« Jin, tome 4  » de Motoka Murakami

Jin tome 4J’ai rencontré il y a peu un collègue de travail fan du Japon et des mangas… Une occasion en or pour échanger sur le sujet, et surtout de s’emprunter mutuellement quelques titres.
Sur ses conseils, je me suis plongée dans la série Jin, débutée en 2001. Voilà une histoire qui a tous les ingrédients pour me tenir en haleine ! Je n’ai pour le moment parcouru que les 4 premiers tomes, mais je me sens d’attaque pour lire la saga jusqu’à la fin !

Jin Minakata est un chirurgien opérant dans un CHU de Tokyo. Après une intervention très étrange sur un patient, il se retrouve propulsé dans le passé en 1862, en plein ère Edo, dans la capitale du pays. Grâce à ses compétences en médecine hors du commun pour l’époque, il va pouvoir aider les personnes qu’il croise, et soigner des maladies jusque là mortelles, comme la rougeole ou le choléra. Aidé par la jeune Saki, fille de la famille Tachibana qui l’a accueillie, il va faire d’elle une infirmière. Tant de connaissances et de compétences vont à la fois lui permettre de nouer des amitiés, mais aussi et surtout s’attirer des ennuis : les médecins suivant les préceptes des écoles chinoises ou occidentales voient d’un mauvais œil l’arrivée d’un tel concurrent !

C’est avec plaisir que je suis les aventures de Jin et des personnages qui finissent par se regrouper à ses côtés ! Saki l’infirmière avec qui il a une relation amoureuse naissante, mais aussi Nokazé la courtisane de luxe au grand coeur, son ami le ronin Ryoma, le personnage sans gêne et marrant de l’histoire. Les situations et les personnages s’étoffent au fur et à mesure que le récit avance. Et comme souvent avec ce type de manga, la qualité du contenu est au rendez-vous : l’auteur est très documenté, et a été aidé par des centres de recherche, écoles… pour décrire des opérations, des soins, le fonctionnement d’objets médicaux… et la toile de fond historique semble être assez solide aussi.

Jin planche

Côté dessins, rien a redire : des paysages travaillés, des personnages expressifs, des détails techniques maîtrisés… Du bon boulot, ce qui en fait un manga très agréable à lire ! Si vous avez l’occasion, foncez ! L’édition française vient juste de se terminer : les 20 tomes sont disponibles chez nous !

« Mauvaise étoile » de R. J. Ellory

Mauvaise etoileVoici le second roman que je lis de R. J. Ellory, la star du roman noir. J’avais beaucoup aimé Seul le silence, et  j’attendais le bon moment pour retenter l’aventure. Le hasard à bien fait les choses puisqu’on m’a donné Mauvaise étoile, écrit en 2011Un petit challenge ABC pour me mettre le pied à l’étrier, et c’est parti ! Mais si on voyage bien avec ce roman, je ne promet pas que celui-ci soit toujours très agréable et bucolique en revanche…

Clay Luckman ne mérite pas vraiment son nom « d’homme chanceux »… À 17 ans il n’a connu que les orphelinats et les maisons de correction, après avoir assisté à l’assassinat de sa propre mère. Son demi-frère à peine plus âgé que lui, Digger Danziger, le protège pendant toute cette période… Jusqu’au jour où ils se retrouvent tous les deux kidnappés par Earl Sheridan, un condamné à mort en fuite.
Si Clay est terrorisé par la violence et le sadisme d’Earl, qui n’hésite pas à violer et assassiner dès que l’occasion se présente, Digger est quant à lui fasciné. Le destin va vouloir que Clay puisse fuir de son côté avec une jeune fille, Bailey, échappée d’un des massacre du nouveau duo de tueurs : Earl et Digger. Combien de temps ce couple d’assassin va-t-il sévir ? Est-ce que Clay va pouvoir leur échapper ? Et que fait la police dans tout ça ?

