« Jésus Vidéo » d’Andreas Eschbach

Voilà un livre qui était dans ma PAL depuis un sacré moment… Pensez ! Un récit qui traite de voyage dans le temps et décryptage de mystère autour de Jésus… Tout ce que j’aime !
J’ai donc assez peu hésité en voyant ce titre disponible en livre audio sur Audible.

Fin des années 90, sur un site de fouille dans le désert israélien… Une découverte sensationnelle est faite par un jeune homme, Stephen Foxx : près d’un squelette antique, il retrouve une pochette en plastique dans laquelle se trouve la notice d’un caméscope Sony qui n’est pas encore sorti sur le marché.
Bientôt le directeur des fouille et un magnat de l’information, aidés d’un écrivain en science-fiction, montent une hypothèse incroyable : les ossements retrouvés seraient ceux d’un voyageur temporel qui aurait remonté le temps jusqu’au 1er siècle pour filmer Jésus Christ !
Mais de son côté Stephen n’a pas dit son dernier mot et aidé de Judith et Joshua, deux jeunes archéologues, il va chercher lui aussi la caméra… si elle existe réellement !

Voilà début prometteur pour un roman de science-fiction teinté d’analyses historiques… Mais ici le voyage dans le temps est finalement un prétexte pour un roman d’aventure teinté de thriller. Mais tout de même, l’auteur ne reste pas sur une seule théorie expliquant cette bizarrerie dans l’espace temps, et on peut s’amuser avec les personnages à déterminer pourquoi et comment ce voyageur en est arrivé la….
Ce qui est assez dommage, c’est que les personnages sont assez peu attachants. Nous suivons la chasse au trésors de deux loups au dents longues : Stephen Foxx le jeune cabot américain qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Marc Zuckerberg (10 ans avant, bravo), et John Kaun, le même mais en beaucoup plus vieux et beaucoup plus riche, dont la ressemblance avec Trump est à peine déguisée à travers les lignes du roman.
Bref, un roman trop lié à son époque : des vrais winners à l’américaine, des technologies très présente mais désuètes aujourd’hui, des ficelles de théories du complots avec au centre le Vatican… ça a un côté grosses ficelles 20 ans après sa parution.

J’ai trouvé l’histoire assez moyenne malgré le concept de base… heureusement les multiples rebondissements à la fin du roman donneraient presque envie de lire la suite, L’affaire Jésus. Dommage, j’avais adoré Des milliards de tapis de cheveux du même auteur…

Bref, un roman pas désagréable à lire mais pas essentiel, qui me permet de cocher une case dans le Challenge ABC.

 

« Dans la toile du temps » d’Adrian Tchaikovsky

Il m’en aura fallut du temps pour lire le roman du partenariat d’avril de Denoël, mais devant un tel morceau de la littérature science-fiction (sous tous les sens du terme) il convient de prendre son temps. Et j’ai bien fait, car j’ai été emballée par une histoire comme celle-ci, mêlant expériences scientifiques de l’acabit de L’île du Docteur Moreau et exploration spatiale.

A bord du vaisseau spatial Gilgamesh, un énorme convoi d’humains en hibernation navigue vers un futur incertain. Maintenant que la Terre est devenue inhabitable, cette dernière parcelle de l’humanité doit trouver une planète où s’installer. Ils espèrent atteindre une de ces planète terraformée par leurs ancêtre de l’Ancien Empire.
Justement sur une de ces planète verte, il y a des milliers d’années, le professeur Avrana Kern avait fait en sorte que son expérience d’évolution express de singes à l’aide d’un nanovirus soit optimale en leurs offrant une terre idéale, pleine de ressources, de plantes et de petits animaux inoffensifs… Sauf que les singes ne sont jamais arrivés sur la planète, et se sont les araignées qui ont bénéficié du nanovirus qui accélère l’évolution ! Qu’est-ce que des araignées intelligentes sont capable de faire ? 

