« Batman : Killing Joke » d’Alan Moore et Brian Bolland

Killing jokePour retrouver un comics en France en magasin, avec le jeu des éditions françaises ayant une traduction un peu aléatoire ou des rééditions par deux voir trois éditeurs, c’est parfois la galère… Rien que cette BD a connu en France cinq éditions (avec comme titre Souriez, Rire et mourir, The killing joke, et finalement Killing Joke…).
Enfin, on fini quand même par mettre la main dessus (merci Internet !). Cette dernière édition d’Urban Comics (filiale de Dargaud qui édite DC comics en France) a presque le même titre que l’originale de 1988 (The killing joke) et bénéficie de la re-colorisation de l’édition américaine de 2007.

Le Joker s’est encore enfui de l’asile d’Arkham, et Batman va devoir remettre la main sur ce dangereux psychopathe.
Pendant que l’homme chauve-souris se pose des questions sur le combat qui les oppose depuis des dizaines d’années, le Joker prépare sa petite fête… Une vengeance contre la normalité, qui aura lieu dans un parc d’attraction désaffecté !

Cet épisode en one-shot de Batman nous présente sur une quarantaine de pages la dichotomie entre Batman et le Joker, mais aussi ce qui les rapprochent. Le récit est entre-coupé de flashback sur les origines du Joker : pourquoi il a basculé dans le crime, comment il est devenu Red Hood le voleur masqué, puis le Joker.
Donc il n’y a pas à se tromper, il s’agit bien d’une BD où le personnage central est le Joker, et Batman un personnage secondaire… Ce qui n’est pas pour me déplaire !
C’est d’ailleurs pour moi le principal intérêt du livre avec le dessin de Bolland et ses nouvelles couleurs ! Son Joker est ultra expressif, on en vient à l’apprécier par moment… avant de le revoir plonger dans son habituelle folie !
Dans cet épisode, se sont James et Barbara Gordon (l’ancien inspecteur et Batgirl) qui vont faire les frais de la vengeance du Joker, dans une scène digne d’un freak-show sous acides !

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A noter en bonus une autre histoire autour de l’univers de Batman par Brian Bolland au scénario et au dessin : Un homme parfait, qui questionne sur la possibilité de faire le bien si on a jamais tenté de faire le mal…

Une album sympa et rapide à lire… Alan Moore, le génial scénariste de The Watchmen, From Hell, Swamp Thing pour ne citer que ceux-là, l’a souvent renié. Mais franchement je ne le trouve pas si mal !
A découvrir pour les fans de super-vilains et de Batman !

Je vais profiter de cette lecture pour remplir ma première case du challenge Petit BAC 2015, catégorie « mort » !

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« La ferme des Neshov » de Anne B. Ragde

La ferme des NeshovÇa faisait un sacré moment que cette suite de La terre des mensonges était dans ma PAL… et oui, voilà bien un an que La Chèvre Grise m’a prêté ce livre ! Puisqu’il fallait commencer quelque part pour le nouvel opus du challenge ABC, j’ai commencé avec cette urgence : il faut bien que la propriétaire de ce roman le retrouve un jour, quand même ;)

La famille Neshov au grand complet vient de finir les fêtes de Noël à la ferme familiale dans une petite ville de Norvège. Mais maintenant il est temps que chacun reprenne le cours normal de sa vie.
L’ainé de la fratrie, Tor, reste à la ferme avec son vieux père et va continuer à s’occuper de son élevage de porcs. Sa fille Torunn avec qui il tente de nouer des liens va repartir à Oslo s’occuper de chiens dans une clinique vétérinaire. Les frères de Tor vont retourner à leurs occupations : Margido à son magasin de pompes funèbres, et Erlend et son petit ami Krumme vont repartir au Danemark profiter de leur vie remplie de fêtes et de fastes.
Mais tout ne va pas se passer comme avant ! Jusque-là, la mère était encore vivante et gérait la vie à la ferme… Mais sa mort a laissé non seulement un vide, mais aussi permis d’éclater l’abcès généré par des années de mensonges : le père des trois frères Neshov est en fait leur demi-frère, car c’est le grand-père mort depuis longtemps qui est en fait leur géniteur !
Comment Tor va faire maintenant, laissé à lui-même ? Torunn va-t-elle pouvoir se dégager de ses problèmes de conscience et repartir à la ville ? Et les autres frères Neshov, vont ils enfin se serrer les coudes pour soutenir leur ainé ?