Une chose est certaine, ce roman noir est palpitant comme un thriller… On a pas le temps de s’ennuyer malgré la densité de ce livre. Par contre il est tellement sombre que j’appréhendais de l’ouvrir, jour après jour… Je crois que c’est la première fois qu’un livre me fait ça, et je ne sais pas trop si on peut dire que c’est agréable comme sensation. En tout cas je pense que c’est un signe de qualité pour ce genre de roman. Des meurtres gratuits en pagaille, qui ne sont à la fois violents et un peu gore… Le pire, c’est que l’auteur arrive à nous rendre sympathique en 3 pages un parfait inconnu, qui sera dezingué en quelques lignes… Triste. Que dire donc du suspense durant ces 535 pages : nos héros Clay et Bailey se feront-ils torturer et massacrer ? Une tension de chaque instant ! On sait que la mauvaise étoile de Clay, si souvent citée, va forcément le remettre sur la route de son psychopathe de demi-frère…

Un très bon roman, que je recommande de lire quand tout va bien dans votre vie ! Il y a quoi devenir sacrément pessimiste quand on resort de ces séances de lecture… Mais je le conseille pour les fans du genre, et je sais qu’ils sont nombreux 😉

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« Ippo : La rage de vaincre, tome 1  » de George Morikawa

IppoÇa faisait un petit moment qu’on cherchait avec mon copain une série de manga classique, alliant humour, action et émotion… Je crois qu’on vient de mettre la main dessus avec Ippo, un shonen débuté en 1989 au Japon, et qui est encore en cours aujourd’hui. On va avoir de quoi faire, une centaine de tomes sont déjà sortis !

Ippo Makunouchi, 16 ans, est un jeune homme qui profite peu de sa vie de lycéen. Il aide sa mère avec son bateau de pêche, ce qui lui attire les brimades et moqueries des voyous de l’école… Un jour où il se fait tabasser par trois racailles, Mamoru Takamura, un boxeur, l’aide à les faire fuir et le soigne. Il s’aperçoit un peu par hasard que malgré sa timidité et son manque d’assurance, Ippo pourrait devenir un bon boxeur : sa frappe est puissante, et il sait encaisser les coups ! Mais avant d’avoir le droit de s’entraîner, il va devoir prouver à Mamoru et son grand-père qu’il est vraiment motivé à mont et sur le ring !

Je ne suis pas spécialement fan de mangas de sport ou d’action, mais j’ai adoré celui-ci ! Le dessin classique est vraiment bien, et m’a fait penser à des séries comme Dr. Slump. On trouve beaucoup d’humour dans ces pages : Ippo débute dans la boxe et a vraiment un style très particulier… ridicule même ! Mais c’est ça qui est bon ! J’ai sourit et rit plusieurs fois, ce qui est assez rare.

Ippo planche

On se doute bien que malgré ses débuts difficiles Ippo va devenir un champion, mais le déroulement de l’histoire rend complètement accroc : d’un chapitre à l’autre, on brûle de savoir la suite ! Autant vous dire que j’ai lu ce manga d’un traite !

On m’a prêté ce premier tome, mais on est tellement fans qu’on va s’acheter la suite. Un manga classique à mettre entre toutes les mains, ça se garde comme le bon vin :)

Au passage, voici une lecture pour le petit BAC 2015, catégories Prénom.

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« Le chat qui lisait à l’envers » de Lilian Jackson Braun

Le chat qui lisait à l'enversCa faisait un petit moment que je voulais découvrir la série de romans policiers de « Le chat qui… », débutée en 1966 avec ce livre, plus pour la référence aux félins que tout autres choses. Et enfin, j’ai réussi à le caser dans un challenge ABC, histoire de me mettre un peu de pression pour me lancer dans l’aventure !

