« Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère et retrouvé l’amour » de S.G. Browne

omment j'ai cuisiné mon père, ma mère et retrouvé l'amourÇa faisait un moment que je n’avais pas lu un roman de zombies… Depuis Vivants je crois bien ! Grâce au partenariat Folio de la rentrée, j’ai pu découvrir Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère et retrouvé l’amour de S.G. Browne, paru en 2013, une histoire très sympathique, un brin gore, mais qui surtout nous montre les zombies sous un autre angle que celui que les films d’horreur nous servent habituellement.

Deux jours après sa mort dans un accident de la route, Andy, 34 ans, s’est réveillé… Il est devenu un mort-vivant, un zombie, comme une infime minorité de ceux qui trépassent depuis des siècles.
Mais aujourd’hui aux États-Unis comme ailleurs, les zombies ne peuvent plus se cacher. Comme tous ceux de son espèce il n’a plus aucun droits, juste celui d’exister, pour peu qu’il ne fasse pas de vagues.
Obligé de vivre dans la cave de chez ses parents, son odeur putride et son aspect peu ragoûtant n’aident pas aux bonne relations familiales… pourtant il souhaiterait pouvoir s’intégrer et vivre comme avant ! La nourriture n’a plus de saveur pour lui, il a perdu ses cordes vocales, ses amis l’ont abandonné, sa fille croit qu’il est mort… Ses seuls loisirs : regarder la télé et assister aux réunions de son groupe de soutien zombie. Ici il peut se faire des amis comme lui, qui se décomposent lentement et passivement à l’abri des regards de la société.
Mais leur quotidien va changer le jour où ils rencontreront le zombie Ray, et sa viande de chevreuil en bocaux…

Malgré ce que j’ai pu croire un peu au début, on n’est pas dans de la bit-lit zombiesque à la Twilight et ses vampires végétariens… Mais plutôt dans un roman qui emprunterait à la série True Blood.
Les zombies existent depuis toujours et sont une minorité visible de la société, dénuée de droits. Ils pourrissent lentement dans leurs familles si celle-ci veut encore d’eux, ou servent de mannequins de tests pour la sécurité routière, de cobaye dans les fermes des cadavres… s’ils ne sont pas démembrés par des étudiants bourrés. La violence envers les zombies est à la limite du soutenable !
Pour éviter de se décomposer trop vite, ils mangent des produits de beauté remplis de formol, mais bizarrement ils ne dévorent pas d’humains… très « veggie » non ? ;)
Mais le jour où ils découvrent les vertus curatives de la viande humaine, de « respirants », leur point de vu sur leur existence va changer peu à peu… Fini de se laisser faire, il vont prendre leur non-vie en main !
Mais c’est bien le combat pour leur reconnaissance et leur droit d’exister que nous suivons ici, entre les groupes de soutien, les pétitions, manifestions pour les droits civiques…
Forcément le parallèle avec le combat de Rosa Parks et des afro-américains dans les années 50 est évident… la référence est même déclarées ouvertement et sert de fil conducteur à toute l’histoire. Peut-être trop systématique, mais dans un roman d’anticipation comme celui-ci, l’enfonçage du clou passe pas si mal.

Une lecture pas prise de tête donc, très accessible, et finalement assez moral malgré le cannibalisme ambiant… En tout cas j’ai apprécié cette histoire et ces personnages.
Merci à Folio pour ce partenariat !
Et au passage, une lecture pour mon challenge Petit BAC 2014, section « Sphère familiale ».

Challenge petit bac 2014

« Janua Vera » de Jean-Philippe Jaworski

Janua VeraOn me l’avait vendu depuis de nombreuses années comme une référence de la fantasy française… Il a donc bien fallut que je découvre Jean-Philippe Jaworski, auteur dont on me ventait tant de mérites. Finalement c’est encore un challenge, l’ABC des littératures de l’Imaginaire qui m’a permis de prendre un peu les choses en main et de me lancer dans cette lecture.
Et comme souvent, je devrais un peu plus écouter mes conseillers en lecture et me jeter sans attendre sur leurs propositions ! Ce recueil de nouvelles medieval fantasy est passionnant et est très bien écrit. Un vrai régal !