Entre l’épopée des araignées et de la construction de leur société, et celle des derniers humains qui font tout pour survivre dans l’espace, le tout suivies sur des millénaire on a de quoi s’emballer. 
La mise en parallèle des deux paradigmes est très plaisante. On voit les uns évoluer, les autres régresser… de quoi nous prouver que la civilisation n’est pas statique et ne va pas forcément vers le progrès.
Les personnages humains sont assez bien définis et non-manichéens,et leurs motivations nous parlent bien, même si on les vois faire de mauvais choix, mais pour de bonnes raisons…

Un excellent roman donc, qui nous parle de la force de l’histoire et des erreurs que nous répétons, de notre héritage, du poids du pouvoir, de la religion, du progrès technologique mais aussi social… et surtout la force de l’empathie pour trouver des solutions pour mieux vivre. Et surtout, un superbes récit de voyage dans le temps qui m’a vraiment fait partir… Je l’avoue, je ne vois plus les araignées de la même manière et j’hésite maintenant à les écraser 😉
Un coup de cœur et un roman pour le challenge ABC. Merci Denoël pour cette découverte !

Dans la Toile du temps – Adrian Tchaikovsky
Traduit de l’anglais par Henry-Luc Planchat 
Éditions Denoël, collection Lunes d’encre – 592 pages
Paru le 12 avril 2018

« 22/11/63 » de Stephen King

Mes rendez-vous avec Stephen King deviennent rares, même si j’apprécie son univers depuis mon adolescence.
Avec mon crédit Audible de Mai, je me suis laissée séduire par les commentaires dithyrambiques autour de 22/22/63, paru en 2011, autant dire il y a un sacré moment. Aux premières secondes d’écoute, je me suis même aperçue que j’avais regardé une série TV il y a quelques années tiré de ce roman !
Bref, 22/11/63 est-il bien le monument du maître King de ces dernières années ?

Dans le Maine des années 2000, Jake Epping est un professeur de lettres travaillant dans un lycée de Lisbon Fall. En plus d’enseigner l’anglais à des adolescents, il s’occupe d’une classe pour adulte souhaitant passer leur diplôme de fin de secondaire. C’est en lisant la rédaction d’un de ses élève âgé de plus de 50 ans, Harry, qu’il découvre son histoire : dans les années 50, le père de celui-ci a assassiné toute sa famille et l’a blessé et handicapé à vie. Si ce drame n’avait pas eu lieu, Harry ne serait certainement pas si « lent », ne boiterait pas, et ferait surement un autre métier qu’homme à tout faire du lycée…
C’est alors que le propriétaire du restaurant à burger local contacte Jake. Très malade, il doit avant de ne plus pouvoir le faire lui montrer sa grande découverte : dans son arrière-boutique se trouve un « trou » lui permettant de retourner dans le passé… en 1958 uniquement. Et il a un grand projet pour Jake, celui d’empêcher l’assassinat de Kennedy !

Il n’y a pas à dire, nous sommes ici devant du grand Stephen King ! Entre fantastique, science-fiction et roman historique, nous suivons les aventures de Jake dans le passé. Après quelques tâtonnements, il apprend à utiliser le portail temporel pour améliorer le futur… sachant que le trou ne peut l’envoyer qu’en 1958, et que chaque nouvelle arrivée dans le passé remet tous les compteurs à zéro. Il va donc essayer de changer la petite histoire en sauvant la vie de la famille d’Harry, avant de s’attaquer à la filature de Lee Harvey Oswald… Mais en 5 ans on imagine bien qu’il va faire des rencontres !
Toute une partie du roman tourne autour de la vie de Jake au Texas, où il travaille dans un lycée et rencontre une jeune femme… et finalement il leur arrive plus d’aventures dans la campagne texanne que lors de ses enquêtes autour de la famille de l’assassin du président.

