« Soie » d’Alessandro Baricco

SoieSoie doit être dans ma PAL depuis la création de ce blog, c’est à dire 4 ans… Depuis mon tout premier challenge ABC même !
Heureusement que d’autres challenges sont là, comme le Petit BAC, pour me permettre de la vider un peu et remplir ma ligne pour la « matière » !
Je me dis que finalement j’ai été bête d’attendre aussi longtemps pour découvrir ce roman court et plein de poésie, qui m’a bien fait voyager entre la France et le Japon.

En 1861, Hervé Joncour achète et vend des œufs de vers à soie, afin d’alimenter les filatures de la petite ville française de Lavilledieu.
Depuis vingt ans, grâce au flair de Baldabiou qui a implanté ce commerce dans la région, Hervé vit confortablement avec sa femme Hélène… Mais cela va peut être bientôt prendre fin ! Une maladie inconnue touche les œufs provenant d’Europe, d’Afrique et d’Inde, tuant les vers avant qu’ils ne produisent leur précieux fil.
Selon Baldabiou, le seul endroit où les œufs seraient sains, serait justement le seul endroit où aucun étranger ne peut entrer : le Japon, qui a connu deux siècles de vie en totale autarcie… mais qui vient tout juste de permettre aux continentaux de traverser ses frontières. Mais même si un occidental peut dorénavant visiter l’Empire du Soleil Levant, exporter des œufs de vers à soie est puni de mort ! Un seul homme pourra peut-être mener cette mission dangereuse à bien, en traversant la moitié de la planète : Hervé !

Cette histoire courte se lit vraiment d’une traite, car le style de l’auteur est très agréable. Les répétitions des phrases, des motifs et des situations, font penser au mouvement des marée… une poésie qui pour une fois n’est pas pour me déplaire.
On découvre aussi un Japon à peine sorti de son enclavement et de l’ère féodal. Le contraste avec l’Europe qui se modernise est frappant ! Mais la folie de la soie est bel et bien la même partout ! Et aussi celle de l’amour… Car si Hervé aime sincèrement Hélène son épouse, il tombe amoureux de la favorite du Seigneur japonais avec qui il traite. Une mystérieuse jeune femme vêtue de soie orange, aux yeux d’occidentale. Une passion interdite et silencieuse va naître année après année, voyage après voyage… mais pourrait-elle se concrétiser ?

Je ne peux pas trop en dire au risque de dévoiler l’intrigue… mais tout ce que je peux vous conseiller, c’est que vu la rapidité avec laquelle on le dévore, ça serait dommage de passer à côté de ce roman italien ! En tout cas, j’ai passé un bon moment en sa compagnie dans le train samedi soir :)

Challenge petit bac 2014

 

« Ariosto furioso » de Chelsea Quinn Yarbro

Ariosto furiosoPas évident de trouver un auteur de fantasy ou SF dont le nom commence par un Y, afin de remplir le contrat du Challenge ABC des Littératures de l’imaginaire ! Mais finalement, en cherchant, on fini bien par trouver !
Je m’attendais à du très bon au vues des critiques sur Internet, mais je dois avouer que je ne sais pas du tout quoi penser de ma lecture ! Entre roman historique dans une Renaissance italienne alternative, fantasy, et drame romantique, ce livre édité aux Etats-Unis en 1981 mélange les genres mais ne m’a pas totalement emballée.

Firenze, en 1533 : Lodovico Ariosto est le poète et ami de Damiano de Medici, primero de l’Italia Federata. Dans la vie, il se trouve en plein milieu de conflits politiques et religieux visant son maître, et il doit aussi veiller sur sa famille…
Mais grâce à sa nouvelle œuvre, la suite de son Orlando furioso, il peut s’échapper d’un quotidien compliqué, où il n’est finalement pas grand chose. Dans sa « fantasia » il devient un guerrier héroïque ! Connu et adulé de tous, volant sur son hippogriffe, il part au secours de son amis Falcone et du peuple du Nouveau Monde, les Cerrochis, qui se battent contre un sorcier malfaisant et son armée de monstres.

