« Le Maître du Haut Château » de Philip K. Dick

Le maitre du Haut ChateauCe que j’aime avec les challenges, comme le challenge ABC – Littératures de l’imaginaire, c’est de m’auto-imposer des lectures de grands classiques que je n’ai jamais pris le temps de lire… et s’il y en a un qui peut bien faire partie de cette catégorie, c’est bien Le Maître du Haut Château de Philip K. Dick, que beaucoup considèrent comme son plus grand chef d’oeuvre. Preuve en est, cette uchronie écrite en 1962 a reçut le prix Hugo, haute distinction dans le domaine de la science-fiction.

En 1962, quinze ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les puissances de l’Axe se sont divisées le monde, après leur victoire fracassante contre les Alliés. L’Allemagne occupe toute l’Europe, la Russie, l’Afrique du sud, le Japon possède la côte Ouest des Etats-Unis, et l’Amerique du Sud, l’Asie, et l’Italie le nord de l’Afrique… Mais les rapports entre ces trois protagonistes ne sont pas aussi simples. L’Allemagne après des folies d’holocaustes et d’expansions territoriales à tout va, a entamée la course vers les étoiles, Mars et Vénus. Le Japon quant à lui reste les pieds sur terre et autonome… et semble devenir une épine dans le pied du Reich.
Au travers l’histoire de trois groupes de personnages, nous allons apprendre comment se présente ce nouvel ordre mondial, et les tensions entre chaque pays, et entre chaque corps administratifs, militaires ou politiques du Reich.
Mr Tagomi à San Francisco attends la visite de Baynes, ingénieur suédois qui se trouve être un espion allemand ; Franck Frink est un ouvrier juif qui cache ses origines, et qui décide de se lancer dans la confection de bijoux, qu’il tentera de vendre à l’antiquaire Childan ; et son ex-femme Juliana Frink va suivre Joe, un routier italien dans une virée à Denver…
Ce qui les relie ? La lecture du livre interdit en Allemagne nazi, La sauterelle pèse lourd, uchronie écrite par Abendsen qui présente un monde où les Alliés auraient gagné la guerre… Et aussi la présence d’un autre livre, une force et un personnage en lui même, Le livre des transformations ou Yi-King, qui permet à chaque personnage de prendre conscience de l’état du temps présent, et d’anticiper l’avenir.

Voilà donc un livre bien difficile à résumer ! Pour commencer, je dois dire que j’ai pris réellement plaisir à livre ce récit. Avec Philip K. Dick, j’ai des relations plutôt houleuses (Deus Irae, Loterie solaire, Ubik,…), et là, j’ai vraiment apprécié ma lecture, son rythmes, sa thématiques…
Même la fin qui est assez énigmatique ne va pas arrêter de me titiller et de me poser des tas de question à mon avis !

Autre chose que j’ai aimé, c’est l’intégration du Yi-King dans ce roman… J’étais une utilisatrice de cet « oracle » au début de ma vie d’étudiante, et je m’amusais à écrire des histoires en tirant au sort des hexagrammes. Il faut croire que je n’ai rien inventé, comme le laisse présumer la fin de ce roman ! En tout cas j’ai bien envie de me replonger dans ce livre de divination millénaire !
Les jeux de miroirs entre réalité et vérité, fiction et réel, ce qu’on sait et ce que les protagonistes savent… font de ce livre un petit bijou de mise en abyme. Dans quel monde vivent vraiment ces personnages ? K. Dick est-il le véritable Maître du Haut Château ? Et nous, que fait-on la dedans ?

Un livre à lire, surtout quand on commence à s’intéresser à d’autres uchronies sur le thème de « ce que le monde aurait été si l’Allemagne avait gagné la Seconde Guerre mondiale », comme Le faiseur d’histoire de Fry.
Et pour ne rien lui enlever, un très bon moment de lecture !

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Goliath » de Tom Gauld

GoliathJe n’en ai pas parlé le mois dernier, mais Price Minister a organisé cette année encore l’opération La BD fait son festival. Une BD de la sélection officielle du festival d’Angoulême au choix contre une chronique dans ce blog et une note pour ma lecture… Très bon deal ! :)

Comme je n’avais pas trop d’idées sur ce que j’allais choisir dans la liste proposée, je me suis fiée à mon instinct, et j’ai demandé Goliath de Tom Gauld. La seule raison : j’aimais bien la couverture ;)
Totale surprise donc sur le scénario et le dessin ! Et bien autant le dire tout de suite, j’ai passé un très bon moment ! Puisqu’il faut jouer le jeu des notes pour ce partenariat, je donnerai un 17 à cette BD.