Bref, une très  belle découverte… Le roman est un peu long tout de même (36 heures d’écoute !), mais ça passe pas trop mal pour nous mettre dans l’ambiance des années 50. On voit les Etats-Unis autrement après ça 😉

Et au passage, une lecture pour le challenge ABC !

« Sous Béton » de Karoline Georges

Pour le partenariat Folio d’avril je me suis laissée tentée par un court roman de SF, en mode contre-utopie post-apocalyptique, et surprise, se déroulant dans un bâtiment-ville à la même manière que Silo que je viens juste de terminer ! Décidément, le genre est à la mode dans les récits d’anticipation !

Depuis sa naissance l’enfant vit dans la même cellule, entouré de ses deux parents, au 5969eme étage de l’Edifice en Béton Total.
Privé d’individualité, l’enfant n’a pas de nom. Il évolue dans la crainte des coups du père qui d’abruti aux anesthésiants et devant une mère craignant l’expulsion du bâtiment. Car ils le voient tous sur l’écran de la cellule : dehors c’est l’anarchie et la mort. Vivre sous le béton vaut mieux que de devoir sortir…
Suite à une prise de conscience cartésienne, l’enfant voudrait voir plus loin… mais cela est dangereux dans ce monde.

Je me demande encore ce que j’ai lu, en parcourant les pages de ce huis clos plus poétique que narratif. On flirte aussi parfois avec la philosophie, un peu avec la SF, et même parfois avec le paranormal, voir l’ésotérisme. Par moment je me suis demandée si on était pas devant la description d’une pathologie psychiatrique, du genre d’une des personnalités d’un malade de trouble dissociatif enfermée dans son cerveau, qui chercherait à savoir ce qui se passe quand on prend le contrôle.
Bref, une lecture OVNI, qui m’a marqué par son rythme et son style, mais pas plus plu que cela… je ne sais vraiment pas comment l’interpréter et ça me gêne.

Mais c’est amusant de voir comment un thème, celui de la ville / monde tenant dans un bâtiment et la simplification d’une structure sociale, est traité par différents auteurs.
Par exemple, contrairement à Silo qui tente de créer une structure où la survie de l’humain est au centre (du moins en théorie), dans Sous Béton, c’est la structure même, l’Edifice qui importe. J’ai pensé à des univers comme celui de Soleil Vert, en plus radical, en lisant ces pages. Là où les humains ont des rôles opérationnels dans Silo, ici, les rôles de chacun sont flous, mal définis…
Là où ils se rejoignent, c’est sur le danger de devoir aller dehors, la grande peur inculquée dès le plus jeune âge à grand coup d’écrans et de propagande.

Une découverte qui n’est pas inintéressante, mais pas un coup de foudre… J’aime qu’on me raconte des histoires, ou encore les romans qui me donnent à réfléchir. J’ai l’impression d’avoir eu ni l’un ni l’autre ici. Mais bon, cela me permet de parfaire ma connaissance du genre des paradis inhabitables !
Merci Folio pour ce partenariat, qui une fois n’est pas coutume me permet d’alimenter mon Challenge ABC !

 

« Silo, tome 1 » de Hugh Howey

Ce qui est sympa avec Audible, c’est de pouvoir envoyer son premier livre à un ami lorsque vous vous créez un compte. C’est comme cela que j’ai reçu de la part de Mickael le premier tome de Silo, dont je n’avais jamais entendu parler (et rétrospectivement, honte à moi).

Dans un monde post-apocalyptique qui ressemble beaucoup au notre, une communauté d’humains vit dans un  silo sous terre.
Le sherif Holston attend dans sa cellule d’être envoyé « au nettoyage », c’est à dire banni du silo, pour avoir dit des mots interdits. Sortir du silo, alors que l’air est pollué de toxines, c’est signer son arrêt de mort. Heureusement, grâce à une combinaison spéciale, il pourra vivre assez longtemps pour nettoyer les caméras qui permettent de surveiller les alentours.
Désormais privée de shérif, Marie Jahn, la mairesse du silo, va aller nommer un candidat choisi avec l’adjoint au shérif Marnes : Juliette Nichols. La route pour lui faire passer un entretien d’embauche va être longue, 144 étages à descendre pour atteindre celui où vit Juliette, l’étage le plus profond, celui des machines… Là où l’électricité est fabriquée…