Ce roman à donc la particularité d’alterner chapitres après chapitres la réalité et la fiction, le monde de Firenze et celui des Cerrochis.
J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans le récit… Au moins la moitié, et encore, je n’ai pas réussis à apprécier la partie fantasy du roman, très épique et grandiloquente. Même en le prenant au second degré je n’ai pas trouvé ça amusant… Bref, trop indigeste pour moi… même s’il peut parfois être amusant de relever dans la fiction les éléments issus de la réalité de Lodovico.
Pour la partie narrant la réalité, les querelles politiques entre les branches aînées et cadettes des Medici, les guerres de religions ente le pape et les anglais, les histoires d’espionnage… ne m’ont pas du tout intéressés. C’est pourtant le cœur de l’intrigue qui va naître sur la fin du roman : pourquoi et comment l’Italia Federata et Damiano vont être mis en porte-à-faux… et par conséquent Lodovico.
Sur la toute fin j’ai commencé à apprécier le roman, car l’histoire d’amitié entre Lodovico – faible et insignifiant poète au milieu des jeux de pouvoir – et Damiano – dirigeant vieillissant et acculé – devient vraiment touchante… avec une touche d’héroïsme un rien surfait, mais sincère.

Une découverte vraiment en demi-teinte… Je reconnais les qualités du roman, mais je ne suis pas totalement convaincue, car je n’ai pas pris de plaisir à le lire les trois quarts du temps. Peut-être parce que je ne connaissais pas du tout cette période de l’histoire ? Ou alors parce que je n’ai jamais lu Orlando Furioso ? « Bien mais pas top » en somme !

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Tu mourras moins bête tome 3 : Science un jour, science toujours ! » de Marion Montaigne

Tu mourras moins bete tome 3Changement d’éditeur pour la série de vulgarisation scientifique humoristique de Marion Montaigne ! Après deux premiers volumes sorties sous les couleurs d’Ankama, c’est maintenant Delcourt -qui comme souvent- reprend le flambeau de Tu mourras moins bête !
Heureusement, le changement d’éditeur ne modifie en rien la qualité de la BD (toujours des planches sorties de son blog)… Et surtout le format de l’album est le même que les deux précédents (sur les étagères, c’est mieux quand même !).

Dans ce tome il est beaucoup question de biologie humaine ou animale. Ainsi on en apprendra plus sur la sexualité des acariens, des drosophiles… mais aussi la notre ! On découvrira que la plupart des animaux ont des pratiques homosexuelles, que les insectes sont des pervers, que les pingouins sont des maquereaux… Pour mon plus grand bonheur, j’ai aussi compris pourquoi les ados sont aussi insupportables ! On saupoudre le tout d’un peu de scatologie (une valeur sûre), par exemple en expliquant le mode opératoire de miction des femmes aux WC, ou comment soigner l’embonpoint avec des selles… Il y a aussi quelques pages sur les robots, les turbulences en avion, la cryogénie. Bref, un album éclectique !

Inutile de vous dire que cette saga me fait autant rire qu’elle ne m’étonne… car j’ai l’impression de vraiment sortir moins bête de ma lecture ! J’ai pu briller en société encore ce soir en expliquant comment le mâle alpha d’un groupe de poissons-clown devient à la mort de la femelle dominante… la nouvelle femelle leader ! La classe, non ? ;)

Pour vos cadeaux de Noël, foncez sur cette BD, une valeur sûre !

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« Le Chaos en marche tome 1 : La voix du couteau » de Patrick Ness

La voix du couteauCette fin d’automne aura été riche en bonne lecture grâce aux partenariats ! Aujourd’hui, c’est à Folio et au premier opus de la trilogie Le Chaos en marche, La voix du couteau, de Patrick Ness, que je dédie un coup de cœur ! Littérature jeunesse certes, mais pas que ! Et pour mon plus grand plaisir, un univers de science-fiction dystopique de qualité :D

Sur une planète lointaine, dans la petite colonie de Prentissville, le jeune Todd attend de fêter ses 14 ans pour enfin devenir un homme, un vrai ! Il est le dernier garçon de la ville, et pour cause : avant sa naissance, une maladie a anéantie toutes les femmes… Une arme bactériologique lancée par les Spackle les premiers habitants de la planète Effet secondaire de la maladie : les hommes ont commencé à générer du Bruit. Leurs pensées sont audibles a tout un chacun ! Le silence n’existe plus sur cette planète, car même les animaux parlent maintenant… de quoi devenir fou !
Un mois avant son anniversaire, Todd va faire une découverte en se promenant dans les marais avec son chien Manchee… Une bulle de silence, comme un grand vide. Est-ce un Spackle, l’ennemi numéro un des humain ? Non ! Plus improbable encore… une fille ! D’où sort-elle, et que veut-elle, elle dont on ne peut pas lire les pensées et qui en plus ne parle pas ?