Je ne me souvenais plus trop pourquoi j’avais tellement envie de lire la suite de l’histoire familiale des Neshov en ouvrant le roman… et je m’en suis souvenu en le refermant ! Ce récit est à la fois si sordide et si réaliste, qu’on a qu’une envie : découvrir où comment tout cela va finir !
Comme la première fois j’ai apprécié le style de l’auteur, et les multiples points de vue qui tissent la trame du roman : celui de Tor l’éleveur au sale caractère, de Torunn sa fille retrouvée après des années de séparation qui tente de digérer le fait d’être l’héritière d’une ferme en perdition, d’Erlend le frère cadet expatrié à Copenhague qui hésite entre sa vie sans soucis et revoir son pays natal, ou encore de Margido le croque-mort qui a du mal à se décoincer… Une belle brochette de personnages qu’on a quittés lors des fêtes de Noël dans le premier tome, et qu’on retrouve en plein hiver dans celui-ci. Mais après l’hiver des sentiments… vient le printemps, n’est-ce pas ?
Chacun est focalisé sur sa recherche du bonheur et de l’équilibre… Et bien entendu l’amour a une belle part la dedans, même si ça ne se passe pas toujours comme ils le voudraient. Finalement il semble bien que le seul ciment qui dure années après années, même suite à des disputes, des séparations… ce sont les liens du sang ! Facile peut-être, mais parfois si vrai…

Voici donc une lecture que j’ai aimée. Je suis rentrée dedans tout de suite, j’ai retrouvé mes personnages laissés l’an dernier… bref, un vrai plaisir. Et forcément, je n’ai qu’une envie : c’est de connaitre la suite, dans le troisième opus L’héritage impossible !

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« Bakuman, tome 20  » de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata

bakuman20Petit focus sur le dernier volume d’un des manga phare de ces dernières année en France ! Le shonen Bakuman nous dévoile les dessous de la création des manga depuis 2009… J’en avais parlé il y a quelques années, et j’ai suivi assidument depuis la sortie des BD !
Gros point fort de ce manga : il était annoncé depuis le début que la série serait bouclée en 20 tomes. Voilà quelque chose de positif par rapport à des séries fleuve comme One Piece ou Berserk !

Moritaka Mashiro et Akito Takagi, alias Muto Ashirogi, est un duo de jeunes mangakas édités dans le Shonen Jump… Après plusieurs séries à succès, il sont désormais en confrontation directe avec leur rival, le petit génie Eiji Niizuma. Vont-il devenir les numéros un du magazine ?
Dans ce dernier épisode, nos héros peuvent enfin réaliser le rêve du dessinateur, Mashiro : avoir un dessin-animé basé sur leur dernière série ! Mais sa petite amie Miho Azuki sera-t-elle la doubleuse vedette de l’anime ? Si c’est le cas, est-ce qu’ils se marieront, comme ils se l’étaient promis en quittant l’école ?

Plus que dans d’autres tomes, j’ai été surprise par les biais du milieu de l’édition : c’est avant tout un métier qui génère du business, et pas juste une activité de loisir ou artistique. La pression des fans est aussi particulièrement mise en avant, avec son lot de harcèlement via les médias traditionnels, les trolls sur Internet…
Voilà une bonne occasion pour nos héros de se surpasser et de se battre contre l’adversité ! Mais bon, ne vous méprenez pas, si les propos sont un petit peu critiques sur l’envers du décors, il ne dénonce pas réellement le système. Dommage ?
On retrouve aussi des motifs typiques du manga jeunesse, emprunts de culture japonaise : mise au pinacle des valeurs d’efforts, de chance et de vanité ; le travail au delà des limite physique ; le combat de la sincérité contre l’injustice ; le respect de la hiérarchie ; et surtout l’abnégation qui flirte avec le masochisme… Au milieu de cet univers réaliste, tout cela est assez intéressant d’un point de vu sociologique, quand on prend un peu de recul !
Quand on suit les aventures et déboires (jamais trop longs !) du couple de mangakas, on ne peut pas s’empêcher de penser aux autres œuvres d’Ohba et Obata, à qui on doit Death Note ! Par exemple, la question de faire durer ou pas une série de manga à succès en créant un second arc narratif (gros point faible de Death Note pour moi)…

Un dernier tome qui sonne comme un happy end, forcément ! Il n’y a pas trop de surprises, mais ce livre conclu parfaitement et efficacement une série que j’ai suivi avec plaisir !

