« Pornarina » de Raphaël Eymery

pornarinaAmbiance macabre pour ce partenariat Denoël de juin. Pornarina mélange légendes anciennes et univers des déviances, du freak et des obsessions, sur fond de meurtres en série.

On l’ignore, mais depuis plusieurs dizaines d’années une prostituée assassine des hommes partout en Europe. Son mode opératoire: elle propose une fellation à ses victimes et leur sectionne avec ses dents leurs organes génitaux.
Cette femme aurait une tête de cheval… bien que personne n’ai survécu pour en témoigner.
Tueuse en série ou créature mythique ? Un groupe de chercheurs appelés pornarinologues enquêtent et tentent chacun de leur côté de suivre la trace de Pornarina.
Pendant ce temps, Antonie, orpheline contorsionniste de 24 ans,  a été adoptée par un pornarinologue pour servir ses noirs desseins : éliminer ses concurrents et mettre la main sur Pornarina le premier.

Malgré quelques point comment sur le côté sombre et grand-guignol, on est loin de l’ambiance gothique et humoristique de la famille Addams. L’univers de Pornarina est très glauque, que ce soit par ses liens avec l’univers du meurtre ou celui de la prostitution. Le traitement du corps, de la violence et du sexe n’est pas sans me rappeler les oeuvres du mangaka Suehiro Maruo et son « eroguro » (érotique grotesque).
A voir comment évoluent les chasseurs de Pornarina, on se demande qui est le plus détraqué : le chasseur ou la prostituée ? En tous cas, Pornarina, tout le monde en parle, mais personne ne la voit. Habiterait-elle uniquement les esprits malades des pornarinologue ?
Une guerre des sexes émerge aussi dans ce récit : Pornarina, expiatrice des pêchés des homme. Car il n’y a bien que les mâles qu’elle peut tuer avec son mode opératoire.

Malgré des qualités – univers et personnages atypiques, recherches sur les cabinets de curiosité, l’étrange…-, je suis tout de même mitigée sur l’ouvrage, car son aspect parfois fragmentaire m’a un peu coupé du récit.
Au vu sa thématique, ce n’est pas vraiment le genre d’ouvrage que je conseillerais à des yeux non avertis… mais les amateurs d’horreur et d’étrange y trouveront leur compte, au moins par curiosité malsaine 😉

Merci Denoël pour cette découverte.

Pornarina de Raphaël Eymerie
Editions Denoël collection Lunes d’encre – 208 pages
Parus le 1er juin 2017

Et une nouvelle lecture pour le challenge ABC !

abclogoshadow

 

« Le restaurant de l’amour retrouvé » d’Ito Ogawa

Le restaurant de l'amour retrouvéJ’ai offert il y aquelques temps ce livre à La Chèvre Grise, sur les conseils d’une libraire spécialisée dans le manga et la culture japonaise (Kommiku, à Paris). Je ne savais pas trop de quoi il en retournait, mais vu l’entrain de la commerçante, puis celui de La chèvre après l’avoir lu, je me disait qu’il devait vraiment pas être mal. J’ai donc profité de mes vacances en Toscane pour déguster ce roman délicat.

En rentrant de son travail dans un restaurant, Rinco, retrouve son appartement totalement vidé, et son fiancé parti. Ce choc lui fait perdre littéralement la voix ! Mais plutôt que de s’apitoyer , cette jeune femme japonaise de 25 ans décide de repartir dans son village natal dans les montagnes. Ayant pour seule fortune une jarre pleine de vinaigre à kimchi héritée de sa grand-mère, elle se retrouve à devoir vivre avec sa mère qu’elle déteste et sa truie Hermès.
Cette dernière lui prête tout de même de quoi ouvrir un petit restaurant, ou Rinco sera la seule maitre à bord… mais toujours muette.

