« Prophecy, tome 1  » de Tetsuya Tsutsui

Prophecy tome 1Suite de mes lectures sponsorisées par La chèvre grise, avec un manga seinen que je voulais lire depuis très longtemps, Prophecy ! En 2012 on ne pouvait pas rater la sortie de ce titre à Paris : des affiches gigantesques dans les stations de métro, des extraits offerts dans les librairies… Mais bon, je n’avais pas pris le temps de l’acheter. Peur d’être déçue par cette sortie en fanfare, comme je l’ai été un peu par Doubt par exemple ?
Finalement j’ai découvert une histoire bien menée, à mi-chemin entre la SF et le thriller… De quoi m’inciter à courir dans la librairie la plus proche pour m’offrir les deux autres volumes de la série :D

A Tokyo, pour lutter contre la cybercriminalité une section spéciale de la Police a été mise en place. Son rôle ? Traquer les criminels du Net, tels les super-téléchargeurs de logiciels et de vidéos… De vrais dangers pour les industries du loisir, mais représentant peu de risques pour la population…
Mais un jour sur un site de diffusion de vidéo, un homme au visage camouflé sous un masque en papier journal commence à faire de drôles de prédictions : il annonce les tabassages, viols, incendies… à l’encontre de citoyens qui ont fautés d’une manière ou une autre. Et le pire, c’est que le lendemain, ces prophéties se réalisent !
Qui est ce vengeur masqué à la morale plus ou moins douteuse ? Agit-il seul ? Pourquoi fait-il cela ? La section anti-cybercriminalité mettra-t-elle la main sur lui ?

Prophecy

On est plongé dans une enquête haletante, où on découvre tour à tour les avancées de la Police, puis la stratégie de Paperboy, l’homme masqué… Pour finalement découvrir les origines de son combat !
J’ai tout de suite accroché à cette histoire, qui commence par l’intervention musclée chez un geek qui télécharge illégalement des jeux vidéo. Moi qui suis farouchement contre la manière dont sont condamnés les pirates numériques de basse envergure, les lois à la Hadopi… Ça m’a tout de suite captée !
Les dessins sont vraiment pas mal et collent bien à l’histoire… Un très bon point donc.
Reste à voir comment cela va évoluer ensuite… et c’est souvent là que je commence à avoir peur :s
Mais comme je le disais plus haut, je n’ai qu’une hâte, me procurer les deux derniers tomes… Car bonne surprise, Prophecy est une série courte ! Trois épisodes, de quoi espérer que le scénario ne s’écroule pas sur lui-même en route !
Une bonne entrée pour le challenge Geek au passage, non ? ;)

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« Magical girl of the end, tome 1  » de Kentarô Satô

Magical girl of the end tome 1Pour mon anniversaire plus un mois (je déteste les fêtes à date fixe), La chèvre grise – qui me connait bien – m’a dégotée une histoire de zombies un peu décalée au format manga ! Un shonen plein d’action et trash comme tout, qui m’a fait passer un bon moment dans le métro !

Au lycée, Kii Kogami à l’impression que toutes ses journées se ressemblent. Toujours les mêmes blagues entre amis, toujours les mêmes cours, … Cette monotonie l’ennui. Mais pour son plus grand malheur, sa routine quotidienne va être perturbée par une étrange petite fille en cosplay kawaii, qui répète sans cesse « Magicaaal… ». Grâce à son arme qui ressemble à une masse futuriste, elle tue, pulvérise, atomise toute sa classe, ses amis, ses profs, bref, presque tous les élèves de son lycée ! Et pour ne rien arranger, toutes les personnes mortes par la main de la Magicaal-girl deviennent des mort-vivant en jupette, aussi dangereux et assoiffés de sang que  leur créatrice !
Une poignée de survivants arrivent à se calfeutrer dans une pièce et montent un plan pour sortir … mais est-ce qu’à l’extérieur, ils trouveront de l’aide ?

Bon, concrètement on n’est pas dans du Walking Dead… Ce n’est pas l’histoire de survie du siècle, mais le bouquin est efficace : ça bouge tout le temps, des têtes qui sautent, des giclées de sang, des scènes bien gores par moment… quelques petites culottes et décolletés plongeants pour les fans aussi…  Bref, classique, mais avec une touche d’originalité.
Les dessins sont pas mal, on a un vrai mélange de genre entre les personnages shonen ordinaires, les magical-girl kawaii, et les scènes gores lacérées sur le papier… Ça fonctionne bien !

