« Morwenna » de Jo Dalton

MorwennaPour le partenariat Folio du mois de mai, j’ai une fois de plus fais confiance à mon instinct en choisissant Morwenna, d’une auteure qui m’était inconnue, Jo Walton. Ce roman paru en 2011 étant bardé de prix (Hugo, Nebula, British fantasy…), je me suis dit que je ne devais pas trop me tromper en le choisissant…

En Angleterre, en 1979, Morwenna, dite Mori, écrit son journal. A 15 ans elle vient de quitter le Pays de Galles, pour échapper à sa mère qui est une sorcière. A cause d’elle, sa sœur jumelle Morganna a été tuée dans un accident de voiture, et elle-même se retrouve handicapée par une jambe boiteuse.
Au terme de sa fugue, elle fini chez son père, Daniel, qui les avait abandonnées à leur naissance. Celui-ci vit avec ses trois sœurs, dans un manoir anglais… Mais Mori n’y restera pas longtemps : afin de parfaire son éducation, ils l’envoient dans un pensionnat de jeune filles. Dans cette campagne anglaise où la nature a peu de place, elle ne peut pas voir autant de fées qu’au Pays de Galles… Sa seule consolation sera pour elle la lecture de roman de fantasy et de science-fiction, et la possibilité de faire de la magie pour améliorer son quotidien et se protéger de sa mère.

Je suis assez pensive face à ce roman. J’ai beaucoup aimé le style de l’auteure, et c’est avec bonheur que j’ai plongé dans le journal de Morwenna et dans l’ambiance qui s’en dégage, so british. S’immiscer dans l’intimité et les questionnements d’une adolescente fans de SF est un vrai plaisir… Mais la présence d’éléments fantastiques comme la magie et les fées dans un quotidien aussi basique est assez déroutante.

La difficulté avec ce livre, c’est de le classer… Il est mis dans la catégorie science-fiction chez l’éditeur, mais pour moi on est plutôt dans le fantastique, voir la fantasy…. Si ce n’est dans les contes de fée.
C’est très certainement là que se trouve la clé de sa lecture : au fil des notes dans le journal de Mori, la typologie du roman évolue. Elle grandit au fur et à mesure que la nature des êtres qu’elle perçoit se transforme. Les fées passent d’elfes au nom empruntés au Seigneur des Anneaux, à des fantômes ou à des êtres indeterminés. En passant de la fantasy à la science-fiction, elle se détourne du passé douloureux à un avenir plein d’espoirs.
Les références aux classiques de la fantasy et de la SF sont nombreuses. Il n’y a pas une entrée de journal où Mori n’indique pas le roman qu’elle est en train de lire, et ce qu’elle en pense. Mais cela va plus loin je pense, bien que je manque de références pour étayer ma thèse. Les situations que vit Mori semblent emprunter à des romans qu’elle apprécie ou qui la marquent… Ce qui laisse à penser que toutes les situations qu’elle vit sont des fantasmes. Voit-elle réellement des fées ? Sa mère est-elle une vilaine sorcière ? Son père est-il sous le charme de ses trois sœurs qui l’enchainent au manoir ? Est-elle une adolescente rêveuse ou carrément atteinte de schizophrénie ? Et si en tant que lectrice je ne crois pas qu’elle voit vraiment des fées, c’est que j’ai perdu la capacité de croire à la magie dans ce monde… Ce roman est presque comme un test pour nous, lecteurs.

Bref, j’ai vraiment aimé ce roman. Au point où je projette de lister les romans qui y sont cité pour essayer d’en dévoiler sa réelle nature…
C’est une lecture qui peut sembler simple au premier abord, mais qui laisse la possibilité de creuser un maximum de piste pour le comprendre. Il va me rester un moment en mémoire je pense.

Au passage, j’utilise ce roman pour la lettre D du challenge ABC des littératures de l’imaginaire.