Sans surprise on parle bien dans ce roman de cuisine et d’amour… mais pas exactement sous les formes qu’on imaginerait.
Le restaurant de Rinco est spécial : elle ne sert qu’une table par diner, et souhaite s’entretenir avec les convives avant le repas pour leur proposer une expérience culinaire adaptée. Comme souvent au Japon, on ne plaisante pas avec la nourriture ! Les descriptions des plats et de leur préparation donne l’eau à la bouche, et en devient quasiment de la poésie flirtant avec du symbolisme.
L’amour quant à lui, il semble plus souvent contrarié que satisfait… et l’amour retrouvé de Rinco n’est pas celui auquel je m’attendais !

Une lecture magnifique, que je vais conseiller à mon tour sans hésitation !

Cette lecture me permet de remplir le contrat de la lettre « O » pour le challenge ABC !

abclogoshadow

« Comme un conte » de Graham Joyce

Comme un conteNouvelle confrontation avec Graham Joyce pour ce roman du Club Folio SF. J’avais lu il y a quelques temps Ligne se vie, que je n’avais pas vraiment apprécié.
Un peu sceptique avant d’ouvrir ce livre, j’ai finalement découvert un récit qui oscille entre fantasy et fantastique, qui commence à me réconcilier avec l’auteur 😉

Noël, dans une région rurale anglaise près de la forêt des Outwoods… Tara vient frapper a la porte de chez ses parents : ils n’en reviennent pas. Tara avait disparu depuis 20 ans, sans laisser de trace, alors qu’elle avait 16 ans. Beaucoup pensaient qu’elle avait été kidnappée, tuée et cachée quelque part par un pervers… par son petit ami de l’époque Richie par exemple ? Peter son frère est furieux de sa fugue… Toute la famille hésite en la joie et le bouleversement. Mais quand ils apprennent où elle était durant toute ces années, c’est le choc : Tara aurait passé tout ce temps dans une région inconnue où le temps ne suit pas le même rythme que chez nous… Elle était au « pays des fées ».
Folie, mensonge pour cacher une réalité plus violente, ou la vérité vraie ?

Ce que j’ai beaucoup apprécié dans ce roman, c’est son rythme et son changement de narrateur à chaque chapitre. Tour à tour des personnages clés prennent la parole ou se voient être le centre d’intérêt d’un narrateur extérieur. Ainsi le lecteur va pouvoir voir l’histoire sous plusieurs angles et essayer de se faire son opinion.
L’histoire de Tara est pleine de magie, et ressemble bien à un conte : elle tombe amoureuse d’un cavalier dans la forêt, décide de suivre ce prince charmant, mais se retrouve bientôt enfermée dans un monde magique. Son erreur va lui couter cher, puisqu’elle va en 7 mois dans cet univers féérique perdre 20 ans dans le nôtre. A son retour, tout a changé, que ce soit la société, ou sa famille qui a bien vieilli. Et que dire d’elle ? Est-elle toujours Tara au final ?
On reprend ici aussi un schéma classique de la science contre la croyance. Afin de prouver à Tara qu’elle est folle, son frère la pousse à aller voir un psychologue, à passer des examens pour lui prouver qu’elle n’a pas 16 ans mais 20 ans de plus… bref, faire appel à la science pour prouver que le monde surnaturel n’existe pas.
Autour de cela, le monde magique apparait de temps en temps, nous mettant le doute sur l’expérience de Tara. Et si elle avait bien été dans un monde en dehors de notre monde ? Les preuves s’accumulent, les indices semble clairs…. Mais nous lecteurs, qu’allons-nous croire ?
L’auteur balise subtilement le chemin, mais ne donne pas de réponses sur l’existence ou non du pays des fées, est c’est là pour moi tout l’intêret du livre.

Une lecture qui m’a enchanté et que je conseille vivement ! Merci Folio !