C’est la guerre entre les Philistins et les Israélites. Goliath est dans l’armée philistine, et malgré sa taille imposante, il n’est pas un grand guerrier. Son truc, c’est la paperasse, et il fait très bien son métier de gratte-papier.
Jusqu’au jour où son capitaine décide d’en faire un héros, un élément central de sa stratégie contre le camp ennemi… Pour lui c’est une guerre psychologique qui devra se jouer entre les deux belligérants… et amener les Philistins à la victoire !
Affublé d’une armure d’apparat, accompagné d’un jeune porte bouclier, armé d’une lance gigantesque, Goliath doit aller chaque matin sur le champ de bataille désert et exiger un duel contre un guerrier Israélite. Si celui-ci le bat, les philistins se soumettront, et inversement. Le capitaine de l’armée philistine se dit que vu le morceau que représente Goliath, aucun Israélite ne pourra l’affronter !
Une terrible pression pèse sur les épaules pourtant massives de Goliath… Lui qui est un piètre combattant, il angoisse chaque matin à la perspective du combat qui pourrait venir…

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C’est donc un célèbre épisode de l’Ancien Testament qui nous est raconté là, David et Goliath, vu, revu et corrigé ! Cette version est loin des images qu’on peut avoir du fait d’arme original : on laisse le gentil David pour s’intéresser au « méchant », et encore, méchant est un grand mot… Goliath n’est pas un monstre assoiffé de sang et de victoire, c’est un intellectuel pas bon du tout à l’épée… On se prend tout de suite de sympathie pour ce bon gros géant. L’auteur sait jouer avec la poésie et l’humour pour rendre sensible et intelligent son propos. Les mythes sont parfois loin de la réalité, et tout est une histoire de point de vu !

J’aime beaucoup aussi le style de Tom Gauld, dessinateur et illustrateur britannique. D’abord le style simple et percutant, dans la tradition des comic strip, comme ceux qu’il fait pour le Guardian.
Le découpage de certaines pages, la manière dont il joue sur les répétitions de cases, la lumière, les ellipses temporelles… Tout cela donne bien l’impression des 40 jours d’attente de Goliath, et rajoute même au comique, voir au dramatique, de la situation dans laquelle le héros est empêtré. Je me suis vue sourire devant certain mise en scène, c’est pour dire !

Voilà donc une lecture que j’ai beaucoup apprécié et que je soutiens ! Merci à Price Minister et à l’Association, éditeur de cette superbe BD (l’objet est beau en plus !).

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« L’invention de Morel » d’Adolfo Bioy Casares

L'invention de MorelGrâce au challenge ABC – Littératures de l’imaginaire, je continue ma découverte des classiques de la SF.
Avec ce roman de l’argentin Adolfo Bioy Casares, écrit en 1940, on touche finalement à un monstre sacré : c’est ce récit qui a inspiré à Alain Resnais le film culte des étudiants en art ou en cinéma, L’année dernière à Marienbad (que je n’ai personnellement pas compris quand je l’ai vu il y a dix ans !).

Afin d’échapper à une condamnation de prison à perpétuité, le narrateur de cette histoire s’enfuit sur une barque pour une île du Pacifique, où personne n’ose accoster, et encore moins vivre. En effet, les marins du coin pensent qu’une peste qui fait tomber la peau, les ongles, les cheveux, et qui fini par tuer, est transmise par l’air de l’île. Le lieu idéal pour une retraite, pour un homme qui n’a plus rien à perdre !
Mais alors qu’il pense être seul, le narrateur découvre que des personnes vivent sur les hauteurs de l’île, des touristes, dans un bâtiment qu’il pensait abandonné !
Entre peur et méfiance, il va finir par se rapprocher d’une femme, qui aime se promener seule le soir et admirer la mer… Faustine. Et bien entendu, il va tomber amoureux d’elle ! Malgré ses tentatives d’approche, elle ne semble pas le voir. Essaye-t-elle de le faire enrager ? Ou alors aime-t-elle Morel, le beau parleur français ? Ou alors, n’est-elle vraiment pas de ce monde ? Le narrateur est-il mort, ou bien est-ce ce groupe de touriste qui hante l’île ? Et si la réponse n’était pas dans la psychologie des personnages, ni dans le monde du paranormal, mais bien dans la science ?

