« Le club des veufs noirs » d’Isaac Asimov

Moi qui suis une fan de SF et donc d’Asimov, j’avais depuis longtemps repéré cette curiosité dans la bibliographie de cet auteur. Un roman policier, caché au milieu de dizaines de récits parlant de sociétés futuristes, de robots, de voyages spatiaux etc.
Avec le challenge ABC de cette année, je me suis enfin attelée à lire ce recueil d’une dizaine de nouvelles mettant en scène ce fameux club des veufs noirs.

Chaque mois se tient le banquet du club des veufs noirs, qui ne sont ni veufs et ni vêtus de noir… Il s’agit de 5 amis vivants dans la région de New-York qui se retrouvent dans un restaurant pour discuter et s’amuser à « cuisiner » un invité amené à tour de rôle par un de ses membre. On découvre dans la première nouvelle que l’invité est un détective qui chercher à résoudre une affaire… qui sera brillamment résolue par le serveur attitré du club, Henry. Depuis, tous les mois, un invité du club se présente avec un problème à régler ou un mystère à éclaircir (qu’il en soit conscient ou non en arrivant), que Henry, imperturbable, pourra résoudre simplement en l’écoutant raconter son histoire.

Le format de la nouvelle est particulièrement adapté pour ce type de récit : en quelques pages on apprend à connaitre les membres récurrents du club (écrivain, professeur de math, chimiste, artiste… avec des petits morceaux d’Asimov plantés dans chacun), qui ont tous des traits de caractère bien affirmés.
Élément révélateur d’une époque : ils sont tous très misogynes ! Et oui, pas de femmes au club ou parmi ses invités, et surtout on ne parle pas de son épouse… car de l’avis général leurs discussions sont assommantes. Bref, cet aspect de l’auteur laisse un petit goût amer, même si on sait qu’il fait parler ici des personnages de fiction.
C’est d’ailleurs assez intéressant de voir que ce cercle intellectuel accepte plus facilement Henry le serveur, malgré sa condition sociale différente, qu’une femme, car il a fait preuve de perspicacité et de vivacité d’esprit.

Bref, passons sur cet aspect pour nous intéresser aux enquêtes menées au club, qui ressemblent plus à des devinettes ou des énigmes plus ou moins bien ficelées, reposant souvent sur des jeux de l’esprit ou des petits détails. Ça n’est pas palpitant mais ça reste amusant. Mais on l’excuse, car comme le dit Asimov par la bouche d’un des personnage, Agatha Christie a déjà pris toutes les idées intéressantes 😉

Une bonne lecture, que je ne conseillerai pas forcement aux amateurs de romans policiers, mais qui peut éveiller l’intérêt des amoureux d’Asimov.

« Station Eleven » de Emily St. John Mandel

Décidément je suis abonnée aux lectures où il est question de virus tueurs en ce moment… Après la peste avec Pars vite et reviens tard, Station Eleven nous décrit un monde ravagé par une grippe exceptionnellement virulente et létale. Le hasard fait bizarrement les choses dans mon rythme de lecture…

A Toronto, Jeevan tente de sauver la vie de l’acteur mondialement célèbre Arthur Leander qui est en train de faire une crise cardiaque lors de la représentation du Roi Lear. Peine perdu… Ce soir là il apprend que la grippe de Géorgie est arrivée sur le continent américain, et son instinct survivaliste prend le dessus : il part faire des courses et s’enferme avec son frère dans son appartement. Pendant des semaines ils vont entendre le monde s’effondrer autour d’eux : la grippe décime l’humanité et plonge dans le chaos ce qu’il restait de civilisation.
Pour sa part la jeune actrice du Roi Lear, Kristen, 7 ans, va survivre à la grippe avec son frère. Elle rejoint plusieurs années plus tard La Symphonie, un groupe itinérant de musiciens et d’acteurs spécialisé dans les pièces de Shakespeare. Son petit hobby : lire encore et encore ses comics Station Eleven qu’Arthur Leander lui avait offert et collectionner les vieilles coupures de magazines parlant de lui…