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« La musique du sang » de Greg Bear

La musique du sangVoici une lecture typique de challenge : pour la lettre B du challenge des littératures de l’imaginaire, je me suis décidée à piocher dans ma PAL à rallonge en science-fiction. Avis mitigé, sur ce roman de hard SF… mais au moins, je peux rayer un livre de ma liste de livre à lire !

Chercheur en biologie dans une firme pharmaceutique de pointe en Californie, Vergil Ulam ne peut pas se résoudre à ne travailler que sur les projets de son entreprise. Pour lui, l’avenir n’est pas dans les nano-puces qui pourront soigner le corps humain, mais dans les cellules humaines transformées en micro-ordinateurs. Et ses expériences interdites marchent tellement bien qu’il arrive à créer des cellules intelligentes, des supers leucocytes, qu’il se voit contraint de s’auto-injecter pour ne pas les voir détruites lorsqu’il est licencié.
Contrairement à ce qu’il pensait, les leucocytes manipulés par ses soins survivent dans son organisme, et commencent à modifier son corps, ses goûts et envies… jusqu’à lui parler ! Devient-il fou ? Ces cellules vont-elles agir comme des virus, et tenter de se reproduire pour explorer l’univers hors de son corps ? Qu’est ce qui pourrait arrêter ces cellules intelligentes, capable d’agir de concert et de s’adapter à toutes les situations ?

Si ce pitch de départ est très alléchant, un brin branché sciences dures, mais tout de même compréhensible… il m’a semblé beaucoup moins attrayant au bout d’un moment. Un quart du livre est dédié à la découverte des cellules intelligentes, à comment Vergil va appréhender la chose, essayer d’en parler à des collègues… Ensuite, on perd de vue cet aspect mystérieux pour attaquer vraiment des concepts de hard SF qui m’ont un peu laissé de côté, tout en évoluant dans un univers très fantastiques, difficilement concevable. Seul le concept de cellule comme porteuse de mémoire de nos aieux m’a un peu fait rêver, mais n’est pas assez exploité à mon goût.
Bref, je n’ai pas vraiment apprécié les trois quart du livre
Sans être détestable, ou ennuyeux, il a manqué quelque chose pour m’emballer. Sous certains aspects, ce roman m’a rappelé L’œuf du dragon de Robert L. Forward : une plongé dans le monde de l’incroyablement petit, la découverte de civilisations là où on ne les attend pas, les tentatives de communication avec elles… Sauf que ce dernier était plus axé story-telling, accessible, et avait une touche d’humour qui manque totalement à La musique de sang.

Un roman que j’aurai du mal à conseiller, sauf aux amateurs du genre. Un avis mi-figue, mi-raisin… typique des roman qui partent super bien, et s’essouflent avant la fin. Dommage !

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« Les Mortes-Eaux » d’Andrew Michael Hurley

mortes-eauxAu hasard des lectures des partenariats, on découvre des petites perlesLes Mortes-Eaux, premier roman d’Andrew Michael Hurley publié en 2014, en fait partie. J’ai adoré l’ambiance sombre de la campagne anglaise qui hante ces pages, totalement intemporelle, où on se doute que tout peut arriver.

En 1973, une petite congrégation de Saint Jude’s à Londres part pour plusieurs jours en pèlerinage pascal. Direction une vieille maison en pleine campagne, sur les côtes anglaises du Lancashire, au Loney.
Ces quelques jours entre eux ont entre autre pour objectif de guérir par la prière Andrew, le fils des Smith handicapé mental et muet… Cette année, contrairement aux précédentes, ils espèrent bien y arriver en l’emmenant au « Lieu Saint ». Mais leur but est aussi de se recueillir autour de la mort du père Wilfried, décédé quelques mois plus tôt dans des conditions obscures. Lui qui les avaient accompagnés dans leurs foi pendant des dizaines d’années aurait certainement aimé les savoir encore ensemble, dans cette demeure fouettée par la pluie et le vent.
Mais cette fois-ci, c’est sans compter sur la présence envahissante des villageois… et de l’ambiance plus que lugubre qui hante les lieux.