Mine de rien, ce livre est un vrai monument ! On est pas sans penser à L’île du Docteur Moreau quand on démarre cette lecture. Un narrateur paria en fuite qui témoigne de son expérience sur une île bizarre… Surtout avec un scientifique qui s’appelle Morel (le singulier de Moreau ? ;)).
Ensuite, quand on commence à se poser des questions sur la nature des « touristes » (fantômes, personnes vivants dans une autre dimension, groupe d’acteurs venus piéger le fuyard… ?), on ne peut que penser à la série Lost !
Mais quand on s’aperçoit que les « touristes » sont des hologrammes enregistrés par Morel sur une machine de son invention, on pense au théoricien de l’art Walter Benjamin, et sa question de l’art à l’heure de la reproductibilité technique… Si l’art rend l’artiste et son sujet immortel, Morel a fait encore mieux en donnant forme, corps et peut être même une âme à ses hologrammes ! Et tout cela pour un seul spectateur, un homme condamné par la justice et la société… Étrange communauté que celle de l’île de Morel !

J’ai adoré le style, on se demande toujours si le narrateur sombre dans la folie ou l’hyper-lucidité… Et avec lui on se pose des questions très juste sur l’homme, la société, l’art, … Avec au final une vraie pépite de la science-fiction !

Je vous conseille donc vivement cette lecture, que vous soyez ou non branché par les romans de science-fiction !

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«L’assassin Royal tome 2 : L’assassin du Roi» de Robin Hobb

L'assassin du roiUn an après ma découverte de L’apprenti assassin de Robin Hobb, me revoilà dans l’univers de l’Assassin Royal avec le tome de 2 de cette saga, L’assassin du Roi. Une lecture parfaite pour le Challenge ABC – Littératures de l’Imaginaire !

Fitz, ou plutôt FitzChevalerie, maintenant qu’il est reconnu comme bâtard de feu le roi-servant Chevalerie, revient du Royaume des Montagnes accompagné de Burrich… Victime d’un empoisonnement par Royal, le plus jeune fils du roi Subtil, il est très mal en point quand il revient à Castelcerf. Après plusieurs semaines de fièvre et de tremblements, il se remet peu à peu… et malgré son état il se prépare à chercher Molly, son amie d’enfance et amour secret, qu’il a vu en danger face aux Pirates Rouges, durant un de ses rêves. Mais alors qu’il va partir, il retrouve Molly au château, embauchée comme servante !
Pendant son absence et sa maladie, le roi servant Vérité a épousé la princesse du Royaume des Montagne, Kettricken, mais celle-ci a du mal à se faire à la vie de château, elle qui pouvait vaquer librement à ses occupations dans son pays.
Entre le roi Subtil qui est très malade, Royal qui fomente des complots pour s’accaparer le pouvoir, Vérité qui a besoin d’un soutien pour combattre les Pirates Rouges, Kettricken qui dépérit d’ennui, Molly qui lui fait la tête, Umbre qui doit partir en voyage, un jeune loup adopté en cachette, et les Forgisés, sortes de zombies créés par les Pirates qui approchent dangereusement de Castelcerf, Fitz ne va pas avoir le temps de s’ennuyer, et va devoir mettre ses compétences de guerrier et de diplomate au service de la couronne et de son peuple !

On découvre la suite directe du premier tome, il s’agit donc de faire un petit travail de mémoire pour remettre les choses dans l’ordre ! Mais l’auteur sait s’y prendre pour jalonner quand il le faut le récit d’aide-mémoire, je n’ai donc pas eu trop de problème à remettre tout en place !

Finalement on se dit qu’il ne se passe pas grands chose dans ce volume des aventures de Fitz, car premièrement elle se déroule sur une courte période, l’hiver de ses 15 ans, et qu’ensuite qu’il y a assez peu de combats et de scène d’action. Mais à y réfléchir, il se passe beaucoup de choses au niveau des relations d’amitié et de conflits entre les différents protagonistes.

