« Elric, tome 1 : Elric des Dragons » de Michael Moorcock

Elric tome 1Ou quand challenge rime avec découverte des grands classiques ! Grâce au challenge ABC, j’ai enfin pu ouvrir le premier tome de la saga d’Elric, une des séries de fantasy les plus connues ! Neuf tomes au total, édités entre 1972 et 1984… j’ai de quoi faire :)

Elric de Melniboné est l’Empereur de l’Île aux Dragons. Pendant des milliers d’années, ses aïeux ont dominé de monde… mais depuis quelques siècle l’Empire de Melniboné s’est réduit à cette île. Beaucoup de monde aimerait voir Elric partir à l’assaut des Jeunes Royaumes et les conquérir, afin de redonner à l’Empire sa superbe d’antan… Comme son cousin Yyrkoon, qui convoite son Trône de Rubis, par exemple. Mais Elric ne voit pas les choses comme cela, et il préfère l’introspection au combat, et passer du temps avec son amante, Cymoril, la soeur d’Yyrkoon. Dévoré par la jalousie et la haine, ce dernier va tout faire pour prendre le pouvoir… quitte à invoquer de puissants démons ! Est-ce qu’Elric, impuissant s’il ne boit pas régulièrement des potions, pourra lui tenir tête ?

J’avais un peu peur en ouvrant ce livre d’être déçue, comme je l’ai été avec Les neuf princes d’Ambre de Roger Zelazny. Mais cette lecture a été agréable. J’ai apprécié le personnage d’Elric, certes torturé, mais progressiste… et la manière dont il affronte l’air de rien son méchant cousin Yyrkoon. L’univers est très sympa, la lecture dynamique, pas trop de personnages avec des noms à coucher dehors à retenir, des créature fantastiques facilement identifiables (élémentaires, dragons…). Du classique côté narration, mais dans le bon sens du terme !

Je suis donc partante pour un tome supplémentaire !

ABC-2015

« Démokratía, tome 1  » de Motorô Mase

Demokratia tome 1Il y a maintenant deux ans, les éditions Kazé mettaient un point final à la version française de la série de manga évènement de Motorô Mase, Ikigami. Grâce à cette série, les français avaient pu découvrir qu’un manga pouvaient être destiné aux adultes, proposer de bonnes histoires « sérieuses » tout en proposant des dessins maitrisés.
Du coup notre niveau d’exigence est forcément très haut pour la nouvelle série de l’auteur… Mais avec Démokratía, le challenge devrait être relevé sans trop de difficultés ! Ce premier tome offre un récit de science-fiction intelligent, qui laisse présager une série passionnante !

Étudiants en robotique et en informatique, Hisashi Iguma et Taku Maezawa s’associent pour créer une œuvre sans précédent : une femme robot, dirigée par une intelligence collective. Grâce au logiciel conçu par Taku Maezawa, un groupe d’internautes choisis au hasard peuvent décider ensemble, sous forme de votes, quels seront les actions du robot… Une entité mue par la démocratie en somme ! Si tout se déroule correctement dans le laboratoire des deux ingénieurs, qu’en sera-t-il quand leur création va partir seule à la découverte de la ville ?

Ce que j’adore dans ce livre, c’est le concept même de logiciel qui permet à un panel de 3000 internautes d’influer sur les gestes du robot. Pour la faire mouvoir, parler… il suffit de proposer une action : les trois plus représentées sont soumises au vote, ainsi que deux propositions uniques… des petites « folies » qui empêchent un comportement trop formaté. De quoi créer une intelligence artificielle au comportement quasi-humain !
L’expérience n’est pas sans rappeler le Twitch Plays Pokemon (des milliers de joueurs dirigeant un seul personnage dans le jeu Pokémon), mais avec plus d’intelligence derrière, et moins de trolls pour la faire échouer !
Le test sociologique présenté est aussi très intéressant : est-ce que 3000 cerveaux valent mieux qu’un ? Est-ce que le robot prendra des décisions meilleures, voire plus humaines qu’un seul être de chair et de sang ? Est-ce qu’on pourra voir émerger un surhomme ?

planche demokratia

Une histoire qui s’annonce géniale donc… la seule crainte serait de voir celle-ci tourner en rond ou devenir trop idéaliste… ce qui à mon avis ne devrait pas être le cas, si on voit comment Ikigami a été développé ! Vivement la suite ! :D

« Lignes de vie » de Graham Joyce

Lignes de viePour le partenariat Folio de janvier, je n’ai pas fait de folies : un roman de la collection Folio SF, histoire de me plonger dans un monde un peu plus fantaisiste que celui dans lequel nous nous ébattons chaque jour.