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« Les Extrêmes » de Christopher Priest

les-extremesDernière lecture de l’année, et dernière lecture pour le challenge ABC des Littératures de l’imaginaire ! Moi qui voulais vider ma PAL spéciale science-fiction, fantastique et fantasy, j’ai été servie cette année :D
Je termine donc avec un des auteurs qui m’avait fait aimer la SF il y a quelques années avec Le monde inverti : Christopher Priest.

Après plusieurs dizaines d’années passées loin de l’Angleterre, Teresa Simons revient dans son pays natal. Elle est maintenant agent du FBI aux Etats-Unis, mais profite de son congé longue duré pour passer quelques semaines à Bulverton. Son choix n’a pas été fait au hasard : l’été précédent, un psychopathe, Gerry Grove, a tiré sur des dizaines de personnes dans cette bourgade tranquille. Pourquoi ? Et que ressentent les survivants de ce drame ? En enquêtant sur cette affaire, Teresa espère exorciser ses propres démons : son mari Andy est mort l’année précédente, tué par un preneur d’otage au Texas.
Outre son enquête sur le terrain, elle va tenter de découvrir ce que Gerry Grove a fait durant un laps de temps de deux heures entre deux sessions de fusillade, dans un centre ExEx… Et elle même se plonger dans les univers virtuels !

Les Extrêmes a été publié en 1998, et m’a tout de suite rappelé le film eXistenZ de David Cronenberg, sorti quelques mois plus tard : les explorateurs numériques comme Teresa ont une valve plantée dans la nuque qui leur permet de se connecter directement aux réalités virtuelles. Dans le roman se sont des injections de nanoparticules dans les centres ExEx qui permettent de s’immerger dans l’univers virtuel, qui oscille entre la simulation et le jeu.

L’intrigue met un peu de temps à se mettre en place, le récit étant au début vu de plusieurs point des vus, comme l’est un scénario ExEx, avant de focaliser sur les expériences de Teresa.
Il devient plus en plus difficile au fur et à mesure que la lecture de discerner la réalité et la fiction : est-ce que Teresa navigue dans les scénarios extrêmes de l’ExEx, ou est-elle elle-même un scénario proposé par un développeur ? Pourquoi rentre t-elle en quasi symbiose avec Gerry Grove ? Comment dépasser les limites du jeu, et gagner en liberté dans un univers virtuel programmé et « fini » ?
C’est sur ce jeu des limites entre le scénario, le réel et le virtuel… que Christopher Priest à voulu mettre son projecteur, en rajoutant en plus une dose d’ambiguïté sur le sujet des voyages dans le temps. Bref, des sujet pas simple, même quand on se pose pour y réfléchir !
Du coup je suis un peu dubitative sur cette lecture… L’écriture est fluide et agréable, le livre se lit bien… mais j’ai l’impression d’avoir été flouée sur la fin, avec tout ces mélanges, croisements des scénarios. Du coup j’ai le sentiment d’avoir été perdue et de ne pas avoir de réponses sur l’histoire de Gerry et Teresa !

Bon, je n’ai pas passé un mauvais moment avec ce roman, il aura l’avantage de m’avoir fait cogiter ! Mais tout de même, je ne sais pas si je le conseillerai à quelqu’un qui veut découvrir cet auteur, ou se lancer dans la SF.

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« Quatre chemins de pardon » d’Ursula K. Le Guin

Quatre chemins de pardonL’an dernier j’avais découvert Ursula K. Le Guin avec un roman de SF en anglais, The left hand of darkness. Son propos sur la différentiation des sexes et la monstruosité m’avait assez intéressé… même si je n’avais pas pu apprécier la plume l’auteure à sa juste valeur, maîtrisant personnellement peu l’anglais.
Quatre chemins de pardon, paru en 1995, semblait être un must-read de l’auteure, ayant gagné le Prix Locus du meilleur recueil de nouvelles… Je ne me suis donc pas trop posée de questions sur la lecture qui me permettrait de continuer ma découverte du cycle de l’Ekumen !