Fitz l’ami des bête et le servant du roi est assez lisse, malgré son statut d’assassin. Tous les défauts dont il pourrait être affublé, comme sa gaucherie avec Molly, son manque de discernement quant à la situation du roi… ne sont pas grand-chose face à ses qualités de cœur… Un peu simple peut être, comme personnage ?
Mais heureusement, son nouveau compagnon Loupiot, un jeune loup qu’il a sauvé de la mort, donne un peu de punch à ce personnage. Il le fait plonger dans le domaine qui lui est interdit, le Vif, sorte de transmission de pensée entre l’animal et lui. L’esprit de meute comme dirait Loupiot ! A n’importe quel moment, Loupiot s’immisce dans l’esprit de Fitz et prend même parfois le contrôle lors de combats ! Un peu gênant quand Fitz veut lutiner Molly, mais assez amusant.
Côté « méchant« , Royal le prince superficiel et manipulateur joue assez bien son rôle d’ennemi de Fitz… Mais on le voit finalement assez peu ! Certains personnages très présents dans le premier tome sont aussi quasi absents : le roi Subtil, enfermé dans sa chambre à cause d’une maladie, Umbre qui est parti en voyage, Burrich cantonné à l’écurie… Mais on en gagne d’autres en échange, comme Kettricken qui va apprendre comme Fitz à faire sa place au château non pas en suivant les us et coutumes, mais en imposant son style avec brio !

Une suite assez sympa, peut-être même plus passionnante que le premier tome ! J’ai déjà acheté le troisième tome de la série, je pense que je le lirai bien avant l’an prochain ;)

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« Le silence de la Cité » d’Elizabeth Vonarburg

Le silence desla CitéSuite à la lecture des Chroniques du Pays des Mères d’Elizabeth Vonarburg j’ai eu envie de lire le roman qui l’a précédé, Le silence de la Cité, et quoi de mieux que le Challenge ABC – Littératures de l’Imaginaire pour s’en donner l’occasion ?
Tout comme son prédécesseur, on est dans de la science-fiction qui flirte avec le roman d’anticipation, dans une Europe post-apocalyptique.
Une superbe histoire, qu’il me tardait de découvrir après mon engouement pour les Chroniques du Pays des Mères, un de mes coups de cœur de l’année dernière.

La Cité, enfouie sous terre, a été le moyen pour une partie de l’humanité d’échapper au Déclin et à ses plaies : radiations, inondations, pollution, guerres, mutations génétiques… et surtout le virus T qui tue les enfants et fait naître dix fois plus de filles que de garçons. Mais après plusieurs siècles de séparation, les humains qui se sont enfermés dans la Cité n’ont plus grand-chose à voir avec ceux qui ont survécus sur la surface du globe. Ceux de l’Extérieur ont muté et ont surtout régressé au niveau technologique et social, livrés à eux même dans un monde devenu hostile…
Mais les humains des Cités sont victime d’une malédiction : il n’y a plus de naissance depuis des dizaines d’années, et le nombre de survivants se compte en dizaines.
Paul, un scientifique de la Cité, va sillonner le monde Extérieur, pour trouver des êtres humains dont les gènes pourraient combattre le virus T… A force de recherches et de tests, il finit par créer Elisa, bébé éprouvette  aux pouvoirs de régénération extraordinaire ! Grâce à la maitrise de son corps, aucune maladie, aucune blessure ne peut avoir raison d’elle ! Plus que la dernière humaine de la Cité, Elisa est bel est bien la première d’une nouvelle race, celle par qui l’humanité devrait pouvoir être sauvée !

Difficile de résumer ce livre tant il est riche au niveau de la narration, et touche des dizaines et des dizaines de problématiques posées par les sciences et les nouvelles technologies : relations homme-robots, les dégâts d’une société où on ne vieillit plus (avec ses cortèges d’incestes et la stérilité de ses habitants), les avatars qui permettent aux cerveaux de continuer à fonctionner sans corps, les Intelligence Artificielles issues des pensées d’anciens vivants…
On passe aussi en revu les impacts sociaux d’une surabondance de filles à l’Extérieur, au mieux traitées comme des esclaves, au pire tuée car considérées comme fautives face à Dieu pour cette malédiction…
Bref, il y a plein de pistes à explorer dans ce roman très complet, qui brosse un univers dans lequel j’aime me perdre !

