« L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford » de Ron Hansen (Etat du Missouri)

Un peu d’ambiance western pour changer, avec ce roman nous narrant les exploits de Jesse James, comment il vécu, comment il est mort… et si j’osais, je vous demanderez si ça vous a plu et si vous en voulez encore ? ;).
En tous cas, un livre parfait pour ma collection du challenge « 50 états, 50 billet » : grâce à lui, je rempli la ligne Missouri !

Même si elle est romancée, c’est bien à une biographie à laquelle nous avons affaire ici : la vie de Jesse James, avec un gros point de focus sur ses dernières années, durant lesquelles il rencontre les frères Ford, et plus particulièrement le cadet Robert Ford

Jesse James de son vivant, mais aussi bien des années plus tard, a été considéré comme un des héros controversé de l’Amérique de la fin du 19ème siècle : ancien soldat Confédéré, il devient un hors-la-loi, forme une bande avec son frère Frank et d’autres brigands, et n’hésite pas à voler des banques, attaquer des trains… et de tuer quiconque se mettrait au travers de leur chemin.
Beaucoup d’histoires à son propos ont parus dans les magazines de l’époque, faisant de Jesse James une légende vivante, un héros de plus en plus édulcoré par les écrivains et les médias. Comme beaucoup de grands voleurs, il était considéré comme une sorte de Robin des Bois, volant aux riches et donnant quelquefois aux pauvres : il aurait donné des parts de butins à des bonnes œuvres, ou a une veuve prête a se faire saisir sa ferme…
Autre point fort de Jesse James, son goût pour la communication : il écrivait lui même aux journaux pour revendiquer des attaques, donner sa version des faits, s’auto-congratuler… bien entendu la population était avide de ces sensations, et une partie de celle-ci acclamait les frères James !

Dans cette version de l’histoire écrite par Ron Hansen, le tableau brossé de Jesse James n’est pas aussi complaisant, mais pas complètement noir non plus… Avec en arrière plan le folklore du mythe vivant Jesse James, on se confronte à la réalité des faits : meurtrestraîtrise, ultra-violence, peur… Il en est d’ailleurs de même pour tous les protagonistes !
Bob Ford aussi est présenté comme un jeune homme avec quelques qualités et de nombreux défauts, loin d’être un sauveur, mais plutôt une petite crapule voulant jouer les héros…
Le portrait du personnage de Jesse James est assez effrayant, a à peine 34 ans, il est dépeint comme une sorte de maniaco dépressif complètement paranoïaque, persuadé d’être en contact avec les esprits (il « voit » le futur, à énormément d’intuition, pense voir des signes de Dieu régulièrement…), obsédé par la médecine de son époque (lotions, poudres et sirops en tous genres, très au courant des « remèdes de bonnes femmes »), ne se déplaçant jamais sans ses revolvers, prêt à tuer de sang froid si cela s’avère utile… Mais à côté c’est un père aimant, qui joue avec ses enfants, s’occupe des ses bêtes à la ferme, et un époux fidèle qui cherche toujours un moyen d’aider sa famille.
C’est à grand renfort de détails que le tableau se brosse : comment Jesse James, toujours sur ses gardes, qui a échappé des dizaines d’années aux autorités va-t-il finalement se faire prendre ? Et pourquoi Robert Ford, si obsédé par ce hors-la-loi, va-t-il finir par le tuer ?

Finalement pas de grandes épopées type western classique avec des coups de feu dans tous les sens et des courses poursuites, des enquêtes dans les bas fonds des villes ou des chevauchées à l’assaut des indiens : on est plutôt dans un drame psychologique un peu glauque, parsemé de riches références historiques.

Même si la lecture de ce livre ne m’a pas transcendé, il y a tout de même des passages qui m’ont plus : on en apprend sur l’histoire des Etats-Unis de la fin du 19ème siècle, après la guerre de Sécession, et juste avant l’essor de l’Amérique industrielle du 20ème siècle… Bref, on est entre deux mondes, plus vraiment chez les pionniers, et pas encore dans un monde de gentlemen.

Le Missouri est la terre d’élection de Jesse James, même si l’a bourlingué dans pas mal d’états : Kentucky, Californie, Nouveau-Mexique, Kansas, Tennessee… Il reviendra sans cesse dans le Missouri, où vivait ses parents, ceux de son épouse, et le reste de sa famille.

L’état du Missouri, fait parti du Middle West. Sa capitale est Jefferson City, mais déjà à la fin du 19ème siècle Kansas City est un des principaux centres d’attraction… On voit d’ailleurs beaucoup cette ville dans le roman. A noter que Kansas City est aujourd’hui à moitié dans le Missouri et moitié dans le Kansas. Une autre ville très importante, Saint Louis, qui est une ville indépendante, se trouve aux confluents des fleuves Missouri et Mississippi.

Historiquement, après avoir appartenu aux Sioux et Algonquins, le Missouri a été colonisé par la France à la fin du 17ème siècle et a fait parti du territoire de la Louisiane. Après être passée entre les mains des Espagnol et des Français sous le nom de Louisiane Occidentale, le territoire est finalement vendue aux Etats-Unis en 1803.
Le Missouri choisi de devenir un état esclavagiste au début du 19ème siècle, mais fera tout de même parti des états de l’Union (du Nord, à priori pour l’abolition de l’esclavage) lors de la guerre de Sécession. Ce clivage est à l’ origine de guérillas entre la population favorables à l’Union et ceux qui se réclame de la Confédération lors de cette guerre… Et dans le roman, Jesse James est plutôt du côté des Sudistes !

Fidèle à l’image qu’on peut s’en faire, le Missouri est un état agricole, un des premiers producteurs de viandes des USA. A cela se rajoute la production industrielles, l’exploitation de mines…

Kansas City et sa région se trouve en plein sur la « Tornado Alley » et se trouve  souvent ravagée par les tornades… On voit régulièrement des dizaines de personnes décéder suite à ces catastrophes naturelles dans les journaux, et la dernière tornade meurtrière date d’à peine mai dernier !… Voilà finir de donner l’impression d’un état encore sauvage !

2 commentaires

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