« L’héritage impossible » de Anne B. Ragde

L'héritage impossibleMieux vaut tard que jamais… La Chèvre Grise va enfin pouvoir récupérer le troisième tome de la série de « La terre des mensonges » qu’elle m’a prêté il y a bien deux ans. Ça n’est pas que je ne voulais pas découvrir la suite et fin de la saga familiale des Neshov, mais le temps passe tellement vite entre deux sessions de challenges littéraires, de partenariats…

Après le suicide de Tor, son père, Torrun se retrouve seule à la ferme des Neshov dont elle hérite, dans un coin près de Trondheim. Elle doit non seulement s’occuper de l’élevage de porcs, mais aussi de son grand-père et de la maison. Harassée de fatigue et se sentant coupable de la mort de son géniteur, elle glisse peu à peu dans une dépression.
Est-ce que les projets de ses oncles vont lui redonner la joie de vivre ? Entre Margido qui veut créer un hangar de stockage de cercueils auprès de la ferme, ou Erlend qui souhaite bâtir une maison de vacances dans les silos à grains ? A moins que son aide à la ferme, le beau Kai Roger, finisse par la faire succomber ?

Si les deux précédents tomes n’étaient pas super gais, celui-là est encore plus plombant
Mais où est le bonheur dans ce coin de la campagne norvégienne ? Tout est terne et pesant à la ferme des Neshov… On a commencé avec les secrets de famille dans le premier roman, puis un suicide dans le second. Et là une dépression pour couronner le tout.
On comprend pourtant le ras-le-bol de Torrun, laissée seule aux rênes de l’entreprise agricole à la mort de son père, pour le plus grand soulagement de ses oncles… mais j’ai tout de même eu du mal avec le personnage dans ce tome. Déprime, alcoolisme, auto-destruction, repli sur soi… Pfff… A ne pas savoir si elle veut garder la ferme et les porcs, ou faire autre chose de la propriété… Et à se rabacher que Kai Roger essaye de la séduire que parce qu’il en veut à son héritage. Bref, lourde… On a envie de la prendre et de la secouer !
Heureusement, la vie d’Erlend l’oncle homo est là pour nous faire un peu sourire. Lui qui va bientôt être papa avec son conjoint Krumme, avec l’aide d’un couple de lesbiennes. Même Margido devient presque fun dans ce tome, alors que son métier de pompe-funèbre nous laisserait penser le contraire.

Enfin malgré cette frustration de passer à côté du happy end tant souhaité, on doit bien avouer que nous sommes face à un roman réaliste : la famille c’est bien, c’est tout ce qu’il reste quand on n’a plus rien… mais c’est aussi la source de beaucoup de déceptions.
En une année à Neshov, finalement la situation n’a pas beaucoup évoluée en terme relationnel : chacun de leur côté avant, chacun de leur côté après…

Objectivement, ce triptyque est vraiment à découvrir. Les personnages et leurs relations sont bien brossées, et les paysages donnent qu’une envie : visiter la Norvège. Quant à rencontrer ses habitants… je ne sais pas vraiment 😉

« Piste noire » d’Antonio Manzini

piste noirePour le partenariat Folio du mois dernier, j’ai choisi un roman que j’avais hésité à prendre chez Denoël lors de sa parution en 2015 : Piste noire.
Ce roman policier, dans le plus pur sens du terme, nous emmène mener l’enquête dans les paysages enneigés italiens… Ça change des thrillers américain, et ça a même tendance à me réconcilier avec le genre !

C’est la saison des sports d’hiver à Champoluc… et c’est juste à ce moment qu’un cadavre est retrouvé sous une dameuse, dans un sale état. Est-ce un accident ? Ou alors une tentative pour dissimuler un meurtre ?
C’est le sous-préfet Rocco Schiavone, muté depuis peu dans la région d’Aoste, qui va devoir répondre à cette question. Avec un style romain détestable au possible, il va analyser chaque indice et cuisiner le moindre témoin… dans un petit village où tout le monde se connait.