« Les âmes des enfants endormis » de Mia Yun

L'âme de son enfants endormisPour le partenariat d’avril Denoël, il ne me restait plus grands choix… j’ai donc choisi ce roman par dépit. En le recevant, mon copain habitué à me voir avec de la SF, de la Fantasy, ou au pire des romans policiers, me demande « mais c’est quoi ce bouquin » ? Bonne question ! Après sa lecture, je peux affirmer qu’il s’agit d’un voyage plein de poésie et de nostalgie en Corée du Sud… l’Asie mystérieuse des fantômes et des tigres qui fument la pipe, mais surtout l’Asie qui a connue des siècles de guerre et d’occupation.

Kyung-A est une petite fille qui vit près de Séoul avec sa mère, son grand frère et sa grande sœur, dans une petite maison au portail bleu. Elle passe ses journées entre suivre son frère, jouer dans la rue ou dans son jardin, se faire peigner par sa mère ou par son étrange voisine…. En revanche son père est aux abonnés absents. C’est à peine si elle le reconnaît le jour où il revient au foyer, la bouche pleine de belles histoires et de promesses de fortune.
Au fil des années, loin de s’améliorer la situation de la famille va de mal en pis… et en grandissant Kyung-A prend conscience des dysfonctionnements de sa famille, mais aussi de la société. Les mariages arrangés, les femmes considérés comme des objets , le peu de liberté des classes laborieuses,… tout en apprenant le passé de son pays au travers des récits de sa grand-mère, des ses voisins. Des histoires qui peuvent autant tenir de la fable que de la cruelle réalité.

Aussi surprenant que ce soit, j’ai été emballée par ce livre, qui est fin et délicat, et m’a emmené dans un voyage en Corée.
Pas de violence gratuite, ni de situations sordides pour parler des horreurs de la guerre, de la honte d’être pauvre, et des difficultés de la vie. La mère de Kyung-A est une femme fière, qun rêve d’un avenir meilleurs pour ses enfants, et plus particulièrement pour ses filles. Si l’époque semble dure à vivre, il en ressort tout de même une sorte de nostalgie liée aux souvenirs d’enfance, qui finalement n’ont pas de frontières. On se demande chapitre après chapitre quand ce père va revenir, s’il va prendre conscience de ses échecs chroniques… et on est soulagé quand il repart du foyer.

Une très jolie lecture qui m’a apporté une pause bien méritée après mes journée de travail. De plus, il me permet de plus de valider la lettre Y du challenge ABC, pas la plus évidente il faut l’avouer 😉

abclogoshadow

L’âme des enfants endormis de Mia Yun
Traduit par Lucie Modde
Éditions Denoël & d’ailleurs – 288 pages
Paru le 13 avril 2017

 

« Les vieilles filles » de Pagan Kennedy

Le vieilles fillesDe loin, une promesse de road-trip sur les routes des États-Unis des sixties avec ce roman issu du partenariat Denoël de mars (oui, je suis en retard… mais pour être franche je l’avais oublié sous un gros tas de livres). De plus près l’inévitable introspection inhérente au long voyage de la narratrice.

Deux sœurs d’une trentaine d’année, Frannie et Doris, vivent avec leur père malade dans une maison du New Hampshire. À la mort de ce dernier, les deux sœurs voient là une occasion de sortir et de voir le monde : une virée chez leur tante en Caroline se transforme vite en road trip jusqu’en Arizona, dans le grand ouest.
Doris déguste cette liberté avec avidité : flirt, shopping, cigarette… mais Frannie voit tout cela d’un mauvais œil. Elle voulait finir vieille fille dans sa maison du New Hampshire avec sa sœur, et voit son plan s’écrouler devant ses yeux.

Difficile d’avoir un avis sur ce livre, je suis assez partagée. D’un côté je regrette que la route ait si peu d’importance, elle est juste une excuse pour faire évoluer les deux sœurs dans leur point de vue sur la vie. On passe d’un point à un autres du pays sans ressentir la longueur du voyage, les sensations de chaleurs ou le plaisir devant de beaux paysages…
Pendant cette virée Frannie forcément va s’assouplir, et Doris prendre un peu de plomb dans la cervelle. Mais ce ne sont pas tant les expériences sur la route que les souvenirs d’enfance et la relecture de ceux-ci qui vont les faire évoluer. Bref, on est vraiment dans l’introspection… il ne faut pas s’attendre à les voir vivre des expériences de folie lors de ce voyage. C’est peut être ça qui est gênant, ce réalisme
Les personnages ne sont pas attachants, et malgré leurs travers (toujours très réalistes), je n’avais l’énergie d’avoir envie de leur mettre des coups de pied au derrière.

