« Le chien gardien d’étoiles » de Takashi Murakami

2 juin

Dans la série « les histoires qui sont à deux doigts de me faire tirer une larme », bonne pioche avec Le chien gardien d’étoiles que Petite Fleur m’a prêté (et chroniqué ici).
Je suis passée à côté de ce manga lors de sa sortie française l’an dernier, ce qui est bien dommage vu la qualité de ce « one-shot » (histoire en un seul album) !

L’histoire commence comme ceci : les policiers retrouve dans un champ une voiture en mauvaise état, avec le cadavre d’un homme dedans, mort à priori depuis 12 à 18 mois… A côté de lui, un autre corps, celui d‘un chien, mort depuis 3 mois…
Qu’a t-il bien pu se passer dans cette voiture ?
Dans les deux chapitres qui composent ce livre, on va apprendre de quelle manière un homme et ce chien vont arriver dans ce champ : au travers les souvenirs du chien, et ensuite par l’enquête que va mener un employé  de l’assistance sociale chargé de découvrir l’identité de l’homme décédé.

Durant cette lecture, et plus particulièrement dans le premier chapitre, j’ai sans cesse été touchée par la fausse légèreté qui se dégage de l’histoire vu par le chien, qui va accompagner littéralement son maître jusqu’au bout de la route… On est dans le schéma classique mais toujours efficace du chien fidèle, à l’esprit pur car sans hypocrisie, dévoué à son maître , qui ne demande rien d’autre que l’attention de son « papa », et qui finalement vaut mieux que pas mal d’être humains. Simple, mais beau… et très triste… Le chaos qui va progressivement se créer dans la vie de son maître prend une autre dimension dans le regard du canidé, qui voit au fur et a mesure ses petites habitudes (promenade, gamelle…) changer au gré de l’évolution de la vie familiale. Un vraie critique sociale finalement, sur la société qui change, où quelqu’un peut disparaître sans que qui que ce soit s’en inquiète…
Ce genre d’histoire, à base de chien ou chaton, ça fonctionne du feu de dieu sur moi :’(. Cette partie du récit n’est pas sans me rappeler  Tombouctou de Paul Auster.

Le second chapitre a un peu plus de mal à se mettre en place (au début je pensais qu’il s’agissait d’une histoire différente), mais a l’intérêt de donner un autre point de vu, celui de l’assistant social, et de raconter l’histoire sous forme d’enquête, et souvenirs personnels à base de petit chien… Et ceux-ci sont presque aussi triste que la première histoire.

Bref, un superbe manga, très beau, aux dessins qui collent bien (surtout les bouilles kawaii des chiot… bouh !). Je comprend mieux pourquoi les lecteurs de Manga News l’ont élu comme meilleurs « one-shot » 2011 ! Enfin  »one-shot »… attendez vous à voir un tome 2 paraître un de ces jours, puisqu’il y en a un déjà édité au Japon ! :)
Jetez-vous dessus si vous ne l’avez pas encore lu, amateurs de manga ou non !

Ah, et pour le coup, je vais utiliser ce livre pour le challenge « Petit BAC 2012« , catégorie « Métier ou fonction » (oui, gardien… :) )

« Des milliards de tapis de cheveux » de Andreas Eschbach

30 mai

Je ne sais plus comment je suis tombée sur ce roman de l’auteur allemand Andreas Eschbach, écrit en 1995, mais ce jour là j’ai eu bien de la chance ! C’est un petit bijou que j’ai dévoré, et qui a tout du roman de SF voué à devenir un grand classique !
De plus il me permet de valider une entrée pour le challenge Petit Bac 2012, catégorie « partie du corps ».

Sur une planète aride, où la population vit aux limites de la pauvreté, une étrange coutume veut qu’une caste d’hommes passent une vie entière à réaliser un tapis fait des cheveux de leurs femmes et filles. Ce tapis une fois vendu à l’Empereur permettra à leur unique descendant mâle de devenir lui même tisseur de tapis de cheveux. Voici une tradition qui se perpétue depuis des millénaires, depuis que l’Empereur immortel en a décidé ainsi ! Voilà bien son droit, car après tout, n’est-ce pas lui qui fait briller les étoiles ?
Mais autour de ce culte de l’Empereur et de la confection de tapis de cheveux, d’autres histoires vont prendre par à cette trame : celle d’un étranger hérétique perdu sur cette planète, celle d’un marchand qui récolte les tapis ville après ville, celle de l’histoire d’amour d’une jeune femme pour le fils d’un tisseur, … Tous sont liés par ces étranges tapis, intriguants, magnifiques et repoussants à la fois…

Quel mystère que ces tapis de cheveux ! Une fois l’univers posé, celui d’un Empire colossal composé de plusieurs systèmes solaires, dirigé depuis des dizaines de milliers d’années par le 11ème Empereur, on n’a qu’une envie : savoir ce que signifie ce culte pour la tapis de cheveux ! Pourquoi des hommes, voir une planète entière, s’aliènent pour réaliser des tapis de cheveux, qui rapporté au nombre de tisseur atteignent des quantités phénoménales ? Des milliards de tapis de cheveux pour décorer le palais de l’Empereur, bien trop pour que cela soit possible. Surtout quand on sait que l’Empereur a été tué il y a 20 ans de cela par des Rebelles, et que son palais n’abritait aucun de ces tapis…

La question de la chute de l’Empire est aussi très intéressante. L’auteur présente progressivement des éléments qui nous expliquent comment le système de commerce du tapis de cheveux est mis en place par des administrations locales, fonctionnant en vase clos. On comprend alors mieux pourquoi les forces Rebelles ont tant de mal, 20 ans après la mort de l’Empereur, à faire accepter à tous ces peuples vivant sur de lointaines planètes  que cet être immortel a disparu, signifiant alors que leur mode de vie est dorénavant dépassé, et que le tissage de tapis de cheveux est une ineptie… Lorsqu’on a été élevé comme un esclave, il est presque impossible d’avoir une idée même de la liberté !
Ce schéma dicté par l’Etat mêlé à celui de la culture locale est très intéressant, et ouvre pas mal de pistes de réflexion sur le monde qui nous entoure…

La narration est découpée en chapitres qui équivalent presque à des nouvelles autonomes, mais qui sont en fait reliées entre elles de manière très fine et intelligente, à la façon d’un polyptique.  Si on est dérouté par deux ou trois chapitres en se demandant ce qu’ils viennent faire là, la réponse arrive rapidement dans les suivants… La trame se tisse, et le dessin prend forme, et il est magique ! Je crois que c’est cette structure qui m’a rapellé (dans une moindre mesure) l’excellent Qu’a t-elle vue, la femme de Loth ? de Ioànna Bourazopoùlou.
On est vraiment pris dans l’histoire, et jusqu’à la dernière page on est happé par cet univers. De plus la fin ne m’a pas laissé sur ma faim… Bref, un coup de maitre pour ce qui est de l’intrigue !

Quand on sait que c’est le premier livre de Andreas Eschbach, on n’a qu’une envie, découvrir ses autres romans ! J’ai vraiment été impressionnée et conquise par celui-ci, au point où c’est un véritable coup de coeur ! Bref, je le conseille aux amateurs de SF et aux autres : il se lit très facilement, et l’intrigue est très prenante !