Notre héroïne, Elisa est comme une naufragée dans une cité souterraine, factice et désespérément vide, où vivants et morts se côtoient sans cesse au travers des corps réels ou artificiels. Comme dans un récit survivaliste qui tourne mal, la Cité faite pour protéger et permettre la sauvegarde de l’humain devient un cercueil où ne vivent que des robots. Cela n’est pas sans faire penser aux Chroniques Martiennes et à la nouvelle Août 2026 : Il viendra des pluies douces !
Mais heureusement, Elisa va finir par sortir, et mettre en place son grand projet pour les humains de l’Extérieur, ce qui nous permet de voir ce qu’est devenu notre bon vieux continent…

Ce qui m’a plus c’est que ce roman semble être la base des légendes et de la religion dont il est largement question dans Chroniques du Pays des Mères : Garde, Judith… et de d’essayer de discerner la part de responsabilité d’Elisa dans tout cela ! Finalement c’est une bonne chose de lire ce premier volume après le second : il est beaucoup question d’archéologie et d’histoire dans les Chroniques du Pays des Mères… J’ai eu l’impression de faire le même travail de recherche en lisant ce premier roman !

Du coup j’ai envie de relire les Chroniques du Pays des Mères pour essayer de démêler la légende du fait, maintenant que tout est frais dans ma tête !
Un très bon roman à découvrir en tous cas, même si pour moi les Chroniques du Pays des Mères est au-dessus tout de même pour moi… Si vous hésitez entre les deux, choisissez ce dernier !

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« Le Cimetière du diable » d’Anonyme

Le cimetière du DiableLa chèvre grise (ex Petite Fleur) m’a embarqué dans la suite de la saga du Bourbon Kid pour une lecture commune pleine d’action, de baston, de créatures méphitiques et de rock ‘n roll ! Sans sa proposition de lecture commune, je crois que je n’aurais pas ouvert ce troisième volume, au titre qui sonne comme un présage ! Mais finalement, un tome par an, c’est un bon rythme… et après Le livre sans nom et L’œil de la Lune, c’est avec plaisir que j’ai découvert Le cimetière du Diable.

L’histoire se situe 10 ans après la première nuit d’Halloween sanglante du Bourbon Kid, celle où il a du tuer sa mère vampirisée… et donc 7 ou 8 ans avant les épisodes du Livre sans nom
Sanchez, le fameux gérant du Tapioca Bar, a gagné un voyage exceptionnel : un week-end de rêve au milieu du désert, dans l’hôtel de luxe « Le Pasadena », pour assister à un concours de chant annuel « Back from the dead » ! Comme son nom l’indique, la seule règle à ce concours est de d’imiter et de reprendre des titres d’artistes morts… On va donc voir s’affronter Michael Jackson, Freddie Mercury, Judie Garland…  et même Elvis, incarné par un tueur à gage très cool… !
Des dizaines de chanteurs amateurs vont tenter leur chance pour accéder à la finale, et obtenir un contrat et un gain d’un million de dollars auprès du propriétaire de l’hôtel, Nigel Powell !
Mais gagner à ce concours est-il vraiment un cadeau ? Les rumeurs les plus folles courent sur Powell et son hôtel… Il l’aurait obtenu en signant un pacte avec le Diable… Et de plus, il parait que des centaines de personnes disparaissent dans le désert chaque année, à Halloween… Quels dangers vont devoir affronter les concurrents et les spectateurs ? Et qu’est-ce que le Bourbon Kid vient faire dans ce coin paumé du désert la veille d’Halloween ?

On ne peut donc par vraiment parler de suite, plutôt d’un prequel, voir d’un midquel… Mais on n’apprend pas grands choses de plus sur nos personnages favoris, même si le fait de les voir dans une autre aventure m’en a rendu certain plus sympathiques.
Par exemple Sanchez, le gros balourd du Tapioca bar… Le mec un peu gauche et dégoutant, tordu et peu courageux, qui propose de la pisse plutôt que du bourbon aux clients qu’il n’aime pas. Et bien dans Le cimetière du Diable il est exactement pareil, sauf qu’il a gagné en potentiel comique je trouve. Et il est parfois presque touchant, voir gentil !
Elvis qu’on avait un peu vu dans le premier épisode, mais qui était malheureusement mort bien trop vite… et bien là on a tout le temps d’en profiter ! Il est vraiment trop cool :)
A côté d’eux toute une brochette de personnage hauts en couleurs…  Avec le concours de chant où des musiciens doivent camper des artistes morts, on a de beaux cas ! Certains d’entre eux m’ont  vraiment fait sourire, à la lecture de leur show :)
Finalement le Bourbon Kid est assez anecdotique dans ce récit ! On va juste s’apercevoir qu’il n’est pas juste un gros psychopathe buté… mais ça on s’en doutait un peu (ou du moins on l’espérait !).