Atmosphère gothique et pesante au rendez-vous dans ce roman qui flirte, mine de rien, avec le monde fantastique.
L’approche à la première personne -le roman étant rédigé par le frère d’Andrew- est très bien vue. Dès le début on sait que le dernier pèlerinage à confronté la congrégation à une situation étrange. J’ai imaginé lesquelles, sans trop me tromper… mais c’est tout de même avec délectation que j’ai découvert la vérité !
Ce que j’ai apprécié dans ce roman, c’est que la religion catholique telle qu’elle y est pratiquée oscille entre Dieu et Diable… voir avec des rites païen et légendes locales… Une sorcière aurait vécue pas loin d’ici. Mais un Lieu Saint, où une eau miraculeuse jaillit, se trouve aussi dans les parages.
Cette tension permanente dans la croyance se retrouve dans les dogmes imposés par le père Wilfried, très friand de punition humaine et divine, et par la mère des enfants, Momon, dont la pratique du culte vire à la manie et à la superstition. Bien et Mal se croisent, jusqu’à ne faire plus qu’un.

coup de coeurUne super découverte qui mérite bien un coup de cœur ! Le livre va commencer dès aujourd’hui son petit tour de prêt auprès de mes proches :)
Merci Denoël pour ce partenariat !
Au passage, j’inscris ce roman dans le challenge ABC des littératures de l’imaginaire.

Les Mortes-Eaux d’Andrew Michael Hurley
Traduit par Santiago Artozqui
Editions Denoël, collection Gothic – 384 pages
Paru le 2 mai 2016

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« La Stratégie Ender » d’Orson Scott Card

La stratégie EnderS’il y a bien un classique de la science-fiction qu’il manquait à mon palmarès, c’était bien celui-ci ! Un petit coup de challenge ABC des littératures de l’imaginaire, et voilà qui est réparé.
Je dois dire que je n’ai pas été déçue par ce roman, paru en 1985, et premier d’un cycle de 6 romans… de quoi continuer à me faire plaisir dans cet univers si particulier, mêlant réel et virtuel.

Il y a 50 ans l’humanité a vaincu pour la seconde fois les armées de Doryphores, une espèce extra-terrestre très puissante. Mais pourront-ils les repousser une troisième fois ?
C’est dans ce but que l’armée recherche parmi les enfants les plus intelligents celui qui pourrait être leur sauveur, le futur commandant de la flotte humaine de défense contre cette horde alien.
Andrew dit Ender, troisième enfant de la famille Wiggin, est décelé par le colonel Graff alors qu’il n’a que 6 ans… Il est très talentueux, mais pourra-t-il faire preuve de l’aggressivité nécessaire pour exterminer l’ennemi quand le moment viendra ? C’est ce que sa formation militaire dans une base spatiale va tenter de déterminer… Et celle-ci ne se passera pas sur les bancs de l’école, ni sur un terrain d’entrainement, mais dans le monde des jeux de simulation.

Voilà qui me parle : comment les jeux de simulations, dans le monde réel ou virtuel, vont conduire Ender à devenir ou non, le héros du monde terrien libre ! Jamais le jeu n’aura été pris autant au sérieux, et c’est très bien.
Ender qui commence sa formation enfant n’en a que l’âge : il est loin d’être immature, et a une intelligence stratégique hors du commun. L’écriture d’Orson Scott Card m’a complétement fait adhérer à ce personnage, à ses craintes de devenir violent comme son frère Peter, à ses accès de fureur devant les injustices du monde des adultes, à son amour réciproque pour sa sœur Valentine… Bref, ça a été un vrai plaisir de retrouver ce personnage au fil des pages. Enfant à part, il ne cesse d’être le pion de l’armée, manipulé par l’école et par Graff, mais pour la bonne cause… celle de la survie de l’humanité. La survie du plus grand nombre mérite-t-il de mettre sous pression ainsi un individu ? Voilà bien un des axes de réflexion qu’on retrouve souvent en science-fiction, et il est ici traité avec brio en mon sens, là où d’autres le font de manière moins souple et sans émotion.
Difficile sinon de résumer et d’expliquer ce qui fait l’attrait de ce roman… peut être son humanité, pour le meilleur et pour le pire !

