« Sukkwan Island » de David Vann (Etat de l’Alaska)

Sukkwan Island, premier roman de David Vann sorti en 2009 est assez déroutantEntre le thriller et le drame, ce huis clos laisse percevoir une part d’autobiographie, ce qui nous emmène au coeur de l’intimité de l’auteur. Voici une découverte assez intéressante, que je n’aurais jamais faite je pense si je ne l’avais choisi pour remplir mon contrat « Alaska » pour le challenge « 50 états, 50 billets » !

Jim et son fils de 13 ans Roy ont décidé de passer un an sur une île déserte du sud de l’Alaska, dans un chalet pourvu du confort minimum… Jim a prévu pour cette aventure de survivre pendant l’hiver avec les ressources de l’île, et lui et son fils ont tout l’été pour aller à la chasse ou à la pêche pour faire des provisions. Joli projet, si ce n’est que celui-ci a pour objectif pour Jim de retrouver son fils, élevé par sa mère en Californie depuis leur divorce, et de faire le point sur les échecs de sa vie… Entre survie et vie quotidienne, Jim sombre au fur et à mesure dans la dépression, jusqu’au jour où un drame éclate

L’aspect survivalisme pur et dur est assez anecdotique : au nord de la Colombie Britannique, les ressources naturelles ne sont pas rares, pour peu qu’on aime le gibier, le saumon et la truite ! C’est plus le côté manutention qui fait défaut à Jim, qui a embarqué son fils dans cette entreprise : fabriquer de quoi protéger le bois de la pluie, ou protéger ses vivres des ours bruns… La nature et l’Alaska jouent un rôle à part entière : sauvage et peu avenante la plupart du temps, son aspect se dégrade au fur et a mesure que les relations entre les deux protagonistes s’émoussent.

Une histoire très dure donc, divisée en deux parties qui nous offrent plus ou moins tour à tour le point de vu de Roy et celui de son père… D’ailleurs il est étrange de voir que le prénom du père n’est connu que très loin dans le roman : Jim. Il s’agit du prénom du père de l’auteur, qui c’est suicidé, et à qui le roman est dédié. Et tout le coeur de l’histoire tourne autour de cette thématique… Voilà donc ce qui donne un goût d’autobiographie, où Jim et Roy jouent tour à tour les rôles du père de David Vann ou celui de David Vann lui même (on le suppose).

Dans le style, pas de dialogues dans le style direct habituel… on a l’impression de flotter, d’être dans l’esprit des personnages, comme si tout cela était rêvé.  Une sensation bizarre de malaise, quelque chose de génant transparaît au travers des lignes, et laisse présager le pire.

Bref, une lecture très sympa, rapide, et assez glauque… tout ce que j’aime 😉
Je ne serais pas surprise qu’on voit rapidement un film tiré de ce livre paraître au ciné…

L’Alaska est séparé du reste des USA par le Canada, et en toute logique le plus au nord, mais aussi le plus grand : il fait pas loin de 20% du total de la surface du pays ! Sa capitale est Juneau.

C’est une région de rêve pour moi, depuis que j’ai lu étant enfant du Jack London : Croc-Blanc et L’appel de la forêt. La nature réellement sauvage et agressive, de grands espaces, une faune et une flore dense : une super aire de jeu pour les survivalistes en herbes rêvant de liberté !
Mais pour compenser ce fantasme, j’avais eu un premier aperçus de l’hostilité de la région en visionnant et lisant Into the Wild, qui donne un bon aperçu de la difficulté de survivre dans ces contrées où l’été ne dure que deux mois, au climat humide et froid, où tout pourri rapidement, envahie d’insectes, d’ours, et d’autres bestioles de toutes tailles…
L’état est donc égal à ce qu’on peut en penser : plus de 60% de sa surface occupée par des forêt protégées par des parcs nationaux, dans une région subpolaire… L’homme semble ne pas y avoir sa place… Et dans les faits, l’Alaska est l’état ayant la plus faible densité de population aux Etats-Unis.

Côté histoire, celle de l’Alaska est assez atypique pour un état américain : à la base peuplé de tribus amérindiennes, la région commence à se faire coloniser par les russes en  1784 ! Et oui, seul le détroit de Béring sépare cet état de son voisin la Russie et du reste du continent asiatique… la porte d’à côté en somme 😉
Comme leur confrères français, anglais, espagnols… ils détruisent les populations locales par des conversions forcées au christianisme (orthodoxe), l’alcool, les maladies…
Afin de renflouer ses caisses et éviter une guerre avec son ennemie d’alors, la Grande-Bretagne, la Russie vend l’Alaska aux Etats-Unis en 1867, et connaîtra jusqu’à la fin du siècle une courte ruée vers l’or. Après être passé par le statut de département puis de territoire, l’Alaska devient finalement un état des USA à part entière en 1959 ! Durant la Guerre Froide, l’Alaska est une position stratégique contre la Russie… de plus, on y découvrira des ressources en pétrole très précieuses !

Outre l’or noir qui représente 90% du budget de l’état, l’Alaska vit de la pêche, du bois, des gaz naturels, minerais… Le pétrole est une bénédiction pour ses habitants, qui bénéficie de ce fait d’un système de revenu minimum financé par les gains en hydrocarbures… chose rare aux USA !
Depuis quelques année, le secteur du tourisme explose : pêche, chasse, randonnée,… le tout dans des zones préservées, éloignées des mégalopoles…
Je me laisserai bien tentée personnellement 😀

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