« Lumière d’août » de William Faulkner (Etat du Mississippi)

Il m’a fallut quelques mois pour me mettre à l’ouvrage, mais je me suis enfin décidée : lire un des romans du pilier du roman américain et de la littérature contemporain, Willian Faulkner. C’est toujours un peu impressionnant de s’attaquer à un prix Nobel de la littérature (1949 pour lui), surtout pour une lectrice amateur comme moi. Mais en fait ça c’est très bien passé 😉
Bien entendu, c’est le challenge « 50 états, 50 billets » qui m’a motivée à me lancer dans l’aventure afin de découvrir le Mississippi, et comme souvent, je ne l’ai pas regretté !

Dans l’entre-deux guerres dans le sud-est des Etats-Unis, Lena Grove, jeune femme enceinte de 7 mois décide de quitter l’Alabama pour retrouver le père de son enfant, Lucas Burch, dans l’espoir de l’épouser et de s’installer avec lui. Celui-ci est selon elle parti trouver un travail dans le Mississippi… Faisant des centaines de kilomètres à pied ou en « stop », elle fini par arriver à Jefferson, où elle rencontre le quasi homonyme de son amant, Byron Bunch. Par la bouche de ce dernier, elle apprend que Lucas est encore en ville, sous le pseudonyme de Joe Brown
Mais au moment où elle arrive à Jefferson, le destin de Lucas est déjà scellé. Son ami Joe Christmas vient de tuer un femme, Joanna Burden, et fait selon toute probabilité de Lucas son complice…

Encore une histoire bien difficile à résumer, tant sa trame narrative est complexe… où plutôt terriblement bien travaillée ! Le roman est découpé en 3 grandes phases, de plusieurs chapitres.
On commence par suivre Lena dans sa folle quête de son amour d’un soir (bien que le lecteur se dit que celui-ci n’a aucune envie de la revoir…). Mais pour elle, Dieu ou le destin pourvoira à ses besoins. Ainsi elle traverse un état, aidée par de braves gens, et retrouve presque par hasard la trace de Lucas Burch. Alors qu’elle arrive à Jefferson, un drame c’est produit : une grande maison est en flamme, et on découvre bientôt un cadavre, celui de sa propriétaire Joanna, égorgée dedans…
On attaque alors une autre histoire, celle de l’assassin, Joe Christmas. La vie de celui-ci est très intense, orphelin, il est blanc bien que beaucoup décèlent en lui ses origines noires… Lui même s’appelle le nègre dans ses accès de fureur. Entre un passage à l’orphelinat et une éducation très stricte dans une ferme, il apprend la rage et la haine, et prend la route pour sillonner le pays, jusqu’à arriver à Jefferson.
On revient ensuite sur Lena, et Byron, qui est tombé amoureux d’elle… Aidé par son ami, l’ancien pasteur Hightower, il va aider Lena à s’installer provisoirement à Jefferson, avoir son bébé, et ramener Lucas auprès d’elle… Mais tout ne se passe pas exactement comme prévu

Les dénouements des différents destins sont à la fois prévisibles et plein de surprise… Suspense, rebondissements… Emmené par un style riche et passionnant. Contrairement à mes craintes, on n’a pas le temps de s’ennuyer !
Le côté réaliste est donné par le point de vu des différents personnages : on voit parfois les situations analysées par des personnages principaux, d’autres fois par des protagonistes qui ne font que passerChacun apporte sa pierre et son affect au récit, est c’est cela qui le rend si riche, si vrai, si humain… et souvent si cruel ! Les vies des héros sont racontées, décortiquées. Progressivement on apprend tout de leur passé et de leurs motivations. Sauf peut-être de Lena et Lucas, qui semblent glisser sur l’histoire comme des rêveurs.

