« Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? » de Ioànna Bourazopoùlou

J’ai découvert ce livre grâce à Babelio et à Ginkgo éditeur, qui m’ont proposé de découvrir cet ouvrage de science-fiction uchronique.

C’est le troisième roman de Ioànna Bourazopoùlou, qui comme vous l’aurez devinez, est grecque. Écrit en 2007, ce roman n’est publié que depuis 2011 en France… et je dois avouer que la lecture de ce livre m’a donné envie de découvrir les auteurs contemporains grecs.

On découvre un monde qui a été ravagé par une grande catastrophe : les eaux de la Méditerranée ont soudainement monté, engloutissant le nord de l’Afrique et toute l’Europe du sud… plus de Grèce, ni d’Italie,… les eaux de la mer se sont arrêtée à Paris, qui se retrouve être un port.
Ce bouleversement a mis à jour au niveau de la Mer Morte un gisement de sel mauve, devenue une véritable drogue pour les êtres humains : les grains de sel se vendent à l’unité, et laisse libre court à toute les spéculations. Une compagnie surpuissante, les Soixante-Quinze, à la main mise sur le gisement, et y a installé une colonie.
C’est dans cette colonie que se déroule l’histoire : échappant à la technologie (les ondes électrique ou le pétrole détruisant le précieux sel), elle est dirigée par un Gouverneur aux pleins pouvoir.
Quelque chose va perturber la vie dans cette colonie où pourtant tournait rond depuis 20 ans…

On suit un groupe de personnages hauts placés dans cette colonie : un prêtre, un médecin, un juge, un secrétaire du Gouverneur… tous cachant leur véritable être sous une fausse identité : ils sont tous envoyé dans la colonie comme dans un bagne.

L’intérêt principal de l’histoire est le croisement des sources, un jeu sur le concept de livre entre deux axes de narration :
à la première personne : 6 lettres des 6 protagonistes principaux, divisées en 5 « périodes » qui se suivent de manière chronologique (donc 30 lettres en tout), et expliquent les événement s’étant déroulé dans la Colonie de la Mer Morte
à la troisième personne : histoire du créateur de mot croisés, chargé de lire les lettre par les Soixante-Quinze, et d’en dégager une grille et de résoudre l’énigme des 6 lettres en trouvant le point commun entre elles.
Une construction passionnante, car l’émotion et l’excitation montent au fur et à mesure de la lecture, jusqu’à la résolution de l’énigme à la fin.

On sent dans l’histoire une critique sociale qui résonne parfaitement avec les événements de ce début d’année, malgré que ce livre ait 4 ans :  révolutions arabes et notion de mauve (je n’ai pu passer à côté ayant bossé avec des graphistes tunisiens obligés de tout décliner en mauve pour faire plaisir à  Ben Ali), crise financière en Grèce, Espagne, Italie… et plus globalement les colonialistes invisibles aux pouvoirs,  le corps dirigeant inapte et manipulé, …

Au niveau de la trame et du côté « bizarre« , dark et un peu onirique (voir halluciné), ça m’a fait penser à Hypérion de Dam Simmons, lorsque les personnage au début de l’histoire racontent chacun leur histoire et leur rencontre avec le Gritche… mais la construction est vraiment différente, plus sinueuse.

Seul petit point négatif, les coquilles assez nombreuses je trouve (pour que je les vois…), et quelques tournures de phrases qui me semblent un peu bizarre par moment (la traduction ?). Mais bon, c’est un détail !

Un livre que je conseille au fan de SF étrange, pas futuriste mais réaliste, à moitié steampunk… Je pense essayer de trouver d’autres romans grecs de ce genre (cette auteure n’a que ce roman traduit en français). Dans la post-face l’éditeur cite Costas Hadziaryiris et Vanghèlis Hadziyannidis, il faudrait que je voie ça de plus près 🙂

Merci à Babelio et Ginkgo éditeur !

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