Jim Qwilleran est un journaliste plus très jeune qui vient de prendre un nouveau poste au Daily Fluxion… pour chroniquer la rubrique des arts. Lui qui n’y connaît absolument rien se retrouve en milieu inconnu ! Il faut avouer que les artistes, galeristes, amateurs d’arts et critiques ne lui rendent pas la tâche facile. Impossible pour lui de savoir ce qui est bon et ce qui est beau, dans ce fouilli d’œuvres sur d’art contemporaines !
Et ce n’est pas le critique vedette George Bonifield Mountclemens qui va réellement l’aider à savoir que penser de la scène artistique de la ville, celui-ci ruinant la réputation des artistes les uns après les autres. Cet homme au caractère lunatique a un grand ami : un chat siamois nommé Kao K’O Kung – dit Koko – qui sait lire les titres de journaux en les déchiffrant à l’envers et qui semble être doué de pouvoirs de prémonition. Est-ce que ce félin va pouvoir aider Qwilleran à comprendre pourquoi un galeriste a été assassiné ?

Voici une lecture sympathique, au charme légèrement désuet, mais qui ne manque pas de scènes amusantes pour qui aime les chats ! L’enquête quant à elle commence assez tardivement, le temps de poser le décors et les personnages. Il faut attendre pas loin de la page 100 pour que le premier meurtre soit commis… Ce qui n’est pas si grave si on se dit que c’est l’ambiance plus que l’investigation du journaliste qui prime !
Le milieu de l’art est assez bien vu. Jalousies entre artistes, questionnements sur ce qu’est l’art moderne… Qwilleran et sa naïveté apportent une touche de fraîcheur dans ce monde.
Le chat est très bien croqué sous la plume de l’auteur, et l’originalité vient du fait qu’il prend part à l’enquête, en aiguillant le journaliste… ou en l’inspirant tout simplement.

Bref, pas le roman policier du siècle, mais j’ai tout de même apprécié le récit. Le livre est agréable à lire, court… Une expérience à renouveler !

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« Battle Royale » de Koushun Takami

Battle RoyaleAyant adoré Hunger Games de Suzanne Collins et apprécié Sa majesté des mouches de William Golding, il fallait que je lise ce que certains considèrent comme le chaînon entre ces deux œuvres : le roman japonais Battle Royale de Koushun Takami, écrit en 1999. Et bien, je regrette de ne pas avoir découvert plus tôt ce roman ! Même si la découverte précoce de ce livre aurait peut-être mis en sourdine mon adulation pour Hunger Games

Dans un Japon moderne sous le joug d’une dictature, des classes entières de 3ème sont envoyées chaque années sur des aires de combat, pour suivre le Programme organisé par le gouvernement. Ces adolescents doivent se battre sur une île, avec en leur possession une arme choisie au hasard par le superviseur du jeu. Et leurs ennemis ne sont autres qu’eux mêmes : un seul survivant sortira de l’île… Ils devront donc s’entre-tuer !
Cette année, c’est la classe de Shûya Nanahara qui se retrouve choisie pour le Programme. Mais comment des amis et camarades de classes pourront en arriver à se tuer les uns les autres, eux qui sont tellement soudés habituellement ? C’est ce que nous allons découvrir à grands renforts de combats et de sang !

Avec Battle Royale, on ne chipote pas ! Quarante-deux élèves à éliminer, de quoi laisser libre cours à l’imagination macabre de l’auteur… Et j’adore ça ! Pas mal de scènes trash et gore, mais ce n’est là que la surface du roman. En effet, son créateur cherche plutôt à nous questionner sur l’humanité de ses personnages et la notre. Jusqu’où serait- on prêt à aller pour notre propre survie ? Jusqu’au meurtre ? Serait-on capable de faire confiance réellement à un ami ? Et a une simple connaissance, voir un inconnu ? Devant chaque dilemne, chaque situation, on se demande ce qu’on aurait fait, dans ce grand jeu de la survie.