Bien entendu j’ai aimé ce livre, et je conseille à tous de découvrir Faulkner ! J’aurais préféré commencer par le grand classique de Faulkner, le scandaleux Le bruit et la fureur, mais vu que j’avais sous la main Lumière d’août, je me suis dit que ça ne devait pas être mal pour découvrir l’auteur… surtout qu’il parait que ce roman est le favori des français… Il me tarde de lire le reste de ses ouvrages les plus connus pour découvrir pourquoi !

 

Avec l’état du Mississippi (qui doit son nom au fameux fleuve qui le sépare de la Louisiane, signifiant « grand fleuve » en indien), on continue notre découverte des états ultra conservateur du Dixie. Entre pauvreté et ségrégationnisme, il y a de quoi faire !

Comme ses voisins : la Louisiane, l’Arkansas, le Tennessee, l’Alabama… Le Mississippi a d’abord été annexé au compte de la Nouvelle-France en 1699, avant d’être cédé aux anglais en 1763. En 1817, le Mississippi rejoint les Etats-Unis comme état esclavagiste.
Les colonies peinent à se mettre en place, malgré les riches terres au bord du fleuve. Au début du 19ème siècle la population d’esclave Noirs est aussi importante que la population Blanche… Il faudra compter sur l’essor démographique de l’Alabama voisin et les vagues d’immigrations dues aux guerres pour que l’état voit arriver en 1820 son « Mississippi fever » : une ruée vers l’état, qui lui permettra de multiplier par 10 sa population.
En 1861, l’état fait sécession et passe donc du côté des Confédérés, jusqu’en 1870.  Cette période de l’histoire semble tenir à coeur de la population, car le referendum de 2001 à confirmé leur volonté de garder la « Southern Cross » Confédérée sur leur drapeau

Cet attachement aux anciennes valeurs se ressent dans beaucoup de choses au Mississippi, du côté des droits et des libertés : lois anti-mariages homosexuels (que ce soit pour les célébrer ou les reconnaitre), restrictions des cliniques pour les avortements, ségrégation et agissement du Ku Klux Klan avec une certaine impunité dans les années 60, et surtout, l’interdiction de l’esclavage qui n’a été ratifié qu’en 1995 ! Inutile de préciser que l’état est religieux… voir « très religieux » selon 60% de ses habitants (on imagine donc que les 40% restant sont modérés en allant à la messe que le dimanche).
Côté santé, il se place en queue de peloton : obésité, diabète, … et côté éducation c’est la même punition : les jeunes étudiants du Mississippi ont le niveau le plus bas des USA.
Au niveau économique, c’est l’état le plus pauvre, mais aussi où la vie est la moins chère, ce qui peut paraitre logique pour un état dont l’économie se base majoritairement sur l’agriculture, et plus particulièrement le coton.
Au niveau météorologique, ça n’est pas toujours la joie non plus : climat subtropical oblige, les ouragans tels Katrina viennent ponctuellement dévaster les villes côtières, quand ça ne sont pas des tornades dans le nord de l’état…

Bref, le tableau est peu réjouissant… Mais pour sauver un peu l’état, je dois souligner que c’est à Tupelo qu’est né Elvis Presley, à qui on doit objectivement tellement au rock et à la musique actuelle ! Il faut dire que le Mississippi comme ses état voisin est la patrie du Blues, musique ayant bénéficié des apport Afro-Américain. C’est de là aussi que vient Britney Spears, mais pour le coup je ne sais pas si c’est rendre hommage à cet état 😀

Si le Coca-Cola à vu le jour en Georgie, c’est au Mississippi qu’il a été embouteillé pour la première fois… mais contre-partie, c’est la bas qu’à été inventé la root-beer, l’abomination du soda selon moi 😉
Pour rester dans la cuisine (j’aime bien finir mes articles par une note culinaire), le Mississippi est l’endroit où on trouverait les meilleurs poissons-chats frits, et plus globalement beaucoup de plats à base de poisson, ainsi que quelques douceur type Mud Pie (fondant au chocolat et glaces) ou Hushpuppies (genres de beignets).

Bref, un état tentant côté tourisme, cuisine, paysages… mais au niveau social, j’hésite… 😡

2 commentaires

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