Blacksad, la suite, enfin !

Ça faisait pas mal de temps que j’attendais la suite de cette série de BD très sympathique, Blacksad, de Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido, scénariste et dessinateur espagnols… et le tome 4 est sorti le mois dernier avec comme titre L’enfer, le silence.

Blacksad… Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’enquêtes menées par le personnage éponyme, dans un style « série noires ». Les histoires se déroulent dans les États-Unis des années 50, où les personnages sont des animaux anthropomorphes.
Les traits animaux ne sont pas là totalement gratuitement : chacune des espèces choisie donne un caractère spécifique au personnage, que ce soit par l’image qu’on s’en fait (le renard est malin…) que par des critère plus objectifs (sa corpulence, sa couleur…)
Notre héros Blacksad est un chat noir et blanc, accompagné de Weekly, une fouine. Chaque épisode se base sur un fait de société de cette période de l’après guerre, par exemple le racisme dans le tome 2, la chasse au sorcière dans le tome 3…

Dans ce nouvel album, l’histoire se déroule à la Nouvelle-Orléans, et l’enquête se focalise sur l’univers du jazz… où vont bien sûr se greffer d’autres thèmes plus douloureux (mais chut…).
Le tout est teinté de l’ambiance créole et vaudou, de rues où trainent des clochard génies de la musique, de l’émergence des maisons de disque, de quartiers de dealers…
Bref, un nouvel opus bien sympathique qui m’a transporté dans un univers que je connais peu 🙂

Ce que j’apprécie dans Blacksad, ce n’est pas tant l’histoire ou le héros que le style de la BD.
Chaque album est un objet magnifique, avec des dessins superbes !

Habituellement je me détourne des BD « trop jolies », car pour moi la BD est action, ou le dessins est au service de l’histoire, et non le contraire ! Et c’est pour cela je crois que j’aime particulièrement les mangas et les comics, que certain jugent « pauvre » visuellement.
Trop souvent dans la BD belge, le dessin prime sur la qualité de l’histoire, et je trouve ça dommage. Une case de BD n’a pas à être un tableau, elle fait parti d’un tout, qui se trouve entre les arts de l’espace et du temps. Si on s’arrête pour s’émerveiller sur le brio du dessin, c’est mort ! La narration s’arrête, l’histoire se met en pause…

Dans Blacksad, et dans ce tome en particulier, je fais exactement le contraire de ces grand principes que j’énonce ci-dessus, est c’est bon 🙂
Ici le dessin, la couleur, le découpage des cases… participe activement à l’action et à la narration. On peut rester à regarder une planche en se demandant comment cette mise en lumière a été faite, à admirer la finesse du trait… Bref, je me délecte, je prend mon temps… je repasse 3 fois sur la page parce que justement je me suis arrêtée, mais ça n’est pas grave : le scénario est très bon, les personnages assez forts pour résister à de multiples passages de lecture.

En gros, que du bon ! Si vous ne connaissez pas la série, allez vite vous la procurer ! Et pour ceux qui connaissent, le tome 4 ne devrait pas vous décevoir ^^

Et pour vous allécher, la page 2 du 4ème tome.

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