Comme je le disais plus haut, ce qui m’a un peu perturbé au début, c’est la ressemblance de ce roman avec Hunger Games : des ados qui doivent s’entre-tuer dans un état dictatorial, chacun possédant une arme reçue un peu au hasard, les dilemnes sur les alliances à créer ou non, les noms des morts diffusés par l’organisateur à heures régulières, des zones qui deviennent interdites ou dangereuses pour concentrer sur une zone les concurrents… Et j’en passe ! Tout cela finalement ne retire pas de la qualité à la trilogie americaine, qui surfe plus sur le créneau contemporain de l’hypermediatisation. Mais quand même… Je vais avoir du mal à ne pas comparer les deux encore quelques temps, et par conséquent revoir mon engouement pour la série de Suzanne Collins.

En tout cas je vous conseille ce roman plein d’énergie, qui ne laisse aucune seconde de répit, et ceux jusqu’aux dernières pages. Un grand classique c’est certain ! A l’occasion je me pencherai sur le film et les mangas… Apparement il prennent un angle légèrement différent.

Et voilà au passage une nouvelle lecture pour le challenge ABC, pour la lettre T !

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« Le gourmet solitaire » de Jirō Taniguchi et Masayuki Kusumi

Le gourmet solitaireCa faisait un petit moment que je lorgnais sur ce manga… Et surprise ! La semaine dernière La chèvre grise me l’a offert ! Autant vous dire qu’il n’est pas resté très longtemps dans la zone « à lire » de ma bibliothèque.

Le gourmet solitaire que nous accompagnons dans les chapitres de ce manga est en fait un commercial, importateur d’objets au Japon. Son métier l’oblige à voyager dans le pays et dans les nombreux quartiers de Tokyo… et de fait de manger dans des restaurants et gargotes toujours différentes, à des heures parfois improbables. Ses découvertes, bonnes ou mauvaises, sont une invitation au voyage culinaire bien entendu. Mais ses pas dans la ville et ses séances de dégustation vont lui permettre de faire des rencontres, entendre des histoires et de se souvenir d’anecdotes de son passé.

Voilà donc une lecture quasi poétique et contemplative autour de deux sujets qui me passionnent : la bouffe et le Japon. Moi qui suis en plein questionnement sur mes vacances de cet hiver… Je dois avouer que ce livre me donne très envie de voyager au Japon pour goûter tous ces plats que le gourmet solitaire a pu manger ! Les brioches au barbecue, les bento auto-chauffant, les barbecues coréens, les sushis d’otoro, les soupes miso… Ca donne envie ! Outre cet aperçu de plats, j’en ai appris plus sur la façon de manger là bas : on picore au bar, des plats sans riz, puis on retourne chez soi ou dans un restaurant manger un plat avec du riz. On a l’impression que sans riz, un repas est raté… Pire, il en a même pas le nom ! La diversité des restaurants dans ce pays donne le tourni : chacun à sa spécialité, ses codes et usages. Mais certains les brisent… comment faire pour s’y retrouver alors ?

Le gourmet solitaire - planche

Je ne vais pas m’appesantir sur la qualité des dessin… C’est du Tanigushi, donc le trait et la structure des pages sont totalement maîtrisés. Les dessins des plats que mange notre héros, pourtant en noir et blanc, vibrent de couleur quand on les voit sur le papier et qu’on lit leurs descriptions.

Une seule déception, comme toujours avec les mangas édités par Casterman : le sens de lecture a été occidentalisé… Mais pourquoi ? Je trouve ça limite insultant pour les créateurs de ces œuvres… Et puis les lecteurs sont suffisamment habitués aux manga pour les lire dans le sens japonais maintenant non ?

Bref, une belle decouverte, intemporelle… Cette bande-dessinée a été écrite et dessinée en 1997 tout de même ! Il ne me reste plus qu’à prendre ma valise pour prolonger l’expérience, en allant à mon tour prendre le risque de pousser le rideau d’un de ces restaurant, et de voir ce qu’on y mange !

