« Des milliards de tapis de cheveux » de Andreas Eschbach

Je ne sais plus comment je suis tombée sur ce roman de l’auteur allemand Andreas Eschbach, écrit en 1995, mais ce jour là j’ai eu bien de la chance ! C’est un petit bijou que j’ai dévoré, et qui a tout du roman de SF voué à devenir un grand classique !
De plus il me permet de valider une entrée pour le challenge Petit Bac 2012, catégorie « partie du corps ».

Sur une planète aride, où la population vit aux limites de la pauvreté, une étrange coutume veut qu’une caste d’hommes passent une vie entière à réaliser un tapis fait des cheveux de leurs femmes et filles. Ce tapis une fois vendu à l’Empereur permettra à leur unique descendant mâle de devenir lui même tisseur de tapis de cheveux. Voici une tradition qui se perpétue depuis des millénaires, depuis que l’Empereur immortel en a décidé ainsi ! Voilà bien son droit, car après tout, n’est-ce pas lui qui fait briller les étoiles ?
Mais autour de ce culte de l’Empereur et de la confection de tapis de cheveux, d’autres histoires vont prendre par à cette trame : celle d’un étranger hérétique perdu sur cette planète, celle d’un marchand qui récolte les tapis ville après ville, celle de l’histoire d’amour d’une jeune femme pour le fils d’un tisseur, … Tous sont liés par ces étranges tapis, intriguants, magnifiques et repoussants à la fois…

Quel mystère que ces tapis de cheveux ! Une fois l’univers posé, celui d’un Empire colossal composé de plusieurs systèmes solaires, dirigé depuis des dizaines de milliers d’années par le 11ème Empereur, on n’a qu’une envie : savoir ce que signifie ce culte pour la tapis de cheveux ! Pourquoi des hommes, voir une planète entière, s’aliènent pour réaliser des tapis de cheveux, qui rapporté au nombre de tisseur atteignent des quantités phénoménales ? Des milliards de tapis de cheveux pour décorer le palais de l’Empereur, bien trop pour que cela soit possible. Surtout quand on sait que l’Empereur a été tué il y a 20 ans de cela par des Rebelles, et que son palais n’abritait aucun de ces tapis…

La question de la chute de l’Empire est aussi très intéressante. L’auteur présente progressivement des éléments qui nous expliquent comment le système de commerce du tapis de cheveux est mis en place par des administrations locales, fonctionnant en vase clos. On comprend alors mieux pourquoi les forces Rebelles ont tant de mal, 20 ans après la mort de l’Empereur, à faire accepter à tous ces peuples vivant sur de lointaines planètes  que cet être immortel a disparu, signifiant alors que leur mode de vie est dorénavant dépassé, et que le tissage de tapis de cheveux est une ineptie… Lorsqu’on a été élevé comme un esclave, il est presque impossible d’avoir une idée même de la liberté !
Ce schéma dicté par l’Etat mêlé à celui de la culture locale est très intéressant, et ouvre pas mal de pistes de réflexion sur le monde qui nous entoure…

La narration est découpée en chapitres qui équivalent presque à des nouvelles autonomes, mais qui sont en fait reliées entre elles de manière très fine et intelligente, à la façon d’un polyptique.  Si on est dérouté par deux ou trois chapitres en se demandant ce qu’ils viennent faire là, la réponse arrive rapidement dans les suivants… La trame se tisse, et le dessin prend forme, et il est magique ! Je crois que c’est cette structure qui m’a rapellé (dans une moindre mesure) l’excellent Qu’a t-elle vue, la femme de Loth ? de Ioànna Bourazopoùlou.
On est vraiment pris dans l’histoire, et jusqu’à la dernière page on est happé par cet univers. De plus la fin ne m’a pas laissé sur ma faim… Bref, un coup de maitre pour ce qui est de l’intrigue !

Quand on sait que c’est le premier livre de Andreas Eschbach, on n’a qu’une envie, découvrir ses autres romans ! J’ai vraiment été impressionnée et conquise par celui-ci, au point où c’est un véritable coup de coeur ! Bref, je le conseille aux amateurs de SF et aux autres : il se lit très facilement, et l’intrigue est très prenante !

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