Cette histoire va amener Todd, son chien et sa nouvelle amie, Viola, dans un voyage forcément initiatique… et surtout pleine d’aventures, de doutes, de découverte sur la réalité de Prentissville et de cette planète. Elle a été colonisée vingt ans auparavant par des groupes religieux à la recherche d’un Eden où la vie serait plus simple et saine que sur Terre. Mais comme souvent, les utopies tournent mal quand la soif du pouvoir et la peur pointent le bout de leurs nez… et on se doute bien que l’Histoire de la guerre contre les Spackle cache une réalité beaucoup plus sombre !
Pour de la littérature jeunesse, j’ai trouvé l’écriture assez recherchée. D’abord la syntaxe et l’orthographe de Todd l’analphabète (pas facile de le comprendre parfois), qui est le narrateur de ce récit. Les jeux de typos aussi sont assez bien fichus, les usages de nuages de mots pour symboliser le Bruit, ou les changements de polices de caractères pour représenter le langage parlé et celui des pensées, les apartés humanisant les situations… Une belle édition je trouve !

Je me suis au fur et à mesure attachée aux personnages… Celui de Todd est assez réaliste. Au début il a un côté très pré-ados qui horripile, mais avec un bon fond tout de même. Mauvaise foi, orgueilleux, flemmard, un brin violent par moment. Mais son voyage forcé loin de Prentissville va lui apprendre à devenir meilleur… à devenir un homme ! (c’est beau, hein :)) Du coup on évolue avec lui, et on apprend la vraie Histoire des colonies de la planète au même rythme que lui et Viola.
Ce que j’apprécie aussi dans ce roman, c’est que l’auteur ne nous présente pas son héros comme un meurtrier. Malgré les difficultés, et même devant un ennemi, Todd se pose toujours la question de tuer ou pas… Pour un livre où le couteau est si omniprésent que ce soit dans le titre ou au travers les pages, c’est une rupture intéressante qui vire quasi à l’obsession, et donne du sens à l’histoire !

coup de coeurUn coup de cœur donc, j’espère que les tomes suivants seront à la hauteur ! En attendant de le découvrir, je rajoute le tome 2, Le Cercle et la Flèche, dans ma wish-list (hey, les gens, c’est bientôt Noël :D) !
Merci à Folio pour cette super lecture :)

Au passage, cette lecture me permet de remplir la case « objet » du challenge Petit BAC 2014, youpi ! J’avance un peu ! :D

Challenge petit bac 2014

Challenges de 2015, le petit marché des accrocs de la lecture !

Je me suis refrénée une fois de plus sur les challenges… Tant de beaux challenges, annonçant de belles lectures ! Mais je dois me faire une raison : j’ai déjà du mal à finir les deux principaux de cette année, ça n’est pas pour en prendre plus.

Du coup j’ai bien réfléchi, et j’ai choisi :
– le Challenge petit BAC 2015, car on ne change pas une équipe qui gagne, et que j’aime bien ce que fait Enna avec son blog et son challenge année après année. C’est la cinquième édition tout de même ! Bientôt on pourra mettre un macaron à son blog, en mode « challenge de qualité depuis 2011″, comme le camembert :)
La liste a une fois de plus été rafraîchie, et ça me titille de déjà m’y mettre !

Cette année on retrouve donc ces catégories :
Prénom
Lieu
Animal
Objet
Couleur
Pronom personnel sujet
Titre en un seul mot
Taille
Musique
Mort
Gros mot (facultatif)

– le challenge ABC 2015 de Nanet. Comme en 2013, je vais en profiter pour écouler un peu ma PAL… Et surtout pour lire autre chose que de la SF et de la fantasy (même si j’adore ça !).
Je vais préparer ma liste dans la semaine afin de valider mon inscription en mode « complet » (liste de départ avec romans mixtes, 3 changements possibles, pas de BD ni films).