Ce livre nous plonge dans l’histoire, ou plutôt les histoires, du Vieux Royaume. Au travers 8 nouvelles, nous allons en savoir un peu plus sur cette contrée à différentes périodes et en différents lieux : Ciudalia la capitale animée et sa population hétéroclite, les campagnes de Bromael, les régions barbares d’Ouromagne… et aussi l’évocation des Cinq Vallées où vivent les très discrets elfes…
Des personnages aux motivations et caractères biens différents vont être nos laisser-passer pour découvrir ce monde.
Personnellement je garde un bon souvenir de la nouvelle Le conte de Suzelle, une histoire triste comme il faut : on suit la petite paysanne Suzelle de son enfance à son déclin. Une vie de villageoise troublée par sa rencontre à l’adolescence avec un elfe badin et charmeur, dont elle tombe amoureuse, lui valant une existence d’attente de retrouvailles…
D’autres récits empruntent aux classiques du roman courtois, comme Le services des dames, où le chevalier Ædan va devoir aller venger une dame pour pouvoir traverser ses terres… Une quête qui ne va pas s’annoncer sans périls !
On rencontre aussi quelques fantômes qui hantent les bois dans Un amour dévorant. Cette enquête devra déterminer si les habitants de Noant-le-Vieux voient réellement les « appeleurs« , des esprits maléfiques qui apparaissent à la nuit tombée et plongent ceux qui les voient dans la terreur ou la folie…
Dans la même veine, Le confident nous raconte à la première personne l’histoire d’un prêtre du Desséché, le dieu de la mort, qui a fait vœu d’obscurité et s’est fait enfermer dans une crypte souterraine, où il se remémore son existence… Entre mysticisme et folie la frontière est mince !

Une très belle découverte qui me donne envie d’en lire plus de cet auteur… J’en avais eu un avant goût quand j’étais tombée sur sa nouvelle dans L’O10ssée Folio SF en 10 nouvelles. La bonne surprise s’est donc confirmée.
C’est vraiment sa plume et la manière dont il m’a amené dans son univers qui m’ont séduit… L’univers du Vieux Royaume est très riche et cohérent, mais il sait se faire oublier pour mettre au devant de la scène les différents personnages de ces histoires. On s’attache rapidement à eux, on comprend vite leurs motivations…
Cerise sur le gâteau, le sens de l’humour qu’on ressent entre ces lignes, que ce soit dans les renversements de situation, les fins pleines d’ironie, ou les blagues plus potaches… un régal je vous dit !

Aller, dès que j’ai du temps je m’attaque à la suite des récits du Vieux Royaume : Gagner la guerre !
En attendant, je ne peux que vous conseiller de découvrir cet auteur et ce roman :)

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Rendez-Vous avec Rama » d’Arthur C. Clarke

Rendez-vous avec RamaPour le challenge ABC des littératures de l’imaginaire, le choix était vite fait pour la lettre C !
Bien que j’ai déjà lu quelques romans de cet auteur classique de la SF, je connais assez mal Arthur C. Clarke. Rendez-vous avec Rama, écrit en 1973, est considéré comme un de ses chefs d’oeuvres et c’est donc imposé de lui même.

En 2130 les êtres humains ne vivent plus uniquement sur la Terre, mais ont colonisé la plupart des planètes et satellites de notre système solaire. C’est avec surprise qu’ils voient arriver des confins de la galaxie un astéroïde, nommé par les scientifiques Rama. Celui-ci s’avère être un cylindre métallique de 50km de long ! Un vaisseau extra-terrestre ?
Pour en avoir le cœur net, la « Commission des Planètes Unies » envoi un vaisseau, l’Endeavour, opérer un « rendez-vous » avec Rama… c’est à dire s’accrocher au cylindre et tenter de pénétrer dans celui-ci.
Le commandant du vaisseau, Norton, et son équipage vont vite se transformer en explorateurs : si le vaisseau cylindrique semble dépourvu de toute forme de vie, le monde à l’intérieur de Rama est plein de surprises pour les chercheurs. Une atmosphère, une apesanteur, une mer, des soleils, des semblants de ville… Mais le temps presse pour visiter Rama, car il se dirige doucement mais sûrement droit vers le Soleil…