Ce roman policier m’a donné un peu de fraicheur dans les transports en ce mois d’avril. Il se lit très bien, et on se prend vite au jeu de l’enquête. Le personnage de Rocco, odieux, dragueur, violent… et tout simplement con par moment, est un véritable atout dans le récit. Au fil des pages, on se prend non seulement à le trouver sympathique, mais aussi à avoir de l’empathie pour lui.
Pour ce qui est de l’enquête, le dénouement n’est pas révolutionnaire, mais a le mérite d’être spectaculaire !
J’ai aussi beaucoup apprécié l’ambiance montagnarde, les images de paysages alpins italiens, et l’odeur des bons petits plats de risotto… Y-a-t-il un seul roman italien ou l’évocation de la nourriture ne fait pas rêver ?

Bref, bonne pioche avec ce partenariat ! Je le conseille aux amateurs de roman policier, sans hésitation !

Merci Folio !

« Vostok » de Laurent Kloetzer

VostokTrois ans après le très bon roman écris à quatre mains sous le nom L. L. Kloetzer, Anamnèse de Lady Star, voici Vostok, dont l’histoire se déroule dans le même univers. Monde dystopique, extra-terrestres, nouvelles technologies, et une Terre au bord du précipice… De bons ingrédients pour un roman de SF français !

Le chef d’un gang chilien, Juan, va pour se racheter face au chef du cartel local lui promettre l’accès au Vault, le réseau informatique des Andins,ceux qui contrôle le climat, l’économie, la société entière…et fait régner la terreur avec ses drones armés. Pour ce faire, il va embarquer sa jeune sœur Leo et une partie de son gang à Vostok, une base en Antartique abandonnée des russes voilà plus de 20 ans. Leur objectif : forer la glace sur plus de 2000 mètres pour atteindre un lac souterrain, où se trouverait la clé du Vault. Arriveront-ils à leur fin, dans un univers stérile et glacé ? Leo qui a été embarquée dans cette histoire de force pourra-t-elle supporter la vie à Vostok ? Comment le ghost de Leo, un extra-terrestre éthéré va vivre cette aventure ?

J’ai beaucoup aimé ce roman, qui m’a semblé un peu plus accessible que son prédécesseur. On suit principalement Leo dans cette histoire, une jeune femme de 16 ans à peine, plongée dans l’enfer des guerre de cartels puis dans un huis clos plein de tension en Antartique. Le contraste entre les deux univers est évident, mais la souffrance et la rage de vivre est la même dans ces deux endroits ! Heureusement, elle a pour elle d’être très intelligente, et d’avoir à ses côté son ghost Araucan. Ce garçon apparaît et disparaît sans raison, a besoin de se nourrir de choses et de situations nouvelles, et ne peux pas contre-dire les humains auprès de qui il vit, jusqu’à en souffrir.

Le côté science-fiction est bien amené, et nous fait dire que le monde présenté ici n’est pas si différent du notre. Les moyens de communication sont plus évolués, le contrôle du climat existe vraiment, les drones font partie intégrante du paysage militaire… Le monde de demain en somme… Mais un monde proche de l’apocalypse : cyclones, pluies torrentielles, clivages sociaux, guerre informatique …

Une très bonne lecture, que j’ai dégusté à mon rythme, tout comme le premier tome. C’est un livre qui demande un peu de temps pour se plonger dedans, mais qui est fin et passionnant. Je le conseille, même si vous n’avez pas lu Anamnèse de Lady Star.

Merci aux éditions Denoël pour ce partenariat, qui me permet d’avance en plus dans mon challenge ABC des littératures de l’imaginaire.

Vostok de Laurent Kloetzer
Éditions Denoël, collection Lunes d’encre – 432 pages
Paru le 17 mars 2016

« Le charme discret de l’intestin » de Giulia Enders

Le charme discret de l'intestin

J’ai moi aussi succombé à ce best-seller que je vois encore entre de nombreuses mains dans les transports en commun.
L’an dernier l’auteur de cette étude, une jeune doctorante allemande, avait fait le tour des émissions TV, transcendant les présentateurs rigolards par des histoires de caca à heure de grande écoute. Mais ce livre n’est pas qu’un recueil de blagues scatologiques, mais bien une étude sur le système digestif et les intestins en particulier, reprenant et expliquant les dernières découvertes dans le domaine.