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Ce que je me demande toujours avec ce genre d’histoire, c’est si l’auteur à une volonté de dénoncer quelque chose ou pas… Une gamine kawaii en cosplay qui butte tout ce qui passe autour d’elle : doit-on y voir une critique de la société de consommation de pop-culture au Japon où le petit et mignon est omniprésent, au risque de décérébrer sa jeunesse ?
Ou alors on ne doit rien y voir de plus qu’une histoire de zombies ! :D

Maintenant, je n’ai plus qu’à aller m’acheter le second volume, histoire de voir ce qui vaarriver au petit groupe de survivants ;)

« Ainsi naissent les fantômes » de Lisa Tuttle

Ainsi naissent les fantomesComme souvent ces derniers temps, mon partenariat avec Folio m’a surpris et m’a permis de faire une chouette découverte… Une auteure américaine que je ne connaissais absolument pas, Lisa Tuttle.
Ce recueil de nouvelles, datant des années 80 jusqu’au début des années 2000, m’ont donné un aperçu du style de cette écrivain… Et j’ai été emballée ! Une plume légère, des cadres poétiques, et la vie quotidienne des protagonistes qui basculent dans le fantastique. Tout ce qu’il faut pour m’accrocher et me donner envie d’en lire encore plus !

J’ai été happée dès la première nouvelle, Rêves captifs, si noire… L’histoire d’une petite fille kidnappée et enfermée dans un placard, qui va un jour réussir sortir de sa geôle telle Alice en ouvrant une trappe habituellement impraticable.
Le Remède est assez conceptuel, un virus qui annihile la possibilité de parler… Qui n’est pas sans me rappeler la bombe iconique de l’Anamnèse de Lady Star ! Décidément, je n’ai pas fini d’en parler, de ce roman !
Ma pathologie mêle ésotérisme, sciences et fantastique avec brio… et met en scène des situation de prégnation assez perturbantes.
Mine de rien, Le vieux Mr. Boudreaux m’a touché, pas tant pour la situation que pour sa principale protagoniste avec lequel je me suis senti en phase… C’est bizarre comme sensation, que de lire ligne après ligne la description et les pensées d’un personnage et de se dire « Tiens, j’aurais pu dire ça, ou être ça… ».

Certaine m’ont moins plu forcément, comme La fiancé du dragon, peut-être un peu trop symbolique. Le récit tourne autour des craintes d’une jeune femme de se voir retourner chez sa tante en Angleterre, car elle a eu un trou noir lors de sa dernière visite là bas quand elle était enfant… Forcément, il a du se passer des choses bizarres… mais peut-être trop étranges du coup !

J’aime beaucoup les différents personnages de ces nouvelles, qui devraient avoir peur de ce qu’ils voient et vivent, mais l’acceptent presque naturellement. En effet, les situations quotidiennes se trouvent mise en décalage à un moment… un truc bizarre arrive, et nous fait tout de suite rentrer dans un univers fantastique. Le format court est pas mal finalement, même si j’aurais parfois aimer en savoir plus ! La concision de nouvelle permet de moins tourner autour du pot, de vraiment voir quand se passe la cassure entre le monde « normal » et « irréel ».
J’ai noté une grande importance de la maison dans cette anthologie, ainsi que des rêves… et on ne voit pas de fantômes comme on peut l’imaginer (ces machins phosphorescents qui viennent embêter les vivants). Quand on y pense, c’est peut être effectivement l’addition de ces deux choses, le lieu de vie structuré pétri d’habitudes et notre imagination débridée, qui donne naissance à ces fameux fantômes que le titre nous livre, et que nous créons…

Bref, un excellent recueil de nouvelles fantastiques, qui me donnent envie d’en connaître plus de cette auteure… Et si je vous dit qu’elle a écrit avec George R. R. Martin Elle qui chevauche les tempêtes, ça ne peut présager que du bon :D

En plus bonne nouvelle pour mon challenge ABC – Littératures de l’Imaginaire, je peux cocher la lettre T ! :)

Merci Folio pour cet excellent ouvrage !