Conventry, en Angleterre, juste après la Seconde Guerre Mondiale. Cassie, jeune mère célibataire d’un tout petit bébé doit le faire adopter par une parfaite inconnue… Mais elle ne veut pas l’abandonner ! C’est donc elle, et sa famille composée de sa mère Martha et de ses six sœurs, qui élèveront le jeune Frank ! En effet, Cassie a des absences, ce qui la rend très imprévisible. Durant ces périodes de folies, elle voit entre autres les esprits des morts
Élevé tour à tour par ses différentes tantes et leurs maris, Frank va grandir dans une ferme, au milieu d’un cercle spirite, dans une maison communautaire, chez un embaumeur…
Mais la question que Martha se pose, c’est de savoir si Frank a hérité du don de Cassie… qu’elle a elle-même ! Les fantômes lui feront ils du mal ? Ou lui révèleront-ils l’avenir à l’aide de signes sibyllins, comme ils le font avec elle ?

Je m’attendais un peu au pire à voir les commentaires de certains sur les forums et blogs, mais finalement, ce livre n’est pas si désagréable. La vie de Frank est surréaliste, surtout à la vue de sa famille très hétéroclite ! A la limite un peu trop « Garpesque »… Après j’avoue, il y a pas mal de longueurs, et assez peu de rebondissement ou de suspense. Et le personnage de Cassie la mère nymphomane complètement hallucinée  m’a un peu laissée dubitative… Bref, une histoire de famille un peu pimenté par la présence de fantôme et d’épisodes maniaques.
Enfin l’avantage de ce roman, c’est aussi pour moi de me plonger dans un lieu et une période de l’histoire que je connaissais mal : la Guerre 39-45 en Angleterre, où les villes ont été bombardées sans relâche par les Allemands… J’avais plutôt une vision Franco-Française du drame, venant moi-même de Normandie, et de m’apercevoir des dommages sur cette île donne une autre ampleur à ce conflit…

Bon, c’est sûr, ce n’est pas le genre de lecture que je conseillerais à des fans du genre, mais franchement, ce livre m’a parfois fais passer de bons moments dans le métro !
Merci à Folio tout de même :)

 

« Le Paradoxe de Fermi » de Jean-Pierre Boudine

Le paradoxe de FermiPour bien commencer l’année avec les partenariats, les éditions Denoël m’ont envoyée un roman de SF post-apocalyptique signé par un auteur français, Jean-Pierre Boudine, et initialement paru en 2002 mais réédité en 2015.
Un livre court, mais qui m’a fait l’effet d’un coup de poing… !

En 2029, caché dans une grotte dans les Alpes, Robert Poinsot écrit un journal, où il raconte les dernières années de sa vie et les bouleversements qui ont détruit la société telle que nous la connaissons. Finalement ce n’est pas la pollution ou une maladie qui aura eu la peau de la civilisation, mais un krash économique qui aura mené à des guerres civiles.
Afin de fuir la violence des villes, Robert et quelques amis vont prendre la route pour rejoindre le nord de la France, puis sillonner l’Europe du Nord pour tenter de survivre. Malgré le peu de moyens de communication, les nouvelles qui leurs parviennent sont peu réjouissantes. Est-ce vraiment la fin de l’humanité ?