20 ans après la pandémie, dans un monde ravagé ou beaucoup tentent de redresser la barre, nous suivons la trajectoire de quelques survivants… mais aussi celui de personnages du passé les ayant inspirés ou menés ici. Chose étrange, une partie de leur histoire est liée au comics Station Eleven. Qui l’a écrit et dans quelle condition ?
Comme dans beaucoup de romans post-apocalyptiques, il est intéressant pour nous lecteurs de se plonger dans une forme de nostalgie du présent : les personnages ayant connu le monde d’avant se souviennent encore avec émotion de l’électricité, d’internet, du téléphone, de la possibilité de voyager loin rapidement… Alors que les plus jeunes les écoutent émerveillés, pouvant à peine imaginer qu’un écran d’ordinateur a été autre chose qu’inerte et noir.

Une très belle découverte qui mêle avec brio SF et réalisme, poésie et horreur. J’ai vraiment adoré cette lecture et je pense qu’elle fera partie de quelques paquets cadeaux pour les prochaines fêtes de fin d’années 😉

« Pars vite et reviens tard » de Fred Vargas

Il y a presque vingt ans un lecteur occasionnel m’a conseillé : « Toi qui aimes lire je ne comprends pas que tu ne lises pas du Fred Vargas ». Il n’en fallait pas plus pour que je relègue l’auteure dans la catégorie des romans de gare et que je l’oubli. Je suis snob…
Mais comme bien souvent, mes recherches d’auteurs par ordre alphabétique pour le Challenge ABC m’a fait retomber dessus, sur le site Audible. Après tout, pourquoi ne pas tester son best-seller ? En plus on y parle de la Peste, c’est de circonstance…

Depuis quelques jours à Paris, les nouvelles criées par Joss sur la place Edgar Quinet sont étranges : des « spéciales », rédigées en latin ou en français ancien et toutes incompréhensibles. Decambrais, le loueur de chambre qui ne rate pas une criée, crois y reconnaître des textes anciens parlant de la Peste.
De son côté, le commissaire Adamsberg apprend qu’un immeuble a vu toutes ses portes taguées sauf une, avec un même motif, celui d’un 4 à l’envers… et bientôt d’autres immeuble le sont aussi. Est-ce l’action de jeunes vandales, une performance artistique, ou autre chose ?
Lorsque le vieil érudit Decambrais fini par contacter Adamsberg pour l’avertir de ce qui couve dans les nouvelles de la criée, ils finissent par faire la relation avec les signes peints sur les portes : des talismans contre la Peste. Cela signifie-t-il que ce fléau est de retour à Paris ?

Une découverte très sympathique que ce roman… Je dois avouer que j’ai été emporté par cette enquête originale, mais plus encore par les personnages vraiment hauts en couleurs.
Côté récit, le rythme est tranquille au départ, le temps de planter le décor parisien, de commencer à gratter autour du thème de la Peste… et s’accélère franchement sur la fin. Pas trop d’action ou de courses poursuites, ça me va bien : les montées d’adrénaline, on les a quand les enquêteurs découvrent des puces dans une enveloppe ou se font aider d’historiens médiévistes !
Pour la palette des personnages, on ne sait plus où donner de la tête. Le personnage de Joss Le Guern par exemple, qui est crieur de nouvelle à Paris… au début du 21ème siècle… ce n’est pas commun ce genre de métier ! Je passe sur Decambrais l’érudit qui va l’aider, avec sa troupe de locataires, le barman du café de la place Edgar Quinet…
Chez les policiers, le commissaire Adamsberg est atypique lui aussi : quelques problèmes pour se focaliser sur les dates et visages, le besoin de marcher constamment… mais bien entendu une capacité d’analyse et de prise de hauteur qui vont lui permettre de résoudre cette affaire. Son adjoint Danglard, habillé avec style contrairement à son patron, mais légèrement porté sur la bouteille, apporte un équilibre terrien au duo.