L’intérêt pour moi a été de visiter une Amérique mythique, celle des années 60 : les belles voitures, les routes sans fin, les restaurants de bords de routes, les hippies, le changement de la condition de la femme… et ses cotés moins joyeux : la guerre du Viêt-Nam, les émeutes de Chicago…

Donc vous l’aurez compris, je n’ai pas été conquise par Les vieilles filles. Erreur de public ? Peut-être…

Une lecture qui me permet néanmoins d’avancer sur le challenge ABC 2017 !

abclogoshadow

Les vieilles filles de Pagan Kennedy
Traduit par Philippe Brossaud
Éditions Denoël & d’ailleurs – 223 pages
Paru le 24 février 2017

 

« En attendant Bojangles » d’Olivier Bourdeaut

Surprise dans ma boite au lettre la semaine dernière : une enveloppe de Folio contenant le roman dont il est ici question, et une invitation pour sa soirée de lancement. 

Sous la forme d’une autobiographie délirante et poétique, contenant pour preuve le journal intime de son père, l’auteur nous délivre un petit bijou.

en attendant borjangles

Enfant, le narrateur est sa mère, une femme pétillante dotée d’un grain de folie, changeant chaque jour de prénom au gré de humeur de son époux et vouvoyant tout le monde.
Cette petite famille et leur grue d’Afrique Melle Superfétatoire vive dans un monde de fête perpétuelle, de plaisir, d’amour et d’humour. Une vie de rêve ! Une vie fantasmée peut-être ?

Poétique et décalé, difficile de définir ce roman, qui semble se situer ente l’épopée lyrique et le journal intime…la folie douce glisse doucement du surréalisme au véritable drame.
En effet, difficile de ne voir que la lumière et l’évasion dans ce roman… La joie cache une tristesse infinie si on sait lire entre ligne, et retirer le masque de carnaval dont est affublé ce récit. La réalité est magnifiée, comme pourrait le faire un enfant regardant par le prisme d’un kaléïdoscope… mais on a envie d’y croire de toute nos forces !

Un bon moment de lecture court et rafraîchissant pour ce premier roman d’Olivier Bourdeaut !

« Le cercle de Farthing » de Jo Walton

Le cercle de farthingDécidément j’aurai lu du Jo Walton ces douze derniers mois !
Lorsque Folio m’a proposé ce titre, Le cercle de Farthing, dans le Club des lecteurs SF, j’ai sauté sur l’occasion de découvrir « son » grand classique. Entre les critiques dithyrambiques des uns, et les revues plutôt dubitatives d’autres, il fallait que je me fasse mon propre avis.

Nous sommes dans une uchronie où la Grande-Bretagne a choisi de ne pas poursuivre la guerre contre le IIIème Reich, sous l’impulsion d’une alliance de politiciens anglais : le cercle de Farthing. En cette fin des années 40, l’Europe continentale appartient à Hitler et seuls les russes se battent encore contre son armée.
Dans une famille d’aristocrates, Lucy a décidé de faire fi des conventions et a épousé un banquier juif, David Kahn. Son père le vicomte d’Eversley, sa famille et ses amis lui reproche de ne pas s’être mariée avec quelqu’un de son rang et de sa religion.
Pourtant, le couple est invité à une réception chez les parents de Lucy. Le lendemain des festivités, un des invités est retrouvé poignardé, une étoile jaune ensanglantée transpercée par la lame du couteau.
Pour l’enquêteur Carmichael de Scotland Yard, même si David Kahn semble être un coupable tout désigné, dans un contexte social porté sur l’antisémitisme, les choses ne doivent pas être si simples. Où l’enquête va-t-elle le mener ?