Difficile de résumer ce long ouvrage de SF contre-utopique et post-apocalyptique.
Le monde du silo est très bien détaillé. Chaque étage à sa fonction : l’administration et les services dans le tiers supérieur, l’agriculture au milieu, et tout en bas l’industrie. Chaque habitant du silo à une place définie, de la naissance -réglementée- jusqu’à sa mort.
Malgré la modernité des machineries et de certains outils informatiques, certaines fonctions sont archaïques. Par exemple les messages électroniques sont tellement chers à envoyer que les habitants passent plutôt par des porteurs à pied, dont la tache est de transiter les produits d’un étage à un autre…

Côté récit, on est pris par cette histoire complexe et riche. On déteste les méchants et on a de la sympathie pour les gentils… mais de manière nuancé. On comprend bien les motivations qui poussent les antagonistes à agir comme ils le font et de la même manière, les bons ont parfois des comportement qui mènent au désastre.
En échangeant avec Mickael, celui-ci me disait trouver dans ce livre des longueurs dues à la foule de détails. C’est peut être là la force et la faiblesse de ce récit !

Dans la lignée du chef d’oeuvre de Robert Silverberg, Les Monades Urbaines, avec une teinte de survivalisme… je le conseille !

Cette lecture est parfaite pour remplir une case du challenge ABC, pour la lettre H 😉

« EVJF » de Liz Blackrock

Pas de chance pour le partenariat de mars avec Denoël, le livre qui me faisait de l’œil n’était plus disponible ! Je me suis rabattue vers EVJF un peu à contre-coeur, mais comme il collait pour mon challenge ABC, j’ai décidé de tenter l’aventure.

Dans la région de Lyon, Amandine doit se marier très bientôt avec son fiancé à particule. Elle qui vient d’un milieu ouvrier, la cérémonie et tout ce qui va avec la stresse un petit peu… Mais heureusement pour elle, à 3 semaines de l’échéance, ses copines ont organisé son enterrement de vie de jeune fille, dans le sud de la France à Cassis.
Dès le début, tout ne se passe pas comme l’aurait souhaité l’organisatrice de l’événement et témoin de la mariée, Justine… et les choses vont aller de mal en pis. Entre Eva la timide, Vanessa la sœur de la mariée qui ne lâche pas son portable, Constance la belle-sœur qui est totalement rigide, Charlotte qui enceinte jusqu’au yeux qui essaye de faire des économies, et Justine qui régente tout… Amandine va avoir fort à faire pour créer de la cohésion dans ce petit groupe.
Mais c’est sans compter la présence d’une pomme pourrie dans le panier, qui va faire de cet EVJF un véritable enfer…

Un petit roman pas mal foutu finalement, qui alterne le récit de l’EVJF avec des scènes et échanges de mails concernant sa préparation. On aime détester certains personnages, même si certains sont assez caricaturaux. La chute est assez prévisible, mais j’ai tout de même pris du plaisir à le lire. C’est mon côté midinette qui surgit de temps en temps !

Je le conseille donc comme une bonne lecture de vacances, pour passer le temps en train ou sur la plage, pour ceux qui auront la chance de faire bronzette au printemps !

Merci Denoël pour ce partenariat !

EVJF de Liz Blackrock
Editions Denoël – Hors collection – 288 pages
Paru le 1er mars 2018

« Le violon du diable » de Douglas Preston et Lincoln Child

Ça faisait un bon moment que je n’avais pas lu un roman de la série des Pendergast… et je l’avais quasiment oublié pour tout dire. Alors que je cherche mon premier roman Audible dans la bibliothèque de l’appli, je tombe presque directement sur Le violon du Diable, le 5 tome de la saga ! C’est un signe : il sera mon premier livre audio !