La planète de Yeowe vient juste de se libérer ! Composé d’esclaves originaires de la planète de Werel, le peuple asservi de Yeowe a fait la guerre aux propriétaires, connu la famine, la maladie, les tensions politiques… Pour aujourd’hui être menée par des hommes libre !
Mais c’est bien là qu’est le problème : des siècles de systèmes tribaux dirigés par des hommes ont généré une discrimination au sein même du peuple libre de Yeowe : les femmes ne sont encore que des objets, des esclaves d’anciens esclaves.
Au travers quatre récits, nous allons apprendre comment la guerre de Yeowe a changé la vision de l’esclavagisme sur la planète-mère Werel, comment l’histoire et le savoir pourront changer le statut des femmes, et surtout comment l’amour et le respect seront la clé d’une société nouvelle !

J’ai adoré cette lecture qui présente de quelles manières une société peut devenir inégalitaire par les jeux de pouvoir, l’ignorance, les coutumes obsolètes… et comment cela peut être contré, tout en sachant que c’est un combat jamais gagné d’avance. Un vrai reflet de notre société !
Loin des propagandes féministes, on prend ici une belle leçon de combat non-violent, axé sur le besoin d’apprentissage des enfants pour les rendre plus ouverts que leurs parents, sur le pardon aux ennemis d’autrefois pour avancer… Placé sous le signe de l’histoire, des mots écrits ou récités, on se rend compte que l’étude du passé est ce qui formera l’avenir de Yeowe. En cela, ce roman m’a rappelé le cycle de Fondation d’Assimov, ou les Chroniques du Pays des Mères d’Elisabeth Vonarburg.
Ursula K. Le Guin a créé une société cohérente, où chaque région d’une même planète peut avoir ses spécificités culturelles… Chaque histoire est locale ! Ainsi on comprend facilement comment et pourquoi des populations ont choisie telle ou telle voie, sans jugement. Par exemple, au début de la colonisation de Yeowe, les seuls esclaves ont été pendant des siècle des mâles, qui ont monté des sociétés tribales pour s’organiser dans les plantations. Lorsque les femmes esclaves ont finie par arriver pour la reproduction, elles ont été reléguée au plus bas rang possible, esclaves d’esclaves. Ecoeurant, mais logique…
Côté ambiance, on pense forcément à la Louisiane du 19ème siècle : quelques maîtres, cinq fois plus d’esclaves, des femmes sans droits… Sauf qu’ici la classe dominante est noire-bleue, et les esclaves blancs ou métissés.

Ce qui est très intéressant, c’est que les personnages principaux des quatre nouvelles ont un vécu différent : l’un est un soldat werelien, un autre ambassadeur Ekumen, l’autre une ancienne esclave en quête de spiritualité, l’autre un ancien chef tribal chassé de la vie politique de Yeowe,… Mais les destins de ces personnages vont s’entrent-croiser sur les terres de Werel et Yeowe !

coup de coeurUn coup de coeur de plus.. Cette fin d’année en est remplie ! Fans de SF ou non, je pense que vous apprécieraient ces fables sur la tolérance et la liberté.

Au passage, mon avant dernière lecture pour le challenge ABC des littératures de l’Imaginaire. J’en vois presque le bout à une semaine de la deadline !

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« Raclée de Verts » de Caryl Férey

Raclée de vertsUn challenge qui se termine, le petit BAC 2014, et une dernière lecture choisie complètement au hasard… En effet, je ne suis vraiment pas dans les clous cette année en ce qui concerne les lecture de challenges… un peu à la bourre même.
Du coup, pour finir à l’heure, je me suis offert une virée chez Book Off afin de trouver un bouquin très court qui contiendrait dans son titre une couleur. Et peu importe le genre, l’auteur, les critiques… D’où Raclée de Verts !
Pour le coup, je crois que ça n’était pas une si bonne stratégie que ça :s

Michel est de l’espèce des supporters de foot… Mais pas de n’importe quelle équipe : de Saint-Etienne, sa ville, qui a fait vibrer des générations de fans de ballon rond ! Avec son chien Janvion, il suit les matchs à la télé. Et après le match, c’est l’heure de la troisième mi-temps ! Et là il s’adonne à son sport favori : le meurtre de femmes choisies dans la rue le matin même.
Mais les semaines et les crimes passants, Michel va perdre peu à peu les sens du goût, de l’odorat, du toucher… Où cela va-t-il le mener ?