A : Asimov, Isaac – Flûte, flûte et flûte – 184 pages – SF
B : Binet, Laurent – HHhH – 443 pages – Historique
C : Conroy, Pat – Le prince des marées – 588 pages – Contemporain
D : Danielewski, Mark Z. – La maison des feuilles – 752 pages – Horreur (wish list)
E : Ellory, R. J. – Mauvaise étoile – 535 pages – Policier
F : Forward, Robert – L’oeuf du dragon – 416 pages – SF
G : Genefort, Laurent – Points chauds – 368 pages – SF (wish list)
H : Hobb, Robin – L’assassin royal tome 3 : La nef du crépuscule – 413 pages – Fantasy
I : Indridason, Arnaldur – La voix – 400 pages – Thriller
J : Jackson Braun, Lilian – Le chat qui lisait à l’envers – 221 pages – Policier
K : Koontz, Dean – Intensité – 313 pages – Horreur
L : Lovecraft, H.P. – Le cauchemard d’Innsmouth – 189 pages – Fantastique
M : Moorcock, Michael – Elric tome 1 : Elric des dragons – 198 pages – Fantasy
N : Niogret, Justine – Mordre le bouclier – 220 pages – Fantasy (wish list)
O : Oliver, Lauren – Delirium tome 1- 480 pages – SF (wish list)
P : Preston, Douglas & Child, Lincoln – La chambre des curiosités – 700 pages – Thriller
Q : Qiu, Xiaolong – Mort d’une héroïne rouge – 502 pages – Policier (wish list)
R : Radge, Anne B. – La ferme des Neshov – 349 pages – Contemporain
S : Sturgeon, Theodore – Cristal qui songe – 320 pages – SF
T : Takami, Koushun – Battle Royale – 830 pages – Horreur (wish list)
U : Udall, Brady – Le destin miraculeux d’Edgar Mint – 544 pages – Contemporain (wish list)
V : Vercors – Les animaux dénaturés – 279 pages – Classique
W : Willis, Connie – Sans parler du chien – 574 pages – SF
X : Anonyme – Le livre de la mort (wish list) – 504 pages – Fantastique (wish list)
Y : Yan, Lianke – Le rêve du village des Ding – 390 pages -Contemporain (wish list)
Z : Zadoorian, Michael – Le cherche bonheur – 282 pages – Contemporain

Et vous, par quoi vous laissez vous tenter ?

« La Chica zombie » de Laura Fernández

La chica zombieAh la bonne lecture jubilatoire ! En demandant ce livre aux Éditions Denoël pour le partenariat de novembre, je ne m’attendais pas à autant m’éclater en le lisant ! La Chica zombie, premier roman édité en France de l’auteur espagnole Laura Fernández, est un concentré de dynamisme qui m’a laissé sur le cul.
Contrairement à ce que je pensais, il ne s’agit pas réellement d’un roman sur les zombies… et pas plus de littérature pour ados malgré le fait que ses héros soient des profs et des lycéens ! A la croisée des genres, voici un roman contemporain sous perfusion de grandes œuvres de l’horreur, mâtiné de culture pop américaine… Un vrai coup de cœur !

Pas facile d’avoir 16 ans, que ce soit à Elron dans les années 90 que partout ailleurs et en tout temps… C’est l’amère expérience qu’Erin Fancher, élève au lycée Robert Mitchum, va faire.
Elle vient de se taper un 0,5 en grammaire à cause de la prof remplaçante Velma Ellis, sa meilleure amie Shirley la « force » à sucer Reeve dans les toilettes du lycée… Et pour ne rien arranger, ce matin elle se réveille morte, putréfiée… zombifiée en somme ! Le plus grave, c’est que ni ses parents, ni Shirley, ni Reeve ne semblent s’en apercevoir ! Le seul qui remarque les vers qui courent le long de ses plaies sous ses tonnes de maquillage, c’est le paria du lycée, le psychopathe Billy Servant.
Comment Erin a-t-elle bien pu se transformer en zombie ? Pourquoi certains feignent d’ignorer son état ? Quelle relations va t-elle maintenir avec ses anciens amis après ce coup du sort ?