L’intérêt du roman ne réside pas vraiment dans ses personnages, mais dans l’univers que Clarke nous dépeint au travers de Rama : un monde à l’inverse de notre conception d’une planète. Par exemple, le sol de Rama est disposé tout autour de l’intérieur d’un cylindre… Donc quand on lève les yeux vers le ciel, on voit le sol en face. Tout est fait par trois… ce qui diffère avec le symétrisme terrien, et qui laisse songeur sur la forme des créateurs de ce vaisseau. Ce roman fourmille de détail sur tout les aspect de Rama, qui sont parfois expliqué, et d’autre fois non… et laisse une belle part à notre imaginaire.

J’ai trouvé cette lecture très agréable et surtout accessible pour le la SF spatiale. On est finalement plus devant un roman d’aventure et d’exploration, où Rama se dévoile tout doucement… Et nous laisse avec plus de questions que de réponses ! D’où les 4 séquelles parues par la suite : Rama II, Les jardins de Rama et Rama révélé. Voilà quelques lectures pour les prochaines années ;)

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« Solaris » de Stanislas Lem

SolarisSi un bon livre de science-fiction doit avoir une qualité selon moi, c’est celle de me faire réfléchir à la condition humaine… Et s’il doit avoir encore une autre qualité, ça serait celle de me projeter dans un univers cohérent. Le très classique Solaris de l’auteur polonais Stanislas Lem écrit en 1961 a ces deux qualités, et après une piètre lecture, ça fait bien plaisir de ravoir confiance dans la SF !

Kris Kelvin, psychologue, décolle de la Terre pour rejoindre la base de Solaris, une planète très éloigné du système solaire.
Cette planète un peu étrange à plusieurs particularités. La première, c’est qu’elle gravite autour de deux soleils, un rouge et un bleu. Ensuite, la planète est recouverte entièrement d’un océan qui après des décennies d’études, s’avère être « vivant ». Non pas qu’il contient la vie : cette masse gigantesque serait le seul et unique habitant vivant de cet astre. Le seul objectif des chercheurs alors, c’est de communiquer avec lui, pour confirmer l’hypothèse qu’il est bien un être vivant et intelligent.
Plusieurs générations de chercheurs se sont essoufflés à tenter de communiquer avec cette pseudo-créature… mais elle reste muette. Les seuls preuve de son « intelligence », sa capacité à créer des formes d’écume, souvent colossales, qui prennent l’apparence de structure abstraites rappelant des cathédrales… ou alors imitant grossièrement des objets proposés par les chercheurs solaristes. Forcement, le peu d’enclin qu’a la forme extra-terrestre à communiquer a fini par lasser les humains, et peu de scientifique maintenant s’intéressent aux recherches sur l’océan de Solaris.
En atterrissant à la station de Solaris, Kelvin voit immédiatement que quelque chose ne va pas : aucun des trois chercheurs n’est là pour l’accueillir. Rapidement, il rencontre Snaut, un collègue désespéré…  Qui lui apprendra que le physicien Sartorius refuse de sortir de son labo, et que son ancien professeur Gibarian c’est suicidé quelques jours auparavant !
Mais pourquoi un tel climat de désespoir s’est installé sur cette base spatiale ? Pourquoi Gibarian c’est donné la mort ? Et surtout, les choses qu’il « voit » et qui ne devraient pas être sont elles des hallucinations dues aux gaz de la planète, les prémices de sa folie… ou existent-elles réellement ? Est-ce bien Harey, sa femme suicidée il y a dix ans que Kelvin peut voir et toucher, là ?