Forcément, à la lecture de ce roman, on pense à d’autres références du genre post-apocalyptique, telle La route de McCarthy. Mais ici, peut-être parce que les principales scènes s’ancrent dans mon quotidien parisien, j’ai été encore plus touchée. Pas de scènes crues de violence, mais des images de notre société qui se dégrade, aidée par une perte de confiance générale dans nos dirigeants, ce qui entraine une opposition de groupes de population et génère des attentats et guerres civiles partout dans le monde. Le processus commence avec l’arrêt des transports faute de pétrole, les débuts de la famine, puis le dynamitage de réseaux électrique… puis tout s’enchaine pour la mise en place naturelle de deux factions : les pillards composés de reclus de la société et les « sédentaires », tachant de sauvegarder un semblant d’humanité.
On se pose alors la question : si cela devait se produire demain, vaut-il mieux être dans le camp des « voyous » ou des « défenseurs » ? Des prédateurs ou des proies ? Et où aller pour survivre, si cela à encore un sens ?
Quoiqu’il en soit, l’auteur brosse un portrait peu flatteur, mais tellement réaliste de l’humanité… Et dans notre contexte actuel (attentat de Charlie Hebdo, crises financières, guerres en Ukraine, en Afrique, retour à la barbarie religieuse…) ce roman résonne comme une prédiction. N’oublions pas qu’il a été écrit il y a 13 ans, et que notre société mondialisée prend gentiment le chemin indiqué par Boudine. Flippant, je vous dis !

Voilà donc un très bon roman, qui pose bien la question de notre capacité à survivre en tant qu’espèce, et qui va je pense rester graver dans mon esprit un petit moment ! En attendant, je vais relire des petits traités survivalistes moi…
A noter que ma copine La chèvre grise a aussi lu et chroniqué ce roman, ici.

Le paradoxe de Fermi de Jean-Pierre Boudine
Editions Denoël collection Lunes d’Encre
2015 – 192 pages

« La chambre des curiosités » de Douglas Preston & Lincoln Child

La chambre des curiositesC’est avec bonheur que j’ai enfin pu retrouver l’inspecteur Pendergast dans le troisième tome de sa saga, La chambre des curiosités, édité en 2002. Je lis ces roman à dose homéopathique, challenges aidant (le challenge ABC en l’occurrence ici), mais toujours avec plaisir ! Entre thriller, enquête policière et univers fantastiques qui frise toujours avec l’horreur, je me régale ! En plus ce tome tourne autour d’un concept que j’aime beaucoup, les cabinets de curiosités… tout pour me plaire !

Alors qu’une équipe d’ouvriers sur un chantier  détruit un vieux bâtiment à New-York, une cave secrète est mise à nue… Et dans ce souterrain l’horreur surgit : emmurés et mutilés au niveau du bas du dos, des dizaines de cadavres d’enfants et d’adolescents ont reposé là plus d’un siècle. Mais quel serial-killer de l’ère victorienne a bien pu commettre ces abominables crimes ? On ne le saura peut-être jamais : d’aussi anciens meurtres ne nécessitent pas d’enquêtes… pas plus que de fouilles archéologiques. Et un building flambant neuf recouvrira bientôt toutes les preuves.
Mais c’est sans compter avec l’inspecteur du FBI Pendergast, en mission personnelle spéciale ! Accompagné de sa nouvelle recrue débauchée au Museum d’Histoire Naturelle de New-York, l’archéologue Nora Kelly, il va mener sa propre enquête.
Mais bientôt le mystère va commencer à se dévoiler : un certain professeur Leng aurait commis ces crimes au 19ème siècle… Mais le plus étrange, c’est que de nos jours les mêmes crimes recommencent ! Serait-ce un copycat, un assassin qui copierait Leng ? Ou alors le professeur aurait survécu toutes ces années ?

Une fois de plus, notre héros enquête sur une série de meurtres en lien direct avec le Museum d’Histoire Naturelle de New-York (décidément !), et se remet en relation avec des membres de la profession des sciences et de l’histoire ! C’est ce mélange des genres qui me plait bien justement. On retrouve aussi le journaliste Smithback, toujours prêt à tout pour un scoop ! Le côté police et politique est peut-être moins présent que dans les tomes précédents, mais on les retrouve tout de même, toujours aussi mauvais… Bref, un schéma relativement classique, mais efficace !