Derrière cette histoire de zombie, vous l’aurez deviné, se cache – à moitié – une métaphore de l’adolescence, des relations de domination au lycée qui finissent par décérébrer et stéréotyper le plus gentil des adolescents. Dans ce contexte, chacun a sa méthode pour exister ou survivre : devenir populaire comme Shirley, invisible comme Billy, violent comme Kirby… Et ceux qui se cherchent encore comme Erin finissent souvent par être les marionnettes de leurs camarades de classe.
C’est même toute la société qui est égratignée par Laura Fernández, en pointant par exemple les pressions sociales exercées sur tout un chacun : la chasse à l’obésité, l’obligation de se marier, … Entre jugement et regrets, pas évident d’être adulte non plus à Elron.

Le style de l’auteur et la manière dont elle a traité l’histoire m’ont vraiment emballé. Sa plume est pleine d’humour (noir) et m’a rappelé le côté « what the fuck ? » de l’auteur anonyme du Livre sans nom, ou de Tom Sharpe dans un autre registre… Le côté « hommage aux maîtres du gore » m’a aussi rappelé Thomas Gunzig et ses 10000 litres d’horreur pure… Que du bon, je vous dit !
Les personnages sont inénarrables, oscillant entre le ridicule et le lyrisme… Les plans du directeur du lycée, Sanders, pour séduire la prof remplaçante Velma sont grotesques. Et ceux qu’elle met en place avec un type qui se prend pour le génie de la lampe sont carrément énormes ! Le clou pour moi, c’est le cercle de parole où se réunissent les patients du docteur Droster. Outre Velma qui est harcelée par une robe de mariée toutes les nuits, on retrouve un gars qui se prend pour super Mario… Et une femme qui a déconnecté en se transformant en loutre, engloutissant des kilos de poisson cru.

coup de coeurC’est pour moi à la fois une belle découverte, qui c’est bien vite transformée au fil des pages en coup de coeur ! Outre le fait d’enfin entrevoir un lycée criant de vérité (je ne vais pas dire que je j’y étais… mais presque), les touches surréalistes et trash ajoutées par l’auteur m’ont beaucoup plu. C’est très rock en somme !

Merci Denoël, j’espère bientôt pouvoir lire d’autres roman de cet auteur ! J’en veux plus !

La Chica zombie de Laura Fernández
Éditions Denoël
Traduction : Isabelle Gugnon
2014 – 368 pages

« Contes à l’encre de la nuit » de Thomas Owen

Contes à l'encre de la nuitContes à l’encre de la nuit de Thomas Owen… ce livre doit être dans ma liste à lire depuis bien 3 ans. Des écrivains dans le domaine du fantastique, dont le nom commence par la lettre O, ça ne courent pas tant les rues que cela !
Enfin, voilà c’est fait ! J’ai acheté, lu et refermé ce recueil de nouvelles parues entre 1945 et 1966, qui oscillent entre fantastique et épouvante. Et je crois qu’il ne va pas me laisser un souvenir impérissable…

Pour faire simple, la majorité de ces courtes nouvelles tournent autour d’histoires de fantômes, du point de vue de témoins de ces phénomènes paranormaux. Dans leur quotidien, que ce soit lors de promenade ou dans une maison, ils vont faire une rencontre ou découvrir un fait perturbant… qui va s’avérer après enquête être un esprit en errance (surprise !).

Après avoir lu des monuments du fantastique et de l’horreur (Lovecraft, Edgar Alan Poe, Hawthorne, H. G. Wells…), où la tension monte crescendo dans une ambiance toujours plus sombre, et où les idées mêmes d’apparitions spectrales glacent le dos… Ben ici je suis restée sur ma faim ! C’est bien écrit, on sent une pointe d’humour et tout… mais franchement, quel ennui !

J’aurai du me fier à l’édition : Zone J de Mijade est la collection pour jeunes ados de 9 à 15 ans. Ben, voilà, tout s’explique ! Je suis tombée sur de la littérature pour enfants… Enfin je ne voudrais pas dire, mais à cet âge j’avais lu Le Horla et Les contes de la Bécasse de Maupassant, quand même plus flippants… de mémoire ;)

Bref, vite lu, vite oublié ! Pas franchement mauvais, mais vraiment pas essentiel pour moi !
Heureusement, il me permet de remplir mon objectif pour le Challenge ABC des Littératures de l’Imaginaire.