« Fargo Rock City » de Chuck Klosterman (Etat du Dakota du Nord)

29 mai

Ahhhhhh ! Terrible découverte que ce livre qui a ravi mon coeur d’amatrice de metal ! Vous aviez découvert avec mon post sur Detroit Metal City mon petit penchant pour cette musique, et elle se réaffirme avec ce témoignage de Chuck Klosterman : Fargo Rock City : Confessions d’un fan de heavy metal en zone rurale.
Une bible du métal des années 80-90′s vue par un critique musical, et ses souvenirs de cette période alors qu’il était ado vivant en rase campagne.
Une fois de plus, une belle découverte dans le but de réaliser le challenge « 50 états, 50 billets », pour l’état du Dakota du Nord. Et en plus, il me permet de cocher la case « Lieu géographique » pour le challenge Petit Bac 2012.

Gros focus sur le heavy, le glam, le speed… des années 80-90 et les stars de l’époque : Guns’n Roses, Motley Crue, Kiss, Black Sabbath, Poison, Metallica, Ozzy Osbourne, Bon Jovi, WASP, Skid Row, Ratt… et les grunges qui prendront la suite avec Nirvana, Pearl Jam…
L’occasion de repenser avec bonheur à ces groupes et albums qu’on connait parfois pas coeur (Appetite for destruction… pour le coup ça m’a donné envie voir les Guns à Bercy en juin ;) ).
Mais aussi des découvertes, comme Rush… Un livre qui se lit et s’apprécie avec Youtube ouvert pour voir ou revoir les clips, découvrir les groupes qu’on ne connait pas ou mal, mater des vidéo de concert ; ou Google Image pour bien se remémorer les looks inénarrables des musiciens ou des pochettes d’albums rétrospectivement très kitsch, mais tellement représentative du genre et de l’époque… Un vrai moment de plaisir ! :)

En plus je me sens dans le même contexte que Chuck l’ado… J’ai eu ma période punk, rock, metal à la campagne dans les années 90 : je n’ai pas eu trop de difficultés à me mettre à sa place ! Les poncifs de la vie à la campagne rajoutent une touche d‘humour et d’authenticité qui rendent le personnage attachant, et si proche de nous !

Pour les fans, on a de quoi se creuser la tête :  la vraie différence entre hard et heavy metal  ; en quoi le metal des 80′s est le premier mouvement musical a bénéficier des medias de masse, et ce que ça a généré ; les craintes des parents de voir leur progéniture fans du genre (suicide, satanisme, drogue…) ; essayer de rétablir la vérité sur la date du succès Talk Dirty to me de Poison (et oui, en plus lui aussi pense que c’est LA chanson du metal… ou du moins un des tubes des années 80 :D ) ; l’essort des clips sur MTV alors naissante ; des listes argumentées d’albums représentatifs du genre… Finalement en quoi les années 80-90 metalliques ont leur importance dans l’histoire musicale et plus, ils racontent la société américaine de cette époque (époque conservatrice regannienne, fin de l’ère des hippies, recherche du pouvoir…), même si aujourd’hui tout le monde se moque de ces chanteurs maquillés et habillés de strass ou de bandanas. Mais le fait est là, ils ont influencé la musique, autant que le rock de Beatles ou des Stones, ou le hard rock de Led Zeppelin… car ils ont touché leurs auditeurs, qui se souviennent encore aujourd’hui de ces groupes !
Après on peut être d’accord ou non avec l’auteur (par exemple, savoir si Metallica a perdu sa fibre metal après …And justice for all, chose pour laquelle je ne suis pas complètement d’accord), mais rétrospectivement, quand on sait que le livre a été écrit en 2001, on doit bien avoué qu’il a eu le nez creux pour pas mal de chose (sortie de l’album d’Axl Rose Chinese Democracy, les journaliste qui encensent Mettalica comme de nouveau Led Zep’…)

Bref, j’ai passé un très bon moment de lecture, par petites touches, histoire d’aller écouter des morceaux en même temps. C’est forcément un livre que je conseille à tous les amateurs de metal plus ou moins avertis : le genre était à la mode ces années là, vous connaissez forcément quelques uns de ces groupes ! Et au pire c’est l’occasion de le (re)découvrir grâce aux pistes données par l’auteur.

 

Sans Fargo où a été en parti tourné Fargo des frères Cohen, l’état du Dakota du Nord serait méconnu du grand public…
Comme le laisse supposer le nom de sa capitale, Bismarck, les habitants de l’état ont une descendance d’Europe du nord majoritairement allemande, mais aussi scandinave !

Habité à l’origine par les Amérindiens, qui représentent encore une petite partie de la population actuelle, l’état était d’abord rattaché à la Louisiane, cet énorme territoire français qui englobait à la fin du 18ème siècle un tiers des Etats-Unis actuels. Lorsque la Louisiane est vendue, les terres du Dakota du Nord sont plus ou moins gérées par les états voisins (il faut dire qu’en 1870, seuls 3000 personnes vivaient dans l’état), jusqu’à rejoindre l’Union en 1889.

Du fait de sa localisation au nord des USA, dans le Upper Middwest, en frontière directe avec les montagnes canadienne, excentré des grandes voies de communication, le territoire n’a pas emballé les premiers colons… Aujourd’hui encore, le Dakota du Nord est fidèle à la réputation que sous-entend Chuck Klosterman : peu d’habitants (672 000 !), et beaucoup d’espaces vides et très plats, au nord des Grandes Plaines… On ne peut pas rêver mieux pour y planter des kilomètres carrés de champs ou de terres d’élevage ! C’est un des états les moins peuplé, où les espaces ruraux ont largement le dessus sur les espaces urbanisés ! Comme on peut le penser, l’agriculture est la principale source de revenue… ce qui est assez peu attirant pour les jeunes diplômés de la région qui fuient cet région pour aller travailler dans d’autres états.
Bizarrement, c’est l’état le plus religieux du pays, ou les non-croyant représentent la plus petite proportion de la population de tous les Etats-Unis… et c’est aussi l’état qui a le plus d’églises par habitant ! (j’aurais plutôt vu un état du sud dans ce rôle, comme le Texas)

Côté tourisme, le parc national Theodore Roosevelt peut ravir les amoureux de la nature pour y voir des bisons, ou admirer ses magnifiques paysages de Badlands (à ne pas confondre avec le parc des Badlands de son frère, au Dakota du Sud). En revanche le climat est assez peu propice à celui-ci : c’est l’état où début la fameuse Tornado Alley, habitué aux orages, voir tornades en été, et un hiver long et extrêmement rigoureux

« Là où dansent les Morts » de Tony Hillerman (Etat du Nouveau-Mexique)

25 mai

Encore une découverte sympa grâce au challenge « 50 états, 50 billets »… Cette fois nous partons au Nouveau-Mexique, avec ce roman policier assez atypique, puisqu’il met en scène un policier tribal Navajo, enquêtant au sein de communautés amérindiennes.
Ce roman fait parti de la série des « Joe Leaphorn », héros qu’on retrouve au travers trois livres, écrits entre les années 1970 et 1978. Là où dansent les morts est le second opus de la série, paru en 1973.

Joe Leaphorn est appellé sur les lieux de la disparition d’un adolescent, Cata, de la tribu des Zuni, près de la réserve de ces derniers : parti courir pour se préparer physiquement à une cérémonie religieuse indienne, le garçon n’est pas rentré chez lui, et l’énorme flaque de sang a été retrouvée sur les lieux laisse supposer qu’il a été tué.
Plus étrange, son meilleur ami qui l’accompagnait, George, indien Navajo,  a lui aussi disparu… A t-il aussi été enlevé ou tué, ou a t-il tué son ami ? Ou alors, a t-il vu trop de choses et essaye t-il d’échapper à quelque chose ou quelqu’un ?
C’est ce que Leaphorn va tenter de découvrir tout au long de son enquête, afin de résoudre le mystère de la disparition du jeune Zuni, que rien ne prédisposait à une fin aussi violente.

