« Cent ans de solitude » de Gabriel García Márquez

Sans le tirage au sort du Circle Challenge Pandora mis en place au travail, je n’aurais jamais ouvert de moi même Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez, rédigé en 1965…
Tous les éléments étaient réunis pour ne pas me tenter : littérature hispanique colombienne (je garde un souvenir assez difficile de l’espagnol au lycée, et de ses lectures obligatoires…), un auteur ayant reçu un Prix Nobel de littérature en 1982 (les gros prix, ça me fait peur), un livre assez épais (500 pages environ), et une écriture sous forme de gros pavé (de long chapitres avec peu de découpages en paragraphes, donnant à l’ouverture un aspect assez indigeste au texte).

Après pas mal de sollicitation, j’ai fini par céder à mes collègues qui l’avaient trouvé bien, et je me suis lancée. Finalement je n’ai pas détesté, cette lecture est agréable, même si par moment je l’ai trouvé un peu longuet… un classique à lire !

Côté histoire, pour résumer, on suit l’histoire du village de Macondo, perdu dans les montagne de Colombie (on suppose), et d’une famille pionnière, celle des Buendia. Nous les suivons sur 100 ans, soit 6 générations, dans ce village très reculé. On découvre de quelle manière José Buendia crée la ville avec sa femme Ursula, leur maison, éduque leurs enfants… marqué par le passage de gitan leur apportant des nouvelles du monde, l’essor du village, les changements politiques, la guerre civile,… Le tout vu par la petite histoire de la dynastie des Buendia, mais aussi de ceux qui se sont joint à la famille de diverses manière, comme le gitan Melquiades qui fini ses jours chez eux, Pilar Ternera qui sera la mère, maitresse ou confidente de plusieurs membres du clan… Malgré la ville qui s’anime autour d’eux les Buendias sont toujours empreint d’une certaine nostalgie qui vire à la névrose, qui en font des personnages enfermés dans une sorte de solitude.

La magie se mêle souvent à l’histoire : les fantômes du passé viennent parfois rencontrer les vivants, les animaux et les végétaux envahissent les lieux et les corps, les élément se déchaîner pour laver la ville pendant plusieurs dizaine d’année… Bref, le récit mélange légende, réalité, superstition, vraie magie et progrès de la science… et crée un ensemble poétique et surréaliste.

Ce mélange des genres, ainsi que l’intensité dramatique, où on retrouve à chaque génération histoire d’amour, jalousie, mariage, naissance, décès… le tout sur un fond culturel diversifié : gitan, pionnier, prostitués, ermite, fous, révolutionnaire, reine… Ça m’a fait penser par moment à du Kusturica !
C’est assez baroque je trouve niveau stylistique, on enchaîne les histoires familiales sans répits, et on est emmené dans la vie de Macondo comme dans une spirale.
Cette énergie et dynamisme dans le récit m’ont entraîné, même si par moment j’avais hâte de passer à autre chose. J’ai par exemple moyennement accroché sur les passages sur le contexte politique de la région, les guerres civiles etc… avec le Colonel Aureliano Buendia.
Enfin on est de toute façon emporté par le flot du récit, qui se répète sans cesse… Ursula, le personnage centenaire, l’avais bien perçu : l’histoire fait des boucle, un peu comme les queues de cochons qu’elle pensait voir pousser sur chaque rejeton de sa descendance, marqués par le sceau de l’inceste (Ursula est marié à son cousin José, leur descendance va souvent former des couple entre tante / oncle et nièce / neveux…).

Bref, je comprends en quoi l’auteur a reçu un prix Nobel, et pourquoi Cent ans de solitude est considérés comme un monument de la littérature. C’est effectivement un livre à lire. On  prend du bon temps, et on est transporté dans un univers fantastique qui trouve un écho dans toutes les cultures : pas besoin de connaître la Colombie ou la culture hispanique pour apprécier et comprendre ! J’aime bien en somme !

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