« Le portrait de Dorian Grey » d’Oscar Wilde

Opération challenge nécrophile cette semaine : je me suis attelée à la lecture du grand classique d’Oscar Wilde, Le portrait de Dorian Grey.

Oscar Wilde fait donc parti de ma liste pour ce challenge, dans la catégorie « auteur enterré à Paris« .
Il est né en 1854 à Dublin et est mort en 1900 à Paris.
Wilde arrive en France en 1897 après son séjour en prison en Angleterre pour homosexualité. Il demeure d’abord en Normandie, près de Dieppe à Berneval, puis à Paris… il meurt solitaire et miséreux d’une méningite à 46 ans. Exilé, et ruiné suite à son procès et son incarcération, il décède dans une mauvaise chambre d’hôtel rue des Beaux-Arts à Paris. Il est d’abord inhumé à Bagneux, puis transféré au cimetière du Père Lachaise en 1909.
Vous aurez comme d’habitude plus d’infos sur sa fiche dans la Wikipédia.

Mais revenons au roman, Le portrait de Dorian Grey. J’étais bien entendu plus ou moins au courant de la trame de l’histoire, celle ci étant un classique de la littérature fantastique… je n’en connaissais d’ailleurs que cet aspect. Mon souvenir le plus frais du personnage de Dorian Grey est celui apparaissant dans La ligue des Gentlemen Extraordinaires (le film).
Mais je ne pensais pas que ce roman traitait aussi d’histoires d’amours et d’amitié, de la vie de la bourgeoisie anglaise du 19ème siècle…

Au début du roman, Dorian Grey est un jeune homme de 18 ans, beau comme un dieu, blond, frais, ingénu… il est devenu le modèle du peintre Basil Hallward, et devient vite son égérie (si ce terme peut être utilisé pour un homme ?). Bref, Dorian transcende totalement Basil, qui le vénère. L’ami de l’artiste, Lord Henry, personnage cynique et perverti, rencontre Dorian Grey lors d’une séance de pose de celui-ci à l’atelier du peintre, et est tout de suite fasciné par le jeune homme, sa beauté et sa pureté. Malgré les suppliques de Basil, il commence à le prendre dans ses filets…
Lorsque Dorian, à moitié séduit par Lord Henry, voit enfin le portrait de lui que Basil a peint, il s’effondre devant sa propre beauté, tel Narcisse, et prie pour avoir toujours les traits de la jeunesse, et que le portrait vieillisse à sa place.
Au fil des jours, il se lie de plus en plus d’amitié avec le toxique Lord Henry, délaissant Basil.
Au fur et à mesure, il se retrouve à faire de mauvais choix autant en amour qu’en amitié, en morale, en manière de vivre… sous les conseils de son nouvel ami, qui le tente souvent et le pousse à tout goûter de la vie sans soucis du lendemain. Très vite, Dorian s’aperçoit que ses viles actions ne souillent pas ses traits, mais son portrait peint…

Contrairement à ce que je croyais, non seulement le portrait vieilli à la place de Dorian, mais surtout est un reflet de son âme souillée. Pour Wilde, les pêchés des hommes marquent les visages autant que le temps, et on peut voir si une âme est salie facilement…
J’ai beaucoup aimé la trame psychologique du roman, comment Dorian est effrayé, puis fasciné par ce miroir de son âme.
Les relation à Basil et Lord Henry est aussi intéressante, dans ce jeu de triangle amoureux (pour moi il ne fait pas de doute que les relations homosexuelles sont plus que sous entendues entre eux). On dirait presque un petit diable et un petit angelo posés sur les épaules de Dorian Grey, l’un le poussant à profiter de la vie sans se soucier des autres, l’autre à prendre garde à sa réputation et à l’état de son âme…
En revanche par moment, je me suis ennuyée ferme, lorsque l’auteur part dans descriptions sur plusieurs pages des pierres précieuses, ou encore les séances de philosophie de salon de Lord Henry lors de leurs diner, qui est me semble t-il le porte-voix d’Oscar Wilde, qui était aussi réputé pour ses mœurs légère.

Un roman à lire, pour peu qu’on veuille parfaire sa culture, et se prendre dans une histoire passionnante dont la fin semble pourtant évidente  (j’ai lu la fin quasi de nuit à pied en revenant chez moi).
J’aime, donc 🙂

6 commentaires

  1. Ping : Challenge nécrophile | geekette.fr
  2. Loesha

    J’ai lu en diagonale ces quelques parties, mais sinon je me suis bien concentré sur l’intrigue… quelques rebondissements tout de même !

    Maintenant je ne sais pas trop à quoi je vais m’attaquer… peut être un petit manga (Bakuman ou Death Note tome 4). Côté roman, je vais je pense continuer dans les lectures de challenge (« Un chien de saison » peut être pour lire quelque chose de plus léger ?).
    Je n’oublie pas aussi ton Agatha Christie en anglais 😉

  3. Marion

    Je grignote le roman chaque jour un peu plus, matin et soir. Au départ, j’ai complètement adhéré, je trouvais le ton très drôle, le cynisme de Lord Henry justement me faisait bien rire ! Là je traverse un long désert 😉 je suis en plein dans les descriptions de perles et tapisseries… autant dire que je n’ai jamais lu autant en travers !!

    Mais je reste assez curieuse de découvrir la chute dessinée par l’auteur …

    • Marie

      Je suis d’accord pour dire que cette partie du livre est asser ennuyante mais je pense que elle est écrites très volontairement par Wilde pour montrer peu a peu le renfermement le Dorian sur le monde extérieur, d’ailleur c’est après cette phase qu’il rentre un peu dans une folie qui le brise de l’intérieur. Je trouve que cette partie du livre le coupe en deux, la partie ou Dorian est jeune, encore asser innocent et la suivante ou il est en même temps obsédé et répugné par sa jeunesse.

  4. Ping : Retour sur les challenges de 2011 | geekette.fr

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