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« L’o10ssée : l’odysée Folio SF en 10 nouvelles »

L'o10sée Folio SF en 10 nouvellesDe temps en temps je tombe sur des bons plans en livres de seconde main chez Book-Off, comme ce recueil de nouvelles édité en 2010 pour fêter les 10 ans de la collection Folio SF… Un livre cadeau des libraire qui « ne peux être vendu ». Du coup à part en occasion, je ne pense pas que vous puissiez le trouver !
Pour fêter cet anniversaire, Folio a réuni ses auteurs phares, pour des nouvelles souvent inédites en France. Point positif, l’éventail des auteurs et des époques est large : l’âge d’Or de la SF avec Robert Silverberg et Ray Bradbury, des « petits jeunes » comme Robert Charles Wilson, des monuments comme Philip K. Dick…

Pour entrecouper ces nouvelles, des interventions d’auteurs de Gallimard qui publient des livres dans d’autres genres. Leurs commentaires sur un ou plusieurs titres de la collection Folio SF nous éclairent sur leurs goût pour la science-fiction et nous donnent des axes de lectures de classiques tels Je suis une légende de Richard Matheson.

Côté nouvelles, car c’est bien là le plus intéressant, il y a du bon et du moins bon
Le premier texte du livre La route de Jérusalem de Mary Gentle m’a fait un peu peur… dans le sens où je ne l’ai pas aimé. Peut-être à cause du contraste après Anamnèse de Lady Star de L. L. Kloetzer ?
Par la suite ça va mieux je vous rassure ! J’ai particulièrement aimé Ethologie du tigre de Thomas Day, un texte très bien fait sur la mise en parallèle de légende d’animaux fabuleux voués à l’extinction, et la psychologie du héros en mode « décroissance globale »… Il faut absolument que je relise un de ses romans, puisque j’avais aussi apprécié La voie du sabre.
J’ai beaucoup aimé l’univers de Kenningar, de Jean-Philippe Jaworski : un seigneur viking abreuvé de sang et de violence mais aussi amateur de poésie, qui va poursuivre toute sa vie son « double » artiste… Maintenant j‘ai hâte de lire Janua Vera que j’avais mis sur ma liste de lecture !
Les autres nouvelles de Philip K. Dick, Maïa Mazaurette, Christopher Priest, Robert Silverberg, Ray Bradbury, Stéphane Beauverger et Robert Charles Wilson sont aussi correctes, mais ne vont pas me rester longtemps en mémoire je le crains !

Un petit recueil sympa donc, qui m’aura au moins permis de découvrir ou redécouvrir deux ou trois auteurs… Et qui surtout me permet de remplir mon contrat pour la lettre X (collectif) pour le challenge ABC – Littératures de l’imaginaire.

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« Anamnèse de Lady Star » de L. L. Kloetzer

Anamnese de Lady StarJ’étrenne mon partenariat avec l’éditeur Denoël avec force et fracas ! C’est un vrai monument que cet Anamnèse de Lady Star paru en 2013 et signé par L. L. Kloetzer, double plume du couple Laurent et Laure Kloetzer.
Si vous êtes prêts à découvrir un roman de science-fiction intelligent et complexe, écrit par deux auteurs français, ce livre est peut-être bien fait pour vous !

Dans un futur plus ou moins proche, l’humanité est frappée par une arme terriblement mortelle qui va décimer les trois quarts de la populations mondiale : la bombe iconique.
Lors d’un attentat à Islamabad, jour 1 du calendrier post-apocalyptique baptisé le Satori, cette bombe va exploser et rependre sa calamité. La plupart des personnes qui ont vue l’explosion sont frappés de perte des sens puis meurent… et ceux qui survivent propagent par une simple parole, un regard, un signe… cette malédiction aux autres hommes.
Peu après cette catastrophe les survivants vivent reclus sur des îles tels le Japon, Malte, l’Irlande… et bien entendu la justice et les militaires de ces états cherchent à punir les coupables, et surtout faire en sorte que la recette de la bombe iconique soit perdue à jamais pour l’humanité !
Nous découvrons ici les enquêtes successives de différents protagonistes pendant les 50 années suivant le Satori, condensées et poursuivies par la jeune Magda Makropoulos… En remontant quelques années avant l’attentat d’Islamabad et en combinant les différents témoignages de survivants, elle va s’apercevoir qu’une figure centrale émerge : une Elohim, fille des étoile, aux noms multiples… Qui est toujours présente lors d’événements clés, et arrive toujours à s’échapper et disparaître depuis plus de 50 ans. Magda pourra-t-elle l’arrêter ? Cette Elohim est-elle la clé de la bombe ?

