« Seul le silence » de R. J. Ellory (Etat de Géorgie)

Ouf, j’ai réussi a trouver autre chose que Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell pour remplir mon objectif du challenge « 50 états, 50 billets », la Géorgie.

Dans le cadre de notre tirage au sort sporadique  de livres au boulot (le Circle Challenge Pandora), nous sommes tombé dernièrement sur le livre proposé par Petite Fleur : Seul le silence, de R. J. Ellory, paru en 2007, et qui est si je ne m’abuse un de ses coups de cœur intemporels (voir sur son blog).

En 1939, Joseph Vaughan, alors âgé de 12 ans, perd son père et se retrouve élevé seul par sa mère dans une petite ville américaine de Géorgie, Augusta Falls.
Peu de temps après une fillette est retrouvé tuée, violée et mutilée aux abords de la ville… et plusieurs suivront, au rythme d’une par an environ, au point ou Joseph en retrouvera une près de chez lui. Traumatisé par ces meurtres horribles, il cherchera à découvrir qui pourrait être le coupable, sans succès. Et ni lui, ni le shérif de la ville, ni ceux qui seront appelés de tout l’état par la suite ne trouveront l’homme qui  perpétue ces atrocités.
Entre rumeurs de culpabilité sur fond de 2nd Guerre Mondiale, les crimes semblent s’arrêter après le départ de son voisin Gunther Kruger, pour reprendre de plus belle dans d’autres comtés de Géorgie.
Marqué durement par la vie et dépassé par ces souvenirs qui le poursuivent comme des fantômes, Joseph part à 18 ans pour New-York afin de devenir écrivain… Mais rien n’est vraiment terminé, et bientôt son passé va le rattraper à grand renfort d’ombre et de sang.

Un roman difficile à décrire, extrêmement bien écrit, dense dans sa composition et son vocabulaire… Tout transpire la rage, la douleur, la crispation. Bref, un roman lourd, que j’ai bien pris le temps de lire… Malgré l’aspect thriller, je ne me suis pas retrouvée à lire jusqu’à plus soif et à tourner frénétiquement les pages… et pourtant ce roman m’a beaucoup plu ! Chaque mot semble avoir son importance, chaque phrase résonne avec un autre… bref, on reconnait là une belle plume même sans être un spécialiste de l’écriture ! Un roman noir et lourd, que j’ai décidé de digérer lentement.

Il faut dire que le parcours du narrateur, Joseph, fait froid dans le dos… Sa vie semble marquée au fer rouge par l’empreinte de la mort, à se demander si ce n’est pas lui qui est consciemment ou non à l’origine de ces morts et autres malheurs qui jalonnent sa route… un peu comme s’il porterait la poisse !
Augusta Falls, qui lui revient sans cesse en mémoire, par les actes qui sont à l’origine du « mal », devient un personnage à part entière. On ressent presque son atmosphère lourde de ville de Géorgie, où ont a l’impression que l’orage va bientôt éclater sans jamais libérer ses habitants de la moiteur et la lourdeur… Une ville où les gens sont pou beaucoup des migrants, ou des descendants d’esclaves, tous attachés à la terre, et où les rumeurs s’infiltrent dans les vies comme du poison…
Sans révéler des éléments de l’intrigue, l’auteur m’a bien eue, et cela jusqu’aux dernières pages. Forcément on cherche nous aussi à savoir qui est le tueur, alors on élabore des théories… J’en avais une dès le début du bouquin, j’ai aussi envisage d’autres pistes… et ma belle théorie à laquelle je me raccrochais est partie en fumée ! Rien que ça, ça me fait monter encore plus ce roman dans mon estime ! Je trouve qu’il n’y a rien de pire qu’un roman policier où on devine la fin…

Donc je ne peux que conseiller cette lecture, qui je pense va me rester longtemps en mémoire… Pour le meilleur et pour le pire ? En tous cas je pense me repencher un de ces jours sur cet auteur, qui a sortie quelques romans en anglais, dont une partie a été traduite en français : Vendetta, et dernièrement Les anges de New-York.
Puisque je parle traduction (qui est bonne je trouve globalement), le titre du roman est pour moi très très mal traduit, dans le sens ou le titre original A quiet belief in Angels devrait faire écho à une thématique et un roman cité dans les pages du livre… Mais bon, c’est vrai qu’en France, parler d’anges pour un polar, ça le fait peut être pas pour les ventes ?