Classique oblige, je m’attendais à quelque chose de fouillé… et je n’ai pas été déçue !
On est vraiment dans un roman d’ambiance, un huis clos étouffant où on comprend facilement pourquoi certains protagonistes ont préféré sombrer dans la folie ou le suicide… Ici l’enfer n’est pas les autres, mais bien soi-même !
Ce que j’apprécie, c’est que l’auteur détaille parfaitement Solaris et l’histoire des recherches, théories, hypothèses… autour de cette planète et de son océan vivant. Il amène ça au fur et à mesure, l’air de rien, ce qui fait que c’est très digeste, et surtout passionnant ! On se questionne alors, comme Kelvin : est-ce que l’océan est vraiment vivant ? Est-il plus intelligent que nous ? Sait-il que l’homme est là ? Et surtout comment attirer son attention pour qu’il accepte de « parler », de réaliser ce premier contact avec l’humanité, friande de pouvoir communiquer avec le seul extra-terrestre jamais découvert… et pourquoi pas d’y découvrir un frère, un maître… ?!
Au fur et à mesure, on se rend compte que l’homme se trompe peut-être dans ses interprétations, et qu’il recherche son propre reflet dans l’océan… Et dans cette volonté de contact à tous prix, l’homme ne chercherait-il pas non pas une réponse scientifique, mais une expérience mystique : se créer un nouveau dieu, aussi muet que ses prédécesseurs ?

Pour les fans de SF, et pourquoi pas pour les autres, je conseille vivement cette lecture ! A noter que je n’ai pas vu le film sorti en 2002 tiré de ce livre, et je ne compte pas le regarder (je ne vois pas comment adapter un roman comme celui là en film)… Donc que vous ayez apprécié le film ou non, sachez que le livre, lui, est très très bon :)

Ce roman me permet de lire la ligne « L » du challenge ABC des littératures de l’Imaginaire.

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« Les derniers jours du Paradis » de Robert Charles Wilson

Les dernies jours du paradisVoici un nouveau partenariat avec les éditions Denoël pour bien préparer la rentrée, avec un roman d’une des stars de la science-fiction de ses dernières années : Robert Charles Wilson !
J’ai déjà lu deux romans de cet auteur canadien d’origine californienne : Blind Lake et Les Chronolithes. Les derniers jours du Paradis est son dernier roman édité en France (à paraître le 4 septembre), mais paru en 2013 aux États-Unis.

En 2014, Cassie se prépare à fêter le centenaire de la fin de la Première Guerre Mondiale. Grand moment, car depuis un siècle l’humanité connaît une paix sans faille. Pas une seule guerre, pas le moindre conflit… Et Cassie sait pourquoi, pour son plus grand malheur !
En tant que membre de la Correspondence Society, une société secrète, elle sait ce que peu de personnes peuvent imaginer : une entité extra-terrestre, l’Hypercolonie, telle un essaim d’insectes gigantesque enserre la planète Terre, dans la zone de l’atmosphère où passent les ondes radio. En manipulant les messages radios depuis 1914, ils ont pu orienter l’évolution de l’humanité au travers de ses communications. Résultat : plus de guerre… Un paradis artificiel mais efficace.
Mais à quel prix ? Afin de protéger son secret, l’Hypercolonie a envoyé il y a quelques années de cela des créatures humanoïdes tuer des membres de la Society, dont les parents de Cassie.
Et ce soir, l’un de ces monstres à forme humaine d’eux s’apprête à la retrouver… Cassie n’a qu’une solution, la fuite, avec son frère Thomas et d’autres membres de la Society.

Le sujet de cette SF avait l’air sympa, une uchronie où le XXeme siècle aurait connu la paix. Donc pas de fusées et de vols spatiaux, pas de bombes atomiques, pas de PC de bureau… Mais le traitement de cette histoire au final m’a assez déçu. J’avais bien aimé mes précédentes lectures de Wilson, mais là je n’ai pas retrouvé l’énergie et l’intérêt de ces deux autres romans cités en intro.