J’ai apprécié le petit côté humoristique insufflé par la plume de l’auteur à ces pages et les illustrations rigolotes de sa sœur. En plus, j’ai appris énormément de choses ! Ce livre est passionnant pour qui cherche à vivre mieux avec son ventre, et ceux que les scientifiques considèrent dorénavant comme notre deuxième cerveau, nos intestins !
On y voit plein de choses sur la digestion, la valeur de certains aliments, et surtout l’importance des bonnes bactéries dans notre tube digestif. L’étude de ces petites bestioles semble être un nouvel eldorado pour la recherche médicale, et laisse présager le meilleur pour les années à venir !

Je conseille donc vivement cette lecture, qui est très accessible de par son côté pédagogique et sa touche de légèreté sur un sujet qui pourrait ne pas l’être.

« Les Brillants » de Marcus Sakey

Les brillantsPour la sélection Folio du mois dernier, je me suis laissé tenter par Les Brillants, de Marcus Sakey, présenté comme le croisement entre la série Heroes et des X-Men. Chouette, j’adore les super-héros ! Il n’en fallait pas plus pour me donner envie de lire ce livre ! Je suis passé outre le fait qu’il soit édité dans la catégorie Policier chez Folio… et non en Science-Fiction. Pour tout dire, ce livre me laisse un peu un goût amer… un peu dystopique, un peu policier, beaucoup thriller

Dans un monde qui pourrait être le nôtre, les brillants, ou « anormaux », sont des êtres-humains ayant le potentiel d’Albert Einstein, dans des disciplines variées : stratégie, lecture de schémas corporels, anticipation de trajectoires… Ces génies peuvent donc facilement devenir des maîtres de guerre, de fins psychologue lisant dans les pensées, ou des passes-murailles. Depuis les années 80, 1% de la population qui naît est composée d’anormaux.
L’agent fédéral Nick Cooper, lui-même anormal, travaille dans un service qui a pour objectif de contrôler cette minorité. En effet, des terroristes anormaux, menés par John Smith, sèment le chaos, liguant normaux et anormaux les uns contre les autres. Mais c’est quand celui-ci fait sauter la place du marché mondial, et 1000 civils innocents, que l’affaire va prendre une autre tournure pour Cooper.
Pour arrêter ce monstre, Cooper doit abandonner son statut d’agent fédéral, et infiltrer le réseau terroriste en se faisant passer pour l’un d’eux…
Mais quelle vérité découvrira-t-il lors de sa traque ?

Bon, il faut l’avouer, je ne suis pas une grande fan de roman de ce genre : action, pseudo-enquête, infiltration et espionnage… je pensais que le côté science-fiction prendrait le pas, mais non, pas vraiment. Les pouvoirs des « anormaux » sont un peu trop réalistes : finalement ce ne sont que des génies (ok, c’est déjà ça…). Pas de mecs qui tirent des lasers avec ses yeux ou qui arrête le temps ici.
On voit un peu comment a tournée la société grâce (ou à cause) des anormaux : des avancées technologiques incroyables, un monde sans guerre de religions mais en pleine guerre de castes… Intéressant, mais trop léger pour vraiment m’accrocher.

En ce qui concerne le style, je n’ai vraiment pas été conquise. Pas d’humour ni de second degré… C’est du sérieux ! Entre action et drame, peu de place pour la légèreté ! Mais malgré ça je n’ai pas ressenti l’excitation ou le suspense entre les lignes.

A vouloir faire trop réaliste, sans tomber dans le sordide des romans noirs, l’auteur a créé des personnages sans saveur… Son héros, Cooper, est vraiment trop lisse : bon père de famille divorcé, mais encore proche de son ex-femme, qui est loyal à sa hiérarchie, prêt à se sacrifier pour une cause, un super combattant, intelligent, sensible… Tout pour plaire… ou exaspérer !

