« La chenille » de Suehiro Maruo

Je n’ai pas pu résister à l’envie d’approfondir un peu ma découverte de l’oeuvre de Suehiro Maruo, après la lecture deVampyre et La jeune fille aux camélias… J’ai opté cette fois pour La chenille, qui semblait très très bizarre et dérangeant à en lire les critiques sur le Web. De l’eroguro (style érotique grotesque) dans toute sa splendeur en somme !

La chenille est l’adaptation graphique du roman d’Edogawa Ranpo édité en 1929… Pour l’anecdote, si je vous dit que son nom est l’anagramme d’Edgar Allan Poe, ça vous donne quelques informations quant à ses goût littéraires 😉

Autant dans le roman que dans la manga, qu’ensuite dans son adaptation cinématographique de Hisayasu Satõ (Rampo Noir : The Caterpillard), La chenille raconte l’histoire du lieutenant Sunaga revenant de la guerre totalement mutilé : amputé des bras et des jambes, il est de plus devenu muet et sourd. Sa femme Tokiko va devoir s’occuper de lui, autant pour sa survie que son plaisir…

Ce manga est très dérangeant, et marque l’esprit… Il y a bien entendu son côté obscène, à la surface du récit,  dans la sexualité de Tokiko avec son mari devenu un homme-tronc, qu’elle voit comme un insecte, une chenille, juste capable de ramper et dévorer. Il peut à peine communiquer avec un petit crayon tenu dans la bouche, et griffonner des mots sur un cahier.
Tokiko prend peu à peu l’apparence d’une femme cherchant la satisfaction dans cette domination de son amant, devenant un objet de plaisirs et fantasmes, et tombe dans une sorte de perversion.
Mais au final, quand on y regarde de plus prêt, elle la seule à considérer encore son mari comme un être « encore » humain, que ce soit par ses soins (le laver, le torcher, le nourrir…), ou ses attentions (chercher à lui faire plaisir en lui montrant ses médailles, ou en lui faisant l’amour…), mais aussi dans ses colères.
Tous ceux qui admiraient et soutenait avant la guerre le lieutenant Sunaga maintenant le fuient et ont peur de ce que la guerre à fait de lui : sa famille et ses amis ne viennet pas le voir, l’armée lui verse une pension dérisoire pour ses bons services, … Seule son épouse est son lien vers le monde. Bref, La chenille nous met en face de l’homme et de sa solitude… et de se qu’on est prêt à accepter par amour ou par honneur.

Une lecture intéressante, dont le thème m’a pas mal trotté dans la tête… De plus c’est un véritable plaisir de retrouver les dessins et l’univers de Maruo ! C’est pas bon pour ma PAL, mais ça me donne envie de découvrir Ranpo en tant qu’auteur pour le coup… 😉

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