Une superbe découverte. J’espère avoir bientôt l’occasion de lire sa suite, La voix des morts… La fin de ce premier tome m’a laissé sur ma faim justement 😉

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« L’héritage impossible » de Anne B. Ragde

L'héritage impossibleMieux vaut tard que jamais… La Chèvre Grise va enfin pouvoir récupérer le troisième tome de la série de « La terre des mensonges » qu’elle m’a prêté il y a bien deux ans. Ça n’est pas que je ne voulais pas découvrir la suite et fin de la saga familiale des Neshov, mais le temps passe tellement vite entre deux sessions de challenges littéraires, de partenariats…

Après le suicide de Tor, son père, Torrun se retrouve seule à la ferme des Neshov dont elle hérite, dans un coin près de Trondheim. Elle doit non seulement s’occuper de l’élevage de porcs, mais aussi de son grand-père et de la maison. Harassée de fatigue et se sentant coupable de la mort de son géniteur, elle glisse peu à peu dans une dépression.
Est-ce que les projets de ses oncles vont lui redonner la joie de vivre ? Entre Margido qui veut créer un hangar de stockage de cercueils auprès de la ferme, ou Erlend qui souhaite bâtir une maison de vacances dans les silos à grains ? A moins que son aide à la ferme, le beau Kai Roger, finisse par la faire succomber ?

Si les deux précédents tomes n’étaient pas super gais, celui-là est encore plus plombant
Mais où est le bonheur dans ce coin de la campagne norvégienne ? Tout est terne et pesant à la ferme des Neshov… On a commencé avec les secrets de famille dans le premier roman, puis un suicide dans le second. Et là une dépression pour couronner le tout.
On comprend pourtant le ras-le-bol de Torrun, laissée seule aux rênes de l’entreprise agricole à la mort de son père, pour le plus grand soulagement de ses oncles… mais j’ai tout de même eu du mal avec le personnage dans ce tome. Déprime, alcoolisme, auto-destruction, repli sur soi… Pfff… A ne pas savoir si elle veut garder la ferme et les porcs, ou faire autre chose de la propriété… Et à se rabacher que Kai Roger essaye de la séduire que parce qu’il en veut à son héritage. Bref, lourde… On a envie de la prendre et de la secouer !
Heureusement, la vie d’Erlend l’oncle homo est là pour nous faire un peu sourire. Lui qui va bientôt être papa avec son conjoint Krumme, avec l’aide d’un couple de lesbiennes. Même Margido devient presque fun dans ce tome, alors que son métier de pompe-funèbre nous laisserait penser le contraire.

Enfin malgré cette frustration de passer à côté du happy end tant souhaité, on doit bien avouer que nous sommes face à un roman réaliste : la famille c’est bien, c’est tout ce qu’il reste quand on n’a plus rien… mais c’est aussi la source de beaucoup de déceptions.
En une année à Neshov, finalement la situation n’a pas beaucoup évoluée en terme relationnel : chacun de leur côté avant, chacun de leur côté après…

Objectivement, ce triptyque est vraiment à découvrir. Les personnages et leurs relations sont bien brossées, et les paysages donnent qu’une envie : visiter la Norvège. Quant à rencontrer ses habitants… je ne sais pas vraiment 😉

« Piste noire » d’Antonio Manzini

piste noirePour le partenariat Folio du mois dernier, j’ai choisi un roman que j’avais hésité à prendre chez Denoël lors de sa parution en 2015 : Piste noire.
Ce roman policier, dans le plus pur sens du terme, nous emmène mener l’enquête dans les paysages enneigés italiens… Ça change des thrillers américain, et ça a même tendance à me réconcilier avec le genre !