Après un génial Relic et Le grenier des Enfers qui était un peu moins bon, je retrouve un roman comme j’aime, sympa à lire, un brin glauque, avec des surprises au fur et à mesure de l’enquête. Pas le roman du siècle en terme de suspense (peut-être dû à sa longueur, 700 pages), mais agréable.
Et là je remets les wagons dans l’ordre puisque j’avais déjà lu le quatrième volume, Les croassements de la nuit.
Donc je n’ai plus qu’une hâte, lire le cinquième tome, Le violon du Diable !

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« Batman : Killing Joke » d’Alan Moore et Brian Bolland

Killing jokePour retrouver un comics en France en magasin, avec le jeu des éditions françaises ayant une traduction un peu aléatoire ou des rééditions par deux voir trois éditeurs, c’est parfois la galère… Rien que cette BD a connu en France cinq éditions (avec comme titre Souriez, Rire et mourir, The killing joke, et finalement Killing Joke…).
Enfin, on fini quand même par mettre la main dessus (merci Internet !). Cette dernière édition d’Urban Comics (filiale de Dargaud qui édite DC comics en France) a presque le même titre que l’originale de 1988 (The killing joke) et bénéficie de la re-colorisation de l’édition américaine de 2007.

Le Joker s’est encore enfui de l’asile d’Arkham, et Batman va devoir remettre la main sur ce dangereux psychopathe.
Pendant que l’homme chauve-souris se pose des questions sur le combat qui les oppose depuis des dizaines d’années, le Joker prépare sa petite fête… Une vengeance contre la normalité, qui aura lieu dans un parc d’attraction désaffecté !

Cet épisode en one-shot de Batman nous présente sur une quarantaine de pages la dichotomie entre Batman et le Joker, mais aussi ce qui les rapprochent. Le récit est entre-coupé de flashback sur les origines du Joker : pourquoi il a basculé dans le crime, comment il est devenu Red Hood le voleur masqué, puis le Joker.
Donc il n’y a pas à se tromper, il s’agit bien d’une BD où le personnage central est le Joker, et Batman un personnage secondaire… Ce qui n’est pas pour me déplaire !
C’est d’ailleurs pour moi le principal intérêt du livre avec le dessin de Bolland et ses nouvelles couleurs ! Son Joker est ultra expressif, on en vient à l’apprécier par moment… avant de le revoir plonger dans son habituelle folie !
Dans cet épisode, se sont James et Barbara Gordon (l’ancien inspecteur et Batgirl) qui vont faire les frais de la vengeance du Joker, dans une scène digne d’un freak-show sous acides !

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A noter en bonus une autre histoire autour de l’univers de Batman par Brian Bolland au scénario et au dessin : Un homme parfait, qui questionne sur la possibilité de faire le bien si on a jamais tenté de faire le mal…

Une album sympa et rapide à lire… Alan Moore, le génial scénariste de The Watchmen, From Hell, Swamp Thing pour ne citer que ceux-là, l’a souvent renié. Mais franchement je ne le trouve pas si mal !
A découvrir pour les fans de super-vilains et de Batman !

Je vais profiter de cette lecture pour remplir ma première case du challenge Petit BAC 2015, catégorie « mort » !

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« La ferme des Neshov » de Anne B. Ragde

La ferme des NeshovÇa faisait un sacré moment que cette suite de La terre des mensonges était dans ma PAL… et oui, voilà bien un an que La Chèvre Grise m’a prêté ce livre ! Puisqu’il fallait commencer quelque part pour le nouvel opus du challenge ABC, j’ai commencé avec cette urgence : il faut bien que la propriétaire de ce roman le retrouve un jour, quand même ;)