Pour ce qui est de la baston, après les vampires, on a le droit à un nouveau type de créatures que j’aime beaucoup… mais je ne vous en dirais pas plus ;)

En bref, une lecture sympa, qui souffre de petites longueurs au milieu, car on se demande parfois où l’auteur veut aller. Mais on est vite remis en selle pour un final explosif !
Si vous avez aimé les deux premiers tomes, vous aller aussi adhérer à celui-là !

Au passage, ce livre me permet de valider le lieu dans le challenge Petit BAC 2014.

Challenge petit bac 2014

« Le Sabre de Sang, tome 1 : Histoire de Tiric Sherna » de Thomas Geha

Le sabre de sang tome 1Je n’ai pas eu à hésiter longtemps pour le partenariat Folio de février : à peine ouvert mon mail d’invitation, j’ai vu le nom de Thomas Geha, et j’ai immédiatement sauté sur le roman qui était proposé !
Il faut dire que cet auteur a su se rendre sympathique à mes yeux suite à son don à la Team Alexandriz de A comme Alone… J’avais d’ailleurs beaucoup aimé ce roman mélangeant univers fantastique et SF d’anticipation, le tout dans les décors d’une France post-apocalyptique.
Bref, un roman de fantasy par Thomas Geha, ça ne pouvait que me plaire :)

Tiric Sherna est un guerrier et dignitaire shao, ou plutôt « était »… Il a été capturé par l’armée qivhvienne, un peuple d’hommes – lézards,  à laquelle aucuns peuples ou armée ne peut résister au sein des Sept Royaumes. Il est emmené à la capitale de ces repoussantes créatures, Ferza, où il est rapidement vendu comme esclave à la maléfique et perfide Zua Lazpoa, suivante de l’Impératrice… Loin d’en faire un serviteur, elle va lui prodiguer un entraînement plus que viril pour faire de lui un champion de l’arène, un gladiateur hors pair, prêt à porter son étendard devant les autres pontes de la ville… Mais Tiric n’oublie pas d’où il vient, et il n’oublie surtout pas son désir de vengeance et de liberté ! Et une série d’évènements va lui donner l’occasion de mettre ses projets en place…

Ce roman m’a fait penser à un mélange du jeu vidéo Elder Scroll III – Morrowind et des aventures de John Carter dans le pulp Une princesse de Mars. Bref, on est entre le medieval fantasy et l’heroic fantasy, et ça fonctionne plutôt pas mal sous la plume de Thomas Geha !
Le récit à la première personne, au travers le regard de Tiric, nous plonge dans l’action. Le rythme est soutenu, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Le vocabulaire propre à cet univers est rapidement assimilé, ainsi que les règles qui régissent cette société.
Le schéma narratif assez classique : un héros qui passe du statut de noble à celui d’esclave et va devoir prouver sa valeur en partant de plus bas que terre, un peuple d’oppresseurs n’ayant rien d’humain, mais dont un de ses membres se révèle digne de confiance, un peu de magie pour dénouer des problèmes,… dans une épopée au travers les villes, les déserts, les marais, et même les océans. Si la lecture est agréable dans son ensemble, j’ai été surprise par les dernières pages, qui relancent complément l’intérêt du lecteur et me donne envie de lire le second volume de cette saga !

Une très bonne lecture… il me faut maintenant me procurer la suite ! Je veux savoir ce qui va se passer !
Merci Folio pour ce très bon moment passé dans l’univers de Thomas Geha  :)
Et au passage, une très bonne entrée pour le challenge Geek !

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« Walking dead, tome 19 : Ezéchiel » de Robert Kirkman & Charlie Adlard

Walking Dead tome19L’année commence bien avec la sortie du tome 19 de Walking Dead : Ezéchiel. Un épisode qui s’inscrit bien dans la suite du tome 18, mais où il se passe finalement assez peu de choses, comme d’habitude j’ai envie de dire ;)

Depuis que Rick a décidé de se soumettre à Negan,  une grande partie de la population de la communauté a décidé de courber l’échine. Ils travaillent dorénavant dans le but d’offrir son tribu régulier de vivres et d’équipement au groupe de ce chef psychopathe, armé d’une batte dénommée Lucille… Mais en secret, Rick et ses amis les plus proches mettent en place une alliance avec les deux autres communautés placée elles aussi sous le joug de la violence de Negan, celle de la Colline et du celle du Royaume dirigé par Ezéchiel. Grâce à Jésus dans le rôle de l’entremetteur, ils espèrent monter une véritable petite armée capable de tenir tête à Negan…