« Le rêve du village des Ding » de Lianke Yan

Le reve du village des DingComme tous les ans pour les challenges ABC, la lettre Y est une difficulté en soi : les auteurs dont le nom commencent par cette lettre ne sont pas vraiment nombreux. Avec Le rêve du village des Ding de Lianke Yan, je suis un peu parti à l’aventure… Et comme souvent dans ce cas, j’ai eu une bonne surprise. On est pourtant dans une histoire difficile, qui ne laisse pas indifférent, puisque le récit tourne autour des ravages du Sida en Chine.

Dans le village des Ding dans la province de Henan en Chine, un nombre considérable d’habitants sont malade du Sida. Et pour cause : quelques années auparavant, les villageois ont vendu leur sang pour améliorer leur quotidien… et à l’époque personne ne connaissait cette maladie. Aujourd’hui ils tombent comme des mouches. Afin de rendre leurs derniers jours plus vivable, le vieux Ding tente d’organiser un camp pour les malades dans l’école du village. Mais même dans la maladie et la misère, les jeux de pouvoir et le poids des traditions vont réduire ses efforts à néant. Et que dire de son fils aîné qui s’est enrichi grâce à la collecte de sang, et qui maintenant se fait de l’argent en vendant des cercueils ?

Voici donc un roman qui ne laisse pas de marbre… Sans rentrer dans le pathos, on ne peut qu’être solidaire avec les malades qui essayent de vivre des derniers moments de bonheur. Mais on a du mal à comprendre la réaction de certains, qui même plongés dans l’enfer du Sida arrivent quand même à chipoter pour des kilos de farine, ou manipuler les esprits pour obtenir quelques semaines de pouvoir. Pour un pays communiste, l’argent et les possessions semblent avoir une importance capitale ! Le mariage et l’héritage est central : un jeune homme ou une jeune femme doit se marier, malade ou non, mort ou non… Glaçant ! On a un aperçu de jusqu’où les hommes et les femmes peuvent aller, quand ils n’ont plus que leur désespoir.

Voilà donc une lecture très intéressante je pense pour tenter de comprendre la culture chinoise… du moins celle de l’arrière pays (je ne suis pas persuadée qu’à la ville se soit pareil). De plus vous vous en doutez, le récit est tiré de faits réels : en Chine dans les années 90, des villages pauvres ont vendu le sang de ses habitants pour gagner de l’argent auprès du gouvernement. Résultat, dans certains villages 80% de la population a été infectée par le Sida et en est morte, à cause des mauvaises conditions sanitaire (genre une aiguille pour trois…). Et bien entendu, ceux qui ont dénoncé ce fléau ont été rattrapé par la police… Jusque dans les années 2005 le silence etait d’or sur le sujet.

Je le conseil vivement, pour peu que vous ne soyez pas trop déprimés :s

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« Dans les eaux du lac interdit » d’Hamid Ismaïlov

Dans les eaux du lac interditAvec ce court roman, je suis partie bien loin de mes habitudes de lecture, grâce au partenariat Denoël de l’été ! Entre conte et histoire contemporaine, nous voyageons aujourd’hui dans les steppes du Kazakhstan, avec ce roman écrit en 2011 par l’ouzbek Hamid Ismaïlov.

Alors qu’il voyage en train depuis des jours au milieu des plaines du Kazakhstan, le narrateur de cette histoire rencontre dans son wagon un jeune musicien de génie. Alors qu’il ne semble avoir que douze ans, il joue des airs classiques au violon qui ravissent tous les voyageurs. Mais ce garçon n’est plus un enfant, même s’il semble encore l’être… Il a vingt-sept ans et s’appelle Yerzhan, et va raconter au narrateur son histoire : sa naissance accidentelle, son enfance dans un relais de chemin de fer où ne vive que trois familles, son amour pour sa voisine Aisulu… et son don pour la musique ! Tout cela semblerait paradisiaque si ces steppes du sud de l’URSS n’étaient pas secouées par des essais de bombes atomiques, dans le but de surpasser en puissance les Etats-Unis !