Southampton, état de New-York, au début des années 2000. Le corps sans vie d’un critique d’art, Jeremy Grove, est retrouvé dans sa luxueuse maison. Tout cela pourrait paraître anodin, si le corps de l’homme n’avait pas été retrouvé brulé, alors que le reste de la pièce est intact et qu’elle est fermée de l’intérieur. Au sol, une empreinte de pied fourchu semble avoir marqué de parquet… et c’est sans compter l’odeur de souffre qui empeste la pièce.
Lorsqu’un second corps assassiné selon le même procédé est découvert à New-York, le doute commence à s’insinuer dans l’esprit de la population. Est-ce que le Diable est à l’œuvre dans cette histoire ?
Qui peut-être l’assassin, et surtout comment a-t-il procédé ? C’est ce que Pendergast et le sergent D’Agosta vont essayer de découvrir, dans un voyage qui les mènera de New-York jusqu’à la région de Florence en Italie, où les légendes et les superstitions prennent corps devant leurs yeux…

C’est le sergent D’Agosta de retour du Canada que nous retrouvons sur cette enquête, lui que nous avions déjà croisé sur les deux premières enquête new-yorkaise de Pendergast, Relic et Le grenier des enfers.
Pendergast est égal à lui-même : en tant qu’électron libre du FBI, il mène son enquête comme bon lui chante, enfreignant parfois les lois, mais toute en souplesse et avec le meilleur des goût.

Une suite de la saga agréable, même si ça n’est pas le meilleur opus selon moi. En revanche il donne une ouverture vers de nouvelles aventures que j’espère palpitantes, ce qui me donne très envie de lire la suite. Je pense pouvoir vous dire sans spoiler que Pendergast a un frère maléfique, qui va sûrement faire parler de lui bientôt. Chouette 🙂

Et cette première expérience de livre audio, me direz vous. C’est en échangeant avec Mickael sur le sujet que je me dit que je ratais peut-être quelque chose en n’ayant pas encore tenté d’écouter des livre, plutôt que de les lire. Les avantages sont multiples : possibilité de « lire » dans les transports en commun bondés, sur le chemin du boulot, ou encore pour s’endormir le soir, en mode « raconte moi une histoire »… Quelques inconvénient aussi forcément : il faut être concentré, ce qui n’est pas toujours facile dans la rue quand on essaye d’éviter les voitures. Du coup, la fonction de retour en arrière est bien pratique… mais impossible de scanner visuellement le livre pour retrouver le passage où on a lâché, ce qui rend la tâche parfois fastidieuse. Mais j’ai quand même bien accroché, et je vais continuer mon test avec mon nouvel abonnement Audible. Du coup j’ai le droit à un livre par mois… ce qui est suffisant avec les partenariats à côté !

A noter que cette lecture compte pour le challenge ABC, Nanet dans sa grande bonté autorise les livre audio 🙂

« Que le diable soit avec nous » d’Ania Ahlborn

Que le diable soit avec nousPetite virée en enfer, loin des chaudrons du Diable et des souterrains enflammés, mais dans un coin paumé des Etats-Unis au milieu de bois… Un décors parfait pour une histoire d’horreur, n’est-ce pas ? Voilà mon choix pour le partenariat Denoël du mois de février, un voyage dans le monde de la terreur, remplis de coins sombres et de monstres dans les placards.

