« Le chat aux yeux jaunes » de Serge Brussolo (Etat de Californie)

C’est avec une certaine impatience que j’attendais de lire le nouvel opus de la série de l’Agence 13, dont j’avais déjà lu les 2 premiers tomes (Dortoir interdit et Ceux d’en bas). Petite Fleur m’a donc prêté Le chat aux yeux jaunes, qui me permet en plus de remplir deux challenges ! L’état de Californie pour le challenge « 50 états, 50 billets » et la couleur pour le challenge Petit BAC ! Du bon boulot 🙂

On retrouve une fois de plus Mickie Katz, « décoratrice » pour l’Agence 13, spécialisée dans les paradis inhabitables. Cette fois, elle va devoir s’occuper d’une cliente riche et célèbre : Peggy McFloyd, actrice de comédies romantiques qui a connu son heure de gloire dans les années 60. Afin de faire durer le rêve, elle a créé une sorte de maison de retraite où l’on vit dans les années 60 : la décoration, la cuisine, les émissions TV ou radio… rien ne date de plus loins que cette décennie dans cette demeure.
Mickie va devoir travailler pour cette vieille dame un peu excentrique, qui vitriolée dans sa jeunesse, elle a réussi à retrouver un visage de déesse et faire exploser sa carrière.  Mais en fouillant un peu, Micki se rend compte qu’elle cache bien des secrets

C’est assez sympa de retrouver Mickie dans un contexte un peu plus urbain et civilisé que les deux premières fois (où elle officiait dans le désert du Nevada et dans les forêt du Montana) : Venice, Santa Monica, le soleil de Californie, les hauteurs de Mullholand Road… Mais l’ambiance n’en reste pas moins tordue et un peu glauque ! 🙂

J’avais été assez dubitative sur la fin du second roman, et je me demandais comment l’auteur allait se dépêtrer avec une Mickie vivant en couple avec une autre femme et son jeune fils sociopathe, et en l’ayant fait tomber enceinte d’un habitant des souterrains du Montana… Et bien Brussolo règle le problème en 2 pages, ce qui me prouve bien que ça n’était pas l’idée du siècle 😉
Pour le coup pas d’énorme surprise sur la vie perso de Mickie cette fois-ci, on est plus concentré sur l’histoire qui comporte pas mal de rebondissements… Mais il y a néanmoins quelques trucs qui m’ont semblés incohérents (et là on ne peut pas dire que ça vient de la traduction).
Mais globalement j’ai apprécié l’univers : le monde des stars des Trente Glorieuses, avec la mise en situation des habitudes des années 60 (ou fumer n’était pas tabou, bien au contraire par exemple).

Bref, une enquête sympa dans la lignée de l’Agence 13, à lire forcément si on est fan de la série 😀

La Californie… Rien que ce nom évoque le rêve américain pour moi ! Toujours plus à l’Ouest, c’est le dernière territoire avant l’Océan Pacifique pour les colons qui ont traversé les États-Unis depuis les ports de la côté Est. C’est dans cet optique que j’avais fait un voyage dans l’Ouest américain avec mon copain il y a deux ans : de l’Arizona à la Californie, avec comme point de chute San Francisco !

Si la Californie est si connue dans le monde c’est aujourd’hui principalement à cause, ou grâce, au cinéma, dont il est aussi question dans ce roman : Hollywood est le centre névralgique du cinéma américain, et brasse des dizaines de milliards de dollars chaque année !
A côté de ça l’industrie du loisirs est aussi dominante dans cet état : les plages, les musées, mais aussi les parcs d’attraction comme Disneyland et Sea World aux abords de la mégapole de Los Angeles… Mais aussi de nombreux sports nautique, des stations de ski…

Mais la Californie à aussi d’autres spécificité qui rende cet état si célèbre dans le monde entier, et en fait la face inverse de New-York.
D’abord l’agriculture, et plus particulièrement la viniculture : pour des français un vin qui ne vient pas de chez nous est une hérésie, mais il faut avouer que les côte ensoleillées des vignobles californiens donne un très bon vin. Je l’ai testé personnellement dans un bar à vin de San Francisco, il est très bon… seul problème leurs accompagnements de charcuteries et fromages qui ne sont vraiment pas à la hauteur 😉
La Silicon Valley, au sud de San Francisco est le cœur du secteur des nouvelles technologies, avec des centaines de start-up, entreprises de l’informatique et d’Internet, brevets dans les secteurs de pointe… L’eldorado des geek !
La politique très progressiste de la Californie fait aussi beaucoup parler d’elle : en terme d’écologie les éoliennes borde la moindre colline, au niveau social la court suprême à autorisé le mariage gay (annulé par un référendum, certe…). On n’est pas dans un état où vivent des artistes, ancien hippie, manifestants pour diverses cause (droits des homosexuels, des droits des Noirs, …) pour rien !

