« Mercure » d’Amélie Nothomb

Une lecture rapide pour le fameux challenge de littérature belge de Reka… Des romans d’Amélie Nothomb, ce n’est pas ce qui manque chez moi, mon compagnon étant un grand fan de cette auteur,  j’avais l’embarras du choix !

Pour moi il y a deux grandes tendances dans les romans de Nothomb : ceux inspirés de faits autobiographiques, et ceux qui font une plus grand place à la fiction. Préférant ce dernier genre, je me suis orienté vers Mercure, vu que j’ai déjà lu la plupart des autres (Hygiène de l’assassin, Cosmétique de l’ennemi, Attentat, Acide sulfurique, Le journal d’Hirondelle, …).

L’histoire se déroule dans la Manche, dans les environs de Cherbourg, après la Première Guerre Mondiale. Françoise, infirmière, doit aller soigner une jeune fille de 23 ans, Hazel, qui vit sur une petite île avec comme seule compagnie un vieillard qui la considère comme sa fille. Celui ci interdit à Françoise toute questions déplacées à Hazel dans l’intimité de sa chambre. En effet, elle aurait été défigurée par un obus à la fin de la guerre, et supporterait très mal sa laideur… et c’est même pour cela que tout dans la maison est fait pour qu’elle évite de voir son visage qui la traumatise !
Va se nouer au fil des séances de soins une amitié entre Hazel et Françoise… qui au gré des confidences va en apprendre un peu plus sur les liens qui unissent le vieillard à la jeune fille…

Pas de surprise en somme, Mercure est bien un Amélie Nothomb pur jus !
On y parle des limites de l’amour et de la perversion, de la manière dont on fait forcement souffrir ceux qu’on aime réellement, des rôles de martyrs et bourreaux, des mystères du passé qui une fois dévoilés expliquent les comportements les plus extrémistes, de l’amitié comme un miroir, de la vie dans un huis clos qui se transforme en prison ou terreau pour s’affirmer…  A mettre en relation avec la pièce de Sarthre, Huis clos…  j’ai souvent pensé à ce texte en lisant Mercure.
Comme beaucoup de roman de cet auteur, la narration est construite sur un jeu de dialogue et de questions – réponses.
A noter qu’il existe deux fins pour ce livre, qui donnent chacune un éclaircissement différent sur cette histoire.

Côté relation à la Belgique, n’ayant pas vraiment de référent, j’aurais du mal à dire si le style Nothomb est typiquement belge.
Pour le petit topo Wikipédia, sachez juste qu’elle est bien belge, même si elle est née à Kobe au Japon, et vit la plupart du temps à Paris (fille d’un ambassadeur belge, c’est presque un sceau d’authenticité). D’après ce que j’ai lu de l’article, elle ne se sent pas vraiment intégrée en Belgique… Mais pourquoi donc oserais-je  demander aux belges qui passeront par là ?

Pour conclure, un roman de Nothomb sympa à lire, court et pas prise de tête. Si vous aimez le genre, vous ne serez pas déçus !

4 commentaires

  1. Anne

    Mercure est mon livre préféré d’Amélie Nothomb,je le conseille souvent à mes élèves. Il faut que je me suis arrêtée de lire sa prose il y a… un certain temps. Elle ne m’attire plus du tout !

    • Loesha

      Difficile pour moi de donner un roman favoris de Nothomb… en fait j’ai adoré la lecture de « Cosmétique de l’ennemi » et « Hygiène de l’assassin »… mais j’ai un souvenir plus fort d' »Acide sulfurique » alors qu’il m’avait un peu moins plu. Après digestion, je pense que je garderai aussi un très bon souvenir de « Mercure » qui brasse pas mal de concepts finalement…

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