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Le puits » d’Iván Repila

Le puitsGrâce au partenariat des éditions Denoël, j’ai pu sortir un peu la tête de mon marathon fantasy / SF de ces dernières semaines (fort sympathique au demeurant, mais il faut savoir varier les plaisir ;)). J’ai donc choisi un peu au hasard Le puits, premier roman d’un auteur espagnol, Iván Repila. Sur le papier, ce livre avait comme principal avantage d’être court, et ensuite de raconter une histoire de survie en huis clos, ce qui m’attire toujours.

Deux frères sont tombés dans un puits naturel profond, en pleine forêt. Le Grand est fort et est un adolescent, et le Petit est faible et est encore un enfant. Malgré tous leurs efforts pour essayer de sortir ou d’appeler les secours, ils doivent se rendre à l’évidence : ils sont bel et bien coincés au fond de ce trou, et vont devoir compter sur eux même pour survivre. Il y a pourtant bien le sac de provision de la mère des enfants qui est tombé dans le puits avec eux… mais le Grand interdit au Petit d’y toucher !
Ils vont donc devoir rester là et attendre, se nourrir de larves, boire l’eau des flaques ou mâcher des racines, braver les averses ou la canicule, faire fuir des loups… Et surtout ne pas tomber dans l’apathie ou la folie !
Comment vont-ils pouvoir survivre ? Pourquoi le Grand ne veut pas toucher aux provisions ? Quelqu’un viendra-t-il les aider ?

Je m’attendais avant d’ouvrir ce livre à une histoire en mode survivaliste, en huis clos, un peu comme dans le film Hole de 2001 ou bien le roman glauque Sukkwan Island de David Vann. En fait on est beaucoup plus dans une fable contemporaine à mon sens, bourrée de symboles et de métaphores… bref, dans du fantastique (le marathon continue !). Que ce soit l’image du puits- utérus, la mère destructrice et son sac à provisions, la forêt éloignée de tout, l’attaque par les loups, les fruits interdits, les relations entre ainés et cadets, l’impossibilité de dater ou situer l’histoire… On retrouve des motifs et des thèmes propres aux contes pour un récit à la limite du voyage initiatique.
Pourtant la manière dont l’auteur nous décrit la spirale de la folie qui étreint le Petit, ou les questions que se pose le Grand sont très réalistes. On plonge avec eux dans cette tension, qui tient plus de la rage que de la détresse !

Juste après ma lecture je ne savais pas trop quoi penser de ce roman. Mais finalement à y réfléchir depuis deux jours, je pense que je l’ai apprécié, même si j’ai été gênée par la confusion entre le délire due aux privations des enfants et la réalité… ce qui fait que la fin m’est apparue un peu trop sèche. Mais finalement, si on le considère comme une fable, ça passe… Avec ce parti pris, je ne cherche plus à savoir ce qui tient de la réalité ou de la fiction, et j’en apprécie que mieux ce texte !

Ce roman me permet aussi de cocher la case « bâtiment » du challenge Petit BAC 2014.

Merci encore aux éditions Denoël pour cette lecture !

Le puits d’Iván Repila
Éditions Denoël
Traduction : Margot Nguyen Béraud
2014 – 112 pages

Challenge petit bac 2014

« Les neuf princes d’Ambre » de Roger Zelazny

Les neuf princes d'AmbreLes neuf princes d’Ambre, premier volume du cycle du même nom, fais figure de grand classique de la fantasy. La série a débuté en 1970, et a encore cours aujourd’hui malgré la mort de Zelazny (oui, c’est bizarre).
Pour le challenge ABC des littératures de l’imaginaire, c’était parfait pour ma lettre Z, comme vous vous en doutez ;)

Un homme se réveille à l’hôpital, plâtré… Que lui est-il arrivé ? Il ne se souvient de rien, même pas de son nom… Un accident de la route et puis plus rien. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il n’est pas vraiment blessé… Il s’échappe donc de sa chambre et en profite pour rechercher qui l’a fait interner. Une certaine Flora, qui semble être sa sœur, paye pour son séjour. Il décide donc de la retrouver chez elle dans le but d’en apprendre plus sur son identité réelle, mais sans lui montrer qu’il est devenu amnésique.
Il ne va pas être déçu du voyage : il apprend son vrai nom, Corwin, et découvre qu’il est un des neuf princes du royaume d’Ambre, issue d’une fratrie qui se déchire pour conquérir le trône. Mais qu’est ce qu’Ambre ? Sa rencontre avec son frère Random va vite lui permettre de le savoir, et de traverser au passage les mondes d’Ombre.