Bref, je ne m’étendrais pas sur l’histoire pour ne pas trop en dévoiler, mais elle m’a donné envie de m’intéresser aux périodes historiques auxquelles a sévit la Peste. Une réussite donc, même si la fin m’a un peu laissée sur ma faim… mais c’est souvent le cas avec les roman policiers.

« Dans les forêts de Sibérie » de Sylvain Tesson

En ces temps de canicule j’ai cherché dans ma PAL un livre pour s’accorder avec la météo, et je l’ai trouvé ! Dans les forêts de Sibérie, de Sylvain Tesson, où l’auteur nous raconte son ermitage dans une cabane sur les rives du lac Baïkal en hiver et au printemps. Lire la neige et le froid sous 39°C, ça force l’imagination !

Sylvain Tesson, écrivain voyageur, décide en 2010 de poser son sac à dos dans une cabane à 500 kilomètres d’Irkoutsk en Russie, au bord du Lac Baïkal. Il va vivre seul dans une réserve naturelle, de février à juillet.
Il ne risque pas d’être dérangé par le voisinage, les plus proches habitants se trouvant à plusieurs dizaines de kilomètres. Bref, il rentre en ermitage et débute un voyage intérieur, avec pour seule compagnie des livres, un carnet et un stylo… et quelques litres de vodka.

Sous sa plume la magie du passage des saisons opère et je me suis bien projetée en Sibérie… un pays dont je rêve depuis des années. Le froid intense de l’hiver, le dégel, les premiers animaux qui sortent de la torpeur hivernale, puis le soleil, la pluie,… la vie qui revient sur les rives du lac !
Si Sylvain est seul, des visites ponctuent son séjour de 6 mois dans une baraque en bois de 9m² : des mésanges matinales, des amis qui viennent le voir quelques jours, ses nouveaux voisins gardiens, du parc ou pêcheurs… toujours prêts à boire un verre et manger du saucisson.

Loin d’un simple récit de voyage, ce journal est exigent. La réflexion de l’auteur n’est pas toujours aisée à suivre, et le vocabulaire utilisé donne parfois l’impression d’être ignare. Cet érudit met la barre haut et considère le lecteur comme son égal… surtout si on part du principe que ce récit est un journal de bord…
Mais il faut reconnaître que ça passe bien, avec l’alternance de ses réflexions philosophiques, d’introspection et de récits d’aventure (escalade des montagne, balades en forêt ou sur son kayak), découpés en courts chapitres quotidiens.

J’ai été conquise par son point de vue qui se rapproche beaucoup du mien sur l’écologie, la décroissance, l’organisation de la société… Par exemple la manière de se détacher d’une société qui ne nous convient plus en choisissant la neutralité de l’ermite plutôt que celui du militant ou du conformiste, ou encore voir la nature comme dernier refuge et apprendre par elle a apprécier l’instant présent, sans parler du pessimisme sur l’avenir de notre planète et toutes les questions que cela soulève (organisation sociale, culture des masses, parentalité…).

Ce qui est drôle avec l’histoire de ce livre, c’est qu’il ma été offert il y a 4 ou 5 ans par un collègue qui l’avait retrouvé en vidant son bureau, en me disant que me connaissant, il devrait me plaire. Venant d’une personne cynique comme il l’était, aujourd’hui ça ne m’étonne pas qu’il ait eu en sa possession ce bouquin… et finalement je suis flattée qu’il me l’ait donné 🙂

Une belle découverte que je recommande, qui me fait avancer dans le Challenge ABC.

« Les Amazones » de Jim Fergus

Troisième et dernier épisode de la saga Mille femmes blanches, Jim Fergus nous plonge une fois de plus dans l’univers des Indiens du Nord-Ouest Américain vu par des femmes occidentales, venue se marier avec des Peaux-Rouges pour construire la paix entre les peuples.

Suite aux combats meurtriers qui concluent le dernier volume de cette série, La vengeance des mères, nous avions perdu les narratrices principales, les jumelles Kelly, tuées dans le feu de l’action et un peu plus tard Molly qui se jette d’une falaise pour échapper aux blancs.