D’abord la présentation de cette société vivant dans la paix est trop anecdotique. Pas de détails sur l’histoire, la géographie, la politique, l’art, les technologies… L’auteur s’en sort en dépeignant des groupes de personnages baignés dans la paranoïa, qui n’utilisent pas du tout les moyens de communication contemporains (téléphone, TV…) afin de ne pas être repérés par les aliens. Par conséquent, je ne suis pas rentrée dans ce monde rêvé ou cauchemardé…
Ensuite les personnages… Entre ceux qui ne servent à rien comme le petit frère de Cassie, Thomas ; ceux qui sont caricaturaux comme le leader de la société secrète Beck qui cherche à monter une armée anti-alien ; la meilleure ennemie de Cassie, Beth qui est une vraie chienne ; son copain Leo le bad-boy qui va faire fondre notre héroïne après avoir joué la dégoutée… A aucun moment je me suis senti en empathie avec un personnage. Bref, peu crédibles je trouve. En je passe sur les amourettes perdues ou naissantes qui émaillent le récit, et m’ont lassé rapidement…
Les méchants, des extra-terrestres humanoïdes verts à l’intérieur, qui suinte la soupe d’herbe quand on les blessent passent finalement pas si mal si je compare au reste… Leur côté extra-terrestres « classique » à la mode de la série Les envahisseurs peut être vu comme une hommage je présume ! En revanche le concept de particules vertes parasitant la radiosphere terrestre ne m’a pas botté plus que ça, bien que la comparaison avec le monde des insectes sociaux et des parasites, qui m’évoquait les Borgs de Star Trek au début, avait tout pour plaire.
Pour ce qui est du fameux questionnement au cœur du roman, vaut-il mieux une paix factice qu’un monde de guerre bien humain… ? Et bien elle est assez vite éludée, même si elle peut peut-être nourrir un peu un lecteur en soif de réflexions sur le sens de notre vie sur Terre (libre arbitre, tout ça…).

Du coup une bonne idée un peu bâclée à mon avis, des personnages -gentils et méchants- peu crédibles, un manque de rythme (il commence à se passer des choses intéressantes 40 pages avant la fin). Moyen, quoi. Pas mauvais, mais je ne me suis pas éclatée.
Merci Denoël pour cette lecture tout de même. Je tiens à souligner que comme toujours, l’édition est très bien, une couverture qui attire l’œil, belles typos, belle qualité du livre… Le prochain roman sera bien meilleur je n’en doute pas :)

Ce livre me permet de remplir une nouvelle ligne dans le challenge ABC des Littératures de l’Imaginaire, pour la lettre W.

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Les derniers jours du Paradis de Robert Charles Wilson
Éditions Denoël – Collection Lunes d’encre
Traduction : Gilles Goulet
2014 – 342 pages

« Blast, tome 4 : Pourvu que les bouddhistes se trompent » de Manu Larcenet

blast4Il n’y a pas à dire, Manu Larcenet est vraiment  un auteur phare de la BD française… peut-être mon préféré.
Le quatrième et dernier tome de sa série Blast clos parfaitement une histoire, qui n’a pas du être toujours simple à écrire et dessiner ! Mais pour la lectrice que je suis, ça a été un plaisir du début à la fin (voir mes avis sur les tomes précédents ici et ) !

Polza est toujours interrogé par les deux enquêteurs, suite à ce qu’il aurait fait à Carole.
Il leur raconte l’hiver qu’il a passé auprès de Carole et de son père Rolland, dans une ferme éloignée de tout.
Rolland est en conditionnelle et passe ses journées à faire des découpages et dessins pornographiques… il est donc tout à fait disposé à cacher son nouvel ami Polza, marginal tout juste évadé de l’hôpital ! Mais cette amitié va conduire ce gentil hurluberlu à arrêter son traitement… et devenir de plus en plus instable. Polza et Carole vont rapidement basculer dans la folie à vouloir protéger Rolland… et se protéger de ses crises !

L’avantage de ce dernier tome, c’est que Larcenet ne nous laisse pas en plan… Après la fin du récit de son voyage raconté par Polza, il arrive à amener intelligemment le point de vu des deux enquêteurs sur cette affaire, avec d’autres preuves à l’appui.
Comme il le dit si bien dans cette bande-dessinée, il faut se méfier des choses écrites, car elles ne donnent que le point de vu de celui qui tient le crayon. Un double avertissement pour nous, lecteur ? Si la vérité ne vient pas de Polza, ni des policiers… Elle doit peut être se trouver quelque part entre les deux ?

planche blast 4

Un dernier tome très réussi je trouve, tant au niveau scénario que dessins, et surtout toujours aussi puissant. J’adore le traitement expressionniste, de certaines cases, comme par exemple celle des collage de Rolland (voir ci-dessus), qui oscillent entre le trash et le ridicule. Inséré dans une planche en noir et blanc tout en ombres et lumières, c’est très surprenant !
L’histoire se clos comme il se doit, pas de déception comme c’est souvent le cas à la fin d’une saga… Mon objectif l’an prochain, relire les quatre à la suite pour voir ce que ça fait, si on voit plus de choses !

