une jolie découverte grâce au challenge « 50 états, 50 billet » : pour traiter du Massachusetts, je me suis attaquée à la saga de thriller « Kenzie et Gennaro » de Dennis Lehane en lisant leur premier volet de la série Un dernier verre avant la guerre, paru en 1994.
J’ai été tentée par ce roman noir car j’avais adoré le film Gone, baby gone, de Ben Affleck, qui est en fait une adaptation du 4ème épisode de cette série ! Et je n’ai pas été déçue 🙂

Nous somme dans les banlieues sud de Boston, au début des années 1990. Patrick Kenzie et Angela Gennaro, amis depuis l’enfance, ont fondé leur cabinet de détectives privés, et les choses roulent plutôt pas mal pour eux. Ils se voient proposer un contrat assez simple par deux politiciens : retrouver la femme de ménage de l’un d’eux, qui a disparu en emportant des documents officiels très importants… Juste la retrouver.
Mais les évènements vont se précipiter : ils vont vite s’apercevoir que cette femme de ménage Noire, Joanna, n’est pas une simple voleuse, et que les document en sa possession pourraient faire tomber bien des têtes hautes placées. Et pour ne rien arranger, ils vont aussi s’apercevoir qu’ils ont mis les pieds au plein milieu d’une lutte  entre des gangs rivaux

Un thriller assez dur, qui oscille entre violence ordinaire et combats urbain : femmes battues, racisme ordinaire, enfants maltraités… jusqu’à l’apogée où chacun veut faire sa lois et que les querelles finissent en véritable bataille de rues. Il y a donc beaucoup de baston, de coup de flingue, de morts et de blessés… mais aussi un certain sens de l’humour, mais on rit jaune.
La plume de l’auteur, cinglante, précise, prend de l’ampleur en faisant de Kenzie son narrateur : un excellent enquêteur qui cache un gamin traumatisé par son père « le Héros » qui en avait fait son puching-ball. Angie, au caractère bien trempé, n’a pas une vie rose non plus : marié a un homme violent qu’elle se répugne à quitter, elle est régulièrement battue, au grand désespoir de Kenzie qui craque pour elle. J’ai vraiment appréciés ces personnages, pour leur faiblesses qui les rends plus humains, mais aussi leurs forces qui rend leurs aventures palpitantes ! Et autour d’eux, le monde parait bien sombre aussi, ce qui donne une sacrée impression de réalisme à ce récit.
Le focus est mis sur les problèmes raciaux : Noirs contre Blanc, les pourquoi et comment du racisme dans les rues des banlieues de Boston, qui a beaucoup à voir avec la colère et la peur, avant de comprendre qui tire profits de ces batailles rangées.
On a vraiment l’impression d’être plongé dans les bas fonds d’une grande ville américaine, à grand renfort de détails sur la ville et les gens qui y habitent : la musique, l’architecture, les magasins, les looks de l’époque, … Un vrai voyage, glauque, mais passionnant !

Encore une série à continuer donc, j’ai adoré ce roman et l’ai dévoré ! Rendez-vous donc bientôt avec le second volume de la saga Ténèbres, prenez-moi la main !

Avec le Massachusetts, qui tiens son nom d’un tribus amérindienne éponyme signifiant « lieu de la grande colline », nous refaisons une incursions dans les états du nord est des USA, dans la région de la Nouvelle Angleterre.

De la Grande-Bretagne, le territoire a hérité de ses premiers habitants : des colons puritains, les Pères pèlerins, arrivé dans le fameux Mayflower en 1620, et considéré comme les pères fondateurs des futurs Etats-Unis ! Un sacré morceau d’histoire des USA c’est donc déroulé dans le Massachusetts.
Et ce n’est pas tout : la tradition veut que la Thanksgiving ait été fêtée pour la première fois aux USA dans cette toute jeune colonie ! Perdus dans un territoire inconnus, affamés, les Père pèlerins n’ont du leur salut qu’à l’aide d’une tribus locale, les Wampanoag, qui leur ont offert à manger, et appris à se débrouiller tout seul en pêche et chasse. La Thanksgiving, l’Action de grâce, est une fêtes plus importante que Noël dans pas mal de familles américaine aujourd’hui encore : c’est à ce moment là qu’on mange la fameuse dinde en famille. Outre sa valeur religieuse, elle symbolise le bonheur d’avoir trouvé des terres accueillantes. Bien entendu pour les Amérindiens, cette fête est plutôt un symbole de la destructions de leurs coutumes et traditions…
Repus, les Père pèlerins fondent Plymouth, et d’autres immigrés suivront rapidement pour coloniser la baie du Massachusetts.
Si les pasteurs fraîchement arrivés tentent d’alphabétiser et d’évangéliser les Amérindiens vivants sur ce terres, ce geste restera sans conséquences : les guerres entre Blancs et Indiens font rage malgré des débuts encourageant, ce qui laissera peu de représentant des tribus de natifs américains vivants…
Très religieux et « un peu » superstitieux, les habitants du jeune Massachusetts lancent la célèbre chasse au sorcières de Salem en 1692 : une vingtaine de personnes sont alors exécutées pour sorcellerie.
En 1763, le Massachusetts fait parti des 13 états se révoltant contre la Grande-Bretagne, devenant alors les premiers états des USA.
Les vagues d’immigrations suivante amèneront bien entendu des Anglais, mais aussi beaucoup d’Irlandais (25% des origines ethniques actuelles), des Italiens, Afro-américains…

Si l’état a pour lui d’être à cheval entre montagnes, forêts, fleuves, océan Atlantique… qui offrent de jolis paysages, le Massachusetts est surtout connu pour sa capitale, Boston, la plus européenne des villes des Etats-Unis. Sur ses 6,5 millions d’habitants, 4,5 vivent dans la ville et sa métropole.
Malgré ce fort taux d’urbanisation, l’agriculture est un secteur économique important, avec notamment la culture de canneberges et leur transformation (jus, conserves…).
L’état jouit aussi d’un très haut revenu moyen par habitant, le second des USA, bien que le taux de pauvreté flirte avec les 10%…
Malgré son passé puritain le Massachusetts est assez progressiste : bien que la peine de mort soit encore en vigueur, elle n’est plus appliquée.

A Cambridge, on retrouve la très connue Université d’Harvard, la plus ancienne et riche des universités des USA. Fondé en 1636, l’université est aussi aujourd’hui reconnu pour la qualité de son éducation. Pas moins de 45 Prix Nobel sont sortis de Harvard, et 8 Présidents américains ! Outre les salles de cours, résidences universitaires… Harvard possède une des bibliothèques les plus importante du monde, et des musées d’art dont certains possèdent des oeuvres de Poussin, Monet, Rodin… Un vrai centre culturel orienté vers l’élite !

Voici donc un état qui à l’air agréable à vivre, même si le roman donne de Boston et de sa région une vision un peu moins rose 😉

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