Steve vit avec sa famille dans une petite ville d’Oregon, Deer Valley. Steve n’a pas la côte auprès des autres enfants d’une dizaine d’années : il bégaye, il a les idées confuses, et pour ne rien arranger il lui arrive d’avoir des hallucinations et a deux doigts en moins à une de ses main. Et côté familial ça n’est pas la joie : son père les a abandonnés, son beau-père, Le Tyran, lui mène la vie dure, son ado de frère l’évite comme la peste et sa mère fait ce qu’elle peut pour le considérer comme un enfant normal… Heureusement, il a un meilleur ami, qui se trouve être son cousin et voisin, Jude ! Ensemble ils passent des heures à construire une cabane dans les bois, pendant les vacances d’été.
Mais un jour, le malheur frappe tante Mandy et le reste de la famille : Jude a disparu ! Fan d’enquêtes policières et ne pouvant pas vivre sans son ami, Steve va tout faire pour le retrouver… mais les pistes qu’il découvre laissent présager le pire. Est-ce que Jude aurait été dans les bois travailler sur la cabane sans lui ? A moins qu’il ne se soit trop approché de cette maison abandonnée près de la route des bucherons ?
Mais le plus étrange, c’est lorsque quelques jours plus tard, Jude réapparait, l’air de rien… Mais Stevie n’est pas dupe, quelque chose en Jude a changé. Que lui est-il arrivé pendant son absence ?

Voilà un bon roman d’horreur classique, mais bien construit et efficace. Nous voyons l’histoire se dérouler via le regard de Steve, jeune garçon schizophrène… ce qui laisse parfois planer un doute sur la véracité de ce qu’il dit et ce qu’il voit. Est-ce que Jude a vraiment changé ? A-t-il vraiment vu un monstre près de la maison abandonnée, se déplacer dans l’ombre et le poursuivre jusqu’à la ville ?
La seconde partie du roman introduit Rosie, qui justement a vécu dans cette maison… Et l’imbrication des deux histoires laisse apparaitre ce qui est arrivé à Jude.
Le gros intérêt de cette histoire, c’est le flirte entre le thriller psychologique et le fantastique. La frontière entre la folie et le paranormal est ici suffisamment floue pour laisser libre cours à notre imagination et notre interprétation de l’histoire.

Je vois aussi dans ce roman une sorte d’hommage aux lectures d’horreur et fantastiques classiques… On n’est pas loin de Stephen King avec ses personnages assez archétypaux : le beau-père violent et odieux, les gamins à la sortie de l’enfance, le vieil homme sympa et mystérieux comme Ras, le propriétaire de la maison d’hôte où Rosie vient se ressourcer dans sa jeunesse, avant de s’apercevoir qu’elle est enceinte. D’ailleurs le personnage de Rosie me fait naturellement penser à un autre personnage féminin : Rosemary, du roman quasi-éponyme d’Ira Levin. Et quand on sait comment se termine sa maternité… Je ne dirais rien de plus !
Il pose aussi la question de la monstruosité et de la normalité… Jusqu’où une mère est prête à fermer les yeux par amour pour sa progéniture ?

Bref, un bon roman pour les amateurs du genre, qui me permet au passage de valider la lettre A du challenge ABC 2018 !

abc2018

Que le diable soit avec nous  d’Ania Ahlborn
Traduit de l’anglais par Samuel Sfez
Editions Denoël  Sueurs Froides – 352 pages
Paru le 8 février 2018

« Les garcons de l’été » de Rebecca Lighieri

Les garçons de l'étéPour le partenariat Folio, je me suis laissée tentée par une épreuve non corrigée… Lire un roman bien avant sa sortie officielle, c’est un petit plaisir non négligeable 😉
Comme cela m’arrive parfois, je choisi ce livre sans trop savoir de quoi il en retourne. Et bien, je pense qu’on se trouve ici devant un roman qui ne laissera personne indifférent…

Thadée et Zachée sont deux frères beaux comme des dieux, jeunes, grands, blonds et fans de surf. Alors qu’ils sont à La Réunion à pratiquer leur sport favori, Thadée se fait mordre par un requin à la jambe. Désormais amputé, il sombre dans la déprime la plus profonde, embarquant dans son désespoir toute sa famille. En effet, son accident devient le révélateur de toute l’horreur qui se cache sous les traits d’une famille modèle.