C’est la saison des sports d’hiver à Champoluc… et c’est juste à ce moment qu’un cadavre est retrouvé sous une dameuse, dans un sale état. Est-ce un accident ? Ou alors une tentative pour dissimuler un meurtre ?
C’est le sous-préfet Rocco Schiavone, muté depuis peu dans la région d’Aoste, qui va devoir répondre à cette question. Avec un style romain détestable au possible, il va analyser chaque indice et cuisiner le moindre témoin… dans un petit village où tout le monde se connait.

Ce roman policier m’a donné un peu de fraicheur dans les transports en ce mois d’avril. Il se lit très bien, et on se prend vite au jeu de l’enquête. Le personnage de Rocco, odieux, dragueur, violent… et tout simplement con par moment, est un véritable atout dans le récit. Au fil des pages, on se prend non seulement à le trouver sympathique, mais aussi à avoir de l’empathie pour lui.
Pour ce qui est de l’enquête, le dénouement n’est pas révolutionnaire, mais a le mérite d’être spectaculaire !
J’ai aussi beaucoup apprécié l’ambiance montagnarde, les images de paysages alpins italiens, et l’odeur des bons petits plats de risotto… Y-a-t-il un seul roman italien ou l’évocation de la nourriture ne fait pas rêver ?

Bref, bonne pioche avec ce partenariat ! Je le conseille aux amateurs de roman policier, sans hésitation !

Merci Folio !

« Vostok » de Laurent Kloetzer

VostokTrois ans après le très bon roman écris à quatre mains sous le nom L. L. Kloetzer, Anamnèse de Lady Star, voici Vostok, dont l’histoire se déroule dans le même univers. Monde dystopique, extra-terrestres, nouvelles technologies, et une Terre au bord du précipice… De bons ingrédients pour un roman de SF français !

Le chef d’un gang chilien, Juan, va pour se racheter face au chef du cartel local lui promettre l’accès au Vault, le réseau informatique des Andins,ceux qui contrôle le climat, l’économie, la société entière…et fait régner la terreur avec ses drones armés. Pour ce faire, il va embarquer sa jeune sœur Leo et une partie de son gang à Vostok, une base en Antartique abandonnée des russes voilà plus de 20 ans. Leur objectif : forer la glace sur plus de 2000 mètres pour atteindre un lac souterrain, où se trouverait la clé du Vault. Arriveront-ils à leur fin, dans un univers stérile et glacé ? Leo qui a été embarquée dans cette histoire de force pourra-t-elle supporter la vie à Vostok ? Comment le ghost de Leo, un extra-terrestre éthéré va vivre cette aventure ?

J’ai beaucoup aimé ce roman, qui m’a semblé un peu plus accessible que son prédécesseur. On suit principalement Leo dans cette histoire, une jeune femme de 16 ans à peine, plongée dans l’enfer des guerre de cartels puis dans un huis clos plein de tension en Antartique. Le contraste entre les deux univers est évident, mais la souffrance et la rage de vivre est la même dans ces deux endroits ! Heureusement, elle a pour elle d’être très intelligente, et d’avoir à ses côté son ghost Araucan. Ce garçon apparaît et disparaît sans raison, a besoin de se nourrir de choses et de situations nouvelles, et ne peux pas contre-dire les humains auprès de qui il vit, jusqu’à en souffrir.

Le côté science-fiction est bien amené, et nous fait dire que le monde présenté ici n’est pas si différent du notre. Les moyens de communication sont plus évolués, le contrôle du climat existe vraiment, les drones font partie intégrante du paysage militaire… Le monde de demain en somme… Mais un monde proche de l’apocalypse : cyclones, pluies torrentielles, clivages sociaux, guerre informatique …

Une très bonne lecture, que j’ai dégusté à mon rythme, tout comme le premier tome. C’est un livre qui demande un peu de temps pour se plonger dedans, mais qui est fin et passionnant. Je le conseille, même si vous n’avez pas lu Anamnèse de Lady Star.