Bref, je ne lirais pas le tome 2 de cette série… et oui, un seul roman ne suffisait pas !
Je me suis ennuyée ferme… Après il faut avouer que je ne suis vraiment pas une adepte des roman policier / action… D’autres trouveront peut-être leur compte ? A priori oui vu les commentaires élogieux sur d’autres sites 😉

Enfin cette lecture me permet tout de même d’avancer dans le challenge ABC des Littératures de l’imaginaire !

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« Nom d’un chien » d’André Alexis

Nom d'un chien

En voilà encore une belle découverte grâce au partenariat Denoël du mois dernier ! La quatrième de couverture avait tout pour me plaire : des dieux grecs et des chiens qui parlent, comme dans Demain, les chiens de Clifford Simak. Mais point de mondes utopiques ici, mais plutôt un conte philosophique bien ficelé.

À Toronto, Hermès et Apollon se saoulent et se disputent … Est-ce que les humains sont pires ou meilleures quelles autres êtres vivants ? Est-ce qu’un animal doté de l’intelligence humaine serait encore plus malheureux que lui ? Voilà un bon objet de pari pour les deux dieux : ils dotent quinze chiens d’intelligence, et si un seul meure heureux Apollon perdra…
On va donc suivre quinze chiens, d’abord enfermés dans une clinique vétérinaire, et voir ce qu’ils vont faire de cette intelligence. S’échapper et s’entre-aider, inventer un langage et communiquer, accepter ce changement ou le nier… Ce qui est certain, c’est que cet éveil n’est pas pour tous une réelle source de bonheur ! Mais un seul d’entre eux rendra-y-il son dernier souffle heureux ?

J’ai pris un réel plaisir à suivre les péripéties de ces personnages atypiques. La vision du monde au travers les yeux de chiens, leurs relations dans la meute, et aussi la manière dont ils interprètent les réactions et les jeux de domination humains sont vraiment enrichissantes… Les propriétaires de canidés feraient mieux d’en prendre de la graine 😉
Sur les quinze chiens, il y a forcément des héros auxquels on s’attache, ou sur qui le focus est fait, comme Majnoun le caniche qui va apprendre la langue des hommes, ou Prince le poète de la « langue de la meute ».  Il est d’ailleurs intéressant de lire les dernières pages du livre pour apprendre comment les poèmes canins de cet ouvrage sont créés, sur la base de l’Oulipo.
Jusqu’au bout j’ai espérés quel un d’eux trouve le bonheur… Pas évident pour des êtres tellement à part, voyant leur culture se réduire au rythme des décès dans la meute.

Il est aussi amusant de voir comment les dieux de tout l’Olympe vont prendre part de près ou de loin à l’histoire de ces chiens, comme dans les grands classiques de la littérature, rendant encore plus poignant cette tragédie où se mêlent toutes les passions : joie, haine, peur,…

Une belle découverte, que je vais rapidement faire tourner autour de moi :)

Au passage, ce titre va me permettre de remplir la lettre A du challenge ABC des littératures de l’imaginaire.

Nom d’un chien d’André Alexis
Traduit par Santiago Artozqui
Editions Denoël – 256 pages
Paru le 18 février 2016

« Complétement cramé ! » de Gilles Legardinier

Depuis plusieurs années je voyais cette couverture dans les librairies, dans les mains de lecteurs dans le métro… sans vraiment savoir de quoi il s’agissait. Un vrai manque à ma culture littéraire populaire ! Surtout quand tous les gens qui l’ont lu autour de soi en disent le plus grand bien… sans parler des nombreux avis positifs sur les sites de lecteurs.
C’est donc en ayant à l’esprit d’être face à un best-seller que j’ai entamé ma lecture.

