« Le sabotage amoureux » d’Amélie Nothomb

Un Amélie Nothomb comme moyen de transition entre deux lecture… de quoi me confirmer que ses livres sont des objets de voyage, formaté pour un déplacement en train ou métro… Lu rapidement, parfois oubliés aussi vite, mais qui laissent toujours quelques traces dans l’esprit (à coup de « – Mais si, tu te souviens, c’est celui où elle parle de deux nanas », « – Ah ça n’est pas celui avec le mecs tueur à gage ? »…).

Tout cela pour dire qu’en attendant ma livraison de lecture obligatoire ce matin (La voie du sabre de Thomas Day, pour notre challenge littéraire au bureau), j’ai attaqué hier soir un petit livre, ce roman (pseudo ?) autobiographique qu’est Le sabotage amoureux. Il s’agit du second roman d’Amélie Nothomb, écrit en 1993.
Elle nous raconte un épisode que l’on voit plus rapidement dans la Biographie de la faim : son séjour entre 1972 et 1975 en Chine, alors qu’elle a environs 6 ans.
Dans cet épisode de sa vie, elle nous fait découvrir la vie de la bande d’enfants dont elle faisait parti dans le ghetto de San Li Tun à Pékin, où vivent les étrangers travaillant dans la Chine communiste.
Un peu en mode « guerre des boutons », il est question des combats épiques et hilarants entre les Alliés (enfants francophones du ghetto) contre les Allemand (enfants originaires d’Allemagne de l’Est)… Mais aussi de son premier coup de foudre pour une petite fille du ghetto, Elena, qui se fera un malin plaisir de la torturer…

Un roman pas désagréable à lire, bien au dessus de Robert des noms propres qui m’avait pas mal refroidi la semaine dernière. C’est assez plaisant d’imaginer les bastons générales qui prennent des proportions de conflit mondial dans l’esprit des enfants : cuves d’urines en tant qu’arme secrète, vomisseurs sur commande en tant que bombardier, caisse en bois qui devient hopital de guerre… Lorsqu’on lit le plaisir qu’ils prennent à torturer, frapper, humilier… leurs ennemis, on se pose de sacrée questions sur la sacro-sainte innocence des enfants 😉
Au milieu de tout cela, la belle Elena dont Amélie est tombée follement amoureuse fait figure d’Hélène de Troie, inaccessible et glaciale…
C’est ce que j’apprécie avec Amélie Nothomb, elle ne cherche pas à être complaisante, ce qui fait de ces genres de roman des petits moment de plaisirs teintés d’humour noir.
Il y est aussi un peu question du communisme qui signifie « Pays des ventilateur », Pékin la ville triste et grise bétonnée, les chinois qui s’appellent tous et sans surprise « Chang », mais que l’on ne doit pas appeler Monsieur ou Madame, mais invariablement « camarade », … mais toutes ces questions politiques et sociologiques sont loin d’intéresser une enfant de 6 ans ! 😉

Une lecture très sympa pleine d’humour, de questions et surtout d’affirmations enfantines… Comme d’habitude je le conseille aux fans, même si je lui préfère un peu Biographie de la faim.

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