« Detachment » (Etat de New York)

Petite sortie ciné qui mérite un post, Detachment, de Tony Kaye, avec Adrien Brody
Comme l’action se déroule à New York, j’en profite pour en faire mon post sur cet état pour le challenge « 50 états, 50 billets » 😉

Henry Barthes est un professeur d’anglais remplaçant qui se retrouve pour 3 semaines en mission dans un lycée d’une banlieue new-yorkaise. Sans être vraiment un coupe-gorge, le quartier n’est pas très attrayant, le niveau du lycée n’est pas génial, les élèves comme les professeurs se démotivent… pas évident d’enseigner, même temporairement, dans ces conditions.
La vie d’Henry, grand solitaire, va changer quand il croisera la route d’une ado qui se prostitue dans le coin où il habite…

Voici un film qui met quand même une petite claque je trouve ! D’abord la thématique de l’enseignement.
J’ai souvent réfléchis au métier de prof (quand on va a la fac, on est tous confronté à ça je pense : passer les concours ou pas ?), mais je m’étais dit qu’être face à un public d’élève demandais d’y croire vraiment, à cette profession. Pour moi être prof c’est un sacerdoce, pas une planque pour un salaire et des vacances.
Le film pose cette question : que faire quand ne croit plus que son métier peut changer un tant soit peu le monde ? Aussi bon que soit le prof, s’il perd le feu sacré, a-t-il encore une chance de « survivre » dans ce milieu ?
Cette histoire nous met face aussi aux responsabilités de chacun dans la déliquescence du système éducatif : les élèves ne sont plus motivés, quand ils ne sont pas des éléments perturbateurs ou violents, voir des psychopathes ; les parents ne soutiennent plus les professeurs, couvrent leurs enfants, mais en même temps ne s’intéresse plus à ce qu’ils font en classe ou en dehors ; les professeurs qui essayent de faire encore leur métier sont dépassés, sous Prozac ou pètent des câbles, dans un système où ils sont passés au crible du jugement des parents, des autres profs, de leur direction qui veut des résultats… Un véritable cercle vicieux !
Difficile de savoir d’où vient le problème exactement, de déceler qui a commencé le premier… Même si on effleure la question de la société de consommation d’image et de désir, où les individus sont relégués au rang d’objets, et qui formate les esprits pour créer toujours plus de nouveaux moutons : est-ce elle qui a engendré ces problèmes, ou est-elle qu’une simple conséquence d’une culture déjà corrompue ?

C’est aussi un film qui parle de la solitude, où la colère, la tristesse, la déception… fait que les personnages vivent chacun dans une petite boite, chacun bien rangé de leur côté, en essayant surtout de ne jamais aller dans la petite boite du voisin. Un point de vu bien amené, sans trop tomber dans le pathos…
Bref, pas mal d’axes de réflexion sur la société actuelle américaine, mais aussi occidentale en général… de quoi mouliner des heures !

De plus, le film est bien porté par Brody (dont je ne suis pas fan normalement), qui joue vraiment bien son rôle sans en faire des tonnes. Samy Gayle la jeune actrice qui joue le rôle d’Erica, la prostituée, est vraiment touchante aussi à sa façon.
Côté image et son, j’ai adoré : un mélange de plan intimiste, dessins animés, images plus surréaliste… le tout m’a fait penser à un remix de The Wall et Taxi Driver par moment… Et ça serait étonnant que ça ne soit pas la volonté du réalisateur.

Comme je le disais plus haut, l’action se passe à New York, même si l’histoire aurait pu se passer un peu n’importe où aux Etats-Unis.
On ne vois pas ici les grand monuments ou lieu communs new yorkais, type rue bordée de grattes-ciel de Manhattan, taxis jaunes, Times Square, la statut de la Liberté ou Brooklin Bridge… Le quartier où se déroule l’action du film est comme une petite ville éloignée de tout, vivant en réseau fermé.
On a bien entendu des vues sur l’espace urbain : les immeubles en briques rouge, les vues depuis les toits des immeubles, les parcs verdoyants… mais aussi les bus de nuit glauques, les supermarchés « tout à 1$ »…

Situé au nord des USA sur la côte Atlantique, New York City est tellement grande qu’il ne doit plus trop y avoir de notion de « centre ville » comme par chez nous… Avec plus de 8 millions d’habitants, c’est la ville la plus habitée des USA. Et encore, avec son agglomération on doit presque arriver à 20 millions d’habitants ! En gros « une banlieue de New York », ça doit équivaloir à une grande ville française…

Le brassage social et ethnique est très fort, et il y a aussi énormément d’immigrants : c’est une vrai ville cosmopolite, composée de 5 grands quartiers : Manhattan, Brooklyn, le Bronx, Staten Island et le Queens. Comme dans pas mal de grandes villes, ces communautés vivent dans des quartiers bien délimités, comme Little Italy pour les italiens, Chinatown pour les chinois, Spanish Harlem pour les porto-ricains…
On le voit un peu dans le film : NYC à une vrai politique écologique, pour essayer de contrebalancer la pollution qu’elle génère, en créant des parcs et autres lieux où la nature peut un peu reprendre ses droits. Central Park est le plus connus et le plus grand (341 ha) , mais à regarder une carte de la ville on s’aperçoit qu’il y a pas mal d’îlots de ce genre.
Il y aurait des centaines de choses à dire sur NYC ! Je rêverais de visiter cette ville, ne serait-ce que pour sa cuisine que j’aimerais découvrir : bagels, cheesecake, cupcake, cookies, sandwichs au pastrami, pizza… et j’en passe ! Avec toutes ces nationalités d’immigrants regroupées dans un si petit espace, il y a de quoi goûter à une foule de choses !

Avant de m’intéresser à l’état de New York, je pensais que c’était un tout petit état-ville, un peu comme le Delaware. Et bien non, en fait l’état de New York va de NYC jusqu’aux Grands Lacs ! On peut même y voir la partie américaine des chutes du Niagara ! Et oui, l’état de New York, ce ne sont pas que des espaces urbains… avec des fleuves comme l’Hudson ou le Saint-Laurent, des montagnes, des lacs, des forêts, des plages… on peut y trouver des lieux de repos proche de la nature.
19 millions de personnes vivent dans cet état qui n’a pas du tout à rougir face aux 49 autres : 3ème état le plus peuplé, 3ème état le plus riche, un taux de chômage bien en dessous de la moyenne nationale… Tout cela donne envie, et je veux bien croire que tout ceux qui ont passé des vacances là bas n’ont qu’une envie : y retourner ! Et moi ça ne me donne qu’une envie : découvrir NYC !

3 commentaires

  1. Petite Fleur

    J’ai bien l’intention d’aller le voir celui-ci. Déjà par le sujet, qui me touche forcément un peu, mais aussi parce qu’il a l’air pas mal. Et je te confirme, l’enseignement, ce n’est pas pour la paie et les vacances qu’on y va !!!

    • Loesha

      Faudrait que je dise ça à quelques personnes de ma connaissance qui sont profs et m’ont vendu le poste comme ça, à l’époque où j’hésitais sur mon parcours post licence… Enfin c’est une minorité, j’en suis sure !

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