Bien que j’avais envie de connaître la fin du roman et la manière dont les Kahn allaient se sortir de ce guêpier et dont Carmichael allait résoudre l’affaire, je n’ai pas vraiment été emballée par le roman.
Difficile de mettre le doigt sur ce qui gêne, dans ce mélange de roman policier et de science-fiction… peut-être la simplicité de l’enquête et le récit cousu de fil blanc ? L’intrigue est assez tirée par les cheveux, je n’ai pas accroché.
De plus, cette focalisation sur l’image de la mère marâtre me rappelle beaucoup Morwenna et est lassante à la longue.

Une lecture pas désagréable, mais je reste sur ma faim. J’avais préféré Morwenna ou Mes vrais enfants du même auteur. J’espère d’ailleurs que je ne me lasserai pas de sa plume, car je vois des schémas se répéter dans ses romans : univers de la bourgeoisie ou de l’aristocratie anglaise avec ses conventions désuètes, l’image de la mère acariâtre et maléfique, l’homosexualité et la bisexualité au centre des récits… A la longue ça risque d’être lassant.

« Ceux qui désirent acquérir la grâce d’un prince » de Machiavel

Ceux qui désirent acquérir la grâce d'un princeChoix atypique pour le partenariat Folio du mois de février (et oui je tarde dans mes lectures) : un classique doublé d’une lecture philosophique et politique signé par l’illustre Machiavel.

Cette édition est en fait un extrait du Prince, le best-seller de l’auteur, si je peux me permettre. Véritable guide à l’usage des princes et dirigeants accédant au pouvoir, ce texte est une petite perle de bon sens et de stratégie politique.
Je ne pouvait m’empêcher de penser au contexte électoral actuel en lisant ces lignes, mais aussi à la grosse boîboîte dans laquelle je travaille depuis quelques années.

Bref, je me suis demandé comment utiliser ces bons conseils de Machiavel au prince Laurent de Médicis au boulot, ou au moins les mettre en perspective dans mon contexte professionnel… et il y a de quoi faire !
En ce temps de travail collaboratif, d’happy at work, de casser les silos et compagnie… le machiavélisme est souvent confondu avec du cynisme et peut sembler désuet. Mais dans les faits, Machiavel peut s’avérer utile au bureau : le monde du travail demande de l’efficacité, pas vraiment de la morale, surtout au niveau managérial.
Pour Machiavel la politique est dominée par le changement, les conflits internes ou externes… L’homme de pouvoir doit pouvoir surfer sur cela en s’adaptant au contexte, en restant agile et souple ! Si à haut niveau les élites maîtrises le concept (il suffit de voir le nombre de retournage de vestes en politique à la TV ces derniers temps), à mon petit niveau je vais essayer d’adapter ces préceptes 🙂

Une bonne lecture à mettre entre toutes les mains… et surtout terriblement actuel et inspirante malgré ses 500 et quelques années !

Et une fois n’est pas coutume, une lecture por le challenge ABC 2017.

abclogoshadow

« Les Geôliers » de Serge Brussolo

ILes Geoliersl y a quelques semaines, Folio m’a proposé de faire partie du Club des lecteurs SF… les statistiques ne mentent pas, je demande majoritairement des romans de science-fiction, d’horreur ou de fantasy lors des partenariats. Bref, pas facile de faire un choix sur le programme 2017 proposé par Folio… Mais s’il y a un Brussolo, je fonce !
J’avais bien aimé la série de l’Agence 13 (Les yeux jaunes du chat, Ceux d’en bas, Dortoir Interdit…), ainsi que ses nouvelles de SF comme Trajets et itinéraires de la mémoire. Les Geôliers est complétement dans cette veine, mi thriller, mi fantastique, un peu SF.