Voilà une enquête très prenante ! Le récit est extrêmement bien construit. Plusieurs fois en commençant un chapitre qui m’amenait vers de nouveaux lieux et de nouveaux personnages, je me suis sentie perdue, avec l’impression de ne rien comprendre… Mais au fur et à mesure des voiles se lèvent, et tout devient limpide, pour s’imbriquer avec le reste du roman. On a réellement l’impression de fouiller dans l’histoire du Satori, de pister l’Elohim… On se sent investi dans cette recherche d’une certaine manière ! Investi, car ce roman n’est pas vraiment un « easy-reading » : il faut être concentré, faire un effort pour imaginer, analyser, comprendre… Mais c’est un vrai plaisir de jouer à faire des hypothèses sur la manière dont ces histoires s’emboitent.

Les thématiques abordée, notamment la création d’univers virtuels pour suppléer à la morosité des cités / prisons où vivent dorénavant les humains, m’ont beaucoup plu, et me font encore poser des dizaines de questions sur le réel et le virtuel dans l’univers brossé par L. L. Kloetzer. Et histoire de brouiller un peu plus les pistes, l’auteur injecte comme personnages clés un trio de chanteuses suisses, Norn, quasi-déesses dont les chants deviennent des mythes pour les habitants de cette futures Terre…
J’ai apprécié aussi la présentation d’un monde insulaire, où les derniers humains se barricadent pour échapper aux regard et paroles des Porteurs Lents, ces humains devenus sauvages… ceux qui ne meurent pas directement de la maladie et vivent ainsi des années tout en pouvant contaminer les autres.
Je vais m’arrêter là, car il y a une foule de détails, de mythes, de paysages, de sensations… qui rendent cet univers cohérent et séduisant.

Je ne peux que vous conseiller ce roman, qu’on m’avait présenté comme « difficile ». Je m’attendais alors au Festin Nu a vrai dire !… Il n’est pas dur à lire, mais il demande un investissement, un niveau de concentration et d’attention, pour imaginer et comprendre le Monde frappé par la bombe iconique.
Mais si vous êtes fan de SF, n’hésitez pas, foncez !!!
Merci encore à Denoël pour ce partenariat :)

Au passage, ce roman va me servir d’entrée pour la lettre K, dans le cadre du Challenge ABC – Littératures de l’Imaginaire.

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Anamnèse de Lady Star de L. L. Kloetzer
Editions Denoël – Collection Lunes d’encre
2013 – 455 pages

« Armageddon Rag » de George R.R. Martin

Armageddon RagFan de la série TV Game of Thrones, je suis affligée de ce sombre secret : je n’ai jamais lu un seul livre de George R.R. Martin, surnommé le Tolkien américain… Quelle honte !
Mais grâce à Folio et son partenariat je peux maintenant avancer fièrement dans la vie ! Oui, j’ai lu un des premier roman de Martin ! Oui, j’ai aimé me plonger dans cet univers rock ! Oui, j’aime les histoires fantastiques ! Oui, j’ai adoré Armageddon Rag !

Écrivain new-yorkais tentant d’écrire son troisième roman, Sandy Blair a tout de l’ancien hippie reconverti dans les années 80 : un super apart, une petite amie jolie et intelligente, un métier qu’il aime, une collection de disque hallucinante…
Mais le passé le rattrappe ! Le rédacteur en chef du « Hedgehog », son ancien journal, lui demande d’enquêter et d’écrire un article sur l’assassinat du célèbre impresario Jamie Lynch… Qui était le manager du plus grand groupe de rock de la fin des années 60, les Nazgûls ! Une aubaine pour Sandy qui va pouvoir sillonner les Etats-Unis à la recherche des membres encore vivants du groupe… l’occasion de rencontrer au passage d’anciens amis révolutionnaires et se remémorer cette époque du flower-power.
Mais la mort de Jamie Lynch est loin d’être un simple meurtre : il a été retrouvé le coeur arraché de sa poitrine ! Et est-ce un hasard si son enquête sur la mort de celui-ci et ses conversation avec ses anciens camarades le ramènent toujours vers ce nom : Edan Morse ? Y-a t’il un rapport entre lui, la mort de Lynch, et celle du chanteur des Nazgûls, abattu sur scène à West Mesa ?