On découvre tout un pant de l’Amérique des années 70 dans ce roman, entre les réserves indiennes fidèles à leur mode de vie et leur culture mystique, les groupes de hippies retranchés dans leur communauté, les campements d’archéologues étudiant les traces des premiers natifs américains : les hommes de Folsom… Ce roman est extrêmement bien documenté, on s’y croirait vraiment ! De plus, on apprend énormément de chose sur la culture et la religion Zuni et Navajo, ainsi que leur rivalités… Bref, c’est un vrai plaisir que de lire ce polar !
L’ambiance est sombre et réfléchie : notre héros donne un sentiment de calme, mais aussi de détermination au récit… Et son éducation au sein de sa tribu Navajo lui donne des coups d’avance par rapports aux Blancs : il sait lire les traces sur le sol, sait écouter les hommes, interpréter les signes de la nature… Un véritable 6ème sens !
On se prend bien aussi au jeu de l’enquête, en imaginant page après page ce qui a bien pu ce passer dans cet région des Corn Moutain, à l’Ouest du Nouveau-Mexique.

Bref, une bonne découverte, que je conseille ! Je vais essayer de mettre la main sur le premier volume de la série, La voie de l’ennemi, où apparait Joe Leaphorn pour la première fois, avant de lire le troisième opus Femme qui écoute. Ce personnage m’a beaucoup plu, est j’aimerai en apprendre plus sur ses aventures :)

 

L’état du Nouveau-Mexique sonne pour moi comme une des destinations de rêve… Et c’est à coup sûr un des états que j’aimerai visiter si je venais à y retourner ! J’avais vu l’Arizona, et l’Utah, juste à côté du Nouveau-Mexique, que j’avais adoré… donc je me dis que cet état doit être au moins aussi bien : des paysages grandioses, les communautés indiennes qui entretiennent leurs sites, et en plus des villes qui plongent tout de suite dans l’exotisme avec leur architecture d’adobe, comme sa capitale Santa Fe !
De plus j’adore le climat là bas : aride, donc peu ou pas de moustiques :D

J’ai assez peu parlé dans mes topos historiques sur les autres états des tribus amérindiennes qui vivaient sur les terres d’Amérique du Nord avant l’arrivé des Blancs. La lecture de ce livre avec toutes ces anecdotes historiques et culturelles me donne envie de me pencher sur la question ici… ce qui semble une bonne idée pour découvrir cet état !

A la préhistoire, les hommes de Folsom dont l’auteur parle vivaient dans les montagnes et vallées du Nouveau-Mexique et du Colorado… ils vivaient de chasse et cueillette, fabriquaient des outils en silex… bref, tout comme les hommes de la préhistoire que nous connaissons dans nos contrés ! Ils y avait bien entendu d’autres peuples à cette époques, comme les Sandia, et les hommes de Folsom ont disparus ou évolués…
Ce qui nous amène au 16ème siècle, où les indiens Pueblos, peuples sédentaires (dont les Zuni dont il est question dans le roman) vivaient dans la région… Les premiers européens à venir à leur rencontre, des conquistadores mexicains (donc espagnols) croyant trouver les cités d’or, n’ont pas vraiment eu l’accueil espéré : les indiens Pueblos se font quasiment exterminer par les espagnols.
Les années qui suivirent furent bien noires et sanglantes pour les amérindiens : rien n’arrête les espagnols dans leur volonté de conquête et leur goût de l’horreur. Ils écraseront tour à tour les indiens Acomas et les Tompiros, tuant une partie d’entre eux et réduisant à l‘esclavage ou mutilant une autre. Les Pueblos ne doivent alors leur survie qu’à l’aide des Apaches vers lesquels ils se tourneront dans leur fuite devant l’armée espagnole.
Après ces faits d’arme, l’Espagne acquiert les territoires du Nouveau-Mexique, et les intègre à la Nouvelle-Espagne… Pourtant peu d’européens viendront coloniser ces terres : les indiens Pueblos restent majoritaires sur leurs territoires, malgré les missions et forts créés par les espagnols pour les canaliser et les convertir au Christianisme.
A la fin du 17ème siècle, les Pueblos, aidés des Apaches, organisent des révoltes contre l’oppresseur espagnol, afin de se libérer de leur joug : beaucoup de Blancs seront tués, des bâtiments détruits… mais ces petites victoires ne changeront rien : l’Espagne riposte, et les amérindiens sont tués, déportés et réduits à l’esclavage par centaines.
Après la guerre entre l’Amérique et le Mexique, en 1848, le Nouveau-Mexique rejoint les USA, et devient un état à part entière en 1912.

Les Navajos dont il est aussi question dans le roman sont une tribu rentrée en conflit avec plusieurs autres peuples indiens avant l’arrivé des Blancs. Malgré leurs guerre contre les espagnols lorsque ceux-ci les rencontreront, ils ont bénéficié de leurs apports : moutons, chevaux… Ce qui fera vivre l’économie Navajo de nombreuses années, jusqu’à aujourd’hui !
Une fois rattachés aux USA, les tribus Navajo vont rentrer en conflit contre leur nouvelle patrie, ce qui leur vaudra d’être déporté. C’est la « longue marche » qu’évoque l’auteur dans le roman : les Navajos doivent quitter leurs terres pour rejoindre Fort Sumner au Nouveau-Mexique, où ils vivront un enfer : attaques d’autres tribus, famine, froid, maladies…  Jusqu’à ce qu’un traité leur permette de retourner sur leur terre en échange de la paix avec les autres citoyens américains.
Au milieu du 19ème siècle, les premières réserves indiennes voient le jour aux Etats-Unis, gérée par le Bureau des affaires indienne (où travaille notre héros du roman !). Les réserves n’appartiennent pas aux indiens en tant que tel : ces territoires leurs sont prêtés, mais ont un statut administratif particulier… Il y a actuellement 310 réserves indiennes aux Etats-Unis, appartenant à une ou plusieurs tribus.
Aujourd’hui les indiens au Nouveau-Mexique mais aussi souvent ailleurs, vivent de l’agriculture, de l’élevage, mais aussi du tourisme. Beaucoup de sites exceptionnels par leur beauté ou leur histoire  sont gérés par eux, parmi les très nombreux parcs et monuments  nationaux que compte l’état.

Au Nouveau-Mexique, les amérindiens ne représentent que 10% de la population, et la plupart parlent encore une langue indienne.  Sur les 85% de Blancs, 45% sont hispaniques… des restes de son passé sulfureux avec le Mexique !  Il est aussi intéressant de voir que beaucoup de documents administratifs, dont les bulletins de vote, sont rédigés en anglais et en espagnol ! Un truc qu’on ne verrait surement pas chez nous ;)

Tip geek et/ou populaire : c’est au Nouveau-Mexique qu’on trouve la fameuse ville de Roswell, où se serait écrasé un OVNI en 1947… un site « historique » supplémentaire à visiter dans cet état :D

« De si jolis chevaux » de Cormac McCarthy (Etat du Texas)

19 mai

Je profite du challenge « 50 états, 50 billets » pour découvrir un peu mieux McCarthy, dont je n’ai lu que le célèbre et excellent La route… Et pour le coup je comprend un peu mieux son style et son univers en ayant lu ce premier roman de sa Trilogie des confins. Et grâce à lui, nous allons voyager et découvrir le Texas et le Mexique !