Que serait un bon troisième épisode d’une trilogie basée sur les écrits de journaux intimes, une sorte de found-footage écrit, s’il ne restait plus de personnage pour raconter son histoire ? Et surtout des personnages dignes d’intérêt !

C’est ainsi que Molly, finalement, ne fait pas de chute fatale… on ne sait pas trop comment… et elle non plus. Coup de chance ! On va pouvoir continuer à évoluer dans les villages Cheyennes de la fin du 19ème siècle à travers les écrits de Molly.
Mais si vous trouvez que ce sauvetage est légèrement abusé d’un point de vue scénaristique, écoutez ça : May Dodd, morte et enterrée depuis la fin du premier tome, est de retour. Ceux qui avaient vu son cadavre, après qu’elle soit morte de froid se sont trompés. C’est vraiment du grand n’importe quoi.
Après je peux comprendre Jim Fergus : faire venir un troisième train de femmes blanches à marier, avec une nouvelle passionnée de l’écriture dedans, ça aurait fait tout aussi tâche…

Bref, tout cela pour dire que pour apprécier ce livre il ne faut vraiment pas avoir l’esprit cartésien (« l’esprit des Blancs » diraient les Cheyennes) et être très ouverte aux rebondissements de toute nature.

Une fois la surprise du retour de ces personnages digéré, il va falloir suivre les bonnes vieilles recettes : constatation des dégats des Blancs sur le monde indien, rebellions, préparation au combat, hésitation, fuite… et entre deux on glisse des histoires d’amour, des danses autour du feu, et deux ou trois interventions du seul personnage intéressant finalement, le méchant répugnant : Jules Seminole. Un peu de magie indienne par-dessus, et voilà !

Tout cela pour vous dire que j’avais adoré Mille femmes blanches, apprécié La vengeance des mères… mais que Les Amazones m’a vraiment ennuyé. Peu d’innovations, si ce ne sont les prémices du retour de May à la vie occidentale, la recherche de la Terre Promise Cheyenne guidés par une clairvoyante aveugle (forcément) et le récit entrecroisé de la Molly d’aujourd’hui (descendante de je ne sais plus quel personnage du village indien) et les journaux de Molly et May.
La seule bonne nouvelle c’est qu’il n’y a pas de quatrième volume prévu… mais vu le final, un spin off n’est pas a écarter !

Une lecture audio pour le challenge ABC tout de même, pour la lettre F.

« Harry Potter and the Order of the Phoenix » de J. K. Rowling

Nouvelle année, nouvelle aventure d’Harry Potter, et toujours en anglais. Je me suis achetée toute la collection dans cette langue, je suis donc partie pour la totale en VO !
J’avais beaucoup aimé le précédent épisode, Harry Potter and the Goblet of Fire… A quoi m’attendre donc avec ce nouvel épisode ?

Nous retrouvons une fois de plus Harry pendant les vacances d’été chez son oncle, sa tante et leur fils Dudley… Sauf que cette fois la magie noire va s’insinuer dans cette banlieue anglaise : des Dementors s’en prennent à Harry et son cousin un soir et Harry va devoir faire apparaître son Patronus pour les chasser. Une grave entorse aux lois du Ministère de la Magie : un sorcier encore étudiant ne dois pas s’exercer dans le monde des moldus. Harry doit être jugé pour déterminé s’il sera expulsé de d’Hogwarts !
Entre les batailles politiques et médiatiques entre Dumbledore et le ministère de la Magie, le travail de protection de l’Ordre du Phoenix contre Voldemor, la crise d’adolescence sévère d’Harry et l’arrivée d’un nouveau professeur de défense contre les forces du Mal, on ne s’ennuie pas.