Merci aux éditions Denoël pour ce partenariat, qui me permet d’avance en plus dans mon challenge ABC des littératures de l’imaginaire.

Vostok de Laurent Kloetzer
Éditions Denoël, collection Lunes d’encre – 432 pages
Paru le 17 mars 2016

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« Le charme discret de l’intestin » de Giulia Enders

Le charme discret de l'intestin

J’ai moi aussi succombé à ce best-seller que je vois encore entre de nombreuses mains dans les transports en commun.
L’an dernier l’auteur de cette étude, une jeune doctorante allemande, avait fait le tour des émissions TV, transcendant les présentateurs rigolards par des histoires de caca à heure de grande écoute. Mais ce livre n’est pas qu’un recueil de blagues scatologiques, mais bien une étude sur le système digestif et les intestins en particulier, reprenant et expliquant les dernières découvertes dans le domaine.

J’ai apprécié le petit côté humoristique insufflé par la plume de l’auteur à ces pages et les illustrations rigolotes de sa sœur. En plus, j’ai appris énormément de choses ! Ce livre est passionnant pour qui cherche à vivre mieux avec son ventre, et ceux que les scientifiques considèrent dorénavant comme notre deuxième cerveau, nos intestins !
On y voit plein de choses sur la digestion, la valeur de certains aliments, et surtout l’importance des bonnes bactéries dans notre tube digestif. L’étude de ces petites bestioles semble être un nouvel eldorado pour la recherche médicale, et laisse présager le meilleur pour les années à venir !

Je conseille donc vivement cette lecture, qui est très accessible de par son côté pédagogique et sa touche de légèreté sur un sujet qui pourrait ne pas l’être.

« Les Brillants » de Marcus Sakey

Les brillantsPour la sélection Folio du mois dernier, je me suis laissé tenter par Les Brillants, de Marcus Sakey, présenté comme le croisement entre la série Heroes et des X-Men. Chouette, j’adore les super-héros ! Il n’en fallait pas plus pour me donner envie de lire ce livre ! Je suis passé outre le fait qu’il soit édité dans la catégorie Policier chez Folio… et non en Science-Fiction. Pour tout dire, ce livre me laisse un peu un goût amer… un peu dystopique, un peu policier, beaucoup thriller

Dans un monde qui pourrait être le nôtre, les brillants, ou « anormaux », sont des êtres-humains ayant le potentiel d’Albert Einstein, dans des disciplines variées : stratégie, lecture de schémas corporels, anticipation de trajectoires… Ces génies peuvent donc facilement devenir des maîtres de guerre, de fins psychologue lisant dans les pensées, ou des passes-murailles. Depuis les années 80, 1% de la population qui naît est composée d’anormaux.
L’agent fédéral Nick Cooper, lui-même anormal, travaille dans un service qui a pour objectif de contrôler cette minorité. En effet, des terroristes anormaux, menés par John Smith, sèment le chaos, liguant normaux et anormaux les uns contre les autres. Mais c’est quand celui-ci fait sauter la place du marché mondial, et 1000 civils innocents, que l’affaire va prendre une autre tournure pour Cooper.
Pour arrêter ce monstre, Cooper doit abandonner son statut d’agent fédéral, et infiltrer le réseau terroriste en se faisant passer pour l’un d’eux…
Mais quelle vérité découvrira-t-il lors de sa traque ?

Bon, il faut l’avouer, je ne suis pas une grande fan de roman de ce genre : action, pseudo-enquête, infiltration et espionnage… je pensais que le côté science-fiction prendrait le pas, mais non, pas vraiment. Les pouvoirs des « anormaux » sont un peu trop réalistes : finalement ce ne sont que des génies (ok, c’est déjà ça…). Pas de mecs qui tirent des lasers avec ses yeux ou qui arrête le temps ici.
On voit un peu comment a tournée la société grâce (ou à cause) des anormaux : des avancées technologiques incroyables, un monde sans guerre de religions mais en pleine guerre de castes… Intéressant, mais trop léger pour vraiment m’accrocher.