John Grady Cole a à peine 17 ans, mais il sait déjà que le Texas où il habite n’est plus fait pour lui : à la fin des années 1940, il perd son ranch, sa mère à mis les voiles et son père n’est plus que le reflet de lui-même… Avec son ami Lacey Rawlins, ils décident de quitter leur pays natal pour mettre le cap sur le Mexique, à cheval. Ils rêvent d’espaces sauvages, de pays de cocagne, où galoper jusqu’à plus soif. Mais leur route va vite se trouver semée d’embûches, qui prendront des proportions infernales chemin faisant, au gré des rencontres…

Un véritable voyage initiatique que ce roman, où on suit John Grady prendre en main son destin. Alors que les Mexicains viennent vivre aux Etats-Unis, lui et son ami décident de partir dans le pays qui fait office de grande soeur du Texas : le Mexique. Un pays si proche et si lointain, au pas de leurs porte…
Leur voyage est à la fois fou et anachronique : à dos de cheval avec de maigres bagages et économies, ils prennent la route comme les cow-boys du siècle précédent, alors que les années 50 et la beat-generation est sur le point d’émerger.
Si John Grady veut contrôler sa vie, les aléas du destin vont vite l’orienter… Quelques bonnes et mauvaises rencontres, quelques évènements fortuits vont rapidement transformer le road-trip des adolescents en sac de noeuds ! Amours, haine, mort, bonheurs simples… et toujours derrière cela l’immensité des déserts mexicains, ou les vallées luxuriantes, et bien entendu, les chevaux ! Si beaucoup d’histoires tournent court à cause de femmes, ici c’est la passion du cheval qui semble rythmer les pas de notre héros, et le fait grandir.

Une belle histoire, assez poignante et révoltante, écrite dans un style le style particulier de McCarthy. J’ai retrouvé l’ambiance de La route, la même poésie, mais aussi la même difficulté à raccrocher les wagons par moment : discours sans signes de ponctuations, longs chapitres… Ce livre n’est pas un page-turner comme je suis habituée à en lire en ce moment (faut que j’arrête la littérature jeunesse ;) ), mais on est néanmoins dans l’attente de la suite, de savoir comment va évoluer l’intrigue. Les descriptions nous emmènent dans un autre monde, que ce soit les paysages grandioses, ou les chevaux dépeint avec tant de précision et sensibilité. Un vrai voyage, pour nous, lecteurs !

Bref, une lecture intéressante, que j’ai assez apprécié, mais qui surtout je pense va me rester en mémoire . Et je compte bien découvrir les autres opus de la Trilogie des confins pour mes prochains billets pour le challenge ;)

Gros morceau que le Texas ! Cet état central du sud des Etats-Unis est le plus grand, après l’Alaska ! Et qui dit grand état, dit diversité… J’avais l’image de plaine désertiques dans cette région, mais en fait une variété de paysages se dégagent : prairies d’élevage, forêts, littoral marin, montagnes, zones semi-arides, bayou…
Bref, un rêve de fan de films de cow-boy ! Etat très conservateur et religeux, le Texas a gardé un certain folklore : rodéos, ranchs, musique country… malgré la forte urbanisation de ses habitants, que ce soit dans la capitale Austin, ou Houston et San Antonio, les villes les plus peuplées.
Mais on a aussi en mémoire le fait que l’état fait frontière avec le Mexique, via le Rio Grande, avec sa cohortes d’immigrants illégaux en quête d’une vie meilleure.

On comprend mieux le roman de McCarty et les relations du Texas au Mexique quand on connait un peu son histoire…
Le Texas (de l’améridien tejas : « alliés ») est découvert très tôt au début du 16ème siècle par les espagnols, mais se sont les français, avec La Salle en 1685 (celui qui avait descendu le Mississippi quelques années plus tôt) qui vont y construire la première colonie… C’est sans compter sur les amérindiens, plutôt belliqueux, et les espagnols qui voient d’un mauvais oeil la présence des français si près de la Nouvelle-Espagne qui comprend alors le Mexique, les îles des Antilles… : ils vont donc annexer le Texas, nommé alors Nouvelles-Philippines, pour se protéger des leurs voisins français.
Au 18ème siècle, les relations entre espagnols et amérindiens connaissent des hauts et des bas. D’abord alliés, les indiens bénéficient des échanges avec les européens : chevaux, objets en métal… mais aussi des épidémie. Ils deviendront aussi vite leurs ennemis, ce qui valu alors à l’Espagne de nombreuses guerres contre les Comanches et Apaches.
Le Texas devient indépendant en même temps que le Mexique, en 1821… Mais ses immenses terres attirent la convoitise des tous jeunes Etats-Unis. Après plusieurs tentatives d’achats de la part des USA, c’est finalement une guerre civile menée par des rebelles texans qui permettra au Texas de se détacher du Mexique en 1836, devenant la République du Texas. En 1845, l’état demande son ralliement aux USA, avant de repartir en guerre contre le Mexique.
Etat esclavagiste, rattaché au Dixie comme ses voisins de Louisiane, Mississippi… le Texas rentre logiquement dans la Guerre de Sécession du côté des Confédérés. Bien après la fin de la guerre, sera un état où la ségrégation raciale sera très marquée.

Etat à l’origine agricole, le  Texas est marqué au début du 20ème siècle par la découverte de ses premiers puits de pétrole, qui vont modifier son économie, jusqu’à aujourd’hui encore ! Elevage, coton, hydrocarbures… mais aussi des industries axées sur les matières première, ou dans le domaine des hautes technologies qui forment une part très importante de la « Sun Belt » texanne. Le secteur tertiaire est évidement très développé : studio de tournage (effet Dallas !), centres fiancier, tourisme et tout ses à côté… ! Un état ultra dynamique par ses ressources, mais aussi sa population nombreuse, et donc consommatrice : plus de 25 millions d’habitants, ce qui en fait le second état du pays !

Mais cela n’empêche pas le Texas d’être un état relativement pauvre… et au niveau social c’est loin d’être rose : éducation en queue de pelotondu reste des états américains, plus fort taux d’habitants sans assurance maladie, lois anti-mariage gay, peine de mort avec le plus fort taux d’execution, contrainte sur les femmes voulant se faire avorter… Inutile de dire que c’est l’état ayant le plus de pratiquants religieux, et presque par conséquent, très conservateur ! On ne pouvait pas s’attendre à mieux dans le fief de la famille Bush !

Enfin la mixité est tout de même de mise : un fort pourcentage d’hispanique, des afro-américains…De quoi donner un peu de couleur à la culture et à la cuisine locale déjà influencée par la cuisine de ranch : le barbecue est au Texas une religion, et le tex-mex (influences mexicaines) et la soul food (influence des états du Dixie, à l’Est) viennent l’agrémenter.

Bref, un état bien tentant pour son côté touristique ! La vraie patrie des cow-boy qui a su garder son folklore, et qui reste riche en histoire malgré son dynamisme économique !
Et Cormac McCarthy l’a bien compris en déroulant un partie de son roman dans cet état des Etats-Unis, où on devine cette relation quasi-fraternelle entre le Texas et le Mexique, régions d’un même état à l’origine, divisés en deux par de mêmes envies de rebellions et de guerres intestines…

« Hunger Games, tome 3 : La révolte » de Suzanne Collins

12 mai

Suite et fin de la superbe série des Hunger Games ! Après avoir été voir le film retraçant le premier épisodes il y a quelques semaines, j’ai été prise d’un appétit de connaître la fin de l’histoire ! Et quelle fin !
C’est assez rare les séries qui se bonifient avec le temps, et Suzanne Collins a réussi ce tour de maître. J’étais assez dubitative quand je voyais sur les forums et blogs les gens dire que le troisème opus était le meilleurs, et finalement je dois bien avouer qu’il est très très bon… et peut être bien le plus intéressant de la série.