La famille Neshov au grand complet vient de finir les fêtes de Noël à la ferme familiale dans une petite ville de Norvège. Mais maintenant il est temps que chacun reprenne le cours normal de sa vie.
L’ainé de la fratrie, Tor, reste à la ferme avec son vieux père et va continuer à s’occuper de son élevage de porcs. Sa fille Torunn avec qui il tente de nouer des liens va repartir à Oslo s’occuper de chiens dans une clinique vétérinaire. Les frères de Tor vont retourner à leurs occupations : Margido à son magasin de pompes funèbres, et Erlend et son petit ami Krumme vont repartir au Danemark profiter de leur vie remplie de fêtes et de fastes.
Mais tout ne va pas se passer comme avant ! Jusque-là, la mère était encore vivante et gérait la vie à la ferme… Mais sa mort a laissé non seulement un vide, mais aussi permis d’éclater l’abcès généré par des années de mensonges : le père des trois frères Neshov est en fait leur demi-frère, car c’est le grand-père mort depuis longtemps qui est en fait leur géniteur !
Comment Tor va faire maintenant, laissé à lui-même ? Torunn va-t-elle pouvoir se dégager de ses problèmes de conscience et repartir à la ville ? Et les autres frères Neshov, vont ils enfin se serrer les coudes pour soutenir leur ainé ?

Je ne me souvenais plus trop pourquoi j’avais tellement envie de lire la suite de l’histoire familiale des Neshov en ouvrant le roman… et je m’en suis souvenu en le refermant ! Ce récit est à la fois si sordide et si réaliste, qu’on a qu’une envie : découvrir où comment tout cela va finir !
Comme la première fois j’ai apprécié le style de l’auteur, et les multiples points de vue qui tissent la trame du roman : celui de Tor l’éleveur au sale caractère, de Torunn sa fille retrouvée après des années de séparation qui tente de digérer le fait d’être l’héritière d’une ferme en perdition, d’Erlend le frère cadet expatrié à Copenhague qui hésite entre sa vie sans soucis et revoir son pays natal, ou encore de Margido le croque-mort qui a du mal à se décoincer… Une belle brochette de personnages qu’on a quittés lors des fêtes de Noël dans le premier tome, et qu’on retrouve en plein hiver dans celui-ci. Mais après l’hiver des sentiments… vient le printemps, n’est-ce pas ?
Chacun est focalisé sur sa recherche du bonheur et de l’équilibre… Et bien entendu l’amour a une belle part la dedans, même si ça ne se passe pas toujours comme ils le voudraient. Finalement il semble bien que le seul ciment qui dure années après années, même suite à des disputes, des séparations… ce sont les liens du sang ! Facile peut-être, mais parfois si vrai…

Voici donc une lecture que j’ai aimée. Je suis rentrée dedans tout de suite, j’ai retrouvé mes personnages laissés l’an dernier… bref, un vrai plaisir. Et forcément, je n’ai qu’une envie : c’est de connaitre la suite, dans le troisième opus L’héritage impossible !

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« Bakuman, tome 20  » de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata

bakuman20Petit focus sur le dernier volume d’un des manga phare de ces dernières année en France ! Le shonen Bakuman nous dévoile les dessous de la création des manga depuis 2009… J’en avais parlé il y a quelques années, et j’ai suivi assidument depuis la sortie des BD !
Gros point fort de ce manga : il était annoncé depuis le début que la série serait bouclée en 20 tomes. Voilà quelque chose de positif par rapport à des séries fleuve comme One Piece ou Berserk !

Moritaka Mashiro et Akito Takagi, alias Muto Ashirogi, est un duo de jeunes mangakas édités dans le Shonen Jump… Après plusieurs séries à succès, il sont désormais en confrontation directe avec leur rival, le petit génie Eiji Niizuma. Vont-il devenir les numéros un du magazine ?
Dans ce dernier épisode, nos héros peuvent enfin réaliser le rêve du dessinateur, Mashiro : avoir un dessin-animé basé sur leur dernière série ! Mais sa petite amie Miho Azuki sera-t-elle la doubleuse vedette de l’anime ? Si c’est le cas, est-ce qu’ils se marieront, comme ils se l’étaient promis en quittant l’école ?