Assez bizarrement, je n’ai pas du tout été emballée par cette lecture, alors que je pense aimer la fantasy.
Je l’ai trouvé à la fois long, malgré ses 250 pages, et trop laconique sur certains passages… Ça donne un effet brouillon par moment assez désagréable. Le récit à la première personne et la vue subjective des situations justifient pourtant cela… mais non ! Je n’ai pas réussi à rentrer dans l’univers, à me projeter dans ce monde onirique. Ça vient peut être aussi du mélange monde magique, médiéval et contemporain, qui m’a rendu ardue la représentation des scènes.
Côté des personnages, je n’ai pas accroché du tout sur Corwin, ni aucun autre protagoniste. Je n’ai rien contre les personnages arrogants comme lui, mais celui-ci manque totalement de charisme je trouve.

Bref, je suis assez déçue, car j’avais envie de découvrir cette saga… Un gros bof !
Le seul truc qui sauve ce roman, c’est qu’à la fin, j’avais envie de savoir si ce pauvre Corwin allait réussir à regagner son trône. Mais de là a me dire que je lirai le deuxième tome… :x

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Chien du heaume » de Justine Niogret

Chien du heaumeIls sont assez rares, les romans où on trouve une héroïne et non un héros… Et ils sont encore plus rares ceux où j’apprécie vraiment ces protagonistes féminins. Bonheur, Chien du heaume est de ces livres ! Et en plus, il est écrit par une auteur française (cocorico !)… Une belle surprise inspirée, ou plutôt dirigée par mes challenge de l’année : le challenge ABC des littératures de l’imaginaire et le challenge Petit BAC 2014 (pour la ligne « animal »).

Chien du heaume est une mercenaire qui sillonne le pays et prête son bras armé pour survivre. Cette vie elle ne l’a pas vraiment choisie, mais si elle continue à voyager sans attaches, c’est pour réaliser sa quête personnelle : découvrir quel est son véritable nom ! En effet, Chien du heaume est celui qu’elle a adopté sur les champs de batailles… pas celui que ses parents lui ont donné. Grâce à ce nom, elle saura qui était son père qui est mort, dans quel pays elle est née… Bref, quelles sont ses origines. Le seul indice qu’elle possède, sa hache de combat, gravée de serpents entrelacés, que son père lui a laissé.
Sa quête va la mener vers Bruec, le chevalier Sanglier, et son château caché dans les brumes… Elle qui n’a pas d’attaches va trouver en lui un ami. Mais va-t-elle sacrifier la quête d’une vie entière pour rester auprès de lui ? Quelles aventures l’attendent ?

Ce que j’ai particulièrement apprécié dans ce récit, c’est l’équilibre entre heroic fantasy et univers médiéval… On s’y croirait vraiment ! Les élément fantastiques sont peu nombreux, mais donnent un petit côté conte traditionnel à cette histoire. Côté ambiance, j’ai eu l’impression d’être dans le manga Berserk par moment (le début). Des combats, du sang, des démons, des descriptions d’armes et armures réalistes… Ça tatane !
La galerie de personnages est très convaincante… J’ai beaucoup aimé Chien du heaume, une femme pas très jolie, obsédée par son nom et le combat. Bruec le chevalier, Regehir le forgeron, Iyinge le jeune guerrier… Ces personnages lui font un groupe d’amis bien sympathiques. Mais le mieux, se sont les méchants, tels Noalle, la méchante jeune épouse de Bruec, même pas nubile mais déjà pleine de haine et de fiel. A notre première rencontre avec ce personnage, on ne souhaite plus alors que la voir souffrir !

Une bonne découverte… En même temps je ne prenais pas de risques : ce roman a eu plusieurs prix, dont le Grand prix de l’Imaginaire 2010 !
Je vous le conseille donc, fans de fantasy ou non ! Pour ma part je me met de côté dans ma liste d’envies Mordre le bouclier, la suite des aventures de notre guerrière :)

challenge de l'imaginaire ABC 2014

Challenge petit bac 2014