Katniss est sauvée par le District Treize après la fin quelque peu explosive des derniers Hunger Games… et les choses sont loin d’être roses : elle est blessée et hospitalisée, Peeta n’a pas pu être sauvée et est pris comme otage par le Président Snow… Heureusement, Gale est a ses côté, ainsi que sa mère et sa soeur Prim, et d’autres alliés de l’arène comme Finnick. Mais le District Treize est loin d’être un l’espace de liberté qu’on pouvait imaginer, tout le monde se prépare depuis de nombreuses années à la guerre contre le Capitole : restrictions, régime quasi-militaire, et surtout une vie souterraine rythmée au gré des obligations au profit de cette société Rebelle dirigée par Coin. Celle dernière fait tout pour protéger sa population, mais aussi pousser les autres Districts à la révolte.
Là, Katniss va pouvoir une fois de plus devenir un symbole de la révolution, « le geai moqueur« , que les Rebelles espèrent bien utiliser pour leur guerre, aussi bien sur les ondes que sur le terrain.

Voici un bref résumé du début du livre, et c’est difficile d’en dire plus sans révéler des clés de l’intrigue qui rendent ce récit passionnant et surprenant !
Comme dans les autres romans de la série, le style est direct, dynamique… on ne s’ennuie pas une seconde. Mais il est beaucoup plus sombre que les précédent. Beaucoup d’action, mais aussi énormément de réflexion : plus politisé, et pas mal d’idée autour de  la notion de régimes oppresseurs… Pendant toute la lecture du roman, on se demande où sont vraiment les gentils et où sont les vrais méchants… Donc pas aussi manichéen que les deux premiers volumes en fait.
Et cette finaucune déception sur la manière dont est conclue l’histoire, même si elle laisse pas mal de pistes pour la réflexion personnelle :)

Bref, je suis enchantée par cette série, et plus particulièrement ce dernier volume… Franchement je le conseille à tous ceux qui ne sont pas rebutés par la littérature jeunesse, et ont envie de découvrir un best-seller du style SF dystopique ! Pour le coup, un coup de coeur pour l’ensemble de la série ! :D

« Le mythe de Cthulhu » de H. P. Lovecraft (Etat de Rhode Island)

6 mai

Avec un logo come celui de mon site, je ne pouvais pas ne pas lire un jour les mythes tournant autour de Cthulhu ! Bien entendu je connaissais un peu l’histoire avant de me plonger dans ces nouvelles de Lovecraft, mais rien ne vaut l’original, n’est-ce pas ?

En fait, ce livre est un receuil de nouvelles, compilant des récits écrits entre 1919 et 1931.  On commence avec la plus connue de ses créatures dans L’appel de Cthulhu, qui se déroule en parti dans le Rhode Island, à Providence, ville chère au coeur de l’auteur, puisqu’il y naquit en 1890, et y mourut en 1937 (et hop, une entrée de plus pour le challenge « 50 états, 50 billets » au passage).
La plupart des autres nouvelles ne tournent pas autour du mythe de Cthulhu, mais font parti de son cycle d’histoires macabres…  Et toutes prennent place dans la région de Nouvelle-Angleterre, bien connue de Lovecraft.

L’appel de Cthulhu présente pour la première fois les dieux venus de l’espace, dont le « Grand Ancien« , Cthulhu, humanoïde ailé gigantesque  à la tête de pieuvre. Celui-ci vit au fond de l’océan Pacifique, enfermé dans sa cité sous-marine de R’lyeh, et attend d’être réveillé pour plonger l’humanité dans le chaos et la folie…
Dans la nouvelle, le narrateur enquête sur cette créature, d’abord circonspect sur son existence, puis effrayé par la véracité des faits ! Cthulhu communique auprès de certains humains au travers de leurs rêves. Ainsi, un artiste du Rhode Island se retrouve à le représenter dans des bas-reliefs, des parias du sud des USA l’adorent au travers une statuette ancienne, et des Eskimo chantent en son honneur la litanie bien connue : « Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn » (« Dans sa demeure de R’lyeh la morte, Cthulhu rêve et attend »)… Un culte disséminé au travers le monde, dont les signes de vigueur sont bien inquiétants
Une lecture nécessaire pour comprendre l’engouement geek envers Cthulhu : outre les quelques nouvelles rédigées par Lovecraft, son éditeur August Derleth à reprit les récits, les a organisés, et continués, pour créer une véritable mythologie ! D’autres auteurs ont pris la suite, ainsi que des illustrateurs pour figurer ce monde… et dans les années 1980, un jeu de rôle basé sur cet univers a accéléré la diffusion du mythe. Depuis quelques œuvres de fictions s’en inspirant ont vu le jour, comme le film Dagon (qui malgré ses mauvaises critique m’a beaucoup plu !), Cloverfield (même si le doute demeure sur l’identité du monstre), quelques chansons dès débuts de Metallica dont Call of Ktulu

Les autres nouvelles sont aussi basée sur l’apparition de forces cosmiques, ou la puissance du rêve,… qui oscillent entre SF, fantastique et horreur. En tous cas elles tournent toujours autour de ce qu’on ne peut ni voir, ni comprendre, mais qui ont une influence souvent néfaste sur les humains qui y sont confrontés.

Dans Par-delà le mur du sommeil, le narrateur, un médecin d’asile d’aliéné, nous raconte comment un de ses patient habité par un esprit cosmique devient fou.
La tourbière hantée nous raconte comment un village entier à disparu dans une région de tourbière, hypnotisé par des créatures féériques.
La Peur qui rôde est très sombre, et a une construction qui rend le récit palpitant : le narrateur enquête sur des massacres perpétrés dans une région montagneuse de l’état de New-York. Les victimes sont retrouvées lacérées, défigurées… Au fur et a mesure, dans les régions reculées abandonnées par les villageois effrayés, le héros découvre les racines du mal. Ce récit m’a beaucoup plus, et m’a rappelé pas mal d’histoire d’horreur plus récente : les films La colline à des yeuxThe Descent, le manga Berserck, ou les romans du cycle d’Elm Heaven de Dan Simmons …
La Couleur tombée du ciel est encore plus troublant. Après la chute d’une météorite dans sa propriété, un fermier voit progressivement toutes ses plantes, arbres, animaux… se corrompre en des créatures indescriptibles, grises et friables. Un petit côté La guerre des mondes, mais en plus glauque et intimiste.
Celui qui chuchotait dans les ténèbres clos le recueil en reprenant le thème du mythe de Cthulhu, qui comme la première nouvelle tourne autour d’une enquête autour de ces anciens dieux venu de l’espace… Sauf que cette fois, le culte prend place dans le Vermont ! Le Necronomicon, ouvrage fictif souvent créé par Lovecraft est souvent cité pour donner crédit à cette mythologie. Un récit sombre, beaucoup plus SF que les autres.

Si le mythe de Cthulhu m’intrigue énormément pour plein de raisons, la nouvelle originale ne m’a pas plus emballée que ça : je trouve les autres récits du livre beaucoup plus captivants finalement ! Il y a quelque chose d’Edgar Poe, mais avec une poésie bien particulière que j’ai beaucoup aimé.
Pour le coup je vais partir à la recherche d’autres nouvelles de Lovecraft dans mes bouquineries d’occasion favorite…

 

L’état du Rhode Island est situé dans la région de la Nouvelle-Angleterre, région des yankee, composée entre autre du Maine, du Massachusset, de l’état de New-York…
Comme dans ces autres états, le Rhode Island est colonisé à l’origine par des anglais, relativement puritains…
Mais son nom ne nous vient pas d’Angleterre : c’est une référence à l’île de Rhodes, à cause de la ressemblance des côtes argileuse de ce territoire du Nouveau-Monde avec cet île grecque. Sa découverte n’est pas non plus le fait des anglais : ce sont des français qui ont exploré la région.
Quoiqu’il en soit la colonie de Rhode Island, anglaise, fera sécession avec la Grande-Bretagne en 1776 : ça sera la première des 13 colonies à le faire, et à devenir un état Américain !