Plus que dans d’autres tomes, j’ai été surprise par les biais du milieu de l’édition : c’est avant tout un métier qui génère du business, et pas juste une activité de loisir ou artistique. La pression des fans est aussi particulièrement mise en avant, avec son lot de harcèlement via les médias traditionnels, les trolls sur Internet…
Voilà une bonne occasion pour nos héros de se surpasser et de se battre contre l’adversité ! Mais bon, ne vous méprenez pas, si les propos sont un petit peu critiques sur l’envers du décors, il ne dénonce pas réellement le système. Dommage ?
On retrouve aussi des motifs typiques du manga jeunesse, emprunts de culture japonaise : mise au pinacle des valeurs d’efforts, de chance et de vanité ; le travail au delà des limite physique ; le combat de la sincérité contre l’injustice ; le respect de la hiérarchie ; et surtout l’abnégation qui flirte avec le masochisme… Au milieu de cet univers réaliste, tout cela est assez intéressant d’un point de vu sociologique, quand on prend un peu de recul !
Quand on suit les aventures et déboires (jamais trop longs !) du couple de mangakas, on ne peut pas s’empêcher de penser aux autres œuvres d’Ohba et Obata, à qui on doit Death Note ! Par exemple, la question de faire durer ou pas une série de manga à succès en créant un second arc narratif (gros point faible de Death Note pour moi)…

Un dernier tome qui sonne comme un happy end, forcément ! Il n’y a pas trop de surprises, mais ce livre conclu parfaitement et efficacement une série que j’ai suivi avec plaisir !

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« Les Extrêmes » de Christopher Priest

les-extremesDernière lecture de l’année, et dernière lecture pour le challenge ABC des Littératures de l’imaginaire ! Moi qui voulais vider ma PAL spéciale science-fiction, fantastique et fantasy, j’ai été servie cette année :D
Je termine donc avec un des auteurs qui m’avait fait aimer la SF il y a quelques années avec Le monde inverti : Christopher Priest.

Après plusieurs dizaines d’années passées loin de l’Angleterre, Teresa Simons revient dans son pays natal. Elle est maintenant agent du FBI aux Etats-Unis, mais profite de son congé longue duré pour passer quelques semaines à Bulverton. Son choix n’a pas été fait au hasard : l’été précédent, un psychopathe, Gerry Grove, a tiré sur des dizaines de personnes dans cette bourgade tranquille. Pourquoi ? Et que ressentent les survivants de ce drame ? En enquêtant sur cette affaire, Teresa espère exorciser ses propres démons : son mari Andy est mort l’année précédente, tué par un preneur d’otage au Texas.
Outre son enquête sur le terrain, elle va tenter de découvrir ce que Gerry Grove a fait durant un laps de temps de deux heures entre deux sessions de fusillade, dans un centre ExEx… Et elle même se plonger dans les univers virtuels !

Les Extrêmes a été publié en 1998, et m’a tout de suite rappelé le film eXistenZ de David Cronenberg, sorti quelques mois plus tard : les explorateurs numériques comme Teresa ont une valve plantée dans la nuque qui leur permet de se connecter directement aux réalités virtuelles. Dans le roman se sont des injections de nanoparticules dans les centres ExEx qui permettent de s’immerger dans l’univers virtuel, qui oscille entre la simulation et le jeu.

L’intrigue met un peu de temps à se mettre en place, le récit étant au début vu de plusieurs point des vus, comme l’est un scénario ExEx, avant de focaliser sur les expériences de Teresa.
Il devient plus en plus difficile au fur et à mesure que la lecture de discerner la réalité et la fiction : est-ce que Teresa navigue dans les scénarios extrêmes de l’ExEx, ou est-elle elle-même un scénario proposé par un développeur ? Pourquoi rentre t-elle en quasi symbiose avec Gerry Grove ? Comment dépasser les limites du jeu, et gagner en liberté dans un univers virtuel programmé et « fini » ?
C’est sur ce jeu des limites entre le scénario, le réel et le virtuel… que Christopher Priest à voulu mettre son projecteur, en rajoutant en plus une dose d’ambiguïté sur le sujet des voyages dans le temps. Bref, des sujet pas simple, même quand on se pose pour y réfléchir !
Du coup je suis un peu dubitative sur cette lecture… L’écriture est fluide et agréable, le livre se lit bien… mais j’ai l’impression d’avoir été flouée sur la fin, avec tout ces mélanges, croisements des scénarios. Du coup j’ai le sentiment d’avoir été perdue et de ne pas avoir de réponses sur l’histoire de Gerry et Teresa !