Au passage, je profite de cette lecture pour remplir l’objectif « verbe » pour le challenge Petit BAC 2014 !

Challenge petit bac 2014

« Axiomatique » de Greg Egan

AxiomatiqueÇa faisait un bon moment que j’avais entendu parler de Greg Egan, un des papes de la « Hard Science-Fiction« … Rassurez vous, rien de sale la dessous ;)
Dans la Hard Science-Fiction, les théories scientifiques (biologie, physique, informatique, psychologie cognitive…) utilisées dans le récit correspondent bien à l’état actuel de nos connaissances… Ce qui rend ces histoire encore plus inquiétantes, car l’auteur joue vraiment avec les limites de notre savoir.
J’ai donc mis un peu de temps à me lancer, mais j’ai enfin lu un de ses livres ! Axiomatique, un recueil de nouvelles paru aux Etats-Unis en 1995, et en 2006 chez nous. Une lecture parfaite pour le challenge ABC des littératures de l’Imaginaire !

Difficile de se focaliser sur quelques une des dix-huit nouvelles de ce livre pour résumer le style de l’auteur. Celles qui m’ont le plus marquées sont celles où l’auteur nous brosse un portrait de l’humanité futuretoutes les prouesses scientifiques sont possibles… Pour le meilleur, mais aussi pour le pire quand elles touches à l’eugénisme ou au désirs névrotiques.

Par exemple dans Le P´tit-Mignon un homme cherche à combler ses besoins de paternité en faisant commandant un bébé synthétique, censé vivre 4 ans et ne jamais dépasser l’âge mental d’un nouveau né. Mais a-t-il bien fait d’acheter une version taïwanaise contrefaite du P´tit-Mignon, pour économiser quelques dollars ?
Un amour approprié est vraiment flippant… Pour sauver la vie de son mari victime d’un grave accident, et en attendant que son corps cloné soit prêt, une femme doit le porter le cerveau de son conjoint dans son ventre deux ans, comme un foetus. Tout cela à cause d’un contrat d’assurance au rabais… Une histoire très perturbante, où on en vient à se poser des questions sur ce qu’on serait prêt à faire pour sa tendre moitié…
D’autres histoires sont plus positives, comme Eugène, où un super enfant censé être le joyau de la manipulation génétique revient dans le passé pour empêcher sa propre conception !
Le coffre-fort est assez troublant, l’histoire d’un homme qui « glisse » d’un corps à l’autre dans sa ville depuis son enfance. Il n’a pas d’identité propre, pas de vie à lui… Il emprunte celle de ses hôtes pour une journée, et glisse dans un nouveau corps le lendemain. Qui est-il en réalité ? A-t-il jamais été humain ? D’où vient cette malédiction ?

Globalement, ces nouvelles tournant autour de la présence de l’autre, de l’image de soi… m’ont beaucoup plu. Les concepts scientifiques manipulés par Egan sont pointus, cohérents, et c’est ce qui fait la force et l’intérêt de ses histoires. Entre la manipulation des gènes, les voyages dans le temps, l’immortalité grâces à des cerveaux synthétiques, les implants neuronaux pour changer les comportements… Il y a des dizaines de concepts avec lesquels s’amuser !
Personnellement j’ai eu plus de mal à comprendre et apprécier des récits avec des altérations de l’espace-temps, comme L’assassin infini où des villes entières glissent de dimensions en dimensions…

Globalement, voici un très bon ouvrage de science-fiction, très riche, avec un humanisme assez présent derrière les théories scientifiques… Contrairement à ce qu’on peut entendre sur la hard science-fiction qui s’attacherait plus aux sciences qu’au personnages dans les romans.
Je le conseillerai donc volontiers aux amateurs de SF et de formats courts !