Tournée vers l’océan et la vieille Europe, la région devient un fleuron de l’industrie au 19ème siècle, et attire rapidement des immigrés du Québec, d’Irlande, d’Italie, Suède, Allemagne… Ce côté très européen se ressent dans l’architecture, comme on peut le voir dans des monuments tels la synagogue Touro (premier bâtiment juif construit aux USA) ou les manoirs de Newport, d’inspiration néo-classique anglais. C’est le genre d’endroit aux Etats-Unis où on récent le poids de l’histoire, par ces référence commune avec notre propre passé.

Sa capitale, et ville la plus peuplée est Providence : lieu de naissance et de mort de Lovecraft. Si à l’époque de l’auteur c’était une ville prospère, profitant de l’ère Industrielle pour s’enrichir et grossir, elle souffre de la crise de 1929 et du déclin des industries textiles des années 20, puis devient un centre du crime organisé des années 1950 à 1980 ! Aujourd’hui la vie n’est pas particulièrement rose… 30% de sa population vit sous le seuil de pauvreté !

Voilà donc un tout petit état riche en histoire, qui mérite tout de même d’être connu, mais surtout englobé dans la grande province de la Nouvelle-Angleterre, sur laquelle je reviendrai certainement dans ce challenge ;)

Série « American Dad! » (Etat de Virginie)

3 mai

Ça fait quelques temps que je me dit que je devrais vous parler d’une série animée que j’aime beaucoup, et qui serait parfaite pour introduire la Virginie dans mon challenge « 50 états, 50 billets » American Dad!, crée par Seth MacFarlane (celui qui a aussi fait Les Griffin). La série à débuté en 2005 aux Etats-Unis, et est diffusée en France sur NRJ12 depuis quelques années, le dimanche midi notamment :)

La première fois que j’ai regardé cette série, j’ai eu l’impression de me revoir devant mes premiers South Park par son côté irrévérencieux et excessif… mais l’analogie s’arrête là ! Le graphisme tant le scenario sont bien différents !

On suit pendant les différentes saisons les tribulations de la famille Smith, vivant à Langley Falls en Virginie, et archétype de la famille américaine… du moins en surface !
La série tourne autour du père de cette famille : Stan Smith. Conservateur, homophobe, misogyne, fervent catholique, raciste, ardent défenseur des Bush… et agent de la CIA, il a tout du pro-américain primaire de base tel qu’on l’imagine. D’une bêtise à pleurer… de rire heureusement ici :D
Autour de lui, sa femme Francine, au foyer forcément, soumise à son mari et sa petite famille, même si son passé de chaudasse rebelle reprend parfois le dessus ! Les enfants sont là pour peaufiner le tableau : Heyley, la fille, étudiante néo-hippie et ultra libérale, ce qui a le don d’agacer son père, et Steve, un geek lycéen qui ne rêve que de perdre un jour son pucelage.
Et pour donner une touche surréaliste au tableau, et donner toute sa saveur à la série : l’extra-terrestre Roger, qui a tout du petit-gris débarqué de la Zone 51, mais qui est en fait un alcoolo à la sexualité trouble, fan de déguisement (qui lui servent a se balader tranquillement en ville) ; et le poisson-rouge Klaus, qui est en fait un poisson auquel on a greffé un cerveau humain pour l’empêcher de nuire, et qui ne rêve que de redevenir un homme pour coucher avec Francine.

Les histoires ne sont que des prétextes pour mettre Stan dans des situations où il va en prendre plein la tronche… ainsi qu’un bonne partie de sa petite famille :D
Cynique, critique… ils osent des trucs tant au niveau humour (scato, cul, parfois degueu… souvent improbable, toujours énorme) qu’au niveau du message qui me font mourir de rire, ou me laisser la machoire pendante. Savoir faire rire sur des thèmes tendancieux comme les armes à feu ou le racisme, faut oser… et être doués ! J’adore la manière dont les créateurs de la série trainent dans la boue toutes les références politiques et culturelles de l’américaine moderne, et pour le coup, il y a rarement une moralité à ces histoires :)
Mais il y a aussi de grands moment de bravoure, des références à des films, groupes musicaux ou séries cultes… de quoi ravir les fans de culture américaine que nous sommes, finalement :D

Voilà, seul petit hic : ils en sont à la saison 4 sur NRJ12, alors qu’il y a déjà 7 saisons complètes aux USA ! Donc a part des rediff’ et rediff’ de rediff’, peu d’épisode inédits sur la TNT :(
Le grand problème des série en France quoi… et après on s’étonne que les gens téléchargent… Tsss…

 

La Virginie est un état central de l’administration américaine : c’est ici, dans la ville d’Arlington, qu’on retrouve le Pentagone, siège du département de la Défense des Etats-Unis, et plus grand bâtiment administratif du monde… A Langley (ville référence pour celle des Smith dans la série), on retrouve le siège de la CIA.
Et ce n’est pas que pour cela que les créateur de la série American Dad! ont situé l’action principale dans cet état ! Tant au niveau historique, culurel, économique, politique… c’est un condensé des clichés de l’Amérique :)

Ce qui caractérise la Virginie, c’est son poids sur l’histoire des USA : colonie anglaise dès 1584 (la première du pays !), la région fait parti des 13 états qui ont fondé les Etats-Unis en 1776 et fait Sécession avec l’empire britannique.
C’est aussi l’état-berceau de la culture, de l’histoire et des traditions américaines : 4 des 5 premiers présidents américains venaient de Virginie, la déclaration d’indépendance de Virginie de Jefferson a servit de modèle à la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis, la Virginie est le premier état à fêter la Thanksgiving… enfin, cela ne l’a pas empêchée d’aller du côté des sudistes pendant la Guerre de Secession !
Enfin malgré la Sécession, la Virginie reste marquée par son histoire avec la Grande-Bretagne : son nom est un hommage à Élisabeth Ière d’Angleterre, dite « la reine vierge« , et c’est un des 4 états à porter encore le titre de Commonwealth.

Outre l’aspect administratif, due à sa proximité avec Washington D.C., juste au nord de la Virginie, l’état est aussi une région agricole, avec ses cultures maraichères, ses élevage, et ses vignobles ! En effet, plusieurs vins sont produits en Virginie… moi qui pensais que seule la Californie avait cet apanage aux USA !
Autre spécialité assez connue, le jambon de Virginie, qui n’est produit que dans la ville de Smithfield !

Le tourisme n’est pas en reste non plus : les villes « à l’Européenne » comme sa capitale Richmond, Charlottesville ou Williamburg avec leurs architectures coloniale et néo-classique,  mais aussi les espaces ruraux et naturels des Appalaches à l’ouest, les parcs naturels et forêts protégées, sans oublier le front de mer avec la plus grande ville de l’état : Virginia Beach… Bref, un bout de terre qui a du charme, comme l’ont si bien chanté les Rolling Stones avec Sweet Virginia  ;)

Peut-être à cause de la proximité du pouvoir, l’état est très conservateur, chrétien, et majoritairement blanc… L’état idéal pour faire vivre des personnage comme ceux de la série American Dad! ;)

Bref, un état riche en histoire, qui représente pas mal pour moi l’aspect « côte Est » des Etats-Unis : architecture anciennes mélangées avec des bâtiments plus récents, un peu de montagne, de mer, de plaines, de forets… Mais bon, bizarrement, pas dans ma top-list touristique ;)

« Comment se débarrasser d’un vampire amoureux » de Beth Fantaskey (Etat de Pennsylvanie)

29 avr

Interlude bit-lit pour passer mon dimanche… Je n’avais jamais flirté avec ce genre, n’ayant jamais ouvert la série Twilight, et n’en éprouvant pas particulièrement l’envie. Mais je ne sais pas trop pourquoi, le titre de ce roman, Comment se débarrasser d’un vampire amoureux m’avait paru amusant quand je l’avais vu à la FNAC et j’ai eu envie de le lire. Il n’en fallait pas plus pour que Petite Fleur me le prête !
Et bonne surprise pour mon challenge « 50 états, 50 billet », l’histoire se passe en Pennsylvanie !