Les Wesley prennent un peu plus de place dans cet opus, et c’est très bien !
Ron a plus de responsabilités et devient préfet des Gryffondor, tout comme Hermione, ce qui attise la jalousie de Harry au début de l’ouvrage… Il rejoint même l’équipe de Quidditch, pour son plus grand malheur et celui de ses coéquipier… Très peu sûr de lui, il laisse passer toutes les balles durant les matchs, ce qui en fait une cible toute rêvée pour Malfoy et sa bande.
Les jumeaux Georges et Fred ont reçu secrètement de la part d’Harry après la Triwizard Cup la totalité de son prix. Cela leur permet de se lancer dans la création de produits de farces et attrapes, dont les fameux bonbons pour sécher les cours ! Un bonbon permet de se faire vomir, saigner du nez etc. et le second de se soigner… Malin et très amusant !
Ginny est toujours présente, maline et empathique. En revanche Percy qui a fini ses études et rejoint le Ministère de la Magie est une vraie peste à la botte de son chef, qui se met sa famille à dos… Je me demande bien ce qu’il va devenir dans les prochains tomes !

Le personnage irritant cette année est le Professeur Umbridge, qui prend le poste de Défense contre les forces du Mal. A la solde du Ministère de la Magie, elle fera tout pour empêcher Dumbledore d’avoir trop de pouvoir. En effet, elle craint qu’il monte une armée avec ses étudiants pour renverser le pouvoir en place… Donc pas de travaux pratiques pour les étudiants, ils apprendront la magie dans les livres. Bien entendu cela ne convient à personne… ce qui va conduire Harry à monter un club secret de pratique de la magie. Cela va permettre à un personnage de se révéler : Neville Longbottom, le cancre un peu froussard, qui finalement s’avère courageux et motivé !

Bref, je vais m’arrêter là, car je pourrais en écrire des tartines sur ce livre de 800 pages… Ce qu’il faut retenir, c’est que l’univers devient encore plus sombre, les problématiques des personnages plus adultes. Et ça sent l’affrontement final entre le Bien et le Mal imminent !

Ce nouveau chapitre de la saga est de très bonne qualité, presque aussi bien que Harry Potter and the Goblet of Fire. J’ai apprécié que Harry soit enfin présenté avec plus de subtilité et de réalisme : il n’est pas qu’un super héro bon en sport et en combats magiques, courageux, gentil et assez intelligent. Il sait aussi être jaloux de la réussite de ses copains, être angoissé par la solitude et les non-dits, n’en faire sa tête de mule et n’écouter aucun conseil au risque de mettre la vie de ses camarades en danger, blesser sa petite copine par son manque de tact… Bref, un ado (à qui on a envie de mettre des tartes, forcement)

Vivement la suite 🙂

« Demain j’arrête ! » de Gilles Legardinier

On change un peu de registre avec cette nouvelle lecture audio d’un auteur français à succès, Gilles Legardinier. J’avais lu et apprécié il y a 4 ans Complétement cramé ! je me suis donc dit qu’une lecture rafraîchissante et sans prise de tête me ferait le plus grand bien en cette période de post-confinement. Et effectivement… c’est sans prise de tête…

Julie, à peine la trentaine, vit dans une ville moyenne, occupe un poste de chargé de clientèle dans une petite banque, a beaucoup d’amis dans son quartier mais cherche toujours l’âme sœur. Elle vient de se séparer d’un gars égoïste et sans intérêt… Bon débarras !
Dans sa logique de changement, elle veut maintenant reprendre des études qu’elle avait abandonnées pour lui, quitter son emploi de banquière et devenir vendeuse en boulangerie le temps de s’y mettre… Et comme les changements arrivent toujours tous en même temps, un nouveau voisin vient de s’installer dans son immeuble. Elle ne l’a jamais vu, mais son nom l’interpelle : M. Patatras !
Après une période de chasse pour apercevoir la personne qui est capable de porter un tel nom, elle fini par le rencontrer : un jeune beau, gentil et mystérieux. Il n’en faut pas plus pour que Julie tombe amoureuse de lui…