Andrew Blake, arrivé à la soixantaine, fait le bilan de sa vie et décide de la changer totalement. Ce patron d’entreprise, veuf, vivant en Angleterre, décide de partir quelques mois en France et de se faire passer pour quelqu’un d’autre. Dorénavant, il sera majordome dans la demeure de Nathalie, qui pense vraiment avoir embauché du petit personnel.
Entre la maitresse de maison, la cuisinière Odile et son chat Méphistophélès, la jeune femme de ménage Manon et le gardien Philippe… il va avoir fort à faire. En effet, chacun a sa somme de petits et grand malheurs, qu’il va se faire un plaisir d’atténuer, parfois à leur insu.

Ce roman est en effet fort rafraichissant, comme j’avais ouïe dire. La prose est simple, les idées biens tournées… et ces pages sont truffées d’anecdotes amusantes, de jeux de mots surréalistes… Bref, l’humour british à la sauce française ! On est même parfois ému par les situations, scènes ne sont pas trop mièvres contrairement à ce que je craignais.
Les personnages sont attachants, chacun avec son lot de regrets, auquel on pourra tour à tour s’identifier. Bref, un joli conte sur la vie, à différents moment de maturité.

Mais bon, il faut avouer qu’on m’a tellement vendu ce roman comme une perle que je suis un petit peu déçue. J’ai vraiment pris plaisir à le lire, je le conseillerai autour de moi, mais il me manque un petit quelque chose pour que ce soit vraiment un coup de cœur. Mais attention, c’est vraiment un très bon livre ! Il est juste un peu victime de son succès pour moi…

« Jin, tome 20  » de Motoka Murakami

Jin 20Fin de la série Jin, commencé il y a quelques mois. J’avais déjà évoqué mon engouement pour ce manga sur ce blog, alors que je le débutais. Alors après 20 tomes, toujours aussi biens, les aventures du chirurgien propulsé dans le passé ?

Dans les derniers tomes, Jin continue à créer des innovations médicales, pour aider au mieux la population d’Edo… Mais sa réputation grandissante lui vaut de soigner les plus grands du Japon ! Mais tout ce qui compte pour lui, c’est de pouvoir sauver son ami Ryoma, une grande figure militaire et politique de cette époque… Celui ci doit être assassiné le jour de l’anniversaire de Jin. Pourra-t-il le sauver sans mettre en danger la courbe de l’espace temps ?

Mais dans les faits, ce qu’on attend, c’est de savoir quand il va enfin épouser Saki, la sœur d’un samouraï qui a accueilli le médecin à son arrivée dans le passé. Elle s’est rapidement rendue indispensable comme infirmière, puis comme médecin à son tour, dans le cabinet de Jin. Mais leur histoire mais vraiment du temps à s’épanouir !

Ces histoire de coeur et d’amitié, ainsi que les scènes médicales, m’ont beaucoup plues… En revanche j’ai été moins touchée par les intrigues historiques. Et comme il y en a énormément tout au long du manga, ça a vite été rébarbatif.

Enfin, Jin reste tout de même un très bon manga, bien dessiné, et pas trop long. A déguster par petites touches !

« L’amie prodigieuse » d’Elena Ferrante

L'amie prodigieuse« Le roman que Daniel Pennac offre à tous ses amis« . Voilà ce que clame la sur-jaquette sur cette édition, reçue lors du partenariat Folio du mois. Avec une annonce comme celle-ci, je ne pouvais pas passer à côté de ce roman… De loin, j’y voyais une saga familiale classique autour de deux amies d’enfance, dans l’Italie d’après guerre. C’est bien de cela qu’il s’agit, mais de bien plus encore ! Pennac ne se trompait pas, l’écriture d’Elena Ferrante est vraiment jubilatoire !

Elena et Lila se connaissent depuis les bancs de l’école, dans un quartier pauvre de Naples. Dans cette Italie des années 50, la vie n’est pas tendre. La plupart des adultes font des métiers difficiles, les femmes travaillent dans leur foyer, et les enfants font ce qu’ils peuvent entre eux et leurs professeurs. Lila s’avère rapidement être un petit génie, doublé d’un sale caractère qui flirte avec la méchanceté. Elena quant à elle est subjuguée par son amie, et fait tout pour être à son niveau… Cette émulation va permettre à cette dernière d’accéder à des études, au collège… Lila elle devra rester travailler avec ses parents à la cordonnerie familiale. Cette séparation va-t-elle signifier la fin de leur amitié ? Lila continuera-t-elle a étudier malgré l’interdit familiale ? Elena pourra-t-elle se sortir du quartier ?