Voici donc une lecture rapide, onirique sans être trop surréaliste… Et même parfois amusante quand on imagine l’envie de vaincre les USA que pouvaient avoir les soviétiques de toutes les provinces d’URSS. Mais à quel prix ? La steppe desséchée où règne un silence de mort après chaque essai de bombe, les villes pulvérisées, les lac rendus stériles, les zones interdites… et des familles entière décimées par des cancers et autres maladies. Ici si rien n’est explicitement décrit, on sent l’odeur de la mort et de la maladie, que nient ou ne ne voient pas objectivement les protagonistes de cette histoire… ce qui donne une petite impression de malaise. Et les bombes ne sont finalement qu’un secret entre tant d’autres, comme notre jeune héros le découvrira. Une famille où tous vivent les uns à côté des autres à forcément des zones d’ombre…

Ces petits désagréments sont cachés par la bonne humeur des enfants Yerzhan et Aisulu, leurs jeux, leurs trajet jusqu’à l’école avec leur mule… Ce portrait d’une famille à cheval entre tradition et modernité est assez intéressante, même si on reste sur des impressions, comme des touches de couleurs brossées ça et là.

Un court roman interessant, mais qui ne m’a pas plus emballé que ça. Trop court peut être ? Où alors je n’ai pas été séduite  par la poésie des plaines kazakhes ?

En tous cas, ce roman va me permettre d’avancer un peu dans le challenge Petit BAC pour la ligne lieu !

Dans les eaux du lac interdit d’Hamid Ismaïlov
Éditions Denoël
Traduction : Heloïse Esquié
2015 – 126 pages

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« Le livre de la mort » d’Anonyme

Le livre de la mortOpération lecture commune avec La chèvre grise, histoire de finir la quadrilogie du Bourbon Kid, avant que le cinquième volume de ses aventures sorte à l’automne prochain !

Suite à la tuerie d’Halloween qui a eu lieu dans L’œil de la lune, les vampires ont été annihilés par le Bourbon Kid. Tous ? Non ! Le roi des vampire Ramsès Gaïus, sa fille Jessica et bien d’autres ont survécu, et projettent de prendre le contrôle de Santa Mondega, puis du monde entier ! Est-ce que le Bourbon Kid va revenir pour les détruire définitivement ? Rien n’est mois sûr… JD, le côté humain du Kid a repris le contrôle du personnage… Sera-t-il assez puissant pour mener à bien sa mission, et sauver du même coup sa petite amie Beth ?

Pas d’inquiétudes, on retrouve avec plaisir l’univers et les personnages habituels de la série. Sanchez est égal à lui même… c’est tout ce qui compte ! Et dans ce tome il devient même flic ! Tout un programme… Le côté décalé du récit, voir surréaliste, est aussi au rendez vous. Mention spéciale pour le Père Noël maléfique et le gang de petites scouts voulant étriper Sanchez.

On est donc content au début du livre, et pas mécontents à la fin… Mais il faut avouer que la série s’essouffle un peu avec ce quatrième tome. L’effet de surprise n’est plus vraiment présent, ce qui rend ce roman moins jubilatoire que d’habitude. Et pourtant il y a tous les ingrédients qui me plaisent : du sang, des vampires, de la baston, des zombies, de l’humour… Mais les schémas vu et revus dans les trois premiers tomes sont un peu plus visible et donc attendus ici. Et puis le fait que le Bourbon Kid ait dorénavant un nom et un visage retire aussi un peu du mystère de l’histoire, forcément… surtout maintenant qu’il a une petite copine.

Bref, une lecture à faire pour les fans du Bourbon Kid et pas désagréable, mais n’empêche… je m’inquiète un peu pour le cinquième volume… Ca va être très difficile de se renouveler !

Pour avoir l’avis de La chèvre grise sur ce livre, rendez-vous ici !

Ce livre me permet en outre de remplir mon objectif pour le X du challenge ABC !