Voilà une histoire légère qui commence comme un conte autour de « quelle est la chose la plus idiote que vous ayez fait dans votre vie ». Si au départ le récit est mignon, avec tous ces personnages empêtrés dans des histoires effectivement idiotes, donc pleines d’humour (Julie qui se retrouve coincée la main dans une boite aux lettres, son copain Xavier qui construit pendant des années une voiture trop large pour quitter son garage…), je me suis vite lassée… Ces 8 heures d’écoute de l’audiolivre ont été longue.
Je n’ai eu aucune sympathie pour les personnages. Par exemple Julie est vraiment folle à lier… elle n’est pas juste rigolote ou charmante, mais complètement cintrée. Obsession du contrôle, peur de la solitude, étouffante… Tout ce que je déteste !
J’en profite pour saluer la super prestation de l’actrice qui lit le livre, qui est capable de nous faire ressentir quand Julie parle à un autre personnage, se parle à elle même (ce qui arrive souvent) ou est en mode narration.
Et je ne parle pas des autres personnages et situation… Je veux bien voir des choses insensées dans ce genre de livre, mais là il manque un truc pour que ce soit drôle ou touchant, ou au moins un minimum crédible.

Bref, j’ai eu l’impression de perdre mon temps avec un banal roman de chick-lit cul-cul à souhait… déçue déçue déçue.

Enfin ça me fait toujours une entre pour le challenge ABC 🙂

« Le problème à trois corps » de Liu Cixin

Peu de lecture pendant le confinement au final, car j’avais décidé de m’attaquer à de gros morceaux… Dont le premier volume de la Trilogie des Trois Corps de l’auteur chinois Liu Cixin, en mode audio.
On est ici dans de la hard-SF comme j’en lis assez peu finalement… Et ça n’est pas le genre de livre à lire avant de s’endormir, car il faut suivre un minimum quand y connais rien en astrophysique comme moi.

Lors de la révolution Communiste chinoise, l’astrophysicienne Ye Wenjie est sur un projet de communication avec d’éventuelles vies extra-terrestres. Confinée dans une base secrète dans les montagnes chinoise, elle reçoit un jour une réponse de l’espace. Celle-ci est un peu étrange, car elle met en garde les humains et leur demande de ne pas répondre à ce message, pour ne pas dévoiler leur position et attirer vers eux ce peuple extra-terrestre.  Ye Wenjie qui a vécu les horreurs de la Révolution Culturelle chinoise, du martyr de son père jusqu’à la folie idéologique dans le pays, décide de répondre en espérant que les extra-terrestres pourront aider l’humanité à trouver la voie de la sagesse, de gré ou de force. Le temps que les messages soient transmis et que leur flotte fasse le voyage, dans 400 ans, ils envahiront la Terre.
De nos jours, une société secrète dont Ye Wenjie est la leader prépare les plus grands penseurs terriens à la venue des ces sauveurs de l’espace… Via une sorte de jeu vidéo en réalité virtuelle, ils présentent les Tri-Solariens, dont la planète est régie par trois soleils, rendant son climat très aléatoire et la vie quasi impossible. Ces Tri-Solariens qui vont bientôt débarquer sur notre planète…

Si le début du livre est un peu déroutant, car un peu long à se mettre en place, à la fin de celui-ci on a qu’une envie, connaitre la suite !
J’ai adoré la présentation de la planète de Tri-Solaris, qui est au centre du titre du livre, avec son problème à trois corps réputé insoluble en mécanique orbitale. La planète va d’un de ses trois soleils à l’autre et son orbite est assez chaotique : parfois il règne un froid atroce, d’autre une chaleur brûlante. Parfois même la vie est presque réduite à néant sur la surface de Tri-Solaris. Heureusement ses habitants ont la possibilité de se déshydrater, pour se mettre en quelque sorte en hibernation. Mais les Tri-Solariens survivent plutôt que de vivent… La possibilité pour eux d’annexer une planète aussi accueillante que la Terre est une aubaine !

Petite difficulté pour moi, surtout en mode audio, le nombre de noms de personnages en chinois… C’est bête, mais j’étais souvent perdue. Je dois avoir plutôt une mémoire visuelle !

