« Les enfants d’Icare » d’Arthur C. Clarke

Après Les fontaines du Paradis, je continue ma découverte de ce célèbre auteur. Cette fois encore mon beau-frère m’a prêté et conseillé ce livre. Pour lui, il s’agit d’un des meilleurs roman de SF, et il se demande encore pourquoi l’histoire n’a pas été adapté dans un grand film hollywoodien.
Écrit en 1953, ça en fait un des tout premiers romans de l’écrivain, rédigé en plein contexte de Guerre Froide, mais aussi durant la période de l’Age d’Or de la SF…

Dans une époque qui pourrait correspondre aux années 50, une flotte de vaisseaux extra-terrestre arrive en orbite autour de la Terre. Rapidement, ces entités appelées « Suzerains » prennent contact avec les humains, tout en restant cachés. Par l’intermédiaire du Secrétaire Général de l’ONU Stormgren, leur chef Karellen communique ses « ordres » à la Terre : cesser les guerres et les actes de barbarie. Rapidement, ils obtiennent satisfaction, mais restent là dans le ciel terrien, en s’ingérant le moins possible dans les affaires humaines… Personnes, même Stormgren, n’a jamais vu ces êtres venus d’ailleurs : qu’ont-ils à cacher ? Et c’est bien là la première de toutes une série de questions les concernant !

Le roman se divise en 3 grandes époques, chacune correspondant à une génération, où les extra-terrestre vont accompagner l’humanité dans sa destiné : la première, l’arrivée des vaisseaux au dessus de la Terre, où les Suzerains restent cachés, donnent des ordres via un représentant humain. Pas de violence, de combat dans l’espace ou avec des pistolets laser : c’est par la politique et le dialogue que les deux races vont s’entendre. Ils habituent l’être humain à leur présence et attendent une génération humaine pour démarrer la seconde phase.
Dans la seconde période, les Suzerains se dévoilent physiquement à l’Homme, prend plus part à ses activités, l’étudie… L’humanité à moins d’ambition, les guerres sont finies depuis bien longtemps, les recherches scientifiques stagne, puisque les Suzerains pourvoient à la bonne santé et la sécurité des Hommes…
Quand à la troisième période, elle correspond à la réalisation du destin de l’humanité, où les Suzerains ne peuvent qu’être spectateurs.

Les deux premières parties sont du classique SF… Mais pas dans le sens où Clarke a pompé des idées préconçue, c’est plutôt lui qui invente un genre qu’on retrouvera dans beaucoup d’histoire de SF tous supports confondus.
La premier partie m’a beaucoup fait penser à la série TV V par exemple : une flotte venue de l’espace pour pacifier la Terre, des extra-terrestre sympa venu aider l’humanité… Mais plutôt que de jouer le coup du méchant E.T. par la suite, il fait un beau pied de nez qui fini de convaincre que ne prend pas ses lecteurs pour des imbéciles, en utilisant des références religieuses et mythologiques pour construire ses extra-terrestres.
La fin, comme dans beaucoup de Clarke apparemment, part totalement en vrille, un peu à la 2001 l’Odyssée de l’Espace (le film, je n’ai pas lu le livre), dans un vrai délire eschatologique, où se mêle parapsychologie et Grand Esprit Cosmique… On a l’impression que pour Clarke, la science et le mysticisme sont liés, et que ce n’est que la fusion des deux qui parviendra à accomplir l’Homme. J’avais déjà eu cette impression dans Les fontaines du Paradis, mais là ça se confirme ! C’est un peu déroutant au début, mais ça se tient bien côté construction du récit.

Dommage, voici lecture qui n’a peut être pas mérité l’attention que j’aurais du lui porter : je l’ai pris avec moi en vacances, et entre l’avion et la plage, je n’ai pas été à proprement parler concentrée dessus, et j’ai du mettre 3 semaines à le lire (pourtant il est assez court, genre 250 pages)… Et pourtant je l’ai beaucoup aimé, ils est plus facile à lire que Les fontaines du Paradis je trouve… peut être parce qu’on retrouve justement les codes de la SF tout au long du récit ?
Côté style, c’est bien écrit et bien traduit (sauf peut être le titre : Childhood’s end…), on frise la poésie parfois, et certaines images sont saisissantes, surtout vers la fin de l’histoire.

Bref, un grand classique à lire sans aucun doute, que j’ai beaucoup aimé et que je conseille… En revanche il ne semble plus édité (!), donc si vous tombez dessus en occasion, n’hésitez pas !

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