Depuis quelques tomes déjà il est plus question de survie et de guerre entre les communautés que de baston contre les zombies finalement… Et quand on y pense on est vraiment au centre de la problématique de cette histoire post-apocalyptique : à savoir qui aura le pouvoir et de quelle manière. Certains chefs de clan ont choisi la peur et la violence, d’autre la politique, d’autre le dévouement quasi-religieux
Si Ezéchiel se montre pour le moment comme un leader charismatique un peu timbré avec ses rastas blanches et son tigre, il n’en reste pas moins qu’il a l’air très intelligent. Il a bien mené sa barque pour devenir roi de sa communauté, il est courageux et n’hésite pas à s’opposer à Negan quand le moment vient, et il voit très bien l’intérêt de se lier à Rick… A mon avis on va réentendre parler d’Ezéchiel dans quelques tome, mais je parie qu’il sera opposé à Rick et ses amis !

Ezechiel

On voit un peu moins Negan, mon super-méchant préféré, mais il m’éclate toujours autant :D
Les autres personnages comme Michonne sont assez anecdotiques… on les voit tous un tout petit peu, mais sans vraiment rentrer dans les détails. Dommage, mais en même temps on ne peut pas se concentrer sur de nouvelles figures comme Ezéchiel, et traiter en même temps du quotidien des nombreux protagonistes de Walking Dead.

Un tome de transition, une fois de plus j’ai envie de dire, mais qui n’enlève pas l’attrait que j’ai pour cet univers sombre !

J’en profite pour mettre cette BD dans mon challenge Geek… Des zombies, un univers post-apocalyptique, ça colle plutôt pas mal :)

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« Fables tome 1 : Légendes en exil » de Bill Willingham et Lan Medina

Fables tome1Je me suis prise de passion pour la série Once Upon a Time l’an dernier, et en me baladant sur Internet j’ai entendu parler de la série de comics Fables de Bill Willingham, qui reprendrait le même principe : moderniser les contes que nous connaissons tous en intégrant leurs héros dans notre monde contemporain…  Moi qui aime le mélange des genres, j’ai été emballée par le concept, et j’ai finalement commandé le tome 1 de Fables, Légendes en exil en début d’année !

A Fableville, état dans l’état situé dans la ville de New-York, des personnages de contes vivent une existence presque comme la nôtre… Ils ont été chassés de leurs royaumes par un puissant Adversaire, et ont tenté de recréer au cœur de la ville un monde qui leur convient, tout en cachant leur nature enchantée aux êtres humains.
Blanche-Neige, bras droit du maire le Roi Cole, dirige la ville et fait en sorte que tous puissent  coexister… Les Trois Petits Cochons et le Grand méchant Loup, la Belle qui se dispute avec la Bête… et aussi gérer son ex-mari volage, le Prince Charmant.
Mais un drame advint : la sœur de Blanche-Neige, Rose-Rouge a disparu, et son appartement est retrouvé sans dessus-dessous, aspergé de litres de sang… est-elle encore en vie ? Et qui lui aurait fait du mal ? Son petit ami Jack ? Ou bien Barbe Bleu qu’elle aurait fréquenté ? Le Grand Méchant Loup, qui a maintenant une apparence humaine grâce à quelques sortilèges, est devenu enquêteur au service de Fableville, et va tenter de découvrir ce qui a bien pu arriver à Rose-Rouge.

Si le pitch me semblait sympa, dans les faits, j’ai été un peu déçue… L’histoire est sympa, mais le suspense ne prend vraiment pas. L’enquête reprend des poncifs et ficelles des histoires policières, avec toutes les fausses pistes, retournements de situations auxquels on ne peut que s’attendre. Pas de surprises quoi… Est-ce parce que ce premier volume à maintenant 11 ans ? En gros il ne faut vraiment pas lire cette BD pour l’intrigue policière.

Fables tome 1

Autre point assez décevant, le dessin très classique et les couleurs criardes… C’est très comic, ces aplats et ces formes très tranchées, mais ça m’a tout de suite déplut ! On est loin du style de la couverture, qui me plaisait beaucoup. En fait comme souvent, la couverture et les planches ne sont pas du même auteur : James Jean pour la première, et Lan Medina pour les secondes.
A priori le dessinateur Lan Medina c’est occupé que des 5 premiers tomes…  Mais aurais-je le courage d’aller plus loin ?