Et bien voilà une lecture ardue pour moi… à plusieurs moment, surtout dans le premier tiers, je me suis demandée si je n’allais pas arrêter. Ca n’était peut-être pas le moment pour moi… je ne sais pas.
Le fait est que j’ai trouvé que les personnages majoritairement antipathiques, et comme l’histoire se déroule sous forme de chapitres où chacun des protagonistes devient le narrateur, on a leur point de vu tour à tour à tour. Et vu le fiel qui se déverse entre les lignes, on a l’impression que l’auteur a des comptes à régler avec les familles bourgeoises des Pays Basques…
Du coup avec certains personnages c’était assez insupportable à lire… La mère par exemple, à qui on a envie de mettre de claque à la fin de chaque paragraphe… Ou encore la petite amie de Zachée, Cyndie, qui ne peut pas s’empêcher de partir dans des « chéris d’amour » au début de chaque phrase sur certains chapitres. Et je ne parle pas des références au monde du surf, qui sont très loin de me faire rêver…
Si l’histoire en elle même est tout de même interessante et digne d’un roman noir, le traitement peut fatiguer : comme on est dans la tête des différents narrateurs, on a énormément se digressions. Soit, elles permettent de dresser un tableau psychologique des personnages… mais cela devient parfois lassant.

Sur la fin on flirte presque avec le conte… dont la moralité m’a laissée perplexe. D’ailleurs je pense que l’intention de l’auteur est à peine voilé de se réapproprier le recette des mythes pour en créer un aux saveurs plus moderne.

Bref, je ne suis pas certaine de l’apprécier, même si j’admet que sa construction est intéressante et fonctionne bien : la famille bourgeoise modèle cache finalement une face monstrueuse… ou pire, « normale ».

Merci Folio… et une lecture de plus pour le challenge ABC !

abc2018

« Konbini » de Sayaka Murata

KonbiniPetit passage par le Japon pour le premier partenariat Denoël de l’année !
Sayaka Murata nous offre ici un visage urbain et dépersonnalisé de la société nipponne… mais ceux qui ont déjà voyagé la bas retrouverons l’ambiance particulière des supérettes ouvertes 24/24 h, les konbinis, une vraie institution locale !

Loin de se déplaire dans son rôle d’employée de konbini depuis 18 ans, Keiko Furukara s’en délecte. Elle est à sa place ici, en uniforme, à réciter ses phrases d’accueil aux clients, à remettre en place les rayons du magasin, à nettoyer le sol… Grâce à ce métier, elle se sent enfin intégrée. En effet, Keiko est bizarre… pour ne pas dire légèrement sociopathe. En s’appuyant sur une analyse de ses collègues et avec l’aide de sa sœur, elle a réussi à se bâtir une personnalité à l’apparence normale… Si ce n’est qu’à 36 ans, elle n’est toujours pas mariée, ce qui inquiète tout ses proches. Mais lorsque Shiraha vient occuper un poste dans le konbini, sa vie bien réglée se retrouve chamboulée.

Bien que mon petit résumé le laisse à penser, on est très très loin d’un roman d’amour ! La collision de deux personnalités asociales que sont Keiko et Shiraha nous livre une critique bien amère de la société japonaise… voire de beaucoup d’autre : qu’est ce que la normalité, la place du travail dans le rang social, celle du mariage et des enfants… ? Dans une société où le groupe prime encore sur l’individu (ce qui est encore plus vrai au Japon) que faire des personnes qui ne rentrent pas dans le cadre ?

Une lecture rapide au charme décalé que je conseille : elle permet non seulement de se poser des questions, mais aussi de voyager au milieu des bento et onigiri, un moment toujours agréable pour les fans du Japon comme moi 😉

Merci Denoël pour ce partenariat… et une nouvelle lettre dans le challenge ABC 2018 !

Konbini de Sayaka Murata
Traduit du japonais par Mathilde Tamae-Bouhon
Édition Denoël & d’Ailleurs – 128 pages
Paru le 11 janvier 2018

abc2018