Jessica, 17 ans, vit dans une petite ville de Pennsylvanie. Elle rentre en Terminale, c’est sa dernière année de lycée, la grande année des changements, où tout est possible ! C’était sans compter l’arrivée dans sa classe d’un nouvel élève très spécial, Lucius Vladescu, venu tout droit de Roumanie ! Il a non seulement un look étrange à base de cheveux long et cape flottant dans le vent, mais il a aussi un comportement bizarre : hautain, imbu de lui même, il se prend pour un prince des Carpates… Et surtout, il est redoutablement collant envers Jessica ! Loin d’être impressionnée par ce beau brun ténébreux, elle n’a qu’une envie : s’en débarrasser !
Mais les choses ne vont pas être si simple : Jessica apprend alors par ses parents adoptif qu’il est un vampire, et qu’elle est fiancée avec lui depuis leur naissance ! Lucius a traversé l’océan pour venir chercher sa promise, et compte bien la ramener en Roumanie pour faire d’elle une princesse vampire !
Mais Lucius a de l’éducation, il ne veut pas l’enlever ou la prendre de force : il va rester auprès de sa belle pour la séduire, et la mener à l’épouser… Mais est-ce bien lui qui va mener la danse ?

Avant de lire ce livre, je pensais avoir à faire à une parodie de bit-lit, vu le titre…  Après lecture, je crois que je me suis un peu trompée, ou quel titre n’est pas approprié (une fois de plus, le titre américain nous dit tout le contraire : Jessica’s guide to dating on the dark side…) et que j’ai vraiment lu mon premier roman de bit-lit finalement :D
Bon, il faut avouer, il y a des moments bien amusants, particulièrement lorsqu’on lit la correspondance de Lucius à son oncle resté en Roumanie : on le voit se moquer de la culture américaines, de la famille bobo-bio de Jessica, des lycéens,… D’un point de vu européen, c’est assez drôle. Mais bien entendu, Lucius va rapidement succomber aux sirènes de la vie américaine, et particulièrement la liberté ! Ca et le basket-ball ;)
Bon, je suis un peu déçue quand même que ce côté cynique et la touche humoristique assez présente au début du roman s’estompe rapidement, pour laisser place à la romance… mais bon, un peu de tendresse ne peut pas faire de mal ! L’histoire d’amour est assez classique, en mode « tu me suis, je te fuis » et vice versa…

Bref, pour le reste on est dans de la littérature jeunesse, et plus particulièrement destinée aux jeunes filles : l’action démarre dès la première page, narration de Jessica à la première personne, portrait de cette adolescente entre deux mondes et deux ages, mais qui se considère « normale »Pas de la grande littérature, mais un livre parfait pour passer un bon dimanche après-midi :)
En gros, j’ai bien aimé, mais la bit-lit, à petite dose pour moi ! :D

La Pennsylvanie décrite dans ce roman est celle des espaces ruraux, et en effet, l’agriculture tiens une part importante dans cette province. Mais en tant qu’état limitrophe de celui de New-York, des régions des Grands Lacs et des région du sud-est des USA… c’est aussi un état très industrialisé. Si l’état n’a pas d’accès à l’Océan Atlantique, il bénéficie néanmoins du fleuve Delaware.

On y trouve des grandes villes très dynamiques, comme Philadelphie ou Pittsburgh… ou encore sa capitale moins connue, Harrisburg. Mais dans le même temps c’est un des états comptant le plus de membres de la communautés Amish et Mennonites. Comme on l’imagine assez bien grâce aux images véhiculées par les films et séries TV, leur mode de vie est assez simple, proche de celle de nos ancêtres de la période pré-industrialisation : ils travaillent la terre, n’utilisent pas de voitures mais des attelages, ni les moyens modernes de communication… et vivent dans des communautés fermée au monde moderne.

C’est d’ailleurs en Pennsylvanie que les Amish débuteront leur vie en Amériques à partir de 1681, accueillis par William Penn, à qui appartenait alors cette région et celle du Delaware.
A noter que le nom de l’état vient de la contraction du nom de son ancien propriétaire, et du mot forêt en allemand : SylvaniaPenn-Sylvania : Pennsylvanie !
La colonisation de la région débute dès le début du 17ème siècle, et entre les anglais protestants, luthériens des Pays-Bas ou de Suède, immigrés Amish allemands, alsaciens et suisses… on se rend compte que la Pennsylvanie est un condensé d’Europe du Nord. L’allemand est encore parlé par une petite partie de la population, ou du moins un dialecte germanique.

La cuisine locale  a hérité aussi de cette inspiration allemande : Dutch Sticky Roll (roulés à la cannelle et aux noix), Shoofly Pie (tarte à la mélasse), poulets farcis, soupes aux salsifis, Boova Shenkel (beignets de pommes de terre)…

Bref, un état dynamique, et une fois n’est pas coutume aux USA, aux forts contrastes de populations et de paysages !

« Duma Key » de Stephen King (Etat de Floride)

28 avr

Et je continue mon exploration des Etats-Unis avec le challenge « 50 états, 50 billets », avec un des derniers roman de Stephen King, Duma Key, paru en 2008… Et chose exceptionnelle pour cet auteur, l’histoire ne se passe pas dans le Maine, mais en Floride !

A peine arrivée dans la cinquantaine, Edgar Freemantle, chef d’une entreprise de construction de bâtiment dans le Minnesota, est victime d’un atroce accident : une grue tombe sur la voiture qu’il est en train de conduire. Il passe près de la mort, mais n’est plus que l’ombre de lui mêmeamputé du bras droit, le bassin fracturé, et le cerveau bien abîmé, lui occasionnant une perte partielle des fonction du langage… et de plus, il est envahit par un sentiment de colère qui le dévore tout entier…
Après un divorce avec sa compagne depuis 25 ans, Pam, et plusieurs mois de rééducation, il peut de nouveau parler et marcher. Et pour commencer une nouvelle vie, il choisi une petite île peu habitée sur la côté ouest de Floride, dans le Golfe du Mexique, au large de Sarasota : Duma Key !
Il loue une maison rose sur la plage, et se lance dans une activité inédite pour lui : l’art. Entre dessin et peinture, il se révèle particulièrement doué… Mais ses oeuvres surréalistes ont quelque chose de gênant, de bizarre… un truc qui fait peur.
C’est après sa rencontre avec la propriétaire de l’île, Elisabeth, et de son homme à tout faire et avocat, Wireman, qu’il va prendre toute la mesure de ce qui est en train de lui arriver au travers de son activité créatrice, et ce que ce don sous-entend

Par sa thématique, celle d’un homme « normal » qui devient un artiste, ce roman m’a assez emballé… On navigue entre son atelier et les galeries d’art, mais surtout, on ressent parfaitement ses impressions en tant que créateur : ses doutes, sa soif de faire, sa félicité, son incrédulité face à son succès… Le tout sur fond de Floride sauvage qui me fait un peu rêver… La dessus rien à dire, la toile de fond est plutôt bien réussie !
De plus, les aller retour entre le Duma Key des années 2000 et celui des années 1920, au travers le regard d’Elisabeth donne une touche sympathique à l’ouvrage.