En ce qui concerne le style, je n’ai vraiment pas été conquise. Pas d’humour ni de second degré… C’est du sérieux ! Entre action et drame, peu de place pour la légèreté ! Mais malgré ça je n’ai pas ressenti l’excitation ou le suspense entre les lignes.

A vouloir faire trop réaliste, sans tomber dans le sordide des romans noirs, l’auteur a créé des personnages sans saveur… Son héros, Cooper, est vraiment trop lisse : bon père de famille divorcé, mais encore proche de son ex-femme, qui est loyal à sa hiérarchie, prêt à se sacrifier pour une cause, un super combattant, intelligent, sensible… Tout pour plaire… ou exaspérer !

Bref, je ne lirais pas le tome 2 de cette série… et oui, un seul roman ne suffisait pas !
Je me suis ennuyée ferme… Après il faut avouer que je ne suis vraiment pas une adepte des roman policier / action… D’autres trouveront peut-être leur compte ? A priori oui vu les commentaires élogieux sur d’autres sites 😉

Enfin cette lecture me permet tout de même d’avancer dans le challenge ABC des Littératures de l’imaginaire !

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« Nom d’un chien » d’André Alexis

Nom d'un chien

En voilà encore une belle découverte grâce au partenariat Denoël du mois dernier ! La quatrième de couverture avait tout pour me plaire : des dieux grecs et des chiens qui parlent, comme dans Demain, les chiens de Clifford Simak. Mais point de mondes utopiques ici, mais plutôt un conte philosophique bien ficelé.

À Toronto, Hermès et Apollon se saoulent et se disputent … Est-ce que les humains sont pires ou meilleures quelles autres êtres vivants ? Est-ce qu’un animal doté de l’intelligence humaine serait encore plus malheureux que lui ? Voilà un bon objet de pari pour les deux dieux : ils dotent quinze chiens d’intelligence, et si un seul meure heureux Apollon perdra…
On va donc suivre quinze chiens, d’abord enfermés dans une clinique vétérinaire, et voir ce qu’ils vont faire de cette intelligence. S’échapper et s’entre-aider, inventer un langage et communiquer, accepter ce changement ou le nier… Ce qui est certain, c’est que cet éveil n’est pas pour tous une réelle source de bonheur ! Mais un seul d’entre eux rendra-y-il son dernier souffle heureux ?

J’ai pris un réel plaisir à suivre les péripéties de ces personnages atypiques. La vision du monde au travers les yeux de chiens, leurs relations dans la meute, et aussi la manière dont ils interprètent les réactions et les jeux de domination humains sont vraiment enrichissantes… Les propriétaires de canidés feraient mieux d’en prendre de la graine 😉
Sur les quinze chiens, il y a forcément des héros auxquels on s’attache, ou sur qui le focus est fait, comme Majnoun le caniche qui va apprendre la langue des hommes, ou Prince le poète de la « langue de la meute ».  Il est d’ailleurs intéressant de lire les dernières pages du livre pour apprendre comment les poèmes canins de cet ouvrage sont créés, sur la base de l’Oulipo.
Jusqu’au bout j’ai espérés quel un d’eux trouve le bonheur… Pas évident pour des êtres tellement à part, voyant leur culture se réduire au rythme des décès dans la meute.

Il est aussi amusant de voir comment les dieux de tout l’Olympe vont prendre part de près ou de loin à l’histoire de ces chiens, comme dans les grands classiques de la littérature, rendant encore plus poignant cette tragédie où se mêlent toutes les passions : joie, haine, peur,…

Une belle découverte, que je vais rapidement faire tourner autour de moi :)

Au passage, ce titre va me permettre de remplir la lettre A du challenge ABC des littératures de l’imaginaire.

Nom d’un chien d’André Alexis
Traduit par Santiago Artozqui
Editions Denoël – 256 pages
Paru le 18 février 2016

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