Le voyage d’Est en Ouest de Sandy rappelle les grandes épopées américaines ou plus récemment la migration de la jeunesse américaine vers la Californie… Sauf que là, on est dans les années 80 : le cynisme et la noirceur sont de mise. Ses rencontres chapitre après chapitre avec les protagonistes de sa jeunesse – rockeurs, ennemis ou amis – on souvent un goût de nostalgie et d’amertume. Mais on n’est pas juste devant un roman biographique, mais bien dans un univers où des forces ténébreuses s’affrontent : le fantastiques imprègnent chacun de ces chapitre, et on se demande jusqu’à la fin ce qui va se passer, afin d’enfin lever le voile sur qui est l’assassin du chanteur des Nazgûls, de Jamie Lynch… et de bien d’autres !
J’ai eu l’impression de vivre un vrai voyage au travers les États-Unis et son histoire avec ces personnages : l’été de l’Amour, les révolutions inéluctables suite à l’immobilisme de l’Etat face à la guerre du Viêt-Nam, les manifestations et les heurts parfois sanglants… Et surtout beaucoup, beaucoup de musique ! L’ambiance des concerts est superbement retranscrite… Je n’avais qu’une envie à la lecture de ces lignes : que les Nazgûls existent pour écouter leur disques !

Ce roman n’est pas nouveau nouveau : il a été édité aux USA en 1983, 13 ans avant le premier opus du Trône de fer ! Un roman de jeunesse, en somme ? :p
Je me suis donc amusée à chercher des parallèle avec l’univers fantasy du Trône de fer, mais à part des prénom je n’en vois pas… Il y a forcément pas mal de liens avec l’univers de Tolkien avec le nom du groupe « Les Nazgûls », celui du chanteur Hobbins le Hobbit, et de leur impresario Jamie « Sauron » Lynch… mais ça s’arrête là.
C’est peut être plus dans la Bible et dans le livre de l’Apocalypse qu’il faut chercher des références… Mais à la lecture du titre vous aviez du vous en douter ;)

coup de coeurMaintenant je comprend mieux le culte que certains vouent à George R.R. Martin : ce livre est vraiment bien écrit ! On est tout de suite plongé dans l’histoire, l’univers est très prenant, on apprend des choses sur l’histoire des contres-cultures des années 60-70 et à partir de là sur notre histoire contemporaine… J’ai vraiment adoré !
Que pourrais-je dire de plus ? C’est un vrai coup de cœur ! Lisez le de toute urgence si vous avez envie de sentir vos cheveux pousser et vos oreilles saigner ! :D

Merci à Folio une fois de plus pour ce partenariat !

Et pour finir, je note ce roman dans le challenge ABC – Littératures de l’imaginaire.

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« New National Kid » de Suehiro Maruo

New national kidNew National Kid paru cette année est un recueil de courts mangas édités dans les années 80 dans diverses revues et magazines japonais (certains pornographiques, d’autres pas…). Mais comme toujours, Maruo n’est pas qu’un auteur d’ero-guro, mais aussi un maître du gore, du bizarre et de l’irrévérence, avec un style plus que jamais expressionniste !

On ressent bien la mixité des magazines dans lesquels ces mangas ont été publié à leurs lectures : des formats de une à trente pages, et des thématiques variées tournant autour des univers du cauchemar et de la folie, de la Seconde Guerre Mondiale et du nationalisme, de la grossesse et de la monstruosité
Ce recueil fait plus que jamais penser à un défouloir où se mêlent humour noir et angoisses surréalistes. Comme nous somme face à des formats courts, on s’éloigne la plupart du temps de narrations compliquées pour se concentrer sur des impressions, comme la manière dont un personnage se rend compte qu’il est mort… Ou bien encore on est dans le quasi comic-strip sur une ou deux pages, où un Michael Jackson explose en plein « Bad » ! Le niveau est assez inégal je dois l’avouer… Je me demande parfois où l’auteur a voulu aller. Je met ça sur le compte du fossé culturel entre l’Orient et l’Occident !