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« Prophecy, tome 1  » de Tetsuya Tsutsui

Prophecy tome 1Suite de mes lectures sponsorisées par La chèvre grise, avec un manga seinen que je voulais lire depuis très longtemps, Prophecy ! En 2012 on ne pouvait pas rater la sortie de ce titre à Paris : des affiches gigantesques dans les stations de métro, des extraits offerts dans les librairies… Mais bon, je n’avais pas pris le temps de l’acheter. Peur d’être déçue par cette sortie en fanfare, comme je l’ai été un peu par Doubt par exemple ?
Finalement j’ai découvert une histoire bien menée, à mi-chemin entre la SF et le thriller… De quoi m’inciter à courir dans la librairie la plus proche pour m’offrir les deux autres volumes de la série :D

A Tokyo, pour lutter contre la cybercriminalité une section spéciale de la Police a été mise en place. Son rôle ? Traquer les criminels du Net, tels les super-téléchargeurs de logiciels et de vidéos… De vrais dangers pour les industries du loisir, mais représentant peu de risques pour la population…
Mais un jour sur un site de diffusion de vidéo, un homme au visage camouflé sous un masque en papier journal commence à faire de drôles de prédictions : il annonce les tabassages, viols, incendies… à l’encontre de citoyens qui ont fautés d’une manière ou une autre. Et le pire, c’est que le lendemain, ces prophéties se réalisent !
Qui est ce vengeur masqué à la morale plus ou moins douteuse ? Agit-il seul ? Pourquoi fait-il cela ? La section anti-cybercriminalité mettra-t-elle la main sur lui ?

Prophecy

On est plongé dans une enquête haletante, où on découvre tour à tour les avancées de la Police, puis la stratégie de Paperboy, l’homme masqué… Pour finalement découvrir les origines de son combat !
J’ai tout de suite accroché à cette histoire, qui commence par l’intervention musclée chez un geek qui télécharge illégalement des jeux vidéo. Moi qui suis farouchement contre la manière dont sont condamnés les pirates numériques de basse envergure, les lois à la Hadopi… Ça m’a tout de suite captée !
Les dessins sont vraiment pas mal et collent bien à l’histoire… Un très bon point donc.
Reste à voir comment cela va évoluer ensuite… et c’est souvent là que je commence à avoir peur :s
Mais comme je le disais plus haut, je n’ai qu’une hâte, me procurer les deux derniers tomes… Car bonne surprise, Prophecy est une série courte ! Trois épisodes, de quoi espérer que le scénario ne s’écroule pas sur lui-même en route !
Une bonne entrée pour le challenge Geek au passage, non ? ;)

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« Magical girl of the end, tome 1  » de Kentarô Satô

Magical girl of the end tome 1Pour mon anniversaire plus un mois (je déteste les fêtes à date fixe), La chèvre grise – qui me connait bien – m’a dégotée une histoire de zombies un peu décalée au format manga ! Un shonen plein d’action et trash comme tout, qui m’a fait passer un bon moment dans le métro !

Au lycée, Kii Kogami à l’impression que toutes ses journées se ressemblent. Toujours les mêmes blagues entre amis, toujours les mêmes cours, … Cette monotonie l’ennui. Mais pour son plus grand malheur, sa routine quotidienne va être perturbée par une étrange petite fille en cosplay kawaii, qui répète sans cesse « Magicaaal… ». Grâce à son arme qui ressemble à une masse futuriste, elle tue, pulvérise, atomise toute sa classe, ses amis, ses profs, bref, presque tous les élèves de son lycée ! Et pour ne rien arranger, toutes les personnes mortes par la main de la Magicaal-girl deviennent des mort-vivant en jupette, aussi dangereux et assoiffés de sang que  leur créatrice !
Une poignée de survivants arrivent à se calfeutrer dans une pièce et montent un plan pour sortir … mais est-ce qu’à l’extérieur, ils trouveront de l’aide ?