Pas grand chose à dire sur ce livre décevant et chiant à lire. Je n’ai rien contre les histoires de serial-killer, mais là je n’ai pas aimé. L’histoire est sordide, pas réaliste du tout (que fait la police vu les traces que le tueur laisse ?).
Le pire je crois, c’est la métaphore filée autour du domaine du foot sur fond de lutte des classes et racisme ordinaire. Crasseux, comme le personnage… du coup on peut certainement dire que ce texte est une réussite. Mais ou est le plaisir, le suspense, l’humour… ? Zéro plaisir pour moi.

Aller, vite lu, vite fermé, vite chroniqué, vite oublié…
C’est dommage, car Caryl Férey a de l’avis général écrit quelques roman intéressants, comme Zulu, que je lirais bien à l’occasion.

Challenge petit bac 2014

« Une porte sur l’été » de Robert Heinlein

Une porte sur l'étéQue c’est bon de lire un roman de science-fiction classique, mais de grande qualité ! En plus je ne m’étais jamais attardée sur l’écrivain Robert Heinlein, à part pour lire le assez moyen Marionnettes Humaines. Mais comme je l’avais dis à l’époque, je savais qu’il fallait que je m’attarde un peu plus sur Heinlein… et bien je n’ai pas été déçue ! Un vrai coup de coeur que ce roman de 1956 !

Daniel Davis vit en 1970 et est un inventeur de génie… Il vient juste de créer le robot de maison, un vrai aide-ménagère et garde d’enfant. Ingénieur et complétement geek, il a pour l’aider à tenir son entreprise son ami commercial Miles et son assistante et petite amie Belle. Les affaires sont florissantes… sauf qu’un beau jour Miles et Belle l’escroquent et lui prennent tout ce qu’il a… à l’exception de son chat Pete.
Que faire pour surmonter cette trahison ? Daniel choisi la fuite : il envoient ses dernières actions de sa boite à la belle-fille de Miles, Ricky et décide de se lancer dans un voyage en 2001, en s’endormant d’un long sommeil cryogénique pendant 30 ans ! Est-ce que le futur lui réserve de meilleurs moments ? Pourra-t-il réparer ses erreurs du passé ? Et pourra-t-il se venger de Belle et Miles dans les années 2000 ?

Voici donc un roman de SF très riche, qui traite de concepts classiques mais efficaces : la cryogénie, les voyages dans le temps, la robotique… De quoi nous poser des foules de questions autour des paradoxes temporels entre autres !
Ce que j’ai aimé, c’est aussi la manière dont Heinlein a imaginé les années 2000. Pas de voitures volantes, mais plus de rhumes (là il c’est un peu planté, snif…), des chéquiers qui permettent de retirer de l’argent dans toutes les banques (il a inventé la carte de retrait et le guichet !), les robots qui font le ménages, dont un aspirateur autonome et intelligent (on y est presque !)… et surtout une urbanisation galopante et une explosion démographique, qui oblige à se nourrir de viande artificielle. Et oui, la vrai viande est tellement chère que les scandales alimentaires autour d’elles sont alors légion (toute ressemblance avec notre quotidien est vraiment fortuit :))  !