Si ces formats courts m’ont un peu moins plu que d’autre mangas de Suehiro Maruo au niveau récit, côté graphismes c’est assez puissant ! On retrouve des travaux de dessin et de typo qui rappellent vraiment l’expressionnisme, que ce soit en art plastiques ou au cinéma. On pourrait citer des dizaines d’artistes auxquels Maruo fait référence (Bacon, Van Gogh, Otto Dix, Ensor, Ernst, Fritz lang…) et on en oublierait les trois quarts !
Ce qui me plait particulièrement dans New National Kid vient peut être du mélange de styles que Maruo met en place : dessins académiques pour certains personnages, qui empruntent au manga classique, au théâtre Nô, aux images populaires guerrières… Mêlés à l’énergie de certains traits et cadrages, à des scènes crues où on se surprend à tourner les yeux, à des déformations qui font plus penser à un travail de peinture qu’à du dessin…

New National Kid

Un bon manga à lire pour les fans de Suehiro Maruo… Pour ceux qui ne le connaissent pas, je ne pense pas que ce soit par contre la meilleurs porte pour accéder à l’œuvre de cet auteur que j’adore ! Un peu trop fractionné je pense pour un début… et ses histoires ne sont pas les meilleures. Tournez-vous plutôt vers L’enfer en bouteille ou Vampyre pour le découvrir !

« Malpertuis » de Jean Ray

MalpertuisÇa faisait un moment que j’attendais une occasion de lire un roman du maître du fantastique belge, Jean Ray… Depuis 2010 pour être précise : j’avais découvert cet auteur lors du challenge belge, mais je n’avais pas pris le temps de lire une de ses œuvres. C’est chose faite maintenant, avec Malpertuis, roman édité en 1943, qui fais figure de classique dans le genre des histoires de maisons maudites ! Grâce au challenge ABC – Littératures de l’Imaginaire, j’avance enfin en profondeur dans ma PAL ;)

Le narrateur et éditeur de cet ouvrage a compilé plusieurs textes qu’il a retrouvé dans un monastère, et qui traitent de la maison de Malpertuis et des mystères qui l’entourent… Cette demeure semble être hantée par des créatures démoniaques !
Le coeur de ce recueil, c’est surtout le récit du jeune Jean-Jacques Grandsire… Et son histoire fait froid dans le dos ! Lui et sa famille élargie héritent du grand-oncle Cassave de la lugubre maison de Malpertuis… Mais a une condition : toute la famille doit venir vivre dans cette demeure. Le dernier couple vivant dans ces murs héritera de la fortune du richissime oncle… En revanche celui qui quittera la maisonnée n’aura le droit à rien !
Très rapidement, l’ambiance familiale devient pesante, et pour ne rien arranger des esprits malins effraient ses habitants : bruits dans le grenier, bougies qui s’éteignent toutes seules… D’où viennent ces créatures ? Qui seront les deux survivants de cette étrange famille ? Pourquoi Cassave a tant insisté pour que tous viennent vivre à Malpertuis ?

Si l’histoire peut sembler classique au premier abord, comme toute histoire de maison hantée, la manière dont le récit est construit par succession de témoignages et sa conclusion inattendue en font un roman clé du genre !
On est vite pris dans cette histoire sombre, et on essaye de deviner la nature de Malpertuis et de ses démons… Le passage d’un narrateur à l’autre permet de suivre l’histoire dans sa globalité, et rend le récit plus dynamique.
En bref, j’ai passé un bon moment avec ce livre, qui n’est pas sans rappeler l’ambiance gothique des romans de Edgar Alan Poe ou de H. P. Lovecraft !

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« Citoyens au-dessus de tout soupçon… » de Raphaël Confiant

Citoyens au dessus de tous soupçon...Opération roman policier pour le partenariat Folio d’avril… Et pas n’importe quel roman policier ! Ici l’enquête se déroule en Martinique ! On est loin de l’ambiance sombre de nos villes… Mais rassurez-vous, l’atmosphère n’en est pas moins sordide, même sous le soleil des Antilles !

Jack Teddyson est détective privé à Fort-de-France, profession peu lucrative sur une île où tout le monde connaît tout le monde…  Ambiance insulaire oblige ! Mais une enquête peu commune va arriver sur son bureau : Irmine Ferdinand, veuve de Sésostris Ferdinand, lui demande de rechercher qui a tué son mari. Ce dernier a été retrouvé castré et assassiné chez une prostitué dominicaine… Et la police a fermé le dossier, faute de preuves. Crime crapuleux ? Vengeance du mac de la belle ? A moins que Sésostris ait baigné dans des affaires louches de jeux ? Et les symboles vaudou peint sur le mur de sa dernière chambre ont-ils un sens ?
Aidé par son ami l’inspecteur Maxence, Jack va devoir mener son enquête dans les milieux peu recommandables de la Martinique : ceux des jeux clandestins, de la prostitution, de la drogue, et de la politique !