J’espère donc avoir bientôt l’occasion de lire ou écouter le second tome de la trilogie, La forêt sombre.

Bien entendu, ce livre me permet de cocher une case sur mon Challenge ABC !

« Fouché » de Stefan Zweig

En ces temps de confinement je suis plutôt fainéante sur la lecture… Heureusement que les livres audios m’ont permis de ne pas prendre trop de retard dans mon challenge ABC ! Un casque sur les oreilles, dans le lit avant de dormir ou à bronzer entre midi et deux sur la terrasse… un petit plaisir à peine coupable 😉
Depuis 3 ans j’ai trouvé en Stefan Zweig l’auteur idéal pour la lettre Z des challenge ABC… j’aime surtout ses biographies historiques, qui me permettent d’appréhender la grande Histoire par la petite. En suivant les avis des lecteurs sur Audible, mon dévolu s’est jeté sur la biographie de Joseph Fouché, inconnu au bataillon pour moi alors !

Joseph Fouché est pour Stefan Zweig le premier animal de sa race : l’homme politique. Sans réellement avoir de convictions affirmées, Fouché a louvoyé pendant la période de la Terreur, du Directoire, du Consulat, de l’Empire, de la Restauration… De 1792 à 1816 il devient un personnage clé de l’Histoire de France, à priori vilipendé par les historiens car considéré comme l’homme qui a fait tomber Napoléon. Ce qui entre nous n’est pas rien ! Mais bien entendu les choses ne sont pas aussi simple.
Fouché est initialement un professeur ordonné au séminaire d’Arras et on le voit 10 ans plus tard en 1793 à Lyon fusiller des aristocrates et des curés, piller des églises et bruler des objets religieux. Lorsque le règne de la Terreur n’est plus à la mode, il retourne subtilement sa veste et suit la nouvelle mode du Directoire, dans la Police secrète…
En aidant au coup d’état de Napoléon, il dirige alors la Police et fait mine de regarder ailleurs, il va débuter le rôle pour lequel on le connait aujourd’hui dans les livres d’histoire : Ministre de la Police. Les relations des deux hommes sont houleuses, ils se craignent, mais le caractère tempétueux du général Corse se heurte au caractère inamovible de Fouché, froid, précis et travaillomane…
Il rate le coche de la Restauration car il n’arrive pas à Paris assez tôt lorsque Louis XVIII prendra le pouvoir. Pas de chance, mais cela lui permettra de faire croire à son attachement à l’Empereur et de devenir l’homme clé des Cents Jours, à la suite de l’évasion de Napoléon de l’ile d’Elbe… Rôle qui lui permettra de faire évincer Napoléon au profit du retour de Louis XVIII contre un poste dans cette monarchie.
Malheureusement pour lui, Louis XVIII a un sursaut d’orgueil et se souvient que Fouché était un cosignataire de la mise à mort de son frère Louis XVI sous le règne de la Terreur… et est banni de France sans autre forme de procès. Devenu infréquentable, il fini sa vie dans une ville de province autrichienne, et meurt d’ennui…

Un vrai roman feuilleton ! C’est à se demander pourquoi une série TV n’est pas encore sortie sur sa vie !

Je savais bien que FOuché m’était inconnu, mais en plus je me suis aperçue alors que je ne connaissais rien du tout à cette époque, où tout allait vite, où tout était mouvement : changements de régimes à un rythme effréné, guerres civiles ou internationales, alliances et oppositions… En très peu d’années la France et Fouché en ont vu, et des belles !
Sous la plume de Zweig on ne peut pas détester ce personnage assez nuancé, attiré uniquement par l’exercice du pouvoir.

Comme toujours avec les biographies de Zweig, une belle découverte qui me donne envie de m’intéresser un peu plus à l’histoire !

