« Blast » tomes 1 et 2 de Manu Larcenet

Je connaissais Larcenet sur le le créneau de l’humour dans ses parutions dans Fluide Glacial, ou les BD du genre La ligne de Front, toujours surréaliste et drôle… avec un fond assez sombre.

Avec la série Blast, on est un cran au dessus, tant au niveau graphique qu’au niveau du scénario !

Polza Mancini est en garde à vue, interrogé par deux inspecteurs… on comprend qu’il a commis un acte grave et violent envers une jeune femme alors à l’hôpital. Mais hors de question pour les deux flics de braquer cet obèse de 38 ans : il faut l’amener doucement à avouer les faits, et expliquer comment il en est arrivé là.
Polza va commencer à raconter son histoire, qui débute le jour où son père meurt à l’hôpital… Ce jour là il se prend une cuite mémorable et vit son premier « Blast », état de conscience supérieur, entre l’hallucination et le délire mystique. C’est décidé, il quitte alors sa vie rangée d’écrivain culinaire, sa femme, son confort, et devient clochard. Son objectif, se faire une nouvelle vie et revivre ce Blast, en vivant loin de la société des hommes…

L’odyssée de Polza à un petit côté road-trip, à la Into the Wild… Vivre près de la nature et se confondre avec elle, vivre des expériences fortes, rencontrer à l’occasion des marginaux et partager un peu de temps avec eux, se caper de solitude… Sauf que pour Polza, la violence, la défonce et la misanthropie sont plutôt de mise !
Au cours de cette lectures des deux tomes, des images reviennent sans cesse : celle de son père mourant, des statues de l’île de Pâques, un éléphant… et cela surtout pendant ses Blasts. On essaye de reconstituer le pourquoi de ces images au court du récit, tout en se disant que ça prendra surement plus de sens dans le tome final. Les phases de récit des souvenirs de Polza, et celles de l’interrogatoires et des questions des inspecteurs entre eux donne encore plus envie de découvrir ce qui s’est passé, ce qui aurait amené Polza à commettre cet acte infâme qu’on lui reproche, mais qui nous est encore complètement caché. On imagine donc le pire… ce qui ajoute à la tension !
Je ne sais pas si Polza nous devient sympathique au fur et à mesure du récit : il a l’image d’un énorme personnage, qu’on qualifierait de « gros porc » dans la vie de tous les jours, se baffrant de barre chocolatée, et alcoolique…  Mais son histoire le rend plus humain, dans ses faiblesses, les coups qu’il a reçu, les blessures morale qu’on lui a infligées…

Côté graphisme, le trait est parfois crado, d’autre fois plus clair et précis, souvent en noir et blanc, de rare fois en couleur, des dessins d’enfants colorés illuminent les périodes de Blast… Le travail sur la plasticité des planches et leur structure fait de cette BD un objet beau à ouvrir et regarder… Même si certaines cases inspirent le dégoût !

Je ne peux donc que conseiller cette lecture que j’ai beaucoup aimé ! Je ne suis pas fan généralement des « BD belges » (problème de format et rapport qualité / prix), mais là j’adhère à 100% !
Vivement la suite… Mais vu que le tome 1 est sorti en 2009, le tome 2 en 2011, j’ai bien peur qu’il faille attendre l’an prochain pour pouvoir lire la suite :s

3 commentaires

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