Malgré l’utilisation de la langue créole, on est loin de l’image d’Épinal de la Martinique touristique !
Jack Teddyson parle le français assez alambiqué, qui m’a rappelé le terroir martiniquais que j’ai approché en décembre dernier lors de mes vacances dans la campagne de l’île… C’était assez sympa pour ça. L’utilisation du créole, toujours traduit, permet de faire encore plus « couleur locale ». On découvre aussi Fort-de-France d’une autre manière, même si la ville laisse rapidement percevoir « en vrai » tout ses travers quand on la visite.
Jack est un vrai cliché vivant du mâle antillais, qui ne veut pas se mettre en couple et qui tire à droite à gauche… A cause de ça peut être, j’ai eu assez peu de sympathie pour ce personnage et ses conquêtes, telle Francelise, qui semble avoir un popotin plus gros que son cerveau.
L’enquête en elle même rebondit un peu trop à mon goût, pour finir par atterrir là où on l’escomptait… Ça n’est donc pas le côté « policier » qui fait l’intérêt du roman pour moi.

Une lecture sympathique, mais pas inoubliable
Malgré tout, merci à Folio pour m’avoir permis de découvrir cet auteur !

« Le Sabre de Sang, tome 2 : Histoire de Kardelj Abaskar » de Thomas Geha

Le sabre de sang tome 2Retour dans l’univers fantasy des Sept Royaume avec le second et dernier tome du Sabre de Sang de Thomas Geha, après un premier volume qui m’avait bien plu !

Plusieurs années ont passé depuis le voyage vers la liberté de Tiric et Kardelj… qui s’est terminé sur une falaise par le meurtre de Kardelj et de sa compagne, par un Tiric armé du Sabre de Sang.
Depuis, Tiric est devenu l’empereur des Sept Royaumes : la magie du sabre lui a permis de soumettre toutes les contrées et tous les peuples… Même les Qivhviens, ce peuple d’homme-lézards rencontré dans le premier tome !
Mais Kardelj a survécu grâce à son Fâps, un parasite logé dans son dos qui l’aide à guérir… Et à son réveil une petite surprise l’attendait, un enfant, son fils, né comme par magie.
Sur les océans où il sera pirate, puis dans les caravanes du peuple de voyageurs Carmintrao, son désir de protéger les siens et de vivre heureux sera pour Kardelj une motivation encore plus puissante que son désir de vengeance… Mais cela suffira-t-il à se débarrasser de la menace du tyran Tiric et de son armée de soldats de sang, totalement dévoués à sa cause ?
Kardelj arrêtera-t-il Tiric et sa soif de pouvoir ? Comment pourra-t-il le battre, lui qui est protégé par la magie ? Quelles sont les véritables forces à l’œuvre dans cette histoire ? Voilà quelques questions qui trouveront une réponse dans cette seconde partie du diptyque du Sabre de Sang !

Si j’ai retrouvé avec plaisir Kardelj, compagnon de Tiric laissé pour mort à la fin du premier tome, j’ai eu un peu plus du mal rentrer dans l’histoire. Ce second volet est moins « pulp » que le premier, peut être un peu plus complexe… Il faut dire que le personnage de Kardelj est un peu plus nuancé que Tiric, avec des motivation moins manichéennes (comprendre : il ne pense qu’à poutrer du Qivhvien) et un ego moins surdimensionné (comprendre : ça n’est pas un personnage détestable).
Bref, il faut attendre la seconde partie de ce volet pour que ça commence à dépoter comme j’aime :)
Magie, mystères, combats sont alors au rendez-vous… Avec la tant attendu confrontation entre les deux anciens amis, Tiric et Kardelj !
J’ai apprécié la découverte du peuple Carmintrao, sortes de gitans des Sept Royaumes, qui ont leurs culture bien a eux… Et plus particulièrement leur protecteur /demi-dieu : un homme du clan masqué depuis sa naissance… Et nommé fort justement Le Masque. Ce personnage subtil sait se montrer ferme avec ses ennemis… mais digne de confiance envers les siens. Un bon compagnon en perspective pour Kardelj !

Une fin très correcte pour cette saga que j’ai appréciée, qui se termine pas si mal que ça, quoiqu’on en dise ! Et une lecture parfaite pour le challenge Geek ;)
A quand un spin-off avec des Carmintrao ? :)

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