La Géorgie est un état du Dixie, un état du sud-est des Etats-Unis comme l’Alabama que j’ai présenté il y a quelques temps. Sa capitale est Atlanta, mais d’autres grandes villes sont au centre de son histoire et de son économie, comme Savannah, ou Augusta

L’état a été au centre de conflits dès 1670 entre les pays européens souhaitant contrôler la région : les espagnols, les britannique déjà installés en Caroline, les huguenots français en Floride… Mais se sont les amérindiens qui s’imposent jusqu’en 1716.
A partir de là, les britanniques établissent des colonies, baptisent l’état en l’honneur du roi Georges II de Grande-Bretagne, créent la ville de Savannah et accueillent comme premiers migrants des prisonniers britanniques. En 1775, la Géorgie fait parti des 13 états qui se soulèvent contre les britanniques. Au terme de plusieurs années de ce qu’on appellera la Guerre d’Indépendance, les britanniques reconnaîtront l‘indépendance de ces 13 provinces dans le Traité de Paris, ce qui en fait les premiers états des Etats-Unis d’Amérique.
En 1788, la Géorgie devient le 4ème état de l’Union. Bien que l’esclavagisme ne soit autorisé que depuis 1749, et qu’une loi de 1793 interdise l’importation d’esclaves, celle-ci est ignoré et de nombreux esclave venus Afrique sont employé dans les plantations
La Géorgie a alors vraiment l’image d’un état du Sud, où le coton est la matière première au centre de l’économie : culture et traitement avec la première machine à trier les fibres. Au fur et à mesure du 19ème siècle, le nombre de plantations va augmenter, des côtes vers l’intérieur des terres… Tout le monde se met au coton, même les indiens Creek sont poussés à en produire, ou à céder leurs terres pour créer de nouveaux champs. Des tirages au sort et loteries ont lieu pour distribuer des terres, des milliers de familles viennent pour se refaire une nouvelle vie dans cet eldorado : c’est la fièvre de l’or blanc ! Les esclaves sont aussi poussé par cet exode dans les terres. En 1790, deux tiers de la population est Noire.
En 1861 la Géorgie passe du côté des Confédérés durant la Guerre de Sécession, et sera le dernier état en 1870 à repasser dans l’Union.

Aujourd’hui, la Géorgie est peuplée par 9,5 millions d’habitants, et sa ville la plus importante est Atlanta avec ses 5,2 millions d’âmes. Cette région fait parti du top 10 des états les plus peuplés des USA, avec une bonne 9ème position !
Côté économie, l’état n’a pas rougir non plus : il est très dynamique. Beaucoup de grosse entreprises ont leur siège en Georgie : UPS, Coca-Cola, Delta Airline… Mais c’est aussi dans l’agriculture qu’elle se fait remarquer : pêches, noix de pécan, coton, tabac… l’industrie, et le tourisme.

Côté géographie, la Géorgie, juste au nord de la Floride, jouit d’un climat sub-tropical… Bien que ne se situant pas au coeur de la Tornado Alley, des tornades se produisent fréquemment dans la région.

Petits « tips » culturel : c’est en Géorgie que le Coca-Cola a vu le jour, c’est aussi ici que Martin Luther King et Ray Charles sont nés ! Malgré la ségrégation qui avait cours dans les années 60, c’est bien la chanson composée par ce dernier Georgia on my mind qui est devenu l’hymne officiel de l’état !

4 commentaires

  1. Petite Fleur

    Contente que ça t’ait plu. Moi, je l’ai adoré. J’ai même du coup lu ses autres titres parus en France, bien que les sujets ne me tentent a priori pas particulièrement : la mafia pour « Vendetta » et les complots gouvernementaux pour « Les anonymes ». Et je n’ai pas regretté, j’ai adoré. Je trouve qu’Ellory a un vrai talent de conteur. Il sait emporter dans ses histoires.

    Y a plus qu’à piocher le prochain titre !

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