Il y a 15 dans la petite ville de Dipton, Debbie Fevertown commettait un crime qui défraya la chronique : elle assassinait son mari et ses deux fils, les coupait en morceaux et prenait la fuite pour disparaitre. Aujourd’hui, Jillian, scénariste, est embauchée par un enfant terrible du cinéma underground, Dieter Jürgen. Celui-ci veut réaliser un film sur le meurtre, sur le lieu même du crime à Dipton. Jillian va enquêter sur le carnage, et rapidement s’apercevoir que tout n’est pas si clair. Réputée folle et ayant un penchant pour la chasse aux extra-terrestre,  Debbie aurait été la tête de turc de la ville entière. Dipton serait en fait une ville-secte, ou le mari de Debbie y avait un rôle de leader… Aurait-elle agit pour se protéger ?

Cette petite mise en bouche ne représente en fait qu’un quart du roman. L’enquête est vite bouclée, pour laisser place à l’action : tournage à Dipton, relations tendues avec la population… et très rapidement, le fantastique prend toute la place. L’univers me rappelle beaucoup le concept de l’Agence 13 et de ses paradis inhabitables.
Dipton est une petite ville américaine coupée de tout, au milieu d’une grande forêt. La tradition veut que les habitants ne possèdent pas de technologie postérieure au début du 20ème siècle. Pas de télé, pas d’internet ni de réseau mobile… De plus à Dipton, les arbres sont vénérés, un peu comme dans la religion wikka. Et que penser du bucher érigé au milieu de la ville ? Bref, on sent que les habitants ne sont pas nets. Mais finalement, les choses ne seront pas si simples. Les diptonniens, vrais méchants ou des gentils incompris ?

Pour être honnête, j’étais très emballée par le début de ma lecture… mais le passage dans un monde totalement fantastique, limite psychadélique, m’a un peu laissée perplexe. Pourtant les personnages sont plutôt pas mal, et l’univers m’a assez plu. Mais la complexité du monde, qui ressemble par moment à une superposition d’élément SF et de fantasy, manque un peu de cohérence.

Un avis assez mitigé, mais j’ai globalement aimé ma lecture. Les fans de Serge Brussolo passeront un bon moment, j’en suis persuadée !

Au passage, une lecture pour le challenge ABC 2017 🙂

abclogoshadow

« Psycho Killer » d’Anonyme

Psycho Killer Retour dans l’univers du Bourbon Kid… mais sans le Bourbon Kid, pour une lecture plus que jamais emprunte de films de Série B. Un moment jubilatoire et sans prise de tête, comme le fait si bien l’auteur mystérieux de cette série de roman.

Dans la petite ville de B Movie Hell, un tueur portant un masque de tête de mort ornée d’une crête sème la terreur. Ses meurtres sont aussi violents qu’inattendus… La police locale le traque, et le magnat de la ville offre une belle récompense pour sa capture, mort ou vif.
Côté FBI, Milena Fonseca et Jack Munson sont mandatés en mission secrète pour enquêter sur cette affaire, qui aurait un lien avec des expériences menées pour créer une armée de soldats parfaits… Jack, alcoolique et désabusé n’a pas travaillé depuis longtemps, mais il est le seul qui puisse arrêter le tueur, grâce à ses méthodes peu conventionnelles…

Du sang, de la violence, des têtes coupées sur fond scato et sexy. Une vraie bouffée d’air frais pleine d’humour et de références des années 80 et 90, autant dans le monde des slasher movies que des films d’action ou des comédies romantiques.
J’ai retrouvé le style de l’auteur de la série des Bourbon Kid avec bonheur… et finalement c’est pas mal de lire quelques chose du même genre dans un autre univers, en changeant un peu de personnages.
Le Psycho Killer malgré ses travers est un personnage plutôt sympathique, comme le Bourbon Kid avant lui.

J’ai hâte de lire la suite qui à priori est un croisement du Bourbon Kid et de Psycho Killer : Le pape, le kid et l’iroquois !

Au passage, cette lecture me permet de valider la lettre X du challenge ABC 2017.

abclogoshadow