Bon, concrètement on n’est pas dans du Walking Dead… Ce n’est pas l’histoire de survie du siècle, mais le bouquin est efficace : ça bouge tout le temps, des têtes qui sautent, des giclées de sang, des scènes bien gores par moment… quelques petites culottes et décolletés plongeants pour les fans aussi…  Bref, classique, mais avec une touche d’originalité.
Les dessins sont pas mal, on a un vrai mélange de genre entre les personnages shonen ordinaires, les magical-girl kawaii, et les scènes gores lacérées sur le papier… Ça fonctionne bien !

magical_girl_planche

Ce que je me demande toujours avec ce genre d’histoire, c’est si l’auteur à une volonté de dénoncer quelque chose ou pas… Une gamine kawaii en cosplay qui butte tout ce qui passe autour d’elle : doit-on y voir une critique de la société de consommation de pop-culture au Japon où le petit et mignon est omniprésent, au risque de décérébrer sa jeunesse ?
Ou alors on ne doit rien y voir de plus qu’une histoire de zombies ! :D

Maintenant, je n’ai plus qu’à aller m’acheter le second volume, histoire de voir ce qui vaarriver au petit groupe de survivants ;)

« Ainsi naissent les fantômes » de Lisa Tuttle

Ainsi naissent les fantomesComme souvent ces derniers temps, mon partenariat avec Folio m’a surpris et m’a permis de faire une chouette découverte… Une auteure américaine que je ne connaissais absolument pas, Lisa Tuttle.
Ce recueil de nouvelles, datant des années 80 jusqu’au début des années 2000, m’ont donné un aperçu du style de cette écrivain… Et j’ai été emballée ! Une plume légère, des cadres poétiques, et la vie quotidienne des protagonistes qui basculent dans le fantastique. Tout ce qu’il faut pour m’accrocher et me donner envie d’en lire encore plus !

J’ai été happée dès la première nouvelle, Rêves captifs, si noire… L’histoire d’une petite fille kidnappée et enfermée dans un placard, qui va un jour réussir sortir de sa geôle telle Alice en ouvrant une trappe habituellement impraticable.
Le Remède est assez conceptuel, un virus qui annihile la possibilité de parler… Qui n’est pas sans me rappeler la bombe iconique de l’Anamnèse de Lady Star ! Décidément, je n’ai pas fini d’en parler, de ce roman !
Ma pathologie mêle ésotérisme, sciences et fantastique avec brio… et met en scène des situation de prégnation assez perturbantes.
Mine de rien, Le vieux Mr. Boudreaux m’a touché, pas tant pour la situation que pour sa principale protagoniste avec lequel je me suis senti en phase… C’est bizarre comme sensation, que de lire ligne après ligne la description et les pensées d’un personnage et de se dire « Tiens, j’aurais pu dire ça, ou être ça… ».

Certaine m’ont moins plu forcément, comme La fiancé du dragon, peut-être un peu trop symbolique. Le récit tourne autour des craintes d’une jeune femme de se voir retourner chez sa tante en Angleterre, car elle a eu un trou noir lors de sa dernière visite là bas quand elle était enfant… Forcément, il a du se passer des choses bizarres… mais peut-être trop étranges du coup !

J’aime beaucoup les différents personnages de ces nouvelles, qui devraient avoir peur de ce qu’ils voient et vivent, mais l’acceptent presque naturellement. En effet, les situations quotidiennes se trouvent mise en décalage à un moment… un truc bizarre arrive, et nous fait tout de suite rentrer dans un univers fantastique. Le format court est pas mal finalement, même si j’aurais parfois aimer en savoir plus ! La concision de nouvelle permet de moins tourner autour du pot, de vraiment voir quand se passe la cassure entre le monde « normal » et « irréel ».
J’ai noté une grande importance de la maison dans cette anthologie, ainsi que des rêves… et on ne voit pas de fantômes comme on peut l’imaginer (ces machins phosphorescents qui viennent embêter les vivants). Quand on y pense, c’est peut être effectivement l’addition de ces deux choses, le lieu de vie structuré pétri d’habitudes et notre imagination débridée, qui donne naissance à ces fameux fantômes que le titre nous livre, et que nous créons…

Bref, un excellent recueil de nouvelles fantastiques, qui me donnent envie d’en connaître plus de cette auteure… Et si je vous dit qu’elle a écrit avec George R. R. Martin Elle qui chevauche les tempêtes, ça ne peut présager que du bon :D

En plus bonne nouvelle pour mon challenge ABC – Littératures de l’Imaginaire, je peux cocher la lettre T ! :)

Merci Folio pour cet excellent ouvrage !

challenge de l'imaginaire ABC 2014