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« Kirinyaga » de Mike Resnick

KirinyagaQuand un livre de science-fiction est présenté comme un chef d’œuvre équivalent à Demain les chiens de Clifford D. Simak ou aux Chroniques martiennes de Ray Bradbury, on est en droit d’être un peu dubitatif… mais curieux ! Je ne pouvais donc pas passer à côté de ce recueil de nouvelles ultra primé (prix Hugo, prix Locus…) lors du partenariat Denoël de juin.

Dans un futur pas si lointain, le Kenya est devenu un pays riche et très industrialisé. Si la population s’en réjoui globalement, certains comme le Koriba ne se sentent pas ici à leur place : avec le progrès et l’occidentalisation des mœurs, le Kenya à perdu son âme. Il part donc pour une planète terraformé accompagné d’autres membres de la tribu des Kikuyu, eux aussi à la recherche de retour aux essentiels. Ici ils vont construire leur monde utopique kikuyu !
Nommé comme leur montagne sacrée sur terre, Kirinyaga, cet astre artificiel est le sosie du Kenya d’avant l’arrivée des blancs.
Ici Koriba va devenir le gardien des traditions kikuyus, le « mundugumu« … Et il ne sera pas toujours simple pour lui de garder son peuple sur le chemin tracé par leur dieu Ngai.

Ce livre est assez simple et rapide à lire, mais est assez complexe et puissant quand on y réfléchit. Si la quête de Kiruba et des créateurs initiaux du monde de Kirinyaga est assez compréhensible et plaisante au début, on voit vite les limites de cette utopie : sans progrès, elle ne reste une utopie que pour une poignée d’habitants.
Les relations hommes et femmes, la santé, l’éducation… sont des domaines dans lesquels les individus ont toujours l’envie de s’améliorer, et c’est tant mieux ! Finalement est-ce que Kiruba avec ses bonnes intentions de figer la société kikuyu dans un instant idéal éternel, ne la conduit pas à sa perte ?

Si ce recueil est sorti en 1998, la première nouvelle, Kirinyaga, a été écrite en 1987 pour un recueil d’un autre auteur Orson Scott Card, Eutopia. Son concept était de présenter la vision de plusieurs mondes utopiques bâtis sur une planète.
Juste après a voir fini cette nouvelle, Mike Resnick a du s’apercevoir du potentiel de son univers, et a commencé à écrire les neuf autres nouvelles de la série, formant un tout cohérent avec un prologue et un épilogue ouvrant et refermant l’histoire. Techniquement et stylistiquement rien à redire, j’ai été emballé par le récit, son rythme, ses personnages…
Si je devais avoir une nouvelle favorite, ça serait je pense Toucher le ciel, l’histoire d’une petite fille kikuyu assoiffée de connaissance… mais malheureusement pour elle, dans la société traditionnelle seul les garçons peuvent un jour espérer apprendre quoique ce soit de leur mundugumu…

Dans cette édition, un second recueil de nouvelle plus petit, Kilimanjaro, reprend la même hypothèse de monde utopique, mais cette fois mis en place par des masaïs. Ils s’appuient sur l’échec de la tentative kikuyu pour réussir leur propre expérience de monde idéal. Dans cette partie j’ai découvert des clés pour mieux comprendre Kirinyaga et les sources du fiasco de cette utopie… un excellent catalyseur donc.

coup de coeurUne belle découverte, que je vais agrémenter d’un coup de cœur ! Je pense lire d’autres livre de cet auteur, car j’ai vraiment apprécié cette expérience. Un livre qui vous fait réfléchir sur la société actuelle, ses extrémismes, les solutions pour évoluer, les écueil à éviter… je ne peux que l’aimer et le conseiller !

Sinon cette lecture me permet de remplir la mission titre en un seul mot du Petit BAC 2015 :)

Kirinyaga. Une utopie africaine de Mike Resnick
Editions Denoël – Collection Présence
Traduction : Olivier Deparis
1998 – 336 pages

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