« Le Joueur d’échecs » de Stefan Zweig

Suite et fin de mes lectures pour le challenge nécrophile… j’ai enfin fini tous les livres notés sur ma liste, en terminant avec « un auteur qui s’est suicidé » : Stefan Zweig.
Je n’ai pas été chercher trop loin cette référence, étant donné que je n’avais jamais rien lu de Zweig, et qu’il est pour moi un classique à découvrir. Voilà donc une bonne chose de faite 🙂

Stefan Zweig est né à Vienne en Autriche en 1881, et s’est donné la mort à Pétropolis au Brésil en 1942.
Né de parents de la bourgeoisie juive, il se passionne pour les arts, et écume avant ses 20 ans les cabarets, galeries… se mêle aux artistes, en même temps qu’il passe sa thèse de philosophie, avant de se mettre lui même à l’écriture, avec ses premiers poèmes et récits.
C’est aussi un voyageur, qui parcourra l’Europe, l’Inde, les Etats-Unis, avant la Première Guerre Mondiale. Lorsque ce conflit éclate, il ne part pas au Front mais est engagé dans la propagande, et face aux atrocités de ce conflit devient profondément pacifiste… Prévoyant, il quittera vite son pays pour l’Angleterre en 1934, lorsque les nazis commencent à s’installer en Autriche.
En 1936 il arrive au Brésil, pays qu’il chérira comme terre d’accueil et d’exil… Là, il assiste au fur et à mesure à l’entrée en guerre de tous les pays du monde.
Détruit moralement par cet état de guerre, et la descente en enfer de l’humanité, il se suicide en février 1942, avec sa compagne Lotte. D’après son biographe Donald Prater, ils se sont donné la mort en ingérant une dose massive de vénoral (un barbiturique), et ont attendu allongé dans un lit côte à côte que la Faucheuse fasse son oeuvre…

Le Joueur d’échec est son dernier récit, une nouvelle publié à titre posthume en 1943.
D’après la préface, il est assez différent des autres fictions de Zweig… chose que j’aurais du mal à contredire étant donné que c’est ma première expérience avec cet auteur.
Stefan Zweig nous conte lors d’une croisière la rencontre lors d’un duel aux échecs de deux joueurs que tout oppose : Czentovic tacticien et stratège inflexible, champion du monde d’échecs ; contre M. B., avocat autrichien, qui déclare ne pas avoir touché un jeu d’échec depuis 20 ans mais fait preuve d’une abstraction et imagination extraordinaire pour ce jeu.

Malgré un sujet qui ne m’emballait pas à la base, j’ai été totalement happée par ce livre… nouvelle oblige, la narration nous plonge directement dans l’histoire, et on a du mal à lâcher ce livre !
Le narrateur nous accroche entre la confrontation aux échecs qui se monte peu à peu (les matchs « amicaux » entre voyageurs, entre le champion et un groupe de petits joueurs d’échec, la découverte du challenger… la pression monte), et le portrait des deux protagonistes principaux qui explique donne des pistes aux lecteurs sur leur tactique et manière de jouer. En arrière plan, il est aussi question de la guerre et de ses subtiles horreurs, et des schémas que l’homme met en place pour échapper à la folie…

Un grand classique sans nul doute, facile d’accès, bien écrit et passionnant, que je conseille à tous le monde ! On le lit d’une traite !

Un commentaire

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