Bon, je n’ai pas passé un mauvais moment avec ce roman, il aura l’avantage de m’avoir fait cogiter ! Mais tout de même, je ne sais pas si je le conseillerai à quelqu’un qui veut découvrir cet auteur, ou se lancer dans la SF.

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Quatre chemins de pardon » d’Ursula K. Le Guin

Quatre chemins de pardonL’an dernier j’avais découvert Ursula K. Le Guin avec un roman de SF en anglais, The left hand of darkness. Son propos sur la différentiation des sexes et la monstruosité m’avait assez intéressé… même si je n’avais pas pu apprécier la plume l’auteure à sa juste valeur, maîtrisant personnellement peu l’anglais.
Quatre chemins de pardon, paru en 1995, semblait être un must-read de l’auteure, ayant gagné le Prix Locus du meilleur recueil de nouvelles… Je ne me suis donc pas trop posée de questions sur la lecture qui me permettrait de continuer ma découverte du cycle de l’Ekumen !

La planète de Yeowe vient juste de se libérer ! Composé d’esclaves originaires de la planète de Werel, le peuple asservi de Yeowe a fait la guerre aux propriétaires, connu la famine, la maladie, les tensions politiques… Pour aujourd’hui être menée par des hommes libre !
Mais c’est bien là qu’est le problème : des siècles de systèmes tribaux dirigés par des hommes ont généré une discrimination au sein même du peuple libre de Yeowe : les femmes ne sont encore que des objets, des esclaves d’anciens esclaves.
Au travers quatre récits, nous allons apprendre comment la guerre de Yeowe a changé la vision de l’esclavagisme sur la planète-mère Werel, comment l’histoire et le savoir pourront changer le statut des femmes, et surtout comment l’amour et le respect seront la clé d’une société nouvelle !

J’ai adoré cette lecture qui présente de quelles manières une société peut devenir inégalitaire par les jeux de pouvoir, l’ignorance, les coutumes obsolètes… et comment cela peut être contré, tout en sachant que c’est un combat jamais gagné d’avance. Un vrai reflet de notre société !
Loin des propagandes féministes, on prend ici une belle leçon de combat non-violent, axé sur le besoin d’apprentissage des enfants pour les rendre plus ouverts que leurs parents, sur le pardon aux ennemis d’autrefois pour avancer… Placé sous le signe de l’histoire, des mots écrits ou récités, on se rend compte que l’étude du passé est ce qui formera l’avenir de Yeowe. En cela, ce roman m’a rappelé le cycle de Fondation d’Assimov, ou les Chroniques du Pays des Mères d’Elisabeth Vonarburg.
Ursula K. Le Guin a créé une société cohérente, où chaque région d’une même planète peut avoir ses spécificités culturelles… Chaque histoire est locale ! Ainsi on comprend facilement comment et pourquoi des populations ont choisie telle ou telle voie, sans jugement. Par exemple, au début de la colonisation de Yeowe, les seuls esclaves ont été pendant des siècle des mâles, qui ont monté des sociétés tribales pour s’organiser dans les plantations. Lorsque les femmes esclaves ont finie par arriver pour la reproduction, elles ont été reléguée au plus bas rang possible, esclaves d’esclaves. Ecoeurant, mais logique…
Côté ambiance, on pense forcément à la Louisiane du 19ème siècle : quelques maîtres, cinq fois plus d’esclaves, des femmes sans droits… Sauf qu’ici la classe dominante est noire-bleue, et les esclaves blancs ou métissés.

Ce qui est très intéressant, c’est que les personnages principaux des quatre nouvelles ont un vécu différent : l’un est un soldat werelien, un autre ambassadeur Ekumen, l’autre une ancienne esclave en quête de spiritualité, l’autre un ancien chef tribal chassé de la vie politique de Yeowe,… Mais les destins de ces personnages vont s’entrent-croiser sur les terres de Werel et Yeowe !

coup de coeurUn coup de coeur de plus.. Cette fin d’année en est remplie ! Fans de SF ou non, je pense que vous apprécieraient ces fables sur la tolérance et la liberté.

Au passage, mon avant dernière lecture pour le challenge ABC des littératures de l’Imaginaire. J’en vois presque le bout à une semaine de la deadline !

challenge de l'imaginaire ABC 2014