Voici donc une superbe histoire, passionnante, pleine d’émotion et super bien écrite… Je deviens fan de saga familiale avec des livres comme ça ! On peut très facilement s’identifier à Elena, l’éternelle seconde, durant ses années d’enfance et d’adolescence que nous suivons ici. Son amitié avec Lila est un petit mélange d’adulation et de jalousie, qui va la guider durant toutes ses jeunes années, que ce soit pendant ses études que pour ses affaires de coeur. Cette histoire s’inscrit dans celle du quartier, où les rivalités et les conflits entre les familles ont la part belle… Eux même au coeur de la grande histoire d’Europe de l’après-guerre, où le fascisme, le marché noir, l’essor du communisme… ont laissé des traces.

Un seul regret : il va falloir que j’attende le second volume de la saga pour savoir comment se termine cette histoire ! Si L’amie prodigieuse raconte la jeunesse des deux filles, la suite, Le nouveau nom, se focaliserait sur leurs vies d’adultes. Et vu les rebondissements au fil des pages, je veux absolument savoir ce qui va se passer.

Un roman vraiment très bon, que je conseille vivement et que je vais certainement prêter… Voir offrir à mon tour 😉

« Delirium, tome 1 » de Lauren Oliver

DeliriumLes joies de la recherche d’auteurs à lettre exotique pour les challenges ABC… Voilà comment je me suis retrouvée à ajouter Lauren Oliver à ma liste de lecture pour le challenge des littératures de l’imaginaire. Je n’attendais pas grand chose de ce livre, dont j’avais trouvé la référence sur Livraddict. Littérature pour ado, un fond de dystopie… Et bien finalement grand bien m’a pris de suivre les conseils des autres lecteurs, car j’ai passé un agréable moment durant cette lecture !

A 17 ans, Lena n’attend qu’un seule chose : fêter enfin ses 18 ans pour pouvoir subir son Protocole. A partir de ce jour là, elle ne sera plus vulnérable à la terrible maladie qui a fait des ravages des siècles durant : l’amor deliria nervosa, en d’autre terme, l’amour. En effet, dans les Etats-Unis post blitz, l’amour est interdit… Pire, c’est un fléau reconnu qui conduit à toutes les dérives. Grâce au Protocole, les citoyens sont libérés de toutes passions, et deviennent de parfaits habitants : un mariage arrangé par statistiques, une vie tracée par la réussites à des examens… Bref, le bonheur. Sauf que la route de Lena va croiser celle d’Alex, qui fait naître en elle un sentiment étrange…

Si la lecture de ce roman est facile et agréable, il faut avouer que sa construction et les thèmes traités ne sont pas très originaux. Les fans de Hunger Games et de classiques de la science-fiction verront venir les évènements de très loin. Mais n’empêche, ça fonctionne ! Faire de l’amour une maladie est plutôt bien vu, et j’ai trouvé le traitement du récit autour de cette dictature de l’indifférence assez bien faite. J’ai été captée par l’histoire de Lena, d’Alex et de leur amie Hana… et je n’avais qu’une envie : savoir comment ils allaient s’en sortir ! Même si je me doutais un peu de la fin, je n’ai pas pu m’empêcher de me passionner pour cette histoire d’amour

Une réussite, ce roman ! Je ne sais pas si je lirai les tomes suivants, car je trouve que ce volume se termine correctement et proprement… Et puis on se doute un peu de ce que pourrait être la suite : révolution, destruction du régime totalitaire, les futures générations pouvant vivre comme de bon sauvages sans Protocole… Je préfère en attendant reste sur cette bonne impression :)

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