« Murena » de Jean Dufaux et Philippe Delaby

Après des années de collection album après album de cette série de 8 BD, j’ai enfin lu l’intégralité ce week-end de la série Murena de Jean Dufaux et Philippe Delaby…
J’ai profité du challenge Balade en Italie pour m’y mettre sérieusement et rapidement… et aussi d’être encore sous le coup de la lecture des Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar.

Murena nous raconte l’histoire du règne de Néron, en suivant principalement le personnage de Lucius Murena, patricien romain et ami de Néron depuis l’enfance. On va découvrir de quelle manière ils vont se rapprocher, se séparer et se déchirer au fur et à mesure de son règne, sachant que pour Murena le combat contre un Empereur tout puissant est inégal…
Basé sur des écris d’auteurs ayant vécu ce règne, on apprend de quelle manière Néron succède à l’Empereur Claude dont il est le fils adoptif, comment Aggripine sa mère a contribuée à son accession au trône, comment le fils légitime de Claude, Britanicus, a été mis sur la touche… et ensuite, de quelle manière Néron a régné, entre trahisons, intrigues, meurtre et viols, manipulation de la part de courtisans, mariages arrangés…, et cela jusqu’au célèbre incendie de Rome en 64 ap. JC.

Une série très interessante, car elle romance un épisode de l’histoire que je connaissais mal, en prenant parfois des libertées (chose que les auteurs indiquent, lorsqu’il privilégient une piste plutôt qu’une autre : un vrai parti pris et un travail d’historien que j’apprécie). On en apprend aussi beaucoup sur la vie à cette époque (religions, libertée sexuelle, politique, arts…) la BD étant extrèmement bien documentée.
Pour moi, avant de lire Murena,  Néron était un tyran sanguinaire qui a fini par mettre le feu à Rome pour la « nettoyer » de ses opposants et lui permettre d’utiliser les chrétiens comme boucs émissaires… Ce que nous montre  cette BD est un peu différent et plus nuancé.
Néron, à la base amoureux des arts, aurait été plutôt propulsé sur le trône par une mère assoiffée de pouvoir à coup d’intrigues et pire encore… Il aurait été les premières années de son pouvoir très apprécié du peuple, et lui rendait bien. Néron avait pour ambition de construire une Rome nouvelle, certe pour sa gloire, mais aussi pour son peuple. L’incendie de Rome, qu’on lui a attribué, semble donc être pour lui une occasion rêvée de mener à bien son projet sur les cendres de la ville…
Parrallèlement à cela, l’égo devenu démesuré de cet Empereur se considérant comme un dieu, et sa paranoïa grandissante, en on fait un tyran pour ceux qui s’opposent à lui : double matricide, exils, meurtre,… et le pire de tout dans l’esprit du peuple romain : le viol d’une Vestale, prêtresse vierge de la Déesse Vesta, présidant au foyer et à la famille, qui a dans l’esprit de la population jetté une malédiction sur l’Empire.

Côté dessins, le graphisme est à l’image de l’histoire : détaillé, élégant, les couleurs sont belles… Bref, de la « BD belge » comme j’aime, moi qui en lit assez peu ! 🙂

Bref, une BD à lire et relire, qui fourmille de références historiques, mais à aussi une vrai trame narrative pleine d’aventures, d’action et de rebondissements lorsqu’on suit Lucius Murena…
Le seul hic, c’est que le tome 8 se termine un peu abruptement, ce qui me laisse supposer qu’il s’agit de la fin d’un cycle (il y a 2 cycles de 4 tomes), et non de la fin de la série (je l’espère !).
Une série vraiment excellente, que je vous conseille vivement !

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