En revanche le côté « fantastique » m’a moins plu… Premièrement parce que je trouve ce roman beaucoup trop long. Arrivée à la moitié, je me demandais comment il allait faire traîner en longueur son histoire : mauvais signe… et j’ai commencé à m’ennuyer ferme. De plus, l’univers « monstrueux » (on est dans un King, vous vous doutez bien qu’il va y avoir des créatures étranges à un moment) m’a semblé très peu crédible. Donc, bof

Bref, il faut plus voir ce livre comme un roman où King s’est fait plaisir, à parler d’un pays de Cocagne, qui bien entendu n’est pas si paradisiaque qu’il n’y parait (ça serait trop facile pour lui ;) )… Et à nous raconter une histoire d’amitié entre 3 hommes : Edgar, Wireman et Jack.
C’est peut être une fois de plus une manière aussi d’exprimer sa douleur, ayant été victime d’un accident de la route en 1999, qui l’a laissé bien abîmé et bien affaibli… et qui l’a presque poussé à abandonner l’écriture. Au travers Edgar, il nous raconte avec un autre medium (la peinture pour Edgar, l’écriture pour lui), en quoi l’activité de création donne vie à un monde imaginaire, et permet de réinterpréter le monde, autant pour le regardeur que le faiseur. Bref, en quoi l’écriture est si importante pour lui !

Je suis donc assez mitigée concernant mon avis sur ce livre… je ne dirai pas qu’il est mauvais, mais franchement, je n’ai pas été emballée malgré les points positifs cités ci-dessus. Enfin vu l’accueil du public (un best-seller aux USA) et de la presse (prix Bram Stocker en 2008), tout le monde ne doit pas le trouver si mauvais par contre ;)

Cet article sur la Floride m’a apporté un peu de soleil dans le froid glacial et humide de notre « printemps » parisien ! Que d’image me viennent en tête quand je pense à la Floride : les palmiers, sable blanc, le parc des Everglades, les plages où se pressent des milliers de personnes pour bronzer, les agrumes, les fleurs multicolores, les grandes villes comme Miami… Et pour une fois, ces clichés de sont pas si faux :)

Je parle de Miami, mais celle-ci n’est pas la capitale de l’état : c’est Tallahassee, nom que je découvre avec cet article ! Côté chiffre, la Floride est le 4ème état le plus peuplé des Etats-Unis, mais aussi le 4ème par son économie.

La Floride est vraiment un état à part aux Etats-Unis : à cheval entre le Golfe du Mexique et l’Océan Atlantique, cette péninsule au sud est des USA bénéficie d’un climat assez exceptionnel. Quasi plate, la région est soumise aux aléas du climat marin et des courants du continent au nord.

Ainsi, la Floride bénéficie d’un climat subtropical et d’un temps ensoleillé, et humide, quasiment toute l’année : c’est l’endroit idéal pour partir en vacances en hiver ;). C’est bien pour cela qu’on le nomme « Sunshine State » !
En été, le temps est plus morose : pluies tropicales et ouragans, quand ça n’est pas un cyclone qui vient frôler ses côte… Et parfois de manière désastreuse, comme avec Katrina ou Cherley… En été, les orages sont quotidiens : la Floride est avec certaines zones d’Afrique l’endroit où il y a le plus d’orages au monde !

Outre sa situation au milieu des océans, la Floride jouit aussi d’une alimentation en eau douce naturelle : eau de pluie bien entendu, mais aussi source ! C’est l’endroit où il y a la plus grande concentration de source au monde ! On comprend donc aisément la présence de marais, particulièrement au sud de l’état, et la végétation luxuriante sur la totalité de celui-ci !
La flore et la faune bénéficie de tout cela, ce qui explique la variété de l’un comme de l’autre : mangrove, forêts, marais, zones herbeuses… mais aussi plage et océan, et îles au sud (les Keys… dont Duma Keys ne fait pas parti, étant à l’ouest de la péninsule, près de la côte de Sarasota). C’est le royaume rêvé des insectes (et des moustiques au printemps…. Brrrr !), mais aussi des oiseaux (pélicans, hérons… qu’on « aperçoit » dans le roman), et de grands mammifères (puma, cerfs, lamantins…)… mais aussi  de reptiles et amphibiens, et plus particulièrement du symbole de la Floride : l’alligator !

Cette luxuriance et ce climat est bien sur bénéfique aux activités humaine ! Il n’y a pas que le tourisme qui profite de ce cadre paradisiaque, mais aussi les agriculteurs.
L’agriculture est un secteur dynamique, de grande propriétés permettent de produire des fruits et légumes (dont le fameux pamplemousse, et les oranges), de la canne à sucre, mais aussi des plantes destinés au marché de l’horticulture. L’aspect maritime n’est pas négligé non plus : ferme aquacoles, pêche, …
Tout cela laisse toute de même un petit peu de place à l’industrie et l’extraction de minerais, mais aussi la production d’énergie (nucléaire, solaire).
En Floride, on trouve la fameuse aire de lancement de Cap Canaveral d’où sont lancées les navettes spatiales américaines.

Comme je l’évoquais plus haut, le tourisme en Floride est une affaire qui marche… et pas qu’un peu ! 86 millions de visiteurs ont été attiré par cette région en 2006, et ses diverses attraction et centres d’intérêts : centre spatial, parc Disney d’Orlando, mais aussi des dizaines d’autres parcs à thèmes, parc nationaux tels les Everglades, zoos, hôtels, restaurants…
La dessus il faut rajouter le business du 3ème âge (et plus) : maisons de retraite et cité dédiées (retirement communities), secteur de la santé, … Il n’y a pas a douté sur le dynamisme du secteur tertiaire en Floride !

Je vais passer rapidement sur son histoire, étant plus ou moins la même que ses voisines sudistes (Alabama, Géorgie, Louisiane…) : convoitée par la France, l’Espagne, les Anglais, elle passera d’une main à l’autre du 16ème siècle jusqu’en 1847 où elle devient le 27ème état des Etats-Unis d’Amérique. Durant la guerre de Sécession, elle rejoindra en toute logique les états Confédérés : sa population est l’une des moins élevé des USA en 1865, et est composée à 44% d’esclaves…
Plusieurs années plus tard, au début 20ème siècle, la ségrégation sera très forte dans cet état : crise de 29, maladie du coton, et racisme ambiant… tout cela va motiver une grande partie des Noirs à partir de Floride pour les grandes villes du nord des USA.
La lutte pour les droits civiques aura encore plus d’écho en Floride qu’ailleurs : attaque du Ku Klux Klan contre les Noirs, conservatisme des populations blanches, ségrégation dans les écoles, bus, plages… au détriment de la loi américaine. Mêmes durant les années 80, des émeutes raciales vont avoir lieu à Miami.

Aujourd’hui, la Floride est habité par une forte majorité de Blancs, mais a une proportion non négligeable d’Hispaniques, majoritairement d’origine cubaine (20%) et de Noirs (18%)…
Et grâce à cela, un joli melting pot de culture musicale, de cuisine

La Floride est pour moi une destination vacance de rêve, surtout pour les Everglades, les Keys,  mais aussi Orlando est ses parcs à thème. Bon, en revanche, Miami, qui craint pas mal d’après les quelques personnes que je connais qui y sont allé, je m’en passerait…
Enfin rien que de penser à la Floride, je me dis que j’ai vraiment besoin de vacance et de soleil :D