Le personnage principal et narrateur, Daniel, m’a beaucoup plu. On le rencontre au début du roman déprimé et alcoolisé 24/24h avec son chat, et on le retrouve combatif, résolument tourné vers l’avenir au fur et à mesure des chapitres… oubliant jusqu’à se venger !
Son chat Pete, diminutif de Petronius le Sage, est génial ! Il boit du ginger ale et a un vrai caractère de chat : indépendant, boudeur, bagarreur… mais tellement attachant ! On sent que Heinlein ne devait pas être indifférent au charme des félins, ce qui me le rend résolument sympathique ;)
C’est d’ailleurs le comportement de Pete qui donne son nom au roman : en hiver il gratte à toutes les portes de la maison pour demander à sortir… mais refuse d’aller dehors tant qu’une porte ne s’ouvre pas sur autre chose que de la neige… Bref, Pete cherche une porte qui donnerait sur l’été. Un peu comme son maître, qui en voyageant dans le temps recherche un monde meilleur pour lui et ceux qu’il aime : Pete et Ricky.

coup de coeurUn coup de coeur que ce roman, qui peut paraître classique et vu et revu en terme de concepts de base… mais j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre les aventures de Daniel et de son chat. Il va falloir que remette ça avec cet auteur l’an prochain en tous cas !
Une bonne lecture pour le challenge ABC des Littératures de l’Imaginaire !

challenge de l'imaginaire ABC 2014

 

 

« Soie » d’Alessandro Baricco

SoieSoie doit être dans ma PAL depuis la création de ce blog, c’est à dire 4 ans… Depuis mon tout premier challenge ABC même !
Heureusement que d’autres challenges sont là, comme le Petit BAC, pour me permettre de la vider un peu et remplir ma ligne pour la « matière » !
Je me dis que finalement j’ai été bête d’attendre aussi longtemps pour découvrir ce roman court et plein de poésie, qui m’a bien fait voyager entre la France et le Japon.

En 1861, Hervé Joncour achète et vend des œufs de vers à soie, afin d’alimenter les filatures de la petite ville française de Lavilledieu.
Depuis vingt ans, grâce au flair de Baldabiou qui a implanté ce commerce dans la région, Hervé vit confortablement avec sa femme Hélène… Mais cela va peut être bientôt prendre fin ! Une maladie inconnue touche les œufs provenant d’Europe, d’Afrique et d’Inde, tuant les vers avant qu’ils ne produisent leur précieux fil.
Selon Baldabiou, le seul endroit où les œufs seraient sains, serait justement le seul endroit où aucun étranger ne peut entrer : le Japon, qui a connu deux siècles de vie en totale autarcie… mais qui vient tout juste de permettre aux continentaux de traverser ses frontières. Mais même si un occidental peut dorénavant visiter l’Empire du Soleil Levant, exporter des œufs de vers à soie est puni de mort ! Un seul homme pourra peut-être mener cette mission dangereuse à bien, en traversant la moitié de la planète : Hervé !

Cette histoire courte se lit vraiment d’une traite, car le style de l’auteur est très agréable. Les répétitions des phrases, des motifs et des situations, font penser au mouvement des marée… une poésie qui pour une fois n’est pas pour me déplaire.
On découvre aussi un Japon à peine sorti de son enclavement et de l’ère féodal. Le contraste avec l’Europe qui se modernise est frappant ! Mais la folie de la soie est bel et bien la même partout ! Et aussi celle de l’amour… Car si Hervé aime sincèrement Hélène son épouse, il tombe amoureux de la favorite du Seigneur japonais avec qui il traite. Une mystérieuse jeune femme vêtue de soie orange, aux yeux d’occidentale. Une passion interdite et silencieuse va naître année après année, voyage après voyage… mais pourrait-elle se concrétiser ?

Je ne peux pas trop en dire au risque de dévoiler l’intrigue… mais tout ce que je peux vous conseiller, c’est que vu la rapidité avec laquelle on le dévore, ça serait dommage de passer à côté de ce roman italien ! En tout cas, j’ai passé un bon moment en sa compagnie dans le train samedi soir :)

Challenge petit bac 2014

 

« Ariosto furioso » de Chelsea Quinn Yarbro

Ariosto furiosoPas évident de trouver un auteur de fantasy ou SF dont le nom commence par un Y, afin de remplir le contrat du Challenge ABC des Littératures de l’imaginaire ! Mais finalement, en cherchant, on fini bien par trouver !
Je m’attendais à du très bon au vues des critiques sur Internet, mais je dois avouer que je ne sais pas du tout quoi penser de ma lecture ! Entre roman historique dans une Renaissance italienne alternative, fantasy, et drame romantique, ce livre édité aux Etats-Unis en 1981 mélange les genres mais ne m’a pas totalement emballée.