Bon sinon l’univers est intéressant, même si un seul tome ne suffit pas à rentrer dans la psychologie des personnages ou à découvrir les détails de cet univers.
Mais vu que je suis peu emballée par ce premier tome, je me demande si je dois investir dans la suite… Il y a tout de même 21 tomes sortis en France, et la série n’est pas terminée d’après ce que j’ai compris !

En bref, je crois que j’avais mis trop d’espoir dans cette BD, dont l’idée me paraissait très intéressante : mélanger les contes et personnages de notre enfance avec notre quotidien urbain. Comme quoi une bonne idée ne suffit pas… Si je venais à trouver le tome 2 d’occasion, je l’achèterai peut être pour confirmer ou infirmer mon avis !
En attendant je vais retourner à Once Upon a Time ! :D

« Le Cercle celtique » de Björn Larsson

Le Cercle CeltiqueAmbiance grands froids pour ce roman suédois de 1992, estampillé « Polar Culte » ! Au milieu de la mer du Nord, on voyage entre la Scandinavie et l’Ecosse à bord d’un voilier, en plein hiver ! Un roman de saison à n’en point douter, que j’ai reçu dans le cadre des partenariats Folio.
Mais  l’histoire est-elle à la hauteur des décors brossés par l’auteur ?

En plein hiver, sur les côtes danoises… Ulf le suédois a une vie assez marginale sur son voilier, Le Rustica. Il va rencontrer sur un ferry MacDuff, un écossais venu braver la mer du Nord pour retrouver la femme qu’il aime, Mary, enlevée par un marin danois, Pekka. Et comme le monde est finalement petit, Ulf va tomber au port sur Pekka, effrayé, qui lui remet son journal de bord avant de disparaître avec Mary…
A la lecture de ce journal, Ulf voit transparaître un vrai mystère : le Cercle celtique, qui est à l’origine de la fuite de Pekka et du rapt de Mary.
N’y tenant plus, Ulf appelle son ami Torben, et à eux deux ils décident de partir à l’aventure et de suivre la route maritime tracée par Pekka jusqu’en Ecosse ! Mais le voyage sera bien plus dangereux qu’ils le pensent, que ce soit à cause du climat peu engageant de la mer du Nord en hiver, ou devant le mutisme des écossais sur le sujet du Cercle celte…

Le point fort de ce roman, c’est le voyage autour des côtes écossaises… Moi qui rêve de visiter cette région de Grande-Bretagne, j’ai été ravie ! Entre Inverness, les Lochs, les montagnes enneigées, les fjords… avec en arrière-plan la mer puissante et sauvage, j’ai passé de bons moments.
Là où j’ai eu plus de mal, c’est sur la thématique maritime. Il est question de foc, de ris, de bâbord et tribord, … bref, de tout un champ lexical assez technique sur l’art de naviguer…  Et bien que j’aie vécu 15 ans au bord de la mer, je n’y connais absolument rien ! J’ai donc eu du mal à suivre et à me représenter les scènes d’action où nos héros survivent à des courants marin dévastateurs, slaloment entre les rochers pour s’abriter dans des baies, ou s’enfuient entre des portes d’écluses à peine ouvertes… Enfin ça aura au moins eu le mérite de m’apprendre deux ou trois petites choses.

Côté histoire je n’ai pas accroché en revanche… Peut-être à cause du contexte marin, je n’ai pas réussi à m’identifier aux personnages ou à comprendre leurs motivations. Il n’y a pas vraiment un suspense haletant dans ce roman écrit à la première personne par Ulf, qui nous délivre son histoire à la manière d’un témoignage. D’ailleurs on se demande parfois si Ulf n’est pas Björn Larsson,  lui qui a aussi vécu de nombreuse année sur un bateau nommé Le Rustica et à navigué dans toutes les mers du nord !
La position du roman entre hyper-réalisme (situation plausible et bien détaillées) et situations extraordinaires (de la magie ?) rend le tout un peu bancal pour moi…

Cette expédition parfois agréable m’a paru un peu longue par moment. Mais je ne doute pas qu’il pourra ravir les amateurs de nautisme et de voyage ;)

Merci à Folio tout de même pour cette découverte !