« Carnets noirs » de Stephen King

Quand j’avais découvert après ma très bonne lecture de M. Mercedes que ce roman faisait partie d’une saga, j’avais tout de suite mis Carnets noirs dans ma wish-list… et forcément dans ma liste pour le challenge ABC ! Il n’y a pas à dire, Stephen King est très bon dans le domaine fantastiques et horreur…. Mais il excelle aussi dans l’écriture de thrillers !

Dans les années 70, Morris Bellamy, fan inconditionnel de la trilogie de romans Le coureur assassine son auteur, John Rothstein. Il n’a pas digéré que l’écrivain transforme son héro Jimmy Gold en un américain moyen et rangé après des années d’aventure. Il lui vole au passage une belle somme d’argent, et surtout, tout un lot de carnets noirs, où John Rothstein continuait à écrire.
Mais Morris n’a pas le temps de regarder si Jimmy Gold reprend vie dans ces carnets : il doit les cacher en attendant que l’affaire du meurtre se tasse… Il les enterre donc avec l’argent dans une vieille malle, dans un terrain vague derrière chez lui. Mais le soir même Morris se fait arrêter pour viol avec violence et prend perpet’… Ses précieux carnets sont perdus à jamais. Ou pas !
Fin des années 2000, le tueur fou à la Mercedes a fait une hécatombe dans une file d’attente du marché de l’emploi dans le Midwest. Le père de la famille Saubers est gravement blessé en plus d’être au chômage. Les choses vont de mal en pis pour les Saubers : les problèmes d’argent et de santé du père enveniment la relation du couple, et leurs deux enfants Peter et Tina se retrouvent au milieu de leurs interminables disputes. Jusqu’au jour où Peter découvre derrière chez lui une étrange malle… et beaucoup d’argent dedans !
Mais en mettant la main sur les dollars et les carnets de Rothstein Peter va réveiller un monstre… Morris Bellamy.

En lisant cette longue introduction on se demande à quel moment notre flic à la retraite favori, Bill Hodges, va pointer le bout de son nez… Ne vous inquiétez pas, on le voit un peu avec Holly qui travaille maintenant avec lui, et Jerome Robinson revenu de la fac pour les aider.
Mais le gros du roman se passe entre le foyer des Saubers, et plus particulièrement avec Peter qui est le vrai héro de ce récit. Son antagoniste n’est pas laissé de côté non plus, car une bonne partir du récit se déroule avec Morris Bellamy. On est plus dans une sorte de spin off finalement que dans une suite.
Comme toujours avec Stephen King on est vite mis dans le bain et on s’accroche vite aux personnages, qu’ils soient gentils ou malfaisants. Morris Bellamy, aussi sombre qu’il puisse être, n’est finalement pas si détestable. Un mec qui aime autant les livres, comment le haïr totalement ? C’est une sorte de monstre cohérent, en somme…
De plus on a un petit côté Frodon et Gollum dans le couple Peter et Morris : Peter est fou de l’œuvre de Rothstein tout comme Morris…Qu’est ce qui les différencie ? Jusqu’où Peter aurait pu aller si le destin lui avait proposé d’autres routes ? Et si Morris n’avait pas été emprisonné, serait-il revenu sur le droit chemin ? On a de quoi réfléchir sur le libre arbitre, le sens moral et tout cela…
Chose intéressant ici, la mise en abyme du statut d’écrivain et sa relation à son œuvre (ici Rothstein et Le coureur) et la manière dont celle-ci vit dans le regard des lecteurs. Une fois un personnage comme Jimmy Gold approprié par ses fans, l’auteur en perd d’une certaine manière son droit de vie ou de mort dessus. D’où l’exécution de Rothstein par Bellamy. Je suppose que c’est un peu du vécu pour un auteur comme Stephen King…

Une suite de qualité égale à M. Mercedes pour moi. Gros avantage, c’est qu’il peut se lire indépendamment du premier, car on revient assez peu dessus… J’ai hâte de lire la suite, Fin de ronde, car la fin de Carnets noirs laisse présager un changement de cap et de genre. Est-ce que le paranormal commencerait à poindre ?