Les parcs nationaux comme Yosemite, Joshua Tree et Death Valley, les côte Pacifique de Big Sur… prouvent que la Californie malgré ses mégapoles monstrueuses et sa place d’état le plus peuplé avec ses 37 millions d’habitants, a su conserver un patrimoine naturel.
C’est un des états les plus riches au niveau naturel, du fait de sa géographie et son climat ! Il y a énormément d’écosystèmes différents : les déserts arides à l’Est des Montagnes Rocheuse, les très hautes montagnes (dont les neiges ne fondent pas en juin.. testé et froidement approuvé !), les plaines, les forêts plus ou moins humides, les bords de mers composé de falaises abruptes ou de plages, les rivières, les climats tempérés de la côte… Normal qu’une faune et une flore très diversifiée vive dans cette région !


Au niveau économique, la Californie est l’état le plus riche des États-Unis, à une croissance record, et attire autant les investisseurs américains qu’étrangers ! Aucun secteurs ne lui résiste : exploitation des ressources naturelles, énergies, industries de pointes ou classique, agriculture, tourisme, exportations… Avec certaines des meilleurs universités du pays (voir du monde, comme Stanford), l’état possède une main d’œuvre nombreuse et qualifiée, ce qui semble lui apporter un succès incontestable !
Du fait de son histoire et de ses nombreuses vagues d’immigration, la Californie bénéficie du mélange des cultures et d’une ouverture d’esprit peut-être un peu plus grande que d’autres états : d’abord les espagnols dont la langue est parlé par 25%  de la population, les chinois, les vietnamiens, les mexicains actuellement… Un vrai melting-pot 🙂

Si l’espagnol est si important en Californie à l’heure actuelles, on peut en chercher l’origine dans son histoire. D’abord habités par les amérindiens, l’Espagne annexe le territoire au milieu du 16ème siècle après un vague d’explorations. Le territoire sera rattaché à la Nouvelle-Espagne, qui englobe plusieurs états du Sud-Ouest des USA. Mais la Californie attire bien des convoitises : français, russes, britannique… lorgnent dessus.
Mais à partir de la guerre d’indépendance du Mexique en 1821 la Californie est une région du Mexique, tout comme le Texas qui sera l’objet du conflit américano-mexicain. Après la défaite du Mexique et une révolte des colons californiens, celui-ci cède la Californie aux USA avec d’autres territoires.
En 1848, débute la ruée vers l’or, qui à tant fait rêver : une vague d’immigration permet de peupler des villes comme Los Angeles, sa capitale Sacramento… L’année suivante la Californie abolie l’esclavage, puis rejoint les USA en devenant un état à part entière en 1850. Il fera naturellement parti des états de l’Union durant la guerre de Sécession.
L’arrivée du chemin de fer à cette époque va faciliter les échanges avec les états du Nord-Est, et accélérer l’immigration. Le 20ème siècle est son siècle : économie flamboyante, les villes qui prospèrent… mais la crise de 29 va mettre un coup de frein à cela comme partout ailleurs. La Seconde Guerre Mondiale va relancer son économie et son essor, la Californie se spécialise dans les secteurs de pointe militaire.
Dans les années 1960 la Californie devient l’état le plus peuplé des USA, mais connait aussi une vague de manifestation du fait de sa population jeune et mixte : manifestation contre la guerre du Viêt Nam, émeutes raciales…

Bref, un état riche en histoire, culture, environnement… où j’aimerai bien retourner ! Il faudrait des mois pour en faire le tour ! Si Los Angeles ne me branche pas plus que ça (je n’y suis même pas allée durant mon périple américain), San Francisco m’avait bien plu.

6 commentaires

  1. Petite Fleur

    Comme toi, j’ai trouvé que l’histoire n’était pas transcendante par contre j’ai beaucoup apprécié la plongée de ce monde du cinéma, de son âge d’or, de toute cette époque que je ne connais pas (je n’étais pas née :-)).

    • Loesha

      C’est vrai qu’à y repenser l’ambiance est moins stressante que les deux autres romans… plus glauque dans la situation, mais moins en mode survivaliste. Vivement le prochain en attendant 😀

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