Firenze, en 1533 : Lodovico Ariosto est le poète et ami de Damiano de Medici, primero de l’Italia Federata. Dans la vie, il se trouve en plein milieu de conflits politiques et religieux visant son maître, et il doit aussi veiller sur sa famille…
Mais grâce à sa nouvelle œuvre, la suite de son Orlando furioso, il peut s’échapper d’un quotidien compliqué, où il n’est finalement pas grand chose. Dans sa « fantasia » il devient un guerrier héroïque ! Connu et adulé de tous, volant sur son hippogriffe, il part au secours de son amis Falcone et du peuple du Nouveau Monde, les Cerrochis, qui se battent contre un sorcier malfaisant et son armée de monstres.

Ce roman à donc la particularité d’alterner chapitres après chapitres la réalité et la fiction, le monde de Firenze et celui des Cerrochis.
J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans le récit… Au moins la moitié, et encore, je n’ai pas réussis à apprécier la partie fantasy du roman, très épique et grandiloquente. Même en le prenant au second degré je n’ai pas trouvé ça amusant… Bref, trop indigeste pour moi… même s’il peut parfois être amusant de relever dans la fiction les éléments issus de la réalité de Lodovico.
Pour la partie narrant la réalité, les querelles politiques entre les branches aînées et cadettes des Medici, les guerres de religions ente le pape et les anglais, les histoires d’espionnage… ne m’ont pas du tout intéressés. C’est pourtant le cœur de l’intrigue qui va naître sur la fin du roman : pourquoi et comment l’Italia Federata et Damiano vont être mis en porte-à-faux… et par conséquent Lodovico.
Sur la toute fin j’ai commencé à apprécier le roman, car l’histoire d’amitié entre Lodovico – faible et insignifiant poète au milieu des jeux de pouvoir – et Damiano – dirigeant vieillissant et acculé – devient vraiment touchante… avec une touche d’héroïsme un rien surfait, mais sincère.

Une découverte vraiment en demi-teinte… Je reconnais les qualités du roman, mais je ne suis pas totalement convaincue, car je n’ai pas pris de plaisir à le lire les trois quarts du temps. Peut-être parce que je ne connaissais pas du tout cette période de l’histoire ? Ou alors parce que je n’ai jamais lu Orlando Furioso ? « Bien mais pas top » en somme !

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« Tu mourras moins bête tome 3 : Science un jour, science toujours ! » de Marion Montaigne

Tu mourras moins bete tome 3Changement d’éditeur pour la série de vulgarisation scientifique humoristique de Marion Montaigne ! Après deux premiers volumes sorties sous les couleurs d’Ankama, c’est maintenant Delcourt -qui comme souvent- reprend le flambeau de Tu mourras moins bête !
Heureusement, le changement d’éditeur ne modifie en rien la qualité de la BD (toujours des planches sorties de son blog)… Et surtout le format de l’album est le même que les deux précédents (sur les étagères, c’est mieux quand même !).

Dans ce tome il est beaucoup question de biologie humaine ou animale. Ainsi on en apprendra plus sur la sexualité des acariens, des drosophiles… mais aussi la notre ! On découvrira que la plupart des animaux ont des pratiques homosexuelles, que les insectes sont des pervers, que les pingouins sont des maquereaux… Pour mon plus grand bonheur, j’ai aussi compris pourquoi les ados sont aussi insupportables ! On saupoudre le tout d’un peu de scatologie (une valeur sûre), par exemple en expliquant le mode opératoire de miction des femmes aux WC, ou comment soigner l’embonpoint avec des selles… Il y a aussi quelques pages sur les robots, les turbulences en avion, la cryogénie. Bref, un album éclectique !

Inutile de vous dire que cette saga me fait autant rire qu’elle ne m’étonne… car j’ai l’impression de vraiment sortir moins bête de ma lecture ! J’ai pu briller en société encore ce soir en expliquant comment le mâle alpha d’un groupe de poissons-clown devient à la mort de la femelle dominante… la nouvelle femelle leader ! La classe, non ? ;)

Pour vos cadeaux de Noël, foncez sur cette BD, une valeur sûre !

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